Infections associées aux soins de santé et résistance aux antimicrobiens dans les hôpitaux canadiens

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Numéro : RMTC : Volume 52-5, mai 2026 : Évaluation de la menace en santé publique
Date de publication : mai 2026
ISSN : 1719-3109
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Volume 52-5, mai 2026 : Évaluation de la menace en santé publique
Surveillance
Infections associées aux soins de santé et résistance aux antimicrobiens dans les hôpitaux canadiens de soins de courte durée, 2020–2024
Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales1
Affiliation
1 Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa, ON
Correspondance
Citation proposée
Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales. Infections associées aux soins de santé et résistance aux antimicrobiens dans les hôpitaux canadiens de soins de courte durée, 2020–2024. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(5):227–46. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i05a05f
Mots-clés : infections associées aux soins de santé, infections acquises en communauté, résistance aux antimicrobiens, surveillance, infection à Clostridioides difficile, Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline, Enterococcus résistant à la vancomycine, entérobactéries productrices de carbapénémases, Escherichia coli, Candidozyma auris, Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales
Résumé
Contexte : Les infections associées aux soins de santé (IASS) et la résistance aux antimicrobiens (RAM) continuent de contribuer à la morbidité et à la mortalité excessives parmi les Canadiens.
Objectif : Décrire les caractéristiques épidémiologiques et de laboratoire ainsi que les tendances des IASS et de la RAM pour la période 2020 à 2024 en utilisant les données de surveillance et de laboratoire soumises par les hôpitaux au Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales (PCSIN) et par les laboratoires provinciaux et territoriaux au Laboratoire national de microbiologie (LNM).
Méthodes : Des données ont été recueillies auprès de 109 hôpitaux sentinelles canadiens de soins de courte durée entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2024 pour les infections à Clostridioides difficile (ICD), les bactériémies à Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), les bactériémies à Enterococcus résistant à la vancomycine (ERV), en particulier Enterococcus faecalis et Enterococcus faecium, les infections et colonisations aux entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC) et à Acinetobacter baumannii productrice de carbapénémase (APC) et les infections et colonisations à Candidozyma auris (C. auris; anciennement Candida auris). L’analyse des tendances concernant le nombre de cas, les taux d’incidence (taux), les résultats, la caractérisation moléculaire et les profils de résistance aux antimicrobiens est présentée.
Résultats : De 2020 à 2024, les taux sont demeurés relativement stables pour les ICD (fourchette : 5,01–5,38 infections pour 10 000 jours-patients) et les bactériémies à SARM (fourchette : 0,99–1,16 infection pour 10 000 jours-patients) et a augmenté considérablement pour les bactériémies à ERV (de 0,30–0,42 infection pour 10 000 jours-patients; p = 0,01). Au cours de cette période, les taux d’infection aux EPC sont demeurés faibles par rapport aux autres IASS, mais ont beaucoup augmenté (taux : 0,05–0,20; p = 0,03), le nombre d’infections à APC demeure très faible (n = 22 infections) et le nombre de cas de C. auris est resté faible par rapport aux autres IASS (n = 43 isolats).
Conclusion : L’incidence des bactériémies à SARM et des ICD est demeurée stable tandis que les bactériémies à ERV et les infections aux EPC ont augmenté dans les hôpitaux canadiens de soins de courte durée participant au PCSIN. Un nombre accru d’isolats de C. auris a été identifié. La communication de données de surveillance normalisées pour éclairer la mise en œuvre des pratiques de prévention et de contrôle des infections dans les hôpitaux de soins de courte durée est essentielle pour contribuer à réduire le fardeau des IASS et de la RAM au Canada.
Introduction
Bien qu’elles soient souvent évitables, les infections associées aux soins de santé (IASS) représentent l’un des événements indésirables les plus courants auxquels sont confrontés les patients dans les établissements de soins de courte durée à l’échelle mondiale Footnote 1. Outre l’augmentation de la morbidité et de la mortalité, les IASS sont associées à des séjours plus longs dans les hôpitaux et à des coûts de soins plus élevés Footnote 1. Au Canada, une enquête de prévalence ponctuelle menée en 2024 a estimé que la prévalence des patients ayant subi au moins une IASS était de 8,1 % Footnote 2. La prévalence des IASS de 2019 à 2023 a été estimée à 7,6 % en Angleterre, 8,0 % en Europe et 9,9 % en Australie Footnote 3Footnote 4Footnote 5.
De nombreux microorganismes responsables d’IASS présentent des niveaux élevés de résistance aux antimicrobiens (RAM), et l’augmentation des taux de résistance menace les progrès réalisés dans la réduction de l’incidence des IASS Footnote 6. Les infections causées par des organismes résistants entraînent un risque de décès d’environ 85 % supérieur à celui des infections causées par des organismes sensibles; en 2019, les infections bactériennes liées à la RAM ont été associées à environ cinq millions de décès dans le monde Footnote 7Footnote 8. Les données provenant du Canada et d’autres pays démontrent que les bactériémies à Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) nosocomiales entraînent une morbidité et une mortalité importantes, des hospitalisations plus longues et une augmentation des coûts des soins de santé Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12. La prévalence de la RAM devrait atteindre 40 % d’ici 2050 Footnote 13. Selon ce scénario, on estime que 13 700 Canadiens pourraient mourir chaque année d’infections résistantes, ce qui représenterait une charge économique de 21 milliards de dollars par an pour le produit intérieur brut (PIB) du Canada Footnote 13. En outre, l’apparition de nouveaux organismes résistants, tels que Candidozyma auris (C. auris; anciennement Candida auris), a entraîné la nécessité d’une surveillance renforcée et d’une révision des pratiques existantes de prévention et de contrôle des infections Footnote 14.
Au Canada, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) recueille des données nationales sur diverses IASS et sur la RAM dans le cadre du Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales (PCSIN). Conformément aux éléments fondamentaux de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en matière de prévention et de contrôle des infections Footnote 15, le PCSIN exerce une surveillance cohérente et normalisée afin d’estimer de manière fiable la charge des IASS, d’établir des taux de référence à des fins de comparaison nationale et internationale, d’identifier les facteurs de risque et d’évaluer et d’éclairer les interventions précises visant à améliorer les résultats pour la santé des patients. Les données fournies par le PCSIN soutiennent directement les objectifs de collaboration décrits dans le Plan d’action pancanadien sur la résistance aux antimicrobiens Footnote 16 et fournissent des renseignements essentiels sur de nombreux agents pathogènes résistants aux antimicrobiens figurant sur la liste des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens prioritaires du Canada pour 2025 Footnote 17.
Ce rapport décrit les données de surveillance des IASS et de la RAM les plus récentes recueillies auprès des hôpitaux participant au PCSIN entre 2020 et 2024.
Méthodes
Conception
Créé en 1994, le PCSIN est le fruit d’une collaboration entre l’ASPC, l’Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie Canada et des hôpitaux sentinelles de tout le pays. L’objectif du PCSIN est de faciliter et d’éclairer la prévention, le contrôle et la réduction des IASS et des organismes résistants aux antimicrobiens dans les hôpitaux de soins de courte durée au Canada par le biais d’une surveillance active et de rapports. Le PCSIN effectue une surveillance prospective et sentinelle des IASS (y compris des organismes résistants aux antimicrobiens) Footnote 18.
Définitions de cas
Des définitions de cas normalisées pour les infections nosocomiales et acquises en communauté (AC) ont été utilisées. La définition des cas de surveillance et les critères d’admissibilité pour 2024 sont disponibles sur demande auprès de l’auteur.
Sources de données
Entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2024, les hôpitaux participants ont transmis des données épidémiologiques et des isolats pour les cas répondant aux définitions de cas respectives pour les infections à Clostridioides difficile (ICD), les bactériémies à SARM, les bactériémies à Enterococcus résistant à la vancomycine (ERV), en particulier Enterococcus faecalis et Enterococcus faecium, et les infections ou colonisations aux entérobactéries productrices de carbapénémase (EPC) et à Acinetobacter baumannii productrices de carbapénémase (APC). Les isolats de C. auris (infections ou colonisations) ont été identifiés par les laboratoires provinciaux et territoriaux et les laboratoires des hôpitaux participants.
En 2024, 109 hôpitaux dans 10 provinces et un territoire ont participé à la surveillance des IASS et sont décrits plus en détail dans le tableau 1. La participation des hôpitaux a varié selon le projet de surveillance et l’année (des documents supplémentaires sont disponibles sur demande auprès de l’auteur). Dans le cadre de la surveillance des IASS du PCSIN en 2024, les admissions de patients ont été classées en fonction de la taille des lits d’hôpital : petits (1 à 200 lits, n = 56 sites, 51,3 %), moyens (201 à 499 lits, n = 33 sites, 30,3 %) et grands (plus de 500 lits, n = 20 sites, 18,3 %). Dans l’ensemble, 44 sites (40 %) se trouvaient dans l’ouest du Canada (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan et Manitoba), 38 (35 %) dans le centre du Canada (Ontario et Québec), 26 (24 %) dans l’est du Canada (Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador) et un (0,9 %) dans le nord du Canada (Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut) (tableau 1). En plus des types d’hôpitaux pour adultes, mixte et pédiatrique déclarés les années précédentes, le PCSIN a ajouté deux catégories supplémentaires de types d’hôpitaux en 2024. Les unités de soins intensifs néonatals et pour adultes (USIN-adulte) et les unités de soins pédiatriques et obstétriques (Pédiatrique-OB) ont été ajoutées en tant que types d’hôpitaux afin de mieux caractériser la population de patients desservie par ces établissements.
| Caractéristiques des hôpitaux | Région | Total | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| OuestTable 1 footnote a | CentreTable 1 footnote b | EstTable 1 footnote c | NordTable 1 footnote d | |||||
| Nombre total d’hôpitaux | 44 | 38 | 26 | 1 | 109 | |||
| Type d’hôpital | ||||||||
| AdulteTable 1 footnote e | 20 | 15 | 16 | 0 | 51 | |||
| USIN-adulte | 2 | 6 | 0 | 0 | 8 | |||
| MixteTable 1 footnote f | 17 | 11 | 8 | 1 | 37 | |||
| PédiatriqueTable 1 footnote g | 4 | 4 | 1 | 0 | 9 | |||
| Pédiatrique-OB | 1 | 2 | 1 | 0 | 4 | |||
| Taille de l’hôpital | ||||||||
| Petit (1 à 200 lits) |
20 | 13 | 22 | 1 | 56 | |||
| Moyen (201 à 499 lits) |
15 | 15 | 3 | 0 | 33 | |||
| Grand (500 lits et plus) |
9 | 10 | 1 | 0 | 20 | |||
| Admissions et congés | ||||||||
| Nombre total de lits | 13 164 | 13 429 | 3 207 | 26 | 29 826 | |||
| Nombre total d’admissions | 634 776 | 583 028 | 112 601 | 1 935 | 1 332 340 | |||
| Nombre total de jours-patients | 5 148 759 | 4 455 471 | 1 038 466 | 6 405 | 10 649 101 | |||
Abréviations : OB, obstétrique; USIN, unité de soins intensifs néonatals
|
||||||||
Les données épidémiologiques (démographiques, cliniques et de résultats) et les données de dénominateur (jours-patients et admissions de patients) ont été collectées et soumises par les hôpitaux participants par l’intermédiaire du Réseau canadien de renseignements sur la santé publique, une plateforme de données en ligne sécurisée.
Des groupes de travail composés d’experts en maladies infectieuses examinent chaque année les protocoles normalisés et les définitions de cas; le personnel des hôpitaux participant au PCSIN reçoit une formation sur la transmission des données, selon les besoins. La qualité des données des projets de surveillance est évaluée périodiquement. Plus de détails sur la méthodologie ont été publiés précédemment Footnote 19Footnote 20.
Données de laboratoire
Tous les isolats de laboratoire liés aux patients (échantillons de selles pour les cas d’ICD) ont été envoyés au Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’ASPC pour une caractérisation moléculaire et des tests de sensibilité des antimicrobiens. Les isolats de bactériémies à SARM, de bactériémies à ERV, d’infections ou de colonisations aux EPC et à APC, d’infections ou de colonisations à C. auris et d’ICD pédiatriques ont été soumis tout au long de l’année. Les isolats d’ICD adultes ont été soumis chaque année au cours d’une période ciblée de deux mois (du 1er mars au 30 avril).
Analyse statistique
Les taux d’IASS ont été calculés en divisant le nombre total de cas identifiés chez les patients admis dans les hôpitaux participant au PCSIN par le nombre total d’admissions de patients (multiplié par 1 000) ou de jours-présence (multiplié par 10 000). En raison du faible nombre de cas, les taux de C. auris et d’APC n’ont pas été calculés. Les taux d’IASS sont rapportés au niveau national et par région. En raison du faible nombre de cas de bactériémies à ERV AC signalés chaque année, les taux stratifiés ainsi que les taux de mortalité et les résultats de laboratoire pour les bactériémies à ERV AC n’ont pas été inclus dans ce rapport. Les sites qui n’ont pas été en mesure de fournir des données sur les cas ont été exclus du calcul des taux et les données manquantes du dénominateur ont été estimées à l’aide des données rapportées l’année précédente, le cas échéant. Les données épidémiologiques et moléculaires manquantes ont été exclues de l’analyse. Le test de Mann-Kendall a été utilisé pour évaluer les tendances monotones des taux au fil du temps. Le test du khi carré pour la tendance a été utilisé pour analyser les tendances dans les proportions au fil du temps. Le test du khi carré a été utilisé pour comparer deux variables catégorielles, tandis que le test t a été utilisé pour comparer les différences entre les groupes. Les tests de signification étaient bilatéraux et les différences étaient considérées comme significatives à p ≤ 0,05. La stabilité des taux au fil du temps indique qu’aucune tendance statistiquement significative n’a été observée. Lorsque les données étaient disponibles, la mortalité toutes causes confondues a été rapportée pour les IASS. Le taux de mortalité toutes causes confondues a été défini comme le nombre de décès pour 100 cas d’IASS 30 jours après une culture positive.
Résultats
Infection à Clostridioides difficile
Entre 2020 et 2024, les taux globaux d’ICD sont demeurés stables, allant de 5,01 à 5,38 infections pour 10 000 jours-patients. Les taux semblent diminuer de 5,38 en 2020 à 5,01 en 2022, suivis d’une modeste augmentation à 5,19 en 2024; cependant, aucune tendance significative n’a été observée (p = 0,81) (tableau 2). L’âge médian des patients atteints d’une ICD était de 69 ans (écart interquartile [ÉI] : 56–79), les hommes et les femmes représentant chacun 50,3 % du total des cas (documents supplémentaires).
| Données sur l’infection à C. difficile | Nombre d’infections et taux d’incidence (par année) | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | |
| Tous les cas | |||||
| Nombre de cas d’infection à C. difficile | 3 649 | 3 639 | 3 877 | 4 736 | 4 818 |
| Taux pour 1 000 admissions de patients | 4,16 | 3,97 | 4,18 | 4,16 | 4,17 |
| Taux pour 10 000 jours-patients | 5,38 | 5,07 | 5,01 | 5,21 | 5,19 |
| Nombre d’hôpitaux répondants | 81 | 81 | 81 | 99 | 97 |
| Taux de mortalité, toutes causes confondues | |||||
| Nombre de décès | 43 | 66 | 64 | 76 | 76 |
| Taux de mortalité, toutes causes confondues, pour 100 cas (%)Footnote b | 9,0 | 8,8 | 8,9 | 8,2 | 8,0 |
| ICD nosocomiale | |||||
| Nombre de cas d’ICD nosocomiale | 2 624 | 2 570 | 2 818 | 3 310 | 3 409 |
| Taux pour 1 000 admissions de patients | 3,05 | 2,85 | 3,09 | 2,96 | 2,99 |
| Taux pour 10 000 jours-patients | 3,89 | 3,60 | 3,66 | 3,66 | 3,69 |
| Nombre d’hôpitaux répondants | 81 | 81 | 81 | 99 | 97 |
| Taux de mortalité, toutes causes confondues | |||||
| Nombre de décès | 39 | 50 | 54 | 59 | 58 |
| Taux de mortalité, toutes causes confondues, pour 100 cas (%)Footnote b | 8,7 | 9,2 | 9,9 | 8,6 | 8,3 |
| ICD-AC | |||||
| Nombre de cas d’ICD-AC | 1 025 | 1 069 | 1 059 | 1 425 | 1 409 |
| Taux pour 1 000 admissions de patients | 1,43 | 1,43 | 1,40 | 1,51 | 1,47 |
| Taux pour 10 000 jours-patients | 1,86 | 1,82 | 1,68 | 1,87 | 1,81 |
| Nombre d’hôpitaux répondants | 70 | 70 | 70 | 88 | 86 |
| Taux de mortalité, toutes causes confondues | |||||
| Nombre de décès | 15 | 16 | 10 | 16 | 16 |
| Taux de mortalité, toutes causes confondues, pour 100 cas (%)Footnote b | 9,6 | 7,4 | 5,8 | 6,4 | 6,9 |
Source d’infection : Stratifiés selon la source d’infection, les taux d’ICD nosocomiale ont diminué de 3,89 pour 10 000 jours-patients en 2020 à 3,60 en 2021, suivis d’une période de stabilité relative jusqu’en 2024 (3,69 pour 10 000 jours-patients); globalement, aucune tendance significative n’a été observée (p = 1,00) (tableau 2). Les taux d’ICD AC sont demeurés stables au cours de la période de cinq ans. Après s’être maintenu à 1,43 pour 1 000 admissions de patients en 2020 et 2021, le taux était le plus bas en 2022 (1,40 pour 10 000 jours-patients) avant une légère augmentation à 1,47 en 2024 (p = 0,61) (tableau 2).
Au niveau régional, les taux d’ICD nosocomiale pour 10 000 jours-patients ont fluctué dans toutes les régions entre 2020 et 2024, sans tendance significative (fourchette de l’Ouest : 3,00–3,46, p = 1,00; fourchette du Centre : 3,48–3,82, p = 0,09; fourchette de l’Est : 3,19–3,56, p = 0,22). Pour les ICD AC, les taux pour 1 000 admissions de patients demeurent les plus élevés dans la région du Centre, avec une tendance à la baisse entre 2020 et 2024 (fourchette : 1,54–1,70, p = 0,11), tandis que la région de l’Ouest affiche une tendance à la hausse, de 1,11–1,45 avec un pic de 1,61 en 2023 (p = 0,46). Le taux d’ICD AC dans la région de l’Est est demeuré relativement stable, avec une augmentation mineure de 0,95 à 1,12 pour 1 000 admissions de patients (p = 0,22), ce qui indique qu’il n’y a pas eu de changement statistiquement significatif au cours de la période de cinq ans (documents supplémentaires).
Types d’hôpital : Les taux d’ICD nosocomiale pour 10 000 jours-patients étaient systématiquement plus élevés dans les hôpitaux pour adultes (fourchette : 3,63–3,89) et pédiatriques (fourchette : 3,34–3,97), avec des taux inférieurs à ceux observés dans les hôpitaux mixtes (fourchette : 2,56–3,09). Les taux d’ICD AC pour 1 000 admissions de patients étaient plus élevés dans les hôpitaux pour adultes (fourchette : 1,74–1,82) et les hôpitaux mixtes (fourchette : 1,31–1,67), avec des taux plus faibles observés dans les hôpitaux pédiatriques (fourchette : 0,35–0,68) entre 2020 et 2024 (documents supplémentaires). En fonction de la taille de l’hôpital, les taux d’ICD nosocomiale étaient généralement les plus élevés dans les grands hôpitaux (fourchette : 3,28–3,82), suivis par les hôpitaux de taille moyenne (fourchette : 3,20–3,60) et de petite taille (fourchette : 2,68–2,98). Les taux d’ICD AC pour 1 000 admissions de patients étaient semblables dans les grands hôpitaux (fourchette : 1,38–1,85) et les hôpitaux de taille moyenne (fourchette : 1,39–1,52) et plus faibles pour les hôpitaux de petite taille (fourchette : 0,82–1,32), qui suivent une tendance similaire à celle des ICD nosocomiale (documents supplémentaires).
Mortalité toutes causes confondues à 30 jours : La mortalité globale à 30 jours, toutes causes confondues, attribuable aux ICD est demeurée stable entre 2020 et 2024 (fourchette : 8,0–9,0, p = 0,09) (tableau 2). Il n’y avait pas de différence importante dans la mortalité toutes causes confondues à 30 jours entre les ICD nosocomiale (8,3 %) et les ICD AC (6,9 %) en 2024 (p = 0,51).
Résistance aux antimicrobiens : Entre 2020 et 2024, 24,7 % (n = 608/2 458) des isolats d’ICD résistaient à un ou plusieurs antimicrobiens testés. La proportion d’isolats de C. difficile résistant à la moxifloxacine a fluctué entre 6,1 % et 9,0 %, avec une moyenne de 7,0 % et 6,5 % en 2024 (tableau 3). La résistance à la clindamycine dans les populations d’ICD nosocomiale et AC a fluctué entre 2020 et 2024, 2024 présentant les taux de résistance les plus élevés, soit 34,0 % et 30,7 %, respectivement (documents supplémentaires). Aucun des 2 458 isolats testés ne résistait au métronidazole, à la vancomycine ou à la tigécycline.
| Antibiotique | Nombre d’isolats et % de résistance (par année) | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | ||||||
| n | % | n | % | n | % | n | % | n | % | |
| Clindamycin | 62 | 17,0 | 67 | 12,4 | 101 | 22,7 | 69 | 13,1 | 192 | 33,0 |
| Moxifloxacine | 24 | 6,6 | 49 | 9,0 | 31 | 7,0 | 32 | 6,1 | 38 | 6,5 |
| Rifampicine | 3 | 0,8 | 9 | 1,7 | 4 | 0,9 | 4 | 0,8 | 6 | 1,0 |
| Nombre total d’isolats testésTable 3 footnote c | 365 | s.o. | 542 | s.o. | 444 | s.o. | 525 | s.o. | 582 | s.o. |
Typage moléculaire : Entre 2020 et 2024, les cinq ribotypes les plus répandus des isolats des cas d’ICD nosocomiale étaient 106, 014, 020, 002 et 027, avec des prévalences globales de 15,9 %, 8,7 %, 7,0 %, 5,7 % et 4,8 %, respectivement, tandis que les cinq ribotypes les plus répandus des isolats des cas d’ICD AC étaient 106, 014, 020, 002 et 015, avec des prévalences globales de 15,9 %, 8,6 %, 6,3 %, 5,2 % et 4,2 %. Entre 2020 et 2024, la prévalence du ribotype 027 associé à la souche NAP1 a diminué de 5,9 % à 3,4 % pour les ICD nosocomiales, mais a augmenté de 1,3 % à 4,0 % pour les ICD AC (documents supplémentaires).
Bactériémies à Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline
Entre 2020 et 2024, les taux globaux de bactériémies à SARM sont demeurés stables, allant de 5,01 à 5,38 infections pour 10 000 jours-patients. Le taux était le plus bas en 2022; cependant, aucune tendance significative au fil du temps n’a été observée (p = 0,99) (tableau 4). L’âge médian des patients atteints d’une bactériémie à SARM était de 57 ans (ÉI : 41–71), les femmes représentant 36,6 % des cas (documents supplémentaires).
| Données sur les bactériémies à SARM | Année | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | ||||||
| Tous les cas | ||||||||||
| Nombre de bactériémies à SARM | 868 | 872 | 835 | 914 | 993 | |||||
| Taux pour 1 000 admissions de patients | 0,88 | 0,84 | 0,80 | 0,87 | 0,91 | |||||
| Taux pour 10 000 jours-patients | 1,16 | 1,11 | 0,99 | 1,11 | 1,16 | |||||
| Nombre d’hôpitaux répondants | 81 | 81 | 81 | 82 | 77 | |||||
| Taux de mortalité, toutes causes confonduesTable 4 footnote a | ||||||||||
| Nombre de décès | 145 | 164 | 164 | 175 | 187 | |||||
| Taux de mortalité, toutes causes confondues, pour 100 cas | 16,7 | 18,8 | 20,2 | 19,1 | 19,0 | |||||
| Bactériémies à SARM nosocomiale | ||||||||||
| Nombre de bactériémies dues aux SARM nosocomiales | 323 | 348 | 347 | 378 | 415 | |||||
| Taux pour 1 000 admissions de patients | 0,33 | 0,34 | 0,33 | 0,36 | 0,38 | |||||
| Taux pour 10 000 jours-patients | 0,43 | 0,44 | 0,41 | 0,46 | 0,49 | |||||
| Nombre d’hôpitaux répondants | 81 | 81 | 81 | 82 | 77 | |||||
| Taux de mortalité, toutes causes confonduesTable 4 footnote a | ||||||||||
| Nombre de décès | 62 | 86 | 81 | 94 | 94 | |||||
| Taux de mortalité, toutes causes confondues, pour 100 cas | 19,2 | 24,7 | 23,7 | 24,9 | 22,8 | |||||
| Bactériémies à SARM AC | ||||||||||
| Nombre de bactériémies à SARM AC | 480 | 471 | 453 | 528 | 560 | |||||
| Taux pour 1 000 admissions de patients | 0,49 | 0,46 | 0,44 | 0,51 | 0,52 | |||||
| Taux pour 10 000 jours-patients | 0,65 | 0,61 | 0,55 | 0,66 | 0,67 | |||||
| Nombre d’hôpitaux répondants | 80 | 80 | 80 | 81 | 76 | |||||
| Taux de mortalité, toutes causes confonduesTable 4 footnote a | ||||||||||
| Nombre de décès | 72 | 71 | 79 | 80 | 91 | |||||
| Taux de mortalité, toutes causes confondues, pour 100 cas | 15,0 | 15,1 | 17,8 | 15,2 | 16,4 | |||||
Source d’infection : Les taux de bactériémies à SARM AC n’ont pas beaucoup changé (p = 0,46) entre 2020 (0,65 infection pour 10 000 jours-patients) et 2024 (0,67 pour 10 000 jours-patients). Les taux de bactériémies à SARM associés aux soins de santé sont demeurés stables (fourchette : 0,42–0,47 infection pour 10 000 jours-patients) (tableau 4).
Les taux de bactériémies à SARM nosocomiale sont demeurés stables dans toutes les régions (fourchette de l’Ouest : 0,46–0,58; fourchette du Centre : 0,36–0,45; fourchette de l’Est : 0,36–0,58; fourchette du Nord : zéro infection pour 10 000 jours-patients) (documents supplémentaires). Les taux de bactériémies à SARM AC sont demeurés stables dans toutes les régions, à l’exception de l’Est, où une augmentation importante a été observée, passant de 0,34 en 2020 à 0,67 infection pour 10 000 jours-patients en 2024 (p = 0,03) (fourchette de l’Ouest : 0,70–0,83; fourchette du Centre : 0,43–0,63; fourchette de l’Est : 0,34–0,67; fourchette du Nord : zéro infection pour 10 000 jours-patients) (documents supplémentaires). En 2024, les taux de bactériémies à SARM nosocomiales et AC étaient les plus élevés dans l’Ouest du Canada (0,71 et 0,57 infection pour 10 000 jours-patients, respectivement) (documents supplémentaires).
Types d’hôpital : Les taux de bactériémies à SARM nosocomiales et AC sont demeurés plus élevés au fil du temps dans les hôpitaux pour adultes et mixtes de 2020 à 2024 (SARM nosocomiales : fourchette des hôpitaux pour adultes : 0,50–0,65; fourchette des hôpitaux mixtes : 0,36–0,47; SARM AC : fourchette des hôpitaux pour adultes : 0,70–0,86; fourchette des hôpitaux mixtes : 0,55–0,79, avec des taux plus faibles observés dans les hôpitaux pour adultes avec une USIN (fourchette des bactériémies à SARM nosocomiale : 0,30–0,46; fourchette des bactériémies à SARM AC : 0,24–0,47 infection pour 10 000 jours-patients), pédiatriques (fourchette des bactériémies à SARM nosocomiales : 0,30–0,43; fourchette des bactériémies à SARM AC : 0,32–0,43 infection pour 10 000 jours-patients) et les hôpitaux pédiatriques-OB (fourchette des bactériémies à SARM nosocomiale et AC : 0,04–0,22 infection pour 10 000 jours-patients) (documents supplémentaires). En fonction de la taille de l’hôpital, les taux de bactériémies à SARM nosocomiales et AC étaient généralement les plus élevés dans les hôpitaux de taille moyenne (201 à 499 lits; fourchette des bactériémies à SARM nosocomiales : 0,38–0,47; fourchette des bactériémies à SARM AC : 0,64–0,81) et les hôpitaux de grande taille (500 lits ou plus; fourchette des bactériémies à SARM nosocomiale : 0,41–0,60; fourchette des bactériémies à SARM AC : 0,52–0,73) (documents supplémentaires). Aucune tendance significative n’a été observée au fil du temps par type ou taille d’hôpital au cours de cette période de déclaration (p > 0,05).
Mortalité toutes causes confondues à 30 jours : La mortalité toutes causes confondues à trente jours est demeurée stable entre 2020 et 2024 (fourchette : 16,7–20,2) (tableau 4). En 2024, la mortalité toutes causes confondues à 30 jours était beaucoup plus élevée chez les patients atteints de bactériémies à SARM nosocomiale (22,8 %) que chez ceux atteints de bactériémies à SARM AC (16,4 %) (p = 0,034).
Résistance aux antimicrobiens : La résistance à la clindamycine parmi les isolats de SARM a diminué considérablement, passant de 33,4 % à 27,6 % entre 2020 et 2024 (p < 0,01) (tableau 5). Depuis 2020, la proportion d’isolats de SARM résistant à l’érythromycine est demeurée relativement stable et élevée à environ 68 % par rapport aux autres antibiotiques testés. La résistance à la tétracycline a beaucoup augmenté, passant de 6,6 % en 2020 à 10,1 % en 2024 (p = 0,02). Tous les isolats de bactériémies à SARM testés entre 2020 et 2024 étaient sensibles au linézolide, à la daptomycine et à la vancomycine.
| Antibiotique | Année | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | ||||||
| n | % | n | % | n | % | n | % | n | % | |
| Ciprofloxacine | 460 | 65,6 | 490 | 65,8 | 415 | 66,5 | 512 | 63,4 | 566 | 61,6 |
| Clindamycine | 234 | 33,4 | 220 | 29,5 | 157 | 25,2 | 186 | 23,0 | 254 | 27,6 |
| Daptomycine | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Érythromycine | 507 | 72,3 | 510 | 68,5 | 428 | 68,6 | 543 | 67,2 | 629 | 68,4 |
| Gentamicine | 22 | 3,1 | 35 | 4,7 | 20 | 3,2 | 33 | 4,1 | 44 | 4,8 |
| Linézolide | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Rifampicine | 6 | 0,9 | 10 | 1,3 | 5 | 0,8 | 9 | 1,1 | 12 | 1,3 |
| Triméthoprime/sulfaméthoxazole | 16 | 2,3 | 32 | 4,3 | 36 | 5,8 | 20 | 2,5 | 20 | 2,2 |
| Tétracycline | 46 | 6,6 | 63 | 8,5 | 52 | 8,3 | 71 | 8,8 | 93 | 10,1 |
| Tigécycline | 1 | 0,1 | 6 | 0,8 | 5 | 0,8 | 5 | 0,6 | 13 | 1,4 |
| Vancomycine | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Nombre total d’isolats testésTable 5 footnote bTable 5 footnote c | 701 | s.o. | 745 | s.o. | 624 | s.o. | 808 | s.o. | 919 | s.o. |
En comparant les isolats des cas de SARM nosocomiales à ceux des cas de SARM AC, la résistance à la clindamycine était systématiquement plus élevée parmi les isolats de SARM nosocomiales chaque année, de 2020 (35,0 %, n = 89/254 c. 31,1 %, n=117/376) à 2024 (32,2 %, n = 125/388 c. 24,3 %, n = 117/481) (documents supplémentaires). Il n’y a pas eu d’autres différences notables dans les profils de résistance aux antibiotiques selon le type de cas de bactériémies à SARM.
Typage moléculaire : Entre 2020 et 2024, la proportion des types de spas identifiés comme t002, le plus souvent associés aux bactériémies à SARM nosocomiales, a continué à diminuer, passant de 15,7 % de tous les isolats de bactériémies à SARM nosocomiales en 2020 à 8,2 % en 2024 (p < 0,01) (documents supplémentaires). Le type de spa t008, le plus souvent associé aux bactériémies à SARM AC, représentait la plus grande proportion d’isolats identifiés à la fois dans les cas de bactériémies à SARM AC (33,7 %) et de bactériémies à SARM nosocomiales (47,4 %) (documents supplémentaires). Parmi les bactériémies à SARM AC, la proportion de spas t008 est passée de 45,4 % en 2020 à 47,2 % en 2024 (p = 0,59). En revanche, le type de spa t008 parmi les bactériémies à SARM nosocomiales a beaucoup augmenté, passant de 28,0 % en 2020 à 35,4 % en 2024 (p < 0,01).
Bactériémies à Enterococcus résistant à la vancomycine
De 2020 à 2024, les taux de bactériémies à ERV ont beaucoup augmenté, passant de 0,30 à 0,42 infection pour 10 000 jours-patients (p = 0,01) (tableau 6). L’âge médian des patients atteints d’une bactériémie à ERV était de 63 ans (ÉI : 51–71) et les femmes représentaient 38,8 % des cas de bactériémies à ERV (documents supplémentaires).
| Données sur les bactériémies à ERV | Année | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | |
| Nombre de bactériémies à ERV | 224 | 251 | 305 | 318 | 370 |
| Taux pour 1 000 admissions de patients | 0,23 | 0,24 | 0,29 | 0,29 | 0,33 |
| Taux pour 10 000 jours-patients | 0,30 | 0,32 | 0,36 | 0,37 | 0,42 |
| Nombre d’hôpitaux répondants | 81 | 80 | 80 | 85 | 85 |
| Taux de mortalité, toutes causes confonduesTable 6 footnote b | |||||
| Nombre de décès | 82 | 84 | 117 | 118 | 142 |
| Taux de mortalité, toutes causes confondues, pour 100 cas | 36,6 | 33,5 | 38,5 | 37,1 | 38,4 |
Source d’infection : Les bactériémies à Enterococcus résistant à la vancomycine étaient majoritairement associées aux soins de santé, puisque 90,3 % (n = 1 325/1 468) des bactériémies à ERV déclarées entre 2020 et 2024 ont été acquises dans un établissement de soins de santé. Stratifiés par source d’infection, les taux des bactériémies à ERV nosocomiales ont beaucoup augmenté entre 2020 et 2024, passant de 0,28 à 0,39 infection pour 10 000 jours-patients (p = 0,03) (documents supplémentaires). Les taux des bactériémies à ERV associées à la communauté sont demeurés faibles et stables au fil du temps (fourchette : 0,02–0,04 infection pour 10 000 jours-patients).
Au niveau régional, les taux de bactériémies à ERV dans l’ouest et le centre du Canada ont beaucoup augmenté entre 2020 et 2024, passant respectivement de 0,39 à 0,54 infection pour 10 000 jours-patients (p = 0,04) et de 0,29 à 0,38 infection pour 10 000 jours-patients (p = 0,04). Aucune tendance significative à la hausse n’a été observée dans l’est du Canada (fourchette : 0,00–0,12 infection pour 10 000 jours-patients, p = 0,11) (documents supplémentaires).
Types d’hôpital : Stratifiés par type d’hôpital, les taux de bactériémies à ERV sont demeurés les plus élevés dans les hôpitaux pour adultes de 2020 à 2024 (fourchette : 0,43–0,57 infection pour 10 000 jours-patients). De 2020 à 2024, les taux de bactériémies à ERV dans les hôpitaux pédiatriques étaient faibles (fourchette : 0,00–0,11 infection pour 10 000 jours-patients) et il n’y a pas eu de bactériémies à ERV dans les hôpitaux pédiatriques-OB. En 2024, les taux de bactériémies à ERV étaient les plus élevés dans les grands hôpitaux (500 lits ou plus) avec 0,56 infection pour 10 000 jours-patients, suivis par les hôpitaux de taille moyenne (201 à 499 lits) avec 0,31 infection pour 10 000 jours-patients et les petits hôpitaux (1 à 200 lits) avec 0,20 infection pour 10 000 jours-patients. Une tendance à la hausse significative des taux de bactériémies à ERV a été observée au fil du temps dans les grands hôpitaux (500 lits ou plus, p = 0,01), mais pas dans les hôpitaux de taille moyenne (201 à 499 lits, p = 0,50) ni dans les petits hôpitaux (1 à 200 lits, p = 0,07). Les taux d’incidence de bactériémies à ERV nosocomiale par région, par type d’hôpital et par taille d’hôpital sont présentés dans les documents supplémentaires.
Mortalité toutes causes confondues à 30 jours : La mortalité toutes causes confondues est demeurée élevée et stable au fil du temps entre 2020 et 2024 (fourchette : 33,5–38,5) (p = 0,23) (tableau 6).
Résistance aux antimicrobiens : La résistance aux antimicrobiens de dernier recours tels que la daptomycine et le linézolide est demeurée faible entre 2020 et 2024. Les taux de résistance à la daptomycine étaient relativement stables, passant de 4,5 % (n = 6/134) en 2020 à 4,0 % (n = 13/328) en 2024, tandis que les taux de résistance au linézolide étaient de 0,7 % (n = 1/134) en 2020 et de 1,2 % (n = 4/328) en 2024 (tableau 7).
| Antimicrobien | Année | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | ||||||
| n | % | n | % | n | % | n | % | n | % | |
| Ampicilline | 132 | 98,5 | 166 | 98,8 | 199 | 97,5 | 223 | 97,8 | 320 | 97,6 |
| Chloramphénicol | 28 | 20,9 | 51 | 30,4 | 34 | 16,7 | 38 | 16,7 | 59 | 18,0 |
| Ciprofloxacine | 132 | 98,5 | 166 | 98,8 | 203 | 99,5 | 226 | 99,1 | 322 | 98,2 |
| Daptomycine | 6 | 4,5 | 5 | 3,0 | 4 | 2,0 | 4 | 1,8 | 13 | 4,0 |
| Érythromycine | 128 | 95,5 | 159 | 94,6 | 199 | 97,5 | 221 | 96,9 | 304 | 92,7 |
| Résistance de haut niveau à la gentamicine | 36 | 26,9 | 34 | 20,2 | 39 | 19,1 | 42 | 18,4 | 85 | 25,9 |
| Lévofloxacine | 131 | 97,8 | 166 | 98,8 | 202 | 99,0 | 226 | 99,1 | 323 | 98,5 |
| Linézolide | 1 | 0,7 | 3 | 1,8 | 6 | 2,9 | 1 | 0,4 | 4 | 1,2 |
| Nitrofurantoïne | 56 | 41,8 | 131 | 78,0 | 143 | 70,1 | 141 | 61,8 | 187 | 57,0 |
| Pénicilline | 133 | 99,3 | 166 | 98,8 | 200 | 98,0 | 223 | 97,8 | 320 | 97,6 |
| Quinupristine/dalfopristine | 9 | 6,7 | 8 | 4,8 | 16 | 7,8 | 34 | 14,9 | 41 | 12,5 |
| Rifampicine | 115 | 85,8 | 155 | 92,3 | 188 | 92,2 | 211 | 92,5 | 311 | 94,8 |
| Résistance de haut niveau à la streptomycine | 29 | 21,6 | 48 | 28,6 | 51 | 25,0 | 63 | 27,6 | 106 | 32,3 |
| Tétracycline | 89 | 66,4 | 134 | 79,8 | 180 | 88,2 | 186 | 81,6 | 258 | 78,7 |
| Tigécycline | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 2 | 0,6 |
| Vancomycine | 130 | 97,0 | 163 | 97,0 | 203 | 99,5 | 228 | 100 | 322 | 98,2 |
| Nombre total d’isolatsFootnote b | 134 | - | 168 | - | 204 | - | 228 | - | 328 | - |
Typage moléculaire : De 2020 à 2024, la plupart des isolats de bactériémies à ERV ont été identifiés comme provenant d’E. faecium. Cette bactérie a été détectée peu fréquemment, avec un isolat identifié en 2020 (0,7 %), 2021 (0,6 %) et 2022 (0,5 %); trois isolats en 2023 (1,3 %); et sept isolats en 2024 (2,1 %) (documents supplémentaires).
Bien que le gène VanA soit demeuré prédominant, une proportion croissante d’isolats d’E. faecium portait le gène VanB, passant de 3,0 % (n = 4) en 2020 à 6,7 % (n = 22) en 2024 (p = 0,60) (documents supplémentaires).
Quatre types de séquence prédominants ont été identifiés parmi les isolats d’E. faecium de 2020 à 2024, avec un changement notable dans leur répartition observée au fil du temps (documents supplémentaires). Une diminution importante d’isolats de la séquence ST1478 a été observée, passant de 19,5 % (n = 26/133) en 2020 à 2,2 % (n = 7/320) en 2024 (p < 0,01). La proportion d’isolats de la séquence ST17 a également diminué, passant de 33,8 % (n = 45/133) en 2020 à 25,0 % (n = 80/320) en 2024 (p = 0,16). En revanche, les isolats de la séquence ST117 sont passés de 10,5 % (n = 14/133) en 2020 à 22,2 % (n = 71/320) en 2024 (p = 0,02), tandis que ceux de la séquence ST80 sont passés de 16,5 % (n = 22/133) à 30,6 % (n = 98/320) au cours de la même période (p = 0,02). Une tendance à la hausse statistiquement significative des isolats de la séquence ST80 a été observée entre 2020 et 2024, et en 2024, la séquence ST80 était devenue le type de séquence prédominant parmi tous les isolats testés (p = 0,04).
Entérobactéries et Acinetobacter baumannii productrices de carbapénémase
De 2020 à 2024, les taux d’infections aux EPC sont demeurés faibles par rapport aux autres IN au Canada, bien qu’il y ait eu une augmentation significative des taux au cours de cette période (0,05 à 0,20 infection pour 10 000 jours-patients, p = 0,03) (tableau 8). Le nombre d’infections aux APC était très faible, avec huit cas ou moins par année entre 2020 et 2024 (total n = 22). L’âge médian des infections aux EPC était de 65 ans et 42,6 % des personnes atteintes étaient des femmes (documents supplémentaires).
| Données sur l’EPC | Année | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | |
| Nombre d’infections aux EPC | 39 | 67 | 101 | 169 | 218 |
| Taux d’infection pour 1 000 admissions de patients | 0,04 | 0,07 | 0,09 | 0,13 | 0,16 |
| Taux d’infection pour 10 000 jours-patients | 0,05 | 0,09 | 0,12 | 0,17 | 0,20 |
| Nombre d’hôpitaux répondants | 81 | 81 | 85 | 102 | 105 |
| Taux de mortalité, toutes causes confondues | |||||
| Nombre de morts causées par des infections aux EPC | 7 | 13 | 17 | 25 | 33 |
| Taux de mortalité, toutes causes confondues, pour 100 cas | 18 | 19,4 | 16,8 | 14,8 | 15,1 |
De 2020 à 2024, la majorité (51,7 %; n = 307/594) des infections aux EPC ont été identifiées dans l’ouest du Canada, suivies par 44,3 % (n = 263/594) dans le centre du Canada et 4,0 % (n = 307/594) dans l’est du Canada (documents supplémentaires). Entre 2020 et 2024, les grands hôpitaux (500 lits ou plus) ont généralement signalé les taux les plus élevés d’infections aux EPC (0,06–0,28 infection pour 10 000 jours-patients) par rapport aux petits hôpitaux (moins de 200 lits) (0,03–0,09 infection pour 10 000 jours-patients). Pendant cette période, 26,7 % (n = 119/445) des patients infectés par des EPC ont déclaré avoir voyagé à l’étranger et parmi eux, 79,1 % (n = 83/105) ont reçu des soins médicaux à l’étranger. La majorité des infections aux EPC ont été contractées dans le pays, 86,8 % (n = 446/514) des infections aux EPC ayant été contractées au Canada et 80 % (n = 357/446) dans un hôpital canadien de soins de courte durée entre 2020 et 2024. Le nombre d’infections aux EPC contractées dans la communauté a également augmenté, passant de 12,9 % (n = 4/31) en 2020 à 20,6 % (n = 37/180) en 2024.
Organismes : Sur l’ensemble des isolats envoyés (infections et colonisations), les quatre principaux organismes producteurs de carbapénémase en 2024 étaient Escherichia coli (42,1 %), Klebsiella pneumoniae (16,3 %), Enterobacter cloacae (15,8 %) et Citrobacter freundii (14,6 %). De 2020 à 2024, il y a eu une augmentation de la proportion d’E. coli produisant des carbapénémases (39,3 % à 42,1 %) et une diminution de la proportion de K. pneumoniae (19,9 % à 16,34 %) et d’E. cloacae (18,1 % à 15,8 %) produisant des carbapénémases (documents supplémentaires). Les carbapénémases prédominantes identifiées au Canada n’ont pas changé au cours de la période d’étude et étaient la K. pneumoniae productrice de carbapénémase (KPC), la New Delhi métallo-bêta-lactamase (NDM) et l’oxacillinase-48 (OXA-48), représentant plus de 90 % des carbapénémases identifiées de 2020 à 2024 (tableau 9). Historiquement, la KPC a été la carbapénémase la plus fréquemment identifiée au Canada; cependant, la proportion de la KPC et celle de la NDM n’ont cessé de se rapprocher et étaient presque égales en 2024. Au fil du temps, une diminution importante de la KPC et une augmentation de la NDM, de l’OXA-48 et de la NDM+OXA-48 ont été observées (p ≤ 0,002).
| Carbapénémases identifiéesFootnote a | Année | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | ||||||
| n | % | n | % | n | % | n | % | n | % | |
| KPC | 98 | 40 | 178 | 50,1 | 214 | 45,3 | 397 | 38,4 | 525 | 38,4 |
| NDM | 80 | 32,7 | 85 | 23,9 | 131 | 27,8 | 350 | 33,8 | 458 | 33,5 |
| OXA-48 | 48 | 19,6 | 57 | 16,1 | 94 | 19,9 | 194 | 18,7 | 277 | 20,3 |
| ESMFootnote b | 2 | 0,8 | 1 | 0,3 | 0 | 0 | 2 | 0,2 | 3 | 0,2 |
| NDM/OXA-48 | 9 | 3,7 | 12 | 3,4 | 14 | 3 | 57 | 5,5 | 69 | 5,0 |
| GES | 0 | 0 | 1 | 0,3 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| IMP | 1 | 0,4 | 2 | 0,6 | 2 | 0,4 | 1 | 0,1 | 7 | 0,5 |
| IMI/NMC | 7 | 2,9 | 15 | 4,2 | 3 | 0,6 | 13 | 1,3 | 7 | 0,5 |
| VIM | 0 | 0 | 1 | 0,3 | 6 | 1,3 | 4 | 0,4 | 3 | 0,2 |
| Autre | 0 | 0 | 3 | 0,8 | 8 | 1,7 | 17 | 1,6 | 18 | 1,3 |
| Nombre total d’isolats testésFootnote c | 245 | s.o. | 355 | s.o. | 427 | s.o. | 1 035 | s.o. | 1 367 | s.o. |
Mortalité toutes causes confondues à 30 jours : La mortalité toutes causes confondues pour les infections aux EPC a fluctué entre 2020 et 2024, avec une moyenne de 16,8 % (tableau 8).
Résistance aux antibiotiques : Toutes années confondues, les isolats producteurs de NDM étaient majoritairement ultrarésistants (fourchette : 83,8–91,8 %). Inversement, en 2020, 37,5 % des producteurs de type OXA-48 étaient ultrarésistants, contre 16,7 % en 2024, ce qui montre une tendance générale à la baisse de la résistance. La K. pneumoniae productrice de carbapénémase a été plus également répartie au cours de la période de 2020 à 2024, tant ultrarésistante (fourchette : 40,8–56,3) que multirésistante (fourchette : 31,1–52,2). En examinant la résistance parmi les trois principales carbapénémases, nous avons remarqué une augmentation de la résistance à tous les aminoglycosides entre 2021 et 2024 chez les producteurs de KPC (documents supplémentaires). Les producteurs de New Delhi métallo-bêta-lactamase ont montré des tendances à la hausse dans la tobramycine. En revanche, parmi les producteurs de type OXA-48, on a observé une diminution de la résistance à l’aztréonam, à la doxycycline, à la minocycline, au triméthoprime/sulfaméthoxazole, aux carbapénèmes, à la tobramycine et à la gentamicine, ce qui correspond aux observations selon lesquelles moins de producteurs de type OXA-48 étaient ultrarésistants ou multirésistants au fil du temps. Entre 2020 et 2024, la résistance globale des producteurs de KPC, de NDM et de type OXA-48 à l’ertapénème était respectivement de 75,1 %, 97,8 % et 63,3 %, et celle du méropénème de 54,5 %, 92,1 % et 14,5 %. La résistance aux nouvelles associations de médicaments, telles que le méropénème/vaborbactam, l’imipénem/relebactam et la ceftazidime/avibactam, était faible parmi les producteurs de KPC (0,5 %, 1,4 % et 1,3 %) et les producteurs de type OXA-48 (10,2 %, 11,5 % et 0,3 %). La résistance au méropénem/vaborbactam et à l’imipénem/relebactam chez les producteurs de NDM était d’entre 61,3 % et 69,5 % et d’entre 86,3 % et 93,0 %, respectivement, sur une période de cinq ans.
Candidozyma auris (Candida auris)
Quatre-vingt-seize pour cent (n=105/109) des hôpitaux du PCSIN participent à la surveillance de C. auris. Entre la surveillance du PCSIN et celle du Laboratoire national de microbiologie, un total de 43 isolats (colonisations et infections) a été signalé entre 2020 et 2024 : 19 (44 %) des hôpitaux du PCSIN et 24 (56 %) des autres laboratoires d’hôpital. Le nombre de cas de C. auris détectés par an était de quatre en 2020, trois en 2021, 12 en 2022, 10 en 2023 et 14 en 2024. Douze (27,9 %) des cas totaux provenaient de l’ouest du Canada, 29 (67,4 %) du centre du pays et deux (4,7 %) dans l’est. Sur les 43 isolats de C. auris, 19,5 % résistaient à l’amphotéricine B et 90,2 % au fluconazole (tableau 10). La première identification du C. auris résistant aux échinocandines au Canada a eu lieu en 2024; cet isolat résistait au fluconazole et à la micafungine. Entre 2020 et 2024, 22 % des isolats étaient multirésistants (résistants à deux classes d’antifongiques). Sur la base des informations disponibles sur les voyages (n = 24), 33,3 % des patients n’ont déclaré aucun voyage, tandis que 66,7 % ont reçu des soins de santé ou ont voyagé à l’étranger (tableau 8). Sur les quinze patients atteints de C. auris ayant reçu des soins à l’étranger, dix (66,7 %) avaient un statut connu d’organisme producteur de carbapénémase et quatre (40 %) étaient positifs pour les OPC.
| Caractéristiques des isolats ou des patientsFootnote a | Nombre de cas | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| n | % | |||||||||
| Résistance antifongique des isolats de Candidozyma auris (n = 41) | ||||||||||
| Fluconazole | 37 | 90,2 | ||||||||
| Amphotéricine B | 8 | 19,5 | ||||||||
| Multirésistant | 9 | 22,0 | ||||||||
| Micafungine | 1 | 2,4 | ||||||||
| Antécédents de voyage (n = 24) | ||||||||||
| Soins de santé reçus à l’étranger | 15 | 62,5 | ||||||||
| Voyage à l’étranger (soins de santé inconnus) | 1 | 4,2 | ||||||||
| Aucun voyage déclaré | 8 | 33,3 | ||||||||
Discussion
Entre 2020 et 2024, les données de surveillance du PCSIN indiquent que les taux d’IASS au Canada sont demeurés relativement stables pour les ICD (variation de -3,5 %) et les bactériémies à SARM (pas de changement); cependant, les taux ont augmenté pour les bactériémies à ERV et les infections aux EPC (40 % et 300 %, respectivement). Au total, 43 isolats de C. auris ont été identifiés entre 2020 et 2024, le nombre de cas augmentant chaque année.
Les infections à C. difficile entre 2020 et 2024 et les taux globaux d’ICD dans le réseau du PCSIN étaient stables, avec des taux d’ICD nosocomiales allant de 3,60 à 3,89 pour 10 000 jours-patients et des taux d’ICD AC allant de 1,40 à 1,51 pour 1 000 admissions de patients. Comparés aux taux régionaux regroupés de l’OMS de 2016 à 2024, les taux globaux d’ICD du PCSIN étaient inférieurs au taux regroupé de l’Amérique du Nord (6,23 pour 10 000 jours-patients), supérieurs au taux de l’Amérique latine (3,09 pour 10 000 jours-patients) et similaires aux taux du Pacifique occidental (3,90 pour 10 000 jours-patients) et de l’Europe (3,57 pour 10 000 jours-patients) Footnote 21. Au niveau national, contrairement aux taux stables d’ICD observés dans le réseau du PCSIN, le Royaume-Uni a récemment signalé une augmentation d’environ 33 % du taux en 2023–2024 par rapport à 2020–2021, suivant une tendance précédemment stable Footnote 22.
Alors que les résultats des ICD sont demeurés stables, les taux de mortalité à 30 jours, toutes causes confondues, ont diminué chez les patients atteints d’ICD au cours de la période de déclaration. Ces taux de mortalité en baisse ont été observés à la fois dans les ICD AC et les ICD nosocomiales et sont probablement associés, en partie, à la diminution de la prévalence de la souche NAP1 hypervirulente Footnote 23. L’amélioration du diagnostic et de la gestion peut également avoir réduit les taux de létalité.
La RAM des infections à C. difficile est moins fréquente au Canada qu’aux États-Unis ou dans le monde Footnote 24. Dans un échantillon représentatif d’hôpitaux canadiens de soins de courte durée, de 2020 à 2024, nous avons constaté une stabilisation de la résistance à la moxifloxacine dans les populations d’ICD nosocomiales et d’ICD AC avec une résistance moyenne de 7,0 %. La diminution de la résistance à la moxifloxacine, qui était de 24,8 % en 2015, concorde avec une diminution globale de la prévalence du RT027 (NAP1). En outre, la résistance à la moxifloxacine est restée plus faible (6,5 % en 2024) que les données de résistance pondérées et regroupées précédemment publiées pour l’Amérique du Nord (44,0 %) et l’Asie (33,0 %) Footnote 25Footnote 26. La baisse de la prévalence du RT027 a été remplacée par une augmentation concomitante de la prévalence du RT106, du RT014 et du RT020, conformément aux tendances observées aux États-Unis Footnote 23Footnote 27. En outre, l’émergence du RT106, que l’on trouve désormais dans le monde entier, pose des problèmes supplémentaires, car il a été démontré que cette souche produit davantage de spores, présente des taux de récurrence plus élevés et est hautement résistante à l’érythromycine, à la clindamycine, aux fluoroquinolones et aux céphalosporines de troisième génération. L’émergence potentielle de ribotypes résistants justifie une surveillance, un suivi et un examen plus poussés Footnote 27Footnote 28.
La bactérie S. aureus résistant à la méthicilline demeure un agent pathogène hautement prioritaire en raison de son fardeau de maladie et de son taux de mortalité estimés Footnote 29Footnote 30. Entre 2020 et 2024, les taux de bactériémies à SARM dans le réseau du PCSIN sont demeurés stables (0,99–1,16 infection pour 10 000 jours-patients). De même, les données de surveillance mesurant l’incidence estimée sur la base de la population de l’Union européenne et de l’Espace économique européen n’ont pas montré de tendances significatives parmi les bactériémies à SARM au cours de cette période Footnote 31.
De 2020 à 2024, les taux de bactériémies à SARM nosocomiales dans le PCSIN (0,41–0,49 infection pour 10 000 jours-patients) étaient considérablement plus élevés que les taux rapportés dans les hôpitaux publics australiens entre 2020 et 2024 (0,09 à 0,13 infection pour 10 000 jours-patients); cependant, les définitions de cas plus larges du PCSIN tiennent probablement compte de plus de cas avec des expositions indirectes au cours de soins de santé non incluses dans la définition de cas australienne Footnote 32Footnote 33.
Au cours de la période de déclaration, les taux de bactériémies à SARM AC ont légèrement augmenté, mais cette tendance n’est pas significative. Des augmentations de bactériémies à SARM AC ont été déclarées dans d’autres administrations, ce qui suggère un élargissement du réservoir communautaire du SARM au Canada et dans le monde Footnote 34.
Les taux de mortalité à 30 jours toutes causes confondues du PCSIN pour les bactériémies à SARM (nosocomiale : 19,2–24,90 %; AC : 15,0–17,8 %) étaient inférieurs à ceux précédemment déclarés aux États-Unis (nosocomiale : 29 %; AC : 18 %) Footnote 35. Les différences peuvent provenir de la limite stricte de mortalité à 30 jours du PCSIN par rapport aux délais non définis des États-Unis ou des variations dans les systèmes de soins de santé, des stratégies de prévention des infections et des caractéristiques démographiques Footnote 35Footnote 36.
Une diminution importante de la résistance à la clindamycine parmi les isolats de bactériémies à SARM entre 2020 et 2024 a coïncidé avec des changements dans les types de spas du SARM. La proportion du type de spa t002 (communément SARM nosocomiale) a diminué, tandis que le type de spa t008 (traditionnellement le SARM AC) a augmenté. Notamment, le type t008 a augmenté parmi les isolats de SARM AC (45,4 % à 47,2 %) et les isolats de SARM nosocomiales (28 % à 35,4 %). La prévalence croissante des clones traditionnellement associés à la communauté dans les hôpitaux souligne la nécessité d’une surveillance permanente et de stratégies de prévention des infections adaptées, ainsi que d’un suivi continu de la résistance aux antimicrobiens afin d’orienter le traitement et d’atténuer le fardeau du SARM dans les établissements de soins de santé et dans la communauté. Les populations présentant un risque accru d’infection par le SARM AC sont les enfants, les athlètes, les personnes incarcérées, les personnes âgées présentant des comorbidités, les personnes qui s’injectent des drogues et les personnes en situation d’itinérance qui utilisent des installations publiques, y compris des refuges Footnote 37Footnote 38Footnote 39Footnote 40. L’utilisation de drogues injectables peut représenter un nouveau facteur de risque pour le SARM AC Footnote 38Footnote 39Footnote 40. Des stratégies ciblées telles que le dépistage du SARM et la décolonisation dans les populations à haut risque peuvent contribuer à réduire le fardeau des bactériémies à SARM Footnote 37Footnote 38Footnote 39Footnote 40.
Il a été démontré que la résistance à la vancomycine liée aux bactériémies à ERV est associée à des taux de mortalité plus élevés et à des séjours hospitaliers plus longs, ce qui en fait un problème de santé publique important Footnote 41Footnote 42Footnote 43. Le taux de bactériémies à ERV a augmenté d’une année à l’autre dans les hôpitaux participant au PCSIN et a atteint un niveau record en 2024 (0,42 infection pour 10 000 jours-patients). Les taux les plus élevés de bactériémies à ERV ont été observés dans les hôpitaux pour adultes de l’ouest et du centre du Canada comptant 500 lits ou plus. Le succès de certains types de séquences a probablement contribué à l’augmentation du nombre de bactériémies à ERV dans les hôpitaux participant au PCSIN. En 2024, la prévalence du clone ST17, auparavant dominant, est tombée à 25,0 %, tandis que le clone ST80 est devenu prédominant, représentant 30,6 % des isolats. Par rapport à d’autres types de séquences, une association distincte a été identifiée entre le ST80 et le gène VanB. Cette association de gènes VanB hébergés principalement parmi les isolats ST80 a également été documentée dans des études récentes liées à des épidémies de VanB en Suède et au Danemark Footnote 44Footnote 45. Des tendances à la hausse ont été observées dans d’autres pays, tels que l’Allemagne et l’Inde, qui peuvent être associées, en partie, à l’introduction et à la propagation de nouveaux clones, à des différences dans les pratiques de prescription d’antibiotiques et à des lacunes dans les pratiques de prévention des infections Footnote 46Footnote 47Footnote 48Footnote 49Footnote 50. Étant donné que le taux de mortalité à 30 jours, toutes causes confondues, demeure élevé et que la plupart des cas de bactériémies à ERV signalés par les hôpitaux participant au PCSIN étaient des IASS, une surveillance continue et des mesures ciblées de prévention des infections dans les hôpitaux sont de la plus haute importance. En outre, les options de traitement pour les bactériémies à ERV sont limitées et nécessitent l’utilisation de la daptomycine et du linézolide, qui sont classés comme antibiotiques de réserve de dernier recours dans la classification AWaRe de l’OMS Footnote 51. Les données sur la sensibilité aux antibiotiques jusqu’en 2024 montrent que la grande majorité des isolats de bactériémies à ERV demeurent sensibles à la daptomycine et au linézolide (plus de 95 %); cependant, une surveillance continue est nécessaire pour saisir tout changement dans les tendances de la RAM au fil du temps.
Les infections à entérobactéries productrices de carbapénémases constituent une menace importante pour la santé publique, car elles sont de plus en plus fréquentes dans les environnements de soins de santé du monde entier et sont associées à une mortalité élevée et à des options de traitement limitées Footnote 52Footnote 53Footnote 54Footnote 55. Les Centres de contrôle et de prévention des maladies et l’OMS ont classé les EPC parmi les menaces les plus urgentes en matière de RAM Footnote 56Footnote 57. Parmi les hôpitaux participant au PCSIN, le nombre d’infections aux EPC a plus que quintuplé entre 2020 et 2024 et l’augmentation du taux d’infection était significative (p = 0,03). Les données sur l’incidence des infections aux EPC dans d’autres pays, comme le Danemark, l’Italie, la Suisse et le Royaume-Uni, ont également montré une augmentation de l’incidence des infections aux EPC Footnote 30Footnote 58Footnote 59Footnote 60Footnote 61. De 2020 à 2024, 86,8 % des infections aux EPC ont été contractées au Canada et 80 % dans un hôpital canadien de soins de courte durée, ce qui souligne l’importance d’une surveillance continue et de stratégies rigoureuses et à niveaux multiples de lutte contre les infections, y compris le dépistage des patients ayant déjà été hospitalisés (au Canada ou à l’étranger). Les données relatives aux nouveaux médicaments antimicrobiens tels que la ceftazidime et l’avibactam montrent une faible résistance aux carbapénémases telles que la KPC et l’OXA-48. En accord avec plusieurs autres études, des médicaments tels que l’imipénem/relebactam, le méropénem/vaborbactam et la ceftazidime/avibactam ne sont pas efficaces sur les producteurs de NDM où une résistance élevée est souvent observée. Comme on observe une tendance à l’augmentation de la prévalence du NDM, il est nécessaire de tester de nouveaux agents efficaces contre cette carbapénémase.
Candidozyma auris
Candidozyma auris est une levure multirésistante émergente qui peut provoquer des infections invasives et des épidémies, dans lesquelles les infections invasives ont un taux de mortalité très élevé (15 % à 60 %) Footnote 62Footnote 63Footnote 64. Candidozyma auris a également été détecté dans des dizaines de pays Footnote 62Footnote 63Footnote 64Footnote 65Footnote 66Footnote 67Footnote 68. Bien qu’encore relativement rare au Canada, le nombre de cas a augmenté, passant de quatre cas en 2020 à 14 cas en 2024. Les États-Unis ont signalé plus de 7 000 cas cliniques en 2025 Footnote 69. L’identification de C. auris dans les laboratoires de microbiologie nécessite l’identification de Candida au niveau de l’espèce, ce qui a été réalisé pour tous les isolats de Candida dans 45 % des laboratoires en 2018 et 81 % en 2024, même dans les hôpitaux du PCSIN Footnote 70. Les options thérapeutiques sont limitées, car plus de 20 % des isolats de C. auris identifiés au Canada étaient multirésistants et une résistance supplémentaire peut se développer au cours du traitement antifongique Footnote 71Footnote 72. L’identification rapide, le dépistage de la colonisation chez les patients à risque, le respect de pratiques de base et de précautions additionnelles et l’analyse de transmissions potentielles sont tous nécessaires pour réduire la transmission de C. auris dans les établissements de santé canadiens. Avec la détection croissante de C. auris au Canada, il est essentiel de continuer la déclaration pour surveiller le risque et identifier les tendances épidémiologiques et microbiologiques.
Points forts et limites
Les points forts du PCSIN résident dans la taille de son réseau, sa nature collaborative, sa collecte de données détaillées (épidémiologiques et de laboratoire), ses procédures normalisées et son évaluation fréquente et systématique de la qualité des données. Les données épidémiologiques recueillies par le PCSIN comprennent les renseignements disponibles dans les dossiers médicaux des patients liés aux soins cliniques ainsi que les données recueillies par les programmes de prévention et de contrôle des infections. Bien que le roulement du personnel dans les hôpitaux ait pu influencer l’application cohérente des définitions de cas du PCSIN lors de l’examen des dossiers, la collecte des données a été effectuée par des professionnels formés et expérimentés en matière de prévention et de contrôle des infections, qui reçoivent régulièrement des formations de mise à jour sur la méthodologie et les définitions du PCSIN. En outre, des évaluations régulières de la qualité des données ont été effectuées afin de garantir leur exactitude et leur cohérence. Ces données peuvent également être influencées par un biais de sélection en raison de l’exclusion des sites dont les informations sont manquantes ou incomplètes au cours de la période d’étude. Une autre limite de la surveillance de C. auris est que des renseignements épidémiologiques détaillés ne sont disponibles que pour les patients identifiés dans les hôpitaux participant au PCSIN.
Des efforts sont actuellement déployés pour améliorer la qualité et la représentativité des données de surveillance des IASS au Canada. En outre, l’enquête améliorée sur les pratiques de dépistage des hôpitaux est menée chaque année pour contextualiser l’évolution des taux d’IASS dans le réseau du PCSIN. Le PCSIN mène également des enquêtes de prévalence ponctuelle pour évaluer le fardeau et l’incidence des IASS et l’utilisation d’antimicrobiens; la quatrième enquête de prévalence ponctuelle a été menée en février et mars 2024 Footnote 2. Afin d’améliorer la représentativité et la généralisation des taux de référence nationaux des IASS, le PCSIN a lancé un ensemble de données simplifié accessible par tous les hôpitaux de soins de courte durée du Canada pour collecter et visualiser les données annuelles sur les taux d’IASS; 109 hôpitaux ont participé au projet. Avec le lancement de l’ensemble de données simplifié, la couverture par le PCSIN des lits de soins de courte durée au Canada est passée de 35 % en 2020 à 49 % en 2024, améliorant ainsi la représentativité des populations nordiques, communautaires, rurales et autochtones Footnote 73. Ces données et d’autres données détaillées du PCSIN, des outils d’exploration des données et des analyses sont disponibles sur le site Web de l’Infobase santé du PCSIN Footnote 73.
Conclusion
Les résultats de la surveillance d’un réseau sentinelle national d’hôpitaux canadiens de soins de courte durée indiquent que les taux de bactériémies à SARM et d’ICD sont demeurés stables entre 2020 et 2024, tandis que les taux de bactériémies à ERV et d’infections à EPC ont augmenté. Peu de cas de C. auris ont été détectés au Canada, mais les chiffres ont augmenté. La surveillance continue des IASS au Canada est essentielle pour comprendre les tendances des données, pour fournir des taux de référence pour les comparaisons nationales et internationales et pour évaluer et créer des interventions et des politiques visant à améliorer la qualité des soins de santé au Canada. Ces données continuent également de constituer l’une des principales bases de données probantes pour le suivi des taux de RAM au Canada, alors que nous nous efforçons de respecter les engagements énoncés dans le Plan d’action pancanadien sur la résistance aux antimicrobiens Footnote 16.
Déclaration des auteurs
Les hôpitaux du Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales ont apporté leur expertise dans l’élaboration de protocoles ainsi que dans la collecte et la soumission de données épidémiologiques et d’isolats de laboratoire. Le Laboratoire national de microbiologie a effectué les analyses de laboratoire et a contribué à l’interprétation et à la révision de l’article. Des épidémiologistes de l’ASPC ont été chargés de la conception, de l’analyse, de l’interprétation, de la rédaction et de la révision de l’article.
Intérêts concurrents
Aucun.
Remerciements
Nous remercions les médecins, les épidémiologistes, les spécialistes de la lutte contre les infections et le personnel de laboratoire de chaque hôpital participant pour leur contribution : Vancouver General Hospital (VGH), Vancouver, Colombie-Britannique (C.-B.); Richmond General Hospital, Richmond, C.-B.; UC.-B. Hospital, Vancouver, C.-B.; Lion's Gate, North Vancouver, C.-B.; Powell River General Hospital, Powell River, C.-B.; Sechelt Hospital (anciennement St. Mary’s), Sechelt, C.-B.; Squamish General Hospital, Squamish, C.-B.; Victoria General Hospital, Victoria, C.-B.; Royal Jubilee Hospital, Victoria, C.-B.; Nanaimo Regional General Hospital, Nanaimo, C.-B.; C.-B. Women's Hospital, Vancouver, C.-B.; C.-B. Children's Hospital, Vancouver, C.-B.; Kelowna General Hospital, Kelowna, C.-B.; Penticton Regional Hospital, Penticton, C.-B.; University Hospital of Northern C.-B., Prince George, C.-B.; Abbotsford Regional Hospital, Abbotsford, C.-B.; Burnaby Hospital, Burnaby, C.-B.; Chilliwack General Hospital, Chilliwack, C.-B.; Delta Hospital, Delta, C.-B.; Eagle Ridge Hospital, Port Moody, C.-B.; Fraser Canyon Hospital, Hope, C.-B.; Langley Memorial Hospital, Langley, C.-B.; Mission Memorial Hospital, Mission, C.-B.; Peace Arch Hospital, White Rock, C.-B.; Royal Columbian Hospital, New Westminster, C.-B.; Ridge Meadows Hospital, Maple Ridge, C.-B.; Surrey Memorial Hospital, Surrey, C.-B.; Queen's Park Centre, New Westminster, C.-B.; Fellburn Care Centre, Burnaby, C.-B.; Fleetwood Place, Surrey, C.-B.; Peter Lougheed Centre, Calgary, Alberta (AB); Rockyview General Hospital, Calgary, AB; South Health Campus, Calgary, AB; Foothills Medical Centre, Calgary, AB; Alberta Children's Hospital, Calgary, AB; University of Alberta Hospital, Edmonton, AB; Stollery Children's Hospital, Edmonton, AB; Royal University Hospital, Saskatoon, Saskatchewan (SK); Regina General Hospital, Regina, SK; Pasqua Hospital, Regina, SK; Moose Jaw Hospital, SK; St. Paul’s Hospital, Saskatoon, SK; Health Sciences Centre-Winnipeg, Winnipeg, Manitoba (MB); University of Manitoba Children's Hospital, Winnipeg, MB; Children's Hospital of Western Ontario, London, Ontario (ON); St. Michael’s Hospital, Toronto, ON; Victoria Hospital, London, ON; University Hospital, London, ON; Toronto General Hospital, Toronto, ON; Toronto Western Hospital, Toronto, ON; Princess Margaret, Toronto, ON; Mount Sinai Hospital, Toronto, ON; Bridgepoint Active Healthcare, Toronto, ON; Sunnybrook Hospital, Toronto, ON; Kingston General Hospital, Kingston, ON; The Hospital for Sick Children, Toronto, ON; McMaster Children's Hospital, Hamilton, ON; St. Joseph's Healthcare, Hamilton, ON; Joseph's Healthcare, Hamilton, ON; Jurvinski Hospital and Cancer Center, Hamilton, ON; Hamilton Health Sciences General Site, Hamilton, ON; The Ottawa Hospital Civic Campus, Ottawa, ON; The Ottawa Hospital General Campus, Ottawa, ON; Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa, Ottawa, ON; Hôpital pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO), Ottawa, ON; Hôpital général de North York, Toronto, ON; Hôpital régional de Sudbury, Sudbury, ON; Hôpital Temiskaming, Temiskaming Shores, ON; SMBD-Hôpital général juif, Montréal, Québec (QC); Hôpital général de Lachine, Lachine, QC; Hôpital de Montréal pour enfants, Montréal, QC; Hôpital Maisonneuve-Rosemont, Montréal, QC; Hôtel-Dieu de Québec, QC; Centre hospitalier de l'Université de Montréal, Montréal, QC; Hôpital général de Montréal, Montréal, QC; Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, Montréal, QC; Hôpital Royal Victoria, Montréal, QC; Institut neurologique de Montréal, Montréal, QC; Hôpital régional de Rimouski, Rimouski, QC; Hôpital de Notre-Dame-du-lac, Témiscouata-sur-le-lac, QC; Centre hospitalier régional du Grand-Portage, Rivière-du-loup, QC; Hôpital Notre-Dame-de-Fatima, La Pocatière, QC; Hôpital d'Amqui, Amqui, QC; Hôpital de Matane, Matane, QC; Hôpital de Moncton, Moncton, Nouveau-Brunswick (N.-B.); Halifax Infirmary, Halifax, Nouvelle-Écosse (N.-É.); Victoria General, Halifax, N.-É.; Rehabilitation Centre, Halifax, N.-É.; Veterans Memorial Building, Halifax, N.-É.; Dartmouth General Hospital, Halifax, N.-É.; IWK Health Centre, Halifax, N.-É.; General Hospital & Miller Centre, St. John’s, Terre-Neuve et Labrador (T.-N.-L.); Burin Peninsula Health Care Centre, Burin, T.-N.-L.; Carbonear General Hospital, Carbonear, T.-N.-L.; Dr. G.B. Cross Memorial Hospital, Clarenville, T.-N.-L.; Janeway Children’s Hospital and Rehabilitation Centre, St. John’s, T.-N.-L.; St. Clare’s Mercy Hospital, St. John’s, T.-N.-L.; Sir Thomas Roddick Hospital, Stephenville, T.-N.-L.; Western Memorial Regional Hospital, Corner Brook, T.-N.-L.; Central Newfoundland Regional Health Centre, Grand Falls-Windsor, T.-N.-L.; James Paton Memorial Hospital, Gander, T.-N.-L.; Dr. Y.K. Jeon Kittiwake Health Centre, New-Wes-Valley, T.-N.-L.; Fogo Island Health Centre, Fogo, T.-N.-L.; Notre Dame Bay Memorial Health Centre, Twillingate, T.-N.-L.; Connaigre Peninsula Health Centre, Harbour Breton, T.-N.-L.; A.M. Guy Health Centre, Buchans, T.-N.-L.; Green Bay Health Centre, Springdale, T.-N.-L.; Baie Verte Peninsula Health Centre, Baie Verte, T.-N.-L.; Queen Elizabeth Hospital, Charlottetown, Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.); Prince County Hospital, Summerside, Î.-P.-É.; Qikiqtani General Hospital, Nunavut.
Nous remercions le personnel de l’Agence de la santé publique du Canada au Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Ottawa (Ontario) (J. Bartoszko, J. Cayen, K. Choi, N. Jeyakumar, D. Lee, M. LaFreniere, C. Lybeck, C. McClellan, E. McGill, A. Neitzel, N. Papayiannakis, S. Rudat, A. Silva, Z. Suleman, O. Varsaneux) et le Laboratoire national de microbiologie, Winnipeg (Manitoba) (S. Ahmed, A. Bangit, A. Bharat, T. Du, R. Edirmanasinghe, K. Fakharuddin, G. Golding, G. Grewal, R. Hizon, X. Li, L. Mataseje, M. McCracken, M. Reimer, N. Lerminiaux, J. Tinsley).
Financement
Ce travail a été soutenu par l’Agence de la santé publique du Canada.
Appendice
Des documents et des tableaux supplémentaires sont disponibles sur demande auprès de l’auteur : cnisp-pcsin@phac-aspc.gc.ca
Définitions de cas de surveillance et critères d’admissibilité, 2024
- Tableau S1.0 : Résumé des caractéristiques des patients pour les infections à Clostridioides difficile (ICD), les infections à entérobactéries productrices de carbapénémase (EPC), les bactériémies à Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) et les bactériémies à Enterococcus résistant à la vancomycine (ERV), 2020–2024
- Tableau S1.1 : Cas et taux d’incidence des infections à Clostridioides difficile associées aux soins de santé et à la communauté selon la région, le type d’hôpital et la taille de l’hôpital, Canada, 2020–2024
- Tableau S1.2 : Résistance aux antimicrobiens des isolats d’infections à Clostridioides difficile associées aux soins de santé et à la communauté, Canada, 2020–2024
- Tableau S1.3 : Nombre et proportion des ribotypes communs des cas d’infection à Clostridioides difficile associée aux soins de santé et à la communauté, Canada, 2020–2024
- Tableau S2.1 : Cas et taux d’incidence de bactériémies à Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline associées aux soins de santé et à la communauté par région, type d’hôpital et taille de l’hôpital, 2020–2024
- Tableau S2.2 : Résistance aux antimicrobiens des isolats de bactériémies à Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline associées aux soins de santé et à la communauté, Canada, 2020–2024
- Tableau S2.3 : Nombre et proportion de certains types de spa identifiés de Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (avec les types d’épidémies correspondants)
- Tableau S3.1 : Taux d’incidence du nombre de bactériémies à Enterococcus résistant à la vancomycine par région, type d’hôpital et taille de l’hôpital, 2020–2024
- Tableau S3.2 : Nombre de bactériémies à Enterococcus résistant à la vancomycine associées aux soins de santé et taux d’incidence par région, type d’hôpital et taille de l’hôpital, 2020–2024
- Tableau S3.3 : Nombre et proportion de types d’isolats identifiés de bactériémies à Enterococcus résistant à la vancomycine, 2020–2024
- Tableau S3.4 : Répartition des types de séquences de bactériémies d’Enterococcus faecium résistant à la vancomycine, 2020–2024
- Tableau S4.1 : Nombre d’infections à entérobactéries productrices de carbapénémase et taux d’incidence par région, type d’hôpital et taille de l’hôpital, 2020–2024
- Tableau S.4.2 : Nombre et proportion des principaux pathogènes identifiés producteurs de carbapénémases
- Tableau S4.3 : Analyses de sensibilité aux antimicrobiens pour la carbapénémase de Klebsiella pneumoniae, 2020–2024
- Tableau S4.4 Analyse de sensibilité aux antimicrobiens pour la New Delhi métallo-bêta-lactamase, 2020–2024
- Tableau S4.5 : Analyses de sensibilité aux antimicrobiens pour OXA-48, Oxacillinase-48, 2020–2024

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