Chapitre 4 : Actualités en épidémiologie du VIH/sida, Juillet 2010 – L'infection à VIH et le sida chez les jeunes au Canada

Chapitre 4 : L'infection à VIH et le sida chez les jeunes au Canada

L'infection à VIH et le sida chez les jeunes au Canada (Document PDF - 470 ko – 11 pages)

Points saillants

  • On constate, depuis que l'on a commencé à déclarer les cas, que 26,5 % de tous les rapports de tests positifs pour le VIH concernent les jeunes de 15 à 29 ans.
  • Les données sur les comportements des jeunes Canadiens mettent en évidence le risque de transmission du VIH par rapport aux comportements sexuels risqués et aux lacunes sur le plan des connaissances.
  • Les données d'études ciblées montrent que les jeunes de la rue, les jeunes qui s'injectent des drogues et les jeunes hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes (HRSH) sont particulièrement vulnérables à l'infection du VIH.
  • Il faut mettre en œuvre un large éventail d'activités de prévention pour aider à réduire au minimum le risque de transmission du VIH chez les jeunes.

Introduction

En général, les jeunes (définis dans le présent document comme des personnes de 15 à 29 ans) sont vulnérables à l'infection à VIH en raison de nombreux facteurs, notamment les comportements sexuels risqués, la toxicomanie (y compris l'usage de drogues par injection) et le manque d'information ou l'accès à des renseignements erronés au sujet de la transmission du VIH. Pour dresser un profil adéquat de l'infection à VIH et du sida dans la population des jeunes, il est nécessaire de compléter les données canadiennes actuelles de surveillance sur le VIH/sida par d'autres sources de données pertinentes, comme des enquêtes sur la santé, des études sur l'incidence et la prévalence, et des données sur les infections transmises sexuellement (ITS). Le présent chapitre donne une vue d'ensemble des plus récentes données de surveillance sur le VIH/sida (surveillance de routine et surveillance améliorée) en ce qui concerne les jeunes au Canada, ainsi qu'un résumé des récentes études portant sur les facteurs associés aux comportements à risque et à la transmission du VIH.

Surveillance systèmatique

Le Centre de lutte contre les maladies transmissibles et les infections (CLMTI) de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) recueille des données de surveillance sur les tests positifs pour le VIH et les cas déclarés de sida au Canada. Au nombre des renseignements épidémiologiques colligés figurent l'âge, le sexe, les risques associés à la transmission du VIH et l'origine ethnique autodéclarée. Des données sur les décès sont également recueillies dans les cas de sida.

Les professionnels de la santé ou les laboratoires transmettent cette information aux autorités sanitaires provinciales et territoriales qui, à leur tour, communiquent volontairement les rapports de tests positifs pour le VIH et les diagnostics de sida au CLMTI, où les données sont synthétisées et analysées à l'échelle nationale. Les données de surveillance comportent plusieurs limites, notamment les retards dans la déclaration, la sous déclaration, le fait que certains renseignements manquent et que les infections ne sont pas diagnostiquées. (Prière de se reporter au chapitre 3 pour une description complète de la surveillance du VIH/sida au Canada.)

Données de surveillance du sida

En date du 31 décembre 2008, le nombre total de cas de sida déclarés à l'ASPC depuis 1979 était de 21 300 Note de bas de page 1.

Tendances chez les jeunes de 15 à 29 ans
  • La proportion de cas de sida associés au groupe d'âge des 15 à 29 ans a diminué de façon régulière, passant de 34,6 % en 1982 à 7,5 % en 1999; elle a depuis ce temps augmenté légèrement pour représenter 11,8 % de tous les cas en 2008 (figure 1).

 

Proportion de cas de sida diagnostiqués selon le groupe d'âge
Figure 1 - Texte équivalent

Texte équivalent - Figure 1 - L’infection à VIH et le sida chez les jeunes au Canada

La figure 1 montre la distribution des cas diagnostiqués de sida au Canada (en %), selon le groupe d’âge, pour la période allant de 1979 à 2008. Elle comporte quatre courbes représentant chacune un groupe d’âge, à savoir : moins de 15 ans, 15‑29 ans, 30‑49 ans et 50 ans et plus.
La proportion des cas diagnostiqués de sida au Canada représentée par les moins de 15 ans se détaille comme suit :

  • Aucun cas déclaré en 1979 ou en 1980
  • 37,5 % en 1981
  • 3,8 % en 1982
  • 6,3 % en 1983
  • 3,1 % en 1984
  • 3,0 % en 1985
  • 1,5 % en 1986
  • 0,6 % en 1987
  • 0,9 % en 1988
  • 0,9 % en 1989
  • 0,8 % en 1990
  • 0,8 % en 1991
  • 1,0 % en 1992
  • 0,8 % en 1993
  • 1,3 % en 1994
  • 1,6 % en 1995
  • 1,4 % en 1996
  • 1,9 % en 1997
  • 0,6 % en 1998
  • 1,4 % en 1999
  • 0,8 % en 2000
  • 0,7 % en 2001
  • 0,7 % en 2002
  • 0,8 % en 2003
  • 0,6 % en 2004
  • 1,7 % en 2005
  • 1,3 % en 2006
  • 1,2 % en 2007
  • 1,6 % en 2008

La proportion des cas diagnostiqués de sida au Canada représentée par les 15‑29 ans se détaille comme suit :

  • Aucun cas déclaré en 1979
  • 100 % en 1980
  • 12,5 % en 1981
  • 34,6 % en 1982
  • 25,0 % en 1983
  • 20,4 % en 1984
  • 21,6 % en 1985
  • 24,6 % en 1986
  • 22,1 % en 1987
  • 22,6 % en 1988
  • 20,5 % en 1989
  • 19,8 % en 1990
  • 17,9 % en 1991
  • 17,8 % en 1992
  • 15,4 % en 1993
  • 13,4 % en 1994
  • 12,8 % en 1995
  • 12,5 % en 1996
  • 11,0 % en 1997
  • 12,2 % en 1998
  • 7,5 % en 1999
  • 8,4 % en 2000
  • 8,7 % en 2001
  • 7,8 % en 2002
  • 7,9 % en 2003
  • 10,2 % en 2004
  • 12,7 % en 2005
  • 10,3 % en 2006
  • 10,0 % en 2007
  • 11,8 % en 2008

La proportion des cas diagnostiqués de sida au Canada représentée par les 30‑49 ans se détaille comme suit :

  • 100 % en 1979
  • Aucun cas déclaré en 1980
  • 37,5 % en 1981
  • 53,8 % en 1982
  • 54,7 % en 1983
  • 66,0 % en 1984
  • 64,4 % en 1985
  • 63,7 % en 1986
  • 65,8 % en 1987
  • 66,9 % en 1988
  • 68,9 % en 1989
  • 69,5 % en 1990
  • 70,2 % en 1991
  • 71,9 % en 1992
  • 73,0 % en 1993
  • 74,2 % en 1994
  • 73,2 % en 1995
  • 73,0 % en 1996
  • 72,1 % en 1997
  • 76,5 % en 1998
  • 75,1 % en 1999
  • 72,9 % en 2000
  • 70,0 % en 2001
  • 72,4 % en 2002
  • 72,8 % en 2003
  • 69,8 % en 2004
  • 64,4 % en 2005
  • 68,5 % en 2006
  • 67,3 % en 2007
  • 65,1 % en 2008

La proportion des cas diagnostiqués de sida au Canada représentée par les 50 ans et plus se détaille comme suit :

  • Aucun cas déclaré en 1979 ou en 1980
  • 12,5 % en 1981
  • 7,7 % en 1982
  • 14,1 % en 1983
  • 10,5 % en 1984
  • 10,9 % en 1985
  • 10,3 % en 1986
  • 11,5 % en 1987
  • 9,5 % en 1988
  • 9,7 % en 1989
  • 9,9 % en 1990
  • 11,1 % en 1991
  • 9,3 % en 1992
  • 10,8 % en 1993
  • 11,1 % en 1994
  • 12,4 % en 1995
  • 13,1 % en 1996
  • 14,9 % en 1997
  • 10,7 % en 1998
  • 15,9 % en 1999
  • 17,8 % en 2000
  • 20,7 % en 2001
  • 19,0 % en 2002
  • 18,6 % en 2003
  • 19,4 % en 2004
  • 21,2 % en 2005
  • 19,9 % en 2006
  • 21,5 % en 2007
  • 21,6 % en 2008

Sexe
  • De 1983 à 1995, plus de 85 % des cas annuels de sida survenus chez les jeunes de 15 à 29 ans concernaient des hommes. Cet écart a diminué de façon régulière et, en 2007, pour la première fois depuis qu'on a commencé à déclarer les cas de sida en 1979, la proportion de cas de sida chez les jeunes femmes était supérieure à celle des cas de sida chez les jeunes hommes (figure 2). En 2008, 66,7 % des cas de sida déclarés à l'ASPC sont survenus chez des jeunes de sexe masculin, et 33,3 % sont survenus chez des jeunes de sexe féminin.

Proportion de cas de sida diagnostiqués chez les jeunes de 15 à 29 ans, selon le sexe
Figure 2 - Texte équivalent

Texte équivalent - Figure 2 - L’infection à VIH et le sida chez les jeunes au Canada

La figure 2 présente la distribution des cas diagnostiqués de sida (en %) chez les jeunes de 15 à 29 ans, selon le sexe, pour la période allant de 1995 à 2008.
Le graphique comporte deux courbes : celle du haut représente les jeunes hommes et celle du bas, les jeunes femmes.
La proportion des cas diagnostiqués de sida chez les 15 à 29 ans représentée par les jeunes hommes se détaille comme suit :

  • 85,3 % en 1995
  • 76,4 % en 1996
  • 62,5 % en 1997
  • 78,5 % en 1998
  • 64,3 % en 1999
  • 78,6 % en 2000
  • 54,1 % en 2001
  • 56,3 % en 2002
  • 60,0 % en 2003
  • 54,5 % en 2004
  • 71,1 % en 2005
  • 65,6 % en 2006
  • 46,2 % en 2007
  • 66,7 % en 2008

La proportion des cas diagnostiqués de sida chez les 15 à 29 ans représentée par les jeunes femmes se détaille comme suit :

  • 14,7 % en 1995
  • 23,6 % en 1996
  • 37,5 % en 1997
  • 21,5 % en 1998
  • 35,7 % en 1999
  • 21,4 % en 2000
  • 45,9 % en 2001
  • 43,8 % en 2002
  • 40,0 % en 2003
  • 45,5 % en 2004
  • 28,9 % en 2005
  • 34,4 % en 2006
  • 53,8 % en 2007
  • 33,3 % en 2008

Catégorie d'exposition
  • Depuis 2000, la proportion de cas de sida associés à la catégorie d'exposition des HRSH chez les jeunes est passée de 26,3 % à 42,9 %.
  • De même, depuis 2000, la proportion de cas de sida chez les utilisateurs de drogues par injection (UDI) est passée de 31,6 % à 42,9 %.
  • Pendant ce temps, depuis 2000, la proportion de cas de sida attribuables à des contacts hétérosexuels chez les jeunes a diminué, passant de 34,2 % à 14,3 %.
Race/origine ethnique

Comme le montre la figure 3, la proportion de cas de sida chez les jeunes Noirs et les jeunes Autochtones a augmenté entre 1988 et 2004 de 24,5 % et de 15,9 %, respectivement. La proportion de cas de sida chez les personnes qui ont indiqué être de race blanche a dimi nué de façon régulière, alors que la proportion de cas chez les personnes d'une autre origine ethnique ou race est demeurée relativement constante.

Figure 3. Proportion de cas de sida chez les jeunes de 15 et 29 ans selon l'origine ethnique
Figure 3 - Texte équivalent

Texte équivalent - Figure 3 - L’infection à VIH et le sida chez les jeunes au Canada

La figure 3 illustre la distribution des cas de sida (en %) chez les jeunes de 15 à 29 ans, selon l’ethnicité, pour la période allant de 1988 à 2008. Les résultats suivants sont présentés en ordre décroissant.
En 1988, la majorité des cas étaient observés chez les jeunes Blancs, qui représentaient 85,1 % des cas déclarés de sida. Venaient ensuite les Noirs (7,7 %), les Asiatiques (2,4 %), les Autochtones (1,9 %), les Latino‑Américains (1,9 %) et les Asiatiques du Sud et de l’Ouest et les Arabes (1,0 %).
En 1998, la majorité des cas étaient observés chez les Blancs, qui représentaient 60,6 % des cas déclarés de sida. Venaient ensuite les Noirs (18,3 %), les Autochtones (11,3 %), les Latino‑Américains (5,6 %), les Asiatiques (2,8 %) et les personnes d’une autre ethnicité (1,4 %). Aucun cas n’a été déclaré chez les Asiatiques du Sud et de l’Ouest ou les Arabes.
En 2004, la majorité des cas étaient observés chez les Blancs, qui représentaient 42,9 % des cas déclarés de sida. Venaient ensuite les Noirs (32,1 %), les Autochtones (17,9 %) et les Asiatiques (7,1 %). Aucun cas n’a été déclaré chez les personnes d’une autre ethnicité ni chez les Latino‑Américains, les Asiatiques du Sud et de l’Ouest et les Arabes.
En 2008, la majorité des cas étaient observés chez les Blancs, qui représentaient 42,9 % des cas déclarés de sida. Venaient ensuite les Autochtones (28,6 %), puis les Latino‑Américains (14,3 %) et les Noirs (14,3 %). Aucun cas n’a été déclaré chez les personnes d’une autre ethnicité et les Asiatiques ni chez les Asiatiques du Sud et de l’Ouest et les Arabes.


Tableau 1. Cas cumulatifs de sida chez les jeunes de 15 à 29 ans, depuis 1979 jusqu'au 31 décembre 2008
De 15 à 19 ans, % De 20 à 29 ans, %
*La catégorie « Autres » inclut l'exposition en milieu de travail, la transmission périnatale et autres situations.
Sexe n = 74 n = 3 287
% femmes 25,7 14,9
Catégorie d'exposition n = 65 n = 3 087
HRSH 15,4 62,0
HRSH-UDI 6,2 7,5
UDI 12,3 9,5
Contacts hétérosexuels 10,8 17,3
Sang/produits sanguins 53,8 3,6
Transmission périnatale 0,0 0,0
AutresTableau 1 - Note de bas de page * 1,5 0,0
Origine ethnique n = 51 n = 2 475
Autochtone 2,0 5,3
Asiatique du Sud/Asiatique de l'Ouest/Arabe 2,0 0,6
Asiatique 0,0 1,8
Noir 7,8 11,9
Latino-Américain 0,0 1,9
Blanc 88,2 77,9
Autres 0,0 0,6

Données de surveillance du VIH

  • Entre le moment où l'on a commencé à déclarer les cas de VIH, en 1985, et le 31 décembre 2008, on a enregistré un total de 67 442 rapports de tests positifs pour le VIH au Canada.
Tendances chez les jeunes de 15 à 29 ans
  • En 1985, la proportion de rapports de tests positifs pour le VIH associée au groupe d'âge des 15 à 29 ans était de 39,5 %, puis elle a diminué de façon régulière pour atteindre 20,8 % en 1999. De 1998 à 2008, environ 21 % à 23 % des rapports annuels de tests positifs pour le VIH concernaient les jeunes (figure 4).

Nombre de rapports de tests positifs pour le VIH selon le groupe d'âge
Figure 4 - Texte équivalent

Texte équivalent - Figure 4 - L’infection à VIH et le sida chez les jeunes au Canada

La figure 4 montre l’évolution du nombre de tests positifs pour le VIH signalés entre 1995 et 2008, selon le groupe d’âge. Elle comporte quatre courbes représentant chacune un groupe d’âge, à savoir : moins de 15 ans, 15‑29 ans, 30‑49 ans et 50 ans et plus.
Le nombre de tests positifs pour le VIH signalés, pour les moins de 15 ans, se détaille comme suit :

  • 31 en 1995
  • 42 en 1996
  • 27 en 1997
  • 23 en 1998
  • 17 en 1999
  • 11 en 2000
  • 15 en 2001
  • 14 en 2002
  • 10 en 2003
  • 23 en 2004
  • 27 en 2005
  • 20 en 2006
  • 17 en 2007
  • 29 en 2008

Le nombre de tests positifs pour le VIH signalés, pour les 15‑29 ans, se détaille comme suit :

  • 743 en 1995
  • 646 en 1996
  • 541 en 1997
  • 464 en 1998
  • 444 en 1999
  • 441 en 2000
  • 463 en 2001
  • 514 en 2002
  • 510 en 2003
  • 528 en 2004
  • 531 en 2005
  • 574 en 2006
  • 530 en 2007
  • 605 en 2008

Le nombre de tests positifs pour le VIH signalés, pour les 30‑49 ans, se détaille comme suit :

  • 1 845 en 1995
  • 1 727 en 1996
  • 1 581 en 1997
  • 1 489 en 1998
  • 1 451 en 1999
  • 1367 en 2000
  • 1 427 en 2001
  • 1 625 en 2002
  • 1 647 en 2003
  • 1 632 en 2004
  • 1 589 en 2005
  • 1 587 en 2006
  • 1 504 en 2007
  • 1 575 en 2008

Le nombre de tests positifs pour le VIH signalés, pour les 50 ans et plus, se détaille comme suit :

  • 232 en 1995
  • 248 en 1996
  • 251 en 1997
  • 239 en 1998
  • 226 en 1999
  • 229 en 2000
  • 266 en 2001
  • 282 en 2002
  • 287 en 2003
  • 324 en 2004
  • 331 en 2005
  • 352 en 2006
  • 380 en 2007
  • 399 en 2008

Catégorie d'exposition
  • Durant les premières années de l'épidémie (de 1985 à 1990), plus de 70 % des rapports de tests positifs pour le VIH chez les jeunes étaient associés à la catégorie d'exposition des HRSH, soit beaucoup plus que pour les catégories d'exposition des UDI et des hétérosexuels. En revanche, en 1999, les proportions de rapports de tests positifs pour le VIH associées à ces trois catégories d'exposition étaient presque égales (UDI : 35,1 %, HRSH : 28,7 %, hétérosexuels : 30,9 %).
  • En 2008, les rapports de tests positifs pour le VIH chez les jeunes étaient associés dans une proportion très élevée, soit 53,9 % (n = 172), à la catégorie d'exposition des HRSH, et dans de moindres proportions, soit respectivement 22,9 % (n = 73) et 19,4 % (n = 62), aux catégories d'exposition des hétérosexuels et des UDI (figure 5).

Nombre de rapports de tests positifs pour le VIH chez les jeunes de 15 à 29 ans: selon la catégorie d'exposition
Figure 5 - Texte équivalent

Texte équivalent - Figure 5 - L’infection à VIH et le sida chez les jeunes au Canada

La figure 5 présente l’évolution du nombre de tests positifs pour le VIH signalés au Canada entre 1995 et 2008, pour les 15‑29 ans, selon la catégorie d’exposition.
Elle comporte six courbes représentant chacune une catégorie d’exposition, à savoir : HRSH, UDI, HRSH‑UDI, receveurs de sang ou de facteurs de coagulation, hétérosexuels et « autres ».
L’évolution du nombre de tests positifs pour le VIH chez les HRSH se détaille comme suit :

  • 200 cas déclarés en 1995
  • 158 cas déclarés en 1996
  • 133 cas déclarés en 1997
  • 79 cas déclarés en 1998
  • 76 cas déclarés en 1999
  • 94 cas déclarés en 2000
  • 93 cas déclarés en 2001
  • 108 cas déclarés en 2002
  • 102 cas déclarés en 2003
  • 118 cas déclarés en 2004
  • 112 cas déclarés en 2005
  • 125 cas déclarés en 2006
  • 150 cas déclarés en 2007
  • 176 cas déclarés en 2008

L’évolution du nombre de tests positifs pour le VIH chez les UDI se détaille comme suit :

  • 131 cas déclarés en 1995
  • 129 cas déclarés en 1996
  • 98 cas déclarés en 1997
  • 69 cas déclarés en 1998
  • 93 cas déclarés en 1999
  • 77 cas déclarés en 2000
  • 67 cas déclarés en 2001
  • 52 cas déclarés en 2002
  • 46 cas déclarés en 2003
  • 54 cas déclarés en 2004
  • 81 cas déclarés en 2005
  • 70 cas déclarés en 2006
  • 90 cas déclarés en 2007
  • 62 cas déclarés en 2008

L’évolution du nombre de tests positifs pour le VIH chez les HRSH‑UDI se détaille comme suit :

  • 24 cas déclarés en 1995
  • 19 cas déclarés en 1996
  • 16 cas déclarés en 1997
  • 13 cas déclarés en 1998
  • 7 cas déclarés en 1999
  • 7 cas déclarés en 2000
  • 14 cas déclarés en 2001
  • 6 cas déclarés en 2002
  • 7 cas déclarés en 2003
  • 6 cas déclarés en 2004
  • 4 cas déclarés en 2005
  • 2 cas déclarés en 2006
  • 3 cas déclarés en 2007
  • 5 cas déclarés en 2008

L’évolution du nombre de tests positifs pour le VIH chez les receveurs de sang ou de facteurs de coagulation se détaille comme suit :

  • 1 cas déclaré en 1995
  • 6 cas déclarés en 1996
  • 2 cas déclarés en 1997
  • 3 cas déclarés en 1998
  • 1 cas déclaré en 1999
  • 3 cas déclarés en 2000
  • Aucun cas déclaré en 2001
  • 1 cas déclaré en 2002
  • 2 cas déclarés en 2003
  • Aucun cas déclaré en 2004
  • Aucun cas déclaré en 2005
  • Aucun cas déclaré en 2006
  • 1 cas déclaré en 2007
  • Aucun cas déclaré en 2008

L’évolution du nombre de test positifs pour le VIH chez les hétérosexuels se détaille comme suit :

  • 66 cas déclarés en 1995
  • 85 cas déclarés en 1996
  • 62 cas déclarés en 1997
  • 89 cas déclarés en 1998
  • 82 cas déclarés en 1999
  • 83 cas déclarés en 2000
  • 109 cas déclarés en 2001
  • 105 cas déclarés en 2002
  • 111 cas déclarés en 2003
  • 109 cas déclarés en 2004
  • 102 cas déclarés en 2005
  • 112 cas déclarés en 2006
  • 92 cas déclarés en 2007
  • 73 cas déclarés en 2008

L’évolution du nombre de tests positifs pour le VIH, pour la catégorie « autres », se détaille comme suit :

  • 8 cas déclarés en 1995
  • 4 cas déclarés en 1996
  • 4 cas déclarés en 1997
  • 14 cas déclarés en 1998
  • 6 cas déclarés en 1999
  • 6 cas déclarés en 2000
  • 2 cas déclarés en 2001
  • 11 cas déclarés en 2002
  • 10 cas déclarés en 2003
  • 8 cas déclarés en 2004
  • 8 cas déclarés en 2005
  • 18 cas déclarés en 2006
  • 10 cas déclarés en 2007
  • 7 cas déclarés en 2008

Sexe
  • Lorsqu'on a commencé à déclarer les cas de VIH en 1985, le ratio hommes femmes en ce qui concerne les rapports de tests positifs pour le VIH chez les jeunes était presque de 20:1; en effet, 95,8 % des rapports de tests positifs pour le VIH concernaient les hommes (figure 6). En 2001, les proportions de rapports de tests positifs pour le VIH chez les hommes et les femmes de ce groupe d'âge étaient presque égales (54,8 % et 45,2 %, respectivement). Depuis ce temps, la proportion de ces rapports chez les hommes varie de 57 % à 67 %.
  • En 2008, la proportion de rapports de tests positifs pour le VIH chez toutes les femmes était le plus élevée chez les 15 à 29 ans et représentait 33,5 % de tous les rapports de tests positifs pour le VIH chez les jeunes. La proportion de ces rapports chez les femmes a diminué dans tous les groupes d'âge suivants : 30,9 % dans le groupe d'âge des 30 à 39 ans, 21,5 % dans le groupe d'âge des 40 à 49 ans et 15,1 % dans le groupe d'âge des 50 ans ou plus.
  • En 2008, le seul groupe d'âge dans lequel on notait un nombre plus élevé de rapports de tests positifs pour le VIH chez les femmes que chez les hommes était celui des 15 à 19 ans (ratio hommes femmes de 0,7:1).

Proportion de rapports de tests positifs pour le VIH chez les jeunes de 15 à 29 ans 1992: selon le sexe
Figure 6 - Texte équivalent

Texte équivalent - Figure 6 - L’infection à VIH et le sida chez les jeunes au Canada

La figure 6 présente la proportion (en %) des tests positifs pour le VIH signalés au Canada, entre 1985 et 2008, chez les jeunes de 15 à 29 ans, pour chacun des sexes. Le graphique comporte deux courbes; la courbe du haut représente les jeunes hommes et la courbe du bas, les jeunes femmes.
L’évolution de la proportion des tests positifs pour le VIH signalés chez les 15 à 29 ans que représentent les jeunes hommes se détaille comme suit :

  • 95,8 % des tests positifs signalés en 1985
  • 95,8 % des tests positifs signalés en 1986
  • 93,6 % des tests positifs signalés en 1987
  • 88,1 % des tests positifs signalés en 1988
  • 89,0 % des tests positifs signalés en 1989
  • 87,8 % des tests positifs signalés en 1990
  • 82,2 % des tests positifs signalés en 1991
  • 81,9 % des tests positifs signalés en 1992
  • 81,9 % des tests positifs signalés en 1993
  • 76,7 % des tests positifs signalés en 1994
  • 71,6 % des tests positifs signalés en 1995
  • 69,3 % des tests positifs signalés en 1996
  • 64,5 % des tests positifs signalés en 1997
  • 61,6 % des tests positifs signalés en 1998
  • 57,8 % des tests positifs signalés en 1999
  • 58,7 % des tests positifs signalés en 2000
  • 54,8 % des tests positifs signalés en 2001
  • 60,9 % des tests positifs signalés en 2002
  • 58,4 % des tests positifs signalés en 2003
  • 57,1 % des tests positifs signalés en 2004
  • 64,8 % des tests positifs signalés en 2005
  • 58,9 % des tests positifs signalés en 2006
  • 63,3 % des tests positifs signalés en 2007
  • 66,5 % des tests positifs signalés en 2008

L’évolution de la proportion des tests positifs pour le VIH signalés chez les 15 à 29 ans que représentent les jeunes femmes se détaille comme suit :

  • 4,2 % des tests positifs signalés en 1985
  • 4,2 % des tests positifs signalés en 1986
  • 6,4 % des tests positifs signalés en 1987
  • 11,9 % des tests positifs signalés en 1988
  • 11,0 % des tests positifs signalés en 1989
  • 12,2 % des tests positifs signalés en 1990
  • 17,8 % des tests positifs signalés en 1991
  • 18,1 % des tests positifs signalés en 1992
  • 18,1 % des tests positifs signalés en 1993
  • 23,3 % des tests positifs signalés en 1994
  • 28,4 % des tests positifs signalés en 1995
  • 30,7 % des tests positifs signalés en 1996
  • 35,5 % des tests positifs signalés en 1997
  • 38,4 % des tests positifs signalés en 1998
  • 42,2 % des tests positifs signalés en 1999
  • 41,3 % des tests positifs signalés en 2000
  • 45,2 % des tests positifs signalés en 2001
  • 39,1 % des tests positifs signalés en 2002
  • 41,6 % des tests positifs signalés en 2003
  • 42,9 % des tests positifs signalés en 2004
  • 35,2 % des tests positifs signalés en 2005
  • 41,1 % des tests positifs signalés en 2006
  • 36,7 % des tests positifs signalés en 2007
  • 33,5 % des tests positifs signalés en 2008

Race/origine ethnique

La déclaration de l'origine ethnique ou de la race comporte plusieurs limites; il est donc recommandé d'interpréter ces données avec prudence. L'information sur l'origine ethnique ou la race n'est pas disponible pour toutes les provinces et tous les territoires, notamment dans le cas du Québec et de l'Ontario. En rai son des différences entre les renseignements déclarés, l'origine ethnique ou la race indiquée dans les rapports de tests positifs pour le VIH ne devrait pas être con sidérée comme représentative de la population canadienne. Les autres réserves concernent les choix limités quant à la déclaration de l'origine ethnique ou de la race dans les formulaires de rapports de cas, ce qui pourrait donner lieu à une classification erronée ou à une sous déclaration de cas.

  • Puisque la déclaration de l'origine ethnique ou de la race des cas de VIH a commencé en 1998, la plupart des rapports annuels de tests positifs pour le VIH concernaient des personnes ayant indiqué qu'elles étaient de race blanche, sauf en 2005 et en 2008, où le nombre de personnes s'identifiant comme Autochtones était supérieur.
  • La proportion de rapports de tests positifs pour le VIH chez les jeunes ayant indiqué qu'ils étaient de race blanche affiche une tendance généralement à la baisse, passant de 51,0 % en 1998 à 33,5 % en 2008.
  • La proportion de rapports de tests positifs pour le VIH chez les jeunes qui s'identifiaient comme Au tochtones affiche une tendance généralement à la hausse, passant de 28,8 % en 1998 à 40,9 % en 2008.
  • En 2008, la plupart des rapports de tests positifs pour le VIH concernaient les personnes qui s'identifiaient comme Autochtones (40,9 %), puis les personnes de race blanche (33,5 %) et finalement les Latino-Américains et les Noirs (les deux à 7,9 %).

Tableau 2. Rapports de tests positifs pour le VIH chez les jeunes de 15 à 29 ans depuis 1985 jusqu'au 31 décembre 2008
De 15 à 19 ans, % De 20 à 29 ans, %
*La catégorie « Autres » inclut l'exposition en milieu de travail, la transmission périnatale et autres situations.
Sexe n = 957 n = 15 624
% femmes 44,7 22,7
Catégorie d'exposition n = 603 n = 9 020
HRSH 35,0 59,5
HRSH-UDI 2,7 3,2
UDI 24,9 16,3
Contacts hétérosexuels 25,5 16,9
Sang/produits sanguins 10,1 2,0
Autres Tableau 2 - Note de bas de page * 1,8 2,0
Origine ethnique (de 1998 à 2008) n = 209 n = 1,698
Autochtone 48,3 31,0
Asiatique/Asiatique de l'Ouest/ Arabe 0,5 2,7
Asiatique 1,4 4,3
Noir 6,7 12,7
Latino-Américain 1,9 3,8
Blanc 40,2 44,9
Autres 1,0 0,5

 

Données de surveillance améliorée et de surveillance en population

Description générale des systèmes « Track »

Dans le cadre de l' Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida au Canada , l'ASPC surveille les tendances de la prévalence de l'infection à VIH et les comportements à risque qui y sont associés dans des populations vulnérables qui ont été identifiées au Canada par les systèmes de surveillance du VIH de seconde génération. Les objectifs généraux de ces systèmes (appelés systèmes « Track ») sont de décrire l'évolution de la prévalence et de l'incidence des infections à VIH, des comportements à risque et des tendances relatives aux tests de détection du VIH, de l'hépatite C et d'autres infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) dans chaque population. Pour avoir une description plus détaillée des systèmes Track, prière de se reporter au chapitre 3.

I-Track

I-Track est le système national de surveillance du VIH de seconde génération qui cible les UDI. Ce système tire parti d'études menées au Canada et a été élaboré pour répondre au besoin d'une démarche cohérente en matière de collecte de données sur les comportements à risque dans l'ensemble du Canada. Les personnes qui se sont injecté des drogues durant les six derniers mois et qui ont l'âge limite de consentement pour la province ou le territoire donné (l'âge varie selon l'endroit en fonction des considérations éthiques de la province ou du territoire) peuvent participer à I-Track.

Résumé des données descriptives de la phase II d'I-Track (2005 à 2008)Note de bas de page 2

  • La proportion de jeunes (participants de moins de 29 ans) qui ont indiqué avoir emprunté des seringues souillées au cours des six derniers mois était de 26 %, comparativement à 21 % des participants de 30 à 49 ans et à 17 % des participants de 50 ans ou plus.
  • Les jeunes participants d'I-Track présentaient le taux le plus bas d'utilisation régulière du condom durant les relations anales (42 %) et vaginales (55 %).
  • Plus de 90 % (n = 2 972) des participants d'I-Track ont indiqué avoir déjà subi un test de dépistage du VIH; parmi les jeunes participants (n = 690), 88,7 % ont déjà subi un tel test. Parmi les jeunes qui ont déclaré que leur plus récent test de dépistage du VIH était négatif, 69 % ont indiqué qu'ils avaient subi le test au cours des deux dernières années.
  • Parmi les participants qui ont fourni un échantillon biologique en quantité suffisante pour un test et qui ont rempli un questionnaire, la prévalence de l'infection à VIH chez les jeunes était de 6 % comparativement à 16 % et à 15 % chez les participants âgés de 30 à 49 ans et de 50 ans ou plus, respectivement. Parmi les jeunes participants dont l'échantillon biologique s'est révélé positif au VIH, 33 % ne savaient pas qu'ils étaient infectés par le VIH comparativement à 19 % des répondants de plus de 30 ans qui ne savaient pas qu'ils étaient séropositifs.
M-Track

M-Track est le système national de surveillance du VIH de deuxième génération qui tire parti des efforts locaux déployés dans le passé et qui cible les hommes homosexuels, les hommes bisexuels et les autres HRSH au Canada. Les hommes qui ont déjà eu des relations sexuelles avec d'autres hommes et qui ont l'âge limite de consentement pour la province ou le territoire donné (l'âge varie selon l'endroit en fonction des considérations éthiques de la province ou du territoire) peuvent participer à M-Track.

Résumé des données descriptives de la phase I de M-Track (de 2005 à 2007)Note de bas de page 3

  • Un total de 4 838 hommes dans cinq sites sentinelles ont participé à la phase I de M-Track; de ce nombre, 26 % avaient 29 ans ou moins.
  • La plupart de tous les hommes qui ont participé à M-Track ont déclaré avoir eu de multiples partenaires sexuels masculins (c. à d. plus d'un partenaire masculin) et avoir eu des relations orales ou anales au cours des six mois précédant l'enquête (64 %). De même, chez les jeunes HRSH ayant participé à M-Track, 66 % ont indiqué avoir eu de multiples partenaires masculins.
  • Chez les jeunes HRSH qui ont déclaré avoir eu des relations anales avec un partenaire masculin occasionnelNote de bas de page * au cours des six derniers mois, près de la moitié (48 %) ont indiqué qu'ils utilisaient régulièrement (« toujours ») un condom durant les rapports anaux (actifs ou passifs) comparativement à 45 % des participants à M-Track de plus de 30 ans.
  • La plupart des hommes (86 %) qui ont participé à M-Track ont déclaré avoir déjà subi un test de dépistage du VIH; parmi les jeunes HRSH, la proportion correspondante était de 75 %. De plus, parmi les jeunes HRSH qui ont déclaré que leur plus récent test de dépistage du VIH était négatif, 80 % ont indiqué qu'ils avaient subi le test au cours des deux années précédant l'enquête.
  • Parmi les jeunes participants qui ont fourni un échantillon biologique en quantité suffisante pour un test et qui ont rempli un questionnaire, la prévalence de l'infection à VIH était de 4 %. La prévalence globale de l'infection à VIH durant la phase I de M-Track était de 15 %.
  • De tous les participants à M-Track dont l'échantillon biologique s'est révélé positif au VIH, 19 % ne savaient pas qu'ils étaient infectés par le VIHNote de bas de page . Parmi les jeunes participants, la proportion correspondante était de 34 %.

Résumé des études récentes

En plus des données recueillies dans le cadre de la surveillance systématique et améliorée du VIH, plusieurs études ont examiné et permis de documenter le VIH et les facteurs de risque connexes chez les jeunes au Canada. De récentes études réalisées auprès des jeunes ont permis de documenter et de mieux comprendre les tendances relatives aux domaines de connaissances en matière de VIH/sida et de santé sexuelle, à l'utilisation du condom, aux partenaires sexuels ainsi qu'aux habitudes de dépistage et aux autres ITS.

Connaissances en matière de VIH/sida et de santé sexuelle

Les études montrent qu'il existe des lacunes chez les jeunes en ce qui concerne leurs connaissances au sujet de la définition des comportements sexuels risqués.

Par exemple

  • De décembre 2006 à août 2007, l'enquête Toronto Teen Survey Note de bas de page 4 a été réalisée auprès de 1 216 adolescents de Toronto âgés de 13 à 18 ans. Celle ci a révélé que seulement 62 % des jeunes avaient reçu une éducation en matière de santé sexuelle à l'école. Bien que presque 92 % des jeunes interrogés aient reçu une forme quelconque d'éducation en matière de santé sexuelle, 8 % n'en avaient reçu aucune. Selon l'enquête, 18 % des jeunes nouvellement arrivés au Canada n'ont reçu aucune éducation sexuelle. En ce qui concerne leur source d'information en matière de santé sexuelle, 31 % des filles et 23 % des garçons ont indiqué qu'ils accédaient à cette information en ligne. Lorsqu'ils ont été interrogés au sujet du VIH/sida, 78 % ont indiqué qu'ils en avaient entendu parler à l'école; le VIH et le sida faisaient toutefois partie des trois principaux sujets à propos desquels ils auraient aimé être mieux informés. Les jeunes ont indiqué qu'ils trouvaient des réponses à leurs questions en matière de sexualité principalement par l'entremise de leurs amis (53 %), des professionnels (43 %), des médias de masse (33 %), de leurs parents (28 %), de leurs frères et sœurs, des lignes téléphoniques d'information et des semi professionnels.
  • Le Sondage de suivi de 2006 sur les attitudes touchant le VIH/sida réalisé auprès de 303 jeunes Canadiens âgés de 16 à 24 ansNote de bas de page 5 a révélé que, à la question « Comment le VIH est il transmis d'une personne à une autre? », 69 % ont répondu correctement en indiquant les rapports sexuels entre hommes, 78 % ont répondu correctement en indiquant les rapports sexuels non protégés entre un homme et une femme et 30 % ne savaient pas que le partage de seringues constituait un facteur de transmission du VIH.
  • D'après des données d'enquête provenant de 64 paysNote de bas de page ±, le Rapport sur l'épidémie mondiale de sida 2008 de l'ONUSIDA indiquait que 40 % des jeunes hommes et 38 % des jeunes femmes âgés de 15 à 24 ans possédaient une connaissance précise et approfondie du VIH et de la façon d'éviter la transmission de la maladieNote de bas de page 6. Ces pourcentages sont fondés sur le nombre de jeunes hommes et femmes âgés de 15 à 24 ans qui ont à la fois correctement indiqué les façons de prévenir la transmission sexuelle du VIH et rejeté les principales idées fausses sur la transmission du VIH. Ces données montrent une amélioration des niveaux de connaissance par rapport à ceux notés en 2005, mais ils demeurent toujours bien inférieurs à l'objectif global voulant que 95 % des jeunes aient une connaissance approfondie du VIH en 2010.
  • Un sondage mené en 2006 auprès de 112 étudiants canadiens âgés de 17 à 28 ans participant à la Simulation internationale canadienne des Nations Unies (CANIMUN) à Ottawa a révélé qu'un tiers des répondants (32,7 %) n'étaient pas préoccupés par le VIH/sida lorsqu'ils participaient à des activités sexuellesNote de bas de page 7. Fait également important à noter, près d'un tiers des participants (31,4 %) ont incorrectement répondu que la pilule offrait une protection contre l'exposition au VIH. De plus, les autres méthodes que les participants ont incorrectement désignées comme pouvant prévenir l'infection par le VIH/ la transmission du VIH incluaient le retrait avant l'éjaculation (16,2 %), l'utilisation de spermicides ou de gelées contraceptives (9,5 %) et l'utilisation d'un diaphragme (6,7 %).

Utilisation irrégulière du condom et partenaires sexuels occasionnels ou multiples

De récentes études réalisées au Canada ont égale ment fait état d'une faible utilisation ou d'une utilisa tion irrégulière du condom chez les jeunes, ainsi que de fréquentes relations sexuelles avec des partenaires occasionnels ou multiples. L'expérience de certains sous groupes de jeunes (p. ex. les jeunes de la rue ou les jeunes sans abri) augmente le risque de l'exposition au VIH.

Par exemple

  • L'enquête Sexual Health in Toronto 2007 Note de bas de page 8 a révélé que les personnes qui sont devenues sexuellement actives à un plus jeune âge étaient plus susceptibles d'avoir de multiples partenaires comparativement à celles qui ont eu leur première expérience à un âge plus avancé. Bien que 78 % des jeunes aient indiqué qu'ils utilisaient le condom comme méthode habituelle de contraception, de nombreux jeunes n'utilisent pas le condom chaque fois qu'ils ont des rapports sexuels, ce qui les expose à une grossesse et aux ITS. Dans le Sondage de suivi de 2006 sur les attitudes touchant le VIH/sida Note de bas de page 5 , de jeunes Canadiens (âgés de 16 à 24 ans) ont évalué leur risque de contracter le VIH. La plupart des participants (77 %) considéraient qu'ils présentaient un faible risque de contracter le VIH, alors que 20 % estimaient qu'ils présentaient un risque modéré. Le risque perçu de contracter le VIH était plus élevé chez les jeunes que chez les répondants des autres groupes d'âge. Cela n'est pas vraiment surprenant, puisque les jeunes ayant participé à ce sondage ont indiqué le nombre le plus élevé de partenaires sexuels occasionnels et multiples. Bien que les jeunes participants de l'étude soient ceux qui ont indiqué le deuxième taux le plus bas d'activité sexuelle au cours des 12 derniers mois (après les personnes de 65 ans ou plus), ils affichaient le taux le plus élevé de partenaires multiples. À la question « Avez vous utilisé un condom durant votre dernière relation sexuelle? », 50 % ont répondu par la négative.
  • Parmi les participants de l'étude At Risk Youth réalisée en 2005-2006 (n = 529), 78,4 % ont indiqué qu'ils avaient participé à des activités sexuelles au cours des six derniers mois, 47,8 % ont déclaré avoir eu de multiples partenaires sexuels, 24,0 % ont affirmé avoir toujours utilisé le condom durant cette périodeNote de bas de page 9. La situation de logement était un corrélat indépendant et important à la fois du nombre plus élevé de partenaires sexuels et de l'utilisation irrégulière du condom : le fait d'habiter dans un refuge ou une auberge de jeunesse était associé positivement à un nombre élevé de partenaires sexuels récents.
  • Une étude portant sur l'utilisation du condom réalisée en 2009 auprès de jeunes Canadiens (n = 2 145) a révélé que les jeunes considéraient qu'une forte pression exercée par leurs pairs pouvait influencer leur utilisation du condomNote de bas de page 10. Les jeunes femmes peuvent ne pas inciter leurs partenaires à utiliser le condom si elles ont l'impression qu'en agissant de la sorte cela montrerait qu'elles sont informées au sujet de la sexualité ou qu'elles ont eu plusieurs expériences sexuelles. Les jeunes hommes (âgés de 15 à 23 ans) étaient moins enclins que les jeunes femmes à discuter ouvertement de sexualité de peur de passer pour des idiots, de paraître stupides ou de ne pas avoir l'air viril. L'étude a montré que la communication avec les partenaires sexuels au sujet de l'utilisation du condom comptait parmi les facteurs prédictifs les plus déterminants de l'utilisation du condomnote11.

Habitudes de dépistage/accès aux soins

Les études menées au Canada révèlent que les jeunes ne se renseignent toujours pas auprès des professionnels de la santé et ne les consultent pas aux fins de dépistage.

Par exemple

  • La Toronto Teen Survey a révélé que 83 % des jeunes interrogés avaient déclaré qu'ils n'avaient jamais consulté un professionnel de la santé pour une quelconque raison liée à la santé sexuelleNote de bas de page 4.
  • Dans une enquête menée en 2006 auprès de 112 universitaires canadiens âgés de 17 à 28 ans, 46 % des répondants ont indiqué qu'ils n'avaient jamais consulté un professionnel de la santé pour recevoir un traitement ou obtenir de l'information relativement à la santé sexuelleNote de bas de page 7.
  • Selon une étude menée à Vancouver et à Prince George en 2007 à laquelle ont participé 543 jeunes Autochtones (âgés de 14 à 30 ans) qui consommaient des drogues, 74 % des participants ont déclaré avoir passé un test de dépistage du VIH au cours de leur vie; de ce nombre, 46 % passaient régulièrement ce test (c. à d. au moins une fois par année)Note de bas de page 12. Au total, 8 % des participants étaient infectés par le VIH.
  • Dans une étude réalisée en milieu communautaire en 2004 à l'aide de diverses méthodes, un échantillon de 413 jeunes Autochtones (âge moyen : 21,5 ans) provenant de neuf villes canadiennes ont répondu à un sondage.note13 Les données ont été recueillies par 11 organismes communautaires, y compris des organismes autochtones urbains de services liés au sida et des centres de santé et d'accueil. Les taux de dépistage peuvent ne pas être représentatifs des habitudes de dépistage chez les jeunes Autochtones, puisqu'une partie du recrutement a été effectuée dans des établissements qui offraient des services de dépistage du VIH. Parmi les jeunes interrogés, 50,8 % ont subi un test de dépistage du VIH (n = 210) et, de ce nombre, 12,4 % étaient infectés par le VIH. Les raisons les plus fréquentes expliquant le recours au test de dépistage étaient le fait d'avoir eu des relations sexuelles sans avoir utilisé un condom (43,6 %) et le fait d'être ou de croire être enceinte (35,4 %). Les raisons que les participants ont fournies le plus souvent pour expliquer pourquoi ils ne subissaient pas de dépistage étaient l'impression de présenter un faible risque d'infection par le VIH (45,3 %) et le fait de ne pas avoir eu de relations sexuelles avec une personne infectée (34,5 %). Les jeunes qui avaient passé le test de dépistage du VIH étaient plus enclins que ceux qui n'avaient pas passé un tel test à déclarer avoir déjà contracté une ITS, avoir des antécédents d'usage de drogues par injection ou avoir eu des relations anales. La majorité des jeunes (34,1 %) a consulté un médecin pour le plus récent test de dépistage du VIH, tandis que 17,1 % se sont présentés à un hôpital, 14,6 % se sont rendus dans un centre de santé communautaire ou public et 13,7 % se sont présentés dans une clinique sans rendez vous.

Les jeunes et les infections transmises sexuellement autres que le VIH

Les ITS demeurent un problème de santé important qui ne cesse de prendre de l'ampleur au Canada. Les taux déclarés de chlamydiose, de gonorrhée et de syphilis augmentent depuis 1997. Étant donné la similitude entre l'infection VIH et diverses autres ITS sur le plan des voies de transmission (p. ex. le sang, le sperme et autres liquides organiques), des comportements à risque (p. ex. des pratiques sexuelles non sécuritaires et l'usage dangereux de drogues) et des facteurs de risque (p. ex. la pauvreté, le sans abrisme et le surpeuplement), l'augmentation des taux d'ITS, telles que la chlamydiose, la gonorrhée et la syphilis, est un indicateur de transmission possible du VIH ou d'infection possible à VIH.

Dans le Bref rapport sur les infections transmissibles sexuellement au Canada : 2007 de l'ASPC, le taux déclaré de chlamydiose chez les femmes était près du double de celui observé chez les hommes, et 82,8 % des rapports concernaient des personnes de moins de 30 ansnote14. Le taux global déclaré de gonorrhée a augmenté de 124,2 % de 1998 à 2007. La plupart des cas déclarés sont survenus chez des personnes de moins de 30 ans. Les jeunes femmes de 15 à 24 ans et les jeunes hommes de 20 à 24 ans affichaient les taux déclarés les plus élevés de gonorrhée. Le taux global déclaré de syphilis infectieuse a augmenté de 516,7 % de 1998 à 2007. Les taux d'infection déclarés étaient le plus élevés chez les hommes de 30 à 39 ans et chez les femmes de 25 à 29 ans. Durant cette période, des éclosions ont été signalées à Vancouver, à Edmonton, à Calgary, à Winnipeg, à Toronto, à Ottawa, à Montréal et au Yukon chez les HRSH et la population hétérosexuelle. En 2007, 22,1 % des cas de syphilis concernaient des personnes de moins de 30 ans.

Commentaires

Le VIH et le sida touchent certains sous groupes de la population canadienne présentant un risque plus élevé, y compris les jeunes à risque. Les données sur les comportements sexuels à risque et les ITS indiquent que le potentiel de transmission du VIH demeure considérable chez les jeunes Canadiens.

Les résultats des études montrent qu'une large proportion de jeunes ne sont pas informés de tous les modes de transmission du VIH. De telles lacunes dans les connaissances doivent être comblées par les programmes de sensibilisation et de prévention en matière de santé publique.

Il est nécessaire d'obtenir davantage d'information sur l'incidence et la prévalence de l'infection à VIH, et plus de données sur les tendances des comportements à risque associés au VIH, afin d'orienter et d'évaluer les programmes de prévention à l'intention des jeunes Canadiens. Il faut également obtenir davantage de don nées sur l'épidémiologie de l'infection à VIH et les comportements liés au VIH chez les jeunes à risque, comme les jeunes de la rue, pour évaluer de façon approfondie le risque de transmission du VIH chez les jeunes du Canada.

 

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Division de la surveillance et de l'évaluation des risques

Centre de la lutte contre les maladies transmissibles
et les infections
Agence de la santé publique du Canada
Pré Tunney
Indice de l'adresse : 0602B
Ottawa (Ont.) K1A 0K9
Tél. : 613-954-5169
Fax : 613-957-2842
www.phac-aspc.gc.ca

Mission

Promouvoir et protéger la santé des Canadiens grâ ce au leadership, aux partenariats, à l'innovation et aux interventions en matière de santé publique.

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Références


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