Chapitre 2 : Rapport d'étape sur le VIH/sida et les populations distinctes : Hommes gais, bisexuels, bispirituels et ayant des relations sexuelles avec des hommes – Profil démographique

Chapitre 2 – Profil démographique

Ce chapitre présente un aperçu des données existantes sur certaines caractéristiques démographiques des hommes gais, des bisexuels, des bispirituels et des autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) au Canada. Peu d'études ont examiné les caractéristiques démographiques des hommes gais et des autres HARSAH en dehors du contexte du VIH/sida. Par conséquent, il n'existe pas de données démographiques complètes.

Comme nous l'avons vu dans le chapitre 1, catégoriser les hommes gais, les bispirituels, les bisexuels et les autres HARSAH dans un seul groupe collectif est problématique, car leur seul point commun est un descripteur de comportement sexuel. Regrouper ces identités sous le terme « hommes gais » est tout aussi inexact, puisque ce terme renvoie à des significations culturelles et sociales auxquelles les bisexuels, les bispirituels et les autres HARSAH ne s'identifient pas. (1)

2.1 Sources des données démographiques et problèmes méthodologiques

Les données utilisées dans ce chapitre proviennent en majorité d'une analyse de données personnalisées produite par Statistique Canada à partir de renseignements tirés des cycles 2007 et 2008 de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC). L'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes est une enquête transversale annuelle qui vise à recueillir des données sur l'état de santé, l'utilisation des services de santé et les facteurs associés aux déterminants de la santé. Les réponses des hommes se déclarant gais ou bisexuels dans l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2007-2008 ont été croisées avec un certain nombre de variables démographiques et socioéconomiques. Les résultats de ce recoupement des données, présentés ici, sont valables sur le plan statistique; néanmoins, la prudence est de rigueur dans leur interprétation, car ils représentent un petit échantillon composé exclusivement d'hommes se déclarant gais et bisexuels.

Ce chapitre s'appuie également sur le Recensement du Canada de 2006, qui demandait aux individus interrogés s'ils étaient membres d'un couple d'hommes gais. Le recensement de 2006 était le deuxième à inclure cette question (le premier était celui de 2001). Les données sur les mariages et les unions de fait entre personnes du même sexe, tirées de l'Enquête auprès des ménages de 2011, sont également incluses dans ce chapitre.

En outre, ce chapitre comprend des caractéristiques démographiques pertinentes provenant de plusieurs autres enquêtes réalisées auprès des hommes gais et des autres HARSAH, notamment :

  • Sexe au présent, une enquête menée auprès de plus de 4 000 hommes en Colombie-Britannique en 2002 et 2004 (2)
  • Le Ontario Men's Survey, une enquête réalisée auprès de plus de 5 000 hommes se déclarant gais et bisexuels dans 13 régions de l'Ontario en 2002 (3)
  • La phase 1 de l'enquête M-Track, un système de surveillance améliorée du VIH et des autres infections transmissibles sexuellement et par le sang chez les hommes gais, les bisexuels et les autres HARSAH au moyen d'enquêtes transversales menées périodiquement dans des centres partout au Canada entre 2005 et 2007 (4)

Bien que les conclusions de ces études ne soient pas représentatives de l'ensemble de la population, elles fournissent tout de même des renseignements démographiques utiles sur de vastes sous-groupes d'hommes gais et d'autres HARSAH.

Il est important de noter certaines différences clés entre les sources de données citées dans ce chapitre. L'étude Sexe au présent et l'analyse des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes incluaient toutes deux des hommes se déclarant gais ou bisexuels. Tout homme se déclarant hétérosexuel était exclu de l'étude Sexe au présent (6) et de l'analyse de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes. En revanche, le Ontario Men's Survey était effectué auprès d'hommes dans des lieux fréquentés par les hommes gais et les autres HARSAH (tels que les bars gais), mais incluait également des hommes se déclarant hétérosexuels. (7) Par conséquent, ce chapitre fait référence aux populations telles qu'elles sont définies dans les études ou les enquêtes particulières dont proviennent les données.

Il existe plusieurs difficultés importantes à surmonter pour interpréter les données présentées ici. Tout d'abord, toute recherche concernant les hommes gais et les autres HARSAH nécessite que les individus soient disposés à se déclarer « gais » ou « bisexuels » et en mesure de le faire. Ceux qui en sont capables représentent un sous-ensemble de ces populations, et non tous les HARSAH.

Dans le même ordre d'idées, les études présentées dans ce chapitre s'appuient sur un ensemble de définitions de l'identité personnelle et du comportement sexuel qui peuvent se chevaucher ou aller au-delà des catégories principalement abordées dans le présent rapport. Certaines études n'incluent que les hommes qui se déclarent gais, homosexuels ou bisexuels, tandis que d'autres études incluent tous les HARSAH indépendamment de leur identité sexuelle personnelle. Par exemple, certains hommes peuvent se dire hétérosexuels, mais avoir des relations sexuelles avec des hommes. Dans un aperçu des estimations de la population de personnes gaies et lesbiennes aux États-Unis, Black et al. décrivent une variation importante des réponses, selon que la question posée portait sur le comportement sexuel ou sur l'identité sexuelle des personnes interrogées en tant que gais ou lesbiennes. Dans tous les échantillons examinés, les répondants étaient beaucoup plus susceptibles de signaler des comportements sexuels avec des personnes du même sexe que de se déclarer gais ou bisexuels. (5)

En outre, les concepts d'identité sexuelle régnants de manière générale au Canada peuvent ne pas être partagés par les cultures non occidentales. (6) En conséquence, il est possible que certains hommes issus de minorités ethnoculturelles n'appartenant pas à la culture occidentale qui ont des relations sexuelles avec des hommes ne s'identifient pas aux termes « gai » ou « bisexuel ».

La stigmatisation et la discrimination dont est victime cette population peuvent constituer un autre facteur empêchant certaines personnes de se déclarer gaies ou d'admettre avoir des relations sexuelles avec des personnes du même sexe. Ces facteurs sont abordés plus en profondeur au titre de déterminants de la santé dans le chapitre 4.

2.2 Taille de la population

Il est difficile de bien comprendre l'incidence du VIH/sida chez les hommes gais, bisexuels, bispirituels et les autres HARSAH en raison de l'absence d'estimation fiable de la taille de cette population. Il n'existe pas de données d'enquête représentatives à l'échelle nationale sur le nombre d'hommes gais, bisexuels, bispirituels ou d'autres HARSAH au Canada. Par conséquent, le nombre total d'hommes gais, bisexuels, bispirituels et d'autres HARSAH est inconnu.

En recoupant les données personnalisées de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2007-2008, on a estimé qu'il y a plus de 190 000 hommes se déclarant gais ou bisexuels au Canada, ce qui représente environ 1 % de la population masculine totale. (7) Cependant, les enquêtes menées à différents endroits et dans différents contextes ont produit des estimations variables de la population gaie, lesbienne et bisexuelle, ce qui porte à croire qu'il peut s'agir d'une sous-estimation.

Un examen de 46 études internationales visant à estimer la taille de la population gaie, lesbienne et bisexuelle semble indiquer une proportion médiane de 5 %, pour des estimations allant de 37 % de la population, pour la plus élevée, à 0,2 % de la population, pour la plus basse. (8) Une étude réalisée en 1998 sur un échantillon aléatoire stratifié de 750 hommes résidant à Calgary et âgés de 18 à 27 ans a constaté que 15,3 % des hommes « déclaraient être gais dans une certaine mesure » sur la base de trois mesures (se recoupant souvent) : hommes ayant eu des contacts sexuels volontaires avec des personnes du même sexe entre 12 ans et 27 ans (14 %); hommes se déclarant gais (5,9 %) et/ou bisexuels (6,1 %), ces deux critères se recoupant (11,1 % au total); et hommes ayant eu des relations sexuelles exclusives (4,3 %) et non exclusives (4,9 %) avec des personnes du même sexe au cours des six derniers mois (9,2 %). (9) Une autre étude, le BC Adolescent Health Survey (enquête réalisée périodiquement auprès des jeunes dans les écoles secondaires de Colombie-Britannique), a conclu uniformément qu'environ 2 % des jeunes hommes se déclaraient gais ou bisexuels. (10)

2.3 Lieu de résidence au Canada

Les données tirées de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2007-2008 semblent indiquer que, comme l'ensemble de la population canadienne, les hommes se déclarant gais ou bisexuels résident en majorité au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique (figure 1).

Figure 1 : Province de résidence des hommes adultes se déclarant gais ou bisexuels, Canada, 2007-2008

Province de résidence des répondants – Groupésa Proportion de la population masculine gaie et bisexuelle totale par province Proportion de la population masculine totale par province (2007)Footnote 4
Total 100 % (194 470) 100 % (16 332 277)
Provinces de l'est (Terre-Neuve-et-Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick)a b 6.98 % (1 141 207)
Québec 31,8 % 23,3 % (3 802 072)
Ontario 33,1 % 38,7 % (6 315 790)
Provinces des Prairies (Manitoba, Saskatchewan et Alberta)a 13,9 % 17,4 % (2,847,550)
Colombie-Britannique 14,3 % 13,3 % (2 172 191)
TerritoiresFootnote 5 c 0,3 % (53 467)

Source: ESCC, 2007-2008 [7]

aCatégories regroupées afin de fournir des données plus fiables.

bSupprimé afin de respecter les exigences de confidentialité de la Loi sur la statistique.

cDonnées pas assez fiables pour être publiées.

Ces chiffres viennent étayer une hypothèse courante selon laquelle les hommes se déclarant ou ouvertement gais et bisexuels sont plus susceptibles de vivre (ou de se déclarer) dans les trois provinces les plus peuplées où se trouvent les plus grandes villes. Les principales études de recherche sur les hommes se déclarant gais et les autres HARSAH sont, en grande partie, essentiellement basées à Toronto, à Montréal et à Vancouver (2;3;11), à cause de la population importante d'hommes ouvertement gais ou bisexuels.

2.4 Âge

Les données tirées de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2007-2008 semblent indiquer que les hommes gais et les bisexuels de sexe masculin sont répartis de façon égale entre toutes les tranches d'âge chez les adultes (figure 2). (7)

Ce résultat concorde avec le profil sociodémographique des participants à la phase 1 de l'enquête M-TrackFootnote 5 et avec celui des participants à d'autres études portant sur les hommes gais et les autres HARSAH au Canada. (2;12) La majorité des hommes ayant répondu à l'enquête M-Track étaient âgés de 30 à 49 ans (54 %) et une moindre proportion avait entre 15 et 29 ans (26 %) ou plus de 50 ans (20 %). L'âge moyen et l'âge médian de tous les participants à l'enquête M-Track étaient de 39 ans (13), ce qui est similaire à l'âge médian de tous les hommes canadiens en 2006 (38,6 ans). (14)

Figure 2 : Tranche d'âge des hommes se déclarant gais ou bisexuels, Canada, 2007-2008

Tranches d'âge Gais et bisexuels
De 18 à 24 ans 15,4 %
De 25 à 31 ans 16,2 %
De 32 à 38 ans 15,2 %E
De 39 à 45 ans 22,0 %
De 46 à 52 ans 17,0 %
53 ans et plus 14,0 %

Source: ESCC, 2007-2008 [7]

EÀ utiliser avec prudence.

2.5 Origine ethnoculturelle

La majorité des hommes gais, des bisexuels et des autres HARSAH interrogés dans diverses études canadiennes se disent blancs. (2;3;13;15)

L'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2007-2008 a également montré que les gais et les bisexuels de sexe masculin étaient plus susceptibles d'être nés au Canada (82,4 %) par rapport à la population masculine totale (75 %) et de se déclarer blancs (86,6 %) par rapport à la population masculine totale (77,8 %). De la même façon, la majorité des participants à l'enquête M-Track se considéraient le plus fortement comme Nord-Américains (72,4 %). (13) Cette observation peut indiquer un biais de déclaration, à savoir que les hommes blancs peuvent être plus susceptibles de se déclarer gais ou bisexuels que les hommes issus d'autres groupes ethnoculturels. Ce point sera abordé plus en détail dans le chapitre 4.

En raison des faibles chiffres, l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2007-2008 n'a pas produit de données fiables sur les caractéristiques ethniques des hommes gais et des bisexuels qui n'étaient pas blancs, à l'exception des 4,2 %E qui se sont déclarés Autochtones. (7) Selon l'enquête M-Track, 2,8 % des participants se sont le plus fortement identifiés aux Autochtones et 6 % de l'échantillon ont déclaré avoir des ancêtres autochtones. À Winnipeg, près de la moitié des participants à l'enquête M-Track ont répondu être des Autochtones (49,4 %). Parmi les autres origines ethniques les plus fréquemment signalées par les participants à l'enquête M-Track figuraient l'Asie de l'est et du sud-est (4,2 %), l'Europe du sud (3,4 %), l'Amérique latine (3,4 %), les îles Britanniques (3,3 %) et l'Afrique et les Caraïbes (2,6 %), avec des variations entre les sites sentinelles. (13)

L'étude Sexe au présent (2006) a déterminé la composition ethnoculturelle suivante dans un échantillon de 2 197 hommes gais à Vancouver : moins de 1 % de l'échantillon se déclarait originaire d'Afrique, des Caraïbes, du Moyen-Orient, des îles du Pacifique ou de l'Asie du Sud; 2,4 % se déclaraient Autochtones; 3,6 % se disaient originaires d'Amérique latine ou hispaniques; 9,5 % se déclaraient Asiatiques; et 73,8 % se déclaraient blancs (7,0 % avaient répondu « autre »). (2)

Le Ontario Men's Survey (2004), qui portait sur les HARSAH de tout l'Ontario, comptait 83,9 % d'hommes blancs et 16,1 % d'hommes non blancs. Dans le sous-échantillon de Toronto, 75,6 % se déclaraient blancs et 24,4 % se disaient d'une autre origine. (12)

Cette proportion plus importante de minorités ethnoculturelles représentées parmi les hommes se déclarant gais ou bisexuels à Vancouver (2) et à Toronto (12) concorde largement avec la différence, en ce qui concerne les caractéristiques démographiques de la population totale, entre l'ensemble du Canada (16,2 % de minorités visibles) et les villes de Vancouver (24,8 % de minorités visibles) et de Toronto (46,9 % de minorités visibles). (16) Ces facteurs seront abordés plus en profondeur dans le chapitre 4.

2.6 Éducation et revenu

Le niveau d'études de l'ensemble de la population masculine au Canada est généralement élevé (tableau 3, colonne de droite). Les données du Recensement de 2006 indiquent que 44,8 % des hommes âgés de 25 à 64 ans ont obtenu un diplôme collégial ou universitaire. (17)

D'après les données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2007-2008, les hommes se déclarant gais et bisexuels ont généralement un niveau d'étude plus élevé que les hommes se déclarant hétérosexuels (figure 3). (7) La différence entre le niveau d'études signalé par les hommes se déclarant gais ou bisexuels et celui des hommes hétérosexuels est statistiquement significative, même si l'écart n'est pas important.

De même, des études transversales sur les hommes gais et les autres HARSAH au Canada ont permis de constater que les hommes gais ont généralement un niveau d'études supérieur à celui de tous les hommes canadiens âgés de 25 à 64 ans. (2;3;18) De plus, environ 60 % des hommes de l'échantillon de l'enquête M-Track avaient obtenu au moins un diplôme collégial ou universitaire. (13)

Il est important de noter que ces données reflètent les réponses des hommes se déclarant gais et bisexuels et que, de ce fait, les conclusions peuvent ne pas être représentatives de tous les membres de ces populations.

Figure 3 : Niveau d'études déclaré par les hommes adultes, Canada, 2007-2008

Niveau d'études Gais et bisexuels Population masculine totale
Diplôme d'études secondaires 95,9 % 90,5 %
Diplôme/certificat – collège/CEGEP 27,9 % 25,0 %
Baccalauréat 25,4 % 21,0 %
Diplôme universitaire ou certificat supérieur au baccalauréat 14,4 % 11,5 %

Source: ESCC, 2007-2008 [7]

En ce qui concerne le revenu, les données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2007-2008 ont montré que le revenu des hommes se déclarant gais et bisexuels était similaire à celui des hommes se déclarant hétérosexuels. Parmi ceux qui ont répondu à la question, 22,1 % des hommes gais et bisexuels ont signalé qu'ils gagnaient moins de 20 000 $ par an, par rapport à 20,8 % de la population masculine totale. De la même façon, 36,6 % des hommes gais et bisexuels ont signalé qu'ils gagnaient moins de 40 000 $ par an, par rapport à 33,2 % de la population masculine totale. Parmi les hommes gais et bisexuels qui ont signalé qu'ils gagnaient 40 000 $ ou plus (figure 4), la plus grande partie dans cette tranche de revenu (27,2 %) gagnait entre 60 000 $ et 80 000 $ par an, tandis que 14,2 % gagnaient 100 000 $ ou plus par an. (7)

De même, un tiers environ des participants à l'enquête M-Track ont déclaré un revenu personnel annuel de 50 000 $ ou plus, et 20 % gagnaient plus de 60 000 $ par an. Toutefois, plus de 10 % des hommes ont déclaré avoir un revenu personnel annuel de 10 000 $ ou moins ou n'avoir aucun revenu. (13) De manière générale, le revenu personnel des répondants à l'enquête M-Track augmentait avec l'âge et le niveau d'études. (13)

Figure 4 : Niveau de revenu des hommes gais et des bisexuels et dans la population masculine totale gagnant 40 000 $ ou plus par an, Canada, 2007-2008

Revenu Gais et bisexuels Population masculine totale
De 40 000 $ à moins de 50 000 $ 22,2 % 23,8 %
De 50 000 $ à moins de 60 000 $ 22,8 % 19,3 %
De 60 000 $ à moins de 80 000 $ 27,2 % 27,2 %
De 80 000 $ à moins de 100 000 $ 13,5 %E 12,2 %
100 000 $ ou plus 14,2 %E 17,5 %

Source: [7]

EÀ utiliser avec prudence.

2.7 Situation familiale

Le Recensement de 2011 comptait 64 575 couples de même sexe (hommes ou femmes) (mariés et en union libre), soit une hausse de 42,4 % par rapport à 2006. Parmi eux, 21 015 étaient des couples mariés, ce qui représente approximativement 0,33 % de tous les couples mariés, près du triple des mariages de même sexe en 2006. Le Recensement comptait 43 560 couples de même sexe en union libre, ce qui représente approximativement 2,78 % de tous les couples en union libre. (23) Les couples de même sexe masculins représentaient 54,5 % de tous les couples de même sexe.

L'incroyable augmentation du nombre de mariages de même sexe entre 2006 et 2011 n’est pas surprenante, étant donné qu'il s'agissait de la première période de cinq années continues au cours de laquelle le mariage entre personnes de même sexe était légal au Canada, après sa légalisation dans tout le Canada en 2005. Alors que 16,5 % des couples de même sexe étaient mariés en 2006, cette part a presque doublé pour atteindre 32,5 % en 2011.

Même si la répartition des couples de même sexe par province et territoire était identique à celles des couples de sexe opposé, les couples de même sexe étaient plus susceptibles de vivre dans les plus grandes régions métropolitaines de recensement. En 2011, 45,6 % (une baisse de 50 % par rapport à 2006) de tous les couples de même sexe vivaient à Toronto, à Montréal et à Vancouver, par rapport à 33,4 % des couples de sexe opposé.

Les partenaires du même sexe étaient relativement jeunes, avec 25,3 % âgés de 15 à 34 ans par rapport à 17,5 % des personnes dans des relations de sexes opposés, et seulement 6,2 % âgés de 65 ans et plus, par rapport à 17,8 % des personnes dans des relations de sexes opposés.

Figure 5 : Proportion des couples de même sexe masculin par province et territoire, Canada, données de 2011

Province Nombre de couples Proportion
Canada 70 390 100 %
Terre-Neuve-et-Labrador 465 0,66 %
Île-du-Prince-Édouard 175 0,25 %
Nouvelle-Écosse 1 645 2,34 %
Nouveau-Brunswick 1 120 1,59 %
Québec 20 825 29,59 %
Ontario 25 430 36,13 %
Manitoba 1 385 1,97 %
Saskatchewan 1 075 1,53 %
Alberta 7 655 10,88 %
Colombie-Britannique 10,500 14,92 %
Territoire du Yukona 40 0,06 %
Territoires du Nord-Ouestb 60 0,09 %
Nunavutc 10 0,01 %

Source: [24]. Les données pour le Canada, le Québec, l'Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l'Alberta et la Colombie-Britannique excluent les données de recensement pour un ou plusieurs établissements ou réserves indiens n'ayant pas pu être complètement recensés. Données du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut.

a = Indice de la qualité des données présentant un taux global de non-réponse supérieur ou égal à 5 %, mais inférieur à 10 %.

b = Indice de la qualité des données présentant un taux global de non-réponse supérieur ou égal à 5 %, mais inférieur à 10 %.

c = Indice de la qualité des données présentant un taux global de non-réponse supérieur ou égal à 10 %, mais inférieur à 25 %.

En 2011, environ 3,4 % des couples de même sexe masculin avaient des enfants qui vivaient avec eux; un taux cinq fois inférieur aux couples de même sexe féminin (16,5 %). (23)

2.8 État de santé

Une analyse des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennesFootnote 6 de 2003 et de 2005 a montré que les hommes se déclarant gais ou bisexuels présentaient le même état de santé général que les hétérosexuels, mais signalaient plus de conditions chroniques (figure 6). (22) Il convient de noter que les hommes gais et les bisexuels de cet échantillon étaient plus âgés que les hommes de l'échantillon hétérosexuel et, par conséquent, on ne sait pas exactement dans quelle mesure l'âge joue un rôle dans ces différences quant à l'état de santé déclaré par les personnes interrogées.

Figure 6 : Indicateurs de santé physique chez les hommes se déclarant gais, bisexuels ou hétérosexuels, Canada, 2008

État de santé général perçu Hommes
Gais Bisexuels Hétérosexuels
% % %
Excellent ou très bon 65,4 57,1 36,9
Bon 26,0 30,9 28,5
Passable ou mauvais 8,5 12,0a 7,7
Conditions chroniques
Aucune 42,1a 49,6 50,5
Une 28,9 25,5 27,9
Deux 17,5a 13,6 12,6
Trois ou plus 11,5a 11,3 9,0
Jour d'invalidité au cours des deux dernières semaines (physique) 17,9a 11,7 13,6

a Différence significative par rapport à l'estimation pour la population hétérosexuelle du même sexe (p < 0,05).

Source: [22]

La même étude a indiqué que « les hommes gais et bisexuels sont plus susceptibles que les hétérosexuels de trouver la vie stressante ». Les hommes se déclarant gais présentaient le même niveau de santé mentale perçue que les hétérosexuels, mais signalaient plus de troubles de l'humeur et de l'anxiété et prenaient plus souvent des « jours d'invalidité » (figure 7). Un plus grand nombre d'hommes se déclarant bisexuels considéraient que leur santé mentale était « passable ou mauvaise », comparativement aux hommes gais et aux hétérosexuels. En ce qui concerne les indicateurs de santé, les hommes bisexuels, tout comme les hommes gais, signalaient plus de troubles de l'humeur et de l'anxiété et avaient pris plus de « jours d'invalidité » pour raison mentale au cours des deux dernières semaines que les hétérosexuels. (22) Ces problèmes seront abordés plus en profondeur dans le chapitre 4.

Figure 7 : Indicateurs de santé mentale chez les hommes se déclarant gais, bisexuels ou hétérosexuels, Canada, 2008

État de santé mentale perçu Men
Gais Bisexuels Hétérosexuels
% % %
Excellent ou très bon 73,8 66,7a 75,4
Bon 20,5 23,9 20,3
Passable ou mauvais 5,7 9,4a,E 4,3
Type de trouble
Trouble de l'humeur 11,1a 11,4a,E 4,0
Trouble de l'anxiété 8,5a 10,1a,E 3,0
Jour d'invalidité au cours des deux dernières semaines (mental) 3,0a,E 5,5a,E 1,2

aDifférence significative par rapport à l'estimation pour la population hétérosexuelle du même sexe (p < 0,05).

EÀ utiliser avec prudence (coefficient de variation de 16,6 % à 33,3 %).

Source: [22]

Les hommes gais et les bisexuels ont déclaré avoir eu plus de besoins de santé insatisfaits au cours des 12 derniers mois que les hommes hétérosexuels. Néanmoins, les hommes se déclarant gais et bisexuels étaient plus susceptibles que les hommes hétérosexuels d'avoir recours à un large éventail de fournisseurs de soins de santé, aussi bien en médecine traditionnelle qu'en médecine non conventionnelle (figure 8). (22) L'étude a examiné la question de savoir si les hommes gais et les bisexuels consultaient des praticiens de la santé à cause d'une prévalence plus élevée des problèmes de santé et a déterminé que, lors des visites de contrôle pour déceler d'éventuels problèmes de santé, les hommes gais et les bisexuels étaient toujours plus susceptibles de consulter un large éventail de professionnels de la santé que les hommes hétérosexuels. (22)

Figure 8 : Recours à des fournisseurs de soins de santé chez les hommes se déclarant gais, bisexuels ou hétérosexuels, Canada, 2003-2005

Consultation au cours des 12 derniers mois Hommes
Gais Bisexuels Hétérosexuels
% % %
Médecin de famille ou omnipraticien 74,8a 72,1 69,2
Médecin spécialiste 29,4a 22,8 19,0
Infirmière 14,7a 11,1 8,4
Travailleur social ou conseiller 6,8a,E 9,3a,E 3,5
Psychologue 7,7a 5,8a,E 2,5
Intervenant en médecine non conventionnelle 20,3a 13,4E 11,0
Groupe d'entraide 3,7a 4,5a,E 2,1
Pas de médecin régulier 22,2 26,2 21,9
Besoins insatisfaits en matière de soins de santé au cours des 12 derniers mois 14,2a 17,8a 10,9

aDifférence significative par rapport à l'estimation pour la population hétérosexuelle du même sexe (p < 0,05).

EÀ utiliser avec prudence (coefficient de variation de 16,6 % à 33,3 %).

Remarque : Les valeurs manquantes ont été exclues.

Source: [22]

2.9 Références

[1] Tooley, L. Changement de cap pour la santé des gais et la prévention du VIH au Canada – Dialogue délibératif pancanadien 2010. Toronto : Réseau canadien d'info-traitements sida; 2010.

[2] Trussler T, Marchand R, Gilbert M. Sex Now, Numbers Rising: Challenges for Gay Men's Health. Report. Vancouver, BC: Community-Based Research Centre; 2006.

[3] Myers T, Allman D, Calzavara L, Maxwell J, Remis R, Swantee C. Ontario Men's Survey: Final Report. Toronto: University of Toronto; 2004.

[4] Agence de la santé publique du Canada. M-track : Surveillance améliorée de l'infection au VIH, des infections transmissibles sexuellement et par le sang et des comportements à risque associés chez les chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes au Canada. Rapport de la phase 1. Ottawa : Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Direction générale de la prévention et du contrôle des maladies infectieuses, Agence de la santé publique du Canada; 2011.

[5] Black D, Gates G, Sanders S, Taylor L. Demographics of the gay and lesbian population in the United States: evidence from available systematic data sources. Demography 2000;37(2):139-54.

[6] Chan C. Issues of sexual identity in an ethnic minority: the case of Chinese American lesbians, gay men, and bisexual people. In: D'Augelli AR, Patterson CJ, editors. Lesbian, bisexual and gay identities over the lifespan: psychological perspectives. New York: Oxford University Press; 1995. p.87-101.

[7] Statistique Canada. Totalisation spéciale – Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes 2007-2008 [rapport inédit]. Ottawa : Statistique Canada; 2011.

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[24] Statistique Canada. Situation conjugale et situation de sexe opposé ou de même sexe, sexe et groupes d'âge pour les personnes vivant en couple dans les ménages privés du Canada, provinces, territoires et régions métropolitaines de recensement, Recensement de 2011. Ottawa : Statistique Canada; 2012. Accès : http://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2011/dp-pd/tbt-tt/Rp-fra.cfm?TABID=1&LANG=F&A=R&APATH=3& DETAIL=0&DIM=0&FL=A&FREE=0&GC=01&GID=1098904&GK=1&GRP=1&O=D&PID=102574& PRID=0&PTYPE=101955&S=0&SHOWALL=0&SUB=0&Temporal=2011&THEME=89&VID=0 &VNAMEE=&VNAMEF=&D1=0&D2=0&D3=0&D4=0&D5=0&D6=0


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