Chapitre 7 : Rapport d'étape sur le VIH/sida et les populations distinctes : Hommes gais, bisexuels, bispirituels et ayant des relations sexuelles avec des hommes – Conclusion

Chapitre 7 – Conclusion

Les hommes gais, bisexuels, bispirituels et autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HARSAH) constituent un segment particulier de l'épidémie de VIH/sida au Canada. Au moyen du présent rapport, l'Agence de santé publique du Canada tente pour la première fois de regrouper des données de diverses sources dans un seul document afin de mieux comprendre les répercussions du VIH/sida sur les gais et autres HARSAH. Ce rapport d'étape ne dresse pas une liste exhaustive des lacunes des programmes, politiques et recherches et ne propose pas de solutions visant à résoudre les problèmes existants. Cependant, on s'attend à ce que les données présentées dans ce rapport permettent de guider les gouvernements, organisations non gouvernementales, responsables de la santé publique, chercheurs, communautés et autres intervenants dans l'élaboration de politiques et de programmes relatifs au VIH/sida et aux problèmes liés aux déterminants de la santé chez les gais et autres HARSAH.

Selon les données de surveillance, les gais et autres HARSAH continuent d'être le segment de la population le plus touché par le VIH/sida au Canada. La compréhension des répercussions réelles du VIH sur cette population et sur des sous-populations précises telles que les minorités ethnoculturelles, les bispirituels et d'autres HARSAH autochtones, par rapport à d'autres populations à risque, demeure un défi en raison du manque de données démographiques documentées sur les gais et autres HARSAH, données requises afin d'établir la prévalence chez cette population. Ce rapport confirme que le VIH/sida parmi les gais, bisexuels, bispirituels et les autres HARSAH est étroitement lié à divers facteurs et déterminants de la santé, lesquels influencent la vulnérabilité de cette population au VIH/sida. Les recherches décrites dans le présent rapport révèlent que l'homophobie, l'hétérosexisme, la stigmatisation et la discrimination sont les principaux facteurs qui influent grandement sur tous les autres déterminants de la santé chez les gais et autres HARSAH et, finalement, sur la vulnérabilité de ces derniers au risque d'infection au VIH. L'homophobie, en particulier, est liée à des résultats inférieurs en matière de santé mentale chez les gais et autres HARSAH, qui présentent par contre un plus haut taux de comportements sexuels à risque, par exemple les relations sexuelles anales non protégées.

D'autres déterminants importants de la vulnérabilité des gais et autres HARSAH sont la capacité, plus particulièrement chez les jeunes, de pouvoir affirmer leur identité et leur orientation sexuelle en toute sécurité, sans porter atteinte à leurs réseaux de soutien social; les multiples de sources de marginalisation des hommes gais et autres HARSAH de minorités ethnoculturelles; l'accès réduit aux réseaux de soutien social et l'accès réduit à des services de santé sécuritaires et proactifs, en raison d'un manque de sensibilisation aux problèmes de santé uniques aux gais et aux autres HARSAH, d'une part, et de l'homophobie perçue et réelle dans les systèmes de santé, d'autre part.

En matière des habitudes de vie et compétences d'adaptation personnelles, les gais et autres HARSAH se démarquent positivement, en ce sens qu'ils affichent les plus hauts taux de dépistage du VIH et que la majorité d'entre eux s'efforcent de se protéger des risques d'infection au VIH, notamment en utilisant constamment et adéquatement des condoms. Par contre, la consommation de drogues, l'insouciance par rapport au sida et l'influence des environnements sociaux et physiques sur le processus décisionnel pendant des rencontres sexuelles peuvent contribuer au risque de VIH chez cette population. Un petit nombre d'hommes membres de certains réseaux sexuels adoptent régulièrement de multiples comportements à haut risque, par exemple le barebacking et la consommation de drogues.

Les sources de résilience des gais et autres HARSAH au VIH comprennent la capacité d'affirmer leur identité de façon sécuritaire et dans un contexte de soutien social, l'accès à des réseaux de soutien social (amis, partenaires sexuels et amoureux, membres de leur famille réelle et « choisie » et communautés gaies au sens large) et l'activisme des gais, y compris la réponse rapide et efficace de la communauté gaie au VIH/sida.

Bien que le lien entre la vulnérabilité au VIH de cette population et ses pratiques sexuelles soit bien connu, la vulnérabilité liée à d'autres facteurs socioéconomiques est beaucoup moins documentée. D'autres recherches canadiennes sont nécessaires afin de bien comprendre certains facteurs, dont les réseaux de soutien social, le développement de la petite enfance (y compris l'incidence du harcèlement homophobe) et les environnements physiques et sociaux autres que les saunas. Parmi les sous-populations dont la vulnérabilité et la résilience au VIH sont mal comprises, mentionnons les HARSAH des minorités ethnoculturelles, les transgenres ayant des relations sexuelles avec des hommes, les gais et autres HARSAH âgés, les gais et autres HARSAH des régions rurales et éloignées ainsi que les gais et autres HARSAH participant au commerce du sexe. Tout comme pour les autres populations clés, la résilience au VIH chez les gais et autres HARSAH est mal comprise. D'autres recherches s'imposent pour mieux comprendre et exploiter les sources de résilience chez ces populations.

La réponse des gais, bisexuels, bispirituels et autres HARSAH au VIH/sida fait appel à un éventail d'organisations, de communautés et de gouvernements, qui ont constitué des réseaux à l'échelle du pays et favorisé l'échange de connaissances et la mise en oeuvre d'approches adaptées à la culture en matière de VIH/sida. Il est important de faciliter et d'encourager l'échange sur les pratiques exemplaires entre les secteurs et territoires, l'accroissement des partenariats entre un plus grand nombre de parties intéressées et une meilleure utilisation des données lors de l'élaboration de stratégies et d'interventions.

Depuis l'apparition du VIH/sida au Canada, les parties intéressées à l'éradication du VIH/sida chez les gais, bisexuels, bispirituels et autres HARSAH font montre d'une volonté et d'un leadership collectifs substantiels. Le dévouement indéfectible à l'accroissement de la sensibilisation au VIH/sida et à la lutte à l'homophobie, à l'hétérosexisme, à la stigmatisation et à la discrimination a contribué à une meilleure prévention, à l'amélioration des soins et des traitements et à un soutien accru aux gais et autres HARSAH exposés au risque d'infection au VIH ou vivant avec le VIH. Le présent rapport reconnaît le rôle clé des parties intéressées, souligne leurs réussites et met en évidence l'engagement continu des gouvernements, des parties intéressées et des communautés à l'éradication du VIH/sida chez les gais, bisexuels, bispirituels et autres HARSAH.

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :