Soins aux adultes - Chapitre 3 - Appareil respiratoire

Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI), Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires
Le contenu de ce chapitre a été révisé en janvier 2010.

Sur cette page :

Évaluation de la fonction respiratoire

Chaque symptôme doit être noté et examiné en fonction des caractéristiques suivantes :

  • Apparition (subite ou graduelle)
  • Évolution dans le temps
  • Situation actuelle (amélioration ou aggravation)
  • Siège
  • Irradiation
  • Qualité
  • Moment d'apparition (fréquence, durée)
  • Sévérité
  • Facteurs déclenchants et aggravants
  • Facteurs de soulagement
  • Symptômes associés
  • Répercussions sur les activités quotidiennes
  • Épisodes similaires diagnostiqués auparavant
  • Traitements antérieurs
  • Efficacité des traitements antérieurs

Symptômes dominants

Il faut aussi explorer les caractéristiques des symptômes suivants.

Toux

  • Qualité (par exemple sèche, grasse, productive, quinteuse)
  • Gravité
  • Moment d'apparition (par exemple la nuit, à l'effort, à l'air froid, à l'intérieur ou à l'extérieur)
  • Facteurs aggravants ou apaisants

Expectorations

  • Couleur
  • Quantité (en cuillères à thé, en cuillères à table, en tasses)
  • Consistance
  • Purulence, odeur, goût désagréable
  • Moment de la journée des pires symptômes

Hémoptysie

  • Quantité de sang
  • Sang franc ou mêlé d'expectorations
  • En concomitance avec une douleur aux jambes ou à la poitrine ou avec une dyspnée

Dyspnée

  • Tolérance à l'effort (nombre de marches que le client est capable de gravir ou distance qu'il peut parcourir à pied)
  • Essoufflement au repos
  • Ne peut tenir une conversation à l'aide d'expressions ou de phrases complètes
  • Augmentation marquée de l'effort déployé pour respirer, utilisation de muscles accessoires ou rétraction
  • Orthopnée (nombre d'oreillers utilisés pour dormir)
  • En concomitance avec dyspnée nocturne paroxystique (client réveillé par une grande difficulté respiratoire; la crise disparaît d'elle-même après 20 ou 30 minutes, une fois que le client s'est assis ou s'est levé)
  • Moment de la journée
  • Gravité (par exemple tachypnée marquée)

Douleur thoracique

  • Apparition (soudaine ou graduelle)
  • Siège
  • Irradiation
  • Profil de propagation
  • Qualité
  • Moment de la journée
  • Intensité
  • Facteurs déclenchants et aggravants
  • Symptômes associés

Respiration sifflante

  • Circonstances (par exemple au repos, la nuit, à l'effort)

Autres symptômes associés

  • Cyanose
  • Fièvre
  • Fatigue
  • Anorexie
  • Sueurs nocturnes
  • Perte de poids

Antécédents médicaux (propres à la fonction respiratoire)

  • Tabagisme (nombre de paquets par jour, nombre d'années)
  • Fréquence de rhumes ou de crises d'asthme et traitement utilisé
  • Autres maladies respiratoires (par exemple polypes nasaux, sinusite chronique)
  • Bronchite, pneumonie, maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), tuberculose (maladie ou exposition à l'agent infectieux), cancer, fibrose kystique
  • Allergie saisonnière, exposition à des substances irritantes provenant de l'environnement ou allergie à des médicaments comme l'acide acétylsalicylique (AAS)
  • Prise de médicaments comme des inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (ECA), des β-bloquants, de l'AAS, des corticostéroïdes, des vaporisateurs nasaux ou des antihistaminiques
  • Hospitalisations pour des maladies respiratoires, intubation requise
  • Date et résultat du dernier test de Mantoux et de la dernière radiographie pulmonaire
  • Antécédents de vaccination (par exemple vaccin antipneumococcique, vaccin antigrippal annuel)

Antécédents familiaux (propres à la fonction respiratoire)

  • Autres personnes à la maison ayant des symptômes semblables
  • Allergies, hypersensibilité
  • Asthme, cancer du poumon, tuberculose, fibrose kystique
  • Cardiopathie

Antécédents personnels et sociaux (propres à la fonction respiratoire)

  • Exposition à la fumée secondaire
  • Exposition professionnelle ou environnementale à des irritants respiratoires (par exemple exploitation minière, lutte contre les incendies de forêt)
  • Exposition à des animaux de compagnie
  • Logement surpeuplé
  • Piètres habitudes d'hygiène personnelle ou malpropreté du milieu de vie
  • Vie en établissement
  • Utilisation de drogues injectables
  • Abus d'alcool
  • Risque de contracter le VIH

Examen de l'appareil respiratoire

Il faut aussi examiner les oreilles, le nez et la gorge, de même que l'appareil cardiovasculaire étant donné les rapports étroits qui existent entre eux et leurs rapports avec le fonctionnement des voies respiratoires inférieures (voir les chapitres « Oto-rhino-laryngologie » et « Appareil cardiovasculaire » pour plus de renseignements au sujet de ces examens).

Aspect général

  • Symptômes aigus ou chroniques
  • Degré de bien-être ou de détresse
  • Degré de diaphorèse
  • Ne peut parler sans arrêter au milieu d'une phrase pour reprendre son souffle
  • Teint (par exemple rouge, pâle, cyanosé)
  • État nutritionnel (obésité ou maigreur)
  • État d'hydratation

Signes vitaux

  • Température
  • Pouls
  • Oxymétrie du pouls
  • Fréquence respiratoire
  • Tension artérielle

Inspection

  • Coloration (par exemple cyanose centrale)
  • Forme du thorax (par exemple en tonneau, déformation de la colonne)
  • Mouvements du thorax (symétrie)
  • Fréquence, rythme et profondeur de la respiration
  • Utilisation des muscles accessoires (sterno-cléido-mastoïdiens)
  • Rétraction intercostale/sous-sternale
  • Signes de traumatisme
  • Cicatrices sur le thorax
  • Hippocratisme digital

Palpation

  • Position de la trachée (ligne médiane)
  • Sensibilité de la paroi thoracique
  • Amplitude thoracique
  • Vibrations vocales
  • Anomalie spinale
  • Ganglions (axillaires, sus-claviculaires, cervicaux)
  • Masses
  • Emphysème sous-cutané

Percussion

  • Sonorité (bruit sourd ou hypersonorité)
  • Emplacement et course du diaphragme

Auscultation

  • Aidez le client à bien respirer
  • Recherchez le son d'une entrée d'air normale avant d'essayer de détecter des bruits anormaux.
  • Quantité d'air qui pénètre dans tout le thorax (devrait être égale)
  • Qualité des bruits respiratoires normaux (par exemple bronchiques, bronchovésiculaires, vésiculaires)
  • Durée de l'inspiration et de l'expiration
  • Sifflements ou sibilances : sons constants, dont la tonalité peut varier de très basse à très aiguë, à l'inspiration ou à l'expiration ou les deux; qui peuvent disparaître quand le sujet tousse; qui peuvent s'entendre seulement à l'expiration forcée.
  • Râles crépitants : crépitements distincts perceptibles à l'inspiration; qui peuvent disparaître quand le sujet tousse.
  • Frottement pleural : bruit de raclement dû à l'inflammation de la plèvre, perceptible à l'inspiration ou à l'expiration

Diagnostic différentiel des symptômes respiratoires

Toux aiguë

  • Infection : virale ou bactérienne des voies respiratoires supérieures ou inférieures
  • Asthme
  • Exacerbation d'une bronchite chronique
  • Cancer broncho-pulmonaire
  • Inhalation d'un corps étranger
  • Reflux oesophagien avec aspiration
  • Insuffisance cardiaque gauche

Toux chronique

Causes fréquentes

  • Tabagisme
  • Exposition à des irritants dans l'environnement (fumée secondaire)
  • Écoulement rétro-nasal
  • Inflammation des voies respiratoires après une infection virale
  • Asthme
  • MPOC ou bronchite chronique
  • Reflux gastro-oesophagien avec aspiration
  • Tumeurs du poumon

Causes moins fréquentes

  • Carcinome des voies respiratoires supérieures ou inférieures
  • Maladie pulmonaire interstitielle
  • Médicaments (par exemple inhibiteurs de l'ECA)
  • Infections pulmonaires chroniques (par exemple bronchectasie, fibrose kystique, tuberculose, abcès pulmonaire)
  • Insuffisance cardiaque gauche occulte
  • Troubles de la thyroïde
  • Affections de la plèvre, du péricarde, du diaphragme, de l'estomac
  • Idiopathie (psychogène)
  • Pression exercée par une masse externe (par exemple hypertrophie de la thyroïde, anévrisme de l'aorte)

Toux avec expectoration

  • Bronchite aiguë
  • Pneumonie
  • Asthme
  • Tuberculose
  • MPOC
  • Bronchectasie
  • Abcès du poumon
  • Cancer du poumon

Dyspnée

  • Asthme
  • MPOC
  • Pneumothorax
  • Pneumonie
  • Maladie pulmonaire interstitielle (par exemple sarcoïdose)
  • Cancer du poumon
  • Infarctus ou embolie pulmonaire
  • Insuffisance cardiaque, insuffisance cardiaque congestive
  • Anxiété accompagnée d'hyperventilation

Hémoptysie

  • Bronchite
  • Bronchectasie
  • Fibrose kystique
  • Tuberculose
  • Cancer broncho-pulmonaire
  • Abcès du poumon
  • Pneumonie, forme nécrosante (causée par Klebsiella)
  • Contusion pulmonaire
  • Embolie pulmonaire
  • Lupus érythémateux disséminé
  • Hypertension artérielle pulmonaire primitive
  • Sténose mitrale
  • Insuffisance cardiaque, insuffisance cardiaque congestive
  • Anomalies vasculaires (par exemple anévrisme)
  • Traumatisme au thorax
  • Inhalation de substances toxiques
  • Troubles de saignement

Respiration sifflante

  • Bronchite aiguë
  • MPOC
  • Asthme
  • Bronchopneumonie (causée par l'aspiration)
  • Obstruction d'une bronche par un néoplasme pulmonaire
  • Embolie pulmonaire
  • Aspiration d'un corps étranger
  • Insuffisance cardiaque congestive aiguë (rare)

Douleur thoracique (pleurétique)

Maladies des poumons ou de la plèvre

  • Pneumonie
  • Pleurésie
  • Pleurésie accompagnée de maladies du tissu conjonctif
  • Pneumothorax
  • Hémothorax
  • Empyème
  • Infarctus pulmonaire
  • Néoplasme des poumons
  • Tuberculose

Affections du péricarde

  • Péricardite
  • Traumatisme
  • Syndrome de Dressler

Affections des muscles de la paroi thoracique, des os, des nerfs et de la peau

  • Contusion à la paroi thoracique
  • Fractures des côtes, du sternum
  • Inflammation des muscles de la paroi thoracique (costochondrite)
  • Neuropathies post-zostérienne
  • Tumeur osseuse

Affections gastro-intestinales

  • Abcès du foie
  • Pancréatite
  • Abcès sous-diaphragmatique

Autres affections

  • Psychonévrose

Douleur thoracique (non pleurétique)

Affections des vaisseaux sanguins pulmonaires

  • Embolie pulmonaire
  • Hypertension artérielle pulmonaire primitive
  • Affection de l'aorte
  • Dissection de l'aorte

Affections du myocarde

  • Infarctus du myocarde
  • Angine
  • Cardiomyopathie (myocardite)
  • Prolapsus valvulaire mitral

Douleur projetée par les structures gastro-intestinales

  • Reflux oesophagien, ulcération
  • Troubles de la motricité oesophagienne (par exemple achalasie)
  • Perforation ou rupture de l'oesophage
  • Spasme oesophagien
  • Néoplasme de l'oesophage
  • Diverticule de l'oesophage
  • Ulcère de l'estomac ou du duodénum
  • Cholélithiase, cholécystite
  • Pancréatite, néoplasme du pancréas

Problèmes fréquents de l'appareil respiratoire

Asthme chronique

Trouble des voies respiratoires caractérisé par des symptômes paroxystiques ou persistants (dyspnée, oppression thoracique, respiration sifflante et toux) accompagnés d'une obstruction variable et d'une inflammation des voies respiratoires et d'une réactivité exacerbée de celles-ci à différents stimulus.

Causes

  • Cause souvent inconnue
  • Hyperréactivité allergique des voies respiratoires à différents agents présents dans l'air (pollen, moisissures, acariens, phanères d'animaux) et aux oreillers de plumes
  • L'asthme non allergique peut être déclenché par des médicaments (par exemple l'acide acétylsalicylique [AAS], les anti-inflammatoires non stéroïdiens [AINS], les tartrates, les b-bloquants et les inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine [ECA]), la fumée et d'autres substances aériennes présentes dans le milieu de travail, les sulfites présents dans les aliments (par exemple les fruits secs, la bière et le vin), les substances industrielles et celles présentes dans l'environnement.
  • Facteurs déclenchants communs : infections intercurrentes des voies respiratoires, air froid, effort, stress émotionnel, sinusite, reflux gastro-oesophagien (RGO)
Facteurs de risque
  • Antécédents familiaux confirmés
  • Infections virales sévères et fréquentes des voies respiratoires inférieures (VRI) dans la première enfance
  • Logement surpeuplé
  • Poussière/moisissures/logement insalubre (par exemple murs exposés, mauvaise isolation, humidité élevée)
Évaluation de la gravité

On détermine la gravité de l'asthme d'après la fréquence et la chronicité des symptômes, la présence d'une obstruction persistante des voies respiratoires et la médication nécessaire pour maîtriser la maladie. Idéalement, la gravité de l'asthme doit être évaluée après un traitement énergique par des corticostéroïdes en inhalation (voir le tableau 1, Caractéristiques des différentes formes d'asthme chronique).

Tableau 1: Caractéristiques des différentes formes d'asthme chronique
Asthme léger Asthme modéré Asthme grave
Symptômes diurnes (respiration sifflante, toux, dyspnée) jusqu'à 2 fois par semaine Symptômes diurnes > 2 fois par semaine Au moins trois symptômes d'asthme modéré toutes les semaines
Aucun symptôme nocturne ou réveil Tout symptôme nocturne ou réveil
Capacité d'accomplir les activités sans difficulté Toute incapacité à accomplir les activités
DEP et VEMS > 80 % des valeurs prévues DEP < 80 % de la valeur prévue ou de la meilleure valeur pour l'individu (si connue)
Aucune exacerbation Au moins une exacerbation par année Une exacerbation toutes les semaines
Médicament de secours nécessaire moins de deux fois par semaine Médicament de secours plus de deux fois par semaine
DEP = débit expiratoire de pointe; VEMS = volume expiratoire maximal par seconde.
 Remarque : Le fait de tousser la nuit, pendant l'activité physique ou aux moments de stress émotionnel peut être le seul signe d'asthme.

Diagnostic différentiel

  • Obstruction mécanique des voies respiratoires (corps étranger)
  • Réaction allergique sévère
  • Maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) avec infection des VRI
  • Insuffisance cardiaque congestive
  • OEdème pulmonaire
  • Inhalation de substances toxiques
  • Dysfonction du larynx
  • Toux associée à la prise de médicaments comme les inhibiteurs de l'ECA

Complications

  • Crise aiguë grave : hypoxie, détresse respiratoire qui peut évoluer vers une insuffisance respiratoire, atélectasie, pneumothorax, décès
  • Séquelles chroniques : limitation des activités quotidiennes, MPOC

Tests diagnostiques

Pour confirmer le diagnostic d'asthme et évaluer la gravité de la maladie, sauf chez les clients n'ayant presque pas de symptômes, il faut recourir à des instruments de mesure objectifs. Les tests suivants devraient être effectués (ces tests devraient être prescrits par le médecin consultant) :

  • Épreuves fonctionnelles respiratoires (permettant d'établir les valeurs de référence)
  • Détermination du débit expiratoire de pointe (DEP)
  • Test de provocation à l'histamine ou à la méthacholine
  • Tests d'allergieNote de bas de page 2

Traitement

Objectifs
  • Permettre au client d'accomplir ses activités normales
  • Prévenir les symptômes
  • Maintenir une fonction pulmonaire normale
  • Prévenir les exacerbations
  • Éviter les effets secondaires du traitement (étant donné qu'ils peuvent amener le client à ne pas suivre son plan de traitement)
Consultation

Consultez un médecin pour tous les cas non auparavant diagnostiqués. Le moment de cette consultation dépend de la gravité des symptômes du client (si le client a besoin ou non d'une médication immédiate).

Idéalement, un médecin devrait examiner le client au moins une fois par année lorsque son état est stable et plus souvent si les symptômes ne sont pas bien maîtrisés.

Traitement adjuvant
  • Administrer le vaccin antigrippal annuel et d'autres vaccins antigrippaux en fonction de la saison grippale en cours (par exemple, vaccin contre le H1N1)
  • Administrer le vaccin antipneumococcique
Interventions non pharmacologiques
  • Conseillez au client d'éviter les facteurs déclenchants connus comme les allergènes présents dans l'environnement et les substances irritantes liées à son travail.
  • Recommandez l'abandon du tabac (s'il s'agit d'un fumeur).
  • Conseillez au client d'éviter les AINS et les produits à base d'AAS.

Education du client

  • Expliquez le diagnostic et l'évolution normale de la maladie.
  • Expliquez au client l'utilisation appropriée des médicaments (dose, fréquence, effets secondaires)
  • Expliquez au client comment utiliser un inhalateur, une aérochambre/dispositif d'espacement, s'il y a lieu.
  • Expliquez au client comment surveiller ses symptômes et utiliser le débitmètre (si vous le jugez utile pour la maîtrise de ses symptômes).
  • Expliquez au client un plan d'action prévoyant l'augmentation du traitement médicamenteux d'entretien aux premiers signes d'une exacerbation.
  • Expliquez au client comment reconnaître les symptômes d'exacerbation aiguë et avisez-lui de se présenter immédiatement à la clinique en cas d'apparition de ces symptômes.
  • Expliquez au client comment prévenir les effets secondaires locaux (candidose buccale) en se rinçant soigneusement la bouche et en se gargarisant.
Interventions pharmacologiques
Traitement médicamenteux recommandé pour l'asthme chronique
Corticostéroïdes en inhalation
Par exemple, fluticasone (Flovent), beclométhasone (Qvar)
+
Agonistes ß2 à longue durée d'action
Par exemple, formotérol (Oxeze) ou salmétérol (Serevent), si les symptômes ne sont pas maîtrisés à l'aide d'un corticostéroïde en inhalation, en particulier la nuit.
+
Agonistes ß2 à longue durée d'action
salbutamol (Ventolin), au besoin pour les poussées symptomatiques
+
Corticostéroïdes par voie orale
Par exemple, prednisone
(utilisé pour traiter les exacerbations aiguës [c.-à-d., DEP < 60 % de la valeur prévue] lorsque le patient ne répond pas à une augmentation de la dose de corticostéroïdes en inhalation)

Corticostéroïdes en inhalation
Il s'agit des meilleurs agents pour maîtriser l'asthme, et leur utilisation peut améliorer le pronostic global chez les clients souffrant de cette maladie.

Doses initiales recommandées en cas d'asthme léger ou modéré (la posologie dépend du tableau clinique du patient et peut être augmentée ou diminuée selon les besoins). En voici des exemples :

fluticasone (Flovent), 250 à 1 000 µg par jour, doses fractionnées bid
ou
béclométhasone (QVAR) 200 à 500 µg par jour, doses fractionnées bid

Lorsque l'on a obtenu les résultats souhaités (maîtrise des symptômes), on réduit la dose de corticostéroïdes pour déterminer la dose minimale nécessaire pour assurer la maîtrise de l'asthme.

Les corticostéroïdes en inhalation sont sans danger chez la femme pendant la grossesse et l'allaitement, mais on recommande de prescrire la plus faible dose qui permet de maîtriser l'asthme.

Agonistes ß2 à longue durée d'action

Les agonistes ß2 à longue durée d'action (par exemple salmétérol, formotérol) peuvent servir de traitement d'appoint pour les personnes dont l'asthme n'est pas bien maîtrisé malgré une utilisation optimale de corticostéroïdes en inhalation, particulièrement en cas de symptômes nocturnes.

Des inhalateurs contenant des produits d'association, soit un corticostéroïde et un agoniste ß2 à longue durée d'action, sont offerts sur le marché, par exemple Advair. Ces produits d'association doivent être prescrits par un médecin.

Agonistes ß2 à courte durée d'action

Ce sont les médicaments de choix pour soulager les symptômes de l'asthme qui surviennent pendant le traitement d'entretien. Ce sont les agents les plus efficaces pour prévenir et traiter le bronchospasme provoqué par l'effort. Ils devraient cependant être utilisés seulement pour soulager d'urgence les symptômes aigus. Les corticostéroïdes en inhalation sont indiqués si le patient a besoin d'agonistes ß2 à courte durée d'action plus de 2 fois par semaine pour maîtriser les symptômes aigus.

salbutamol (Ventolin), 100 µg/bouffée, 1 ou 2 bouffées toutes les 4 h au besoin.

Antagonistes des récepteurs des leucotriènes (ARLT)

Les antagonistes des récepteurs des leucotriènes comme le zafirlukast (Accolate) ou le montélukast (Singulair) présentent des propriétés anti-inflammatoires, mais ne sont pas aussi efficaces que les corticostéroïdes en inhalation pour réduire les symptômes. Les asthmatiques légers qui refusent de prendre des corticostéroïdes ou qui ne peuvent pas en prendre par inhalation peuvent faire l'essai des ARLT. Ces derniers peuvent également constituer une solution de rechange à une augmentation de la dose de corticostéroïdes en inhalation chez les patients dont l'asthme n'est pas maîtrisé par des doses faibles ou modérées ou être utilisés en concomitance avec les doses élevées de corticostéroïdes en inhalation pour la maîtrise des symptômes.

Anticholinergiques

Les agents anticholinergiques (par exemple bromure d'ipratropium [Atrovent]) ne sont pas habituellement indiqués pour le traitement de l'asthme. Ils sont particulièrement utiles pour traiter les personnes âgées et les patients qui présentent à la fois de l'asthme et une MPOC. Il s'agit d'une bonne solution de rechange dans le cas des clients qui souffrent de tremblements et de tachycardie lorsqu'ils prennent du salbutamol (Ventolin). Pendant les exacerbations aiguës, ils servent d'adjuvant à des doses optimales d'agonistes ß2 à courte durée d'action.

Surveillance et suivi
  • Assurez un suivi tous les 3-6 mois une fois que l'asthme est stabilisé.
  • Évaluez l'adhésion au traitement médicamenteux.
  • Revoyez régulièrement avec le patient la technique d'utilisation de l'inhalateur.
  • Surveillez l'apparition d'affections qui pourraient compliquer l'asthme, par exemple le RGO, la sinusite ou les polypes nasaux.
  • On recommande une densitométrie osseuse chez les patients qui prennent des doses élevées de corticostéroïdes en inhalation ou qui présentent des facteurs de risque pour l'ostéoporose. La pression intraoculaire chez les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de glaucome nécessitant des doses élevées de corticostéroïdes en inhalation devrait être vérifiée peu après l'instauration du traitement et régulièrement par la suite. Les doses supérieures à 1 000 µg/jour de béclométhasone, 500 µg/jour de fluticasone ou l'équivalent sont considérées comme étant des doses de corticostéroïdes en inhalation élevées3. Passez en revue les moyens de réduire les allergènes dans l'environnement, au besoin (par exemple réduire le nombre d'acariens, cesser de fumer, réduire l'humidité ambiante, se défaire des animaux à fourrure).
Orientation vers d'autres ressources médicales

On recommande de diriger vers un pneumologue les adultes qui ont besoin en permanence de plus de 1000 µg de béclométhasone en inhalation, 500 µg/jour de fluticasone ou l'équivalent par jour.

Il faut envisager d'orienter vers un programme d'inhalothérapie (si possible) le client dont les activités quotidiennes sont considérablement limitées par des symptômes mal maîtrisés, malgré un traitement médicamenteux adéquat et l'adhésion au plan de traitement.

Exacerbation aiguë de l'asthme

Les exacerbations doivent être traitées rapidement pour enrayer les symptômes et prévenir leur aggravation.

Les signes cliniques dépendent de la gravité et de l'intensité de la crise d'asthme, qui peut varier de bénigne à très sévère.

Exacerbation bénigne de l'asthme

Symptomatologie

  • Dyspnée à l'effort, pas de détresse aiguë
  • Toux

Observations

  • Fréquence respiratoire normale ou légèrement élevée
  • Fréquence cardiaque < 100 puls/min
  • Respiration sifflante à tonalité grave (à l'expiration ou à l'inspiration, ou aux deux)
  • Volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) et DEP > 60 % des valeurs prévues ou des meilleures valeurs du patient
  • DEP > 300 l/min
  • Bonne réponse (habituellement) aux agonistes ß2 à courte durée d'action)

Traitement

Consultation

Consultez un médecin au besoin pour obtenir des conseils sur l'ajustement de la médication durant une exacerbation. 

Interventions pharmacologiques
  • Si le client prend régulièrement tel que prescrit des corticostéroïdes en inhalation, il peut être nécessaire d'augmenter la dose habituelle (multipliez-la par 2, 3 ou 4) durant une exacerbation.
  • Si le client n'a pas pris ses médicaments prescrits contre l'asthme depuis un certain temps, amorcez de nouveau le traitement avec la dose habituelle.
  • On peut recourir à un bronchodilatateur au besoin pour soulager le bronchospasme :

    salbutamol (Ventolin), administré à l'aide d'un aérosol-doseur muni d'une aérochambre, 1 ou 2 inhalations toutes les 4 h au besoin, jusqu'à concurrence de 2-4 inhalations toutes les 4 h (des doses plus élevées peuvent être nécessaires dans les cas d'exacerbations plus graves).

Les médicaments administrés à l'aide de nébuliseurs n'offrent aucun avantage par rapport à un aérosol-doseur avec aérochambre ou à un inhalateur de poudre sècheNote de bas de page 4. Cependant, on a parfois recours aux nébuliseurs chez les patients dont les symptômes perdurent malgré un traitement maximal à l'aide d'inhalateurs de poche.

Surveillance et suivi

Demandez au client de revenir après 24 heures si ses symptômes persistent.

Dans les cas d'asthme provoqué par l'effort ou le froid :

salbutamol (Ventolin), 1 ou 2 bouffées 10 à 15 minutes avant de faire de l'exercice ou de sortir par temps froid.

Exacerbation modérée de l'asthme

Symptomatologie

  • Dyspnée au repos
  • Toux congestive
  • Oppression thoracique
  • Symptômes nocturnes
  • Besoin de prendre un agoniste ß2 plus souvent qu'aux 4 h

Observations

  • Essoufflement visible
  • Élévation de la fréquence respiratoire
  • Fréquence cardiaque > 100 puls/minute
  • Certaine utilisation des muscles respiratoires accessoires
  • Respiration sifflante audible
  • Respiration sifflante à tonalité aiguë dans tous les champs pulmonaires (à l'expiration ou à l'inspiration, ou aux deux)
  • VEMS et DEP de 40 % à 60 % des valeurs prévues ou des meilleures valeurs du patient
  • DEP de 200-300 l/min
  • Les agonistes ß2 ne procurent qu'un soulagement partiel.

Traitement

Consultation

Consultez un médecin le plus rapidement possible après l'instauration du traitement d'urgence.

Traitement adjuvant

Administrez de l'oxygène par masque sans réinspiration; réglez le débit de façon à maintenir la saturation en oxygène à un niveau supérieur à 94 %.

Interventions pharmacologiques

salbutamol (Ventolin), administré par aérosol-doseur avec aérochambre, 100 µg/inhalation, 4 à 8 inhalations toutes les 15 à 20 min, 3 fois.
(doses additionnelles sur avis du médecin)
et
bromure d'ipratropium (Atrovent), administré par aérosol-doseur avec aérochambre, 20 µg/inhalation, 4 à 8 inhalations toutes les 15 à 20 min, 3 fois;
(doses additionnelles sur avis du médecin)
*Remarque : Comme le bromure d'ipratropium administré par aérosol-doseur contient de la lécithine de soja, il est contre-indiqué chez les personnes ayant une allergie aux arachides.
±
prednisone (Prednisone), 40 à 60 mg PO
(doses additionnelles sur avis du médecin)

Les personnes présentant un asthme dépendant des corticostéroïdes et celles qui prennent déjà des corticostéroïdes en inhalation doivent aussi suivre une corticothérapie orale.

Surveillance et suivi

Le DEP et le VEMS devraient être mesurés fréquemment afin d'évaluer la réponse aux bronchodilatateurs. Le client peut recevoir son congé après le traitement initial d'urgence s'il répond bien au traitement et s'il n'a pas eu de crise d'asthme depuis 24 heures.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Procédez à l'évacuation médicale si, après le traitement, le VEMS est inférieur à 60 % de la valeur prévue ou si le patient a eu une autre crise au cours des 24 heures précédentes.

Exacerbation grave de l'asthme

Symptomatologie

  • Détresse respiratoire aiguë
  • Agitation, diaphorèse
  • Difficulté à parler (incapacité à faire des phrases complètes)

Observations

  • Fréquence cardiaque > 110 puls/min
  • Utilisation marquée des muscles respiratoires accessoires
  • Élévation de la pression artérielle
  • L'intensité des bruits respiratoires semble diminuer.
  • Respiration sifflante diffuse à tonalité aiguë (à l'inspiration ou à l'expiration, ou aux deux)
  • VEMS et DEP : incapacité de faire le test ou < 40 % des valeurs prédites ou des meilleures valeurs du patient
  • DEP < 200 l/min
  • Saturation en oxygène < 90 %
  • Aucun soulagement procuré par les agonistes ß2 pris avant l'arrivée à la clinique.

Mise en garde : Méfiez-vous du « thorax silencieux » (entrée d'air déficiente, absence de respiration sifflante) chez un patient ayant des antécédents d'asthme qui arrive à la clinique en détresse respiratoire aiguë. Ce patient est en état de mal asthmatique, la forme la plus grave et la plus dangereuse d'asthme.

Traitement

Il s'agit d'une urgence respiratoire; surveillez les voies respiratoires, la respiration et la circulation.

Amorcez une oxymétrie et la surveillance cardiaque (si possible).

Traitement adjuvant
  • Amorcez l'oxygénothérapie par masque sans réinspiration
  • Réglez le débit pour maintenir une saturation en oxygène supérieure à 94 %.
  • Commencez le traitement intraveineux (IV) à l'aide d'un soluté physiologique; réglez le débit à 250 ml/h pour la première heure.
  • L'administration énergique de liquides peut aider à liquéfier les sécrétions bronchiques et à remplacer les pertes insensibles causées par la tachypnée et la dyspnée (à moins qu'elle ne soit contre-indiquée).
Consultation

Consultez un médecin dès que possible après l'instauration du traitement.

Interventions pharmacologiques

salbutamol (Ventolin) administré par aérosol-doseur avec aérochambre, 100 µg/inhalation, 4 à 8 inhalations toutes les 15 à 20 min, 3 fois;

(doses additionnelles selon la réponse et l'avis du médecin)

±

bromure d'ipratropium (Atrovent), administré par aérosol-doseur avec aérochambre, 20 µg/inhalation, 4 à 8 inhalations toutes les 15 à 20 min, 3 fois;

(doses additionnelles sur avis du médecin)

*Remarque : Comme le bromure d'ipratropium administré par aérosol-doseur contient de la lécithine de soja, il est contre-indiqué chez les personnes ayant une allergie aux arachides

±

méthylprednisolone (Solu-Medrol), 60 à 80 mg IV ou prednisone, 40 à 60 mg PO

(doses additionnelles sur avis du médecin)

Surveillance et suivi

Évaluez la réponse du patient au traitement médicamenteux en surveillant constamment la saturation en oxygène et en mesurant souvent le DEP et les signes vitaux. Aussi, surveillez le travail ventilatoire et l'état mental. Le patient peut se fatiguer en raison de l'effort déployé pour respirer, et c'est pourquoi la ventilation assistée à l'aide d'un ballon Ambu peut être nécessaire.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Procédez dès que possible à l'évacuation médicale.

Patients qui présentent un risque de rechute

  • Épisode antérieur quasi fatal
  • Visite récente à l'urgence à cause d'une exacerbation aiguë
  • Hospitalisations fréquentes, intubations antérieures
  • Dépendance aux corticostéroïdes et prise récente de corticostéroïdes par voie orale
  • Antécédents de crises subites
  • Facteurs déclenchant une réaction allergique ou anaphylactique
  • Antécédents récents de crise prolongée
  • Méconnaissance de la maladie et piètre adhésion au traitement
  • Non-élimination des facteurs déclenchants dans l'environnement

Maladie pulmonaire obstructive chronique

Troubles fonctionnels du poumon caractérisés par une obstruction progressive et persistante des voies respiratoires et par une destruction des tissus pulmonaires.

Causes

  • Généralement un ensemble de facteurs
Facteurs de risque
  • Tabagisme
  • Fumée secondaire
  • Pneumonie virale grave dans la petite enfance
  • Vieillissement
  • Prédisposition génétique
  • Pollution atmosphérique
  • Exposition professionnelle à des irritants respiratoires

Ancienne classification

La plupart des clients souffrant de MPOC ont à la fois une bronchite chronique et un emphysème. Cependant, l'une des deux affections domine : certaines personnes atteintes de MPOC présentent plus souvent une toux avec expectoration qu'un essoufflement (bronchite chronique), tandis que d'autres ont plus tendance à être essoufflées qu'à tousser et à cracher (emphysème).

Bronchite chronique

Toux productive chronique présente pendant au moins 3 mois chaque année, et pendant 2 années consécutives. Au début, la toux productive n'est présente que le matin (particulièrement en hiver). Par la suite, les symptômes sont présents pendant toute la journée et toute l'année. Cette affection chronique se double d'épisodes fréquents d'infection aiguë des voies respiratoires inférieures.

Emphysème

Essoufflement chronique, se manifestant initialement à l'effort. La toux est un problème mineur et l'expectoration est limitée. L'essoufflement s'accentue graduellement jusqu'à persister même au repos.

Caractéristiques et symptomatologie

  • Le client est presque toujours un fumeur.
  • Il a 40 ans ou plus.
  • Infections fréquentes des VRI
  • Perte de poids et fatigue (aux stades avancés de la maladie)
  • Dyspnée
  • Toux avec expectoration (crachats clairs, blancs, jaunâtres-verdâtres)
  • Respiration sifflante

Observations

Les signes physiques peuvent varier selon la gravité de la maladie et le fait qu'il s'agisse ou non d'une exacerbation aiguë.

Il faut examiner les voies respiratoires supérieures (par exemple, les oreilles, le nez et la gorge) et l'appareil cardiovasculaire et déterminer l'état mental du client (afin de déceler une éventuelle hypoxie)

  • Dans les cas d'infection aiguë, il peut y avoir présence de fièvre.
  • Accélération possible de la fréquence cardiaque
  • Accélération de la fréquence respiratoire, avec diminution possible de la profondeur de la respiration
  • Prolongation possible de l'expiration
  • Diminution possible de la saturation en oxygène
  • Le client peut sembler maigre ou décharné.
  • Détresse respiratoire plus ou moins accentuée
  • Utilisation possible des muscles respiratoires accessoires
  • Cyanose possible
  • Hippocratisme digital possible
  • Augmentation possible du diamètre thoracique (« thorax en tonneau »)
  • Le client peut respirer en pinçant les lèvres.
  • Dans les cas d'hypoxie importante, il peut y avoir confusion, irritabilité et degré de conscience diminué.
  • Diminution des vibrations vocales
  • Diminution de l'amplitude thoracique
  • Hypersonorité
  • Diminution de l'excursion diaphragmatique (distension chronique des poumons)
  • Réduction de l'entrée d'air
  • Bruits respiratoires distants (dans les cas de thorax en tonneau)
  • Quelques sifflements et crépitations possibles
  • Diminution du VEMS lors de la mesure du débit de pointe

Diagnostic différentiel

  • Bronchite (aiguë)
  • Bronchectasie
  • Asthme
  • Carcinome broncho-pulmonaire
  • Fibrose pulmonaire idiopathique

Complications

  • Bronchite aiguë
  • Pneumonie
  • Hypertension pulmonaire
  • Coeur pulmonaire (insuffisance cardiaque droite)
  • Insuffisance respiratoire
  • Polyglobulie (taux anormalement élevé d'hémoglobine)

Tests diagnostiques

Faites faire une épreuve fonctionnelle respiratoire et une radiographie pulmonaire pour déterminer les valeurs de base.

Traitement

Objectifs
  • Atténuer ou enrayer la dyspnée
  • Réduire l'expectoration
  • Améliorer la tolérance à l'effort
  • Prévenir la progression de la maladie
  • Réduire la fréquence et la gravité des exacerbations
  • Garder le niveau de saturation en oxygène > 90 %
Consultation

Il faut consulter un médecin si le client n'a jamais fait l'objet d'un diagnostic, si ses symptômes ne sont pas maîtrisés par le traitement actuel et s'il présente une exacerbation aiguë.

Interventions non pharmacologiques

Éducation du client

  • Une sensibilisation précoce du public au danger du tabagisme peut prévenir des cas de MPOC.
  • Conseillez au client de cesser de fumer (s'il y a lieu)
  • Recommandez-lui de prendre les mesures suivantes :
    • Maintenir une hydratation suffisante (boire 6 à 8  verres de liquide par jour; rien n'indique que boire plus que cette quantité de liquide apporte un bienfait quelconque)
    • Augmenter le taux d'humidité ambiante (en gardant toujours une casserole remplie d'eau sur le poêle, particulièrement pendant l'hiver)
    • S'alimenter correctement : prendre plusieurs petits repas riches en protéines et en calories
    • Suivre un programme d'activité physique (par exemple marcher) pour améliorer son bien-être général et sa condition physique
    • Suivre un régime amaigrissant (si nécessaire)
  • Expliquez au client l'histoire naturelle, l'évolution prévue et le pronostic de sa maladie.
  • Expliquez au client l'utilisation appropriée des médicaments (raison, dose, fréquence, effets secondaires).
  • Montrez au client comment utiliser l'inhalateur.
  • Faites de la physiothérapie thoracique (respiration profonde et toux, respiration avec les lèvres pincées, respiration abdominale et drainage postural).
  • Apprenez au client à reconnaître les symptômes et les signes d'une exacerbation et d'une infection aiguë pour l'encourager à surveiller son état de santé et à se présenter sans tarder à la clinique si son état se détériore.
  • Éviter les voyages en haute altitude. S'il faut prendre l'avion, faire le nécessaire pour avoir accès à de l'oxygène (particulièrement lors des vols en avion non pressurisé)
Traitement adjuvant
  • Envisagez une oxygénothérapie à domicile pour les clients présentant une hypoxémie importante (PaO2 d'au plus 55 mmHg ou SaO2 inférieure à 88 %). Cela peut augmenter l'espérance de vie de 6 à 7 ansNote de bas de page 6
  • Administrez chaque année le vaccin antigrippal à tous les clients atteints de MPOC.
  • Administrez le vaccin antipneumococcique.
Interventions pharmacologiques

Traitement médicamenteux recommandé pour la MPOCNote de bas de page 7

MPOC légère. Commencez par :

Un bronchodilatateur à courte durée d'action, par exemple le bromure d'ipratropium (Atrovent), au besoin

Si la dyspnée perdure :

un anticholinergique à longue durée d'action, par exemple, le tiotropium (Spiriva) et un agoniste ß2 à courte durée d'action, par exemple le salbutamol (Ventolin), au besoin
or
un agoniste ß2 à longue durée d'action, par exemple le salmétérol (Servent) et un bronchodilatateur à courte durée d'action, par exemple le bromure d'ipratropium (Atrovent), au besoin

MPOC modérée (< 1 épisode d'exacerbation aiguë par année), utilisez :

un anticholinergique à longue durée d'action, par exemple le tiotropium (Spiriva) ou un agoniste ß2 à longue durée d'action, par exemple, le salmétérol (Servent)
et
un agoniste ß2 à courte durée d'action, par exemple le salbutamol (Ventolin), au besoin

Si la dyspnée perdure :

un anticholinergique à longue durée d'action, par exemple le tiotropium (Spiriva) et un agoniste ß2 à longue durée d'action, par exemple le salmétérol (Servent)
et
un agoniste ß2 à courte durée d'action, par exemple, le salbutamol (Ventolin), au besoin

Si le patient est toujours symptomatique malgré l'utilisation optimale de bronchodilatateurs, envisagez d'ajouter des corticostéroïdes en inhalation :

un anticholinergique à longue durée d'action, par exemple le tiotropium (Spiriva) et un corticostéroïde en inhalation/un agoniste ß2 à longue durée d'action, par exemple le fluticasone en association avec le salmétérol (Advair)
et
un agoniste ß2 à courte durée d'action, par exemple, le salbutamol (Ventolin), au besoin

MPOC grave (> 1 exacerbation aiguë parannée) :

un anticholinergique à longue durée d'action, par exemple le tiotropium (Spiriva) et un corticostéroïde en inhalation/un agoniste ß2 à longue durée d'action, par exemple le fluticasone en association avec le salmétérol(Advair)
et
un agoniste ß2 à courte durée d'action, par exemple, le salbutamol (Ventolin), au besoin
+/-
Des théophyllines, par exemple, Uniphyl

Surveillance et suivi
  • Assurez un suivi tous les 6 mois si l'état du client est stable.
  • Assurez un suivi chaque mois si les symptômes sont mal maîtrisés.
Orientation vers d'autres ressources médicales

Le médecin devrait examiner le client au moins une fois par année si son état est stable et dès que possible si les symptômes ne sont pas maîtrisés.

Envisagez de diriger le client vers un programme d'inhalothérapie (si possible).

Exacerbation aiguë d'une MPOC

Détérioration récente de l'état clinique et fonctionnel du patient par suite d'une aggravation de sa MPOC.

Symptomatologie

  • Aggravation de la dyspnée, parfois au repos
  • Toux plus fréquente
  • Expectoration plus abondante, qui passe souvent de muqueuse à purulente
  • Apparition ou accentuation de la respiration sifflante
  • Perte d'énergie
  • Anorexie
  • Fièvre
  • Accélération de la fréquence respiratoire
  • Tachycardie
  • Cyanose accrue
  • Utilisation des muscles accessoires
  • OEdème périphérique
  • Déclin de la vigilance
  • Aggravation de l'obstruction des voies respiratoires, d'après le VEMS ou le DEP
  • Dégradation de la saturation en oxygène, d'après l'oxymétrie de pouls

Signes d'une exacerbation grave

La baisse de la vigilance (capacité d'attention) ou la combinaison de deux autres symptômes et signes caractéristiques d'une exacerbation de MPOC (voir la liste ci-dessus) dénote une exacerbation grave et commande le transport du patient vers un service d'urgence. Ces critères ne sont cependant pas censés remplacer le jugement du professionnel de la santé quant à la nécessité de cette mesure.

Traitement

Pour déterminer s'il est préférable de traiter le client à domicile ou de l'adresser à un médecin pour évaluation, il faut tenir compte de beaucoup de facteurs; la gravité de l'exacerbation, la gravité de la MPOC préexistante, les autres maladies du patient, les connaissances médicales, le jugement et la fiabilité du client et de ses soignants, la distance entre le domicile du client et le centre de santé ou la clinique.

Dans les cas d'exacerbation, il faut traiter le client par une oxygénothérapie appropriée, l'utilisation énergique de bronchodilatateurs, ainsi que l'administration de corticostéroïdes et d'antibiotiques.

Consultation

Consultez un médecin dès que possible.

Traitement adjuvant
  • Administrez de l'oxygène à un faible débit à l'aide d'un masque Venturi; ; utilisez un masque à 24 % au départ, réglez la concentration et le débit en litres de façon à maintenir la saturation en oxygène entre 90 % et 92 %.
  • Soyez à l'affût des signes de dépression respiratoire.
  • Amorcez le traitement IV à l'aide d'un soluté physiologique; ajustez le débit en fonction de l'état d'hydratation du patient.
Interventions pharmacologiques

Le choix des médicaments et de leur posologie (Traitement médicamenteux recommandé pour des exacerbations aiguës de MPOC) dépend du régime médicamenteux actuel et de la mesure dans laquelle le client l'observe, ainsi que de la gravité de l'exacerbation (particulièrement du degré de détresse respiratoire).

Les doses efficaces maximales d'agonistes ß2 à courte durée d'action (par exemple salbutamol) et à longue durée d'action (par exemple bromure d'ipratropium) dans les cas d'exacerbation de MPOC ne sont pas connues. Le recours à un inhalateur avec ou sans tube d'espacement ou à un inhalateur de poudre permet d'administrer le médicament de façon optimale et devrait être privilégié aux dépens du nébuliseur. Cependant, on a parfois recours aux nébuliseurs chez les patients qui demeurent symptomatiques malgré un traitement maximal avec les inhalateurs de poche.

Traitement médicamenteux recommandé pour des exacerbations aiguës de MPOCNote de bas de page 7

Agonistes ß2 à courte durée d'action, par exemple le salbutamol (Ventolin), 3 ou 4 inhalations toutes les 4 h au besoin; on peut augmenter à 6 à 8 inhalations toutes les 2 h dans les cas d'exacerbation grave.
+
Bronchodilatateurs à courte durée d'action, par exemple le bromure d'ipratroprium (Atrovent), 2 à 4 inhalations qid au besoin; on peut augmenter à 6 à 8 inhalations tid-qid si le patient le tolère et si cela s'avère nécessaire
+
Corticostéroïdes oraux, par exemple le prednisone (Prednisone), 30 à 40 mg PO od pendant 10 à 14 jours
+/-
Antibiotiques oraux, pour une exacerbation simple, non compliquée de la MPOC sans facteurs de risque (par exemple diabète), par exemple l'amoxicilline (Amoxil), 500 mg PO tid pendant 7 à 10 jours
ou
sulfaméthoxazole/triméthoprime (Septra DS), 1 comprimé PO bid pendant 7 à 10 jours

Pour les exacerbations graves compliquées de la MPOC (avec facteurs de risque), il peut être nécessaire d'administrer des antibiotiques à large spectre, tels que les fluoroquinolones (lévofloxacine), les céphalosporines de 2e ou 3e génération (par exemple céfuroxime), ou les macrolides (par exemple azithromycine [Zithromax] ou clarithromycine [Biaxin]). Consultez un médecin pour le choix de l'antibiotique.
 

Surveillance et suivi

Vérifiez souvent les signes vitaux, la saturation en oxygène et le DEP pour évaluer la réponse au bronchodilatateur.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Procédez à l'évacuation médicale de tout client qui manifeste des signes de détresse respiratoire.

Bronchite aiguë

Inflammation de la trachée et des bronches (voies respiratoires de gros calibre).

Causes

  • Infection virale (90 % des cas) : influenza A ou B, adénovirus, rhinovirus, para-influenza, coronavirus, virus respiratoire syncytial (VRS)
  • Infection bactérienne  (5 % à 10% des cas) : Mycoplasma pneumoniae, Chlamydia pneumoniae, Bordetella pertussis, Streptococcus pneumoniae (chez les personnes atteintes d'une maladie pulmonaire sous-jacente)
Facteurs de risque
  • Sinusite chronique
  • MPOC
  • Bronchectasie
  • Déficit immunitaire
  • Tabagisme
  • Fumée secondaire
  • Polluants atmosphériques
  • Alcoolisme
  • Reflexe gastro-oesophagien

Symptomatologie

  • Infection des voies respiratoires supérieures (IVRS) antérieure
  • Malaise général
  • Fièvre
  • Toux; sèche au début, puis productive d'expectorations blanches, jaunes ou vertes
  • Douleurs musculaires dans la paroi thoracique ou inconfort en toussant
  • Présence possible d'une respiration sifflante

Observations

Les tableaux cliniques de la bronchite chronique et de la pneumonie se ressemblent souvent. En général, les clients atteints de pneumonie paraissent plus mal en point et présentent moins d'anomalies thoraciques. La bronchite affecte les voies respiratoires de gros calibre, tandis que la pneumonie affecte les voies respiratoires de petit calibre et les sacs alvéolaires.

  • La température peut être légèrement ou modérément élevée.
  • S'il y a fièvre, la fréquence cardiaque peut être légèrement élevée.
  • La fréquence respiratoire peut être légèrement élevée.
  • Toux spasmodique
  • Rhinite possible
  • L'expiration peut être légèrement prolongée.
  • Présence possible de sifflements (disséminés, à tonalité grave)

Diagnostic différentiel

  • Influenza
  • Sinusite aiguë
  • Pneumonie
  • Exacerbation aiguë de bronchite chronique
  • Asthme
  • Allergies
  • Inhalation ou aspiration d'irritants chimiques
  • Tuberculose ou cancer du poumon (si les symptômes sont récurrents)
  • Coqueluche
  • Fibrose kystique

Complications

  • Pneumonie
  • Toux post-bronchitique

Tests diagnostiques

  • Aucun

Traitement

Objectifs
  • Soulager les symptômes
  • Prévenir la pneumonie
  • Restreindre le recours non utile aux antibiotiques
Consultation

Il n'est généralement pas nécessaire de consulter un médecin si le client est par ailleurs en bonne santé.

Interventions non pharmacologiques
  • Repos accru (surtout en présence de fièvre)
  • Hydratation adéquate : 6 à 8 verres de liquide par jour
  • Augmentation de l'humidité ambiante
  • Évitement des irritants pulmonaires (par exemple cesser de fumer ou fumer moins, parfums)

Éducation du client

  • Conseillez au client de se laver les mains pour éviter de transmettre l'infection aux autres membres de sa famille.
  • Informez le client que la toux peut persister pendant 2 semaines ou plus.
  • Informez le client qu'une antibiothérapie courante n'est pas nécessaire ni recommandée.
Interventions pharmacologiques

Pour soulager la fièvre ou la douleur :

acétaminophène (Tylenol), 325 mg, 1 comprimé toutes les 4 h, au besoin.

Les clients qui sont malades depuis plus de 10 à 14 jours et qui ont des expectorations purulentes, ou ceux qui présentent aussi des problèmes de santé sous-jacents (par exemple l'asthme) peuvent avoir besoin d'une antibiothérapie. Consultez un médecin pour discuter de la prise d'antibiotiques puisque la coqueluche doit être exclue.

Si le client présente un bronchospasme important, il peut utiliser un agoniste ß2 à courte durée d'action (bronchodilatateur) jusqu'à ce que les symptômes aigus disparaissent :

salbutamol (Ventolin), 1 ou 2 inhalations toutes les 4 h au besoin à l'aide d'une aérochambre.

Surveillance et suivi

Prévoyez un suivi après 5 à 7 jours si les symptômes ne disparaissent pas.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Il n'est habituellement pas nécessaire de diriger le client vers d'autres ressources médicales, à moins qu'il ne réponde pas au traitement initial ou si l'affection est compliquée par d'autres facteurs de risque liés à la comorbidité.

Pneumonie d'origine communautaire

Infection des voies respiratoires distales, des sacs alvéolaires ou des deux.

Causes

Par le passé, on divisait les pneumonies en deux catégories : bactériennes ou atypiques. Maintenant, dans les cliniques en milieu communautaire, on utilise couramment la classification suivante des pneumonies d'origine communautaire.

  • Si le patient était bien portant jusque-là ou s'il a moins de 65 ans (ou les deux), l'infection est le plus susceptible d'être causée par Streptococcus pneumoniae (pneumocoque) et Mycoplasma, qui sont les agents pathogènes les plus fréquents; Chlamydia pneumoniae et Hemophilus influenzae sont aussi parfois responsables de la maladie, mais moins fréquemment.
  • Si le patient présente une affection concomitante ou s'il a 65 ans ou plus (ou les deux), l'infection peut être causée par Hemophilus influenzae, Klebsiella pneumoniae, Legionella pneumophila, Moraxella catarrhalis, Mycobacterium tuberculosis, Staphylococcus aureus et, moins souvent, Streptococcus pneumoniae.
  • La pneumonie d'origine virale est rare, sauf lorsqu'il y a épidémie d'influenza de type A ou d'infections par le virus respiratoire syncytial; elle peut être aussi une complication d'une rougeole atypique.
  • Si le patient est immunodéprimé, l'infection peut être causée par le cytomégalovirus (CMV), le virus herpes simplex (HSV) ou Pneumocystis carinii (particulièrement en présence du VIH ou du sida).
  • L'aspiration de sécrétions orales pharyngées, du contenu gastrique ou de produits chimiques peut prédisposer un patient à une pneumonie bactérienne. Parmi les personnes à risque figurent les alcooliques, les personnes âgées, les personnes qui ont de la difficulté à avaler, celles qui ont des troubles de la motilité ou des troubles neuromusculaires et les victimes d'accident vasculaire cérébral (AVC). Les micro-organismes causaux les plus fréquents sont les suivants : Klebsiella, S. aureus, les micro-organismes entériques, les bactéries anaérobies et les bacilles gram-négatives.
  • Dans une proportion qui varie du tiers à la moitié des cas, la cause de la pneumonie est inconnue.

Symptomatologie

Les symptômes des différents types de pneumonie se ressemblent énormément.

  • Fièvre, frissons
  • Toux
  • Expectorations qui peuvent être jaunes, vertes ou sanguinolantes
  • Douleur thoracique : une douleur thoracique « en coup de poignard » vive et localisée est caractéristique de la pneumonie lobaire aiguë.
  • Dyspnée possible

Chez les clients âgés ou atteints de maladie chronique, les symptômes peuvent être moins aigus ou moins évidents. Ces patients ne manifestent parfois qu'une certaine confusion ou une aggravation de problèmes médicaux antérieurs.

Habituellement, les pneumonies causées par Mycoplasma, Chlamydia, P. carinii et par des virus apparaissent de façon plus lente et plus insidieuse. Le client ne semble pas très incommodé, il fait relativement peu de fièvre, sa toux est sèche et l'expectoration, peu abondante.

Observations

  • Fièvre
  • Fréquence cardiaque accélérée
  • Fréquence respiratoire accélérée
  • Saturation en oxygène diminuée
  • Le patient peut sembler très mal en point, mais ce n'est pas nécessairement le cas.
  • Rougeur, diaphorèse si la fièvre est élevée
  • Le patient peut se tenir le côté affecté s'il y a douleur pleurétique.
  • Détresse respiratoire plus ou moins grande.
  • Matité à la percussion s'il y a condensation
  • Diminution possible de l'entrée d'air
  • Râles crépitants à l'inspiration
  • Respiration sifflante possible
  • Souffle tubaire
  • Frottement pleural possible (rare)

Chez les clients âgés, le tableau clinique des divers types de pneumonie est souvent atypique ou brouillé. Il peut ne pas y avoir de signes respiratoires clairs. Le patient peut présenter une altération de l'état de conscience, de la confusion, un trouble fonctionnel comme une perte d'énergie, une diminution de l'appétit ou des vomissements. Chez ces clients, le risque de décès attribuable à une infection bactérienne pneumococcique est plus élevé.

Diagnostic différentiel

  • MPOC
  • Bronchite aiguë
  • Tuberculose sous-jacente
  • Cancer du poumon sous-jacent
  • Pneumonie d'aspiration
  • Abcès du poumon
  • Atélectasie

Complications

  • Décompensation des autres problèmes de santé
  • Insuffisance respiratoire causée par l'hypoxie
  • Septicémie (bactériémie)
  • Infection métastatique (par exemple méningite, endocardite, péricardite, péritonite, empyème)
  • Insuffisance rénale
  • Insuffisance cardiaque

Tests diagnostiques

  • Radiographie pulmonaire (postéro-antérieure et latérale) seulement si le diagnostic est incertain, après l'examen clinique.

Traitement

Objectifs
  • Soulager les symptômes
  • Soulager ou prévenir la détresse respiratoire
  • Prévenir les complications
Consultation

Consultez un médecin si le client semble très mal en point ou s'il présente une hémoptysie importante, des signes de détresse respiratoire ou une affection concomitante grave comme la MPOC, le diabète sucré, une cardiopathie, une néphropathie ou un cancer ou encore si son état se détériore malgré le traitement oral initial.

Interventions non pharmacologiques
  • Repos au lit
  • Apport liquidien suffisant : 6 à 8  verres de liquide par jour
  • Augmentation de l'humidité ambiante (bouilloire, humidificateur ou casserole remplie d'eau sur le poêle)

Education du client

  • Expliquez au client le diagnostic et l'évolution prévue de la maladie
  • Expliquez au client l'utilisation appropriée des médicaments (dose, fréquence, effets secondaires).
Interventions pharmacologiques

Pour soulager la fièvre, la douleur et les courbatures :

acétaminophène (Tylenol), 325 mg, 1 à 2 comprimés PO toutes les 4 à 6 h au besoin

Antibiotiques pour le client sans affection concomitante présentant une pneumonie bénigne ou modérée:

érythromycine  2 g par voie orale, dose fractionnée bid, tid ou qid pendant 7 à 10 jours
ou
azithromycine (Zithromax), 500 mg le jour 1, puis 250 mg PO par jour pendant 4 jours

Antibiotiques pour le client ayant une affection concomitante (MPOC) et une pneumonie bénigne ou modérée qui n'a pas pris d'antibiotiques ni de corticostéroïdes oraux depuis 3 mois :

azithromycine (Zithromax), 500 mg le 1er jour, puis 250 mg PO une fois par jour pendant 4 jours

Antibiotiques pour le client ayant une affection concomitante (MPOC) et une pneumonie bénigne ou modérée qui a pris des antibiotiques depuis 3 mois :

amoxicilline/clavulanate (Clavulin), 875 mg PO bid pendant 7 à 10 jours
et
azithromycine (Zithromax), 500 mg le 1er jour, puis 250 mg PO une fois par jour pendant 4 jours
ou
levofloxacine (Levaquin), 500 mg PO toutes les 24 h pendant 10 jours

Antibiotiques pour le client chez qui une pneumonie d'aspiration est soupçonnée:

amoxicilline/clavulanate (Clavulin), 875 mg PO bid pendant 7 à 10 jours
ou
clindamycine (Dalacin) 300 à 450 mg PO qid pendant 7 jours

Surveillance et suivi

Prévoyez un suivi après 48 heures ou avant si les symptômes s'aggravent ou si une dyspnée apparaît et un examen de contrôle après la fin de l'antibiothérapie.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Si les symptômes sont légers ou modérés, il n'est généralement pas nécessaire de consulter un médecin à moins que l'état du client ne se détériore, que des complications ne surviennent ou que le client ne présente des affections concomitantes graves.

Traitement de la pneumonie sévère

Consultation

Consultez un médecin si le client présente des symptômes sévères (par exemple s'il semble très mal en point ou s'il présente une hémoptysie, une détresse respiratoire importante ou une affection concomitante grave comme la MPOC, le diabète sucré, une cardiopathie, une néphropathie ou un cancer) ou encore si son état se détériore malgré le traitement oral initial. 

Traitement adjuvant
  • Administrez de l'oxygène à l'aide d'un masque sans réinspiration; réglez le débit de façon à maintenir la saturation en oxygène entre 97 % et 98 %.
  • Pour les clients atteints de MPOC, administrez de l'oxygène à raison de 4-6 l/min à l'aide d'un masque Venturi à 24 %, réglez le débit et la concentration du masque pour maintenir la saturation en oxygène de 90 % à 92 %.
  • Soyez à l'affût des signes de détresse respiratoire.
  • Amorcez le traitement IV à l'aide de soluté physiologique; réglez le débit de manière à maintenir l'équilibre hydrique.
Interventions pharmacologiques

Discutez avec le médecin des antibiotiques IV de choix:

ceftriaxone (Rocephin), 1 à 2 g IV toutes les 24 h

Surveillance et suivi

Surveillez étroitement la saturation en oxygène (à l'aide d'un oxymètre de pouls si possible) et les signes vitaux.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Procédez à l'évacuation médicale du client vers un hôpital.

Urgences respiratoires

Pneumothorax

Un pneumothorax est l'affaissement partiel ou complet d'un poumon en raison de la présence d'air dans la cavité pleurale. Il en existe deux catégories : le pneumothorax spontané et le pneumothorax traumatique. Il existe par ailleurs trois mécanismes à l'origine de ce trouble : le pneumothorax fermé, le pneumothorax ouvert et le pneumothorax sous tension.

Pneumothorax fermé : L'air provenant du poumon s'échappe dans la cavité pleurale par suite d'une déchirure du tissu pulmonaire (par exemple quand l'extrémité d'une côté fracturée perfore le poumon), ce qui provoque l'affaissement du poumon.

Pneumothorax ouvert (lésion thoracique aspirante) : L'air de l'extérieur pénètre dans la cavité pleurale par une plaie perforante dans la paroi thoracique (causée, par exemple, par un coup de couteau), entraînant l'affaissement du poumon.

Pneumothorax sous tension : Forme particulière et parfois fatale de pneumothorax fermé. Il s'agit d'une affection menaçant le pronostic vital. L'air est emprisonné sous pression dans la cavité pleurale. Il provoque l'affaissement du poumon puis exerce une pression sur le coeur et l'autre poumon.

Si l'air n'est pas rapidement évacué, il en résultera une hypotension et le décès.

Causes

  • Perforation de la plèvre viscérale et fuite d'air provenant du poumon
  • Lésion pénétrante de la paroi thoracique, du diaphragme, du médiastin ou de l'oesophage
Facteurs de risque
  • Idiopathie (cause inconnue, accident spontané le plus souvent observé chez les individus qui sont grands, minces, de sexe masculin et fumeurs)
  • Maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) (rupture d'une bulle d'emphysème ou d'une bulle sous-pleurale d'emphysème)
  • Tuberculose
  • Fibrose kystique
  • Asthme
  • Tumeur du poumon
  • Transport en avion
  • Plongée
  • Exercice vigoureux spontané
  • Tabagisme
  • Plaie pénétrante au thorax (par exemple coup de couteau ou lésion par balle)
  • Lésion traumatique au thorax (par exemple fracture des côtes)

Symptomatologie

  • Traumatisme récent
  • MPOC connue
  • Jeune homme de grande taille, 20 à 40 ans (idiopathie)
  • Tabagisme
  • Apparition soudaine d'une douleur unilatérale à l'épaule ou à la poitrine
  • Dyspnée
  • Les symptômes peuvent apparaître plus lentement si l'affaissement du poumon est graduel et que l'organisme arrive à compenser partiellement.

Observations

Les signes physiques varient, selon l'importance de l'affaissement pulmonaire et le mécanisme à l'origine du pneumothorax.

  • Tachycardie
  • Tachypnée, dyspnée
  • Pression artérielle variable : normale ou basse
  • Détresse respiratoire légère ou grave, saturation en oxygène diminuée
  • Cyanose (signe tardif d'hypoxie)
  • On peut parfois sentir un déplacement d'air au-dessus d'une plaie thoracique ouverte.
  • Diminution des vibrations vocales/thoraciques
  • Hypersonorité (tonalité creuse au-dessus du pneumothorax)
  • Bruits respiratoires diminués ou absents au-dessus du pneumothorax

La trachée est déviée vers le côté où est localisé le pneumothorax ouvert ou fermé, mais elle est déviée de l'autre côté, s'il s'agit d'un pneumothorax sous tension. Le médiastin (pointe du coeur) est déplacé dans le même sens que la trachée.

Diagnostic différentiel

  • Pleurésie
  • Péricardite
  • Embolie pulmonaire
  • Infarctus du myocarde
  • Dissection de l'aorte
  • Hernie diaphragmatique

Tests diagnostiques

  • Radiographie pulmonaire (si réalisable) en position debout si possible, pour constater l'épanchement d'air à l'apex du poumon.

Traitement

Objectifs
  • Diminuer la pression dans l'espace pleural (pneumothorax sous tension)
  • Améliorer l'oxygénation
  • Favoriser la réexpansion du poumon affaissé
Consultation

Consultez un médecin dès que possible.

Traitement adjuvant
  • Administrez de l'oxygène à l'aide d'un masque sans réinspiration; réglez le débit de façon à maintenir la saturation en oxygène entre 97 % et 98 %.
  • Procédez au besoin à la ventilation assistée à l'aide d'un ballon ou d'un masque Ambu.
  • Amorcez le traitement intraveineux (IV) à l'aide d'un soluté physiologique pour garder la veine ouverte; s'il y a eu traumatisme, mettez en place deux voies d'accès. Utilisez un cathéter Angiocath de calibre 18 ou plus. Remplacez le sang perdu. (voir la section « État de choc » dans le chapitre Urgences générales et traumatismes majeurs).
Interventions non pharmacologiques

Pneumothorax sous tension

Ce trouble peut être fatal. Pour éviter l'augmentation de la pression, il faut immédiatement évacuer l'air en introduisant une aiguille de gros calibre dans la cavité pleurale.

Localisez la perforation.

  1. Localisez le deuxième espace intercostal sur la ligne médio-axillaire du côté du pneumothorax. (Comme des faisceaux de nerfs et des vaisseaux sanguins se situent sous les côtes, le fait de les piquer peut endommager les nerfs et causer une hémorragie importante. Assurez-vous que l'insertion est réalisée au-dessus de la troisième côte.)
  2. Nettoyez la région avec une solution de povidone iodée (Betadine) et assurez la stérilité du champ dans la mesure du possible.
  3. Insérez un angiocathéter de calibre 14 perpendiculairement à la peau, juste au-dessus de la troisième côte (dans le deuxième espace intercostal). Faites-le passer par-dessus la troisième côte jusque dans la cavité thoracique. Un « pop » devrait être entendu ainsi qu'une fuite d'air.
  4. Avancez le cathéter tout en retirant l'aiguille.
  5. Maintenez l'angiocathéter en place; attachez-le à une valve à soupape flottante s'il y a lieu.
  6. Fixez le cathéter au thorax avec des gazes et du diachylon.
  7. Surveillez le patient étroitement et poursuivez l'évaluation.

On recommande comme autre point d'insertion le quatrième ou cinquième espace intercostal sur la ligne médio-axillaire du côté du pneumothorax.

Pneumothorax ouvert

  • Couvrez la plaie du thorax à l'aide de gazes stériles que vous fixerez sur trois côtés à l'aide de diachylon.
  • Si un corps étranger (par exemple un couteau) est logé dans la paroi thoracique, ne le retirez pas; stabilisez-le et laissez-le en place, car il limite peut-être le saignement.
Surveillance et suivi
  • Gardez le client au repos.
  • Surveillez fréquemment les voies respiratoires, la respiration et la circulation et les bruits pulmonaires.
  • Surveillez les signes vitaux, assurez une surveillance continue de la saturation en O2 et installez un moniteur cardiaque (si possible)
Orientation vers d'autres ressources médicales

Procédez dès que possible à l'évacuation médicale. Idéalement, le médecin ou un autre professionnel de la santé formé devrait insérer un drain thoracique et raccordez-le à un système de drainage sous vide avant le transport du client, en particulier s'il est évacué par avion.

Obstruction aiguë des voies respiratoires par un corps étranger

Obstruction complète ou partielle des voies respiratoires par un corps étranger.

Causes

Aspiration (causée par le fait de manger trop vite ou de parler en mangeant, par des troubles neurologiques ou par des troubles de la motilité de l'oesophage).

Symptomatologie et observations

Obstruction partielle des voies respiratoires
  • Antécédents clairs d'aspiration soudaine
  • Symptômes de détresse respiratoire
  • Entrée d'air variant d'insuffisante à adéquate
  • Si l'entrée d'air est insuffisante, le client a du mal à parler, à respirer et à tousser; la toux est faible et inefficace; la détresse respiratoire est sévère.
  • Si l'entrée d'air est suffisante, le client peut tousser avec force, parler et respirer; entre les quintes de toux, on note souvent une respiration sifflante; le client ne présente pas de détresse respiratoire sévère.
Obstruction complète des voies respiratoires
  • Le client est incapable de parler ou de respirer.
  • Détresse respiratoire sévère
  • Le client porte généralement les mains à sa gorge, signe classique d'étouffement.
  • Le client perdra connaissance si les voies respiratoires ne sont pas rapidement dégagées.
  • La victime peut être inconsciente.
  • Cyanose

Diagnostic différentiel

  • Anaphylaxie avec oedème laryngé (allergie aiguë)
  • Traumatisme des voies respiratoires
  • Crise d'asthme aiguë
  • Épiglottite
  • Trachéite d'origine bactérienne
  • Toute affection pouvant entraîner une insuffisance respiratoire subite (par exemple accident vasculaire cérébral [AVC], épilepsie, infarctus du myocarde, intoxication médicamenteuse)

Complications

  • Rétention d'un fragment de corps étranger
  • Fracture des côtes ou lésions internes résultant des poussées abdominales
  • Aggravation de problèmes de santé préexistants
  • Décès

Management

Objectifs
  • Déloger et retirer le corps étranger
  • Améliorer l'oxygénation (évaluer les voies respiratoires et les maintenir dégagées)
Interventions non pharmacologiques
  • Effectuez des poussées abdominales ou thoraciques pour déloger le corps étranger.
  • Ne faites pas de poussées abdominales si la personne est capable de tousser fort, de respirer et de parler (signes qui dénotent que l'obstruction est partielle et que l'entrée d'air est suffisante); laissez la personne dégager spontanément ses voies respiratoires en toussant et en respirant.
Traitement adjuvant
  • Procédez au besoin à une ventilation assistée à l'aide d'un ballon ou d'un masque Ambu une fois les voies respiratoires dégagées.
  • Administrez de l'oxygène si c'est nécessaire une fois les voies respiratoires dégagées.
  • Amorcez un traitement IV avec du soluté physiologique normal pour garder la veine ouverte si la détresse respiratoire persiste.
  • En cas de détresse respiratoire, installez un moniteur cardiaque (si possible) pour déceler un arrêt cardiaque éventuel.
Surveillance et suivi

Surveillez le client pour voir si une détresse respiratoire apparaît (ce qui pourrait dénoter la rétention d'un fragment du corps étranger).

Consultation

Consultez un médecin le plus rapidement possible si la détresse respiratoire persiste (ce qui pourrait dénoter la rétention d'un fragment du corps étranger).

Orientation vers d'autres ressources médicales

Procédez à l'évacuation médicale du client pour qu'un médecin puisse évaluer et prendre en charge la détresse respiratoire persistante.

Embolie pulmonaire

Migration d'un caillot de sang dans l'arbre vasculaire pulmonaire, augmentation subséquente de la résistance vasculaire des poumons et obstruction possible de l'arrivée du sang au parenchyme.

Causes

  • Migration d'un caillot de sang formé dans une veine profonde des jambes ou du bassin
  • Embolie graisseuse (consécutive à une fracture du fémur ou du bassin), embolie gazeuse
Facteurs de risque
  • Repos au lit prolongé
  • Un déplacement aérien ou terrestre de longue durée peut être un facteur prédisposant
  • Immobilisation d'un membre après un traumatisme
  • Intervention chirurgicale récente
  • Insuffisance veineuse chronique
  • Âge avancé
  • Obésité
  • AVC
  • Grossesse
  • Insuffisance cardiaque congestive
  • Contraceptifs oraux/traitement hormonal substitutif
  • Cancer sous-jacent (en particulier l'adénocarcinome)
  • Traitement du cancer (chimiothérapie, hormones)

Symptomatologie

La gravité des symptômes varie considérablement. Les embolies pulmonaires peuvent se présenter sous la forme de trois syndromes différents.

Le coeur pulmonaire aigu (insuffisance cardiaque droite) est causé par un thrombus massif obstruant de 60 % à 75 % de la circulation pulmonaire.

L'infarctus pulmonaire survient chez les patients victimes d'une embolie massive et d'une obstruction complète d'une artère pulmonaire distale.

Une dyspnée aiguë inexpliquée survient chez les patients qui ne présentent pas de coeur pulmonaire ni d'infarctus.

  • Survenue brutale d'une dyspnée (c'est parfois le seul symptôme)
  • Douleur pleurétique au thorax dans les cas d'infarctus
  • Toux (rare)
  • Hémoptysie possible dans les cas d'infarctus
  • Syncope (perte de conscience) possible dans le cas de coeur pulmonaire
  • Douleurs aux jambes (peu fréquentes), enflure, rougeur ou pâleur
  • Anxiété

Les clients âgés peuvent présenter une dyspnée de plus en plus marquée, de la confusion et de l'agitation (dénotant une hypoxie).

Observations

Tout comme la symptomatologie, les signes physiques peuvent varier. Les résultats de l'examen peuvent être trompeurs (apparemment normaux) ou visiblement anormaux. Il faut envisager l'embolie pulmonaire chez toute personne qui présente une dyspnée inexpliquée.

  • Fréquence cardiaque accélérée
  • Fréquence respiratoire accélérée
  • Pression artérielle normale, élevée ou basse (coeur pulmonaire)
  • Détresse respiratoire légère ou grave, saturation en oxygène diminuée
  • Anxiété
  • Diaphorèse, pâleur et cyanose possibles
  • Distension des veines du cou dans les cas de coeur pulmonaire
  • OEdème périphérique possible dans les cas de coeur pulmonaire
  • Enflure et rougeur du mollet (peu fréquentes)
  • Sensibilité possible du mollet, mesurez le mollet
  • OEdème périphérique à godet dans certains cas
  • Possible matité à la percussion (dans les cas d'infarctus et en présence d'un épanchement pleural)
  • L'entrée d'air peut être réduite dans la région touchée.
  • Il peut y avoir des crépitations et une respiration sifflante (dans les cas d'infarctus).
  • Présence possible d'un bruit de galop S3 dans les cas de coeur pulmonaire
  • Un deuxième bruit cardiaque fort peut être audible.

Diagnostic différentiel

  • Insuffisance cardiaque congestive aiguë
  • Infarctus du myocarde
  • Pneumonie
  • Pleurésie virale
  • Péricardite

Complications

  • Infarctus pulmonaire
  • Coeur pulmonaire (insuffisance cardiaque droite)
  • Insuffisance cardiaque gauche avec oedème pulmonaire
  • Embolies à répétition
  • Décès

Tests diagnostiques

  • Électrocardiogramme : les résultats sont souvent normaux, sauf pour la tachycardie (non expliqués par la présence de fièvre ou de déshydratation), mais ils peuvent permettre d'écarter une ischémie myocardique.
  • Radiographie thoracique (fréquemment normale) possiblement légers épanchements pleuraux, atélectasie, élévation d'un hémidiaphragme

Traitement

Objectifs
  • Prévenir le décès
  • Dissoudre le thrombus
  • Prévenir d'autres embolies
Consultation

Consultez un médecin dès que possible.

Traitement adjuvant
  • Administrez de l'oxygène à l'aide d'un masque sans réinspiration; maintenez la saturation en oxygène entre 97 % et 98 %.
  • Amorcez un traitement IV à l'aide de soluté physiologique; réglez le débit de perfusion de manière à maintenir l'équilibre hydrique.
  • En cas d'hypotension, réanimez le patient en administrant des volumes liquidiens appropriés.
Interventions non pharmacologiques

Repos au lit.

Interventions pharmacologiques

Consultez un médecin à propos du traitement initial par des anticoagulants à l'aide de doses thérapeutiques d'héparine de faible poids moléculaire.

 énoxaparine (Lovenox) : 1 mg par kg (environ 0,5 mg par livre) deux fois par jour ou 1,5 mg par kg (environ 0,8 mg par livre) une fois par jour, SC, pour les thrombus existants.

L'administration devrait alterner entre la paroi abdominale antérieure gauche et droite, et devrait se faire vers les côtés.

La dose d'énoxaparine est plus faible chez les patients ayant une grave insuffisance rénale.

Les effets des médicaments qui augmentent le risque d'hémorragie s'ajouteront au risque de saignement associé à l'enoxaparine. Parmi ces médicaments figurent l'aspirine, le  clopidogrel (Plavix) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme  l'ibuprofène (Motrin, Advil), le  naproxène (Naprosyn), le  diclofénac (Voltaren).

GROSSESSE : L'énoxaparine ne traverse pas le placenta, et rien n'indique des effets sur le foetus. Ce médicament est souvent utilisé pendant la grossesse comme solution de rechange aux anticoagulants oraux comme la  warfarine (Coumadin), qui n'est pas sans danger pendant la grossesse.

ALLAITEMENT : Il existe quelques données sur les effets de l'enoxaparine sur la lactation. Cependant, en raison de poids moléculaire relativement élevé, et de son inactivation dans le tube digestif, on juge que son passage dans le lait maternel et le risque qu'il pose au nourrisson allaité sont négligeablesNote de bas de page 9.

Surveillance et suivi
  • Vérifiez souvent les voies respiratoires, la respiration la circulation et les signaux vitaux s'ils sont anormaux.
  • Évaluez régulièrement les bruits pulmonaires pour déceler tout signe d'insuffisance cardiaque.
  • Consultez un médecin au sujet de la numération sanguine complète et des valeurs de départ de l'INR (possiblement type et dépistage) avant d'amorcer le traitement anticoagulant.
Orientation vers d'autres ressources médicales

Procédez dès que possible à l'évacuation médicale.

Si le client présente des signes d'œdème pulmonaire, voir la section « OEdème pulmonaire » dans le chapitre 4 « Appareil cardiovasculaire ».

Inhalation de substances toxiques

Inhalation de gaz, de vapeurs ou de particules toxiques.

Causes

  • Incendies domestiques
  • Fuite du silencieux d'un véhicule à moteur
  • Tentative de suicide
  • Exposition professionnelle à des produits chimiques
  • Agents : monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, gaz toxiques, sous-produits toxiques de la combustion de matières plastiques, propane, solvants, essence, colle, nettoyant à clavier, substance désodorisante, désinfectant pour les mains.

Symptomatologie

  • Exposition à l'un des agents énumérés ci-dessus
  • Toux et expectorations (parfois noires)
  • Dyspnée
  • Gorge irritée, voix enrouée
  • Altération de l'état de conscience ou confusion avant l'arrivée

Observations

  • Fréquence cardiaque accélérée
  • Présence possible d'arythmie cardiaque
  • Fréquence respiratoire accélérée
  • Élévation possible de la pression artérielle ou hypotension
  • La saturation en oxygène à l'aide d'un oxymètre de pouls n'est pas une mesure exacte de l'intoxication par le monoxyde de carbone
  • Dans les cas d'intoxication au monoxyde de carbone, l'oxymètre de pouls ne permet pas de mesurer avec exactitude la saturation en oxygène.
  • État de conscience variable
  • Détresse respiratoire plus ou moins marquée
  • Brûlures au visage, sourcils et poils du nez roussis
  • Présence de suie autour du nez ou dans les narines
  • Irritation des muqueuses ou brûlures thermiques de la bouche avec présence d'érythème et dépôts de carbone (suie)
  • Autres brûlures cutanées
  • Irritation des muqueuses (yeux)
  • Diminution possible de l'entrée d'air
  • Présence possible d'une respiration sifflante (wheezing)
  • Stridor ou respiration sifflante possible
  • Un visage rouge cerise est caractéristique de l'intoxication par le monoxyde de carbone.

Diagnostic différentiel

  • Surdose de drogue
  • État d'ébriété

Complications

  • Bronchospasme
  • OEdème pulmonaire
  • OEdème laryngé aigu
  • Obstruction des voies respiratoires supérieures
  • Aggravation d'une maladie cardiaque ou pulmonaire préexistante
  • Arythmie et décès

Tests diagnostiques

  • Radiographie pulmonaire (si possible), mais seulement si les résultats sont susceptibles de vous amener à ne pas envoyer le client à l'hôpital.

Traitement

Objectifs
  • Améliorer l'oxygénation, protéger les voies respiratoires
  • Déceler toute lésion aux poumons

Le patient peut de prime abord sembler stable, mais son état peut se détériorer en cas de lésion aux voies respiratoires (par exemple, l'inhalation de fumée peut causer ultérieurement un œdème et une inflammation, puis les voies s'obstruent et peuvent nécessiter une intubation).

Consultation

Consultez un médecin dès que possible.

Traitement adjuvant
  • Administrez de l'oxygène à l'aide d'un masque sans réinspiration; ajustez le débit pour maintenir la saturation en oxygène entre 97 % et 98 %
  • Dans les cas d'intoxication au monoxyde de carbone, il faut augmenter le débit d'oxygène. Consultez un médecin.
  • Amorcez un traitement IV avec du soluté physiologique normal; ajustez le débit en fonction de l'état d'hydratation du patient.
  • Surveillance cardiaque à l'aide d'un moniteur, si possible
Interventions pharmacologiques

Le bronchospasme se traite à l'aide de salbutamol en inhalation (Ventolin).

Surveillance et suivi

Surveillez de près les voies respiratoires, la respiration, la circulation et les bruits pulmonaires. Si l'état du patient se détériore, celui-ci peut avoir besoin de ventilation assistée à l'aide d'un ballon Ambu ou d'une intubation.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Procédez dès que possible à l'évacuation médicale.

Sources

Les adresses Internet étaient valides en janvier 2010

Manuels et monographies

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