Soins des enfants et des adolescents - Chapitre 18 - Maladies transmissibles

Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI).

Le contenu de ce chapitre a été mis à jour en février 2017.

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Table des matières

Introduction

Évaluation des maladies transmissibles

Anamnèse et revue des systèmes

Si on soupçonne l'existence d'une maladie transmissible, il faut faire une anamnèse détaillée. Comme les microorganismes peuvent affecter n'importe quel système ou appareil, un examen rigoureux de chacun d'eux est indiqué. Certains des symptômes les plus courants sont énumérés ci-dessous.

Mettre l'accent sur les éléments suivants :

  • Apparition (date et heure) et durée de la maladie
  • Fièvre, frissons
  • Douleur
  • Éruption cutanée : siège, couleur, texture
  • Atteinte des muqueuses ou de la conjonctive
  • Coryza (rhume de cerveau)
  • Toux
  • Mal de gorge
  • Ptyalisme
  • Vomissements
  • Diarrhée
  • État de conscience
  • Irritabilité
  • Convulsions
  • Contact avec une personne présentant des symptômes semblables ou souffrant d'une maladie transmissible
  • Antécédents de voyage (plus précisément, voyage récent dans une région où une maladie transmissible est endémique)
  • Antécédents liés aux habitudes alimentaires : poisson cru; viande crue, mal cuite ou mal conservée
  • Antécédents vaccinaux

Examen physique

Comme bon nombre de maladies transmissibles touchent plus d'un système ou appareil, un examen minutieux et complet est indiqué. Les signes les plus couramment observés sont les suivants.

Signes vitaux
  • Température
  • Fréquence cardiaque
  • Fréquence respiratoire
  • Saturation en oxygène
  • Tension artérielle
Inspection
Palpation
  • Fontanelle (chez les nourrissons) : taille, consistance
  • Raideur de la nuque
  • Caractéristiques tactiles de l'éruption cutanée
  • Adénopathie
  • Hépato-splénomégalie
  • Mobilité articulaire
  • Signe du pli cutané et hydratation
Auscultation (cœur et poumons)
  • Murmure vésiculaire
  • Crépitations
  • Respiration sifflante
  • Stridor
  • Bruits du cœur
  • Frottement pleural ou péricardique
  • Souffles

Exanthèmes contagieux (éruptions cutanées)

Un exanthème contagieux est une éruption cutanée qui apparaît subitement en association avec certaines infections. Largement disséminé et réparti symétriquement sur le corps de l'enfant, l'exanthème consiste en des taches rouges distinctes ou confluentes, saillantes (papules) ou non (macules), qui ne sont pas squameuses (du moins, pas au départ).

Les maladies qui se manifestent d'abord par un exanthème peuvent être causées par une bactérie, un virus ou une réaction à un médicament.

Certains exanthèmes sont accompagnés de lésions buccales, les plus connues étant les taches de Koplik (signes avant-coureur de la rougeole) et les lésions buccales présentes dans les cas de la maladie mains-pieds-bouche.

Bon nombre d'infections virales de l'enfance sont caractérisées par un exanthème qui apparaît vers la fin de l'évolution de la maladie. Souvent, l'exanthème apparaît au niveau de la tête, après quoi il descend le long du corps jusqu'aux extrémités. Habituellement, l'apparition de l'exanthème coïncide avec la baisse de la fièvre associée à l'infection, et l'enfant commence à se sentir beaucoup mieux. De nombreuses maladies virales s'accompagnent d'un exanthème qui aide à établir le diagnostic (par exemple, rougeole, rubéole, érythème infectieux aigu, roséole infantile, et varicelle) mais, pour la plupart des maladies virales, les exanthèmes sont trop variés pour permettre un diagnostic précis. C'est pourquoi les professionnels de la santé se contentent souvent de dire au client qu'il s'agit d'un virus. Il est primordial de procéder à une anamnèse complète et à un examen physique rigoureux pour éliminer des causes plus graves de l'exanthème.

Varicelle

Aperçu

Consulter les lignes directrices provinciales/territoriales traitant de la varicelle, là où elles sont disponibles.

La varicelle est une infection primaire causée par le virus varicelle-zona (VVZ) et est considérée comme étant spontanément résolutive chez les enfants autrement en bonne santéNote de bas de page 1. Le degré de gravité de la varicelle peut varier; la personne infectée peut être très légèrement touchée et n'avoir que quelques lésions, ou encore être gravement atteinte, faire de la fièvre et présenter une éruption généraliséeNote de bas de page 2. En règle générale, le risque de varicelle grave augmente avec l'âgeNote de bas de page 1. La varicelle-zona peut être prévenue par un vaccinNote de bas de page 2.

Cause

Virus varicelle-zona (VVZ)Note de bas de page 2

Transmission

  • La varicelle est transmise de personne à personne, par des particules aéroportées provenant des voies respiratoires ou par contact direct avec le fluide des lésions cutanéesNote de bas de page 2

Période d'incubation

Enfants
Enfants dont la mère avait une varicelle active au moment de l'accouchement

Contagiosité

La varicelle est très contagieuse; la période de contagion commence 1 ou 2 jours avant l'apparition de l'éruption et dure jusqu'à la formation d'une croûte sur toutes les lésionsNote de bas de page 2.

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

Les personnes susceptibles à la varicelle risquent d'attraper la varicelle-zona lorsqu'elles sont exposées à une personne qui :

  • est contagieuse et propage le virus varicelle-zona
  • est atteinte d'herpès zoster (zona), une affection qui appartient à la famille des herpèsvirus et qui découle de la réactivation du VVZ latentNote de bas de page 4

Les personnes appartenant aux groupes suivants sont plus susceptibles d'être atteintes de complications ou d'une varicelle graveNote de bas de page 1 :

  • Adolescents et adultes
  • Personnes immunodéficientes
  • Femmes enceintes
  • Les fœtus exposés à la varicelle maternelle durant les 20 premières semaines de grossesse présentent un risque de syndrome de varicelle congénitale par infection transplacentaire
  • Les nouveau-nés présentent un risque plus élevé si l'éruption liée à la varicelle-zona de la mère apparaît durant la période allant de 5 jours avant l'accouchement à 2 jours aprèsNote de bas de page 5Note de bas de page 6

Pour de plus amples renseignements sur les risques associés à la varicelle maternelle, consulter le Tableau 1 : Traitement des personnes susceptibles* exposées à la varicelle à l'Annexe A, Section A de ce guide.

Anamnèse

  • Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse.
  • Obtenir les antécédents d'exposition et de vaccination (c.-à-d. immunisation complète au moyen de 2 doses de vaccin contre le virus varicelle-zona)
  • Faible fièvre, suivie de symptômes bénins (p. ex. maux de tête, écoulement nasal, sensation générale de malaise)Note de bas de page 2
  • Une éruption cutanée qui apparaît généralement d'abord sur le cuir chevelu, puis sur les extrémités et le troncNote de bas de page 4
  • L'éruption cutanée est généralisée et pruritique, et progresse rapidementNote de bas de page 4

Examen physique

Effectuer un examen physique en utilisant l'approche IPPA.

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Complications

Les complications sont plus courantes chez les adolescents, les adultes et les personnes immunodéficientesNote de bas de page 1.

  • Infections bactériennes secondaires de la peau et des tissus mous
  • Infection invasive à streptocoque du groupe A (SGA) grave (la varicelle accroît de 40 à 60 fois le risque d'infection invasive à SGA chez les enfants auparavant en bonne santé; cela comprend la fasciite nécrosante et le syndrome du choc toxique)
  • Bactériémie
  • Pneumonie
  • Ostéomyélite
  • Arthrite septique
  • Ataxie cérébelleuse
  • Accident vasculaire cérébral
  • Encéphalite

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests.

Laboratoire

Les tests devraient être effectués conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales. Les tests diagnostiques ci-dessous sont à considérer.

  • La varicelle peut généralement être diagnostiquée par un examen clinique. Des tests diagnostiques ne sont pas nécessaires lorsque le client présente les symptômes typiques. Des tests de laboratoire devraient toutefois être considérés dans les cas suivants :
    • Éruption atypique chez une personne immunodéficiente
    • Possibilité de maladie disséminée chez une personne immunodéficiente sans lésions cutanéesNote de bas de page 8
  • Les échantillons à analyser peuvent provenir du liquide ou des lésions vésiculaires et des sécrétions respiratoires (s'il y a infiltrats pulmonaires)Note de bas de page 9
  • Le test qui permet généralement de confirmer le diagnostic de VVZ est une culture viraleNote de bas de page 9
  • S'ils sont disponibles, des tests de diagnostic rapide comme l'immunofluorescence directe ou la méthode PCR peuvent être demandés, en consultation avec un médecin / une infirmière praticienneNote de bas de page 8
  • Il importe de déterminer les antécédents en matière de vaccination contre la varicelle et d'épisodes de la maladie chez les femmes enceintes et les personnes immunodéficientes exposées à la varicelle
    • En l'absence d'antécédents, l'immunité doit être évaluée le plus rapidement possible à l'aide d'un test sérologique (IgG)Note de bas de page 1

Pour de plus amples renseignements sur le test sérologique post-exposition, consulter le Tableau 1 : Traitement des personnes susceptibles exposées à la varicelle à l'Annexe A, Section A de ce guide.

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

  • Offrir des soins de confort
  • Soulager les symptômes
  • Prévenir la transmission de la maladie
  • Prévenir les complications

Interventions non-pharmacologiques

Enseignement au client
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s)/client :
    • comment assurer un certain confort et empêcher l'infection de s'étendre
    • dans quelles circonstances il faut revenir au poste de soins infirmiers
    • l'importance de tenir les ongles courts afin de prévenir le grattage et l'infectionNote de bas de page 10
    • qu'il faut laver ou désinfecter les articles qui pourraient avoir été souillés par le liquide vésiculaire ou par des sécrétions du nez ou de la gorgeNote de bas de page 2
  • Il importe que l'enfant atteint de la varicelle ne se rende pas à la garderie, à l'école ou dans des lieux publics, sauf si :
    • l'infection est bénigne (p. ex. faible fièvre sur une courte période, éruption comptant moins de 30 lésions)Note de bas de page 11
    • les dernières lésions ont formé une croûteNote de bas de page 2
    • l'enfant se sent assez bien pour participer à toutes les activités
    • la garderie ou l'école approuve le retour de l'enfant
  • Pour soulager les démangeaisons :
  • Le client ne devrait pas recevoir d'acide acétylsalicylique (AAS) ni tout autre produit contenant de l'AAS. L'AAS augmente le risque de contracter le syndrome de Reye, qui peut endommager le foie et le cerveauNote de bas de page 11
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s)/client l'utilisation appropriée des médicaments, soit la posologie, la fréquence, l'importance de l'adhérence au traitement, les effets secondaires éventuels et les interactions médicamenteuses possibles

Pour de plus amples renseignements sur les soins à prodiguer à un enfant atteint de la varicelle, consulter la brochure de la Société canadienne de pédiatrie Soins de nos enfants – La varicelle.

Prévention durant la grossesse
  • Conseiller aux clientes enceintes qui n'ont pas déjà eu la varicelle ou que l'on sait séronégatives pour la varicelle :
    • D'éviter tout contact avec une personne ayant la varicelle ou le zona durant la grossesse
    • D'informer immédiatement un travailleur de la santé de toute exposition potentielleNote de bas de page 12

Pour de plus amples renseignements sur la prévention de l'infection, consulter la rubrique Prévention à l'Annexe A, Section A de ce guide de pratique.

Interventions pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial avant d'initier une thérapie.

Analgésiques/antipyrétiques

N.B. : Puisque les nouveau-nés et les nourrissons de moins de 3 mois sont moins capables de générer une réponse fébrile, il est plus probable qu'il s'agisse d'une maladie grave s'ils deviennent fébrilesNote de bas de page 13Note de bas de page 14. Consulter le médecin / l'infirmière praticienne, particulièrement s'il s'agit d'un enfant de moins de 3 mois.

AcétaminophèneNote de bas de page 15Note de bas de page 16
  • Acétaminophène 10 à 15 mg/kg/dose PO q4 à 6 h PRN
  • Maximum selon toutes les sources : acétaminophène 75 mg/kg en 24 heures ou 4 000 mg en 24 heures, selon la plus faible de ces valeurs
IbuprofèneNote de bas de page 24
  • Nourrissons de moins de 6 mois
    • Les données sont limitées pour les nourrissons
  • Enfants de 6 mois à 12 ans
    • Ibuprofène 5 à 10 mg/kg/dose PO toutes les 6 à 8 heures PRN
    • Maximum de 400 mg par dose*
  • Enfants de plus de 12 ans
    • Ibuprofène 200 à 400 mg/dose PO q4 à 6 h PRN*
  • *Maximum selon toutes les sources et pour tous les âges :
    • Ibuprofène 40 mg/kg /jour ou 1 200 mg par jour selon la plus faible de ces valeurs. Sous la supervision d'un médecin ou d'une infirmière praticienne, des doses quotidiennes ≤2 400 mg peuvent être administrées
Antihistaminique/antipruritiqueNote de bas de page 17Note de bas de page 18Note de bas de page 25
  • Les preuves à l'appui de l'utilité d'antihistaminiques systémiques sont minces
  • Il convient d'évaluer les avantages par rapport aux risquesNote de bas de page 19
  • L'un des antihistaminiques énumérés ci-dessous peut être considéré pour soulager les démangeaisons

N.B. : La diphenhydrAMINE peut causer la sédation ou de l'excitation paradoxale chez les enfants.

diphenhydrAMINE

Posologie selon le poids

  • diphenhydrAMINE (BenadrylMC) 5 mg/kg/jour, divisés en 3 ou 4 doses
  • Maximum de 300 mg par jour

Posologie selon l'âge

  • Enfants de 2 ans à moins de 6 ans
    • diphenhydrAMINE (BenadrylMC) 6,25 mg PO q4 à 6 h PRN
    • Maximum de 37,5 mg en 24 heures
  • Enfants de 6 ans à moins de 12 ans
    • diphenhydrAMINE (BenadrylMC) 12,5 à 25 mg PO q4 à 6 h PRN
    • Maximum de 150 mg en 24 heures
  • Enfants de 12 ans ou plus
    • diphenhydrAMINE (BenadrylMC) 25 à 50 mg PO q4 à 6 h PRN
    • Maximum de 300 mg en 24 heures
Cétirizine
  • Enfants de 2 à 5 ans
    • Cétirizine 2,5 mg PO une fois par jour PRN
    • Maximum de 2,5 mg BID ou 5 mg une fois par jour
  • Enfants de 6 ans ou plus
    • Cétirizine 5 à 10 mg PO une fois par jour PRN
    • Maximum de 10 mg en 24 heures
Antiviral
Enfants de moins de 12 ans, en bonne santé et immunocompétents atteints de la varicelle
Clients immunodéficients gravement atteints de la varicelle
Initiation d'un traitement à l'acyclovir Note de bas de page 26
  • Le traitement à l'acyclovir doit être initié dans les 24 suivant l'apparition de l'éruption, si possibleNote de bas de page 3. De plus, chez l'hôte immunodéficient, la réplication virale cesse généralement 72 heures après l'apparition de l'éruption
  • Consulter le médecin / l'infirmière praticienne pour de plus amples directives
Prise en charge après l'exposition
Vaccin contre la varicelleNote de bas de page 1
  • Le vaccin monovalent contre la varicelle – administré dans les plus brefs délais et dans les 3 à 5 jours suivants l'exposition – s'est révélé efficace à environ 90 % pour prévenir la maladie ou en réduire la gravité. Il s'agit du traitement post-exposition privilégié dans le cas d'une personne susceptible, en bonne santé et non enceinte
Nourrissons en bonne santé de moins de 12 mois
  • Le vaccin contre la varicelle n'est pas indiqué pour le traitement post-exposition des nourrissons de moins de 12 mois en bonne santé, puisqu'ils sont généralement protégés par les anticorps maternels
Personnes de moins de 50 ans
  • Les personnes n'ayant reçu qu'une seule dose d'un vaccin contenant la varicelle devraient en recevoir une deuxième doseNote de bas de page 1
Immunoglobulines contre la varicelle-zona (VarIg)Note de bas de page 22
  • L'administration de VarIg dans les 4 jours (96 heures) suivant la dernière exposition au virus varicelle-zona peut être recommandée pour certains groupes susceptibles afin de prévenir ou de réduire la gravité de l'infection
  • La protection conférée par les VarIg dure environ 3 semaines. Une nouvelle dose doit être administrée s'il y a exposition subséquente plus de 3 semaines après l'administration de la dose initiale et que tous les critères pour l'administration de VarIg sont satisfaits
  • Les quatre critères suivants doivent être satisfaits pour l'administration de VarIg :
    1. La personne exposée est susceptible à la varicelle. Pour de plus amples renseignements sur la susceptibilité et l'immunité, consulter l'Annexe A, Section A de ce guide
    2. La personne a été exposée de façon importante à une personne ayant la varicelle ou le zona. Pour connaître la définition d' « exposition importante » à la VVZ, consulter l'Annexe A, Section A de ce guide
    3. La personne exposée présente un risque accru de varicelle grave. Pour une description des personnes présentant un risque accru de varicelle grave, consulter l'Annexe A, Section A de ce guide
    4. L'immunisation post-exposition par un vaccin monovalent contre la varicelle est contre-indiqué
  • Consulter le médecin de la santé publique responsable si des VarIg doivent être administrés
  • Les VarIg sont généralement administrés en une seule dose IM
  • Il pourrait être nécessaire de prendre des mesures pour que le client soit transféré afin de recevoir le traitement
  • Pour de plus amples renseignements sur les critères d'administration de VarIg, consulter le Guide canadien d'immunisation : Partie 5 – Agents d'immunisation passive
  • Pour consulter la monographie du médicament VariZIG, faire une recherche sur l'ingrédient actif « varicelle » dans la base de données sur les produits pharmaceutiques de Santé Canada

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Surveillance

  • Surveiller les signes vitaux selon l'état du client
  • Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie

Suivi

  • Prendre les mesures nécessaires pour un rendez-vous de suivi, pour une évaluation du client dans 1 semaine
  • Conseiller au(x) parent(s)/soignant(s) de ramener le client à la clinique pour un examen plus approfondi si les signes et symptômes de la maladie ne s'améliorent pas ou si des complications surviennent
  • Si l'état d'immunisation d'un contact étroit est incomplet, il convient de prendre les mesures pour l'administration d'un vaccin contre la varicelle
  • Surveiller l'apparition d'autres cas de varicelle dans la collectivité
Orientation vers d'autres ressources médicales
  • Une orientation vers d'autres ressources médicales n'est généralement pas nécessaire, sauf en cas de complication ou si le client est une femme enceinte ou une personne immunodéficiente
  • Prévoir une évacuation médicale si c'est cliniquement indiqué
  • Coordonner les demandes de consultation, le cas échant
Déclaration
  • Les cas soupçonnés et confirmés doivent être signalés au médecin de la santé publique conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales
  • Si dans les 7 à 21 jours suivant l'administration d'un vaccin contenant la varicelle, la maladie se manifeste de façon modérée (50 à 500 lésions) ou grave (plus de 500 lésions vésiculaires, complications ou admission à l'hôpital), on considère qu'il s'agit d'un effet secondaire suivant l'immunisation qui doit être signalé au médecin hygiéniste provincial/territorialNote de bas de page 1

Annexe A

Section A : informations supplémentaires pour la prise en charge

Susceptibilité et immunitéNote de bas de page 1
Personnes nées avant 2004
  • Pour les personnes nées avant 2004 (à l'exception des travailleurs de la santé), les antécédents autodéclarés concernant la varicelle sont considérés comme fiables
Les enfants nés en 2004 ou après (et travailleurs de la santé)
  • Un diagnostic de varicelle ou de zona posé par un fournisseur de soins de santé est nécessaire pour que les renseignements sur les antécédents de varicelle soient considérés comme fiablesNote de bas de page 1
Les personnes considérées comme étant immunisées contre la varicelle doivent fournir l'un des éléments suivants :
  • Personnes nées avant 2004 (sauf les travailleurs de la santé) Antécédents autodéclarés de varicelle
  • Personnes nées en 2004 ou après (et travailleurs de la santé) Un diagnostic de varicelle ou de zona posé par un fournisseur de soins de santé est requis
  • Preuve écrite d'immunisation au moyen de deux doses d'un vaccin contenant la varicelle
  • Résultats de tests de laboratoire confirmant l'infection à la varicelle
  • Résultats de tests de laboratoire confirmant l'immunité
Les personnes qui ne peuvent fournir aucun des éléments susmentionnés sont considérées comme étant susceptibles à la varicelle.

Les personnes ayant reçu une greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH) doivent être considérées comme susceptibles à la varicelle après la greffe, quels que soient les antécédents de maladie ou de vaccination et malgré des résultats positifs aux tests sérologiques.

Exposition importante au virus varicelle-zonaNote de bas de page 1

Les situations suivantes sont considérées comme constituant des expositions importantes au VVZ à la suite d'un contact avec une personne ayant la varicelle :

  • Avoir un contact familial continu avec une personne ayant la varicelle (c.-à-d. vivre dans le même logement)
  • Se trouver pendant plus d'une heure dans une pièce fermée où se trouve aussi une personne ayant la varicelle
  • Être dans la même chambre d'hôpital qu'une personne ayant la varicelle pendant plus d'une heure, ou être en contact direct face-à-face avec une personne atteinte pendant plus de 15 minutes
  • Toucher les lésions ou des objets fraîchement souillés par le liquide des vésicules d'une personne ayant une varicelle active

Les situations suivantes sont considérées comme des expositions importantes au VVZ à la suite d'un contact avec une personne ayant le zona :

  • Avoir un contact familial continu (c.-à-d. vivre dans le même logement) avec une personne immunodéficiente ayant le zona ou avec une personne atteinte de zona disséminé avant qu'elle reçoive un traitement antiviral ou dans les 24 heures suivant le traitement
  • Se trouver pendant plus d'une heure dans une pièce fermée où se trouve aussi une personne immunodéficiente ayant le zona ou une personne atteinte de zona disséminé avant qu'elle reçoive un traitement antiviral ou dans les 24 heures suivant le traitement
  • Se trouver pendant plus d'une heure dans une chambre d'hôpital avec une personne immunodéficiente ayant le zona ou une personne atteinte de zona disséminé avant qu'elle reçoive un traitement antiviral ou dans les 24 heures suivant le traitement ou avoir un contact face-à-face pendant 15 minutes avec une telle personne
  • Toucher les lésions ou des objets fraîchement souillés par le liquide des vésicules d'une personne ayant un zona actif
Personnes présentant un risque accru de varicelle grave

Les personnes suivantes présentent un risque accru de varicelle grave :

  • Les personnes qui touchent les lésions ou les vêtements fraîchement souillés par le liquide contenu dans les vésicules d'une personne ayant un zona actif
  • Les nouveau-nés dont la mère présente des symptômes de varicelle dans les 5 jours précédant l'accouchement jusqu'à 48 heures après
  • Les nouveau-nés gardés au service de soins intensifs nés à moins de 28 semaines de gestation ou pesant 1 000 g ou moins à la naissance, quel que soit l'état d'immunisation de la mère;
  • Les femmes enceintes susceptibles
  • Les personnes immunodéficients susceptibles, y compris les personnes infectées par le VIH dont la numération des lymphocytes CD4 est <200 × 106/l ou dont le pourcentage des lymphocytes CD4 est <15 %

Les personnes ayant reçu une greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH), quels que soient l'état d'immunisation contre la varicelle avant la greffe ou les antécédents d'immunisation après la greffe – qu'il s'agisse d'un épisode de varicelle, d'une vaccination ou de résultats positifs à un test sérologique.

Tableau 1 - Prise en charge des sujets susceptibles* après une exposition à la varicelleNote de bas de page 1
Intervention post-exposition Personne en bonne santé, non enceinte** Femme enceinte Personne immunodéficiente ****
Administrer un vaccin contre la varicelle Oui Non Non
Prélever des échantillons pour un test d'IgG contre le VVZ Non Oui Oui
Si le test d'IgG contre le VVZ est négatif, administrer des immunoglobulines contre la varicelle-zona*** Sans objet Oui Oui

* Voir la rubrique Susceptibilité et immunité.

** Voir la rubrique portant sur les VarIg ou sur les nouveau-nés d'une mère ayant présenté des symptômes de varicelle dans les 5 jours précédant l'accouchement et jusqu'à 48 heures après.

*** Si les résultats des tests sérologiques ne peuvent pas être obtenus dans les 96 heures, administrer des immunoglobulines contre la varicelle-zona.

**** Si le client a reçu une greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH), administrer des VarIg quel que soit le résultat des IgG VVZ.

D'après Guide canadien d'immunisation : Partie 4 - Agents d'immunisation active - Vaccin contre la varicelle - Tableau 1 : Prise en charge des sujets susceptibles* après une exposition à la varicelle.

Pour de plus amples renseignements sur le vaccin contre la varicelle, consulter les documents suivants :

Population spécifique : femmes enceintes
  • Consulter un médecin / une infirmière praticienne pour obtenir d'autres directives lorsqu'une femme enceinte a été exposée à la varicelle
  • Les femmes enceintes exposées à la varicelle doivent être évaluées afin de déterminer les antécédents en matière de vaccination contre la varicelle ou de maladie. En l'absence d'antécédents, l'immunité doit être évaluée au moyen d'un test sérologique (IgG contre le virus varicelle-zona)Note de bas de page 1
  • Si les résultats des tests sérologiques sont négatifs ou ne peuvent pas être obtenus dans les 96 heures suivant l'exposition, il convient d'administrer des immunoglobulines contre la varicelle-zona (VarIg)Note de bas de page 5
  • Il est contre-indiqué d'administrer un vaccin contre la varicelle à une femme enceinteNote de bas de page 5
  • B. : Les femmes susceptibles doivent recevoir un vaccin contre la varicelle dans un délai approprié après l'accouchement (au moins 5 mois après l'administration de VarIg, pour éviter de réduire l'efficacité du vaccin)Note de bas de page 1
  • Les femmes qui attrapent la varicelle durant leur grossesse présentent un risque de séquelles maternelles et fœtales, notamment une pneumonite maternelle et des malformations congénitalesNote de bas de page 5. Consulter un médecin / une infirmière praticienne pour obtenir une consultation avec un obstétricien / gynécologue
Recommandations concernant l'administration d'acyclovir aux personnes immunocompétentes présentant un risque de varicelle modérée ou grave
  • Des études montrent que l'acyclovir inhibe la réplication du virusNote de bas de page 9
  • L'administration d'acyclovir par voie orale n'est pas recommandée pour le traitement habituel des enfants ayant la varicelle mais autrement en bonne santé. Toutefois, ce médicament peut être indiqué pour traiter les personnes présentant un risque de varicelle modérée ou grave, par exemple :
    • Les personnes non vaccinées âgées de plus de 12 ansNote de bas de page 3
    • Les personnes ayant un trouble cutané ou pulmonaire chroniqueNote de bas de page 3
    • Les personnes recevant un traitement aux salicylates à long termeNote de bas de page 3
    • Les personnes qui prennent des corticostéroïdes à court terme, de façon intermittente ou en aérosolNote de bas de page 3
    • Les femmes enceintes ayant une infection importante à la varicelle (s'il y a progression vers une pneumonite varicelleuse, l'admission à l'hôpital et l'administration d'acyclovir IV sont recommandées)Note de bas de page 5
  • Certains spécialistes recommandent aussi l'administration d'acyclovir par voie orale pour les cas secondaires dans la famille, chez qui la maladie est souvent plus grave que chez le cas primaireNote de bas de page 3

N.B. : S'il n'est pas possible d'obtenir de l'acyclovir en suspension, on peut couper des comprimés pour administrer une dose plus exacte. Les comprimés peuvent être écrasés pour les enfants qui ne peuvent pas les avaler entiers.

  • On administre de l'acyclovir IV aux personnes ayant une grave infection à VVZ ou présentant un risque élevé d'infection graveNote de bas de page 9
Prévention
  • Un calendrier de vaccination à 2 doses est recommandé pour les enfants afin de rehausser la lutte contre la varicelle et de réduire le nombre de cas de varicelle chez les vaccinés
    • La première dose doit être administrée entre 12 et 15 mois
    • La deuxième dose doit être administrée à l'âge de 18 mois ou plus, mais avant que l'enfant commence à fréquenter l'école. Il peut s'agir d'un vaccin combinant la varicelle et le trio rougeole-oreillons-rubéole (ROR)Note de bas de page 1
  • Les enfants qui ont déjà reçu un diagnostic par un clinicien ou qui ont des antécédents confirmés de varicelle typique sont présumés immunisés contre la varicelle
  • Plusieurs vaccins contenant une souche du virus de la varicelle vivant et atténué sont autorisés au Canada (p. ex. Varivax IIINote de bas de page 23)

Pour de plus amples renseignements sur les vaccins contre la varicelle, consulter le manuel d'immunisation régional et la dernière version du Guide canadien d'immunisation sur les vaccins contre la varicelle.

Varicelle des vaccinés

Des cas de varicelle subclinique ont été signalés chez des sujets vaccinésNote de bas de page 3Note de bas de page 4.

Diphtérie

Aperçu

Consulter les directives provinciales/territoriales traitant de la diphtérie, là où elles sont disponibles.

La diphtérie est une maladie infectieuse aiguë causée par une toxine, et touche les muqueuses (principalement celles des voies respiratoires supérieures) et la peau. Les sièges d'infection diphtérique les plus courants sont le pharynx et les amygdalesNote de bas de page 27.

La diphtérie peut être prévenue par un vaccin. Grâce aux programmes d'immunisation systématique, la diphtérie est rare dans les pays développés; les cas observés ont toutefois tendance à être graves. Comme la maladie est peu courante, le diagnostic et le traitement peuvent être retardésNote de bas de page 28, ce qui peut entraîner des décès.

Consulter immédiatement un médecin / une infirmière praticienne en cas de diphtérie soupçonnée, car il pourrait être nécessaire d'évacuer le client d'urgence.

Cause

Bactérie Corynebacterium diphtheriae (C. diphtheriae)Note de bas de page 29

Transmission

Période d'incubation

1 à 10 joursNote de bas de page 29

Contagiosité

  • Une personne non traitée est généralement contagieuse pendant une période de 2 semaines ou moins, et rarement plus de 4 semainesNote de bas de page 29
  • L'excrétion bactérienne cesse généralement dans les 48 heures suivant la prise d'antibiotiquesNote de bas de page 29
  • L'excrétion bactérienne des infections cutanées dure plus longtemps que celle des infections des voies respiratoiresNote de bas de page 31

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

  • Enfants et adultes dont le calendrier de vaccination n'est pas à jour et qui sont exposés à des personnes atteintes de diphtérie
  • Facteurs de risque sociaux :
    • Mauvais soins de la peau et mauvaise hygiène
    • Personnes non immunisées vivant dans des conditions de surpeuplement, d'insalubrité ou de pauvreté et qui sont exposées à des personnes atteintes de diphtérie
    • La diphtérie cutanée est souvent associée au surpeuplement et à la pauvreté, ainsi qu'à l'itinéranceNote de bas de page 31

Anamnèse

  • Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse
  • Revoir les antécédents d'immunisation
  • La diphtérie peut toucher presque toutes les muqueuses. Aux fins cliniques, la diphtérie peut être classée en fonction du siège anatomique de la maladieNote de bas de page 27
Diphtérie nasaleNote de bas de page 27
  • Les premiers symptômes sont les mêmes que ceux d'un rhume et comprennent généralement une rhinorrhée mucopurulente qui peut se teinter de sang
Diphtérie pharyngée et amygdalienneNote de bas de page 27
  • La pharyngite s'installe de façon insidieuse; les premiers symptômes comprennent un malaise, un mal de gorge, de l'anorexie et une faible fièvre
Diphtérie laryngéeNote de bas de page 27
  • Les symptômes comprennent de la fièvre, un enrouement et une toux aboyante
Diphtérie cutanéeNote de bas de page 27
  • La diphtérie cutanée peut se manifester par une éruption ou par des ulcères

Examen physique

Effectuer un examen physique en utilisant l'approche IPPA.

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Complications

  • Myocardite (qui peut se manifester par un rythme cardiaque anormal et se produire dès le début de la maladie ou des semaines plus tard et entraîner une insuffisance cardiaque; une myocardite qui se produit tôt et est souvent fatale)Note de bas de page 27
  • Névrite (touchant le plus souvent les nerfs moteurs et disparaissant généralement complètement)
  • Paralysie du palais mou (plus fréquente durant la troisième semaine de maladie)
  • Paralysie des muscles, des membres et du diaphragme (peut se produire après la 5e semaine)Note de bas de page 27
  • Pneumonie et insuffisance respiratoire secondaires découlant d'une paralysie du diaphragmeNote de bas de page 27
  • Otite moyenne et insuffisance respiratoire découlant de l'obstruction des voies respiratoires, particulièrement chez les nourrissonsNote de bas de page 27
  • ComaNote de bas de page 27
  • DécèsNote de bas de page 27

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests.

Diagnostic provisoire
  • Un diagnostic provisoire de diphtérie peut être posé à partir des observations cliniques, en raison de l'importance d'administrer rapidement un traitementNote de bas de page 27
  • Les observations permettant d'établir un diagnostic provisoire peuvent comprendre la présence d'une membrane blanche grisâtre, grise ou noire, particulièrement si elle s'étend jusqu'à la luette et au palais mou, associée à une amygdalite, à une pharyngite ou à une adénopathie cervicale, ou encore à une rhinorrhée sérosanguineNote de bas de page 30
Laboratoire

Les tests doivent être effectués conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales. Les

tests diagnostiques ci-dessous sont à considérer

Prélèvement d'échantillons
  • Pour les échantillons pharyngés, s'assurer de faire un prélèvement sur toute zone décolorée et ulcération, ainsi que dans les cryptes amygdaliennesNote de bas de page 27
  • Pour les échantillons cutanés
    • Les échantillons doivent être prélevés dans les zones touchées de la peau, par aspiration ou par écouvillonnage
    • Une culture peut aussi être réalisée à partir d'un échantillon de la membrane
    • Retirer la partie croûtée des lésions pour prélever un échantillon à la base
  • La diphtérie est principalement une affection respiratoire; des échantillons doivent toutefois être prélevés sur toute lésion suspecte de la peau durant la phase aiguë de la maladieNote de bas de page 33

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

  • Prévenir les complications
  • Prévenir la transmission de la maladie

Interventions non-pharmacologiques

Interventions
  • Surveiller les signes vitaux
  • Administrer de l'oxygène et maintenir la ventilation, conformément aux politiques et procédures
  • Ne rien administrer par voie orale, si indiqué selon l'état clinique du client

Interventions pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial avant d'initier une thérapie.

Thérapie intraveineuse
  • Mettre en place une ligne IV et administrer une solution IV, p. ex. du chlorure de sodium à 0,9 %, à un débit suffisant pour maintenir l'hydratation

Pour de plus amples renseignements, consulter le Guide de pratique clinique de soins pédiatriques et des adolescents de la DGSPNI – Chapitre 4 – Maintien de l'équilibre hydroélectrolytique.

Antibiothérapie
  • Une antibiothérapie peut être initiée avant le transfert, mais seulement en consultation avec le médecin de la santé publique responsable
  • Pour de plus amples renseignements sur l'administration d'antibiotiques aux contacts et aux porteurs, consulter Prévention à l'Annexe B, Section A de ce guide. Consulter aussi le médecin de la santé publique responsable
Antitoxine diphtérique
  • Si c'est nécessaire d'administrer l'antitoxine diphtérique :
    • Consulter le médecin de la santé publique responsable
    • Prendre les dispositions pour l'évacuation médicale dès que possible

N.B. : Il n'existe à l'heure actuelle aucun produit homologué fabriqué au Canada. On peut obtenir un sérum antidiphtérique à partir du Programme d'accès spécial (PAS) de Santé CanadaNote de bas de page 32. Suivre les politiques et procédures provinciales/territoriales en matière de santé publique.

Pour de plus amples renseignements sur l'antitoxine diphtérique, consulter le Guide canadien d'immunisation : Partie 5 – Agents d'immunisation passive.

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Surveillance

  • Surveiller les signes vitaux selon l'état clinique du client
  • Surveiller l'état respiratoire
  • Surveiller l'état neurologique
  • Surveiller l'apport liquidien et le débit urinaire
  • Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie

Suivi

Orientation vers d'autres ressources médicales

Prévoir une évacuation médicale si c'est cliniquement indiqué.

Déclaration

La diphtérie est une maladie à déclaration obligatoire. Suivre les politiques et procédures provinciales/territoriales relatives aux maladies à déclaration obligatoire.

Annexe B

Section A : informations supplémentaires pour la prise en charge

Prévention
  • Administration de l'anatoxine diphtérique dans un vaccin antidiphtérique associé conformément au calendrier d'immunisation recommandé dans la province/le territoire; pour de plus amples renseignements, consulter la dernière version du Guide canadien d'immunisation

Pour de plus amples renseignements sur les moyens de prévenir la diphtérie, consulter le document intitulé Diphtérie – Prévention.

Prise en charge des contacts
  • Consulter le médecin de la santé publique local pour déterminer la stratégie de prise en charge des contacts
  • On entend par « contacts » les personnes suivantes :
    • Personnes vivant sous le même toit
    • Personnes qui ont eu un contact étroit face-à-face avec une personne infectée, par exemple des relations intimes
    • Personnes ayant partagé la même pièce à la maison, à l'école ou au travail
    • Travailleurs de la santé exposés aux sécrétions oropharyngées d'une personne infectéeNote de bas de page 33
  • Vérifier les antécédents d'immunisation de la personne infectée/porteuse et des contacts étroitsNote de bas de page 30
Contacts étroits
  • Les contacts étroits d'un cas de diphtérie devraient recevoir une dose d'un vaccin contenant l'anatoxine diphtérique indiquée pour leur âge, sauf siNote de bas de page 28:
    • le contact est complètement immunisé, et que
    • la dernière dose d'un vaccin contenant l'anatoxine diphtérique a été administrée au cours des dix dernières années
  • La série de vaccins contenant l'anatoxine diphtérique devrait être complétée pour les contacts non immunisés ou partiellement immunisésNote de bas de page 28
  • Les contacts étroits doivent aussi faire l'objet de prélèvements aux fins de culture et recevoir une prophylaxie antimicrobienneNote de bas de page 34
Options d'antibiothérapie pour les contacts étroitsNote de bas de page 36 :
Pénicilline G benzathine
  • Enfant de moins de 6 ans
    • Pénicilline G benzathine 600 000 unités par voie intramusculaire (IM)
  • Enfants de plus de 6 ans
    • Pénicilline G benzathine 1,2 million d'unités IM

La pénicilline G benzathine peut être obtenue par l'entremise du Programme des services de santé non-assurés si elle n'est pas disponible de par le formulaire provincial/territorial. La pénicilline G benzathine n'est pas inscrite à la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI.

ou

Érythromycine
  • Érythromycine 500 mg 4 fois par jours, pendant 7 à 10 jours

N.B. : S'il n'est pas possible de surveiller l'adhérence au traitement des contacts, ces derniers devraient recevoir de la pénicilline G benzathine.

Antitoxine diphtérique
  • L'administration d'antitoxine diphtérique n'est pas recommandée pour la prophylaxie post-exposition des contacts asymptomatiques
  • Les contacts doivent être surveillés de près et recevoir une antitoxine dès le premier signe de maladie
  • Tous les contacts recensés doivent être informés des signes et symptômes de diphtérie et de l'importance d'obtenir immédiatement des soins médicaux en cas de signes cliniques de diphtérieNote de bas de page 33
Isolement à domicile

L'isolement à domicile des contacts suivants est indiquée jusqu'à la fin du traitement et jusqu'à ce que les cultures des échantillons prélevés dans le nez et la gorge ou les lésions soient négativesNote de bas de page 33 :

  • Contacts qui fréquentent l'école
  • Contacts dont le travail comprend
    • la manipulation d'aliments
    • des contacts étroits avec des enfants de moins de 7 ans
    • des contacts avec des personnes que l'on sait ne pas être immunisées
    • la prestation de soins à des malades
Porteurs

Les porteurs recensés dans la collectivité doivent aussi recevoir des antibiotiques. Les personnes porteuses peuvent être traitées à l'aide d'érythromycine.

Section B : ressources supplémentaires

Lignes directrices provinciales/territoriales
Alberta

Alberta Health. Notifiable Disease Guidelines: Diphtheria. (En anglais seulement).

Colombie-Britannique

BC Centre for Disease Control. Diseases & Conditions: Diphtheria. (En anglais seulement).

Manitoba

Ministère de la Santé du Manitoba. Communicable Disease Management Protocol: Diphtheria. (En anglais seulement).

Terre-Neuve-et-Labrador

Santé et Services communautaires. CDC Information for Health Professionals: Disease Control Manual: Diphtheria (Version PDF, 980 Ko, 18 pages). (En anglais seulement).

Territoires du Nord-Ouest

Santé et Services sociaux. Communicable Disease Manual: Diphtheria. (Cliquer sur HSS Professionals (staff only) et entrer code d'utilisateur et mot de passe) (en anglais seulement).

Nouvelle-Écosse

Santé et Mieux-être. Communicable Disease Manual: Diphtheria. (En anglais seulement).

Ontario

Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario. Diseases and Conditions: Diphtheria. (En anglais seulement).

Érythème infectieux (cinquième maladie)

Aperçu

Consulter les lignes directrices provinciales/territoriales traitant de l'érythème infectieux (cinquième maladie), là où elles sont disponibles.

L'érythème infectieux (cinquième maladie) est une maladie infantile généralement bénigne, caractérisée par un érythème s'installant sur les joues (donnant l'impression d'une gifle). Il s'agit d'une maladie très contagieuseNote de bas de page 37.

Cause

Parvovirus humain B19Note de bas de page 37

Transmission

Période d'incubation

4 à 21 joursNote de bas de page 37

Contagiosité

La maladie est plus contagieuse avant l'apparition de l'éruptionNote de bas de page 37

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

Anamnèse

Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse.

Stade prodromal

Le stade prodromal précède souvent d'environ 7 à 10 jours l'exanthème caractéristiqueNote de bas de page 37. Le(s) parent(s)/soignant(s)/client pourraient signaler les symptômes suivants :

Examen physique

Effectuer un examen physique en utilisant l'approche IPPA.

  • ExanthèmeNote de bas de page 37
  • Rougeurs prononcées sur les joues, comme sous l'effet d'une gifle
    • Présentes au début de l'éruption (souvent accompagnées d'une pâleur périlabiale)
    • Souvent suivies par l'apparition de lésions couperosées maculaires symétriques sur le tronc, qui peuvent s'étendre jusqu'aux bras, aux fesses et aux cuisses
    • Peuvent durer des semaines ou des mois
    • Peuvent varier en intensité et réapparaître lorsque l'environnement change (p. ex. exposition au soleil, changement de température)
  • ArthriteNote de bas de page 40
    • Touche plus fréquemment les petites articulations des mains, les poignets, les genoux et les pieds
    • Moins courante chez les enfants que chez les adultes
    • Généralement aiguë et symétrique

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Complications

Complications de l'infection par le parvovirus B19 durant la grossesseNote de bas de page 38Note de bas de page 40
  • Avortement spontané
  • Perte fœtale spontanée
  • Anasarque fœto-placentaire

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests.

Laboratoire

Les tests doivent être effectués conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales. Les tests diagnostiques ci-dessous sont à considérer.

  • Si le client est autrement en bonne santé, le diagnostic peut se faire à partir des observations cliniques et il n'est pas nécessaire d'effectuer des tests en laboratoireNote de bas de page 40
  • Si le client présente ou risque de présenter des complications (p. ex. en cas de grossesse, d'immunodéficience ou d'anémie), des tests en laboratoire sont indiqués
Échographie

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

  • Offrir des soins de confort
  • Prévenir la transmission de la maladie, particulièrement aux femmes enceintes et aux personnes immunodéficientes ou anémiquesNote de bas de page 38Note de bas de page 39
  • Prévenir les complications

Interventions non-pharmacologiques

Enseignement au client

Interventions pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial avant d'initier une thérapie.

Analgésiques/antipyrétiques

N.B. : Puisque les nouveau-nés et les nourrissons de moins de 3 mois sont moins capables de générer une réponse fébrile, il est plus probable qu'il s'agisse d'une maladie grave s'ils deviennent fébriles. Consulter le médecin / l'infirmière praticienne, particulièrement s'il s'agit d'un enfant de moins de 3 mois.

AcétaminophèneNote de bas de page 46Note de bas de page 47
  • Acétaminophène 10 à 15 mg/kg/dose PO q4 à 6 h PRN
  • Maximum selon toutes les sources : acétaminophène 75 mg/kg en 24 heures ou 4 000 mg en 24 heures, selon la plus faible de ces valeurs
IbuprofèneNote de bas de page 48
  • Nourrissons de moins de 6 mois
    • Les données sont limitées pour les nourrissons
  • Enfants de 6 mois à 12 ans
    • Ibuprofène 5 à 10 mg/kg/dose PO toutes les 6 à 8 heures PRN
    • Maximum de 400 mg par dose*
  • Enfants de plus de 12 ans
    • Ibuprofène 200 à 400 mg/dose PO q4 à 6 h PRN*
  • *Maximum selon toutes les sources et pour tous les âges :
    • Ibuprofène 40 mg/kg /jour ou 1 200 mg par jour selon la plus faible de ces valeurs. Sous la supervision d'un médecin ou d'une infirmière praticienne, des doses quotidiennes ≤2 400 mg peuvent être administrées

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Surveillance

  • Surveiller les signes vitaux selon l'état du client
  • Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie

Suivi

Faire un suivi si des complications se manifestent ou si les symptômes ne disparaissent pas dans le délai habituel (généralement jusqu'à 20 jours).

Orientation vers d'autres ressources médicales

Une orientation vers d'autres ressources médicales n'est généralement pas utile, sauf en cas de grossesse, d'immunodéficience ou d'anémie.

Annexe C

Section A : informations supplémentaires pour la prise en charge

Population particulière : femmes enceintes
  • Environ 50 à 75 % des femmes en âge de procréer ont acquis l'immunité contre le parvovirus B19Note de bas de page 38
  • Environ 1 à 3 % des femmes enceintes sont susceptibles de présenter des preuves sérologiques d'infection durant la grossesse; ce pourcentage augmente à plus de 10 % durant les périodes d'épidémieNote de bas de page 38
  • Jusqu'à 70 % des femmes enceintes infectées sont asymptomatiquesNote de bas de page 38
  • Si une infection récente au parvovirus B19 est diagnostiquée, il est recommandé d'aiguiller la cliente vers un obstétricien ou un spécialiste de la médecine fœto-maternelleNote de bas de page 38
  • La cliente doit être suivie par un obstétricien ou un spécialiste de la médecine fœto-maternelle pour des services de counseling à propos des risques de transmission au fœtus, de perte fœtale et d'anasarque
  • Il convient d'effectuer des examens échographiques toutes les semaines ou toutes les 2 semaines jusqu'à 12 semaines après l'infection, afin de dépister les signes d'anémie et d'anasarque (à l'aide d'une mesure Doppler de la vitesse systolique maximale dans l'artère cérébrale moyenne)Note de bas de page 38

Pour de plus amples renseignements sur la grossesse et le parvovirus B19, consulter la directive clinique no 316 de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, Infection au parvovirus B19 pendant la grossesse (décembre 2014).

Rougeole

Aperçu

Consulter les lignes directrices provinciales/territoriales traitant de la rougeole, là où elles sont disponibles.

La rougeole et l'une des maladies infectieuses les plus contagieuses, et peut être prévenue par un vaccin. Chez les personnes à risque, le taux d'attaque secondaire de la rougeole est supérieur à 90 %Note de bas de page 49.

Consulter immédiatement un médecin / une infirmière praticienne en cas de rougeole soupçonnée, car il s'agit d'une urgence en santé publique.

Cause

Virus de la rougeoleNote de bas de page 49

Transmission

  • La rougeole se transmet principalement par des gouttelettes de salive (c.-à-d. par contact avec les sécrétions des voies respiratoires et de la gorge de personnes infectées)
  • Une transmission aéroportée peut aussi se produire dans un milieu fermé
  • Le virus de la rougeole peut survivre au moins 2 heures dans une gouttelette évaporée et dans les fines particules aéroportéesNote de bas de page 49

Période d'incubation

La période d'incubation de la rougeole, depuis l'exposition jusqu'au prodrome, est de 10 à 12 jours en moyenne. Entre l'exposition et l'apparition d'une éruption cutanée, il peut s'écouler en moyenne de 7 à 21 joursNote de bas de page 50.

Contagiosité

  • La rougeole peut être transmise au moment du prodrome, et entre environ 4 jours avant et jusqu'à 4 jours après l'apparition de l'éruption cutanéeNote de bas de page 51
  • Les personnes immunodéficientes qui continuent d'excréter le virus dans les sécrétions des voies respiratoires peuvent être contagieuses durant toute la période de maladieNote de bas de page 52

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

  • Les personnes qui n'ont jamais eu la rougeole ou qui n'ont pas été immunisées correctement courent le risque d'être infectées
  • Les personnes nées en 1970 ou après sont considérées comme étant susceptibles d'attraper la maladie, sauf si l'immunité est démontrée par un test sérologique ou si leur dossier de santé atteste qu'elles ont reçu 2 doses de vaccin contenant le virus de la rougeoleNote de bas de page 52. N.B. : Au Canada, les adultes nés avant 1970 sont généralement présumés avoir acquis une immunité naturelle à la rougeole, en raison de la forte prévalence de la rougeole avant cette date
  • Les personnes les plus à risque de contracter la rougeole sont celles qui voyagent hors de la région des Amériques, les travailleurs de la santé et les étudiantsNote de bas de page 49
  • Les groupes présentant un risque élevé de complications de la rougeole comprennent les personnes immunodéficientes, les femmes enceintes et les nourrissonsNote de bas de page 52

Anamnèse

Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse.

  • Fièvre prodromiqueNote de bas de page 49
  • Fièvre (qui augmente souvent lorsque l'éruption cutanée apparaît)Note de bas de page 52
  • Trio classique de symptômes : toux, coryza et conjonctiviteNote de bas de page 49
  • Éruption cutanée, qui apparaît généralement 14 jours après l'exposition ou entre 2 à 4 jours après le prodrome et dure 5 à 6 jours
  • Anorexie et diarrhée, particulièrement chez les nourrissonsNote de bas de page 50
  • Déterminer les antécédents vaccinaux, y compris le nombre de doses reçues, les dates d'administration et le type de vaccinNote de bas de page 52
Facteurs sociaux
  • Obtenir les antécédents d'exposition afin de déterminer la source d'infection possibleNote de bas de page 52
  • Déterminer si la personne atteinte a voyagé durant la période d'incubation (environ 12 jours)
  • Déterminer les contacts récents chez qui la rougeole est confirmée ou probable
Examen physique

Effectuer un examen physique en utilisant l'approche IPPA.

  • Fièvre de 38,3 degrés Celsius ou plusNote de bas de page 51
  • Éruption érythémateuse généralisée, maculopapulaireNote de bas de page 49:
    • Éruption commençant généralement à la naissance des cheveux puis descendant au visage et au cou pour s'étaler graduellement sur le tronc et les membres et atteindre les mains et les pieds
    • Lésions généralement bien délimitées, mais pouvant confluer
    • Lésions pâlissant à la pression au début, mais plus après 3 ou 4 jours
    • Une légère desquamation peut se produire aux zones les plus gravement touchées
    • L'éruption se résorbe dans le même sens qu'elle est apparueNote de bas de page 50
  • Présence de taches de Koplik (c.-à-d. des taches bleuâtres ou blanches à fond érythémateux sur la muqueuse buccale) se manifestant entre 1 ou 2 jours avant l'éruption cutanée et 1 ou 2 jours après.
  • Conjonctivite
  • Adénopathie généraliséeNote de bas de page 50

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Complications

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests.

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Laboratoire

Pour maximiser la sensibilité des tests de diagnostic effectués lorsqu'un cas de rougeole en phase aiguë est soupçonné, prélever des échantillons de sérum, de sécrétions nasopharyngées et d'urineNote de bas de page 52. Les tests devraient être effectués conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales. Les tests diagnostiques ci-dessous sont à considérer.

Échantillons recommandés
  • Immunoglobulines G (IgG) et immunoglobulines M (IgM) sériques en phase aiguë et en phase de convalescence :
    • Prélever un échantillon pour analyser les IgG sériques au moment de la première consultation et au plus tard 7 jours après l'apparition de l'éruption cutanée. Prélever un échantillon de convalescence entre 10 et 30 jours après le prélèvement du premier échantillon. B. : Les paires de sérum sont analysées simultanément pour déterminer s'il y a eu séroconversion
    • Prélever un échantillon pour analyser les IgM sériques au moment de la première consultation. N.B. : Les échantillons prélevés durant la période débutant 3 jours avant et 28 jours après l'apparition des symptômes peuvent donner des résultats faussement négatifs
    • Prélever un échantillon par écouvillonnage du nasopharynx pour une culture du virus de la rougeole dès que possible, au plus tard 4 jours après l'apparition de l'éruption cutanée
    • Prélever un échantillon par écouvillonnage du nasopharynx pour le dépistage de l'acide ribonucléique (ARN) du virus de la rougeole par RT-PCR dans les 7 jours après l'apparition de l'éruption cutanée; les échantillons prélevés durant cette période donnent les meilleurs résultats
    • Prélever un échantillon d'urine pour une culture du virus de la rougeole dans les 7 jours après l'apparition de l'éruption cutanée, afin de bénéficier d'une sensibilité maximaleNote de bas de page 52

Pour l'interprétation des résultats des analyses de laboratoire effectuées, consulter le Tableau 2 : Résultats des tests de dépistage de la rougeole à l'Annexe D, Section A de ce guide.

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

  • Offrir des soins de confort
  • Prévenir la transmission de la maladie
  • Prévenir les complications

Interventions non-pharmacologiques

Interventions

Pour de plus amples renseignements sur la prise en charge du cas et des contacts, consulter l'Annexe D, Section A de ce guide.

Enseignement au client

Il n'existe aucun traitement spécifique pour la rougeole; il est toutefois possible d'offrir des soins de confort pour éviter que surviennent de graves complications :

  • Encourager l'activité, selon les capacités
  • Encourager une bonne alimentation
  • Encourager la prise de liquides afin de prévenir la déshydratation
  • Fournir de l'information sur la transmission de la maladie et les mesures appropriées de lutte contre l'infection (y compris se laver ou se désinfecter souvent les mains, éviter de partager des verres ou des ustensiles et utiliser un mouchoir ou l'avant-bras pour se couvrir la bouche au moment d'éternuer et de tousser) afin de réduire le risque de transmissionNote de bas de page 52
  • Conseiller au client de revenir à la clinique pour un examen plus approfondi si les signes et symptômes de la maladie ne s'améliorent pas
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s)/client l'utilisation appropriée des médicaments, soit la posologie, la fréquence, l'importance de l'adhérence au traitement, les effets secondaires éventuels et les interactions médicamenteuses possibles
  • Le client ne doit pas recevoir d'acide acétylsalicylique (AAS) ni tout autre produit contenant de l'AAS. L'AAS augmente le risque de contracter le syndrome de Reye, qui peut endommager le foie et le cerveau

Interventions pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial avant d'initier une thérapie.

Antipyrétiques/analgésiques

N.B. : Puisque les nouveau-nés et les nourrissons de moins de 3 mois sont moins capables de générer une réponse fébrile, il est plus probable qu'il s'agisse d'une maladie grave s'ils deviennent fébriles. Consulter le médecin / l'infirmière praticienne, particulièrement s'il s'agit d'un enfant de moins de 3 mois.

AcétaminophèneNote de bas de page 54
  • Acétaminophène 10 à 15 mg/kg/dose PO q4 à 6 h PRN
  • Maximum selon toutes les sources : acétaminophène 75 mg/kg/jour ou 4 000 mg/jour, selon la plus faible de ces valeurs
IbuprofèneNote de bas de page 55
  • Nourrissons de moins de 6 mois
    • Les données sont limitées pour les nourrissons
  • Enfants de 6 mois à 12 ans
    • Ibuprofène 5 à 10 mg/kg/dose PO toutes les 6 à 8 heures PRN
    • Maximum de 400 mg par dose*
  • Enfants de plus de 12 ans
    • Ibuprofène 200 à 400 mg/dose PO q4 à 6 h PRN*
  • *Maximum selon toutes les sources et pour tous les âges :
    • Ibuprofène 40 mg/kg /jour ou 1 200 mg par jour selon la plus faible de ces valeurs. Sous la supervision d'un médecin ou d'une infirmière praticienne, des doses quotidiennes ≤2 400 mg peuvent être administrées

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique, si aucune délégation autorisée n'a été obtenue et en cas de doute à propos du diagnostic.

Surveillance

Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie.

Suivi

Demander au(x) parent(s)/soignant(s) de revenir à la clinique avec l'enfant s'il y a des signes de complications.

Orientation vers d'autres ressources médicales
  • Prévoir une évacuation médicale si cliniquement indiquée
  • Coordonner les demandes de consultation, le cas échant
Déclaration
  • La rougeole est une maladie à déclaration obligatoire. Informer dès que possible le médecin de la santé publique responsable de tous les cas de rougeole confirmés, probables et soupçonnésNote de bas de page 49
  • Suivre les politiques et procédures provinciales/territoriales relatives aux maladies à déclaration obligatoire. Pour de plus amples renseignements, consulter les Lignes directrices provinciales/territoriales à l'Annexe D, Section B de ce guide

Annexe D

Section A : informations supplémentaires pour la prise en charge

Prévention et contrôleNote de bas de page 52
Vaccination
  • L'immunisation des personnes à risque constitue une stratégie importante de réduction du risque
  • Une couverture vaccinale élevée est nécessaire pour assurer l'élimination de la rougeole
  • Au Canada, un calendrier d'immunisation qui prévoit l'administration de 2 doses du vaccin est recommandé pour l'immunisation systématique des enfants
  • Les personnes à risque et immunocompétentes âgées de 12 mois ou plus qui ont été exposées à la rougeole peuvent être protégées de la maladie si elles reçoivent un vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (RRO) dans les 72 heures suivant l'exposition
  • Il peut être recommandé d'administrer le vaccin RRO aux enfants âgés de 6 à 12 mois qui ont été exposés à la rougeole, à condition qu'il soit administré dans les 72 heures suivant l'exposition; 2 autres doses d'un vaccin contenant le virus de la rougeole doivent toutefois être administrées après le premier anniversaire de ces enfants (et au moins 28 jours après l'administration de la première dose) pour assurer une immunité à long terme contre la maladie
  • Il est recommandé que les femmes évitent de devenir enceintes au cours des 4 semaines suivant l'administration d'un vaccin contre la rougeole

Pour de plus amples renseignements, consulter la plus récente version du Guide canadien d'immunisation.

Immunoglobulines (Ig)Note de bas de page 52
  • L'efficacité de l'usage prophylactique des immunoglobulines a été démontrée pour la modification et la prévention de la maladie
  • Les personnes à risque qui se présentent plus de 3jours (72 heures) après avoir été exposées à la maladie, c'est-à-dire lorsque le vaccin RRO ne procure plus de protection après l'exposition, mais moins de 6jours après l'exposition (lorsque les immunoglobulines peuvent encore offrir une protection après l'exposition) peuvent recevoir des immunoglobulines
  • L'administration d'Ig à des personnes réceptives qui ont été exposées à la rougeole est une solution envisageable, particulièrement s'il s'agit de personnes immunodéficientes ou de femmes enceintes pour qui le vaccin contenant la rougeole est contre-indiqué ou d'enfants de moins de 6 mois. Les enfants de moins de 6 mois sont normalement considérés comme étant immunisés grâce à des anticorps transférés à partir de la mère. Si, toutefois, la mère contracte le virus de la rougeole, ou si on sait qu'elle n'est pas immunisée contre celui-ci, il faut administrer des immunoglobulines à l'enfant
  • Consulter le médecin de la santé publique responsable conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales pour déterminer s'il est nécessaire d'administrer des Ig au client et, dans l'affirmative, prendre les dispositions nécessaires pour que le client les reçoivent
Gestion de la santé publiqueNote de bas de page 52
Prise en charge des cas
  • Tous les cas de rougeole confirmés, probables ou soupçonnés doivent faire l'objet d'une investigation le plus rapidement possible, conformément aux lignes directrices provinciales et territoriales. Les autorités de santé publique doivent être informées des cas de rougeole le plus rapidement possible, conformément à la législation provinciale/territoriale sur la déclaration des maladies transmissibles
  • Les cas de rougeole confirmés, probables et soupçonnés ne doivent pas aller à la garderie, à l'école ou au travail et éviter les contacts non familiaux, particulièrement les enfants non immunisés et les femmes enceintes, pendant les 4 jours qui suivent l'apparition de l'éruption cutanéeNote de bas de page 52
Prise en charge des contacts
  • Un contact s'entend d'une personne ayant :
    • passé un certain laps de temps dans une pièce ou un espace clos avec un cas confirmé de rougeole, pendant la période infectieuse de celui-ci (c.-à-d. approximativement entre 4 jours avant et 4 jours après l'apparition de l'éruption cutanée)
    • passé un certain laps de temps dans une pièce précédemment occupée par un cas de rougeole, pendant la période infectieuse de celui-ci, dans les 2 heures suivant le départ du cas de la pièce ou l'espace
  • Dans les 24 heures suivant le signalement d'un cas soupçonné de rougeole, tous les contacts devraient être identifiés et définis comme à risque ou non à risque. L'état d'immunisation des contacts communautaires des cas devrait être vérifié pour en déterminer la réceptivité au virus de la rougeole. Les autorités de la santé publique devraient déterminer l'étendue de la recherche de contacts à effectuer au moment d'une éclosion, selon le contexte de l'éclosion et les ressources disponibles
  • À la discrétion du médecin hygiéniste, l'accès aux garderies, aux écoles et aux établissements postsecondaires peut être refusé aux contacts à risque qui refusent ou qui ne peuvent recevoir le vaccin ou les immunoglobulines, et ce durant une période allant de 5 jours après la première exposition jusqu'au 21e jour suivant la dernière expositionNote de bas de page 52
Interprétation des analyses de laboratoire
Tableau 2 - Résultats des tests de dépistage de la rougeoleNote de bas de page 53
Résultat du test Interprétation
Anticorps IgM réactifs
  • Possibilité d'infection aiguë par le virus de la rougeole
  • Résultat faussement positif dans environ 0,4 % des cas soupçonnés
  • On détecte aussi des IgM après l'immunisation contre la rougeole
  • Chez certaines personnes, des IgM peuvent être détectés des années après la vaccination ou l'infection naturelle
Anticorps IgM non réactifs ou équivoques Pas d'infection aiguë par le virus de la rougeole (N.B. : 20 % des cas de rougeole ne présentent pas d'IgM réactives lorsque l'échantillon de sang est prélevé dans les 3 jours suivant l'apparition de l'éruption cutanée)
IgG protégeant contre la rougeole (en concentration généralement égale ou supérieure à 200 mUI/millilitre) Les résultats des tests sont signalés comme « réactifs » (c.-à-d. que la personne est immunisée contre la rougeole)
Augmentation considérable (4 fois) du titre des IgG entre l'échantillon prélevé durant la phase aiguë et l'échantillon de convalescence Infection aiguë par le virus de la rougeole
Culture positive ou RT-PCR (échantillon prélevé par écouvillonnage du nasopharynx, échantillon d'urine) Confirmation de l'infection aiguë par le virus de la rougeole

Section B : ressources supplémentaires

Lignes directrices provinciales/territoriales
Alberta

Ministère de la Santé de l'Alberta. Notifiable Disease Guidelines: Measles. (En anglais seulement).

Colombie-Britannique

BC Centre for Disease Control. Communicable Disease Control Management of Specific Diseases: Measles. (En anglais seulement).

Manitoba

Santé publique et Soins primaires. Communicable Disease Management Protocols: Measles. (En anglais seulement)

Territoires du Nord-Ouest

Santé et Services sociaux Communicable Disease Manual. (Cliquer sur HSS Professionals (staff only) et entrer code d'utilisateur et mot de passe) (en anglais seulement).

Nouvelle-Écosse

Santé et Mieux-être. Communicable Disease Manual: Measles. (En anglais seulement).

Terre-Neuve-et-Labrador

Santé et Services communautaires. CDC Information for Health Professionals: Disease Control Manual: Section 4, Diseases Preventable by Routine Vaccination (Version PDF, 980 Ko, 78 pages). (En anglais seulement).

Yukon

Yukon Communicable Disease Control Communicable Disease Control: Measles. (En anglais seulement).

Autres ressources

Association des pharmaciens du Canada. Compendium of Therapeutic Choices: Canada's Trusted Reference for Primary Care Therapeutics (CTC 7). Ottawa : 2014.

Agence de la santé publique du Canada. Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC) : Lignes directrices pour la prévention et le contrôle des éclosions de rougeole au Canada. [Internet] Ottawa, ON: Agence de la santé publique du Canada; 2013.

Santé Canada. Liste de médicaments des postes de soins infirmiers et Système de classification des médicaments de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI). Avril 2016.

Oreillons (parotidite infectieuse)

Aperçu

Consulter les lignes directrices provinciales/territoriales traitant des oreillons, là où elles sont disponibles.

Les oreillons sont une infection virale aiguë très contagieuse, caractérisée par une tuméfaction douloureuse d'une ou de plusieurs glandes salivaires (le plus souvent les glandes parotides)Note de bas de page 57. L'affection peut être difficile à diagnostiquer en raison du caractère non spécifique et/ou principalement respiratoire des symptômes que manifestent environ 50 % des personnes infectéesNote de bas de page 56. Les symptômes systémiques disparaissent généralement dans les 3 à 5 jours, et la tuméfaction des parotides se résorbe dans les 7 à 10 joursNote de bas de page 57. Il s'agit d'une maladie qui peut être prévenue par un vaccin.

Consulter immédiatement un médecin / une infirmière praticienne en cas d'oreillons soupçonnés, car il pourrait être nécessaire d'évacuer le client d'urgence.

Cause

Virus des oreillonsNote de bas de page 57

Transmission

Période d'incubation

12 à 25 joursNote de bas de page 57

Contagiosité

  • La période infectieuse va de 7 jours avant à 5 jours après l'apparition des symptômesNote de bas de page 56
  • Dans environ 20 à 30 % des cas d'oreillons, l'infection est subclinique mais demeure contagieuseNote de bas de page 56

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

  • En règle générale, toutes les personnes qui n'ont pas déjà eu les oreillons ou qui n'ont pas reçu tous les vaccins prévus selon le calendrier d'immunisation recommandé risquent d'être infectées, quel que soit leur âge
  • Les personnes nées avant 1970 sont présumées avoir acquis une immunité naturelle aux oreillons
  • Les adolescents et les adulte nés en 1970 ou après et qui sont le plus à risque d'attraper les oreillons comprennentNote de bas de page 57:
    • les étudiants fréquentant un établissement d'enseignement secondaire ou post-secondaire
    • les personnes qui voyagent à l'extérieur de l'Amérique du Nord
    • les personnes exposées à une éclosion d'oreillons
    • les travailleurs de la santé
    • le personnel militaire

Anamnèse

Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse.

  • Douleur et tuméfaction (unilatérales ou bilatérales) des glandes parotides ou d'autres glandes salivairesNote de bas de page 58
  • Otalgie ou douleur à l'angle des mâchoiresNote de bas de page 58
  • Antécédents d'immunisation, y compris les dates et le nombre des doses d'un vaccin contenant les oreillons reçuesNote de bas de page 58
  • Des symptômes prodromaux non spécifiques peuvent précéder la parotidite de plusieurs jours, notammentNote de bas de page 58:
    • Faible fièvre (qui peut durer de 3 à 4 jours)
    • Malaise
    • Anorexie
    • Maux de tête
    • Myalgie

Examen physique

Effectuer un examen physique en utilisant l'approche IPPA.

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Complications

N.B. : Chez un adulte non immunisé, l'infection est plus susceptible d'entraîner des complicationsNote de bas de page 57. Une infection au virus des oreillons durant le premier trimestre de la grossesse a été associée à des avortements spontanésNote de bas de page 57.

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests.

Laboratoire

Les tests doivent être effectués conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales. Les tests diagnostiques ci-dessous sont à considérer.

L'investigation diagnostique des cas cliniques et soupçonnés peut comprendre des tests sérologiques et des cultures virales (analyse par PCR et/ou isolation par culture cellulaire).

  • Frottis buccal pour la détection du virus (idéalement par PCR) dans les 3 à 5 premiers jours de l'installation de la parotidite ou des symptômesNote de bas de page 61
  • L'échantillon de choix est l'écouvillon bucal ou de la salive de la cavité buccaleNote de bas de page 61
Si le client se présente dans les 5 jours suivant l'apparition des symptômes
  • Tests sérologiques de dépistage des anticorps IgG et IgM en phase aiguë et en phase de convalescence. L'échantillon sérique en phase aiguë doit être prélevé le plus rapidement possible si on soupçonne des oreillons, et dans les 5 jours suivant l'apparition des symptômesNote de bas de page 61
  • L'échantillon sérique en phase de convalescence doit de préférence être recueilli au moins 10 jours et jusqu'à 3 semaines après le premier échantillonNote de bas de page 61
Si le client se présente plus de 5 jours après l'apparition des symptômes
  • Échantillon d'urine pour PCR ou culture du virus des oreillons (le virus peut être isolé à partir de l'urine pendant une période pouvant aller jusqu'à 2 semaines chez les personnes qui n'ont pas été immunisées auparavant)Note de bas de page 58

Pour l'interprétation des résultats des analyses de laboratoire effectuées, consulter le Tableau 3 : Résultats des tests de dépistage des oreillons à l'Annexe E, Section A de ce guide.

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

  • Prévenir les complications
  • Prévenir la transmission de la maladie

Interventions non-pharmacologiques

Enseignement au client
  • Il n'existe pas de traitement spécifique des oreillons. Tous les cas confirmés et cliniques d'oreillons devraient recevoir des soins de confortNote de bas de page 59, y compris ce qui suit :
    • De l'activité, en tenant compte de l'état de santé
    • Des liquides en quantité suffisante pour prévenir la déshydratation
    • L'application de compresses tièdes ou froides dans la région des parotides peut soulagerNote de bas de page 62
    • L'application locale de compresses froides et un soutien léger du scrotum peuvent soulager la douleur testiculaireNote de bas de page 62
  • Conseiller au client et/ou au(x) parent(s)/soignant(s) de limiter les visites, particulièrement d'enfants non vaccinés et de femmes enceintes, pendant 5 jours après le début de la tuméfaction des parotides
  • Conseiller au client de rester à la maison et de ne pas se rendre à l'école, à la garderie, au travail ou dans d'autres endroits publics pendant 5 jours après l'apparition des symptômesNote de bas de page 63
  • Encourager le client à se laver souvent les mains, à éviter de partager des verres ou des ustensiles et à utiliser un mouchoir ou l'avant-bras pour se couvrir la bouche au moment d'éternuer ou de tousserNote de bas de page 63
  • Expliquer au client et au(x) parent(s)/soignant(s) l'utilisation appropriée des médicaments, soit la posologie, la fréquence, l'importance de l'adhérence au traitement, les effets secondaires éventuels et les interactions médicamenteuses possibles
  • Le client ne doit pas recevoir d'acide acétylsalicylique (AAS) ni tout autre produit contenant de l'AAS. L'AAS augmente le risque de contracter le syndrome de Reye, qui peut endommager le foie et le cerveau
  • Conseiller au client de revenir à la clinique si les signes et symptômes de la maladie ne s'améliorent pas

Interventions pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial avant d'initier une thérapie.

Analgésiques/antipyrétiques

N.B. : Puisque les nouveau-nés et les nourrissons de moins de 3 mois sont moins capables de générer une réponse fébrile, il est plus probable qu'il s'agisse d'une maladie grave s'ils deviennent fébriles. Consulter le médecin / l'infirmière praticienne, particulièrement s'il s'agit d'un enfant de moins de 3 mois.

AcétaminophèneNote de bas de page 64
  • Acétaminophène 10 à 15 mg/kg/dose PO q4 à 6 h PRN
  • Maximum selon toutes les sources : acétaminophène 75 mg/kg/jour ou 4 000 mg/jour, selon la plus faible de ces valeurs
IbuprofèneNote de bas de page 65
  • Nourrissons de moins de 6 mois
    • Les données sont limitées pour les nourrissons
  • Enfants de 6 mois à 12 ans
    • Ibuprofène 5 à 10 mg/kg/dose PO toutes les 6 à 8 heures PRN
    • Maximum de 400 mg par dose*
  • Enfants de plus de 12 ans
    • Ibuprofène 200 à 400 mg/dose PO q4 à 6 h PRN*
  • *Maximum selon toutes les sources et pour tous les âges :
    • Ibuprofène 40 mg/kg /jour ou 1 200 mg par jour selon la plus faible de ces valeurs. Sous la supervision d'un médecin ou d'une infirmière praticienne, des doses quotidiennes ≤2 400 mg peuvent être administrées

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Surveillance

Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie.

Suivi

  • Conseiller au(x) parent(s)/soignant(s) de revenir à la clinique avec l'enfant s'il y a des signes de complications exigeant une intervention immédiate (p. ex. pancréatite, méningite, encéphalite)
  • Considérer un suivi environ 1 semaine après l'apparition de la parotidite afin de déterminer si les symptômes ont disparu (ou sont en train de disparaître) et de combler toute lacune en matière de vaccinationNote de bas de page 66
    • En générale, l'enfant est entièrement rétabli après 1 à 2 semaines
Orientation vers d'autres ressources médicales
  • Prévoir une évacuation médicale si c'est cliniquement indiqué
  • Coordonner les demandes de consultation, le cas échant
Déclaration

Les oreillons sont une maladie à déclaration obligatoire. Suivre les politiques et procédures provinciales/territoriales relatives aux maladies à déclaration obligatoireNote de bas de page 63.

Annexe E

Section A : informations supplémentaires pour la prise en charge

Tableau 3 - Résultats des tests de dépistage des oreillonsNote de bas de page 61
Résultat du test Interprétation
PCR positif (sur prélèvement buccal ou urine), quels que soient les résultats des tests sérologiques Oreillons
Anticorps IgM réactifs Infection aiguë au virus des oreillons possible

N.B. : Si aucun autre test de confirmation n'est fait (c.-à-d. séroconversion des IgG ou identification du virus), il pourrait s'agir d'un résultat faussement positif au test de dépistage des IgM. De tels cas doivent être considérés comme cliniques/probables, à moins qu'ils n'aient un lien épidémiologique avec un cas confirmé en laboratoire ou avec une éclosion

Anticorps IgM non réactifs ou équivoques Chez une personne non vaccinée :

Il ne s'agit pas d'une infection aiguë au virus des oreillons (sauf si le sang analysé a été prélevé trop tôt)

Chez une personne vaccinée :

Infection aiguë au virus des oreillons possible (une identification du virus est requise aux fins de confirmation chez les personnes vaccinées obtenant ce résultat aux tests sérologiques)
Anticorps IgG réactifs Immunité aux oreillons
Anticorps IgG non réactifs ou équivoques Pas d'immunité aux oreillons
Prise en charge des contacts
  • Les mesures de santé publique en cas d'augmentation des cas d'oreillons comprennent ce qui suitNote de bas de page 63:
    • Prise en charge des cas
    • Recherche et prise en charge des contacts
    • Identification des réseaux sociaux
    • Maintien ou augmentation de la surveillance d'autres cas et des issues de la maladie (p. ex. hospitalisations, complications)
  • En règle générale, les mesures de lutte contre une éclosion d'oreillons comprennent ce qui suitNote de bas de page 63:
    • Définition des populations à risque et des contextes de transmission
    • Prévention la transmission de la maladie en isolant les cas et en informant/sensibilisant les contacts
    • Protection des populations susceptibles par la vaccination, lorsqu'il n'y a pas de contre-indication à l'administration d'un vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR)
  • Un contact s'entend d'une personne répondant à au moins un des critères suivants durant la période infectieuse (c.-à-d. entre environ 7 jours avant et 5 jours après l'apparition des symptômes)Note de bas de page 56 :
    • Membres de la maisonnée et contacts étroits d'un cas
    • Personnes qui ont dormi avec un cas, y compris dans la même chambre
    • Personnes ayant eu un contact direct avec les sécrétions salivaires ou nasales d'un cas, partageant une cigarette, un verre, des aliments ou des cosmétiques comme un rouge à lèvres, ou en l'embrassant sur la bouche
    • Enfants fréquentant la même garderie ou école qu'un cas et personnel y travaillant (selon l'épidémiologie de l'éclosion)
    • Travailleurs de la santé ayant eu une interaction face-à-face à moins d'un mètre avec un cas d'oreillons infectieux
  • Les contacts susceptibles comprennent les personnes suivantes :
    • Personnes nées au Canada en 1970 ou après qui n'ont pas reçu 2 doses d'un vaccin contenant le virus des oreillons (à au moins 4 semaines d'intervalle) à leur premier anniversaire ou par la suite
    • Personnes qui n'ont jamais reçu un diagnostic d'oreillons confirmé par des tests de laboratoire
    • Personnes pour lesquelles l'immunité contre le virus des oreillons n'est pas documentée

Une évaluation de l'état d'immunisation et, s'il y a lieu, l'immunisation au moyen d'un vaccin contenant le virus des oreillons approprié pour l'âge et les facteurs de risque devraient être effectuées pour tous les contacts susceptibles. Bien que l'administration d'un vaccin contre les oreillons après l'exposition ne prévienne pas nécessairement la maladie, si l'exposition n'entraîne pas une infection, le vaccin confère une protection en cas d'exposition ultérieureNote de bas de page 56.

N.B. : Un traitement prophylactique post-exposition par l'administration d'immunoglobulines (Ig) contre les oreillons est inefficaceNote de bas de page 63.

  • Informer les contacts de ce qui suit :
    • Signes et symptômes d'une infection au virus des oreillons (qui peuvent se manifester dans les 25 jours suivants l'exposition)
    • Importance d'obtenir des soins médicaux si des symptômes se manifestent
    • Importance d'informer l'unité locale de santé publique conformément aux politiques et procédures provinciales/territorialesNote de bas de page 63
  • Il n'est pas nécessaire d'isoler les contacts susceptibles au virus des oreillons. Selon l'épidémiologie de l'éclosion, les groupes susceptibles devraient être ciblés pour une vaccination, particulièrement ceux qui présentent un risque élevé d'expositionNote de bas de page 63
  • Les renseignements transmis aux contacts doivent comprendre ce qui suit :
    • Information sur les oreillons
    • Symptômes et prévention de la maladie
    • Importance de consulter un fournisseur de soins de santé si des symptômes se manifestent
Prévention

Au Canada, l'administration d'un vaccin contenant le virus des oreillons fait partie du calendrier d'immunisation des enfants en 2 doses. La première dose du vaccin contenant le virus des oreillons est administré à l'âge de 12 à 15 mois, et la deuxième, à l'âge de 18 mois ou plus, mais avant que l'enfant commence l'écoleNote de bas de page 67. Le Comité consultatif national de l'immunisation publie des recommandations détaillées quant à l'utilisation des vaccins au Canada.

Section B : ressources supplémentaires

Lignes directrices provinciales/territoriales
Alberta

Ministère de la Santé de l'Alberta. Notifiable Disease Guidelines: Mumps. (En anglais seulement).

Colombie-Britannique

BC Centre for Disease Control. Communicable Disease Control Management of Specific Diseases: Mumps. (En anglais seulement).

Manitoba

Santé publique et Soins primaires. Communicable Disease Management Protocols: Mumps (Version PDF, 438 Ko, 24 pages). (En anglais seulement).

Terre-Neuve-et-Labrador

Ministère de la Santé et des Services communautaires de Terre-Neuve-et-Labrador. CDC Information for Health Professionals: Disease Control Manual: Section 4, Diseases Preventable by Routine Vaccination (Version PDF, 980 Ko, 78 pages). (Cliquer sur Mumps dans la table des matières; en anglais seulement).

Territoires du Nord-Ouest

Santé et Services sociaux des Territoires du Nord-Ouest. Communicable Disease Manual. Sélectionner HSS Professionals (staff only) et entrer code d'utilisateur et mot de passe (En anglais seulement).

Nouvelle-Écosse

Santé et Mieux-être. Communicable Disease Manual: Mumps (Version PDF, 413 Ko, 7 pages). (En anglais seulement).

Ontario

Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario. Infectious Diseases Protocol. Appendix A: Disease-Specific Chapters: Mumps (Version PDF, 173 Ko, 11 pages). (En anglais seulement).

Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario. Fiche d'information sur les oreillons (Version PDF, 50 Ko, 2 pages).

Yukon

Centre de lutte contre les maladies transmissibles Communicable Disease Control: Mumps (Version PDF, 438 Ko, 24 pages). (En anglais seulement).

Autres ressources

Agence de la santé publique du Canada. Comité consultatif national de l'immunisation. Déclaration sur le vaccin contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle. [Internet] Ottawa (ON) : Agence de la santé publique du Canada; septembre 2010.

Agence de la santé publique du Canada. Lignes directrices pour la prévention et le contrôle des éclosions d'oreillons au Canada. Supplément. [Internet] Ottawa (ON) : Agence de la santé publique du Canada; janvier 2010.

Agence de la santé publique du Canada. Comité consultatif national de l'immunisation. Relevé des maladies transmissibles au Canada. Déclaration sur le vaccin contre les oreillons. [Internet] Ottawa (ON) : Agence de la santé publique du Canada; 1er août 2007.

Coqueluche (toux quinteuse)

Aperçu

Consulter les directives provinciales/territoriales traitant de la coqueluche, là où elles sont disponibles.

La coqueluche (toux quinteuse) est une infection bactérienne aiguë et très contagieuse des voies respiratoires supérieuresNote de bas de page 68. Bien que l'incidence de la maladie au Canada ait diminué de plus de 90 % depuis l'instauration d'un vaccin contre la coqueluche en 1943, elle continue d'être la plus courante de toutes les maladies qui peuvent être prévenues par la vaccination systématique des enfantsNote de bas de page 68.

Consulter immédiatement un médecin / une infirmière praticienne en cas de coqueluche soupçonnée chez un nourrisson, car une évacuation médicale d'urgence pourrait être nécessaire.

Cause

Bactérie Bordetella pertussis (B. pertussis)Note de bas de page 68

Transmission

Période d'incubation

9 à 10 jours (peut aller de 6 à 20 jours), rarement jusqu'à 42 joursNote de bas de page 70

Contagiosité

  • La coqueluche est très contagieuse au début de la phase catarrhale et durant les 2 premières semaines suivant l'apparition de la touxNote de bas de page 70
  • La contagiosité est négligeable 3 semaines après l'apparition de la touxNote de bas de page 70
  • Les personnes infectées ne sont généralement plus contagieuses après 5 jours d'une antibiothérapie efficaceNote de bas de page 70

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

  • Jeune âge et/ou immunité incomplète ou affaiblie :
    • Les taux élevés de morbidité grave liée à la coqueluche et de mortalité se produisent presque uniquement chez les nouveau-nés, qui sont trop jeunes pour être protégés par une série complète de vaccinsNote de bas de page 70
    • Les adolescents et les adultes qui n'ont pas reçu de vaccin de rappel courent le risque d'être infectés et de transmettre la bactérie, car l'immunité à la coqueluche que confère le vaccin donné aux enfants et l'infection naturelle diminue au fil du tempsNote de bas de page 70. L'immunité disparaît entre 5 et 10 ans après la dernière dose du vaccin contre la coquelucheNote de bas de page 69Note de bas de page 70
  • Les femmes enceintes qui attrapent la coqueluche vers la fin de leur grossesse et les autres contacts familiaux atteints constituent une source importante de contamination à la bactérie de la coqueluche pour les nouveau-nésNote de bas de page 69
  • Pour de plus amples renseignements sur la série de vaccins, consulter l'Annexe F, Section A du présent guide

Anamnèse

Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse.

  • Obtenir les antécédents d'immunisation
  • Un enfant présentant une toux paroxystique, des vomissements post-tussifs et une reprise a probablement une infection causée par B. pertussisNote de bas de page 71
  • Il convient de soupçonner une coqueluche si le client présente les symptômes suivants :
    • Toux qui ne s'améliore pas dans les 14 jours
    • Toux paroxystique, quelle qu'en soit la durée
    • Toux suivie de vomissements; ou
    • Tout symptôme respiratoire après un contact avec un cas de coqueluche confirmé par des tests de laboratoireNote de bas de page 71
Phases de la maladie

La maladie se déroule généralement en 3 phases.

Phase catarrhale (première phase)
  • Caractérisée par l'apparition insidieuse d'un écoulement nasal, d'éternuements, d'une faible fièvre, d'un malaise, d'une rougeur de la conjonctive, de larmoiement et d'une légère toux occasionnelleNote de bas de page 68
  • La phase catarrhale dure 1 à 2 semainesNote de bas de page 68
Phase paroxystique (deuxième phase)
  • La plupart des complications surviennent durant cette phase; il est rare que l'on constate de la fièvre et, si elle se manifeste, elle évoque une superinfection bactérienneNote de bas de page 71
  • Caractérisée par des quintes de toux paroxystique dont la fréquence et la gravité vont en augmentant, suivies d'une inspiration sifflante. La fréquence des épisodes paroxystiques varie considérablement d'un cas à l'autre, allant de plusieurs à l'heure à 5 à 10 par jour. Les épisodes sont souvent pires la nuit et nuisent au sommeilNote de bas de page 71
  • Entre les attaques, le client apparaît normal, mais est de plus en plus fatiguéNote de bas de page 71
  • La phase paroxystique peut durer de 2 à 8 semainesNote de bas de page 70

N.B. : Le tableau clinique typique de la phase paroxystique est le plus souvent observé chez les enfants d'âge préscolaire et scolaireNote de bas de page 71.

Phase de convalescence (troisième phase)

Les symptômes disparaissent graduellement en quelques semaines ou moisNote de bas de page 68.

Antécédents sociaux
  • Établissement de la liste des contacts afin de déterminer la source possible et d'identifier les contacts susceptibles, y compris ceux qui courent le risque d'être gravement atteints
  • Fréquentation de l'école ou de la garderie

Examen physique

Effectuer un examen physique en utilisant l'approche IPPA.

N.B. : Chez les jeunes nourrissons (qui présentent un risque élevé d'atteinte grave et de complications), les symptômes cliniques sont souvent atypiques. La reprise et les vomissements post-tussifs peuvent être absents, et le tableau clinique peut être caractérisé uniquement par des épisodes de cyanose et d'apnéeNote de bas de page 71.

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Complications

Complications découlant d'une toux intense et persistante chez les adolescents et les adultesNote de bas de page 70 :

  • Troubles du sommeil
  • Fractures des côtes
  • Hémorragie sous-conjonctivale
  • Prolapsus rectal
  • Incontinence urinaire

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests.

Laboratoire

Les tests doivent être effectués conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales et en fonction du tableau clinique que présente le client.

  • Prélèvement nasopharyngé pour culture et/ou PCR de dépistage de B. pertussis, à l'aide d'une tige Calgiswab (avec alginate de calcium) ou Dacron. Ne pas utiliser une tige en coton pour prélever un échantillon nasopharyngé destiné à une culture de dépistage de B. pertussis, car le coton inhibe la croissance de la bactérieNote de bas de page 73
  • Il est essentiel de prélever correctement l'échantillon nasopharyngé pour obtenir des résultats optimauxNote de bas de page 74. Pour voir une illustration de la méthode de collecte appropriée, consulter l'Annexe F, Section A de ce guide.
  • On peut aussi voir des vidéos expliquant comment prélever des échantillons nasopharyngés (en anglais seulement)
  • FSCNote de bas de page 73

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

  • Guérir l'infection, si possible
  • Soulager les symptômes
  • Prévenir la transmission de la maladie
  • Prévenir les complications

Interventions non-pharmacologiques

Enseignement au client

Fournir l'enseignement et les directives nécessaires au client et/ou au(x) parent(s)/soignant(s) :

  • Encourager l'activité, en tenant compte de l'état de santé
  • Encourager la prise de liquides en quantité suffisante pour maintenir l'hydratation
  • Éviter tous les irritants susceptibles de déclencher une toux dans la maison, comme la fumée, la poussière et les émanations de produits chimiquesNote de bas de page 75
  • Restreindre les nouveaux visiteurs à la maison jusqu'à 5 jours après le début de l'antibiothérapie.
  • Isoler le client ayant une coqueluche confirmée ou soupçonnée des jeunes enfants et des nourrissons jusqu'à au moins 5 jours après le début de l'antibiothérapieNote de bas de page 70
  • Isoler le client ayant une coqueluche soupçonnée qui ne reçoit pas d'antibiotiques dans les 21 jours suivant l'installation de la touxNote de bas de page 76
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s) et/ou au client l'utilisation appropriée des médicaments, soit la posologie, la fréquence, l'importance de l'adhérence au traitement, les effets secondaires éventuels et les interactions médicamenteuses possibles

Pour de plus amples renseignements sur les soins à prodiguer aux enfants coquelucheux, consulter La coqueluche dans le site Web Soins de nos enfants.

Interventions pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial avant d'initier une thérapie.

N.B. : Aucun traitement pharmacologique n'est indiqué pour prendre en charge une toux coquelucheuse (p. ex. bronchodilatateurs, antitussifs, corticostéroïdes); ces médicaments ne sont pas efficaces dans le cas de la coqueluche, et les effets secondaires comportent plus de risques que les avantages que pourrait procurer le médicamentNote de bas de page 77.

Thérapie intraveineuse (IV)

Il pourrait être nécessaire d'administrer une solution IV (p. ex. du chlorure de sodium à 0,9 %) à un patient qui ne tolère pas l'alimentation orale ou qui présente des signes de déshydratation (p. ex. à cause des vomissements)Note de bas de page 77Note de bas de page 78. Pour de plus amples renseignements sur les besoins d'hydratation des enfants, consulter le.

Antipyrétiques/analgésiques

N.B. : Puisque les nouveau-nés et les nourrissons de moins de 3 mois sont moins capables de générer une réponse fébrile, il est plus probable qu'il s'agisse d'une maladie grave s'ils deviennent fébriles. Consulter le médecin / l'infirmière praticienne, particulièrement s'il s'agit d'un enfant de moins de 3 mois.

AcétaminophèneNote de bas de page 79
  • Acétaminophène 10 à 15 mg/kg PO q4 à 6 h PRN
  • Maximum selon toutes les sources : acétaminophène 75 mg/kg/jour ou 4 000 mg/jour, selon la plus faible de ces valeurs
IbuprofèneNote de bas de page 82
  • Nourrissons de moins de 6 mois
    • Les données sont limitées pour les nourrissons
  • Enfants de 6 mois à 12 ans
    • Ibuprofène 5 à 10 mg/kg/dose PO toutes les 6 à 8 heures PRN
    • Maximum de 400 mg par dose*
  • Enfants de plus de 12 ans
    • Ibuprofène 200 à 400 mg/dose PO q4 à 6 h PRN*
  • *Maximum selon toutes les sources et pour tous les âges :
    • Ibuprofène 40 mg/kg /jour ou 1 200 mg par jour selon la plus faible de ces valeurs. Sous la supervision d'un médecin ou d'une infirmière praticienne, des doses quotidiennes ≤2 400 mg peuvent être administrées
Thérapie antimicrobienne
  • Un traitement antimicrobien administré à la phase catarrhale de la maladie peut réduire la durée et la gravité des symptômesNote de bas de page 69
  • Les macrolides constituent le traitement privilégié pour la coqueluche (c.-à-d. azithromycine, érythromycine, clarithromycine)Note de bas de page 83
  • Un régime plus court (c.-à-d. 3 jours) à l'azithromycine aux fins de traitement ou de prophylaxie après exposition à B. pertussis n'a pas été validé et n'est pas recommandéNote de bas de page 84
  • L'azithromycine est le médicament de premier choix puisqu'il est simple à administrer et qu'il est donné sur une courte duréeNote de bas de page 74. C'est le médicament de prédilection pour les nourrissons de moins de 1 moisNote de bas de page 80
Traitement privilégiéNote de bas de page 76
Azithromycine
  • Nourrissons de moins de 6 mois
    • Azithromycine PO quotidiennement pendant 5 jours (calculer 10 mg/kg en 24 heures)
  • Nourrissons et enfants de 6 mois ou plus
    • Jour 1
      • Azithromycine PO une fois par jour (calculer 10 mg/kg en 24 heures; maximum de 500 mg en 24 heures – en une seule dose le jour 1)
    • Jours 2 à 5
      • Azithromycine PO une fois par jour, du 2e au 5e jour (calculer 5 mg/kg/jour; maximum de 250 mg en 24 heures)
Autre traitement si l'azithromycine est contre-indiquée

Les macrolides peuvent être remplacés par du triméthoprime-sulfaméthoxazole (co-trimoxazole) (TMP-SMX) pour les clients âgés de 2 mois ou plus allergiques ou intolérants aux macrolides, ou encore infectés par une souche rare de Bordetella pertussis résistante aux macrolides.

Triméthoprime-sulfaméthoxazole
  • Nourrissons de moins d'un mois
    • Contre-indiqué à cause du risque d'ictère nucléaire
  • Nourrissons de 1 à 5 mois
    • Triméthoprime-sulfaméthoxazole PO, TMP 8 mg/kg et SMX 40 mg /kg en deux doses fractionnées, pendant 14 jours
  • Nourrissons et enfants de plus de 6 mois
    • Triméthoprime-sulfaméthoxazole PO, TMP 8 mg/kg et SMX 40 mg /kg en deux doses fractionnées, pendant 14 jours (maximum de 320 mg de TMP et de 1 600 mg de SMX par jour)

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Surveillance

  • Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie
  • Surveiller les signes vitaux selon l'état du client

Suivi

  • Effectuer un suivi tous les quelques jours ou toutes les 2 semaines, selon les besoins, afin de réévaluer l'état du client et de surveiller les signes de complications
  • Conseiller au(x) parent(s)/soignant(s) et/ou au client de revenir immédiatement à la clinique pour un suivi en cas de signes de complications
Orientation vers d'autres ressources médicales
  • Prendre les dispositions nécessaires pour une évacuation médicale, si c'est cliniquement indiqué (p. ex. nourrissons et enfants plus âgés présentant des manifestations graves ou des complications)
Déclaration

La coqueluche est une maladie à déclaration obligatoire. Suivre les politiques et procédures provinciales/territoriales relatives aux maladies à déclaration obligatoire.

Annexe F

Section A : informations supplémentaires pour la prise en charge

Prise en charge des contacts

Le statut d'immunisation des contacts, particulièrement les enfants, doit être vérifié. Si l'immunisation est incomplète et qu'il n'y a pas de contre-indication, les doses de vaccin recommandées devraient être administrées.

Vaccination contre la coqueluche durant la grossesse
  • À l'heure actuelle, le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) ne recommande pas la mise en œuvre d'un programme universel de vaccination des femmes enceintes
  • Dans certaines circonstances, par exemple une éclosion régionale, une vaccination au moyen du vaccin anticoquelucheux acellulaire (dcaT) pourrait être offerte aux femmes enceintes (≥26 semaines de gestation), sans égard à une immunisation précédente
  • Pour de plus amples renseignements sur la vaccination contre la coqueluche durant la grossesse, consulter le document de l'Agence de la santé publique du Canada intitulé Mise à jour sur la vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse
PréventionNote de bas de page 70
  • La coqueluche peut être prévenue par un vaccin. Il convient de sensibiliser le public à propos des dangers de la coqueluche et des avantages d'initier l'immunisation à l'âge de 2 mois, ainsi que de l'importance de respecter le calendrier de vaccinationNote de bas de page 81
  • Aux personnes qui ne l'ont pas déjà reçu à l'âge adulte (18 ans ou plus), il faut administrer une dose du dcaT
  • Les adultes de tout âge qui n'ont pas déjà reçu une dose du dcaT à l'âge adulte et qui sont en contact ou qui prévoient être en contact avec des nourrissons (p. ex. parents, grands-parents, personnes prodiguant des soins aux enfants), devraient recevoir un vaccin contre la coqueluche
  • Pour des renseignements plus complets sur les recommandations en matière d'immunisation, consulter la dernière version du Guide canadien d'immunisation
Épidémiologie de la coqueluche au Canada

Pour de plus amples renseignements sur l'épidémiologie de la coqueluche au Canada, consulter le Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC).

Méthode de collecte d'échantillons nasopharyngés

Pour de plus amples renseignements sur le prélèvement d'échantillons nasopharyngés, consulter le document du Laboratoire provincial Cadham intitulé Collection of Nasal Specimens (Version PDF, 49 Ko, 2 pages) (En anglais seulement).

Section B : ressources supplémentaires

Lignes directrices provinciales/territoriales
Alberta

Ministère de la Santé de l'Alberta. Notifiable Disease Guidelines: Pertussis. (En anglais seulement).

Colombie-Britannique

BC Centre for Disease Control. Communicable Disease Control Management of Specific Diseases: Pertussis (Version PDF, 315 Ko, 37 pages). (En anglais seulement).

Manitoba

Santé publique et Soins primaires. Communicable Disease Management Protocols: Pertussis (Version PDF, 315 Ko, 34 pages). (En anglais seulement).

Terre-Neuve-et-Labrador

Santé et Services communautaires. CDC Information for Health Professionals: Disease Control Manual: Section 4, Diseases Preventable by Routine Vaccination (Version PDF, 980 Ko, 78 pages). (En anglais seulement). (Cliquer sur Pertussis (Whooping Cough) dans la table des matières).

Territoires du Nord-Ouest

Santé et Services sociaux. Communicable Disease Manual. (Cliquer sur HSS Professionals (staff only) et entrer code d'utilisateur et mot de passe).

Nouvelle-Écosse

Santé et Mieux-être. Communicable Disease Manual: Pertussis (Version PDF, 474 Ko, 9 pages). (En anglais seulement).

Ontario

Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario. Maladies et états : Pertussis: Diagnostic Test Recommendations. (En anglais seulement).

Yukon

Lutte contre les maladies transmissibles. Communicable Disease Control: Pertussis (Version PDF, 315 Ko, 34 pages). (En anglais seulement).

Oxyurose

Aperçu

Consulter les directives provinciales/territoriales traitant de l'oxyurose, là où elles sont disponibles.

L'oxyurose (entérobiase) est une infection parasitaire couranteNote de bas de page 85. Elle est présente partout dans le monde et on l'observe fréquemment au sein des familles. Les taux de prévalence sont plus élevés dans les populations suivantes : enfants d'âge préscolaire et scolaire, personnes prodiguant des soins primaires aux enfants infectés et personnes vivant en établissementNote de bas de page 86.

Cause

Enterobius vermicularis (E. vermicularis)Note de bas de page 87

Transmission

  • L'infection se fait par l'ingestion ou l'inhalation d'œufsNote de bas de page 88
  • Les œufs éclosent dans la partie supérieure de l'intestin, puis arrivés à maturité, les vers migrent dans l'intestinNote de bas de page 88
  • Durant la nuit, les oxyures femelles gravides migrent jusqu'au pourtour de l'anus pour y déposer leurs œufs et rampent dans la région périanale et périnéaleNote de bas de page 87
  • Le déplacement des oxyures sur la peau et les muqueuses provoquent des démangeaisons intensesNote de bas de page 88. Quand l'enfant se gratte, des œufs se déposent sur ses mains et sous ses onglesNote de bas de page 88. L'habitude qu'ont les jeunes enfants de porter leurs mains à leur bouche les rend particulièrement vulnérables à une réinfectionNote de bas de page 88
  • Les autres modes de transmission comprennent l'exposition à des objets contaminés par des œufs d'oxyures (p. ex. rideaux, tapis, draps, vêtements, sièges de toilette, poignées de porte et aliments)Note de bas de page 87Note de bas de page 88

Période d'incubation

  • Il peut s'écouler entre 1 et 2 mois ou plus entre l'ingestion de l'œuf et la migration de la femelle adulte gravide vers la région périanale où elle déposera ses œufsNote de bas de page 86

Contagiosité

  • Dans un milieu intérieur, les œufs d'oxyure demeurent viables pendant 2 à 3 semainesNote de bas de page 86
  • Une personne infectée demeure contagieuse tant que les nématodes femelles pondent leurs œufs dans la région périanaleNote de bas de page 86

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

Anamnèse

Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse.

Antécédents sociaux
  • Il importe de connaître les conditions de vie de la famille, parce qu'une confirmation de la présence d'oxyures par un test du ruban adhésif n'est pas nécessairement le facteur déterminant du traitement du client. Le partage d'un lit, l'absence d'installation pour se laver et la disponibilité d'eau chaude sont d'autres facteurs qui influencent la décision

Examen physique

Si une oxyurose est soupçonnée, effectuer un examen physique selon l'approche IPPA; n'importe lequel, ou aucun, des signes suivants peuvent être observés :

Il pourrait être nécessaire d'effectuer un test du ruban adhésif dans certains cas. Pour de plus amples renseignements sur la façon d'effectuer le test du ruban adhésif, consulter l'Annexe G, Section A de ce guide.

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Complications

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests.

Laboratoire

Les tests doivent être effectués conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales. Les tests diagnostiques ci-dessous sont à considérer.

  • L'examen d'échantillons de selles pour déceler la présence d'œufs ou de parasites n'est pas recommandé (l'excrétion d'œufs ne se produit pas dans la lumière intestinaleNote de bas de page 85; il y a donc très peu d'œufs dans les selles)
  • Examiner la région périanale et périnéale 2 à 3 heures après le début du sommeil du clientNote de bas de page 85 (c'est le moment où il est le plus probable de voir les oxyures femelles adultes dans cette région)
  • Si aucune oxyure femelle adulte n'a été vue, le(s) parent(s)/soignant(s)/client peuvent effectuer un test du ruban adhésif à la maison (il pourrait être nécessaire de refaire le test à 3 reprises à des jours différents pour obtenir des œufs)Note de bas de page 85. Pour de plus amples renseignements sur la façon d'effectuer un test du ruban adhésif, consulter l'Annexe G, Section A de ce guide

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

  • Enrayer l'infestation
  • Prévenir la transmission des parasites
  • Prévenir les complications

Interventions non-pharmacologiques

Enseignement au client
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s)/client l'importance pour tous les membres de la maisonnée et les contacts étroits d'adopter les comportements suivants :
    • Bien se laver les mains après avoir été aux toilettes, après avoir changé une couche et avant de préparer et de consommer un repasNote de bas de page 90
    • Garder ses ongles courts et ne pas se ronger les onglesNote de bas de page 90
    • Éviter ou empêcher de se gratter dans les régions périanale et périnéaleNote de bas de page 90
    • Prendre un bain le matin pour se débarrasser du plus grand nombre d'œufs possibleNote de bas de page 90
    • Nettoyer la maison et changer et laver les draps et les vêtements fréquemment, afin de détruire les œufs et de prévenir la réinfection. Éviter de secouer les draps et les vêtements pour ne pas répandre les œufsNote de bas de page 90
    • Ouvrir les stores ou les rideaux dans les chambres durant le jourNote de bas de page 90; les œufs meurent lorsqu'ils sont exposés aux rayons du soleil
  • Une réinfection peut se produire si le client se trouve de nouveau en contact avec des œufs d'oxyures.
  • Les œufs d'oxyures peuvent demeurer vivants dans la maison jusqu'à 3 semainesNote de bas de page 90
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s)/client l'utilisation appropriée des médicaments, soit la posologie, la fréquence, l'importance de l'adhérence au traitement, les effets secondaires éventuels et les interactions médicamenteuses possiblesNote de bas de page 90

Pour de plus amples renseignements sur les soins à prodiguer à un enfant atteint d'oxyurose, consulter Les vers intestinaux du site Web Soins de nos enfants.

Interventions pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial avant d'initier une thérapie.

Pamoate de pyrantelNote de bas de page 94
  • La posologie de pamoate de pyrantel est calculée en fonction du poids du client, soit 11 mg/kg PO en une seule dose (maximum de 1 000 mg) et le traitement doit être administré de nouveau 2 semaines plus tard
  • Comme les comprimés contiennent 125 mg de pamoate de pyrantel, il est peu probable d'arriver à obtenir une dose exacte en fonction du poids

N.B. : Consulter le médecin / l'infirmière praticienne si le client est un enfant de moins de 1 an. Les risques et les avantages doivent être examinés avant d'initier un traitement.

Les posologies recommandées pour les enfants de 1 an ou plus :

Pamoate de pyrantel
  • Enfants de moins de 12 kg
    • Pyrantel pamoate 125 mg PO en une seule dose
  • Enfants de 12 à 23 kg
    • Pamoate de pyrantel 250 mg PO en une seule dose
  • Enfants de 24 à 45 kg
    • Pamoate de pyrantel 500 mg PO en une seule dose
  • Enfants de 46 à 68 kg
    • Pamoate de pyrantel 750 mg PO en une seule dose
  • Enfants de 69 kg ou plus
    • Pamoate de pyrantel 1 000 mg PO en une seule dose

N.B. : L'administration d'une seule dose permet d'atteinte un taux de guérison relativement élevé, mais l'administration d'une deuxième dose 2 semaines plus tard donne un taux de guérison de près de 100 % et contribue à prévenir la récurrence attribuable à la réinfection.

La réinfection est courante, même si le traitement est efficace. Il est donc recommandé de traiter simultanément tous les membres de la maisonnée, compte tenu du taux élevé de transmission au sein des famillesNote de bas de page 89. En outre, toute la literie et les vêtements doivent être lavés. Des mesures d'hygiène, telles que se couper les ongles, se laver souvent les mains et prendre des bains, peuvent aussi contribuer à réduire le risque de réinfection.

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Surveillance

Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie.

Suivi

  • Conseiller un suivi 2 semaines après le traitement, car une réinfection est possible et une deuxième dose pourrait être nécessaire pour éradiquer l'oxyurose
  • Conseiller au(x) parent(s)/soignant(s)/client de revenir à la clinique pour une autre évaluation si les signes et symptômes de l'infection ne s'améliorent pas après le traitement

Annexe G

Section A : informations supplémentaires pour la prise en charge

Test du ruban adhésifNote de bas de page 85
  • Informer le(s) parent(s)/soignant(s)/client que le test doit être effectué lorsque le client se réveille le matin (avant de prendre un bain ou d'aller à la selle)
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s)/client comment effectuer le test du ruban adhésifNote de bas de page 85:
    1. Recueillir les œufs en collant un ruban adhésif transparent (et non translucide) dans la région périanale et périnéale plusieurs fois (il est possible que le test doive être effectué 3 jours consécutifs ou plus avant que des œufs puissent être récoltés)
    2. Placer le ruban transparent dans un pot en verre ou dans un sac en plastique et l'apporter à la clinique pour un examen au microscope
Diagnostic
  • Le diagnostic est fait au moyen du test du ruban adhésif
  • Le diagnostic est positif lorsqu'on constate la présence d'œufs d'oxyures sur le ruban
    • Si c'est le cas, le(s) parent(s)/soignant(s)/client pourrait devoir apporter l'échantillon à la clinique
  • L'infirmière posera le ruban sur une lamelle et l'examinera sous une lentille de faible grossissement, si possible

Roséole infantile

Aperçu

Consulter les lignes directrices provinciales/territoriales traitant de la roséole infantile, là où elles sont disponibles.

La roséole infantile (aussi appelée simplement « roséole », ou « sixième maladie ») est une maladie virale généralement bénigne et spontanément résolutiveNote de bas de page 96. Elle est caractérisée par une manifestation soudaine de forte fièvre durant plusieurs jours, et est le plus souvent suivie de l'apparition subite d'une éruption maculopapulaire diffuse sur le tronc et le cou, après que la fièvre a cessé aussi soudainement qu'elle a commencéNote de bas de page 95Note de bas de page 96.

Causes

L'herpèsvirus humain de type 6 (HHV-6) est le virus le plus souvent à l'origine de la roséoleNote de bas de page 96.

Les autres causes comprennent ce qui suit :

  • Herpèsvirus humain de type 7 (HHV-7)
  • Entérovirus (virus Coxsackie A et B, échovirus)
  • Adénovirus
  • Virus parainfluenza de type 1Note de bas de page 96

Transmission

Le virus HHV-6 semble être transmis par les sécrétions des voies respiratoires de personnes asymptomatiques.

Dans la plupart des cas, aucun contact avec une personne infectée n'est signaléNote de bas de page 97.

Période d'incubation

Environ 9 jours (de 5 à 15 jours)Note de bas de page 97

Contagiosité

InconnueNote de bas de page 97

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

Anamnèse

Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse.

Examen physique

Effectuer un examen physique en utilisant l'approche IPPA.

  • Enfant généralement alerte et d`un bon état général Note de bas de page 100
  • Éruption cutanée se manifestant après la disparition soudaine de la fièvreNote de bas de page 100:
    • Éruption en relief, érythémateuse et non pruritique
    • Macules et papules rose clair, d'environ 2 à 3 mm de diamètreNote de bas de page 95
    • Lésions généralement bien délimitées, se confondant rarement et blanchissant à la pression
    • Généralement sur la poitrine ou dans le dos, le visage et les extrémités proximales étant peu touchés
    • Certaines lésions peuvent être entourées d'un halo de peau plus pâle
  • Fontanelle antérieure parfois bombée (un examen plus approfondi doit être fait pour déterminer s'il s'agit d'une élévation de la pression intracrânienne associée à la méningite ou à l'encéphalite)
  • Taches de Nagayama (papules érythémateux sur le palais mou et la luette)
  • Œdème périorbital (peut se produire avant l'apparition de l'éruption cutanée)
  • Érythème de la conjonctiveNote de bas de page 100
  • Les signes et symptômes connexes peuvent comprendre une adénopathie cervicale et rétro-auriculaire, une inflammation du pharynx, de la toux et une rhiniteNote de bas de page 97

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

  • Mononucléose
  • Érythème infectieux aigu (cinquième maladie)
  • Rougeole
  • Méningite ou encéphalite
  • RubéoleNote de bas de page 101
  • Effet indésirable d'un médicament

N.B. : On peut généralement distinguer la roséole des autres exanthèmes infectieux et d'une réaction anaphylactique à un médicament par ses caractéristiques épidémiologiques ou cliniques (p. ex. groupe d'âge et/ou relation temporelle entre la fièvre et l'éruption cutanée)Note de bas de page 96.

Complications

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen

physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests.

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

  • Offrir des soins de confort
  • Prévenir les complications

Interventions non-pharmacologiques

Enseignement au client
  • Encourager l'activité, selon les capacités
  • Encourager la prise de liquides en quantité suffisante pour maintenir l'hydratation
  • Rassurer le(s) parent(s)/soignant(s) quant à la nature généralement bénigne de la maladie
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s) les signes et symptômes des complications possibles, par exemple :
    • Convulsions fébriles
    • Léthargie
    • Refus de boire
    • Fièvre durant plus de 72 heures ou impossible à faire baisser
  • Demander au(x) parent(s)/soignant(s) de ramener l'enfant à la clinique si des complications surviennent
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s) ce qu'il faut faire en cas de convulsions fébriles. Le(s) parent(s)/soignant(s) peuvent trouver de l'information sur les convulsions fébriles
  • Expliquer aux parent(s)/soignant(s) que les éruptions cutanées vont se résorber graduellement et ne laisseront pas de cicatricesNote de bas de page 102
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s) l'utilisation appropriée des médicaments, soit la posologie, la fréquence, l'importance de l'adhérence au traitement, les effets secondaires éventuels et les interactions médicamenteuses possibles
  • Le client ne doit pas recevoir d'acide acétylsalicylique (AAS) ni tout autre produit contenant de l'AAS. L'AAS augmente le risque de contracter le syndrome de Reye, qui peut endommager le foie et le cerveau

Pour d'autres renseignements à l'intention des parents/soignants, consulter le site Web About Kids Health ou Soins de nos enfants.

Interventions pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial avant d'initier une thérapie.

Analgésiques/antipyrétiques

N.B. : Puisque les nouveau-nés et les nourrissons de moins de 3 mois sont moins capables de générer une réponse fébrile, il est plus probable qu'il s'agisse d'une maladie grave s'ils deviennent fébriles. Consulter le médecin / l'infirmière praticienne, particulièrement s'il s'agit d'un enfant de moins de 3 mois.

AcétaminophèneNote de bas de page 104
  • Acétaminophène 10 à 15 mg/kg PO q4 à 6 h PRN
  • Maximum selon toutes les sources : acétaminophène 75 mg/kg/jour ou 4 000 mg/jour, selon la plus faible de ces valeurs
IbuprofèneNote de bas de page 105
  • Nourrissons de moins de 6 mois
    • Les données sont limitées pour les nourrissons
  • Enfants de 6 mois à 12 ans
    • Ibuprofène 5 à 10 mg/kg/dose PO toutes les 6 à 8 heures PRN
    • Maximum de 400 mg par dose*
  • Enfants de plus de 12 ans
    • Ibuprofène 200 à 400 mg/dose PO q4 à 6 h PRN*
  • *Maximum selon toutes les sources et pour tous les âges :
    • Ibuprofène 40 mg/kg /jour ou 1 200 mg par jour selon la plus faible de ces valeurs. Sous la supervision d'un médecin ou d'une infirmière praticienne, des doses quotidiennes ≤2 400 mg peuvent être administrées

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Surveillance

  • Surveiller les signes de convulsions durant la phase fébrile de la maladie
  • Surveiller les signes vitaux selon l'état du client
  • Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie

Suivi

La maladie est généralement bénigne et de courte durée. Un suivi n'est nécessaire que si des complications surviennent, p. ex. :

  • Convulsions fébriles
  • Léthargie
  • Refus de boire
  • Fièvre durant plus de 72 heures ou impossible à faire baisserNote de bas de page 99
Orientation vers d'autres ressources médicales
  • Pas nécessaire sauf en cas de complications

Rubéole

Aperçu

Consulter les lignes directrices provinciales/territoriales traitant de la rubéole, là où elles sont disponibles.

La rubéole est une maladie virale très contagieuse, souvent bénigne et subclinique. Comme l'infection à la rubéole durant la grossesse peut avoir des effets dévastateurs sur le fœtus en développement, on effectue une sérologie pour déceler les anticorps de la rubéole dans le cadre du dépistage prénatal. La rubéole est une maladie évitable par la vaccination.

Cause

Virus de la rubéoleNote de bas de page 106

Transmission

Période d'incubation

12 à 21 jours après l'exposition à la maladie cliniqueNote de bas de page 106

Contagiosité

  • Une personne infectée est contagieuse à compter d'une semaine avant l'apparition de l'éruption cutanée, jusqu'à au moins 4 jours aprèsNote de bas de page 106
  • Un enfant atteint du syndrome de rubéole congénitale peut excréter le virus durant des mois après la naissance et constituer une source d'infection pour les personnes avec lesquelles il est en contactNote de bas de page 107

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

  • Personnes qui n'ont pas reçu au moins une dose d'un vaccin contenant la rubéoleNote de bas de page 107
  • Un enfant à naître court un risque du syndrome de rubéole congénitale si sa mère attrape la rubéole durant sa grossesse

Anamnèse

Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse.

Antécédents sociaux
  • Antécédents liés aux habitudes de voyage, notamment les voyages récents dans une région où la rubéole est activeNote de bas de page 110

Examen physique

Effectuer un examen physique en utilisant l'approche IPPA.

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

  • Rougeole
  • Roséole
  • Scarlatine
  • Érythème infectieux aigu (cinquième maladie)
  • Mononucléose
  • Exanthème viral non précisé
  • Effet indésirable d'un médicament

Complications

Fœtus

Le fœtus peut être infecté par le virus de la rubéole à n'importe quel stade de la grossesse. Le risque de conséquences pour le fœtus si la mère est infectée est particulièrement élevé durant le premier trimestre, et diminue progressivement par la suiteNote de bas de page 106. Le syndrome de rubéole congénitale peut entraîner les anomalies suivantes chez le fœtus :

  • Troubles ophtalmologiques (p. ex. cataractes, microphtalmie, glaucome)
  • Troubles cardiaques (p. ex. persistance du canal artériel, sténose des artères pulmonaires périphériques)
  • Troubles de l'audition (p. ex. surdité de perception)
  • Troubles neurologiques (p. ex. troubles du comportement, méningoencéphalite, déficience intellectuelle)
  • Hépatosplénomégalie
  • Ictère
Enfants
  • Thrombocytopénie (manifestations hémorragiques rares)
  • Leucopénie
Adolescents
  • Arthrite (environ une semaine après l'apparition de l'éruption cutanée; en règle générale, les mains, les genoux, les poignets et les chevilles sont touchées de façon symétrique)Note de bas de page 110
  • Encéphalite

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Les tests doivent être effectués conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales. Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests.

LaboratoireNote de bas de page 112
  • Culture du virus à partir d'échantillons cliniques (p. ex. prélèvement de gorge, prélèvement nasopharyngé par écouvillonnage/ aspiration, échantillon d'urine)
  • Test d'amplification des acides nucléiques (TAAN) (p. ex. à l'aide d'un prélèvement de gorge ou d'urine) pour déceler la présence d'acide ribonucléique (ARN) du virus de la rubéole
  • Test sérologique de dépistage des anticorps immunoglobulines M (IgM) contre la rubéole
  • Test sérologique de dépistage des anticorps immunoglobulines G (IgG) contre la rubéole
  • Si la cliente est en âge de procréer, test de grossesse
Interprétation des résultats des analyses de laboratoireNote de bas de page 112

Si le client n'a pas reçu de vaccin contenant la rubéole au cours des 7 à 42 jours précédents, l'infection peut être confirmée par l'une des analyses de laboratoire suivantes :

  • Isolation du virus de la rubéole par une culture d'échantillons cliniques (prélèvement de gorge, prélèvement nasopharyngé par écouvillonnage ou par aspiration, échantillon d'urine)
  • Détection d'ARN du virus de la rubéole par un test d'amplification des acides nucléiques (TAAN)
  • Test sérologique positif de dépistage des anticorps immunoglobulines M (IgM) contre la rubéole chez une personne ayant un lien épidémiologique avec un cas confirmé par une analyse de laboratoire ou ayant récemment voyagé dans une région où la rubéole est active
  • Forte augmentation (quadruple ou plus) des taux d'anticorps IgG contre la rubéole ou séroconversion en paires de sérum et sur sérum de phase convalescente

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

  • Offrir des soins de confort
  • Prévenir la transmission de la maladie
  • Prévenir les complications

Interventions non-pharmacologiques

Enseignement au client
  • Encourager l'activité, selon les capacités
  • Encourager la prise de liquides en quantité suffisante
  • Retirer les enfants atteints de rubéole postnatale de l'école ou de la garderie pendant 7 jours après l'apparition de l'éruption cutanéeNote de bas de page 111
  • Expliquer au client et au(x) parent(s)/soignant(s) l'utilisation appropriée des médicaments, soit la posologie, la fréquence, l'importance de l'adhérence au traitement, les effets secondaires éventuels et les interactions médicamenteuses possibles
  • Le client ne doit pas recevoir d'acide acétylsalicylique (AAS) ni tout autre produit contenant de l'AAS. L'AAS augmente le risque de contracter le syndrome de Reye, qui peut endommager le foie et le cerveau
  • Demander au client de revenir à la clinique si les signes et symptômes de la maladie ne s'améliorent pas
  • Pour l'enseignement aux clientes en âge de procréer, consulter la rubrique Prévention à l'Annexe, Section A de ce guide
Exposition/infection à la rubéole chez la femme enceinteNote de bas de page 110
  • La prise en charge d'une cliente enceinte qui a été exposée à la rubéole doit être personnalisée et dépend du moment au cours de la gestation où elle a été exposée et de son statut d'immunisation
  • Pour de plus amples renseignements à propos du diagnostic prénatal de l'infection de la mère et du syndrome de rubéole congénitale, consulter la rubrique Prévention à l'Annexe, Section A de ce guide

Interventions Pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial avant d'initier une thérapie.

Antipyrétiques/analgésiques

N.B. : Puisque les nouveau-nés et les nourrissons de moins de 3 mois sont moins capables de générer une réponse fébrile, il est plus probable qu'il s'agisse d'une maladie grave s'ils deviennent fébriles. Consulter le médecin / l'infirmière praticienne, particulièrement s'il s'agit d'un enfant de moins de 3 mois.

AcétaminophèneNote de bas de page 113
  • Acétaminophène 10 à 15 mg/kg PO q4 à 6 h PRN
  • Maximum selon toutes les sources : acétaminophène 75 mg/kg/jour ou 4 000 mg/jour, selon la plus faible de ces valeurs
IbuprofèneNote de bas de page 114
  • Nourrissons de moins de 6 mois
    • Les données sont limitées pour les nourrissons
  • Enfants de 6 mois à 12 ans
    • Ibuprofène 5 à 10 mg/kg/dose PO toutes les 6 à 8 heures PRN
    • Maximum de 400 mg par dose*
  • Enfants de plus de 12 ans
    • Ibuprofène 200 à 400 mg/dose PO q4 à 6 h PRN*
  • *Maximum selon toutes les sources et pour tous les âges :
    • Ibuprofène 40 mg/kg /jour ou 1 200 mg par jour selon la plus faible de ces valeurs. Sous la supervision d'un médecin ou d'une infirmière praticienne, des doses quotidiennes ≤2 400 mg peuvent être administrées

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Surveillance

Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie.

SuiviNote de bas de page 106

  • Demander au(x) parent(s)/soignant(s) de revenir à la clinique avec l'enfant s'il y a des signes de complications; il faut généralement compter 1 à 2 semaines pour un rétablissement complet
  • Pour de plus amples renseignements sur l'identification, la recherche et la prise en charge des contacts, voir la rubrique Prise en charge des contacts à l'Annexe, Section A de ce guide
Orientation vers d'autres ressources médicales
  • Prévoir une évacuation médicale si c'est cliniquement indiqué
  • Coordonner les demandes de consultation, le cas échant
Déclaration

La rubéole est une maladie à déclaration obligatoire. Suivre les politiques et procédures provinciales/territoriales relatives aux maladies à déclaration obligatoire.

Annexe

Section A : informations supplémentaires pour la prise en charge

Prise en charge des contactsNote de bas de page 107
Identification et recherche des contacts

On entend par « contact » toute personne ayant été en contact étroit avec un cas de rubéole durant la période de contagion. L'identification et la recherche des contacts comprennent ce qui suit :

  • Établissement de la liste des contacts durant la période de contagion
  • Évaluation du type de contact
  • Identification des contacts pour effectuer un suivi et déterminer leur statut d'immunisation
  • Profession du contact
  • Installations, établissements et autres où le contact vit ou qu'il fréquente
Prise en charge des contacts
  • Évaluer la vulnérabilité des contacts enceintes à la rubéole. En cas de vulnérabilité, effectuer un test sérologique pour déterminer s'il y a infection
Prévention
  • L'objectif premier de la vaccination contre la rubéole est de prévenir l'infection durant la grossesse
  • La pierre angulaire de la prévention est la vaccination systématique de tous les enfants du CanadaNote de bas de page 110
  • Toute femme en âge de procréer doit être vaccinée, sauf si elle peut présenter une preuve écrite de vaccination antérieure ou les résultats d'une analyse de laboratoire montrant qu'elle a des anticorps contre la maladie
  • Sensibiliser les femmes en âge de procréer à l'importance de connaître leur statut d'immunisation contre la rubéoleNote de bas de page 112
  • Évaluer toute femme enceinte pour déterminer sa vulnérabilité à la rubéole et faciliter l'immunisation postpartum des femmes à risqueNote de bas de page 112
Infection à la rubéole durant la grossesse et du syndrome de rubéole congénitale du fœtusNote de bas de page 110
  • Pour de plus amples renseignements sur la rubéole durant la grossesse, y compris sur le syndrome de rubéole congénitale, le diagnostic de rubéole et la prise en charge de l'exposition et de l'infection chez la femme enceinte, consulter la dernière version des Directives cliniques de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC)
  • Évaluer le statut d'immunisation contre la rubéole des adolescentes et des femmes en âge de procréer et administrer un vaccin, au besoin
  • Informer les femmes qui reçoivent un vaccin contre la rubéole ou un vaccin combiné contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) d'éviter de tomber enceinte durant les 4 semaines suivants l'administration du vaccin
  • Le virus vivant atténué contenu dans le vaccin peut traverser le placenta; toutefois, aucun cas de rubéole congénitale n'a été signalé chez un nouveau-né dont la mère a reçu par mégarde un vaccin alors qu'elle était enceinte
  • Évaluer toutes les femmes enceintes pour déterminer leur statut d'immunisation et leur vulnérabilité
  • Il est impératif de poser un diagnostic rapide et exact d'infection primaire aiguë au virus de la rubéole au cours de la grossesse; pour ce faire, il faut exécuter le plus tôt possible un test sérologique de dépistage des anticorps IgM et IgG. Consulter le médecin / l'infirmière praticienne en cas de soupçon d'exposition à la rubéole ou de signes de la maladie chez une femme enceinte
  • L'administration systématique d'immunoglobulines aux femmes susceptibles d'avoir été exposées à la rubéole en début de grossesse n'est pas recommandéeNote de bas de page 107. Consulter le médecin de la santé publique responsable et suivre les lignes directrices provinciales/territoriales

Pour de plus amples renseignements, consulter la dernière version du Guide canadien d'immunisation.

Enfants

Au Canada, les enfants devraient recevoir 2 doses du vaccin contre la rubéole. Pour de plus amples renseignements, consulter la dernière version du Guide canadien d'immunisation.

Section B : ressources supplémentaires

Lignes directrices provinciales/territoriales
Alberta

Ministère de la Santé de l'Alberta. Notifiable Disease Guidelines: Rubella. (En anglais seulement).

Colombie-Britannique

BC Centre for Disease Control. Diseases & Conditions: Rubella. (En anglais seulement).

Manitoba

Ministère de la Santé du Manitoba. Communicable Disease Management Protocol: Rubella. (En anglais seulement).

Nouvelle-Écosse

Communicable Disease Manual: Rubella (Version PDF, 411 Ko, 6 pages). (En anglais seulement).

Territoires du Nord-Ouest

Communicable Disease Manual: Rubella. (Cliquer sur HSS Professionals (staff only) et entrer code d'utilisateur et mot de passe) (en anglais seulement).

Terre-Neuve-et-Labrador

CDC Information for Health Professionals: Disease Control Manual, Section 4, Diseases Preventable by Routine Vaccination. (En anglais seulement).

Yukon

Communicable Disease Control: Rubella. (En anglais seulement).

Autres ressources

Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC). Directives cliniques.

Scarlatine

Aperçu

Consulter les lignes directrices provinciales/territoriales traitant de la scarlatine, là où elles sont disponibles.

La scarlatine est causée par une souche de streptocoque du groupe A (SGA) produisant une toxine. On trouve couramment des SGA dans la gorge et sur la peau. La scarlatine est la manifestation d'une infection à SGA et suit généralement une pharyngite à SGA (angine streptococcique), bien qu'elle puisse aussi se produire à la suite d'une infection à SGA à un autre siège (p. ex. une infection streptococcique de la peau (impétigo))Note de bas de page 115. Elle est caractérisée par une éruption scarlatiniforme et par l'aspect framboisé de la langueNote de bas de page 116Note de bas de page 123.

Outre une éruption, les caractéristiques épidémiologiques, les symptômes, les signes, les séquelles et le traitement de la scarlatine sont les mêmes que pour la pharyngite à SGANote de bas de page 117. Pour de plus amples renseignements sur la pharyngite à SGA, consulter le.

Cause

Souche de streptocoque du groupe A (SGA) produisant une toxine

Transmission

  • Le plus souvent, la pharyngite à SGA et la scarlatine qui s'ensuit sont transmises par :
  • Contact direct avec une personne infectéeNote de bas de page 118
  • Autre moyen de transmission peu fréquent comprend :
    • une éclosion de pharyngite à SGA d'origine alimentaire, attribuable à la contamination des aliments durant leur manipulation par des personnes infectées ou porteuses combinée à une préparation ou une réfrigération inappropriée des alimentsNote de bas de page 117

Période d'incubation

Généralement entre 1 et 3 jours après l'expositionNote de bas de page 118

Contagiosité

Si elle n'est pas traitée, une personne atteinte de scarlatine associée à une pharyngite à SGA est contagieuse durant la phase aiguë de la maladie, qui dure généralement de 7 à 10 jours, et pendant une semaine par la suite; toutefois, si elle prend des antibiotiques, la période de contagion est réduite à 24 heuresNote de bas de page 118.

Les bactéries peuvent demeurer dans l'organisme sans causer de maladie; l'hôte peut demeurer porteur de la maladie et la transmettre pendant des semaines ou des moisNote de bas de page 118.

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

  • Le principal facteur de risque de la scarlatine est l'infection à SGA qui la précède
  • Âge : La pharyngite à SGA touche principalement les enfants d'âge scolaire de 5 à 15 ans (bien qu'elle puisse atteindre des personnes plus jeunes et plus âgées)Note de bas de page 124
  • SurpeuplementNote de bas de page 122
  • Antécédents de pharyngite à SGA chez les proches, dans la communauté, dans le quartier ou à l'écoleNote de bas de page 119

Anamnèse

Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse.

  • Recueillir l'anamnèse pour la période précédant l'apparition du mal de gorge/de la pharyngite ou de l'infection cutanéeNote de bas de page 120
  • Les symptômes de la scarlatine sont les mêmes que pour la pharyngiteNote de bas de page 117 et comprennent ce qui suitNote de bas de page 124:
    • Apparition soudaine (aiguë) d'un mal de gorge
    • Fièvre
    • Absence de toux ou de rhinorrhée
    • Maux de tête
    • Nausée, vomissements, douleurs abdominales
    • Éruption cutanée

Examen physique

Effectuer un examen physique en utilisant l'approche IPPA.

Caractéristiques de l'éruption scarlatiniformeNote de bas de page 123
  • Éruption érythémateuse diffuse
  • Éruption apparaissant initialement aux aines et aux aisselles, et s'étalant rapidement sur tout le corps, puis aux extrémités
  • Éruption plus marquée le long des plis cutanés des régions inguinales, axillaires, antécubitales et abdominale
  • Pétéchies linéaires souvent présentes dans le pli des coudes et des aisselles (lignes de Pastia)
  • Paume des mains et plante des pieds généralement épargnées
  • Nombreuses petites lésions papulaires donnant à la peau la texture d'un papier de verre à gros grains
  • Érythème blanchissant à la pression
  • Éruption commençant à se résorber en 4 ou 5 jours et suivie d'une desquamation sur le corps et les extrémités, accompagnée d'un décollement de la peau de la paume des mains et des doigts ainsi que de la plante des pieds et des orteilsNote de bas de page 121
Apparence de la langueNote de bas de page 121
  • Durant les premiers jours de la maladie, la langue est recouverte d'un dépôt blanc à travers lequel les papilles rouges et enflées se projettent; on appelle cette phase la « langue blanche framboisée »
  • Après 3 ou 4 jours, la langue se desquame aussi; elle devient alors rouge et les papilles demeurent proéminentes – c'est la phase de la « langue rouge framboisée »

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Complications

Les personnes présentant un risque accru de rhumatisme articulaire aigu sont les suivantes :Note de bas de page 130

Tableau 4 - Complications suppuratives et non suppurativesNote de bas de page 123
Complications non suppuratives Complications suppuratives
  • Rhumatisme articulaire aigu (survient en moyenne 19 jours après l'infection)
  • Cardiopathie rhumatismale (valvulaire) (survient de quelques jours à quelques semaines après la phase d'infection aiguë)
  • Syndrome du choc toxique streptococcique
  • Glomérulonéphrite aiguë (survient en moyenne 10 jours après l'infection)
  • Trouble neuropsychiatrique pédiatrique auto-immun associé à une infection à streptocoques (PANDAS) (recherche en cours/question controversée; voir l'Annexe H, Section A : Informations supplémentaires pour la prise en charge – PANDAS)
  • Chorée de Sydenham (peut se produire plusieurs mois après l'infection)
  • Cellulite ou abcès périamygdalien
  • Otite moyenne
  • Sinusite
  • Fasciite nécrosante
  • Bactériémie à streptocoque (rare)
  • Méningite ou abcès cérébral (complication résultant d'une extension directe d'une infection de l'oreille ou des sinus ou d'une bactériémie)

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen

physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests.

  • En cas de scarlatine soupçonnée, des analyses de laboratoire doivent être faites pour confirmer le diagnostic d'infection à SGA
Laboratoire

Les tests doivent être effectués conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales

  • Épreuve de détection rapide d'antigènes (si possible). Un résultat positif est considéré comme confirmant l'infection à SGANote de bas de page 124
  • Culture de gorge et antibiogramme si le résultat de l'épreuve de détection rapide d'antigènes est négatif ou non disponibleNote de bas de page 124
  • Culture d'exsudat et antibiogramme si la scarlatine est attribuable à une infection de la peau à SGANote de bas de page 121

Pour de plus amples renseignements sur les tests diagnostiques de la pharyngite à SGA, consulter le Guide de pratique clinique de soins pédiatriques et des adolescents de la DGSPNI – Chapitre 9 – Oto-rhino-laryngologie – Pharyngo-amygdalite.

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

Interventions non-pharmacologiques

Interventions
  • Surveiller comme il se doit les personnes de la collectivité touchées pour déceler toute complication
Enseignement au client
  • Encourager le client à se reposer
  • Recommander au client de boire suffisamment pour maintenir l'hydratation
  • Pour réduire le risque de transmission, conseiller au(x) parent(s)/soignant(s)/client de :
    • se laver les mains fréquemment
    • ne pas partager d'ustensiles ou de verres
    • se couvrir la bouche et le nez d'un mouchoir pour tousser ou éternuer
    • jeter le mouchoir immédiatement après utilisation pour prévenir la contaminationNote de bas de page 120
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s)/client que ce dernier ne doit pas retourner à l'école ou à la garderie avant que les 24 heures d'antibiothérapie ait été complétéesNote de bas de page 123
  • Insister sur l'importance de surveiller les signes et symptômes de complications de l'infection à SGA
  • Demander au(x) parent(s)/soignant(s) d'amener rapidement le client à la clinique pour une réévaluation s'il présente des signes et symptômes de complications et ce, à n'importe quel stade de la maladie
  • Expliquer au(x) parent(s)/soignant(s) ou au client l'utilisation appropriée des médicaments; soit la posologie, la fréquence, l'importance de l'adhérence au traitement, les effets secondaires et les interactions médicamenteuses possibles
  • Expliquer au(x)parent(s)/soignant(s) que l'enfant doit prendre tous les antibiotiques tels que prescrits, même si les symptômes disparaissent
  • Si un client chez qui une pharyngite à SGA a été confirmée continue de présenter des symptômes 48 heures après le début de l'antibiothérapie, il doit être réexaminé afin de déterminer si d'autres facteurs entrent en jeu, par exemple des complications aiguës de la pharyngite à SGA (p. ex. abcès périamygdalien, infection virale concomitante, non observance ou inefficacité de l'antibiothérapie)

Interventions pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial, avant d'initier une thérapie.

Antibiothérapie

Il convient d'administrer des antibiotiques en cas de scarlatine, afin de traiter l'infection à SGA sous-jacente et de prévenir d'autres complications.

Indications pour le traitement empirique des clients chez qui on soupçonne une pharyngite à SGA
  • Si le client présente un risque élevé de rhumatisme articulaire aigu, consulter un médecin / une infirmière praticienne pour amorcer le traitement antibiotique immédiatement en attendant les résultats des cultures
  • D'autres facteurs indiquant qu'il convient d'amorcer une antibiothérapie empirique :
    • Le client semble gravement malade
    • Le client est symptomatique et a été en contact avec un cas diagnostiqué de pharyngite à SGA
    • Le client présente des complications découlant de la pharyngite, comme un abcès périamygdalien précoce
  • En consultation avec le médecin / l'infirmière praticienne, il pourrait être approprié de cesser le traitement empirique du client chez qui on soupçonne une pharyngite à SGA si la culture de gorge peut être effectuée et est négativeNote de bas de page 125
Indications pour le report du traitement en attendant les résultats des cultures pour les clients chez qui on soupçonne une pharyngite à SGA

Si le client appartient à une population présentant un faible risque de rhumatisme articulaire aigu et en l'absence d'autres indications justifiant un traitement empirique, il est peu probable que le report de l'antibiothérapie augmente le risque de rhumatisme articulaire aigu, à condition que le traitement de la pharyngite à SGA soit initié dans les 9 jours suivant l'apparition de la maladie. Cette approche réduit en outre le nombre clients traités inutilement avant l'obtention des résultats des testsNote de bas de page 126.

N.B. : Dans certaines circonstances exceptionnelles, par exemple lorsqu'il pourrait être très difficile de communiquer avec le client pour un suivi, il peut être utile d'initier une antibiothérapie.

N.B. : Si l'épreuve de détection rapide d'antigènes est disponible et positive, traiter le client immédiatement.

Traitement privilégié

Considérer l'un des traitements suivants :

Pénicilline
Amoxicilline
  • Amoxicilline 50 mg/kg/dose PO une fois par jour pendant 10 jours; maximum de 1 000 mg en 24 heuresNote de bas de page 124

ou

N.B. : L'amoxicilline ne doit pas être administrée avant l'obtention d'un diagnostic confirmant une pharyngite à SGA, car elle peut provoquer une éruption cutanée en présence de certains virus.

Autre traitement : En cas d'allergie non anaphylactique connue ou soupçonnée à la pénicillineNote de bas de page 124

Céphalexine
  • Céphalexine 20 mg/kg/dose PO BID pendant 10 jours; maximum de 500 mg/dose

Autre traitement : En cas d'allergie anaphylactique connue ou soupçonnée à la pénicilline ou à la céphalosporineNote de bas de page 124

Clindamycine
  • Clindamycine 7 mg/kg/dose PO TID pendant 10 jours; maximum de 300 mg/dose

Autre traitement : En cas de préoccupation quant à l'observance du traitement ou au suiviNote de bas de page 124

Si l'observance du traitement ou le suivi constituent une préoccupation, on peut administrer une dose de pénicilline G benzathine IM. On peut obtenir la pénicilline G benzathine par l'entremise du Programme de soins de santé non assurés, si elle n'est pas disponible auprès du formulaire provincial/territorial. Ce médicament ne figure pas dans la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI.

Analgésiques/antipyrétiques
AcétaminophèneNote de bas de page 128
  • Acétaminophène 10 à 15 mg/kg/dose PO q4 à 6 h PRN
  • Maximum selon toutes les sources : acétaminophène 75 mg/kg/jour ou 4 000 mg en 24 heures, selon la plus faible de ces valeurs
IbuprofèneNote de bas de page 129
  • Nourrissons de moins de 6 mois
    • Les données sont limitées pour les nourrissons
  • Enfants de 6 mois à 12 ans
    • Ibuprofène 5 à 10 mg/kg/dose PO toutes les 6 à 8 heures PRN
    • Maximum de 400 mg par dose*
  • Enfants de plus de 12 ans
    • Ibuprofène 200 à 400 mg/dose PO q4 à 6 h PRN*
  • *Maximum selon toutes les sources et pour tous les âges :
    • Ibuprofène 40 mg/kg /jour ou 1 200 mg par jour selon la plus faible de ces valeurs. Sous la supervision d'un médecin ou d'une infirmière praticienne, des doses quotidiennes ≤2 400 mg peuvent être administrées

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Surveillance

  • Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie
  • Surveiller les signes vitaux tel qu'indiqué par l'état clinique du client
  • Surveiller les symptômes suivants :
    • Détresse respiratoire et/ou obstruction des voies respiratoires
    • Adoption de la position en tripode
    • Stridor
    • Dysphagie
    • Ptyalisme ou anxiété

Suivi

Le client ayant reçu un diagnostic de scarlatine doit être réexaminé comme indiqué ci-dessous afin de surveiller la réponse au traitement et de déceler tout signe de complication.

Tous les clients
  • En tout temps, si l'état du client empire
  • 2 ou 3 jours après la consultation initiale pour vérifier l'observance du traitement et la réponse clinique à ce traitement ou pour vérifier les résultats de la culture de gorge et de l'antibiogramme
  • S'il est déterminé que le client présente un risque accru de complications
  • Après l'antibiothérapie s'il y récurrence de symptômes correspondant à une infection à SGA

N.B. : La réponse clinique à une antibiothérapie appropriée se manifeste généralement dans les 24 à 48 heures. Une forte fièvre et des symptômes graves qui persistent au-delà de cette période indiquent qu'il faut procéder à une réévaluation et évoquent des complications ou une autre maladie sous-jacente. Il est aussi possible que les antibiotiques ne soient pas efficaces.

Suivi des clients présentant un risque élevé de rhumatisme articulaire aigu

Outre ce qui précède, une culture de gorge de suivi est recommandée après l'antibiothérapie pour les patients ayant reçu un diagnostic de scarlatine attribuable à une pharyngite à SGA et présentant un risque élevé de rhumatisme articulaire aigu.

N.B. : Le rhumatisme articulaire aigu peut se manifester des jours voire des semaines après une infection aiguë à SGA (le plus souvent une pharyngite à SGA).

Orientation vers d'autres ressources médicales
  • Prévoir une évacuation médicale si c'est cliniquement indiqué

Annexe H

Section A : informations supplémentaires pour la prise en charge

Trouble neuropsychiatrique pédiatrique auto-immun associé à une infection à streptocoques (PANDAS)Note de bas de page 130Note de bas de page 131

Le PANDAS correspond à l'apparition soudaine et abrupte d'un trouble obsessionnel-compulsif (y compris une forte restriction de la quantité d'aliments consommés) ou de tics chez certains enfants, en réaction autoimmune à une infection à SGA. L'idée que le PANDAS est une maladie distincte est controversée, et la recherche à ce sujet se poursuit. À l'heure actuelle, rien ne justifie des analyses systématiques de dépistage de SGA, ni l'instauration d'une prophylaxie à long terme ou de traitements immunomodulateurs chez les enfants présentant des symptômes neuropsychiatriques. Un enfant présentant un trouble obsessif-compulsif ou un trouble alimentaire soudain doit faire l'objet d'une évaluation médicale approfondie.

Tuberculose

Aperçu

Consulter les directives provinciales/territoriales traitant de la tuberculose, là où elles sont disponibles.

La tuberculose est une maladie bactérienne infectieuse qui touche le plus souvent les poumons, bien que d'autres organes puissent aussi être atteints (tuberculose non respiratoire)Note de bas de page 132. Au Canada, la tuberculose au sein de la population pédiatrique touche principalement les enfants autochtones et les enfants nés à l'étrangerNote de bas de page 133.

La tuberculose de l'enfant diffère de celle de l'adulte de différentes manièresNote de bas de page 133 :

  • Il peut être difficile de poser un diagnostic chez les jeunes enfants, car les signes et symptômes sont souvent non spécifiques
  • et la maladie est souvent paucibacillaire (c.-à-d. qu'elle présente peu de bacilles). Beaucoup d'enfants atteints de la tuberculose sont donc asymptomatiques au moment de la consultation initiale
  • Chez les enfants de moins de 5 ans, particulièrement les nourrissons, il existe un risque élevé d'évolution de l'infection tuberculeuse latente (ITL) vers une forme active et parfois grave de tuberculose, notamment la tuberculose miliaire/disséminée et la méningite tuberculeuse
  • Comme chez l'enfant, la tuberculose peut rapidement devenir une urgence médicale, les enfants désignés comme contacts d'un cas actif chez un adolescent ou un adulte doivent être considérés comme une priorité élevée pour le dépistage et le suiviNote de bas de page 134

La tuberculose active chez les enfants est un événement sentinelle qui devrait déclencher une recherche du cas sourceNote de bas de page 133.

Cause

Mycobacterium tuberculosisNote de bas de page 133

Pour de plus amples renseignements sur la sous-classification et le tableau clinique de la tuberculose, consulter le.

Transmission

La transmission se fait par voie aéroportée, par des adultes ou des adolescents atteints d'une tuberculose pulmonaire, laryngée ou cavitaire. Les enfants inhalent les bacilles se trouvant dans les microgouttelettes, qui provoquent une ITL ou une tuberculose active. La tuberculose est rarement acquise par ingestion ou par voie percutanéeNote de bas de page 135. La probabilité de transmission augmente si le cas sourceNote de bas de page 135 :

  • a des crises fréquentes d'une toux grave
  • a été en contact étroit et prolongé avec l'enfant
  • vit ou travaille dans des conditions de surpeuplement, dans un lieu mal ventilé

Les méthodes les plus efficaces pour réduire le risque de transmission sont les suivantesNote de bas de page 135 :

  • diagnostic et traitement rapides des clients ayant une tuberculose active, et
  • respect des mesures de prévention et de contrôle des infections

Contagiosité

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

Anamnèse

Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse.

Client asymptomatique

Beaucoup d'enfants atteints d'une tuberculose active sont asymptomatiques au moment de la consultation initiale. Ils sont souvent repérés dans le cadre de la recherche de contacts de clients ayant une tuberculose infectieuse parce que les résultats des radiographies thoraciques sont anormaux, particulièrement s'il s'agit d'enfants de moins de 5 ansNote de bas de page 133.

Client symptomatique

Les enfants peuvent aussi présenter des signes ou des symptômes de maladie. Dans la plupart des cas, les enfants ayant une tuberculose symptomatique présentent des symptômes chroniques et constants qui persistent plus de 2 semaines sans amélioration soutenue ni résolution après avoir reçu un traitement approprié pour d'autres diagnostics potentiels (p. ex. antibiotiques contre la pneumonie)Note de bas de page 139. Le(s) parent(s)/soignant(s)/client peuvent signaler les symptômes suivantsNote de bas de page 139 :

  • Toux
  • Fièvre
  • Manque d'appétit/anorexie
  • Perte de poids ou retard de développement
  • Fatigue, manque d'entrain, activité réduite
Antécédents médicaux
  • Exposition à la tuberculoseNote de bas de page 135
  • Antécédents de tuberculose active et traitement antérieur peut-être inadéquatNote de bas de page 135
  • Antécédents de résultats positifs à un test cutané à la tuberculine (TCT) et prophylaxie peut-être inadéquate (si le client a reçu une prophylaxie contre l'ITL)Note de bas de page 135

Examen physique

Effectuer un examen physique en utilisant l'approche IPPA.

  • Chez les nourrissons et les jeunes enfants, les signes physiques peuvent être très peu spécifiquesNote de bas de page 133:
    • Hépatosplénomégalie
    • Détresse respiratoire
    • Fièvre
    • Lymphadénopathie
    • Distension abdominale
    • Léthargie
    • Irritabilité
  • Les enfants plus âgés et les adolescents sont plus susceptibles d'être atteints d'une tuberculose d'adulte et présentent souvent les symptômes typiques de la maladieNote de bas de page 133:
    • Fièvre
    • Sueurs nocturnes
    • Perte de poids
    • Symptômes respiratoires (p. ex. toux, expectorations et parfois hémoptysie)

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Complications

La primo-infection peut être associée à des complications, surtout chez les enfants de moins de 5 ans.

  • La lésion parenchymateuse peut grossir et se caséifier, ou les ganglions peuvent augmenter de volume et comprimer une bronche ou en éroder la paroi, ce qui peut se traduire parNote de bas de page 133:
    • une respiration sifflante
    • une pneumonie segmentaire
    • une atélectasie
  • Formes graves de tuberculose active, y compris la tuberculose du système nerveux central et la tuberculose miliaireNote de bas de page 133
  • Décès

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests.

Laboratoire

Ces tests doivent être effectués conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales. Les tests ci-dessous sont à considérer lorsqu'il n'y a pas de politiques provinciales/territoriales.

Test cutané à la tuberculine (TCT) et test de libération d'interféron gamma (TLIG)Note de bas de page 133
  • Chez les enfants, les résultats du TCT et du TLIG constituent une part importante de la définition d'un cas clinique de tuberculose, surtout pour l'ILT
  • Pour les enfants, les cultures ne donnent pas de résultats probants; en plus des signes et symptômes cliniques compatiblesNote de bas de page 133, le diagnostic de la tuberculose repose souvent sur la combinaison des éléments suivants :
    • TCT ou TLIG positif
    • Radiographie thoracique anormale
    • Contact connu avec un cas de tuberculose infectieuse
TCT ou TLIG positifNote de bas de page 133
  • Un TCT ou un TLIG positif ne permet pas de faire la distinction entre une ITL et une tuberculose active
TCT négatifNote de bas de page 133
  • Un TCT négatif ne permet pas d'exclure la tuberculose

Pour obtenir des recommandations spécifiques sur l'utilisation du TCT et du TLIG chez l'enfant, consulter le Tableau 5 : Recommandations pour l'utilisation du TCT et du TLIG chez l'enfant à l'Annexe I, Section A de ce guide.

Échantillons recommandés

N.B. : Il est parfois difficile d'obtenir les expectorations d'un enfant; il pourrait être nécessaire de recourir à une aspiration gastrique ou à l'induction de l'expectorationNote de bas de page 133.

  • 3 échantillons d'expectorations de 5 à 10 ml chacun, dont au moins un doit, dans la mesure du possible, être prélevé tôt le matin, pourNote de bas de page 141:
    • dépistage des bacilles acidorésistants, et
    • culture et/ou analyse PCR pour M. tuberculosis
  • Les 3 échantillons d'expectorations peuvent être prélevés le même jour, à intervalles d'au moins une heure, dans une zone bien ventilée ou à l'extérieur

Pour de plus amples renseignements sur la collecte des échantillons d'expectorations, consulter le Guide de pratique clinique de soins aux adultes de la DGSPNI – Chapitre 11 – Maladies transmissibles –.

Autres analyses de laboratoireNote de bas de page 132
  • FSC
  • Créatinine
  • Tests de la fonction hépatique (p. ex. ALT, AST, bilirubine)
  • Test sérologique pour le dépistage du VIH
Radiographie
  • Il pourrait être nécessaire de faire des radiographies pour confirmer un diagnosticNote de bas de page 141 ou pour déterminer la réponse au traitementNote de bas de page 142
  • La fréquence des radiographies varie selon les cas et est laissée à la discrétion du pneumologue ou du spécialiste de la tuberculose

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

  • Assurer un traitement adéquat de la maladie active, afinNote de bas de page 133:
    • De réduire les taux de morbidité et de mortalité
    • De prévenir la transmission de la maladie
    • De prévenir la pharmacorésistance
    • D'Offrir une guérison durable
  • Repérer les contacts du cas par une recherche rétrospective des contacts (c.-à-d. qu'il faut déployer des efforts énergiques en vue de trouver le cas sourceNote de bas de page 133); pour de plus amples renseignements à ce sujet, consulter l'Annexe I, Section A de ce guide

Interventions non- pharmacologiques

Interventions

N.B. : Si un cas de tuberculose latente ou active est confirmé, il faut en informer le médecin de la santé publique local responsableNote de bas de page 132.

Enseignement au client

Fournir au(x) parent(s)/soignant(s)/client des renseignements sur :

  • la tuberculose
  • les signes et symptômes de la maladie
  • la différence entre la tuberculose active et l'ITL
  • le plan de traitement prévu
Quand faut-il revenir à la clinique ou consulter un médecin?
  • Encourager le(s) parent(s)/soignant(s)/client à revenir à la clinique et/ou à consulter un professionnel de la santé dès que possible si l'un des symptômes suivants se manifesteNote de bas de page 132Note de bas de page 133:
    • Anorexie
    • Nausée ou vomissements
    • Gêne abdominale
    • Fatigue inexpliquée
    • Signes d'hépatotoxicité (urine foncée, ictère)
  • Remettre au(x) parent(s)/soignant(s)/client un plan d'action écrit et clair, incluant les numéros de téléphone des personnes-ressources à contacter si des symptômes se manifestentNote de bas de page 133
Traitement
  • Expliquer l'objet, le fonctionnement et l'importance d'un traitement sous observation directe
  • Insister sur l'importance d'observer à la lettre le traitement prescrit pour assurer une guérison complète de la tuberculose et prévenir la pharmacorésistance
  • Encourager le recours à un traitement sous observation directe pour favoriser l'observance du traitement et la surveillance
  • Conseiller au(x) parent(s)/soignant(s)/client de maintenir un état de santé optimal grâce à une alimentation adéquate et à du reposNote de bas de page 143
Médicaments

Conseiller le(s) parent(s)/soignant(s)/client à propos :

Pour de plus amples renseignements sur des sujets pouvant intéresser le client, consulter la fiche d'information de Santé Canada intitulée La tuberculose se guérit – Renseignements sur la tuberculose (Version PDF, 2,62 Mo, 2 pages).

Interventions pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial avant d'initier une thérapie.

Maladie active

Les antituberculeux sont habituellement prescrits par un spécialiste de la tuberculose de l'enfant. Toutefois, dans certaines provinces/territoires, le traitement peut être initié et/ou prescrit par un autre médecin / une infirmière praticienne. Tous les antituberculeux administrés par voie orale sont fournis aux clients par l'entremise des programmes provinciaux et territoriaux de santé publique.

Chez les enfants de moins de 5 ans infectés par la tuberculose, le risque que la maladie évolue vers une forme grave est élevé. Si une tuberculose est soupçonnée chez un enfant, consulter immédiatement un spécialiste de la tuberculose ou un médecin / une infirmière praticienne afin d'initier, s'il y a lieu, un traitement présomptifNote de bas de page 133.

Enfant symptomatique
  • Isolat du cas source non disponible
    • Dans le cas d'un enfant asymptomatique pour lequel on ne dispose pas d'un isolat provenant du cas source, prélever des échantillons aux fins de culture et de tests de pharmacosensibilité avant d'initier un traitement présomptif pour la maladie activeNote de bas de page 133
  • Cas source connu
    • Dans le cas d'un enfant asymptomatique pour lequel on dispose d'un isolat provenant du cas source, utiliser les résultats des cultures et des tests de pharmacosensibilité du cas source connu pour déterminer le traitement (s'il n'y a pas d'autre source possible)Note de bas de page 133
  • Traitements de première intention
    • À moins de contre-indication, les traitements de première intention comprend généralement Note de bas de page 133 :
      • L'isoniazide (INH)
      • La rifampicine (RMP)
      • L'éthambutol (EBM)
      • La pyrazinamide (PZA)

Pour connaître les posologies pour les enfants, consulter le Tableau 6 à l'Annexe I, Section A de ce guide

Enfant asymptomatique

Traitement présomptif

Afin de prévenir l'installation d'une tuberculose active, un traitement présomptif d'une durée de 8 semaines

pour l'infection tuberculeuse latente (ITL) est recommandé pour les enfants de moins de 5 ans quiNote de bas de page 133 :

  • ont eu un contact étroit avec une personne atteinte d'une tuberculose active
  • sont asymptomatiques
  • ont un TCT négatif

Pour connaître les médicaments et les posologies recommandées, consulter la section Infection tuberculeuse latente (ITL) de ce guide.

TCT négatifNote de bas de page 133

N.B. : Il faut parfois 8 semaines après l'infection pour que le TCT donne un résultat positif; pendant ce temps, la maladie peut évoluer vers la forme active.

  • Si l'enfant est asymptomatique et que le TCT est toujours négatif après 8 semaines, consulter un spécialiste de la tuberculose ou un médecin / une infirmière praticienne pour déterminer s'il convient d'interrompre le traitement, particulièrement pour les enfants immunocompétents de 6 mois ou plus
Isoniazide (INH) et pyridoxine (vitamine B6)
  • Si de l'isoniazide (INH) est prescrit, un supplément vitaminique de pyridoxine (vitamine B6) doit aussi être prescrit en raison du risque accru de symptômes associés à une carence en pyridoxine, particulièrement chez les enfants qui souffrent de diabète, d'insuffisance rénale, de malnutrition, de troubles épileptiques ou d'une infection au VIH, ainsi que chez les adolescentes enceintes ou allaitantes, ou les clients qui abusent de l'alcool ou de drogues
  • Un supplément de pyridoxine est aussi indiqué pour les enfants dont l'alimentation est déficiente en viande et en lait, ainsi que pour les nourrissons qui sont allaitésNote de bas de page 133
Pyridoxine
  • Pyridoxine PO quotidiennement 25 mg (calculer 1 mg/kg/dose; maximum de 25 mg/dose)

N.B. : Une dose quotidienne de 25 mg de pyridoxine est suffisante; une dose plus élevée risque d'interférer avec l'action de l'INH.

Enfant chez qui on soupçonne une méningite tuberculeuse

  • Dans le cas des enfants chez qui on soupçonne une méningite tuberculeuse, le spécialiste de la tuberculose ou le médecin / l'infirmière praticienne peut prescrire un anti-inflammatoire comme la dexaméthasone ou la prednisoneNote de bas de page 133
Éthambutol (EMB)

L'éthambutol (EMB) doit être cessé immédiatement si les résultats des tests de pharmacosensibilité indiquent que la bactérie est sensible à tous les antituberculeux, ou s'il est confirmé que le cas source est sensible à tous les antituberculeuxNote de bas de page 133.

  • Durée du traitement
    • La durée du traitement varie selon le(s) siège(s) d'infection par la bactérie de la tuberculose, les antituberculeux prescrits, la gravité de la maladie et les facteurs de risque du clientNote de bas de page 144
  • Initiation du traitement de la tuberculoseNote de bas de page 133
    • Le client à qui on administre un traitement contre la tuberculose doit être suivi de près, afin de surveiller et de réduire le risque de toxicité et de s'assurer que le traitement est achevé
    • Pour que le traitement contre la tuberculose soit efficace, toutes les doses doivent être prises telles que prescrites
    • Un traitement sous observation directe est fortement recommandé pour toute la durée du traitement des enfants. Considérer des solutions de remplacement à un traitement sous observation directe (p. ex. vidéoconférence) lorsque c'est possible
    • Dans le cadre du traitement de la tuberculose, il est primordial de s'assurer que l'enfant avale bien les médicaments. Les enfants tolèrent mal la prise de médicaments et les formules existantes ne sont pas particulièrement agréables pour eux
  • Phases du traitement
    • Le traitement de la maladie active consiste en l'administration de plusieurs médicaments pendant 6 mois ou plus. Le traitement est administré en 2 phases :
      • Phase initiale, qui dure 2 mois
      • Phase de continuation, qui dure 4 mois ou plus
  • Phase initiale du traitement (durée : 2 mois)Note de bas de page 142
    • À la phase initiale du traitement de la tuberculose active, au moins 3 médicaments efficaces doivent être prescrits si le client est sensible à tous les antituberculeux :
      • INH
      • Rifampicine
      • Pyrazinamide
    • Le pyrazinamide (PZA) est le médicament du traitement de première intention standard le plus toxique et la cause la plus courante d'hépatotoxicité médicamenteuse chez les clients recevant un traitement contre la tuberculose
    • Les clients susceptibles de ressentir des effets hépatoxiques, par exemple ceux qui ont des antécédents d'alcoolisme, et/ou les clients souffrant d'une dysfonction hépatique pré-existante légère ou modérée, pourraient ne pas tolérer ce médicament
    • Si une infection résistante aux médicaments est soupçonnée, la consultation d'experts est fortement recommandée
  • Phase de continuation du traitement (durée : 4 mois ou plus)Note de bas de page 142
    • Durant la phase de continuation du traitement d'une tuberculose active, au moins 2 médicaments efficaces doivent être administrés
    • Lorsque les médicaments antituberculeux doivent être administrés de manière intermittente, par exemple s'ils sont pris 3 fois par semaine pendant la phase de continuation, le client doit faire l'objet d'une étroite surveillance (traitement sous observation directe)
    • Il est recommandé de prolonger la phase de continuation au-delà de 4 mois (auquel cas la durée totale du traitement dépasserait 6 mois) dans les cas suivants :
    • Si la radiographie thoracique révèle toujours des cavités après 2 mois ou à la fin d'un traitement antituberculeux efficace
    • Si le frottis ou la culture demeurent positifs après 2 mois de traitement
    • S'il y a coinfection par le VIH
    • S'il s'agit d'une infection tuberculose non respiratoire (p. ex. méningite tuberculeuse) (pour de plus amples renseignements sur la tuberculose non respiratoireNote de bas de page 144, consulter les Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse, 7e édition, Chapitre 7, La tuberculose non respiratoire)
    • Quand un traitement de deuxième intention est nécessaire, particulièrement si on a affaire à un cas de tuberculose pharmacorésistanteNote de bas de page 146 (pour de plus amples renseignements sur les différents types de pharmacorésistance, consulter les Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse, 7e édition, Chapitre 8, La tuberculose pharmacorésistante)
Infection tuberculeuse latente (ITL)

Le traitement thérapeutique pour l'ITL peut varier en fonction des lignes directrices provinciales/territoriales. Consulter le bureau de lutte contre la tuberculose responsable pour en savoir davantage.

À l'heure actuelle, le traitement standard recommandé pour l'ITL est l'INH, pris quotidiennement pendant 9 moisNote de bas de page 133.

Si le cas source est résistant à l'INH ou s'il y a une raison épidémiologique de penser que l'enfant est infecté par une souche résistante à l'INH, il est recommandé d'administrer de la rifampicine pendant 4 moisNote de bas de page 133.

N.B. : Si de l'isoniazide (INH) est prescrit, un supplément vitaminique de pyridoxine (vitamine B6) doit aussi être prescrit en raison du risque accru de symptômes associés à une carence en pyridoxine, particulièrement chez les enfants qui souffrent de diabète, d'insuffisance rénale, de malnutrition, de troubles épileptiques ou d'une infection au VIH, ainsi que chez les adolescentes enceintes ou allaitantes, ou les clients qui abusent de l'alcool ou de drogues. Un supplément de pyridoxine est aussi indiqué pour les enfants dont l'alimentation est déficiente en viande et en lait, ainsi que pour les nourrissons qui sont allaités.

Pyridoxine

Pyridoxine PO quotidiennement (calculer 1 mg/kg/dose; maximum de 25 mg/dose)

N.B. : Une dose quotidienne de 25 mg de pyridoxine est suffisante; une dose plus élevée risque d'interférer avec l'action de l'INH.

Pour des renseignements détaillés sur le recours à un traitement plus court à la rifampicine pour traiter l'ITL, consulter les Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse, 7e édition, Chapitre 6, Le traitement de l'infection tuberculeuse latente, Tableau 4.

D'autres options de traitement pourraient consister en l'administration de rifapentine et d'INH pendant 3

mois.

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Surveillance

Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie.

Suivi

  • Pendant le traitement d'une tuberculose active, les clients doivent être vus au moins une fois par mois pour évaluer l'adhérence et la réponse au traitement, ainsi que les effets indésirablesNote de bas de page 142
  • La réponse au traitement doit être évaluée par un examen clinique, par des radiographies et par des analyses microbiologiquesNote de bas de page 142
  • Le suivi microbiologique est considéré la méthode la plus fiableNote de bas de page 142
  • Pour obtenir d'autres directives, consulter les politiques et procédures provinciales et territoriales
  • Il n'est pas nécessaire de refaire des cultures d'expectorations si l'état clinique de l'enfant s'amélioreNote de bas de page 133
  • Dans le cas des adolescents ou des enfants plus âgés atteints d'une forme de la maladie se rapprochant de celle de l'adulte, des analyses d'expectorations de suivi doivent être faites comme pour les adultes. Pour de plus amples renseignements, consulter le
  • Une radiographie pulmonaire 2 mois après le début du traitement est recommandée pour exclure une extension de la maladieNote de bas de page 133
  • La fonction hépatique et le poids du client doivent être vérifiés régulièrement, conformément aux directives du médecin / de l'infirmière praticienne
  • Si le poids du client a changé, consulter le médecin / l'infirmière praticienne pour s'assurer que les posologies des médicaments sont ajustées en conséquence, s'il y a lieuNote de bas de page 133
  • Effectuer un suivi au moins un an après la fin du traitementNote de bas de page 133
Clients recevant de l'éthambutol (EMB)
  • Les clients prenant de l'éthambutol devraient subir un examen de l'acuité visuelle et de la discrimination du rouge et du vert tous les mois (la fréquence peut varier selon les lignes directrices provinciales/territoriales en matière de traitement et/ou selon le médecin traitant /l'infirmière praticienne)Note de bas de page 142
  • Les clients prenant de l'éthambutol sur une période plus longue que la phase initiale du traitement doivent être orientés vers un ophtalmologiste pour une évaluation périodique de leur acuité visuelle, de leur vision des couleurs et de leur champ visuelNote de bas de page 142
Orientation vers d'autres ressources médicales
  • Coordonner la demande de consultation avec un spécialiste des maladies infectieuses de l'enfantNote de bas de page 132
  • Il pourrait être nécessaire de procéder à l'évacuation médicale des cas soupçonnés de tuberculose active pour examen et traitement
    • En cas de tuberculose active soupçonnée ou confirmée, le client doit prendre des mesures particulières durant le transport; consulter les politiques et procédures provinciales/territoriales pour connaître les consignes
Déclaration

La tuberculose est une maladie à déclaration obligatoireNote de bas de page 145. Suivre les politiques et procédures provinciales/territoriales relatives aux maladies à déclaration obligatoire.

Annexe I

Section A : informations supplémentaires pour la prise en charge

Prise en charge des contactsNote de bas de page 133
  • Le moyen le plus efficace de prévenir la tuberculose de l'enfant consiste à évaluer et à traiter rapidement les enfants exposés à un adulte contagieux, la source de l'infection. Il arrive qu'on rate des occasions de prévenir des cas de tuberculose de l'enfant :
    • on tarde à diagnostiquer une tuberculose contagieuse
    • on tarde à signaler un cas source
    • on n'identifie pas un enfant exposé lors de la recherche de contacts
    • on ne réussit pas à faire en sorte que le cas source observe le traitement
    • on ne s'assure pas que la culture est devenue négative
    • on ne met pas en cours un traitement préventif ou un traitement contre l'ITL chez l'enfant
    • on ne s'assure pas que l'enfant prend ses médicaments
  • Dans chaque cas de tuberculose active de l'enfant, l'équipe de prise en charge des cas doit déterminer lequel de ces facteurs peut expliquer pourquoi l'enfant a été infecté par le bacille tuberculeux et prendre des mesures correctives pour prévenir des cas similaires dans l'avenir
  • Tous les enfants exposés devraient être soumis à une recherche de symptômes et à un TCT
  • Les enfants de moins de 5 ans, tous les contacts étroits de l'enfant et tous les enfants symptomatiques doivent subir un examen physique et une radiographie pulmonaire
  • Les enfants de moins de 5 ans qui obtiennent un résultat négatif au TCT et qui ne présentent aucun signe de tuberculose active à l'examen ou à la radiographie devraient recevoir un traitement préventif pendant la période de latence sérologique afin d'empêcher l'apparition d'une tuberculose active. Il faut savoir que, après l'infection, le TCT peut prendre jusqu'à 8 semaines pour devenir positif, période pendant laquelle l'ITL peut progresser vers la maladie active
  • Pour les enfants qu'on présume avoir été exposés à une souche pharmacosensible, l'INH est recommandée. Cette dernière peut être interrompue si, 8 semaines après le dernier contact, le deuxième TCT est négatif et si l'enfant demeure asymptomatique, est immunocompétent et est âgé de plus de 6 mois
  • Dans le cas d'un enfant exposé, si le premier TCT est positif et s'il n'existe aucun signe clinique ni radiographique de maladie, il est recommandé d'administrer un traitement complet contre l'ITL
  • Lorsqu'un enfant nouvellement atteint d'une tuberculose active est le cas index, une recherche rétrospective des contacts doit être entreprise
Recherche rétrospective des contactsNote de bas de page 133
  • La recherche rétrospective des contacts signifie qu'il faut déployer des efforts énergiques en vue de trouver le cas source
  • Même si, la plupart du temps, le cas source est un contact familial, adolescent ou adulte, de l'enfant, il peut aussi s'agir d'un contact non familial, adolescent ou adulte, par exemple une gardienne ou une autre personne qui dispense des soins, que ce soit à l'extérieur ou à domicile
  • La caractérisation moléculaire des isolats de M. tuberculosis par génotypage peut permettre l'identification de cas sources qui échappaient auparavant à la détection
  • Si l'enfant est hospitalisé, il est conseillé de soumettre à un dépistage de la tuberculose active les personnes qui lui rendent visite, adolescents ou adultes
Test cutané à la tuberculine (TCT) et test de libération d'interféron gamma (TLIG) chez l'enfant
Tableau 5 - Recommandations pour l'utilisation du TCT et du TLIG chez l'enfantNote de bas de page 132
Test Population ciblée
TCT privilégié (TLIG acceptable) Enfants de moins de 5 ans
TLIG privilégié, si disponible (TCT acceptable) Enfants de plus de 5 ans qui ont reçu le vaccin BCG
Enfants de plus de 5 ans peu susceptibles de revenir à la clinique pour une lecture du TCT

Pour de plus amples renseignements sur le TCT et le TLIG, consulter le Guide de pratique clinique de soins aux adultes de la DGSPNI – Chapitre 11 – Maladies transmissibles –.

Tableau 6 - Posologies des médicaments antituberculeux de première intention chez l'enfantNote de bas de page 133
Médicament Posologie quotidienne habituelle
Isoniazide 10 mg/kg, maximum de 300 mg
Rifampicine 15 mg/kg, maximum de 600 mg
Pyrazinamide 35 mg/kg, maximum de 2 000 mg
Éthambutol 20 mg/kg, maximum de 1 600 mg
Surveillance des effets secondaires des antituberculeux
Tableau 7 - Effets secondaires possibles du traitement antituberculeux de première intentionNote de bas de page 142
Médicament Effets secondaires courants Effets secondaires rares mais graves
Isoniazide Éruption cutanée, hépatite, neuropathie Toxicité pour le système nerveux central, anémie
Rifampicine Interactions médicamenteuses, éruption cutanée Hépatite, maladies d'allure grippale, neutropénie, thrombocytopénie
Pyrazinamide Hépatite, éruption cutanée, arthralgie Goutte
Éthambutol Toxicité oculaire Éruption cutanée
PréventionNote de bas de page 147
  • Le vaccin bacille Calmette-Guérin (BCG) est le seul vaccin actuellement utilisé pour prévenir la tuberculose miliaire et la méningite tuberculeuse, auxquelles les nourrissons et les jeunes enfants sont particulièrement susceptibles
  • À l'heure actuelle, le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) ne recommande pas l'administration du vaccin BCG à tous les Canadiens; toutefois, il est recommandé pour les nourrissons des collectivités des Premières Nations et Inuits ou appartenant à des groupes dont le taux annuel moyen de cultures positives pour la tuberculose pulmonaire a été supérieur à 15 pour 100 000 personnes (tous âges confondus) au cours des trois dernières années OU dont le risque annuel d'infection tuberculeuse est supérieur à 0,1 % si des services de détection précoce et de traitement de la tuberculose ne sont pas disponibles
Indications pour le vaccin BCG
  • À l'heure actuelle, le vaccin BCG est recommandé dans les collectivités à risque élevé, pour les nourrissons chez qui rien n'indique une infection à VIH ou une immunodéficience
  • Si la vaccination est reportée au-delà de l'âge de 6 mois, un TCT doit être fait et un résultat négatif obtenu et consigné au préalable
  • Pour les nourrissons de 2 à 6 mois, une évaluation individuelle des risques et des avantages de l'exécution d'un TCT avant l'administration du vaccin BCG est indiquée
  • Pour de plus amples renseignements sur le vaccin BCG, consulter le Guide canadien d'immunisation : Partie 4 – Agents d'immunisation active
Contre-indications au vaccin BCG
  • Personnes ayant une maladie associée à un déficit immunitaire, y compris l'immunodéficience congénitale, une infection à VIH, un déficit immunitaire attribuable à une affection maligne et une fonction immunitaire altérée par suite d'une corticothérapie, d'une chimiothérapie ou d'une radiothérapie
  • Nourrissons :
  • Mère séropositive pour le VIH
  • Antécédents familiaux d'immunodéficience
  • Affection cutanée ou brûlures étendues
  • Résultat positif au TCT
  • Maladie aiguë grave (les personnes ayant une maladie aiguë bénigne (avec ou sans fièvre) peuvent être vaccinées)

Section B : ressources supplémentaires

Lignes directrices provinciales/territoriales
Alberta

Alberta Health and Wellness. Tuberculosis Prevention and Control Guidelines for Alberta. (En anglais seulement).

Colombie-Britannique

BC Centre for Disease Control. Chapter 4: Tuberculosis Manual. (En anglais seulement).

Manitoba

Ministère de la Santé du Manitoba. Communicable Disease Control - Manitoba Tuberculosis Protocol. (En anglais seulement).

Terre-Neuve-et-Labrador

Santé et Services communautaires. Guideline for Preventing the Transmission of Mycobacterium tuberculosis across the Continuum of Care (Version PDF, 3,35 Mo, 126 pages). (En anglais seulement).

Territoires du Nord-Ouest

Santé et Services sociaux. NWT Tuberculosis Manual. (Cliquer sur HSS Professionals (staff only) et entrer code d'utilisateur et mot de passe) (en anglais seulement).

Nouvelle-Écosse

Santé et Mieux-être. Communicable Disease Prevention and Control, Tuberculosis. (En anglais seulement).

Ontario

Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario. Normes de santé publique de l'Ontario : Prévention et contrôle de la tuberculose (Version PDF, 432 Ko, 12 pages).

Saskatchewan

Saskatoon Health Region. Tuberculosis Diagnosis and Treatment. (En anglais seulement).

Yukon

Santé et Services sociaux. TB Control Manual. (En anglais seulement).

Autres ressources

Alvarez G, Orr P, Wobeser W, Cook V et Long R. « Chapitre 14 – La prévention de la tuberculose et les soins aux tuberculeux chez les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis », dans Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse, 7e édition. [Internet] Sa Majesté la Reine du chef du Canada; 2013.

Rifampin 25mg/mL oral suspension. [Internet] Toronto (ON) : SickKids Pharmacy; avril 2007 (Version PDF, 54 Ko, 1 pages). (En anglais seulement).

Pyrazinamide 100mg/mL oral suspension. [Internet] SickKids Pharmacy. Toronto (ON) : SickKids Pharmacy; avril 2007 (Version PDF, 51 Ko, 1 pages). (En anglais seulement).

Méningite

Aperçu

Consulter les directives provinciales/territoriales traitant de la méningite, là où elles sont disponibles.

La méningite est une urgence médicale. Tout client chez qui une méningite est soupçonnée doit être évacué le plus rapidement possible. Consulter immédiatement un médecin / une infirmière praticienne.

La méningite est une inflammation des méninges, les membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière. Bien que la méningite virale soit le type de méningite le plus courant, les premiers symptômes ressemblent à ceux d'une méningite bactérienne; il n'est pas possible de distinguer une méningite virale d'une méningite bactérienne à partir des caractéristiques cliniquesNote de bas de page 148Note de bas de page 149. L'incidence de la méningite bactérienne a beaucoup diminué au Canada après la vaccination à grande échelle contre les pneumocoques, contre la bactérie Haemophilus influenza de type b (Hib) et contre les méningocoques. Un indice de suspicion de méningite élevé doit être maintenu à l'égard des nourrissons et des enfants présentant des signes de sepsis, particulièrement s'il n'y a pas de foyer d'infection ni d'altération de l'état mentalNote de bas de page 150.

Causes

Bactéries
VirusNote de bas de page 151
  • Entérovirus non poliomyélitiques (virus Coxsackie A, virus Coxsackie B, échovirus)Note de bas de page 151
  • Virus des oreillons
  • Virus de l'herpès
  • Virus de la rougeole
  • Virus de la grippe
  • Arbovirus (p. ex. virus du Nil occidental)
  • Virus de la chorioméningite lymphocytaire

N.B. : Chez les nouveau-nés, l'infection par le virus de l'herpès simplex (VHS) peut avoir des conséquences dévastatrices, notamment une morbidité importante et même la mortalitéNote de bas de page 153. Une infection à VHS diffuse peut ressembler à un sepsis bactérien, et les cliniciens doivent considérer la possibilité d'une infection à VHS néonatale chez les nourrissons malades âgés de moins de 6 semaines.

ChampignonsNote de bas de page 151
  • Candida
  • Cryptococcus
  • Histoplasma
  • Blastomyces
  • Coccidioides

Transmission, période d'Incubation et contagiosité

  1. influenzae, N. meningitidis et S. pneumoniae sont les bactéries responsables les plus courantes en dehors de la période néonatale; toutes sont des agents pathogènes des voies respiratoires. Pour de plus amples renseignements, consulter le tableau 1.
Tableau 8 - Transmission, période d'incubation et contagiosité des bactéries responsables de la méningite
Bactérie responsable Mode de transmission Période d'incubation Contagiosité
H. influenzae De personne à personne par : Inconnue; peut-être aussi peu que quelques joursNote de bas de page 154
  • Aussi longtemps que les bactéries sont présentes
  • Non transmissible dans les 24 à 48 heures après l'administration d'une antibiothérapie appropriéeNote de bas de page 155
N. meningitidis De personne à personne par :
  • échange de sécrétions des voies respiratoires et de la gorge à l'occasion de contacts étroits ou prolongés
  • échange de salive (mode de transmission le plus courant)
  • contacts familiaux (taux de transmission le plus élevé)Note de bas de page 156Note de bas de page 157
2 à 10 joursNote de bas de page 158
  • 7 jours avant l'apparition des symptômes, jusqu'à ce que la bactérie ne soit plus présente dans les sécrétions du nez et de la bouche
  • Non transmissible dans les 24 heures après le début d'une antibiothérapie appropriéeNote de bas de page 159
  • Le caractère transmissible de N. meningitidis est généralement limitéNote de bas de page 158
S. pneumoniae 1 à 3 joursNote de bas de page 160 Inconnue; probablement aussi longtemps que la bactérie est présente dans les sécrétions des voies respiratoiresNote de bas de page 160

Évaluation

Revue du profil pharmacologique : Passer en revue les médicaments actuels prescrits ou en vente libre, les thérapies complémentaires ou alternatives ainsi que la prise de toute autre substance chimique qui pourraient avoir une incidence sur la prise en charge de la maladie.

Antécédents d'allergie : Vérifier s'il y a des allergies aux médicaments, au latex, à l'environnement ou autres, en déterminant le type de réaction allergique observée et le moment approximatif où elle est survenue.

Facteurs de risque

Origine bactérienne
Origine virale
  • Les nouveau-nés présentent un risque accru de maladie systémique grave, particulièrement ceux qui ont été infectés par le virus de l'herpès simplex (VHS)Note de bas de page 149
  • Enfants de moins de 5 ansNote de bas de page 148
  • Les personnes ayant un système immunitaire affaibli en raison d'une maladie, de la prise de médicaments (p. ex. chimiothérapie) ou d'une récente greffe d'organe ou de moelle osseuse présentent un risque accru de maladie graveNote de bas de page 148

Anamnèse

Revoir les facteurs de risque et recueillir l'anamnèse.

Nourrissons

Les nourrissons présentent souvent des signes et symptômes non spécifiques :

Enfants plus âgés

Les enfants plus âgés atteints de méningite sont plus susceptibles de présenter des signes et des symptômes plus spécifiques :

Origine sociale

Contact connu avec une personne atteinte de la méningiteNote de bas de page 150

Examen physique

Effectuer un examen physique complet (y compris un examen complet de la tête, de la nuque et de l'état neurologique) en utilisant l'approche IPPA.

N.B. : Mesurer la circonférence de la tête des enfants âgés de moins de 18 moisNote de bas de page 162.

Diagnostic différentiel

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

ComplicationsNote de bas de page 165

  • Altération de l'état mental
  • Œdème cérébral et élévation de la pression intracrânienne
  • Convulsions
  • Déficits focalisés (p. ex. perte auditive, paralysie des nerfs crâniens, hémiparésie ou quadriparésie)
  • Ataxie
  • Anomalies cérébrovasculaires
  • Déficience neuropsychologique ou trouble du développement
  • Épanchement ou empyème sous-dural
  • Hydrocéphalie
  • Dysfonction hypothalamique
  • Choc septique
  • Décès

Tests diagnostiques

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Le choix des tests diagnostiques repose sur les antécédents, les facteurs de risque et les résultats de l'examen physique du client, ainsi que sur la disponibilité des tests. Consulter l'établissement destinataire pour déterminer si des analyses de laboratoires doivent être faites avant le transfert.

Laboratoire

Les tests devraient être effectués conformément aux politiques et procédures provinciales/territoriales. Les tests diagnostiques ci-dessous sont à considérer.

Hémocultures
  • Obtenir 2 échantillons de sang pour des hémoculturesNote de bas de page 162 avant d'entreprendre une antibiothérapie en cas de méningite soupçonnée. On augmente ainsi les chances de parvenir à isoler le micro-organisme en cause
  • Il est primordial de disposer d'un volume de sang suffisant pour déterminer s'il y a bactériémie. Le volume de sang optimal pour les hémocultures varie selon l'âge

Pour en savoir davantage à propos des prélèvements aux fins d'hémoculture, y compris les volumes de sang requis, consulter les lignes directrices provinciales/territoriales concernant les analyses de laboratoire.

Autres analyses de laboratoire
Radiographie

Radiographie thoracique, selon l'état clinique du clientNote de bas de page 163

Prise en charge

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Objectifs du traitement

  • Traiter l'infection
  • Prévenir/traiter les complications
  • Empêcher l'infection de se propager

Interventions non-pharmacologiques

Interventions
  • Ne rien administrer par voie orale, selon le degré de conscience de l'enfant
  • Réévaluer fréquemment l'état neurologique et consigner les évaluations selon l'échelle de coma de Glasgow
  • Examiner les fontanelles
  • Surveiller l'apport liquidien et le débit urinaire
  • Administrer de l'oxygène au besoin
Enseignement au clientNote de bas de page 166
  • Offrir à l'enfant et au(x) parent(s)/soignant(s) un soutien affectif; il s'agit d'un facteur extrêmement important, compte tenu de la nature soudaine de la maladie
  • Expliquer qu'il est normal que la méningite se manifeste soudainement

On trouve d'autres renseignements à l'intention des parents/soignants.

Interventions pharmacologiques

En plus de consulter un médecin / une infirmière praticienne, s'assurer de revoir les monographies, la liste des médicaments des postes de soins infirmiers de la DGSPNI ou le formulaire provincial/territorial avant d'initier une thérapie.

Maintien continu de l'équilibre hydroélectrolytique en cas de méningite
  • Mettre en place un accès intraveineux (IV) périphérique
  • S'il est impossible de mettre en place une ligne intraveineuse, utiliser une aiguille intraosseuse (IO)Note de bas de page 150 conformément aux politiques/procédures provinciales/territoriales
  • Il importe de bien maintenir l'équilibre hydroélectrolytique en cas de méningiteNote de bas de page 167
  • Dans le cas des enfants qui ne sont pas en état de choc ou d'hypovolémie, l'apport liquidien doit être restreint, en consultation avec un médecin / une infirmière praticienneNote de bas de page 167

N.B. : Un œdème généralisé constitue un important facteur de risque de résultats indésirables graves de la méningite.

Administration immédiate d'un traitement de remplacement liquidien si l'enfant présente des signes de déshydratation ou d'état de choc au moment de la consultation
  • Si l'enfant présente des signes de déshydratation ou d'état de choc, consulter immédiatement un médecin / une infirmière praticienne
  • Traiter l'état de choc au moyen d'un bolus rapide de chlorure de sodium à 0,9 % IV/IO, à raison de 20 ml/kg administrés sur une période de 10 à 20 minutes
  • Administrer jusqu'à 4 bolus, au besoin, si l'état du client ne s'améliore pas et qu'il n'y a AUCUN signe de surcharge de volumeNote de bas de page 168Note de bas de page 169
  • Après l'administration d'un traitement de remplacement liquidien, maintenir l'équilibre hydroélectrolytique de façon continue, en consultation avec le médecin / l'infirmière praticienne

Pour connaître les besoins liquidiens d'entretien, consulter le Tableau 9 de l'Annexe J, Section A de ce guide.

Maintien de l'équilibre hydroélectrolytique si l'enfant présente des signes de pression intracrânienne accrue ou un œdème généralisé

Consulter immédiatement un médecin / une infirmière praticienne si l'enfant présente des signes de pression

intracrânienne accrue, soit :

  • Une note de 9 sur l'échelle de coma de Glasgow ou une baisse de 3 points sur cette même échelle
  • Bradycardie relative et hypertension
  • Signes neurologiques focalisés
  • Posture ou mouvements anormaux
  • Pupilles inégales, dilatées ou peu réactives
  • Œdème papillaire
  • Fontanelle bombée
  • Absence de réaction à des stimuli douloureux
Antibiothérapie
  • Instaurer immédiatement une antibiothérapie si une méningite bactérienne est soupçonnée. L'administration rapide d'une antibiothérapie empirique est impérative pour assurer l'efficacité du traitement; le pronostic de la méningite dépend du traitement de l'infection avant l'apparition d'une maladie graveNote de bas de page 163
  • Pendant que le client attend l'évacuation médicale, et en consultation avec l'établissement destinataire ou le médecin / l'infirmière praticienne, il peut être nécessaire d'amorcer une antibiothérapie empirique
  • Le traitement empirique peut comprendre 2 ou 3 antibiotiques :
    • cefTRIAXone IV (à éviter si le client est âgé de 3 mois ou moins, pour éviter le risque d'hyperbilirubinémie) ou céfoTAXime IV combiné avec la vancomycine IV
    • On peut aussi administrer de l'ampicilline IV pour éradiquer la bactérie Listeria si le client est immunodéficient et à risqueNote de bas de page 163
Traitement empirique pour les nouveau-nés (nourrissons <1 mois) Note de bas de page 175

Ampicilline plus céfoTAXime

(Voir les dosages ci-dessous)

  • Nouveau-nés ≤ 7 jours
    • Ampicilline
      • Pour les nourrissons pesant 2 kg ou moins: ampicilline 100 mg/kg/ jour IV divisée q 12h
      • Pour les nourrissons pesant plus de 2 kg: ampicilline 150 mg/kg/jour IV divisé q 8h
      • Si on soupçonne une infection à streptocoque du groupe B (SGB): ampicilline 200 mg/kg/jour IV divisée q 8h

      ET

    • céfoTAXime (Claforan)
      • Pour les nourrissons pesant moins de 2 kg: céfoTAXime 100 mg/kg/ jour IV divisé q 12h
      • Pour les nourrissons pesant 2 kg ou plus: céfoTAXime 100-150 mg/kg/ jour IV divisé q 8h
  • Nouveau-nés > 7 jours
    • Ampicilline
      • Pour les nourrissons pesant moins de 1,2 kg: ampicilline 100 mg/kg/jour IV divisé q 12h
      • Pour les nourrissons pesant entre 1,2 et 2 kg: ampicilline 150 mg/kg/ jour IV divisé q 8h
      • Pour les nourrissons pesant plus de 2 kg: ampicilline 200 mg/kg/jour IV divisée q 6h
      • Si on soupçonne une infection à streptocoque du groupe B (SGB): ampicilline 300 mg à 400 mg/kg/jour IV divisée q 4 à 6 h
    • céfoTAXime (Claforan)
      • Pour les nourrissons pesant entre 1,2 et 2 kg: céfoTAXime 150 mg / kg / jour IV divisé q 8h
      • Pour les nourrissons pesant plus de 2 kg: céfoTAXime 150-200 mg / kg / jour IV divisé q 6h à 8h
Traitement empirique pour les enfants de quatre semaines et plus Note de bas de page 163

Vancomycine plus céfoTAXime (pour les enfants de 3 mois ou moins) ou Vancomycine plus cefTRIAXone (pour les enfants de plus de 3 mois)

(Voir les dosages ci-dessous)

  • vancomycine 60 mg/kg/jour IV divisée q 6h; dose maximale 4g /jour

ET un des médicaments suivant:

  • céfoTAXime 300 mg/kg/ jour IV q 6 h; dose maximale de 8 g/jour à 12 g/jour

    ou

  • cefTRIAXone 100 mg/kg IV au moment du diagnostic; répéter la dose de 100 mg/kg IV à 12 h, puis ensuite, 100 mg/ kg/jour IV divisé q12 h; dose maximale 4 g/jour. (La voie intramusculaire peut être utilisée si la voie intraveineuse n'est pas immédiatement disponible)

Si Listeria monocytogenes est soupçonné en raison d'une immunodépression sous-jacente, l'ampicilline IV doit être ajoutée.

Ampicilline
  • ampicilline 300 mg/kg/jour IV divisée q 4 h à 6 h; dose maximale 12 g/jour

Pour les clients qui ne peuvent pas recevoir de vancomycine ou une céphalosporine de troisième génération en raison d'une contre-indication (par exemple, des allergies), l'avis d'un expert en maladies infectieuses doit être recherché. Chez tous les patients, le traitement devrait continuer jusqu'à ce que les résultats de la sensibilité reviennent.

Traitement anti-inflammatoire

La dexaméthasone est indiquée pour traiter une méningite bactérienne soupçonnée s'il n'y a pas de contre-indication à l'utilisation de stéroïdes.

Nourrissons et enfants de plus de 2 mois

Dexaméthasone

  • Dexaméthasone IV q6 h (calculer 0,6 mg/kg en 24 heures, divisé en q6h; maximum de 20 mg/dose)
  • Administrer la première dose de dexaméthasone immédiatement avant la première dose d'antibiotiques ou dans les 30 minutes qui suiventNote de bas de page 163
Analgésiques/antipyrétiques

N.B. : Puisque les nouveau-nés et les nourrissons de moins de 3 mois sont moins capables de générer une réponse fébrile, il est plus probable qu'il s'agisse d'une maladie grave s'ils deviennent fébriles. Consulter le médecin / l'infirmière praticienne, particulièrement s'il s'agit d'un enfant de moins de 3 mois.

AcétaminophèneNote de bas de page 170
  • Acétaminophène 10 à 15 mg/kg/dose PO q4 à 6 h PRN
  • Maximum selon toutes les sources : acétaminophène 75 mg/kg/jour ou 4 000 mg/jour, selon la plus faible de ces valeurs
IbuprofèneNote de bas de page 170
  • Nourrissons de moins de 6 mois
    • Les données sont limitées pour les nourrissons
  • Enfants de 6 mois à 12 ans
    • Ibuprofène 5 à 10 mg/kg/dose PO toutes les 6 à 8 heures PRN
    • Maximum de 400 mg par dose*
  • Enfants de plus de 12 ans
    • Ibuprofène 200 à 400 mg/dose PO q4 à 6 h PRN*
  • *Maximum selon toutes les sources et pour tous les âges :
    • Ibuprofène 40 mg/kg /jour ou 1 200 mg par jour selon la plus faible de ces valeurs. Sous la supervision d'un médecin ou d'une infirmière praticienne, des doses quotidiennes ≤2 400 mg peuvent être administrées

Surveillance et suivi

Consulter un médecin / une infirmière praticienne si vous êtes hors du cadre légal de votre champ de pratique et si aucune délégation autorisée n'a été obtenue.

Surveillance

  • Surveiller de près le client pendant 30 minutes après l'administration d'un agent comportant un risque d'anaphylaxie
  • Surveiller les signes vitaux tel qu'indiqué par l'état du client, y compris la saturation en oxygène
  • Surveiller le degré de conscience et les signes neurologiques focalisés, selon l'état clinique du client
  • Surveiller l'apport liquidien et le débit urinaire

Suivi

Orientation vers d'autres ressources médicales

Prévoir une évacuation médicale d'urgence.

Déclaration

La méningite est une maladie à déclaration obligatoire. Suivre les politiques et procédures provinciales/territoriales relatives aux maladies à déclaration obligatoire. Pour de plus amples renseignements, consulter la rubrique Lignes directrices provinciales/territoriales à l'Annexe J, Section B de ce guide.

Annexe J

Section A : informations supplémentaires pour la prise en charge

Tableau 9 - Besoins liquidiens (base horaire)
Calcul
  • 4 ml/kg/heure pour les 10 premiers kilos de poids corporel
  • Plus 2 ml/kg/heure pour les 10 kilos suivants de poids corporel (au-delà des 10 premiers kilos de poids corporel)
  • Plus 1 ml/kg/heure pour chaque kilo au-delà de 20 kg de poids corporel
Maximum de 100 ml par heure ou 2 400 ml en 24 h pour assurer le maintien de l'équilibre liquidien
Exemples
  • Pour un enfant de 10 kg : 10 kg × 4 ml/kg/heure = 40 ml/heure
  • Pour un enfant de 15 kg : (10 kg × 4 ml/kg/heure) + (5 kg × 2 ml/kg/heure) = 50 ml/heure
  • Pour un enfant de 25 kg : (10 kg × 4 ml/kg/heure) + (10 kg × 2 ml/kg/heure) + (5 kg × 1 ml/kg/heure) = 65 ml/heure
Prévention et contrôle

Les vaccins constituent la pierre angulaire de la prévention et du contrôle de la méningite bactérienneNote de bas de page 171.

Méningite causée par haemophilus influenzae
  • Au Canada, le vaccin contre Hemophilus influenzae de type B (Hib) est administré depuis 1998 dans le cadre des programmes publics de l'ensemble des provinces et territoires
  • Le type de vaccin et le calendrier d'immunisation varie d'une province à l'autre; toutefois, le vaccin est généralement administré à 2, 4, 6 et 18 mois, en même temps que le vaccin DTC
  • Grâce à l'immunisation systématique, la méningite causée par H. influenzae est aujourd'hui très rare et survient principalement chez des enfants non immunisés ou partiellement immunisés, ou chez des personnes immunodéficientes. La maladie attribuable à d'autres sérogroupes (c.-à-d. autres que le type B) est en hausse partout au Canada, et particulièrement au sein des populations du NordNote de bas de page 163
Méningite causée par neisseria meningitides (méningite à méningocoques)
  • L'incidence des maladies à méningocoques chez les enfants et les adultes a diminué considérablement depuis l'instauration de programmes d'immunisation systématique contre les méningocoques du sérogroupe CNote de bas de page 163
  • L'effet de l'introduction du vaccin conjugué quadrivalent contre les méningocoques A, C, Y et W chez les adolescents n'est pas encore connuNote de bas de page 163
Méningite causée par streptococcus pneumoniae (méningite à pneumocoques)
  • L'incidence de la méningite à pneumocoques a aussi beaucoup diminué dans tous les groupes d'âge depuis l'instauration d'un programme d'immunisation systématique contre S. pneumoniaNote de bas de page 163
  • Des programmes publics d'immunisation des nourrissons contre S. pneumonia sont offerts dans l'ensemble des provinces et territoires depuis 2005.
  • En 2011, le vaccin conjugué heptavalent (VPC7) a été remplacé par un vaccin conjugué 13-valent (VPC13) dans l'ensemble des provinces et territoiresNote de bas de page 163
Chimioprophylaxie pour les contacts familiaux
Méningite causée par haemophilus influenzaeNote de bas de page 172

Aucune chimioprophylaxie n'est nécessaire pour les contacts familiaux des cas d'infection invasive à Hib si ces contacts ont reçu toute la série de vaccins protégeant contre Hib. Si certains contacts familiaux sont âgés de moins de 48 mois et ne sont pas complètement immunisés, consulter les autorités de santé publique locales.

Méningite à méningocoques
  • Proposer une chimioprophylaxie à toutes les personnes ayant eu des contacts étroits avec le cas de méningococcie invasive (MI) entre 7 jours avant l'apparition des symptômes et 24 heures après l'instauration d'un traitement efficace, quel que soit leur état d'immunisationNote de bas de page 173
  • Les personnes ayant eu des contacts étroits avec un cas d'infection à méningocoques courent un risque accru de contracter une MI; ce risque est le plus élevé pour les contacts familiaux
  • Les personnes suivantes (quel que soit leur état d'immunisation) devraient recevoir une chimioprophylaxie; si le sérogroupe méningococcique responsable de la MI peut être prévenu par un vaccin, elles devraient aussi être considérées pour une immunoprophylaxie :
    • Contacts familiaux d'un cas de MI
    • Personnes qui ont dormi dans le même lit qu'un cas de MI
    • Personnes qui ont eu contact direct par le nez ou la bouche avec les sécrétions salivaires ou nasales d'un cas de MI (p. ex. baiser sur la bouche, partage d'une cigarette ou d'une bouteille)
  • Enfants et personnel qui ont été en contact avec un cas de MI dans une garderie ou à l'école
  • Les personnes suivantes devraient recevoir une chimioprophylaxie seulement; une immunoprophylaxie n'est pas nécessaire
    • Travailleurs de la santé ayant eu un contact étroit non protégé (sans porter un masque) avec un patient infecté (p. ex. intubation, réanimation ou examen rapproché de l'oropharynx)
    • Passagers d'un vol assis directement à côté du cas (mais pas ceux qui étaient assis de l'autre côté de l'allée), si la durée totale du séjour à bord de l'avion était d'au moins 8 heures
    • Contacts étroits d'un cas de MI attribuable à un sérogroupe ne faisant pas partie des vaccins antiméningococciques, ou d'un cas index dont le sérogroupe n'a pas été déterminé
    • Contacts étroits déjà vaccinés qui ne satisfont pas aux critères de revaccination énoncés ci-dessus
Chimioprophylaxie

Proposer une chimioprophylaxie aux contacts de cas atteints d'une méningite à méningocoques de l'UNE des façons suivantesNote de bas de page 174 :

Rifampicine
  • Nourrissons de moins de 1 mois :
    • Rifampicine PO BID pendant 2 jours (calculer 5 mg/kg/dose)
  • Nourrissons et enfants de 1 mois ou plus :
    • Rifampicine PO BID pendant 2 jours (calculer 10 mg/kg/dose; maximum de 600 mg/dose)
  • Adultes
    • Rifampicine 600 mg PO BID pendant 2 jours

      ou

    • Ciprofloxacine 500 mg PO, une dose
cefTRIAXone
  • Enfants de moins de 12 ans :
    • cefTRIAXone 125 mg IM, une dose
  • Adolescents et adultes de 12 ans ou plus :
    • cefTRIAXone 250 mg IM, une dose
  • Femmes enceintes :
    • N.B. : La cefTRIAXone est l'agent de choix pour les femmes enceintes. La rifampicine et la ciprofloxacine ne sont pas recommandées durant la grossesse.
Méningite pneumococcique

Il n'est pas nécessaire d'administrer une chimioprophylaxie après l'exposition.

Section B : ressources supplémentaires

Lignes directrices provinciales/territoriales
Alberta

Ministère de la Santé de l'Alberta. Public Health Notifiable Disease Guidelines: Meningococcal Disease, Invasive (IMD). (En anglais seulement).

Colombie-Britannique

BC Centre for Disease Control. Communicable Disease Control Manual: Meningococcal Disease. (En anglais seulement).

Manitoba

Santé publique et Soins primaires. Communicable Disease Management Protocols: Invasive Meningococcal Disease (Neisseria meningitidis). (En anglais seulement).

Terre-Neuve-et-Labrador

Santé et Services communautaires. CDC Information for Health Professionals: Disease Control Manual: Section 3, Diseases Preventable by Routine Vaccination. (En anglais seulement).

Territoires du Nord-Ouest

Santé et Services sociaux. Communicable Disease Manual. (Cliquer sur HSS Professionals (staff only) et entrer code d'utilisateur et mot de passe) (en anglais seulement).

Nouvelle-Écosse

Santé et Mieux-être. Communicable Diseases Manual: Communicable Disease Manual: Meningococcal Disease – Invasive (IMD) (Version PDF, 65 Ko, 8 pages). (En anglais seulement).

Yukon

Communicable Disease Control: Meningococcal Disease (Version PDF, 265 Ko, 22 pages). (En anglais seulement).

Bibliographie

Les références et autres sources suivantes ont servi à la mise à jour du présent guide de pratique clinique.

Autres sources

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Agence de la santé publique du Canada. Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC) : Lignes directrices pour la prévention et le contrôle des éclosions de rougeole au Canada. [Internet] Ottawa, ON: Agence de la santé publique du Canada; 2013.

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Association des pharmaciens du Canada. « Ampicilline ». [Internet] Ottawa (ON) : e-Therapeutics; 2008 [cité le 31 août 2015]. (Code d'utilisateur et mot de passe requis).

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Association des pharmaciens du Canada. « Ceftriaxone ». [Internet] Ottawa (ON) : e-Therapeutics; 2015. Consulté le 31 août 2015 (code d'utilisateur et mot de passe requis).

Association des pharmaciens du Canada. « Compendium of therapeutic choice: Canada's Trusted Reference for primary care therapeutics (7e édition) ». Ottawa : Association des pharmaciens du Canada; 2014.

Association des pharmaciens du Canada. « Corticostéroïdes systémiques ». [Internet] Ottawa (ON) : e-Therapeutics; 2011. Consulté le 31 août 2015 (code d'utilisateur et mot de passe requis).

Association des pharmaciens du Canada. « Vancomycine ». [Internet] Ottawa (ON) : e-Therapeutics; 2013. Consulté le 31 août 2015 (code d'utilisateur et mot de passe requis).

Santé Canada. Liste de médicaments des postes de soins infirmiers et Système de classification des médicaments de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI). Avril 2016.

« Acetaminophen ».[Internet] Hudson (OH) : Lexi-Comp. Inc.; 2015. Consulté le 13 mai 2015 (code d'utilisateur et mot de passe requis).

« Cefotaxime ». [Internet] Hudson (OH) : Lexi-Comp. Inc.; 2015. Consulté le 13 mai 2015 (code d'utilisateur et mot de passe requis).

« Ceftriaxone ». [Internet] Hudson (OH) : Lexi-Comp. Inc.; 2015. Consulté le 31 août 2015 (code d'utilisateur et mot de passe requis).

« Dexamethasone ».Internet] Hudson (OH) : Lexi-Comp. Inc.; 2015. Consulté le 31 août 2015 (code d'utilisateur et mot de passe requis).

« Vancomycin ». [Internet] Hudson (OH) : Lexi-Comp. Inc.; 2015. Consulté le 31 août 2015 (code d'utilisateur et mot de passe requis).

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