Soins des enfants et des adolescents - Chapitre 19 - Santé des adolescents

Certains hyperliens donnent accès à des sites d'organismes qui ne sont pas assujettis à la  
. L'information qui s'y trouve est donc dans la langue du site.

Guide de pédiatrie clinique du personnel infirmier en soins primaires de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI)

Le contenu de ce chapitre a été mis à jour en juillet 2011.

Sur cette page :

Introduction

L'adolescence est une période de transition entre l'enfance et l'âge adulte, caractérisée par des changements tant physiologiques que psychologiques. Les adolescents dans notre société sont confrontés à de nombreux problèmes de santé, notamment dans le domaine de la santé mentale, psychologique et sociale. Malheureusement, l'adolescence est aussi une période de la vie où les contacts avec les professionnels de la santé sont rares, voire inexistants. Les adolescents ont aussi tendance à adopter des comportements à risque, comme par exemple l'abus de drogues et d'alcool, ce qui cause une morbidité et une mortalité prématurées dans cette tranche d'âge. Par contre, les changements de l'adolescence ouvrent la voie à des activités et à des interventions de promotion de la santé et de prévention des maladies1.

Développement de l'adolescent

Critères de développement harmonieux :

  • Un environnement favorable au bien-être de l'enfant à long terme
  • Étapes graduelles vers une plus grande autonomie

Autres facteurs contribuant à un développement harmonieux :

  • Engagement positif et réciproque entre adolescents et adultes
  • Programmes scolaires et communautaires

Caractéristiques du développement psychosocial 2

Pour plus de renseignements sur la transition à l'adolescence et à l'âge adulte, veuillez consulter le site  Grandir en santé au Canada - Guide pour le développement positif des enfants.

Début de l'adolescence 3

Environ de 12 à 14 ans.

  • Préoccupation des changements corporels et de son image; souci de son apparence
  • Attentes élevées à l'égard de soi, mais accompagnées d'un manque de confiance
  • Influence croissante des groupes de pairs; affection réduite à l'endroit des parents
  • Recherche de nouvelles personnes à aimer
  • Niveau élevé d'activité physique
  • Sautes d'humeur et comportements impulsifs
  • Capacité accrue de penser de façon complexe (par exemple, pensée abstraite) et de distinguer le bien du mal
  • Capacité accrue d'exprimer ses sentiments verbalement, mais expression fréquente de ses sentiments par des gestes
  • Intérêt axé sur le présent et l'avenir à court terme
  • Mise à l'épreuve des règles et des limites

Milieu de l'adolescence 4

Environ de 15 à 17 ans.

  • Besoin accru d'indépendance
  • Manque d'aisance
  • Vie sociale dominée par les groupes de pairs; efforts pour se faire de nouveaux amis et sélectionner des modèles de comportement
  • Moins de conflits avec les parents, mais tristesse découlant de la prise de conscience de la « perte » psychologique des parents
  • Capacité accrue de s'occuper des autres et de partager avec eux, permettant de nouer des relations plus intimes
  • Comportements à risque plus fréquents
  • Vif intérêt pour la sexualité
  • Amélioration des habitudes de travail et de la moralité (conscience du bien et du mal)
  • Intérêt accru pour les plans d'avenir et les intérêts intellectuels
  • Attentes irréalistes à l'égard de soi accompagnées d'un concept négatif de soi

Fin de l'adolescence

Environ de 18 à 21 ans.

  • Identité plus stable, notamment en ce qui concerne le sens de l'humour, les intérêts et la stabilité émotionnelle
  • Capacité de faire des compromis et d'acquérir des clés de compréhension utiles
  • Anatomie adulte, identité sexuelle claire
  • Capacité accrue d'orienter ses activités vers l'avenir (établissement d'objectifs et démarches pour les atteindre), de s'occuper des autres (par exemple, expression verbale de ses sentiments) et d'être maître de soi (par exemple, gratification retardée, évaluation approfondie de questions, prise de décisions, autonomie, estime de soi)
  • Incertitudes sur la sexualité, les relations futures et les débouchés professionnels
  • Fierté de son travail
  • Acceptation des institutions sociales et des traditions culturelles

Caractéristiques du développement physique

Sexe féminin 5, 6

Chez les filles, la puberté commence entre 8 et 13 ans et dure habituellement 3 ans. Les seins se développent en premier; viennent ensuite l'apparition des poils pubiens et des gains de poids et de taille. Le développement peut être asymétrique. Les règles apparaissent généralement 2,5 ans après le début de la puberté; en Amérique du Nord, l'âge moyen des premières règles (ménarche) est de 12,5 ans. Les règles peuvent mettre jusqu'à 2 ans avant de devenir régulières. À la première apparition des règles, l'adolescente a généralement atteint 85 % de sa taille adulte7. La poussée de croissance de l'adolescence survient d'ordinaire entre les stades II et IV de Tanner (veuillez vous reporter au tableau 1, « Stades du développement pubertaire de Tanner »). Les courbes normales de taille, de poids et d'indice de masse corporelle selon l'âge, établies par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sont accessibles sur le site Web du  relevé postnatal Rourke.

Sexe masculin6, 8

Chez les garçons, la puberté commence entre 10 et 15 ans et dure deux fois plus longtemps que chez les filles. D'abord, les testicules, le scrotum et le pénis se développent, puis des poils poussent autour des organes génitaux et sur d'autres parties du corps et la production de sperme commence. La production de sperme peut passer inaperçue jusqu'à ce que l'adolescent ait une « émission nocturne », généralement entre 11 et 15 ans7. La poussée de croissance de l'adolescent survient au stade V de Tanner (veuillez vous reporter au tableau 1, « Stades du développement pubertaire de Tanner »). Les courbes normales de taille, de poids et d'indice de masse corporelle selon l'âge, établies par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sont accessibles sur le site Web du  relevé postnatal Rourke.

Maturation sexuelle

L'évaluation de la maturation sexuelle devrait être fondée sur les stades de Tanner (veuillez vous reporter au tableau 1, « Stades du développement pubertaire de Tanner ») ou sur le relevé médical Greig (disponible en anglais seulement). Les grilles d'évaluation de la maturité sexuelle du  relevé médical Greig comprennent des plages d'âge, mais il importe de noter qu'il existe des variations normales en dehors des plages de valeurs indiquées9 .

*Adapté avec l'autorisation de Tanner JM. Growth at adolescence. 2nd ed. Osney Mead: Blackwell Scientific Ltd.; 1962. © Blackwell Scientific Publication.

†La distribution et l'épaisseur des poils pubiens peuvent varier selon l'origine ethnique (par exemple, les adolescents autochtones ne présenteront pas nécessairement la même distribution de poils que les adolescents blancs). Mise à jour de 2011 tirée de : Hockenberry MJ, Wilson D. Wong's nursing care of infants and children. Missouri: Mosby, Elsevier; 2007. Pages 816-817.

Évaluation de la santé

Anamnèse 11

Examinez les éléments suivants durant l'entretien avec l'adolescent.

  • Vérifiez si l'adolescent a la capacité juridique de consentir au traitement. L'âge légal du consentement au traitement peut varier selon la province ou le territoire où les soins sont fournis. En l'absence de législation, la loi présume que tous les patients, y compris les adolescents, sont juridiquement aptes à donner leur consentement à l'obtention d'un traitement. Si un adolescent est capable de discerner la nature, l'objet, les risques et les avantages du traitement, il doit être traité comme une personne adulte capable de donner son consentement à l'obtention d'un traitement. Si un adolescent n'a pas la capacité juridique de consentir, le consentement d'un parent, d'un tuteur ou du plus proche parent est nécessaire avant l'administration du traitement.
  • Assurez-vous que l'adolescent raconte lui-même ce qui s'est passé, peu importe qu'il soit seul ou non. Il est préférable de l'interroger en l'absence de ses parents ou de la personne qui s'occupe de lui. Soyez ferme et expliquez aux parents/tuteurs le stade de développement de l'adolescent, son besoin de développer son autonomie et son droit à l'intimité et à la confidentialité. Il peut être nécessaire d'obtenir par la suite d'autres personnes, par exemple un parent, un fournisseur de soins ou un enseignant. Si l'adolescent est en mesure de prendre des décisions par lui-même, son consentement sera nécessaire pour l'interrogation d'autres personnes. Par conséquent, l'anamnèse dépend de la capacité de l'adolescent.
  • Assurez l'adolescent que tout ce qu'il vous dira restera strictement confidentiel (à quelques exceptions près, par exemple les idées de suicide ou d'homicide, les cas de mauvais traitements et de négligence et les autres comportements à haut risque potentiellement destructeurs), car la plupart des adolescents ont l'impression que les traitements ne sont pas confidentiels.
  • Établissez un rapport avec l'adolescent en traitant d'abord de sa préoccupation primaire et de questions générales. Passez aux questions plus délicates par la suite.
  • Ne présumez de rien. Dans la mesure du possible, posez des questions ouvertes pour établir une relation empathique, dénuée de jugement, où règne la confiance12.
  • Mettez l'accent sur les traits positifs pour favoriser l'estime de soi et établir une relation positive12.
  • Écrivez le moins possible durant l'entretien et permettez à l'adolescent de parler ouvertement aussi longtemps qu'il le souhaite.
  • Abordez avec tact les éventuels problèmes de sexualité, de drogues, de tabagisme, d'alcool, d'école, de santé mentale, de violence et de famille. La plupart des adolescents souhaitent parler de ces problèmes, mais ils ont besoin qu'un fournisseur de soins de santé prenne l'initiative.
  • Posez des questions qui sont applicables à l'un ou l'autre des sexes, particulièrement en ce qui concerne la sexualité (par exemple, « As-tu des relations sexuelles avec quelqu'un? »13 ou « Parle-moi de ta vie sexuelle »).
  • Essayez d'obtenir des renseignements sur les activités auxquelles l'adolescent se livre et auxquelles les membres de son groupe d'amis s'adonnent aussi (par exemple, « Qu'est-ce que tu aimes faire avec tes amis? »). Les activités du groupe reflètent généralement celles de l'adolescent.
  • Si l'adolescent est renfermé, il est possible d'opter pour des questions à choix multiples (par exemple, « Comment compares-tu tes résultats scolaires à ceux de tes camarades? Sont-ils meilleurs, pires ou semblables? »).

Antécédents

Les thèmes ci-dessous sont des aspects importants des antécédents de l'adolescent.

Bilan fonctionnel 14

Un relevé complet des antécédents de l'adolescent en matière de santé, comprenant l'examen de tous les systèmes et appareils de l'organisme, doit être dressé dès que l'occasion se présente.

Puberté

Il est essentiel de noter les changements pubertaires et, pour les jeunes filles, les antécédents menstruels. Comme la dysménorrhée, les saignements utérins dysfonctionnels et l'aménorrhée sont courants chez les adolescentes, la présence de ces problèmes devrait être vérifiée.

Alimentation et activité physique

Interrogez l'adolescent sur les types de repas et d'aliments consommés à la maison et à l'extérieur de la maison. Informez-vous sur son accès à la nourriture, sur ses allergies et intolérances alimentaires et sur toute diète spéciale (par exemple, végétarisme).

Posez des questions sur l'apport en calcium et en vitamine D et sur les exercices avec mise en charge, car ils influent sur le développement de la masse osseuse pendant l'adolescence. L'apport en fer devrait aussi être examiné chez les adolescentes ayant des règles abondantes.

Vérifiez si l'adolescent prend des vitamines, des minéraux, des herbes, des suppléments nutritionnels et des produits de médecine douce ou suit des traitements de médecine douce. Selon le guide Bien manger avec le Guide alimentaire canadien - Premières nations, Inuit et Métis, toutes les femmes enceintes devraient prendre des multivitamines contenant de l'acide folique15.

Posez des questions sur les activités physiques de l'adolescent, notamment leur nature, leur durée et leur fréquence.

Sommeil

Interrogez l'adolescent sur ses habitudes de sommeil, sur la présence de fatigue diurne, sur sa consommation de caféine et sur les problèmes pouvant découler de la perturbation du sommeil, notamment la difficulté à se concentrer, la baisse du rendement scolaire et l'irritabilité. Les adolescents ont besoin de 9 à 9,5 heures de sommeil par jour, mais dorment souvent beaucoup moins.

Évaluation psychosociale 16, 17

Il faut discuter des questions d'ordre psychosocial qui sont importantes pour la santé des adolescents chaque fois qu'on en a la chance (par exemple, adolescent se présentant en raison d'un problème de santé aigu comme une lacération). Les problèmes liés à la sexualité, à la consommation de drogues ou d'alcool, aux troubles mentaux, à la violence et aux difficultés familiales et scolaires doivent être abordés systématiquement. Pour être complète, l'évaluation doit aussi porter sur l'assiduité et les résultats scolaires ainsi que sur les projets d'études et de carrière. Deux abréviations mnémotechniques (SAFE TIMES et HEEADSSS) peuvent s'avérer utiles pour amorcer la discussion avec l'adolescent, mais une seule devrait être utilisée par consultation. Approfondissez l'anamnèse si vous soupçonnez la présence d'un problème.

SAFE TIMES
  • S pour les questions de sexualité
  • A pour affect (par exemple, dépression) et abus (par exemple, drogues)
  • F pour famille (fonctionnement et antécédents médicaux)
  • E pour examen (sensible et adéquat)
  • T pour temps, soit le stade du développement (image corporelle)
  • I pour immunisation
  • M pour minéraux (questions de nutrition)
  • E pour éducation et emploi (questions liées à l'école et au travail)
  • S pour sécurité (par exemple, accidents de la route, violence sexuelle, actes criminels)
HEEADSSS 8, 18
  • H pour habitation (entre autres, structure et dynamique de la famille, relation avec la famille); par exemple, « Où habites-tu et avec qui habites-tu? »
  • E pour éducation (entre autres, cours préférés, difficultés, rendement scolaire) et emploi; par exemple, « Parle-moi de l'école »
  • E pour épicerie (entre autres, aliments consommés, préoccupations à l'égard d'un surplus de poids et/ou de l'obésité, troubles de l'alimentation, mauvaise alimentation, image corporelle, estime de soi); par exemple, « Dis-moi ce que tu penses de ton poids et de ta forme? »
  • A pour activités liées aux pairs (entre autres, activités parascolaires, exercice, relations avec les pairs); par exemple, « Que fais-tu avec tes amis pour avoir du plaisir? »
  • D pour drogues (tabac, alcool, autres substances); par exemple, « Quels types de drogues as-tu vues autour de toi? » et/ou « Parle-moi de tes amis et de l'utilisation de drogues et d'alcool. »
  • S pour sexualité (entre autres, âge des premières relations sexuelles); par exemple, « Parle-moi des relations que tu as ou que tu as eues dans le passé. »
  • S pour suicide/dépression; par exemple, « Parle-moi de ton sommeil ces derniers temps », « Est-ce que tu ressens de l'ennui? » et « As-tu déjà pensé à te faire du mal quand les choses n'allaient pas? »
  • S pour sécurité (entre autres, intimidation, violence); par exemple, « Les accidents sont la plus grande cause de décès et de blessures chez les adolescents. Que fais-tu pour éviter d'être dans un accident ou de te faire mal? Comment la violence a-t-elle affecté ta vie?

Une liste détaillée de questions sur chaque aspect a été établie dans un article publié par  Goldenring et Rosen. Des questions sur la plupart des aspects figurent aussi dans un article du  BC Children's Hospital. Les deux articles (disponibles en anglais seulement) offrent des conseils généraux sur les soins à fournir aux adolescents.

Pour plus de renseignements sur l'anamnèse concernant la consommation de substances, les troubles de santé mentale et la santé sexuelle, veuillez consulter la section pertinente ci-dessous.

Antécédents familiaux 19

Posez des questions sur les antécédents familiaux en matière de santé (problèmes de santé physique et mentale) qui pourraient accroître le risque d'une affection donnée chez l'adolescent. Accordez une importance particulière aux troubles de l'humeur, aux maladies cardiovasculaires et au diabète.

Examen médical 20

Il convient d'insister sur les aspects propres à l'adolescence. Les caractéristiques suivantes devraient être évaluées tous les 1-2 ans et à des intervalles plus courts en cas de problème.

Les grands enfants et les adolescents doivent être traités de façon éthique et avec tact, surtout en ce qui a trait à l'examen des seins et des organes génitaux. Expliquez aux parents et à l'adolescent la raison d'être de l'examen et obtenez leur consentement éclairé avant de procéder. Il faut « prévoir la présence d'un parent ou d'une infirmière et en expliquer la raison. Permettre à l'enfant de s'isoler pour s'habiller et se déshabiller et de porter une jaquette à l'examen. »21

Signes vitaux

La taille, le poids, l'indice de masse corporelle et la pression sanguine devraient être mesurés tous les ans à l'adolescence. Les valeurs de la taille, du poids et de l'indice de masse corporelle devraient être transcrites sur les courbes de croissance de l'OMS, qui sont accessibles sur le site Web du  relevé postnatal Rourke. Dans le cas des enfants de plus de 10 ans, l'indice de masse corporelle (IMC) selon l'âge devrait être transcrit sur la courbe pour déterminer le poids idéal en fonction de la taille et pour diagnostiquer l'obésité. L'IMC aide également à établir la présence d'une insuffisance ou d'un excès de poids d'après les critères standard d'embonpoint (IMC >25 kg/m²) et d'obésité (IMC >30 kg/m²) chez l'adulte. Les courbes de l'IMC selon l'âge de l'OMS permettent d'évaluer les adolescents selon leur classement percentile. Les IMC sous le 3e percentile traduisent une insuffisance du poids, les IMC du 85e au 97e percentiles représentent un excès de poids et les IMC supérieurs au 97e percentile constituent des cas d'obésité. Si un adolescent souffre d'embonpoint ou d'obésité, veuillez vous reporter à la section « Obésité » du chapitre « Nutrition » et/ou aux  Lignes directrices canadiennes de 2006 sur la prise en charge et la prévention de l'obésité chez les adultes et les enfants.

Peau

Les problèmes évidents, comme l'acné, doivent être consignés et traités.

Yeux

Évaluez l'acuité visuelle, car la myopie apparaît souvent pendant la poussée de croissance de l'adolescence.

Bouche

Les caries dentaires et les maladies périodontiques peuvent poser des problèmes majeurs pendant l'adolescence.

Appareil cardiovasculaire

Les souffles fonctionnels sont fréquents pendant l'adolescence; recherchez les autres formes de cardiopathie (par exemple, prolapsus valvulaire mitral).

Appareil locomoteur

Les blessures sportives, les problèmes de genoux et les autres problèmes de l'appareil locomoteur sont fréquents pendant l'adolescence. L'utilité du dépistage systématique de la scoliose est contestée. Seuls les adolescents présentant des symptômes, ou chez qui la scoliose a été découverte fortuitement, devraient faire l'objet de cet examen.

Seins

L'examen des seins est indiqué seulement pour une raison précise (par exemple, examen médical périodique visant à vérifier le développement normal des organes génitaux externes, recherche de signes physiques de mauvais traitements, à la demande des parents). Il faut avertir l'enfant qu'il ou elle sera touché21.

Évaluez le développement et la symétrie des seins pour déterminer le stade de Tanner (veuillez vous reporter au tableau 1, « Échelle de maturité sexuelle de Tanner »).

Organes génitaux

L'examen des organes génitaux est indiqué seulement pour une raison précise (par exemple, examen médical périodique visant à vérifier le développement normal des organes génitaux externes, recherche de signes physiques de mauvais traitements, à la demande des parents). Il faut avertir l'enfant qu'il ou elle sera touché. « Si l'enfant se sent mal à l'aise face à l'examen physique, ne jamais utiliser la force ou la contrainte. (...) Si l'enfant refuse de collaborer, reporter l'examen21. »

Évaluez la pilosité pelvienne pour déterminer le stade de Tanner (veuillez vous reporter au tableau 1, « Échelle de maturité sexuelle de Tanner » sous « Développement de l'adolescent »).

Chez les garçons, il faut évaluer la croissance et le développement des organes génitaux externes pour déterminer le stade de Tanner (veuillez vous reporter au tableau 1, « Échelle de maturité sexuelle de Tanner » sous « Développement de l'adolescent »). Il existe des preuves suffisantes pour déconseiller l'examen clinique des testicules chez les adolescents présentant un risque moyen de cancer du testicule9.

Les filles qui sont sexuellement actives doivent subir un examen gynécologique et un test de Papanicolaou ainsi qu'un test de dépistage des infections transmises sexuellement (ITS) au moins une fois par an. Les indications générales de l'examen gynécologique comprennent également l'irrégularité du cycle menstruel, la dysménorrhée grave, les pertes vaginales, les douleurs abdominales inexpliquées et la dysurie.

Tests diagnostiques 22

Rubéole

Les adolescentes qui ne peuvent prouver qu'elles ont été vaccinées contre la rubéole doivent subir un test de détection et de titrage des anticorps antirubéoliques; si les résultats sont négatifs, il convient de les vacciner contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. On peut également vacciner les adolescentes qui n'ont aucune preuve documentée de vaccination contre la rubéole, sans leur faire subir de test préalable.

Test de Papanicolaou 23

Toutes les adolescentes sexuellement actives doivent subir un test de Papanicolaou. Le dépistage devrait commencer dans les 3 années suivant la première activité sexuelle vaginale (par exemple, rapport vaginal-oral, attouchements vaginaux). Si tous les tests s'avèrent négatifs, le dépistage devrait être effectué tous les ans jusqu'à ce que trois tests de Papanicolaou annuels aient été réalisés. Si un mécanisme de rappel approprié est en place, le dépistage peut avoir lieu tous les 2-3 ans. En cas de résultat anormal, les observations détermineront les intervalles de dépistage et/ou la nécessité de procéder à un aiguillage. L'immunisation contre le virus du papillome humain ne remplace pas le test de Papanicolaou. Le dépistage des ITS devrait être effectué en même temps que le test de Papanicolaou.

Dépistage des infections transmises sexuellement

Les adolescentes sexuellement actives devraient subir un test de dépistage des ITS, y compris la chlamydia et la gonorrhée, au moins une fois par an. Le dépistage du VIH et de la syphilis est recommandé chez les adolescents faisant partie d'un groupe à risque élevé (par exemple, selon les données provinciales, les Autochtones de la Colombie-Britannique, de l'Alberta et du Yukon sont plus nombreux que les autres à être atteints de syphilis24). Il n'existe aucune recommandation particulière concernant le dépistage des ITS chez les adolescents de sexe masculin. La décision de procéder à un test de dépistage devrait être fondée sur les facteurs de risque présents.

Anémie 25

Portez une attention particulière à l'anémie ferriprive. Les personnes à risque comprennent les jeunes filles menstruées, les adolescents, les personnes ayant une mauvaise alimentation, les Autochtones, les personnes appartenant à une classe socio-économique défavorisée, les végétariens et les donneurs de sang réguliers. Pour dépister l'anémie ferriprive, utilisez la ferritine, et non l'hémoglobine.

Lipides et glucose 26

Il faut établir le profil lipidique à jeun des enfants âgés de 10 ans et plus qui sont atteints d'embonpoint ou d'obésité.

Jusqu'à 1 % des enfants autochtones de 5 à 18 ans sont atteints de diabète de type 227. La mesure de la glycémie plasmatique (par exemple, à jeun ou aléatoire) visant à diagnostiquer le diabète de type 2 devrait être pratiquée chez les jeunes autochtones de plus de 10 ans qui présentent un indice de masse corporelle (IMC) supérieur au 85e percentile prévu pour leur âge selon les  courbes de croissance de l'OMS et un des facteurs de risque suivants :

  • Mode de vie sédentaire
  • Mère atteinte de diabète gestationnel
  • Parent au premier ou deuxième degré atteint de diabète de type 2
  • Acanthosis nigricans
  • Dyslipidémie
  • Hypertension
  • Syndrome des ovaires polykystiques

Pour plus de renseignements sur le diabète sucré, veuillez vous reporter à la section « Diabète sucré » du chapitre « Hématologie, endocrinologie, métabolisme et immunologie » et aux  Lignes directrices de pratique clinique 2008 de l'Association canadienne du diabète pour la prévention et le traitement du diabète au Canada.

Tuberculose

Le dépistage de la tuberculose est indiqué dans les groupes à risque élevé, qui comprennent les populations autochtones28. Pour plus de renseignements, veuillez vous reporter à la section « Tuberculose » du chapitre « Maladies transmissibles » et aux  Normes canadiennes pour la lutte antituberculeuse, 6e édition.

Principaux sujets de counselling

Immunisation

Le vaccin contre la varicelle, le vaccin contre l'hépatite B, le vaccin conjugué contre le méningocoque et le vaccin contre le virus du papillome humain peuvent être nécessaires durant l'adolescence.

Pour une analyse détaillée de toutes les questions liées aux vaccins et à l'immunisation, veuillez vous reporter au  Guide canadien d'immunisation, et pour les dernières mises à jour en matière d'immunisation, veuillez consulter le  Comité consultatif national de l'immunisation. Suivez le calendrier d'immunisation de votre région ou de votre province.

Prévention des blessures

Pour plus de renseignements sur la prévention des blessures, veuillez vous reporter à la section « Stratégies de prévention des blessures ».

Puberté

Des conseils sur les changements physiques et psychologiques de la puberté devraient être fournis aux adolescents et à leurs parents9. Pour plus de renseignements sur le continuum du développement, veuillez vous reporter à la section « Développement de l'adolescent ».

Femme

À peu près rien ne démontre que l'auto-examen des seins devrait être enseigné aux femmes de moins de 40 ans9.

Homme 6, 8

Il n'est pas recommandé d'enseigner l'auto-examen des testicules aux hommes qui présentent un risque moyen9.

Principales préoccupations de santé à l'adolescence - Santé sexuelle 9, 29

La santé sexuelle des adolescents englobe le développement physique et psychosocial, les fonctions sexuelles, les attitudes et les comportements sexuels ainsi que la santé génésique. Elle comprend également la contraception, l'orientation sexuelle, les relations sexuelles (y compris la violence), les ITS et la grossesse. Toute discussion touchant des aspects de la santé sexuelle doit être menée avec tact, particulièrement auprès des personnes de ce groupe d'âge.

Au début de l'adolescence, chaque contact avec un professionnel de la santé représente une occasion d'évaluer la santé sexuelle. Selon une enquête menée auprès d'adolescents autochtones vivant en milieu urbain en Ontario, jusqu'à 37 % des adolescents sont sexuellement actifs à 13 ans et 62 % le sont à 16 ans. Les pourcentages sont plus élevés chez les adolescents de sexe masculin. Plus de la moitié des répondants ont déclaré qu'ils utilisaient rarement ou pas du tout des moyens de contraception, et 24 % des répondants de moins de 19 ans ont déjà vécu une grossesse30.

Les adolescents autochtones vivant dans une réserve courent un risque accru de maladies d'origine sexuelle. Si un adolescent est actif sexuellement, il devrait faire l'objet d'un examen des comportements à risque élevé et recevoir un counselling en conséquence. Il est important de vérifier que les adolescents sont consentants dans leurs relations et qu'ils ne subissent aucune violence ni coercition31. Pour réduire les conséquences des comportements à risque, les travailleurs urbains, les adolescents et les Aînés autochtones recommandent d'augmenter le counselling individuel, l'éducation par les pairs et les occasions de parler de sexualité avec une personne digne de confiance32, 33.

Le guide  Finding Our Way (disponible en anglais seulement) présente de l'information sur la santé sexuelle et génésique tout au long de la vie du point de vue de différentes cultures autochtones34. Spécialement destiné aux adolescents, il convient de l'information sur la sexualité, sur la santé sexuelle et sur la grossesse chez les adolescentes. Il présente aussi de l'information sur les « bispirituels » (terme autochtone utilisé pour désigner les gais, les lesbiennes, les bisexuels et les transsexuels), sur la diversité sexuelle, sur la violence conjugale et sexuelle ainsi que sur le VIH/sida et d'autres infections transmises sexuellement.

Anamnèse 35, 36

Le court scénario ci-dessous peut servir de référence pour l'évaluation des risques sexuels chez les adolescents, particulièrement ceux et celles qui sont sexuellement actifs. La plupart des questions s'appliquent aux personnes sexuellement actives.

« Une partie de mon rôle est d'évaluer la santé sexuelle et génésique. Tout ce qui sera dit restera confidentiel. Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses et je ne te jugerai pas. Les trois seules exceptions à la confidentialité de notre conversation sont : si tu me dis que tu as été maltraité; si tu me fais savoir que tu pourrais faire du mal à toi-même ou à d'autres personnes; ou si tu es diagnostiqué d'une maladie à déclaration obligatoire. Autrement, tout ce dont nous parlerons restera entre toi et moi. Est-ce que je peux te poser des questions sur ta santé sexuelle?

  • Consommes-tu des drogues? Si oui, est-ce que toi ou tes partenaires sexuels avez déjà partagé du matériel d'injection de drogues?
  • Dirais-tu que l'alcool ou les drogues ont affecté tes choix en ce qui concerne la sécurité de tes pratiques sexuelles?
  • As-tu des relations sexuelles actuellement, ou as-tu déjà eu des relations sexuelles dans le passé? Par relations sexuelles, j'entends toute relation vaginale, orale et/ou anale.
    • Si oui, quel âge avais-tu lors de ta première relation? Quel âge avait ton partenaire? Quel âge a ton partenaire actuel, si tu en as un?
    • Si oui, de quel sexe sont tes partenaires (hommes, femmes ou les deux)?
    • Si oui, combien de partenaires as-tu déjà eus?
    • Si oui, as-tu toujours utilisé le condom?
    • Si oui, quels moyens de contraception utilises-tu avec ton partenaire?
    • Si oui, que faites-vous, toi et ton partenaire, pour vous protéger contre les infections transmises sexuellement? (condom)
  • As-tu déjà dû faire un acte sexuel contre ton gré, ou as-tu déjà subi des paroles ou des gestes à caractère sexuel non désirés? Si oui, veux-tu en parler aujourd'hui?
  • As-tu aujourd'hui ou as-tu eu récemment des symptômes qui te portent à croire que tu as contracté une infection transmise sexuellement ou qui te préoccupent? Si oui, depuis combien de temps as-tu chaque symptôme? Si non, est-ce que cela veut dire que tu ne ressens aucune douleur dans le bas de l'abdomen ou dans les testicules? Tu n'as pas mal quand tu urines ou quand tu as des relations sexuelles? Tu n'as pas de rougeurs, de masses, de bosses, de boutons ni de démangeaisons dans tes parties génitales? Aucun changement dans tes pertes menstruelles?
  • Adolescentes de sexe féminin : quel était le premier jour de tes dernières règles? À quand remonte ton dernier test de Papanicolaou?
  • Y a-t-il autre chose que tu veux me dire ou me demander aujourd'hui? »

Interventions non pharmacologiques 37

L'estime de soi est essentielle à une bonne santé sexuelle. Par conséquent, assurez-vous de donner à l'adolescent une rétroaction positive qui met en valeur ses atouts34.

Offrez des tests de dépistage, de l'information et des conseils à tous les adolescents, particulièrement ceux qui sont sexuellement actifs. Le counselling comportemental devrait porter sur les aspects suivants :

  • L'utilisation du condom comme moyen de protection durant les rapports sexuels; expliquez néanmoins que les barrières contraceptives ne préviennent pas toujours les ITS d'origine virale, comme l'herpès et le virus du papillome humain
  • L'abstinence et la réduction du nombre de partenaires sexuels
  • Les vaccins préventifs contre l'hépatite A et B et contre le virus du papillome humain
  • L'information sur les ITS, notamment la transmission, les signes et les symptômes, les facteurs de risque et les pratiques sexuelles plus sûres
  • Le risque accru de transmission des ITS associé aux spermicides contenant du nonoxynol-9 (qui endommage l'épithélium vaginal); cela dit, l'utilisation d'un condom lubrifié au nonoxynol-9 est préférable à l'utilisation d'aucun condom 38
  • Dépistage chez le partenaire (en cas de relations sexuelles antérieures) pour les adolescents prévoyant avoir des relations sexuelles
  • Contraception
  • Contraception d'urgence (pour les adolescentes de sexe féminin)
  • Prise d'acide folique avant la conception (pour les adolescentes de sexe féminin)

Sexualité

Les taux d'activité sexuelle au Canada sont demeurés stables ou ont légèrement diminué de 1988 à 2002. Environ 46 % des adolescents canadiens sont actifs sexuellement en 11e année ou à l'âge de 16 ans39. La première relation sexuelle peut avoir lieu plus tôt chez les adolescents autochtones dans certaines communautés. La prévalence de l'activité sexuelle à l'adolescence fait en sorte que cette période joue un rôle déterminant dans l'identité sexuelle d'une personne et dans ses attitudes envers les orientations sexuelles. Les questions sur l'activité sexuelle et sur les groupes de pairs de l'adolescent peuvent aider à faire ressortir les problèmes éventuels.

Gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres 40, 41

Les adolescents gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres sont confrontés à des questions physiques et sociales complexes. À 19 ans, 4 % des hommes et 10,6 % des femmes ont vécu au moins une expérience sexuelle avec une personne de même sexe.

Environ une personne sur dix peut être gaie, lesbienne, bisexuelle ou remettre en question sa sexualité; pourtant, la discrimination et l'intolérance sont courantes dans certaines communautés. Lorsqu'on fournit des soins à une personne, il faut être ouvert, garantir la confidentialité de la conversation et utiliser un langage inclusif, sans porter de jugements de valeur (par exemple, utiliser des termes comme « partenaire » au lieu de « copain » pour s'assurer que les personnes de toutes les orientations sexuelles se sentent incluses). L'évaluation de la santé sexuelle doit se concentrer sur les comportements sexuels (par exemple, nombre et sexe des partenaires) et non sur la catégorisation de l'adolescent (par exemple, gai). Offrez aux personnes se considérant comme bispirituelles de l'information positive sur les gais, lesbiennes et bisexuels (y compris des liens Web) et orientez-les vers les soutiens et les services appropriés. On peut encourager un adolescent à parler avec d'autres personnes ouvertement gaies, lesbiennes et bisexuelles de sa communauté.

Les croyances traditionnelles entourant les bispirituels (terme autochtone désignant les personnes homosexuelles) sont décrites dans le guide  Finding Our Way.

Complications

Les jeunes hommes gais courent un risque élevé de contracter le VIH, particulièrement s'ils sont d'origine autochtone. La prévalence de l'infection dans ces groupes va en augmentant, peut-être à cause de l'application non uniforme des stratégies de réduction du risque de VIH41, 42. Le dépistage du VIH et des infections transmises sexuellement devrait être offert durant chaque consultation.

Les jeunes gais et lesbiennes sont plus nombreux que leurs pairs à consommer de l'alcool et des drogues, à souffrir de dépression et à se suicider, particulièrement s'ils sont victimes d'intimidation43. Leur comportement et leur santé mentale devraient être évalués et les mesures nécessaires devraient être prises pour les aider. Pour plus de renseignements sur les adolescents gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres, veuillez consulter la  Coalition santé arc-en-ciel Canada.

Grossesse chez les adolescentes

En 2000, les taux de grossesse chez les adolescentes canadiennes âgées de 15 à 19 ans dans les territoires et dans les provinces des Prairies étaient plus élevés que la moyenne nationale de 38,2 grossesses par 1 000 adolescentes44. Les taux de grossesse étaient 4 fois plus élevés chez les jeunes autochtones canadiennes et 18 fois plus élevés chez les adolescentes de moins de 15 ans vivant dans une réserve comparativement aux adolescentes non autochtones45. De plus, les taux de mortalité sont deux fois plus élevés chez les adolescentes enceintes que chez les femmes adultes enceintes46. La grossesse chez les adolescentes est un important problème de santé publique dans les communautés autochtones, car le manque de préparation des adolescentes à la grossesse et à la maternité affecte à la fois la mère, le père, l'enfant et leur famille respective. Bien que la grossesse chez les adolescentes puisse ne pas être considérée comme un problème dans certaines communautés des Premières nations et des Inuits, on peut présumer que la plupart des grossesses chez les adolescentes de moins de 18 ans ne sont pas prévues. Par conséquent, il est normal de vouloir réduire le nombre de grossesses non désirées.

Facteurs de risque de grossesse chez les adolescentes 46, 47

  • Faible estime de soi
  • Puberté ou maturation précoce
  • Manque d'éducation ou d'objectifs professionnels
  • Besoin d'attention
  • Victime de violence (particulièrement sexuelle)
  • Grossesse à l'adolescence chez un proche parent (par exemple, mère, sœur)
  • Difficultés sociales et/ou familiales
  • Consommation de substances (tabac, alcool, autres)
  • Relation conflictuelle avec au moins un parent
  • Détachement par rapport à sa famille (par exemple, placement familial)
  • Résidence dans un foyer collectif ou dans un centre de détention, vie dans la rue

Facteurs propres aux adolescentes enceintes qui posent des risques pour le fœtus 46

  • Suivi prénatal médiocre (réticence à consulter un médecin) ou accès insuffisant à des soins de santé périnatals
  • Mauvaise alimentation risquant d'entraîner un retard de croissance intra-utérine
  • Tabagisme (58 % des femmes autochtones vivant en milieu urbain en Ontario ont déclaré avoir fumé durant leur première grossesse48 )
  • Consommation d'alcool (17 % des femmes autochtones vivant en milieu urbain en Ontario ont déclaré avoir consommé de l'alcool durant leur première grossesse48)
  • Consommation de drogues illicites (21 % des femmes autochtones vivant en milieu urbain en Ontario ont déclaré avoir consommé des drogues illicites durant leur première grossesse48)
  • ITS connexes
  • Anémie
  • Hypertension induite par la grossesse
  • Naissance prématurée
  • Compétences parentales insuffisantes
  • Séparation du père de l'enfant
  • Faible revenu
  • Faible niveau de scolarité
  • Chômage

Anamnèse 49

Envisagez toujours la possibilité d'une grossesse, même si l'adolescente nie avoir eu des relations sexuelles ou être enceinte. Discutez de cette possibilité avec l'adolescente si elle décrit les symptômes somatiques suivants :

  • Menstruations irrégulières
  • Saignements vaginaux anormaux
  • Douleurs abdominales aigües ou chroniques
  • Antécédents menstruels incertains
  • Aménorrhée
  • Nausées
  • Vomissements
  • Fatigue

Si une grossesse est diagnostiquée :

  • Vérifiez si l'adolescente connaît les options qui s'offrent à elles et demandez-lui comment elle se sent par rapport à celles-ci.
  • Informez-vous sur les facteurs familiaux, culturels et communautaires qui pourraient affecter sa situation et, le cas échéant, sur le rôle et l'avis de son partenaire.
  • Évaluez l'étendue de son réseau de soutien (par exemple, personnes auxquelles elle a parlé de sa grossesse, comment elles ont réagi).
  • Vérifiez la présence d'autres problèmes de santé ou diagnostics et le risque de complications (par exemple, saignements).
  • Demandez-lui si elle consomme des substances (alcool, tabac, drogues) ou si elle a d'autres comportements à risque qui pourraient avoir des répercussions sur la santé.
  • Demandez-lui où elle habite et quels sont ses objectifs personnels.
  • Posez-lui des questions sur l'école (par exemple, y va-t-elle, quels sont ses objectifs scolaires).
  • Demandez-lui si elle prend des multivitamines contenant de l'acide folique et du fer50.

Tests diagnostiques 51

Le diagnostic précoce est essentiel pour maximiser les choix de l'adolescente et pour réduire les risques.

Test de grossesse urinaire

Les tests de détection des anticorps monoclonaux hautement spécifiques permettent d'obtenir des résultats positifs dès le début de la grossesse, habituellement dans les deux semaines suivant l'ovulation, mais il peut être nécessaire d'attendre jusqu'à 7 jours après les menstruations manquées. Bien qu'ils soient peu courants, des résultats faussement négatifs peuvent se produire; si vous soupçonnez une grossesse, demandez un test de grossesse sérique.

Test de grossesse sérique

La gonadotrophine chorionique humaine peut être détectée dans le sérum dès le sixième jour suivant la conception.

Échographie

Une échographie pelvienne ou abdominale peut être utile pour confirmer l'âge de la grossesse, particulièrement si l'adolescente n'est pas certaine de la date de ses dernières règles ou si une grossesse extra-utérine est soupçonnée.

Interventions non pharmacologiques

Conseiller l'adolescente sur les différentes options qui s'offrent à elle est un rôle important de l'infirmière. Au nombre de ces options figurent la possibilité de mener la grossesse à terme et de garder l'enfant, de mener la grossesse à terme et de confier l'enfant aux services d'adoption ou de recourir à une interruption volontaire de grossesse. L'adolescente enceinte devra faire un choix, sans être contrainte ou pressée de prendre une décision rapide. Comme les adolescents souhaitent prendre la « bonne » décision, on peut leur apporter du soutien en leur expliquant : « Quant la grossesse n'est pas prévue, il n'y a pas de choix parfait; tu devrais penser à ce qui est le mieux pour toi à l'heure actuelle. » Il faut aiguiller l'adolescente vers les services appropriés et l'appuyer, quel que soit son choix. Il importe de noter que certains établissements offrant des avortements thérapeutiques acceptent des patientes sans prescription médicale. Veuillez vous reporter à la section « Surveillance et suivi » ci-dessous pour connaître les mesures exactes à prendre selon la décision de l'adolescente.

Surveillance et suivi 47, 52, 53

Pour toutes les adolescentes enceintes
  • Aidez l'adolescente à se constituer un réseau de soutien, qui peut comprendre sa famille, son partenaire, ses amis et des professionnels de la santé, et expliquez aux membres du réseau comment ils peuvent aider l'adolescente enceinte.
  • Vérifiez que des rendez-vous de suivi sont fixés avec l'adolescente; si elle a été aiguillée vers d'autres professionnels de la santé, assurez-vous qu'elle se présente à ses rendez-vous.
  • Vérifiez si l'adolescente souffre de dépression.
  • Gardez contact avec toutes les adolescentes enceintes afin de pouvoir leur offrir de l'information et des conseils au besoin.
  • Vérifiez si l'adolescente consomme de l'alcool et des drogues et offrez-lui des conseils à ce sujet.
Pour les adolescentes souhaitant interrompre leur grossesse
  • Les lignes directrices et les services entourant les avortements thérapeutiques varient selon la province ou le territoire; cependant, l'intervention est généralement offerte de la 7e à la 19e semaine de grossesse54.
  • Expliquez les interventions possibles. Les avortements médicamenteux sont possibles durant le premier trimestre, mais nécessitent généralement plusieurs consultations chez le médecin. Les avortements chirurgicaux sont possibles durant le premier trimestre et au début du deuxième trimestre.
  • Le risque de mortalité maternelle lié aux grossesses chez les adolescentes est plus élevé que le risque de mortalité maternelle lié aux avortements chirurgicaux.
  • Orientez l'adolescente vers les services appropriés, assurez-vous que les rendez-vous de suivi ont été fixés (counselling et contraception) et veillez à ce que les complications potentielles (par exemple, hémorragie, fièvre, crampes après 48 heures) ont été expliquées à l'adolescente.
  • Veillez à ce que l'adolescente reçoive du soutien et du counselling. Offrez des conseils sur les réponses émotionnelles courantes, y compris les sentiments de deuil et de colère.
Pour les adolescentes souhaitant mener leur grossesse à terme
  • Des soins prénatals complets sont essentiels pour réduire les complications, car les adolescentes enceintes présente un risque accru de mauvaise prise de poids (voir les Lignes directrices sur la nutrition pendant la grossesse à l'intention des professionnels de la santé : gain de poids pendant la grossesse), d'hypertension gravidique, d'ITS, d'anémie et de naissance prématurée. Une bonne alimentation et une prise de poids saine par la mère constituent deux des aspects les plus importants des soins prénatals chez les adolescentes. Veuillez consulter le service de soins prénatals approprié à l'âge gestationnel recommandé dans votre région.
  • Les adolescentes enceintes devraient prendre chaque jour des multivitamines prénatales contenant de l'acide folique et du fer.
  • Les adolescentes autochtones enceintes devraient subir un test de dépistage du diabète gestationnel durant le première trimestre. Si le résultat est négatif, elles devraient être réévaluées les trimestres suivants. Pour plus de renseignements, veuillez vous reporter à la section «Diabète sucré gestationnel» du chapitre «Obstétrique» et aux Lignes directrices de pratique clinique 2008 de l'Association canadienne du diabète pour la prévention et le traitement du diabète au Canada.
  • Étant donné la prévalence accrue des ITS chez les adolescents, soulignez la possibilité que ces infections soient transmises à l'enfant; la prise d'une culture initiale et de cultures de suivi devrait être systématique.
  • Vérifiez l'immunité contre le virus de la rubéole.
  • Dirigez les mères adolescentes et leurs partenaires vers des programmes d'éducation prénatale qui fournissent de l'information sur les stratégies parentales efficaces, sur la croissance et le développement normaux de l'enfant et sur les rôles et responsabilités des parents.
  • Pour aider une mère adolescente dans sa décision concernant l'adoption, donnez-lui l'occasion d'avoir des contacts avec l'enfant. Offrez du soutien et du counselling après l'adoption.
  • Établissez un plan à long terme pour appuyer la mère adolescente, tant en ce qui concerne l'adoption que les soins postnatals.
  • Encouragez l'adolescente à rester à l'école pour favoriser les issues positives chez la mère et l'enfant et pour réduire les sentiments d'isolement et de dépression.
  • Encouragez l'adolescente à obtenir des soins pour son enfant, du soutien émotionnel et une source de revenu.
  • Conseillez le père et aidez-le à participer à la vie de l'enfant, si approprié.
  • Proposez des programmes de soutien parental qui donnent la chance aux jeunes parents de se rencontrer et de s'entraider.
  • Discutez des émotions de l'adolescente concernant l'allaitement et éduquez-la au sujet de l'allaitement et de l'alimentation de l'enfant55.

Plusieurs programmes communautaires sont offerts dans de nombreuses communautés des Premières nations pour favoriser des grossesses en santé, particulièrement dans les cas à risque élevé comme les grossesses chez les adolescentes. Il est établi que, dans les cas de grossesse à risque élevé, l'aiguillage vers ces programmes peut améliorer les issues tant pour la mère que pour l'enfant. Ces programmes culturellement adaptés comprennent notamment :

  • Programme de soins de santé maternelle et infantile - soutient les femmes enceintes des Premières nations ainsi que les familles ayant des nourrissons et des jeunes enfants, qui vivent dans les réserves, pour que ces personnes profitent de toutes leurs possibilités en matière de développement et d'espérance de vie
  • Programme canadien de nutrition prénatale - vise à améliorer la santé nutritionnelle de la mère et de l'enfant, en ciblant particulièrement les personnes à risque élevé
  • Programme de lutte contre les troubles du spectre de l'alcoolisation fœtale - vise à prévenir l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale (ETCAF) et à améliorer la qualité de vie des personnes qui en sont affectées, en aidant les communautés des Premières nations et des Inuits à mettre sur pied des programmes culturellement adaptés de prévention et d'intervention rapide qui sont fondés sur des preuves
Soins postnatals
  • Trente-cinq pour cent des adolescents enceintes ont une deuxième grossesse dans les deux ans qui suivent la première. Il est donc essentiel de conseiller l'adolescente sur les méthodes de contraception après l'accouchement.
  • Soulignez l'importance de donner des soins de qualité à l'enfant et présentez les programmes d'éducation spéciaux pour les parents adolescents.
  • Il est particulièrement important de suivre l'adolescente de près pour voir si elle s'adapte à sa nouvelle situation et si elle s'occupe bien de son bébé.

Prévention 47, 53

  • Offrez des programmes d'éducation communautaire pour prévenir les grossesses non désirées chez les adolescentes, particulièrement celles qui sont d'âge scolaire.
  • Conseillez les adolescents sur la prise de bonnes décisions tout au long de leur vie en prenant compte des pressions des groupes de pairs (par exemple, commencer à avoir des relations sexuelles quand ils seront prêts et que ça leur conviendra).
  • Fournissez de l'information sur plusieurs méthodes contraceptives, de l'abstinence à la contraception (y compris la contraception orale d'urgence) et assurez-vous que les adolescents ont accès aux méthodes qu'ils choisissent. Cet aspect est particulièrement important pour les adolescents susceptibles d'avoir des relations sexuelles précoces.
  • Éduquez les adolescents sur les pratiques sexuelles plus sûres (par exemple, utilisation du condom).
  • Conseillez aux adolescentes de sexe féminin de prendre de l'acide folique avant la conception.
  • Évaluez l'intention de devenir enceinte et assurez-vous que les interventions appropriées sont réalisées, selon les souhaits des adolescentes.
  • Les enfants de mères atteintes du diabète de type 2 pendant la grossesse présentent un risque accru d'anomalie congénitale si la glycémie est mal maîtrisée durant le premier trimestre. Éduquez les adolescentes atteintes du diabète de type 2 :
    • Les adolescentes atteintes du diabète devraient utiliser un moyen de contraception si elles ont des relations sexuelles.
    • Les adolescentes atteintes du diabète devraient être informées du risque accru d'anomalie congénitale et des moyens de façons ce risque.
    • Les adolescentes atteintes du diabète devraient viser à atteindre un taux de HbA1C < 7 % avant de devenir enceintes.
    • Les adolescentes atteintes du diabète devraient se faire prescrire de 1 à 5 mg d'acide folique tous les jours pendant 3 mois avant la conception et durant les 12 premières semaines de la grossesse.
  • Pour plus de renseignements, veuillez vous reporter aux Lignes directrices de pratique clinique 2008 de l'Association canadienne du diabète pour la prévention et le traitement du diabète au Canada.

Contraception 56, 57, 58

Toutes les femmes en mesure de procréer devraient recevoir de l'information sur la contraception afin de prévenir les grossesses non désirées9. L'information devrait souligner l'importance de se protéger à la fois contre la grossesse non désirée et contre les ITS (double protection), car de nombreux adolescents cessent d'utiliser le condom si la contraception hormonale est utilisée, ce qui accroît le risque de transmission des ITS42.

Pour plus de renseignements sur les autres méthodes de contraception, veuillez vous reporter à la section « Contraception »; pour plus de renseignements sur la contraception orale d'urgence, veuillez vous reporter à la section « Contraception orale d'urgence » du chapitre « Santé des femmes et gynécologie ».

Contraception hormonale

La contraception hormonale est la méthode non chirurgicale la plus efficace pour prévenir la grossesse chez les adolescentes. Les contraceptifs hormonaux comprennent les pilules contraceptives orales (estrogène-progestine) quotidiennes, les timbres contraceptifs hebdomadaires, les anneaux vaginaux mensuels, les pilules progestatives quotidiennes et l'acétate de médroxyprogestérone-retard (AMPR), qui est injecté toutes les 12-13 semaines.

  • L'AMPR a le potentiel de réduire la densité minérale osseuse durant une période cruciale du développement des os chez les adolescentes; son utilisation pourrait entraîner une masse osseuse maximale plus faible. Il ne devrait y avoir aucune restriction quant au recours ni à la durée du traitement par l'AMPR chez les femmes de 18 à 45 ans ne présentant aucune contre-indication. Comparativement aux femmes qui prennent des contraceptifs oraux, les femmes utilisant l'AMPR sont plus nombreuses à continuer d'utiliser leur moyen de contraception et moins nombreuses à devenir enceintes une deuxième fois.
  • Les timbres transdermiques peuvent être moins efficaces et ils sont déconseillés chez les femmes de 90 kg et plus.
  • En plus de prévenir la grossesse, les contraceptifs hormonaux comportent des avantages et des risques pour la santé non liés à la contraception (décrits ci-dessous); ces avantages et risques devraient être expliqués aux adolescentes en même temps que les différents choix de contraception.
  • Il est très important de faire une utilisation régulière et appropriée de sa méthode de contraception. Le principal inconvénient des contraceptifs oraux est la mauvaise observance, l'utilisation irrégulière et l'abandon du traitement (76 % des adolescentes continuent de prendre leurs contraceptifs oraux 3 mois après avoir commencé, et cette proportion diminue à 50 % au bout de 12 mois).
  • L'abandon d'une méthode de contraception est généralement attribuable à des effets indésirables ou à des pressions familiales ou communautaires concernant la grossesse.
  • L'utilisation de contraceptifs oraux combinés à faible dose n'affecte pas la croissance des adolescentes, et la prise de poids n'est pas un problème important.
  • Une double protection est recommandée pour protéger les adolescentes contre la grossesse et les ITS. La double protection consiste à utiliser une méthode de contraception hormonale ainsi que des condoms masculins ou féminins.
  • Il n'est pas nécessaire de prévoir un « repos » sans contraceptifs hormonaux; au contraire, cela augmente le risque d'événement thrombotique, de grossesse et d'irrégularité du cycle menstruel.
Avantages non contraceptifs des contraceptifs oraux combinés

En plus d'assurer une contraception, les contraceptifs oraux combinés comportent de nombreux autres avantages. Les timbres transdermiques et les anneaux vaginaux sont considérés comme présentant les mêmes avantages, en l'occurrence :

  • Régulation du cycle menstruel (aussi observée chez les adolescentes utilisant des timbres transdermiques)
  • Diminution du flux menstruel
  • Augmentation de la densité minérale osseuse
  • Diminution de la dysménorrhée
  • Réduction de l'acné (la plupart des contraceptifs oraux combinés aident à réduire l'acné léger à modéré)
  • Diminution de l'hirsutisme
  • Réduction du risque de cancer de l'endomètre et de l'ovaire
  • Réduction du risque de salpingite et de fibrome
Avantages non contraceptifs de l'injection d'AMPR

Les avantages de l'injection d'AMPR sont, en plus de la contraception :

  • Aménorrhée et, par conséquent, diminution du risque de dysménorrhée et d'anémie
  • Réduction du risque de cancer de l'endomètre
  • Diminution des symptômes de l'endométriose, du syndrome prémenstruel et des douleurs pelviennes chroniques
  • Réduction du risque de crise d'épilepsie
Risques des contraceptifs oraux combinés

L'utilisation de contraceptifs oraux combinés est associée aux risques suivants :

  • Thrombo-embolie veineuse
  • Infarctus du myocarde
  • Accident cérébrovasculaire
  • Maladie de la vésicule biliaire
  • Cancer du sein
  • Cancer du col de l'utérus
Risques de l'injection d'AMPR

L'injection d'AMPR est associée aux risques suivants :

  • Retard du retour de la fertilité
  • Réduction de la densité minérale osseuse
Contre-indications

Les contre-indications relatives et absolues varient d'une méthode de contraception à l'autre.

Tableau 2 : Contre-indications des contraceptifs combinés (comprimés oraux, timbres transdermiques et anneaux vaginaux)59

Contre-indications absolues
Fumeuses de plus de 35 ans (≥ 15 cigarettes par jour)
Hypertension (systolique ≥ 160  mmHg ou diastolique ≥ 100  mmHg)
Antécédents de thrombo-embolie veineuse ( TEV)
Maladies cérébrovasculaires
Coronaropathies, y compris les cardiopathies ischémiques
Cardiopathie valvulaire compliquée (hypertension pulmonaire, fibrillation auriculaire, antécédents d'endocardite infectieuse subaigüe)
Cancer du sein (ou, pour l'anneau vaginal seulement, cancer de l'endomètre ou du col de l'utérus) connu ou soupçonné
Grossesse connue ou soupçonnée
< 6 semaines à la suite d'un accouchement, si la patiente allaite
Tumeur hépatique (adénome ou hépatome)
Saignements vaginaux non diagnostiqués
Migraine avec aura ou symptômes neurologiques en foyer
Diabète accompagné de rétinopathie/néphropathie/neuropathie
Grave cirrhose
Allergie à tout composant de l'anneau (anneau vaginal seulement)
Contre-indications relatives
Hypertension adéquatement maîtrisée
Hypertension (systolique : 140-159  mmHg, diastolique : 90-99 ; mmHg)
Migraine (chez les femmes de plus de 35 ans)
Maladie vésiculaire en phase symptomatique
Légère cirrhose
Antécédents de cholestase associés à l'utilisation de contraceptifs oraux combinés
Fumeuses de plus de 35 ans (< 15 cigarettes/jour)
Utilisation de médicaments pouvant causer l'échec de la contraception *
Poids ≥ 90  kg (timbre transdermique seulement)
Prolapsus utérovaginal et sténose vaginale, s'ils empêchent le maintien en place de l'anneau vaginal (anneau vaginal seulement)

* Les médicaments pouvant entraîner l'échec de la contraception comprennent notamment : carbamazépine, griséofulvine, oxcarbazépine, phénobarbital, phénytoïne, primidone, rifampicine, ritonavir, millepertuis perforé et topiramate.

Tableau 3 : Contre-indications de l'AMPR60

Contre-indications absolues
Grossesse connue ou soupçonnée
Saignements vaginaux inexpliqués
Diagnostic courant de cancer du sein
Contre-indications relatives
Cirrhose grave
Hépatite virale évolutive
Adénome hépatique bénin

Anamnèse

  • Une anamnèse complète des antécédents en matière de santé sexuelle est importante lorsqu'on parle de contraception avec des adolescents.
  • Antécédents médicaux, gynécologiques et obstétricaux (voir « Évaluation de l'appareil reproducteur de la femme »); plus particulièrement, cernez les affections qui pourraient perturber la contraception hormonale (par exemple, maladies cardiaques, thrombose veineuse profonde, hypertension, diabète, migraines, cancer du sein, saignements vaginaux, maladie inflammatoire pelvienne, épilepsie).
  • Antécédents de tabagisme
  • Antécédents menstruels (y compris la date des dernières règles, la durée du cycle menstruel, la durée des règles, les douleurs menstruelles et l'écoulement menstruel)
  • Antécédents familiaux
  • Médicaments pouvant perturber la contraception hormonale
  • Antécédents de contraception : méthodes, efficacité, difficultés, raisons de l'abandon
  • Vérifiez la présence de contre-indications à la méthode de contraception choisie. Dans le cas des contraceptifs oraux combinés et de l'AMPR, veuillez vous reporter au tableau 2, « Contre-indications des contraceptifs combinés (comprimés oraux, timbres transdermiques et anneaux vaginaux) », et au tableau 3, « Contre-indications de l'AMPR ».

Observations

  • Procédez à un examen médical complet, qui comprend la mesure de la tension artérielle et du poids.
  • Évaluez les caractéristiques de la peau (par exemple, peau grasse, acné, hyperpilosité).
  • Effectuez un examen pelvien, un dépistage des infections transmises sexuellement et un test de Papanicolaou (si l'adolescente n'a jamais eu de relations sexuelles, ces tests ne sont pas encore nécessaires; il faut néanmoins offrir à l'adolescente des moyens de contraception, même si elle refuse de subir ces tests).

Tests diagnostiques

  • Test de Papanicolaou et échantillon du col ou du premier jet d'urines, pour le dépistage de Chlamydia trachomatis et de Neisseria gonorrhoeae chez toute adolescente ayant eu des relations sexuelles
  • Test de grossesse urinaire, pour exclure la grossesse

Traitement

Objectifs
  • Prévenir la grossesse
  • Prévenir les ITS
  • Cerner et prendre en charge les effets secondaires
Consultation

Consultez un médecin ou une infirmière praticienne avant de mettre en route un traitement contraceptif chez les adolescentes présentant des contre-indications (veuillez vous reporter au tableau 2, « Contre-indications des contraceptifs combinés (comprimés oraux, timbres transdermiques et anneaux vaginaux) », et au tableau 3, « Contre-indications de l'AMPR ») ou devant faire l'objet d'une surveillance étroite, tel que décrit ci-dessous.

Les cas où une surveillance étroite est nécessaire sont les suivants :

  • Dépression
  • Épilepsie
  • Antécédents familiaux de dyslipidémie
  • Si une immobilisation est envisagée pendant ou après une chirurgie majeure, il y a peut-être lieu d'abandonner la pilule contraceptive orale combinée 4 semaines avant la chirurgie et de la remplacer par la pilule progestative. Il est aussi possible d'évaluer la possibilité d'une prophylaxie antithrombotique périopératoire avec l'adolescente et le médecin ou le chirurgien61.

Dans un certain nombre de provinces et de territoires, la consultation de suivi avec le médecin ou l'infirmière praticienne doit avoir lieu dans les 6 mois suivant le début du traitement.

Interventions non pharmacologiques

Les infirmières ont un rôle essentiel à jouer dans l'éducation sexuelle des adolescentes; elles doivent les informer des risques liés aux activités sexuelles et les informer à ce sujet. Des moyens de contraception doivent être accessibles et offerts aux adolescentes sexuellement actives.

Il faut décrire les différents moyens de contraception (par exemple, barrières contraceptives, spermicides, contraceptifs hormonaux, dispositifs intra-utérins) en expliquant leurs avantages et leurs inconvénients, y compris leurs avantages non contraceptifs, présentés ci-dessus, et la manière dont ils préviennent la grossesse. Cela permet à la personne de choisir la méthode qui convient le mieux à ses besoins. Il faut expliquer les effets secondaires courants (par exemple, ménorragies, nausées, maux de tête, sensibilité des seins) et préciser que la plupart des effets secondaires disparaissent après 3 mois d'utilisation continue de la contraception hormonale. Il importe également d'indiquer que les risques de cancer et de caillot sanguin associés aux contraceptifs hormonaux sont faibles; les contraceptifs hormonaux ne causent pas la stérilité et ne comportent aucun risque pour les futures grossesses; même si l'adolescente devient enceinte pendant qu'elle prend des contraceptifs hormonaux, il n'y a aucun risque de tératogénicité pour le fœtus.

Il convient d'insister fortement sur l'utilisation du condom pour se protéger contre la grossesse et les ITS. Des contraceptifs et des condoms doivent être facilement accessibles au poste de soins infirmiers, et des condoms doivent être disponibles dans d'autres endroits stratégiques de la communauté. Les adolescentes décidant d'utiliser seulement des méthodes barrières de contraception (par exemple, condoms) devraient aussi recevoir de l'information sur la contraception d'urgence.

Les adolescentes doivent apprendre comment négocier la contraception et l'utilisation du condom en plus d'utiliser correctement et régulièrement la méthode de contraception choisie.

Éducation sur la contraception hormonale (contraceptifs oraux, timbres transdermiques, anneaux vaginaux et AMPR)

  • Les contraceptifs hormonaux préviennent la grossesse en empêchant la libération de l'ovule et en entraînant des modifications de la glaire cervicale, de l'endomètre et de la motilité des trompes.
  • Enseignez à l'adolescente comment utiliser son contraceptif. Encouragez-la à utiliser des dispositifs électroniques et/ou des alertes téléphoniques pour se rappeler de prendre ou de changer son contraceptif au moment approprié.
    • Contraceptif oral : prendre la pilule à la même heure tous les jours pendant 21 jours, suivis d'une période de 7 jours sans pilule ou avec placebo, puis amorcer un nouveau cycle
    • Timbre transdermique : appliquer un timbre sur la peau propre et sèche des fesses, de l'abdomen, de la partie supérieure du haut des bras ou de la partie supérieure du torse (mais non sur les seins), puis enlever et remplacer le timbre le même jour de la semaine toutes les semaines pendant 3 semaines consécutives, suivies d'une période de 7 jours sans timbre, puis appliquer un nouveau timbre; vérifier le timbre chaque jour s'assurer qu'il est toujours en place
    • Anneau vaginal : placer l'anneau dans le vagin et le laisser en place pendant 3 semaines, puis l'enlever et attendre au plus 7 jours avant d'en placer un nouveau
  • Injection d'AMPR : prendre un rendez-vous et retourner à la clinique pour recevoir une nouvelle injection toutes les 12 semaines.
  • Enseignez à l'adolescente comment commencer à prendre son contraceptif (voir la section « Méthodes de mise en route du traitement contraceptif ») .
  • Expliquez à l'adolescente quoi faire si elle oublie de prendre son contraceptif (voir la section « Oubli de contraceptif » ).
  • Dites à l'adolescente de se présenter à la clinique immédiatement si elle souffre de maux de tête, de douleurs ou d'enflure des jambes, d'aménorrhée, de saignements utérins, de troubles oculaires ou de douleurs thoraciques ou abdominales.
  • La prise d'antibiotiques n'affecte pas l'efficacité des contraceptifs oraux combinés (sauf la griséofulvine, un agent antifongique rarement utilisé, et la rifampicine, un agent antituberculeux courant).
  • Offrez de l'aide pour cesser de fumer aux adolescentes qui choisissent de prendre la pilule contraceptive orale combinée. Le tabagisme augmente le risque de complications graves liées à la pilule.
  • Expliquez aux adolescentes prenant de l'AMPR le risque de diminution de la densité minérale osseuse, particulièrement durant les deux premières années des injections, et offrez des conseils sur les mesures à prendre pour assurer la santé de leurs os (par exemple, cesser de fumer, prendre des suppléments de calcium et de vitamine D, faire des exercices avec mise en charge, réduire sa consommation d'alcool et de caféine)62.
Interventions pharmacologiques

Avant de mettre en route un traitement contraceptif chez une adolescente venant d'accoucher, il faut prendre en compte d'autres considérations. Veuillez vous reporter à la section « Contraception » du chapitre « Santé des femmes et gynécologie ».

Pilule contraceptive orale combinée

Au moment de choisir une pilule contraceptive orale combinée, on prend généralement la plus faible dose d'estrogène (< 35 µg) et la plus faible dose possible de tout progestatif. Les préoccupations propres à l'adolescente devraient aussi être prises en compte. Les postes de soins infirmiers disposent d'une sélection limitée de contraceptifs oraux (par exemple, un contraceptif oral combiné à faible dose comme Alesse).

La plupart des pilules contraceptives orales combinées sont efficaces contre les problèmes suivants :

  • Une dose faible d'estrogène et/ou une dose élevée de progestatif devrait réduire les écoulements menstruels abondants.
  • Tous les contraceptifs oraux combinés peuvent réduire les symptômes de dysménorrhée.
  • Le syndrome prémenstruel et les ballonnements sont généralement soulagés par la drospirénone (un progestatif).
  • L'acné est diminué chez les femmes qui prennent des contraceptifs oraux. Les produits contenant les progestatifs suivants sont approuvés pour le traitement de l'acné : lévonorgestrel (Alesse, Aviane), norgestimate (Tri-Cyclen), drospirénone (Yasmin) et acétate de cyprotérone (Diane-35, produits génériques).

Consultez un médecin ou une infirmière praticienne pour déterminer les besoins personnels de l'adolescente.

Timbre transdermique

Un seul timbre transdermique (Evra) est offert au Canada, et il ne figure pas sur la Liste des médicaments des SSNA. Il contient de l'éthinylestradiol et de la norelgestromine. L'éventail des contre-indications et des avantages non contraceptifs est semblable à celui des contraceptifs oraux combinés.

Anneau vaginal

Un seul anneau vaginal (NuvaRing) est offert au Canada, et il est inscrit comme un médicament à usage restreint sur la Liste des médicaments des SSNA. Il contient de l'éthinylestradiol et de l'étonogestrel et est offert en une seule concentration. L'éventail des contre-indications et des avantages non contraceptifs est semblable à celui des contraceptifs oraux combinés.

Injection d'AMPR

S'il n'est pas possible de consulter un médecin ou une infirmière praticienne avant la mise en route de ce traitement contraceptif, une première dose d'AMPR peut être administrée, pourvu qu'une consultation de suivi avec un médecin ou une infirmière praticienne soit prévue au prochain rendez-vous pour le traitement. Dans les lignes directrices de la SOGC, il est recommandé d'évaluer soigneusement les risques et les avantages du Depo-Provera avant de prescrire ce médicament. Évaluez également la nécessité de prescrire des suppléments de vitamine D et de calcium.

Médroxyprogestérone (Depo-Provera et produits génériques), 150  mg IM, toutes les 12 ou 13 semaines

Méthodes de mise en route du traitement contraceptif

On peut commencer à prendre un contraceptif hormonal à tout moment du cycle menstruel. Des études ont montré que les méthodes de commencement rapide, où l'adolescente prend sa première pilule contraceptive (ou applique son premier timbre) dans le bureau du professionnel de la santé (après avoir écarté la possibilité d'une grossesse) et dont le mode d'emploi est facile à suivre, favorisent l'observance. Elles n'augmentent pas non plus l'incidence des effets secondaires.

Commencement normal : Si l'adolescente commence le traitement par la pilule contraceptive orale combinée, l'anneau vaginal ou l'AMPR dans les 5 jours suivant le début des règles, elle commence à prendre la pilule contraceptive orale combinée le premier dimanche après le début des règles ou applique son premier timbre transdermique le premier jour des règles; aucune contraception complémentaire n'est nécessaire, pourvu que l'adolescente n'oublie aucune pilule ou aucun timbre durant le premier mois du traitement.

Commencement rapide : Si le traitement est mis en route à un moment autre que la période visée par le commencement normal, l'adolescente devrait utiliser une contraception complémentaire (par exemple, condoms) la première semaine, pourvu qu'elle n'oublie aucune pilule ou aucun timbre durant cette période. Par la suite, l'utilisation du condom devrait être recommandée pour prévenir les ITS.

Oubli de contraceptif63

Les adolescentes ont besoin de directives simples et claires, orales et écrites, leur expliquant quoi faire si elles oublient de prendre ou de changer leur contraceptif.

Pilule contraceptive orale combinée oubliée :

Timbre transdermique décollé :

Le jour du changement de timbre doit rester le même, même si un nouveau timbre est appliqué un jour de la semaine différent, de manière à garder les directives simples. S'il reste en place, le timbre transdermique est efficace jusqu'à 9 jours. Après cette période, il est considéré comme un timbre décollé.

Anneau vaginal enlevé :

Le jour du changement de l'anneau vaginal doit rester le même, même si un nouvel anneau vaginal est mis en place, de manière à garder les directives simples. S'il reste en place, l'anneau vaginal est efficace jusqu'à 28 jours. Après cette période, il est considéré comme un anneau enlevé. Prévenez l'adolescente que l'anneau vaginal peut tomber lorsqu'elle va à la selle ou lorsqu'elle change son tampon hygiénique. Pour cette raison, l'utilisation de tampons hygiéniques est déconseillée.

Injection d'AMPR sautée :

Le manque d'observance est un problème courant chez les adolescentes et un facteur important dans l'échec de la contraception orale.

Utilisez les stratégies suivantes pour favoriser l'observance du traitement contraceptif :

L'adolescente devrait comprendre que des tachetures ou des saignements utérins sont très susceptibles de se produire au début du traitement par des contraceptifs hormonaux. Cet effet secondaire diminue ou disparaît généralement au bout de 3 mois. Par conséquent, l'adolescente devrait utiliser la même méthode de contraception pendant au moins 3 mois avant de faire l'essai d'une autre méthode. Il faut également aviser l'adolescente que certaines femmes, particulièrement celles recevant des injections d'AMPR, peuvent sauter leurs règles.

Surveillance et suivi

Revoyez l'adolescente 1, 3 et 6 mois après la mise en route du traitement contraceptif pour évaluer tout effet secondaire important et mesurer sa tension artérielle. Des suivis plus rapprochés devraient être prévus si la situation l'exige (la liste des situations est présentée à la section « Consultation »). L'adolescente devrait revenir consulter plus tôt si elle présente des complications ou des effets secondaires importants. Un des moyens pour rappeler aux adolescentes les complications des contraceptifs hormonaux et pour les éduquer à ce sujet est l'abréviation mnémotechnique ACHES, qui englobe les douleurs Abdominales, les douleurs de poitrine (« Chest »), les maux de tête (« Headaches ») (et les symptômes neurologiques focaux), les troubles de la vision (« Eye ») et les douleurs Sévères dans les jambes64. Après les six premiers mois, un suivi comprenant un test de Papanicolaou et un test de dépistage des ITS (au besoin) devrait être effectué tous les ans dans le cadre du rendez-vous annuel. Veuillez consulter les lignes directrices concernant l'examen médical des adolescentes.

Pour plus de renseignements sur les méthodes de contraception, veuillez vous reporter à la section « Contraception » du chapitre « Santé des femmes et gynécologie ».

Orientation vers d'autres ressources médicales

S'il n'est pas possible de consulter un médecin ou une infirmière praticienne avant la mise en route du traitement contraceptif, les premières doses peuvent être fournies, pourvu qu'une consultation de suivi avec un médecin ou une infirmière praticienne soit prévue au rendez-vous pour le renouvellement du traitement. Dans un certain nombre de provinces et de territoires, la consultation médicale de suivi doit avoir lieu dans les 6 mois suivant la mise en route du traitement.

Contraception d'urgence 65

Les contraceptifs d'urgence contenant uniquement des progestatifs constituent la méthode de choix pour traiter les adolescentes en raison de leur efficacité, de leur faible nombre d'effets secondaires et de l'absence d'examen pelvien.

Si une adolescente a eu une relation sexuelle non protégée, la contraception d'urgence peut lui être offerte dans les 5 jours (120 heures) qui suivent. L'efficacité de la contraception d'urgence diminue avec le temps : de 95 % dans les 24 premières heures, elle diminue à 85 % après 25-48 heures et à 58 % après 49-72 heures 66. Elle devrait donc être administrée le plus tôt possible après la relation sexuelle.

À moins d'indication contraire, aucun examen pelvien, test de grossesse, test de Papanicolaou ni dépistage des ITS n'est nécessaire avant une contraception d'urgence. Cependant, ils sont tous des aspects importants des soins d'une femme sexuellement active. La seule contre-indication de la contraception d'urgence est une grossesse connue.

Pour en savoir davantage sur la contraception d'urgence, veuillez vous reporter à la section « Contraception orale d'urgence » du chapitre « Santé des femmes et gynécologie ».

Counselling et interventions éducatives
  • Éduquez tous les adolescents (des deux sexes) en âge de procréer sur la contraception d'urgence (qui sert à prévenir les grossesses non désirées en cas d'urgence seulement), notamment comment y accéder (par exemple, les contraceptifs d'urgence contenant uniquement des progestatifs sont offerts en pharmacie sans ordonnance), comment elle fonctionne, les situations où elle est indiquée (y compris son délai d'utilisation) ainsi que son efficacité, son innocuité et ses effets secondaires.
  • Si la contraception d'urgence est nécessaire et que l'adolescente souhaite commencer à prendre un contraceptif hormonal, elle peut commencer le jour après avoir pris le contraceptif d'urgence ou le jour de ses prochaines règles. Une méthode de contraception complémentaire (par exemple, condoms) devrait aussi être utilisée tant que la méthode de contraception hormonale n'a pas été utilisée pendant 7 jours consécutifs.
  • Un suivi avec un test de grossesse est seulement nécessaire si les prochaines règles ne se déclenchent pas dans les 21 jours suivant la mise en route de la contraception hormonale (28 jours si l'adolescente a commencé à prendre un contraceptif oral combiné après une contraception d'urgence) ou si les menstruations sont anormales de quelque façon que ce soit.

Infections transmises sexuellement 67

Pour en savoir davantage sur le tableau clinique et le traitement des infections transmises sexuellement (ITS), veuillez vous reporter à la section « Infections transmises sexuellement » du chapitre « Maladies transmissibles » et aux  Lignes directrices canadiennes pour les MTS.

Les experts considèrent que les ITS sont un problème de santé important chez les adolescents autochtones68 et qu'elles ont des répercussions sur le plan de la santé ainsi que sur les plans social, scolaire et économique69. De 1997 à 2004, les taux déclarés de chlamydia et de gonorrhée ont augmenté de 49 % et de 75 %, respectivement, chez les Canadiennes âgées de 15 à 19 ans, et de 94 % et de 80 %, respectivement, chez les Canadiens du même groupe d'âge70. Le groupe d'âge des 15 à 19 ans est celui qui présente le risque le plus élevé de chlamydia et de gonorrhée71. Les taux de chlamydia sont aussi très élevés depuis 1997 chez les femmes canadiennes âgées de 19 à 24 ans72. La gonorrhée et l'infection par le virus du papillome humain sont plus courantes chez les personnes de moins de 25 ans que dans tout autre groupe d'âge42. Les ITS sont un problème de santé publique important à l'échelle communautaire.

La prévalence d'une ITS donnée varie d'une communauté à l'autre et peut évoluer au fil du temops9. La fréquence des ITS est un problème de santé publique important chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, chez les personnes de moins de 30 ans, chez les femmes et chez les utilisateurs de drogues injectables.

Facteurs de risque 73, 74

Les comportements suivants sont associés à un risque accru d'ITS :

  • Contact sexuel avec une personne atteinte d'une ITS connue
  • Avoir moins de 25 ans et être sexuellement actif
  • Nouveau partenaire sexuel ou plus de deux partenaires sexuels au cours de l'année précédente
  • Absence de méthode contraceptive
  • Utilisation d'aucune méthode de barrière
  • Relations monogames en série
  • Utilisation de drogues injectables
  • Consommation de substances, surtout si elle est associée à des relations sexuelles
  • Relations sexuelles avec échanges sanguins
  • Partage de jouets sexuels
  • Être travailleur ou client de l'industrie du sexe
  • Troquer les relations sexuelles contre de la nourriture, de l'argent, un toit ou de la drogue
  • Être sans abri ou incarcéré, vivre dans la pauvreté, itinérance
  • Partenaires sexuels anonymes (par exemple, rencontrés par Internet)
  • Avoir été victime de violence ou d'abus sexuels
  • Antécédents d'ITS
  • Relations sexuelles entre hommes
  • Voyages (par exemple, d'une réserve à l'autre, dans les centres urbains, à l'étranger)67

Tests diagnostiques

Il est essentiel d'assurer l'adolescent de la confidentialité de ses résultats et de son dossier médical, car cela augmente sa disposition à subir des tests. Encouragez le dépistage et le traitement précoces.

Le dépistage du virus de l'immunodéficience humaine (VIH), le test Venereal Disease Research Laboratory (VDRL) et le dépistage des ITS est recommandé pour tous les adolescents qui sont sexuellement actifs ou qui ont été victimes d'abus sexuels. Le dépistage urinaire de la gonorrhée et de la chlamydia devrait être offert, le cas échéant, si l'adolescent est réticent aux autres méthodes de dépistage (par exemple, frottis cervical).

Traitement

Le traitement confidentiel des ITS doit être offert.

Interventions non pharmacologiques

L'information sur les pratiques sexuelles plus sûres devrait comprendre la promotion du condom pour réduire les taux d'ITS. Une étude a révélé que les adolescents canadiens étaient moins nombreux à utiliser le condom, particulièrement à mesure qu'ils vieillissent : des changements ont été observés à cet égard entre la 9e et la 11e années75. Comme la plupart des personnes atteintes d'une ITS ne présentent aucun symptôme, l'adolescent et son partenaire peuvent ne pas savoir qu'ils sont infectés. Il est essentiel d'utiliser un condom lors de toutes ses relations sexuelles pour réduire le risque de transmettre ou de contracter une ITS. L'échange d'aiguilles et la distribution de condoms permettent de réduire les risques.

Expliquez les modes de transmission des ITS, les facteurs de risque de transmission des ITS (par exemple, la pression par les pairs, l'alcool et les drogues peuvent inciter une personne à avoir des relations sexuelles à risque), comment se protéger contre les ITS, les signes et les symptômes courants des ITS, les répercussions potentielles des ITS et la marche à suivre si l'on pense être atteint d'une ITS. Encouragez les adolescents à subir des tests de dépistage précoce, car un grand nombre d'ITS sont faciles à traiter si elles sont diagnostiquées rapidement. Cependant, toutes les ITS ont des conséquences émotionnelles et physiques.

Les adolescents doivent devenir capables de discuter de relations sexuelles sûres, de négocier l'utilisation du condom et d'utiliser le condom correctement et régulièrement.

Prévention

Il convient d'envisager la vaccination contre l'hépatite B et contre le virus du papillome humain chez tous les adolescents.

Pour en savoir davantage sur l'évolution, l'examen et le traitement des ITS, veuillez vous reporter à la section « Infections transmises sexuellement » du chapitre « Maladies transmissibles ». Vous pouvez également consulter et suivre les dernières  Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement, qui portent sur des ITS et sur des syndromes précis (Agence de la santé publique du Canada, 2008).

Principales préoccupations de santé à l'adolescence - Santé mentale 9

De nombreux changements d'ordre émotionnel surviennent durant l'adolescence. Combinés à la pression croissante par les pairs, ils se traduisent par une augmentation des cas de dépression, d'anxiété et de suicide.

Anamnèse

  • Posez des questions touchant la santé émotionnelle, la sécurité et le bien-être mental général.
  • Vérifiez la présence de troubles dépressifs dans les cas où un professionnel de la santé peut assurer le diagnostic, le traitement et le suivi de l'adolescent.

Counselling

Fournissez aux adolescents de l'information sur le risque de problèmes de santé mentale durant l'adolescence.

Ressources communautaires et autres ressources

Santé Canada offre des programmes de santé mentale et de prévention du suicide ainsi que des programmes de prévention et de traitement des toxicomanies. Les programmes comprennent un éventail de services culturellement adaptés en matière de santé mentale et de toxicomanie qui sont déterminés selon les priorités des communautés. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site Web Santé des Premières nations et des Inuits : Santé mentale et bien-être.

Les services sont offerts tant par des professionnels que par des paraprofessionnels travaillant dans les communautés. On peut entrer en contact avec des personnes-ressources en santé mentale et en toxicomanie par l'entremise du directeur de la santé de la communauté ou du bureau régional de Santé Canada. Le Programme des services de santé non assurés de Santé Canada offre également du counselling d'urgence en santé mentale aux membres des Premières nations habitant hors des réserves.

Parmi les autres ressources en santé mentale pour les enfants et les adolescents, notons :

Dépression76

Pour en savoir davantage sur les caractéristiques, le tableau clinique et le traitement de la dépression, veuillez vous reporter à la section « Dépression ». L'information ci-dessous porte sur des aspects propres à la dépression chez l'enfant et l'adolescent.

« Un peu plus de 25 % des jeunes mentionnent s'être sentis tristes ou déprimés pendant deux semaines de suite au cours d'une année »77. La dépression majeure, qui touche 6-8 % des adolescents, est associée à des morbidités majeures et à un taux de rechute de 60-80 % avant la fin de l'adolescence. Seulement la moitié des cas de dépression à l'adolescence sont diagnostiqués avant l'âge adulte, et de ceux diagnostiqués, environ la moitié reçoivent un traitement adéquat78. La probabilité d'avoir fait une dépression avant la fin de l'adolescence se situe entre 10 et 20 %79. Dans bien des cas, l'adolescent vit des rémissions et des rechutes80.

La  trousse GLAD-PC (Lignes directrices portant sur la dépression chez les adolescents dans le milieu des soins primaires, disponible en anglais seulement) est utile pour orienter le traitement de la dépression chez l'adolescent. Elle est approuvée par la Société canadienne de pédiatrie81.

Anamnèse

Si un adolescent présente des facteurs de risque et/ou des problèmes principalement émotionnels, il peut être utile de faire appel en premier lieu à un outil standard d'évaluation de la dépression pour cerner les symptômes dépressifs. Bien qu'il soit possible que les outils de diagnostic ne soient pas culturellement adaptés, ils peuvent faciliter l'orientation vers une approche plus holistique. Un entretien avec l'adolescent et sa famille/ses tuteurs, si possible, est essentiel pour l'exploration des critères du DSM-IV-TR. La  trousse GLAD-PC en ligne (disponible en anglais seulement) contient certains outils de diagnostic. Deux d'entre eux peuvent aider à établir un diagnostic et à surveiller la réponse de l'adolescent au traitement.

  • Questionnaire modifié sur la santé du patient 9 (PHQ-9)
  • Échelle de fonctionnement global chez l'enfant (C-GAS)

Les symptômes suivants sont fréquents chez les enfants prépubères :

  • Problèmes somatiques (généralement dus à l'incapacité à identifier ou à exprimer ses émotions)
  • Agitation psychomotrice
  • Hallucinations liées à l'humeur
  • Phobies, névrose d'abandon, augmentation des inquiétudes et des ruminations (peut se traduire par des pleurs, la solitude, l'irritabilité et une posture de repli sur soi)

Les symptômes suivants sont fréquents chez les adolescents82 :

  • Modification de l'appétit, du poids ou des habitudes de sommeil
  • Culpabilité
  • Refus d'aller à l'école ou mauvais rendement scolaire
  • Idées délirantes
  • Idées et comportements suicidaires
  • Retard psychomoteur ou hypersomnie
  • Consommation de substances
  • Faible estime de soi, apathie, ennui
  • Antisociabilité (désintérêt pour la famille et les activités sociales)

D'autres aspects à prendre en considération durant l'anamnèse sont présentés à la section « Anamnèse », sous « Dépression » dans le chapitre « Santé mentale ».

Traitement

Interventions non pharmacologiques

Dans bien des cas, il faut encourager le parent à consulter et/ou à se faire traiter. L'implication de la famille est abordée aux pages 90 à 102 de l'ouvrage intitulé  Treating Child and Adolescent Depression: A Handbook for Children's Mental Health Practitioners.83 (disponible en anglais seulement).

Les distorsions cognitives sont des représentations négatives du monde, de soi et de l'avenir. La modification de ces pensées, attitudes et croyances négatives joue un rôle déterminant dans le traitement de la dépression chez l'adolescent. Les distorsions sont généralement dues à des évaluations négatives de soi, à des généralisations excessives, à des détails mis hors de leur contexte et au fait de se concentrer sur les aspects négatifs, de minimiser les aspects positifs et de se blâmer pour des problèmes familiaux, communautaires et sociaux. Il existe une variété de stratégies pour modifier les distorsions cognitives, notamment l'identification et la restructuration des distorsions chez l'adolescent. Pour plus de détails sur l'utilisation de chacune d'elles, veuillez vous reporter aux pages 46 à 59 de l'ouvrage  Treating Child and Adolescent Depression: A Handbook for Children's Mental Health Practitioners 84 (disponible en anglais seulement).

Les comportements inadaptés sont des façons de penser et d'agir malsaines et contre-productives qui mènent à des issues défavorables. Les adolescents déprimés peuvent manifester un grand nombre de ces comportements (par exemple, incapacité à tirer du plaisir de ses activités régulières, tentatives de suicide, perturbation des habitudes de sommeil et de l'alimentation), qui restent néanmoins modifiables, notamment par l'éducation, par des jeux de rôle et par des démonstrations. Les adolescents des Premières nations et des Inuits réagissent aussi favorablement aux enseignements des Aînés ainsi qu'aux activités culturelles et traditionnelles sur la terre. D'autres stratégies et leur application sont décrites aux pages 64 à 76 de l'ouvrage  Treating Child and Adolescent Depression: A Handbook for Children's Mental Health Practitioners 85 (disponible en anglais seulement).

Il est possible que vous deviez encourager les parents des enfants souffrant de problèmes de santé mentale à demander conseil et/ou à se faire traiter, compte tenu du stress lié à la prise en charge d'un être cher en détresse. Différentes manières d'impliquer la famille sont décrites aux pages 90 à 102 de l'ouvrage  Treating Child and Adolescent Depression: A Handbook for Children's Mental Health Practitioners.83 (disponible en anglais seulement).

Les autres considérations non pharmacologiques sont présentées à la section « Interventions non pharmacologiques », sous « Dépression » dans le chapitre « Santé mentale ».

Interventions pharmacologiques 86

Un nombre limité de médicaments sont sûrs et efficaces pour traiter la dépression chez l'enfant et l'adolescent. Il existe des données probantes en faveur de l'utilisation de certains inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS). La fluoxétine et le citalopram sont des médicaments de première ligne. Les autres ISRS possibles comprennent notamment la sertraline, l'escitalopram, la paroxétine et la fluvoxamine. Veuillez consulter un médecin avant de prescrire un de ces médicaments.

Comportement suicidaire 87

Divers facteurs liés à l'adolescence peuvent contribuer à des comportements suicidaires. Un niveau de stress excessif, des problèmes d'estime de soi, l'abus de substances et la violence domestique peuvent tous contribuer à la détresse émotionnelle et les taux de suicide plus élevés chez les adolescents autochtones88.

Pour en savoir davantage sur les caractéristiques, le tableau clinique et le traitement du comportement suicidaire, veuillez vous reporter à la section « Comportement suicidaire » dans le chapitre « Santé mentale ». L'information ci-dessous porte sur des aspects propres au comportement suicidaire chez l'enfant et l'adolescent.

Le taux de suicide chez les jeunes Autochtones de moins de 14 ans est de 3,9 pour 100 000 personnes; à titre de comparaison, le suicide est pratiquement inexistant chez les autres Canadiens de cet âge89, 90, 91. « Un répondant sur cinq comptait un ami proche ou un membre de sa famille qui s'était suicidé au cours de l'année. »77

Anamnèse 92

En plus d'évaluer l'adolescent, recueillez de l'information auprès des parents/tuteurs (par exemple, demandez « Qu'est-ce qui s'est passé durant la dernière semaine? » et/ou « Est-ce que votre enfant s'est déjà fait du mal ou a déjà tenté de le faire? ») en présence de l'adolescent, s'il y consent. Cet entretien devrait être remis à plus tard si la vie de l'adolescent est en danger imminent.

Les autres considérations relatives aux antécédents sont présentées à la section « Anamnèse », sous « Comportement suicidaire » dans le chapitre « Santé mentale ».

Traitement

Interventions non pharmacologiques
  • Le traitement individuel de l'enfant ou de l'adolescent doit viser, en plus des objectifs mentionnés dans les lignes directrices pour les adultes, à favoriser l'estime de soi et le sentiment d'importance dans la famille et l'environnement social.
  • Les menaces, comportements et tentatives de suicide chez l'enfant et l'adolescent sont généralement des tentatives d'exprimer son désespoir, ses frustrations et son malheur; il faut faire des efforts pour comprendre l'origine de cette détresse.
  • L'éloignement temporaire du domicile peut être indiqué et impliquer l'admission dans un établissement de santé ou d'aide sociale. Envisagez de déclarer le cas à l'organisme de protection de la jeunesse de la région au besoin.
  • La bande dessinée Darkness Calls (disponible en anglais seulement) peut être utilisée pour éduquer les adolescents des Premières nations qui ont des idées suicidaires.
  • Une thérapie comportementale dialectique peut s'avérer efficace pour prévenir les comportements suicidaires chez les adolescents atteints et soupçonnés d'être atteints du trouble de la personnalité limite ou du trouble bipolaire. Cette méthode repose sur quatre domaines de compétences, à savoir le contact avec soi, la tolérance à la détresse (axée sur l'acceptation des choses qui ne peuvent être changées), l'efficacité interpersonnelle (axée sur le changement) et la régulation des émotions93.

Les autres considérations non pharmacologiques sont décrites à la section « Interventions non pharmacologiques », sous « Comportement suicidaire » dans le chapitre « Santé mentale ».

Prévention du suicide 94

Le  Guide des stratégies prometteuses pour la prévention du suicide chez les jeunes Autochtones est un livre de ressources offrant des stratégies de santé communautaire destinées à prévenir le suicide spécifiquement chez les adolescents autochtones95.

Troubles de l'alimentation

L'anorexie (perte ou diminution de l'appétit) et la boulimie (ingestion excessive de nourriture suivie de vomissements)96 sont des troubles de l'alimentation peu fréquents chez les adolescents des Premières nations. Elles ne sont pas traitées dans le présent guide. Cependant, la Société canadienne de pédiatrie a publié deux ressources d'intérêt dans les cas où un trouble de l'alimentation est observé dans la pratique clinique :

Automutilation 99, 100

L'automutilation est définie comme la destruction délibérée, souvent répétée, de tissus de l'organisme sans intention de suicide101. Les actes d'automutilation, qui peuvent blesser le corps, la tête et l'esprit, comprennent notamment : se couper, se brûler, se frapper, empêcher ses blessures de guérir, se gratter jusqu'au sang, se tirer les cheveux, introduire des objets dans son corps et se briser les os. Les parties du corps choisies sont généralement celles qui peuvent être couvertes ou cachées (par exemple, bras, jambes, poitrine).

Comme les actes d'automutilation sont généralement privés et inconnus des professionnels, les statistiques à ce sujet ne sont pas fiables. Cependant, dans une enquête, 13 % des adolescents ont indiqué qu'ils avaient déjà eu des comportements d'automutilation102. On considère que le taux d'automutilation est sensiblement le même d'un sexe à l'autre, mais que les adolescentes de sexe féminin sont plus nombreuses à demander de l'aide ou à être remarquées. Ce comportement, qui débute généralement au début de l'adolescence, atteint un pic entre 16 et 25 ans; à moins d'un traitement, il persiste jusqu'à 10 ans.

L'automutilation est un mécanisme d'adaptation inefficace qui soulage rapidement la détresse psychologique (par exemple, émotions douloureuses et intenses, solitude, dépression, colère) et/ou l'absence de sentiments (par exemple, torpeur). Dans la plupart des cas, les personnes qui s'automutilent cherchent à se sentir mieux, mais elles ne savent pas comment composer avec leur détresse. Elles agissent ainsi pour vivre des émotions plus intenses ou pour se punir. L'automutilation leur permet de ressentir une douleur physique (bien que ce soit rarement durant l'acte en soi) au lieu des émotions qui les dépassent. Ce comportement comble un besoin et les apaise. La plupart des personnes qui s'automutilent n'ont pas de tendances suicidaires, mais on ne peut présumer qu'elles n'en auront jamais.

Facteurs de risque

  • Trouble de l'alimentation
  • Violence (sexuelle ou physique)
  • Empêchement d'exprimer ses émotions durant l'enfance (particulièrement la colère et la tristesse)
  • Sentiment d'abandon ou de solitude durant l'enfance
  • Manque de relations positives (ou perturbation d'une de ces relations)
  • Consommation de substances
  • Faible estime de soi (par exemple, sentiment de dévalorisation, de désespoir et/ou d'impuissance)
  • Personnes de descendance autochtone
  • Antécédents de chirurgie ou d'hospitalisation tôt dans la vie
  • Intelligence moyenne ou élevée
  • Classe moyenne ou élevée
  • Dépression

Signes d'automutilation

Les adolescents qui s'automutilent essaient généralement de le cacher, mais il existe certains signes, à savoir :

  • Lésions fréquentes inexpliquées
  • Port de pantalons et de manches longues par temps chaud
  • Faible estime de soi
  • Difficulté dans ses relations
  • Difficulté à gérer ses émotions

Anamnèse

Veuillez suivre les directives relatives de la section « Anamnèse » concernant l'anamnèse chez l'adolescent. Il peut être nécessaire de poser des questions fermées pour obtenir des réponses claires. Le fait de poser des questions sur l'automutilation n'encouragera pas ce comportement chez les adolescents.

Déterminez si l'adolescent est atteint de dépression ou d'anxiété afin d'exclure toute affection concomitante.

Observations

Évaluez les signes physiques et psychosociaux suivants :

  • Aspect général (par exemple, habillement, hygiène personnelle, posture, contact visuel, disposition, attention portée à l'examinateur, expression faciale des émotions, vigilance)
  • Attitude et interaction (par exemple, coopération, réserve, évitement)
  • Activité (par exemple, calme, vitalité, agitation, activité psychomotrice, mouvements anormaux, démarche)
  • Parole (par exemple, débit, rythme d'élocution, volume de la voix, quantité de mots, diction, spontanéité)
  • Processus de la pensée (par exemple, cohérence, logique, organisation, suite dans les idées, blocage, attention) et contenu de la pensée (par exemple, idées délirantes, obsessions, idées paranoïaques, idées surévaluées, troubles de la perception, phobies)
  • Perception (par exemple, hallucinations, illusions, dépersonnalisation)
  • Cognition et jugement
  • Introspection (par exemple, conscience de l'affection)
  • Maîtrise des impulsions (par exemple, agressivité, hostilité)
  • Humeur (stabilité, diversité, opportunité, intensité)
  • Relation avec les parents/tuteurs, si possible (par exemple, chaleureuse, positive, conflictuelle, rejet, affectueuse)

Évaluez le système tégumentaire entier, y compris les cheveux et les ongles. Une évaluation complète de l'appareil locomoteur devrait aussi être effectuée.

Diagnostic différentiel

Comportement suicidaire.

Traitement

Objectifs

Le diagnostic précoce favorise de bons résultats.

Consultation

Consultez un médecin au besoin pour déterminer le traitement et vous assurer que l'adolescent reçoit le counselling approprié.

Interventions non pharmacologiques

Administrez le traitement requis.

Le traitement précoce est utile. Certains adolescents cessent de s'automutiler quand leur comportement est détecté, tandis que d'autres ont besoin d'interventions familiales et de counselling.

Traitez toute affection concomitante (par exemple, dépression, consommation de substances).

Écoutez ce que l'adolescent a à dire au sujet de son comportement et encouragez-le à en parler. Ne jugez pas l'adolescent et ne dites pas que vous ne comprenez pas son comportement. Aidez-le à trouver des solutions de rechange (par exemple, résolution de problèmes, résolution de conflits, maîtrise de la colère, apprentissage de l'affirmation de soi) et à poser des gestes moins négatifs pour exprimer ses émotions. Aidez-le à exprimer verbalement ses émotions et ses besoins. Expliquez à l'adolescent et à sa famille (s'il y consent) que le changement peut s'étendre sur une longue période, l'objectif ultime étant une bonne santé mentale.

Les interventions familiales consistent à encourager la famille et les amis à offrir du réconfort et du soutien tout au long du traitement103, à les aider à comprendre ce que vit l'adolescent, à les aider à composer avec leur culpabilité et/ou leurs remords et à leur présenter les traitements possibles et les ressources communautaires disponibles. Expliquez à la famille que l'automutilation peut continuer pendant des années, mais qu'elle cesse généralement au bout de 5-10 ans, à mesure que l'adolescent reçoit de l'aide pour surmonter ce comportement et acquiert de meilleures capacités d'adaptation.

Interventions pharmacologiques

Dans certains cas, des médicaments peuvent être prescrits par un médecin pour maîtriser les symptômes.

Surveillance et suivi

Le suivi après l'automutilation est très important. Certains adolescents sont soulagés lorsque quelqu'un est prêt à en parler.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Dirigez l'adolescent vers un professionnel de la santé mentale ou un psychologue, si possible. Une thérapie comportementale peut être nécessaire pour aider l'adolescent à accepter des émotions plus intenses sans recourir à l'automutilation et à maintenir ce changement.

L'hospitalisation offre une sécurité artificielle et est rarement nécessaire.

Psychose 104, 105, 106, 107

Déformation de la réalité et perte de contact avec la réalité affectant les pensées, les sentiments, les perceptions et les actions d'une personne.

La première manifestation d'une psychose peut survenir à l'adolescence ou au début de l'âge adulte (avant 25 ans). Une seule différence a été observée en fonction du sexe, de l'origine ethnique et de la culture : la psychose apparaît généralement plus tôt chez les hommes que chez les femmes.

Pour en savoir davantage sur les caractéristiques, le tableau clinique et le traitement des psychoses, plus particulièrement de la schizophrénie, veuillez vous reporter à la section « Psychoses et schizophrénie » du chapitre « Santé mentale ».

Causes

L'origine des psychoses est inconnue, bien que plusieurs aient été proposées. L'éducation familiale, les difficultés sociales et la faiblesse personnelle ne sont pas en cause. La consommation de psychotropes (par exemple, ecstasy, cocaïne, LSD) peut déclencher un épisode psychotique chez les personnes prédisposées aux psychoses.

Anamnèse, observations, diagnostic différentiel, tests diagnostiques, complications

L'information concernant ces aspects d'une psychose est la même que celle concernant la schizophrénie. Veuillez vous reporter aux sections « Anamnèse », « Observations », « Diagnostic différentiel », « Tests diagnostiques » et « Complications », sous « Schizophrénie » dans le chapitre « Santé mentale ».

Traitement

Plus une psychose est diagnostiquée et traitée rapidement, meilleurs seront les résultats. Dans la plupart des cas où le traitement est efficace, la personne se rétablit et entre en rémission.

Tous les aspects du traitement sont les mêmes que ceux pour la schizophrénie (la phase aigüe); veuillez vous reporter aux points pertinents du sous-titre « Traitement » de la section « Schizophrénie » du chapitre « Santé mentale ».

Trouble bipolaire 108, 109

Pour en savoir davantage sur les caractéristiques, le tableau clinique et le traitement du trouble bipolaire, veuillez vous reporter à la section « Trouble bipolaire » du chapitre « Santé mentale ». L'information ci-dessous porte sur des aspects propres au trouble bipolaire chez l'enfant et l'adolescent.

Envisagez la possibilité d'un trouble bipolaire chez tout adolescent atteint de dépression, particulièrement dans les cas de dépression atypique et d'absence de réponse aux antidépresseurs, afin de ne pas manquer le diagnostic110.

Un grand nombre d'enfants et d'adolescents atteints de manie présentent des symptômes atypiques. Ceux qui présentent des sautes d'humeur et des troubles du sommeil sont nombreux à correspondre aux critères du DSM-IV, sauf en ce qui concerne la durée des épisodes. Les manifestations suivantes sont courantes chez les adolescents :

  • Détérioration grave du comportement
  • Symptômes psychotiques non liés à l'humeur
  • Changements d'humeur, y compris agitation psychomotrice et excitation mentale, erratiques et non durables
  • Irritabilité et belligérance (plus fréquentes que l'euphorie)
  • Caractéristiques de l'état mixte
  • Comportements à risque (par exemple, échecs scolaires, bagarres, jeux dangereux)

Le trouble bipolaire est sous-diagnostiqué chez les adolescents. Il est à envisager chez les adolescents qui présentent une détérioration importante du fonctionnement accompagnée de troubles de l'humeur ou de symptômes psychotiques.

Traitement

Interventions pharmacologiques

Chez un grand nombre d'adolescents, le trouble bipolaire est chronique et réfractaire au traitement, particulièrement au début de la maladie. Cependant, il peut généralement être traité par les mêmes médicaments que ceux administrés chez l'adulte (par exemple, lithium, divalproex, olanzapine, rispéridone, quétiapine, lamotrigine)111.

Troubles anxieux 112

Pour plus de renseignements sur les troubles anxieux, veuillez vous reporter à la section « Troubles anxieux » du chapitre « Santé mentale ». Les considérations propres aux adolescents sont présentées ci-dessous, mais autrement, veuillez suivre les lignes directrices pour les adultes.

L'anxiété et l'inquiétude sont des émotions normales chez l'enfant. Les sources d'inquiétude courantes, qui varient selon le degré de développement, peuvent comprendre la nuit, faire du mal à un membre de la famille, le rendement (par exemple, à l'école), les contacts sociaux, la santé, le besoin d'être rassuré, les plaintes somatiques et la mort. Normalement, les jeunes enfants et les filles sont plus nombreux à présenter des symptômes d'anxiété que les enfants plus grands et les garçons. Les troubles anxieux se distinguent des inquiétudes normales par la persistance des symptômes et par la perturbation du fonctionnement quotidien (par exemple, au travail, dans les relations sociales).

Les premiers signes d'un trouble anxieux comprennent l'inhibition chronique du comportement (par exemple, timidité, évitement de la nouveauté). En présence d'autres facteurs de risque tels que des antécédents familiaux de maladie mentale (particulièrement d'anxiété), des antécédents personnels d'anxiété durant l'enfance, la survenue d'un événement stressant ou traumatisant, l'appartenance au sexe féminin et la présence de troubles psychiatriques concomitants (particulièrement la dépression), elle favorise le développement d'un trouble anxieux (entre autres, la phobie sociale durant l'adolescence). Les enfants peuvent manifester de l'anxiété par des pleurs, par des cauchemars, par des symptômes physiologiques (par exemple, maux de tête ou d'estomac) ou par les thèmes de leurs jeux. Il est possible qu'ils ne comprennent pas que leur peur est excessive ou irrationnelle.

Les phobies sociales et le trouble obsessionnel compulsif débutent généralement durant l'adolescence. Près de 80 % des enfants et adolescents atteints d'un trouble anxieux présentent au moins un trouble concomitant.

Les troubles anxieux se soignent chez certains enfants, alors que chez d'autres, ils persisteront et/ou évolueront en un autre trouble anxieux. Les enfants, particulièrement ceux qui ne reçoivent aucun traitement, courent un risque accru de souffrir d'autres troubles liés à l'anxiété, de dépression et de toxicomanie.

Traitement

Interventions non pharmacologiques

Les thérapies comportementales cognitives sont efficaces dans le traitement de la plupart des troubles anxieux chez la majorité des adolescents. Bien qu'une psychothérapie ne soit pas toujours accessible, cette intervention peut être offerte dans la communauté par l'entremise de vidéoconférences. La thérapie est plus efficace si les parents/tuteurs y participent. Elle aide l'adolescent à reconnaître son anxiété et l'amène à adopter des stratégies de résolution de problèmes. Dans les cas légers, le médecin peut recommander une psychothérapie seulement. La psychothérapie apporte également du soutien et de l'information sur la maladie et son traitement; elle encourage la résolution des problèmes familiaux, le traitement des toxicomanies, la participation à des groupes de soutien par les pairs et l'adoption d'un mode de vie plus sain (par exemple, activité physique régulière).

Pour plus de renseignements sur les interventions non pharmacologiques dans le traitement des troubles anxieux, veuillez vous reporter à la section « Interventions non pharmacologiques », sous « Troubles anxieux » dans le chapitre « Santé mentale ».

Interventions pharmacologiques

Les médicaments ne devraient pas être le seul mode de traitement chez les enfants et les adolescents.

Jeu compulsif

Pour plus de renseignements sur le tableau clinique et sur le traitement du jeu compulsif, veuillez vous reporter à la section « Jeu compulsif », sous « Problèmes de santé mentale » dans le chapitre « Santé mentale ». La section ci-dessous traite d'aspects propres au jeu compulsif chez l'adolescent.

Les étudiants de niveau secondaire jouent deux à quatre fois plus que l'ensemble de la population. En Ontario, 43 % des élèves du secondaire ont déclaré participer à des jeux de hasard113.

Anamnèse 114, 115

L' Inventaire canadien des jeux de hasard et d'argent chez l'adolescent (ICJA) est un instrument issu du Rapport final de la phase III de l'Inventaire canadien des jeux de hasard et d'argent chez l'adolescent, qui est accessible en ligne. Il vise à évaluer les problèmes de jeu chez les adolescents (par exemple, types de jeu en question, fréquence, depuis combien de temps, sommes jouées, raisons de jouer, perception du jeu [chance, maîtrise]) ainsi que les méfaits psychologiques et sociaux, les conséquences financières et la perte de contrôle en lien avec le comportement de jeu.

Les autres aspects de l'anamnèse à considérer et le traitement sont abordés à la section « Jeu compulsif », sous « Problèmes de santé mentale » dans le chapitre « Santé mentale ».

Appartenance à un gang 116, 117

Un gang est défini comme un groupe visible dont les membres s'unissent pour mener des activités criminelles motivées par l'appât du gain ou la violence. Les membres s'identifient par l'adoption d'un nom de gang, par des marques/couleurs de vêtements et par des tatouages afin de montrer aux autres gangs leur appartenance à ce gang précis118.

De plus en plus d'adolescents autochtones se joignent à des gangs, y compris dans les réserves, dans certaines régions du Canada. Des membres de gangs connus au Canada, 22 % sont d'origine autochtone, dont une proportion importante vient des provinces des Prairies. L'augmentation de la violence et de la criminalité des gangs dans certaines communautés autochtones a été attribuée au nombre croissant de jeunes, au manque de logements adéquats, à l'abus d'alcool et de drogues, au taux de chômage élevé, au manque d'éducation, à la pauvreté, aux compétences parentales insuffisantes, à la perte de culture, de langue et d'identité et à un sentiment d'exclusion117.

Informez-vous sur la présence des gangs dans la communauté ainsi que sur leurs territoires locaux et nationaux, leurs symboles (par exemple, habillement, tatouages, couleurs), leurs rituels d'initiation et leurs membres afin de mieux comprendre les facteurs de risque qui s'y rattachent. La police et/ou les travailleurs auprès des jeunes peuvent vous aider à obtenir ces renseignements.

Facteurs de risque

  • Influences négatives (par exemple, pairs, famille)
  • Faible appartenance à la communauté
  • Confiance excessive en des pairs antisociaux
  • Supervision parentale inadéquate
  • Consommation de substances
  • Perspectives d'éducation ou d'emploi limitées
  • Besoin de reconnaissance et d'appartenance
  • Avoir été victime d'abus et/ou de négligence
  • Multiples placements en famille d'accueil et/ou dans un établissement correctionnel
  • Troubles du cerveau et de la santé mentale (par exemple, dépression, troubles du spectre de l'alcoolisation fœtale)

Anamnèse

Les adolescents sont très réticents à parler de leur participation à un gang. Il est donc essentiel d'établir une relation de confiance et d'éduquer l'adolescent sur la signification de la confidentialité. Évaluez les aspects suivants :

  • Membres du gang (par exemple, pairs, frères/sœurs, cousins)
  • Symboles du gang (par exemple, habillement, tatouages, dessins ou inscriptions, couleurs), rituels d'initiation/de départ (certains peuvent impliquer des actes de violence contre soi, contre la propriété d'autrui ou contre d'autres personnes)
  • Degré de participation à un gang
  • Accès à des armes à feu
  • Comportement suicidaire

Observations

Recherchez des symboles de gang (par exemple, habillement, tatouages, dessins ou inscriptions, couleurs) et des signes physiques de rituels d'initiation, car certains peuvent impliquer des actes de violence contre soi.

Complications

La violence des gangs autochtones semble principalement « interne » et se traduire par des suicides, des surdoses de drogue et des blessures auto-infligées, mais la violence physique peut s'intensifier et amener des jeunes hommes autochtones à se tuer entre eux.

Traitement

Interventions non pharmacologiques
  • Encouragez les adolescents ayant adhéré à un gang à le quitter (pour réduire la période d'appartenance) en leur offrant des conseils personnels à ce sujet.
  • Orientez-les vers des services (par exemple, traitement de toxicomanie, éducation, possibilités d'emploi).
  • Soyez positif et soulignez les petits progrès accomplis.
Prévention
  • Offrez de l'éducation et du counselling pour favoriser des bonnes compétences parentales et des unités familiales solides (avant l'âge de 6 ans).
  • Encourage le développement de facteurs de protection, particulièrement chez les jeunes à risque (veuillez vous reporter à la section « Facteurs de risque »).
  • Encouragez les relations positives avec les supérieurs et les pairs.
  • Encouragez les environnements sociaux positifs à la maison, dans la communauté et dans les organisations communautaires.
  • Favorisez le développement de compétences positives.
  • Les programmes à composantes multiples semblent être les plus efficaces (par exemple, faire participer les organismes d'application de la loi ou un grand nombre de services sociaux).

Principales préoccupations de santé à l'adolescence - Toxicomanie

Pour en savoir davantage sur les caractéristiques, le tableau clinique (par exemple, observations) et le traitement des toxicomanies, veuillez vous reporter à la section « Abus de substances », sous « Problèmes de santé mentale » dans le chapitre « Santé mentale ». Les aspects propres à la toxicomanie chez l'adolescent sont présentés ci-dessous, mais autrement, veuillez suivre les lignes directrices pour les adultes.

Adolescents et usage de drogues 119

Selon des études menées en Ontario, 3,5 % des élèves du secondaire (de la 7e à la 12e année) ont consommé de l'ecstasy au moins une fois durant la dernière année120 et 2,6 % ont pris de la cocaïne au moins une fois121. Un nombre croissant d'élèves consomment des hallucinogènes, du cannabis, de la cocaïne et des stimulants. Les adolescents autochtones sont plus nombreux que les autres adolescents à faire l'usage de solvants et de drogues illicites. Ils sont aussi plus nombreux à commencer à consommer ces substances en bas âge. Toutes ces observations pourraient être liées à l'accessibilité accrue des drogues et/ou à l'évolution des attitudes à l'égard de leur utilisation (c'est-à-dire, un moins grand nombre de personnes s'y opposent)122.

Anamnèse 123, 124

Le dépistage régulier des problèmes de toxicomanie (par exemple, dans le cadre de l'examen médical régulier) est recommandé pour tous les adolescents, car la plupart d'entre eux n'en parleront pas s'ils ne sont pas interrogés à ce sujet. Assurez l'adolescent de la confidentialité de votre conversation. Demandez-lui la permission de discuter de la consommation de substances et expliquez-lui pourquoi vous voulez en discuter.

Dépistage de problèmes de toxicomanie :

  • « As-tu des amis qui fument? Qui boivent de l'alcool? Qui consomment des drogues, que ce soit de la rue ou de la pharmacie? »
  • « T'es-tu déjà senti obligé de prendre une de ces substances dans une situation sociale? »
  • Évaluez les facteurs de risque décrits à la section « Facteurs de risque », sous « Abus de substances » dans le chapitre « Santé mentale ».
  • Évaluez le risque de toxicomanie chez les adolescents et les jeunes adultes à l'aide de l'abréviation mnémotechnique CRAFFT. Deux réponses positives ou plus traduisent un risque élevé de toxicomanie et rendent une évaluation approfondie nécessaire :
    • As-tu déjà pris place dans une voiture (« Car ») conduite par quelqu'un qui était sous l'effet de drogues ou d'alcool?
    • As-tu déjà consommé des drogues ou de l'alcool pour te détendre (« Relax »), pour te sentir mieux ou pour faire comme les autres?
    • As-tu déjà consommé des drogues ou de l'alcool lorsque tu étais seul (« Alone »)?
    • As-tu déjà oublié (« Forget ») des choses que tu avais faites sous l'effet de drogues ou de l'alcool?
    • Ta famille (« Family ») ou tes amis (« Friends ») t'ont-ils déjà demandé de réduire ta consommation de drogues ou d'alcool?
    • T'es-tu déjà mis dans une situation délicate (« Trouble ») sous l'effet de drogues ou de l'alcool?
  • Vérifiez si l'adolescent consomme du tabac, de l'alcool (y compris la bière et les produits maison) et des drogues (par exemple, médicaments d'ordonnance, drogues illicites, substances volatiles)125. La version du questionnaire sur la consommation de drogues DAST-20 destinée aux adolescents est un outil de dépistage des toxicomanies, mais elle ne traite pas de la consommation d'alcool ni du tabagisme. Cet outil permet de quantifier l'importance du problème de toxicomanie à partir de renseignements fournis par l'adolescent. Il faut environ 5minutes pour remplir le questionnaire. Le questionnaire DAST-20 est protégé par le droit d'auteur, mais il peut être reproduit à des fins cliniques à la condition que l'auteur soit mentionné. Il est possible de télécharger le test en format PDF (disponible en anglais seulement), de même que son mode d'emploi, sur le site Web de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies.
  • Si l'adolescent y consent, demandez à sa famille et/ou à ses amis s'ils ont observé des changements radicaux de comportement (par exemple, ne plus dire où il va) ou s'ils savent/croient qu'il consomme des substances.
  • Vérifiez si d'autres membres du ménage fument.

Consommateurs de drogues

  • Poursuivez l'évaluation des adolescents qui admettent consommer des drogues en faisant l'anamnèse destinée aux consommateurs de drogues, tel que décrite à la section « Abus de substances » dans le chapitre « Santé mentale ».

Traitement

Objectifs
  • Faire en sorte que l'adolescent dise à ses parents qu'il consomme des drogues de façon abusive
  • Modifier le comportement (par exemple, faciliter le traitement, prévenir les rechutes)
  • Dépister et traiter toute affection concomitante, qu'elle soit d'ordre physiologique ou mentale
Interventions non pharmacologiques 126

Pour tous les adolescents (même ceux ne faisant pas l'usage de drogues) :

  • Soulignez comment les drogues peuvent affecter des aspects importants aux adolescents (par exemple, apparence, santé).
  • Expliquez les risques et les conséquences de l'usage de drogues (tant licites qu'illicites) en soulignant que n'importe qui (même les adolescents) peuvent développer un problème de toxicomanie.
  • Aidez à établir un plan pour les situations où les pairs peuvent exercer des pressions.
  • Donnez des conseils sur le tabagisme, sur la consommation d'alcool avant l'âge légal et sur l'usage de drogues illicites. Recommandez aux adolescents d'éviter les épisodes de consommation excessive d'alcool et le tabac125.
  • Appuyez les modèles adultes de l'adolescent et fournissez de l'information adaptée selon l'âge concernant la supervision.

Les autres interventions non pharmacologiques applicables aux adolescents sont décrites à la section « Interventions non pharmacologiques » sous « Abus de substances » dans le chapitre « Santé mentale ».

Abus d'alcool

Pour en savoir davantage sur les caractéristiques, le tableau clinique et le traitement de l'abus d'alcool et du syndrome de sevrage aigu, veuillez vous reporter aux sections « Abus d'alcool » et « Syndrome de sevrage aigu » dans le chapitre « Santé mentale ». Des renseignements propres à l'abus d'alcool chez l'adolescent sont présentés ci-dessous. Pour plus de renseignements, veuillez consulter les sections portant sur l'anamnèse et le traitement général de la toxicomanie dans le présent chapitre et dans les lignes directrices pour les adultes.

En Ontario, 62 % des élèves de la 7e à la 12e année ont consommé de l'alcool au moins une fois durant la dernière année, 10 % en prennent une fois par semaine et 25 % des adolescents et 20 % des adolescentes ont fait une consommation excessive d'alcool durant le dernier mois127. Un élève sur sept a conduit alors qu'il avait les facultés affaiblies, et un sur trois a été passager dans un véhicule conduit par une personne ayant les facultés affaiblies. Comparativement aux autres adolescents, les adolescents autochtones sont 2-6 fois plus nombreux à présenter un problème lié à l'alcool122.

Dépendance à la nicotine 128, 129

Pour en savoir davantage sur les caractéristiques, le tableau clinique et le traitement de la dépendance à la nicotine, veuillez vous reporter à la section « Dépendance à la nicotine » dans le chapitre « Santé mentale ». Des renseignements propres à la dépendance à la nicotine chez l'adolescent sont présentés ci-dessous. Pour plus de renseignements, veuillez consulter les sections portant sur l'anamnèse et le traitement général de la toxicomanie dans le présent chapitre et dans les lignes directrices pour les adultes.

Chez les Autochtones âgés de 15 à 17 ans, 47 % des adolescents et 61 % des adolescentes fument, soit trois fois plus que dans l'ensemble de la population canadienne. Dans une communauté du Manitoba, on a observé que 82 % des jeunes âgés de 15 à 19 ans fumaient. Les jeunes Autochtones peuvent commencer à fumer dès leur pré-adolescence130.

Anamnèse

Procédez à un dépistage du tabagisme à compter de l'âge de 10 ans (plus tôt si l'enfant est à risque, par exemple si ses parents fument ou si vous avez des raisons de croire qu'il fume déjà) et à un dépistage de l'exposition à la fumée secondaire chez les adolescents et enfants à chaque rendez-vous. Utilisez un langage facile à comprendre pour les jeunes (par exemple, bouffée, essayer, usage tous les jours).

Traitement

Intervenez auprès de tous les jeunes susceptibles de commencer à fumer régulièrement (par exemple, ceux qui ont pris leur première bouffée), notamment en les encourageant à cesser de fumer avant que l'accoutumance ne s'installe.

Interventions non pharmacologiques 131
  • Envoyez aux enfants et aux adolescents des messages forts les encourageant à éviter entièrement les produits du tabac.
  • Les stratégies de counselling sont très efficaces auprès des adolescents.
  • Fournissez aux enfants et aux adolescents des numéros de lignes d'écoute et des liens vers des ressources en ligne (veuillez vous reporter à la section « Interventions non pharmacologiques », sous « Dépendance à la nicotine » dans le chapitre « Santé mentale »).
  • Les Lignes directrices canadiennes sur le renoncement au tabagisme de CAN-ADAPTT - Populations spécifiques: Jeunes (enfants et adolescents) contiennent des ressources électroniques et d'autres outils utiles pour les jeunes.
Interventions pharmacologiques

Consultez un médecin avant de prescrire tout produit de cessation du tabac à un adolescent. Les traitements fondés sur des données probantes offerts aux adolescents sont les produits de substitution de nicotine (par exemple, timbre transdermique, gomme à mâcher). Il importe de noter que ces produits sont remboursés dans le cadre du Programme des services de santé non assurés jusqu'à une limite annuelle 132.

Consommation de marijuana (cannabis)

Pour en savoir davantage sur les caractéristiques, le tableau clinique et le traitement de la consommation de marijuana, veuillez vous reporter à la section « Consommation de marijuana (cannabis) » dans le chapitre « Santé mentale ». Des renseignements sur l'anamnèse et le traitement de la toxicomanie chez les adolescents sont présentés ci-dessus.

Abus de substances volatiles 133, 134

L'inhalation volontaire d'une substance volatile pour atteindre un état de conscience altéré est aussi appelée abus de substances inhalées, abus de solvants, aspiromanie, « sniffing », « huffing » (inhalation d'un linge imprégné placé autour de la bouche et du nez) et « bagging » (inhalation dans un sac en plastique ou en papier). Veuillez vous reporter à la section « Toxicomanie » dans le chapitre « Santé mentale » pour en savoir davantage sur les caractéristiques de l'abus de substances volatiles et la dépendance à celles-ci.

Les substances volatiles atteignent vite le cerveau en raison de la rapidité de l'absorption pulmonaire et de la solubilité des lipides. Il existe trois classes de substances volatiles :

  • Hydrocarbures aliphatiques, aromatiques ou halogénés (par exemple, colles à maquette, colle contact, laques, essence, propane, essence à briquet, diluants pour peintures, aérosols de cuisson, aérosols de nettoyage d'appareils électroniques, assainisseurs d'air, fixatifs, désodorisants, liquides de nettoyage, eau de Cologne)
  • Protoxyde d'azote (par exemple, crème fouettée en aérosol, bombonnes d'hélium)
  • Nitrite d'alkyle (par exemple, parfums d'ambiance, nettoyeurs de tête de magnétoscope, médicaments contre l'angor)

Des douzaines de substances volatiles sont vendues dans les magasins : elles sont licites, peu coûteuses et faciles à obtenir. Elles sont donc facilement accessibles aux jeunes enfants. De nombreuses personnes les considèrent comme des « drogues pour enfants » sans connaître les méfaits considérables (morbidité et mortalité) qu'elles peuvent causer. Selon une étude américaine, les substances les plus souvent inhalées sont, dans l'ordre, l'essence, la peinture, le propane/butane, les assainisseurs d'air et la formaline.

Les substances volatiles sont surtout utilisées par les jeunes adolescents. Une étude a révélé que 20 % des adolescents autochtones et 33 % des Autochtones de moins de 15 ans utilisaient des substances volatiles et que la moitié d'entre eux avait commencé à le faire avant l'âge de 11 ans135. De nombreuses personnes font l'essai de substances volatiles une ou deux fois. La plupart des utilisateurs de substances volatiles sont âgés de 10 à 16 ans. L'usage diminue généralement vers la fin de l'adolescence, mais certaines personnes continuent d'inhaler ces substances à l'âge adulte136. Un grand nombre de toxicomanes ont déclaré que les substances volatiles étaient les premières drogues qu'ils avaient utilisées.

Facteurs de risque

  • Appartenance à une communauté autochtone
  • Résidence dans une communauté rurale ou isolée ayant des taux élevés de chômage, de pauvreté et de violence
  • Usage d'autres drogues
  • Autres facteurs de risque de toxicomanie exposés dans le chapitre « Santé mentale »

Anamnèse

Procédez à un dépistage de l'abus de substances volatiles chez tous les jeunes avant l'âge de 10 ans.

Veuillez vous reporter à la section « Anamnèse » ci-dessus, qui s'applique à tous les utilisateurs de drogues. En plus de poser les questions qui s'y trouvent, interrogez les amis et les membres de la famille, si possible, sur les aspects suivants :

  • Entreposage de grandes quantités de substances volatiles dans des endroits inattendus (par exemple, sous le lit)
  • Changements chez la personne (par exemple, mauvaise hygiène, perte de poids, fatigue, saignements de nez, soif excessive, conjonctivite, faiblesse musculaire, nausées, apathie, manque d'appétit, troubles gastro-intestinaux, modification de l'assiduité scolaire et/ou changements psychologiques/psychiatriques tels que la difficulté à se concentrer)

Observations

Veuillez vous reporter à la section « Observations » dans le chapitre « Santé mentale », qui s'applique à tous les utilisateurs de drogues. Effectuez aussi un examen neurologique.

Les consommateurs chroniques de substances volatiles se reconnaissent aux signes physiques clairs suivants :

  • Haleine particulière pouvant persister pendant des heures
  • Taches, peintures, poudre scintillante ou odeur sur la peau ou les vêtements
  • Sécheresse périorale ou pyodermite
  • « Éruption des inhalateurs » (parfois jaunâtre chez les consommateurs de nitrites)
  • Engelures ou brûlures sur le visage, dans la bouche, le nez ou le passage œsopharyngé
  • Conjonctivite
  • Plaies sur le nez et la bouche
  • Pâleur de la peau

À l'occasion :

  • OEdème des lèvres, de l'oropharynx et de la trachée
  • Confusion, instabilité émotive ou irritabilité
  • Respiration sifflante, dyspnée
  • Ataxie, tremblements, nystagmus

Complications 137

Une dépression aigüe du système nerveux central peut survenir et entraîner un sentiment d'invincibilité et un risque élevé d'accidents (par exemple, brûlure, noyade).

  • Troubles gastro-intestinaux (par exemple, nausées, vomissements, indigestion, ulcères peptiques, diarrhée)
  • Maux de tête
  • Sinusites, saignements de nez
  • Étourdissements, hallucinations, idées délirantes, vision trouble, fatigue
  • Symptômes neurologiques (par exemple, ataxie, lenteur à réagir, troubles de l'élocution, tremblements, perte auditive)
  • Troubles cognitifs (par exemple, désorientation, perte de mémoire, confusion)
  • Dépression
  • Faiblesse
  • Coma, crise convulsive, délire
  • Comportement imprévisible (par exemple, irritabilité, accidents, blessures, agressivité)
  • Mort (due à une insuffisance cardiaque). La mort subite après inhalation volontaire est rare, mais elle reste la principale cause de décès chez les consommateurs de substances volatiles. Elle est provoquée par l'absorption rapide de la substance par le nez ou les poumons, qui rend le cœur vulnérable aux arythmies, notamment aux arythmies ventriculaires, et à l'adrénaline (un tressaillement durant l'inhalation peut causer la mort). L'aspiration et la suffocation peuvent aussi causer la mort, particulièrement chez les personnes qui inhalent une substance dans un sac. L'arrêt respiratoire et la dépression vagale sont d'autres causes de décès possibles.

Consommation à long terme :

  • Lésions des reins, du cœur, des poumons et du foie, détérioration du système immunitaire, toxicité de la moelle osseuse, syndrome d'intoxication du fœtus par un solvant
  • Lésions neurologiques et neuropsychologiques irréversibles, y compris l'atrophie corticale et la dysfonction du tronc cérébral

Tests diagnostiques

En général, aucun test diagnostique, pas même le dépistage urinaire, ne permet de diagnostiquer ou de détecter l'abus de substances volatiles.

Si l'adolescent consomme des substances volatiles de façon chronique ou si vous voulez vérifier la présence de lésions du cœur, des reins ou du foie, envisagez la mesure de la créatinine, des électrolytes et de la créatine-kinase ainsi que l'exploration fonctionnelle hépatique.

Le dépistage urinaire des métabolites de certains solvants (par exemple, benzène, toluène, xylène, solvants chlorés) peut servir à surveiller l'observance du traitement; consultez néanmoins un médecin avant de prescrire ce test.

Traitement

Les consommateurs de substances volatiles sont rarement traités par un médecin s'ils ne souffrent pas d'une lésion ou d'une maladie grave. Veuillez vous reporter à la section pertinente du guide de pratique clinique pour traiter d'abord les problèmes les plus pressants (par exemple, arythmie, hypotension).

Consultation

Il est recommandé de consulter un centre antipoison et/ou un médecin dans les cas d'intoxication aigüe.

Interventions non pharmacologiques

Veuillez vous reporter à la section « Interventions non pharmacologiques » ci-dessus et au chapitre « Santé mentale », qui s'appliquent à tous les utilisateurs de drogues. De plus :

  • Décontaminez la peau et les vêtements, si nécessaire.
  • Soyez d'une extrême vigilance quand vous traitez des cas d'intoxication aigüe par inhalation et de sevrage de substances volatiles. Les signes et les symptômes du sevrage peuvent avoir une incidence sur les soins à apporter (par exemple, le traitement pharmacologique des nausées peut être nécessaire).
  • Consultez un centre de traitement du Programme national de lutte contre l'abus de solvants chez les jeunes (PNLASJ). Ce programme aide les consommateurs de substances volatiles à réacquérir leurs compétences sociales, à se désintoxiquer, à se tourner vers des pairs aidants, à développer de nouvelles compétences et aptitudes et à réintégrer leur communauté. La liste des centres figure dans le Répertoire des centres de traitement.
  • Soyez disponible pour les adolescents revenant d'un programme de traitement et travaillez avec eux à l'établissement d'une relation positive avec leur famille et au développement de compétences sociales.
  • Offrez du counselling familial pour aider les parents à renforcer les comportements appropriés, si cet aspect n'est pas traité par un programme de traitement et si l'adolescent y consent.
  • Éduquez les adolescents au sujet des substances volatiles:
    • Dépliant sur les substances volatiles de la Fondation autochtone de guérison; veuillez consulter les pages98 et 99 de la publication intitulée Comportements de dépendance chez les Autochtones au Canada.
    • Le site Web du Sunshine Coast Health Centre (en anglais seulement) présente plusieurs ressources imprimées et électroniques sur les solvants destinées aussi bien aux patients qu'aux fournisseurs de soins de santé.

Prévention

  • Expliquez aux enfants, aux adolescents, aux parents, aux enseignants et aux membres de la communauté que même la consommation occasionnelle de substances volatiles est dangereuse.
  • Procédez à un dépistage systématique de l'abus de substances volatiles chez les jeunes, car l'aiguillage précoce vers un programme de traitement favorise la santé physique, mentale et sociale de l'adolescent.
  • Éduquez les enfants, les adolescents, les parents, les pairs, les conseillers et la communauté au sujet des produits pouvant faire l'objet d'abus, des signes et des dangers de la consommation de substances volatiles et de la marche à suivre si l'on soupçonne quelqu'un de consommer des substances volatiles.
  • Mettez sur pied des programmes d'éducation en bas âge en milieu scolaire (par exemple, au niveau primaire), avant que certains enfants ne commencent à pratiquer l'inhalation.
  • Faites en sorte que la communauté, les commerces et le gouvernement prennent en charge les déterminants sociaux de la santé, car la pauvreté, la faim, les maladies, le faible niveau de scolarité et le chômage sont liés à l'abus de substances volatiles.
  • Assurez l'accès à des programmes de traitement familial efficaces.

Abus de médicaments d'ordonnance 138

Pour en savoir davantage sur les caractéristiques, le tableau clinique et le traitement de l'abus de médicaments d'ordonnance, veuillez vous reporter à la section « Abus de médicaments d'ordonnance » dans le chapitre « Santé mentale ». L'information ci-dessous porte sur des aspects propres à l'abus de médicaments d'ordonnance chez l'adolescent. Pour plus de renseignements, veuillez consulter les sections portant sur l'anamnèse et le traitement général de l'abus de médicaments d'ordonnance chez les adolescents et les lignes directrices pour les adultes.

Dans un sondage, 21 % des élèves de la 7e à la 12e année ont déclaré qu'ils avaient pris un opioïde d'ordonnance à des fins non médicales durant la dernière année et 75 % ont indiqué que le médicament se trouvait à la maison. Le nombre d'adolescents ayant fait l'usage d'OxyContin a doublé en 2 ans après 2005. Les opioïdes sont la troisième substance faisant l'objet du plus d'abus, après l'alcool et la marijuana.

Causes

La recherche sur l'abus d'opioïdes à l'adolescence en est à son tout début. La source du problème est indéterminée (par exemple, sont-ils utilisés à titre de remplacement d'autres drogues illicites ou à des fins d'automédication, sont-ils de plus en plus disponibles à la maison?). Dans certaines régions, le problème est en partie attribuable au détournement de médicaments, où des trafiquants de drogues revendent à profit des médicaments d'ordonnance.

Sources

Les adresses Internet sont valides en date de juillet 2011.

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 Jeunesse, j'écoute - service de consultation téléphonique, d'orientation et d'Internet pour les enfants et les adolescents, offert 24 heures par jour. 1-899-668-6868.

 Lesbian Gay Bi Trans Youth Line - services confidentiels, gratuits et sans jugement de soutien et d'orientation par les pairs. 1-800-268-9688.

 maSexualite.ca - site Web de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada visant à fournir aux adolescents de l'information sur des sujets liés à la sexualité

 Répertoire de la Ligne d'aide sur l'alcool et la drogue de l'Ontario (pour les ressources de l'Ontario) au 1-800-565-8603

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12. Goldenring JM, Rosen DS. Getting into adolescent heads: An essential update.  Contemporary PediatricsContemporary Pediatrics 2004; 21(1): 64-90. p. 70

13. Société canadienne de pédiatrie, Comité de la santé de l'adolescent.  Document de principes. L'orientation sexuelle des adolescents. Paediatric and Child Health 2008;13(7):619-623. p. 621.

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17.Goldenring JM, Rosen DS.  Getting into adolescent heads: An essential update. Contemporary Pediatrics 2004; 21(1): 64-90.

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21. Société canadienne de pédiatrie. Approche déontologique de l'examen génital de l'enfant.  Paediatrics & Child Health 2008;4(1):71.

22. Greig A, Constantin E, Carsley S, Cummings C, Canadian Paediatric Society & Community Paediatrics Committee. (2010).  Preventive health care visits for children and adolescents aged 6 to 17 years: The Greig Health Record - Technical Report. Laboratory Investigations section

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40. Ryan-Wenger NA (Editor). Core curriculum for primary care pediatric nurse practitioners. St. Louis, MO: Mosby Elsevier; 2007. p. 342-43.

41. Aboriginal Nurses Association of Canada, Planned Parent Federation of Canada.  Finding our way: a sexual and reproductive health sourcebook for Aboriginal communities. Ottawa: Aboriginal Nurses Association of Canada; 2002. Two-spirit people and sexual diversity section

42. McKay A, Sex Information and Education Council of Canada.  Adolescent sexual and reproductive health in Canada: A report card in 2004. Canadian Journal of Human Sexuality 2004;13(2):67-81. p. 71.

43. Ryan-Wenger NA (Editor). Core curriculum for primary care pediatric nurse practitioners. St. Louis, MO: Mosby Elsevier; 2007. p. 339.

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51. Société canadienne de pédiatrie, Comité de la santé de l'adolescent.  Énoncé : La grossesse à l'adolescence. Paediatric and Child Health 2006;11(4):243-246. p. 243.

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