Soins des enfants et des adolescents - Chapitre 2 - Méthodes utilisées en pédiatrie

Guide de pédiatrie clinique du personnel infirmier en soins primaires de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI)
Le contenu du présent chapitre a été révisé en juillet 2009

Sur cette page :

Contention

Généralités

Même s'il est toujours souhaitable d'utiliser le moins possible la contention, on peut recourir à une méthode d'emmaillotement lorsqu'on ne réussit pas à immobiliser un enfant en le tenant fermement en vue d'une intervention. Cette méthode peut être utilisée chez les enfants de 1 à 6 ans.

Technique

Utilisez un drap ou une couverture pour envelopper l'enfant de la façon illustrée dans la figure ci-dessous. Si un membre doit être dégagé pour l'intervention (p. ex pour mettre en place une voie de perfusion intraveineuse), laissez-le à l'extérieur.

Méthode d'emmaillotement permettant d'immobiliser un enfant en vue d'une intervention

Méthode d'emmaillotement permettant d'immobiliser un enfant en vue d'une intervention

La figure illustre la méthode d'emmaillotement qui permet d'immobiliser un enfant en vue d'une intervention. Utilisez une couverture rectangulaire ou carrée et couchez l'enfant au centre de la partie supérieure de la couverture, depuis les épaules. Enroulez un tiers du coin gauche de la couverture par-dessus l'épaule droite de l'enfant et rentrez le coin sous la hanche gauche de l'enfant. Enroulez ensuite le coin droit de la couverture par-dessus l'épaule gauche de l'enfant et rentrez le coin sous la hanche droite de l'enfant. Repliez la partie inférieure de la couverture sur les jambes et le torse de l'enfant, en ramenant chacun des coins inférieurs sous l'épaule correspondante.

Généralités

Les interventions peuvent être désagréables pour le parent et l'enfant. L'anesthésie locale permet d'atténuer la douleur associée à certaines des interventions auxquelles les enfants doivent être soumis. L'application de l'anesthésique est indolore et réduit la nécessité de recourir à la contention.

Indications

  • Avant d'établir une voie de perfusion intraveineuse
  • Avant d'effectuer une ponction veineuse

Contre-indications

  • Situations dans lesquelles une voie de perfusion intraveineuse ou une ponction veineuse s'impose d'urgence
  • Prématurés dont l'âge gestationnel est inférieur à 37 semaines
  • Allergie connue à l'anesthésique local ou au pansement occlusif
  • Patients présentant une méthémoglobinémie congénitale ou idiopathique
  • Nourrissons de moins de 12 mois traités au moyen d'agents provoquant la formation de méthémoglobine (p. ex. sulfamides, phénytoïne)

Points de ponction

  • Peau intacte recouvrant la veine
  1. Prenez le temps qu'il faut pour trouver la veine la plus grosse et la plus saillante. Il est parfois plus facile de sentir la veine au toucher que de la voir.
  2. Nettoyez la peau.
  3. Appliquez de la crème de lidocaïne à 2,5 % et de prilocaïne à 2,5 % (crème EMLA) au centre de la région où vous tenterez d'effectuer une ponction veineuse ou d'établir une voie de perfusion intraveineuse, et recouvrez la crème d'un pansement occlusif (comme Tegaderm ou un bout de pellicule Saran Wrap). Voir le tableau 1, « Dose maximale recommandée de crème EMLA selon l'âge ». À titre d'indication, une longueur d'environ 3,5 cm de crème EMLA extraite du tube équivaut à une dose de 1 g.
  4. Laissez la crème agir pendant 60 minutes avant d'effectuer la ponction veineuse ou d'établir la voie de perfusion intraveineuse, afin que l'anesthésie soit suffisante.
  5. Utilisez de la gaze pour enlever la crème.
  6. Nettoyez la peau avec un antiseptique avant de commencer l'intervention.
  7. Une application de crème EMLA agit localement pendant 4 à 6 heures.

Complications

  • Réactions locales passagères, comme la pâleur, un érythème, un oedème et des sensations cutanées (p. ex. picotement)
  • Réactions cutanées distinctes au site d'application
  • Réactions allergiques parmi lesquelles le choc anaphylactique est la plus grave
  • À fortes doses, la prilocaïne peut augmenter les concentrations de méthémoglobine

Ponction veineuse

Points de ponction

À privilégier (membre supérieur)

  • Veines de l'avant-bras (p. ex. céphalique, basilique ou cubitale médiane); ce sont les meilleurs choix pour les enfants de tout âge, mais ces veines peuvent être difficiles à localiser chez les bébés gras.
  • Veines du dos (dessus) de la main
  • Veines qui se drainent dans les veines céphalique et basilique, ou arcade veineuse dorsale

Autres points de ponction

  • Veine saphène, juste en avant de la malléole interne (membre inférieur)
  • Veines sur le dos du pied
  • Petites veines sur la face interne du poignet ou veine plus grosse sur la face interne du poignet, à proximité du pouce

Technique

  1. Appliquez les précautions universelles pour éviter toute contamination par les substances corporelles de l'enfant (p. ex. porter des gants et, dans certains cas, des lunettes de protection, jeter l'aiguille dans un contenant sécuritaire).
  2. Rassemblez le matériel nécessaire.
  3. Immobilisez bien l'enfant, mais en évitant la contention dans la mesure du possible (voir la section « Contention »).
  4. Prenez le temps qu'il faut pour trouver la veine la plus grosse et la plus saillante. Il est parfois plus facile de sentir la veine au toucher que de la voir. Faites toujours votre première tentative dans cette veine.
  5. Appliquez l'anesthésique local s'il n'y a pas de contre-indication (voir la section « Anesthésie locale »).
  6. Mettez le garrot en place en amont du point de ponction; masser la peau aide à dilater la veine; la chaleur aide aussi.
  7. Nettoyez la peau à l'aide d'un antiseptique.
  8. Tendez la peau pour immobiliser la veine.
  9. Utilisez une aiguille à ailettes de calibre 23 ou 25, fixée à une seringue ou à un dispositif avec tubes sous videNote de bas de page 4. Insérez suffisamment l'aiguille, biseau tourné vers le haut, pour obtenir un reflux de sang.
  10. Exercez une légère succion à l'aide du piston pour éviter que la veine ne s'affaisse ou insérez le tube sous vide dans le dispositifNote de bas de page 4.
  11. Si le débit est très lent, essayez de « pomper » le sang en comprimant le membre au-dessus du point de ponction ou en desserrant le garrot. Remettez le garrot sans serrer si le débit est restituéNote de bas de page 4.
  12. Enlevez le garrot dès que l'échantillon est obtenu.
  13. Retirez l'aiguille et comprimez le point de ponction avec de la gaze. Recouvrez immédiatement l'aiguille du dispositif de sécuritéNote de bas de page 4.
  14. Transférez le sang dans les tubes appropriés, si cela n'a pas été fait. Retournez doucement chaque tube en suivant les lignes directrices du laboratoire.

Voie de perfusion intraveineuse

Points d'injection

À privilégier (dans l'ordre)

  • Dos de la main
  • Pied
  • Veine saphène, juste en avant de la malléole interne
  • Poignet
  • Cuir chevelu : il s'agit d'un bon choix chez les nourrissons, car les veines du cuir chevelu sont situées près de la surface et sont plus faciles à voir que dans les membres. Cette voie d'accès est utile pour l'administration de liquides ou de médicaments aux enfants dont l'état est stable, mais elle est rarement utile pendant des manoeuvres de réanimation complète.
  • Veines cubitales médianes (veiller à éviter l'artère brachiale).

Membre supérieur

  • Veines de l'avant-bras (par exemple céphalique, médiane basilique ou cubitale); ces veines peuvent être difficiles à trouver chez un bébé gras.
  • Veines du dos (dessus) de la main
  • Veines qui se drainent dans les veines céphalique et basilique, arcade veineuse dorsale de la main

Membre inférieur

  • Veine saphène, juste en avant de la malléole interne
  • Veine marginale médiane
  • Arcade veineuse dorsale du pied

Types d'aiguilles

Cathéters à aiguille interne

  • Les cathlons ou les cathéters intraveineux (IV) sont les plus stables.
  • On utilise habituellement une aiguille de calibre 22 ou 24 chez les nourrissons.

Avantages

  • Plus confortables que l'aiguille à ailettes
  • Risque plus faible d'extravasation dans l'espace interstitiel
  • Nécessaires pour les mesures de réanimation volémique

Aiguille à ailettes

  • Particulièrement utile pour les veines du cuir chevelu
  • Chez les nourrissons, on utilise le plus souvent des aiguilles de calibre 25 à 27

Avantages

  • Peut être utilisée pour prélever des échantillons de sang.
  • La façon dont cette aiguille est conçue facilite l'insertion parce que les ailettes permettent la préhension.
  • Les ailettes permettent de fixer l'aiguille plus solidement à l'aide de ruban adhésif.

Inconvénients

  • Les aiguilles à ailettes s'insèrent dans l'espace interstitiel plus souvent.
  • Ne doivent pas servir d'accès veineux principal lors des manoeuvres de réanimation volémique.

Technique

  1. Appliquez les précautions universelles pour éviter toute contamination par les substances corporelles de l'enfant (p. ex. porter des gants et, dans certains cas, des lunettes de protection, jeter l'aiguille dans un contenant sécuritaire).
  2. Rassemblez le matériel nécessaire.
  3. Immobilisez bien l'enfant, mais en évitant la contention dans la mesure du possible (voir la section « Contention »).
  4. Prenez le temps qu'il faut pour trouver la veine la plus grosse et la plus saillante. Il est parfois plus facile de sentir la veine au toucher que de la voir. Faites toujours votre première tentative dans cette veine.
  5. Si vous choisissez une veine du cuir chevelu, vous devrez peut-être raser la région choisie.
  6. Appliquez l'anesthésique local en l'absence de contre-indication (voir la section « Anesthésie locale »).
  7. Nettoyez la peau avec un antiseptique.
  8. Mettez le garrot en place en amont du point d'injection, s'il y a lieu; masser la peau aide à dilater la veine; la chaleur aide aussi.
  9. Tendez la peau pour immobiliser la veine.
  10. Si vous utilisez un cathéter à aiguille interne, introduisez-le dans la peau, biseau tourné vers le haut, à un angle de 30 à 45° et à une distance de 0,5 à 1 cm du point d'entrée dans la veineNote de bas de page 5.
  11. Quand l'aiguille a transpercé la peau, ajustez l'angle de la canule de manière à ce qu'elle soit à un angle de 15° par rapport à la peau et faites-la avancer lentement dans la veine assez profondément pour obtenir un reflux de sang, puis enfoncez-la d'un millimètre de plus environ pour que le cathéter en plastique soit lui aussi dans la lumière de la veine.
  12. Faites avancer le cathéter dans la veine en maintenant le stylet en placeNote de bas de page 5.
  13. Retirez le garrot.
  14. Appliquez une pression sur le cathéter dans la veine pour éviter le reflux de sang. Rétractez l'aiguille et assurez-vous qu'elle est immédiatement recouverte par le dispositif de sécuritéNote de bas de page 5. S'il s'agit d'un cathéter à aiguille rétractable, appuyez sur le bouton pour enclencher le mécanisme de protection.
  15. Relâchez rapidement la pression sur la veine et raccordez le nécessaire de perfusion. Assurez-vous qu'il n'y a pas de bulles d'air dans la tubulure avant de la brancher.
  16. Laissez s'écouler une certaine quantité de soluté. Si l'écoulement se fait bien, fixez l'aiguille et le cathéter solidement en place à l'aide de ruban adhésif.

Ces petits cathéters sont fragiles. Évitez de les plier et fixez-les toujours solidement à l'aide de ruban adhésif. Utilisez de préférence un accotoir et la moitié d'un gobelet de plastique pour couvrir le point d'injection.

Complications

Locales

  • Cellulite
  • Phlébite
  • Thrombose
  • Formation d'un hématome
  • Hémorragie
  • Extravasation de soluté intraveineux dans l'espace interstitiel

Généralités

  • Septicémie
  • Embolie gazeuse
  • Embolie causée par un fragment du cathéter
  • Thrombo-embolie pulmonaire

Voie de perfusion intra-osseuse

Généralités

  • Sert à administrer temporairementNote de bas de page 6 des liquides et des médicaments IV quand on n'a pas réussi à établir une voie intraveineuse.
  • Méthode à n'utiliser qu'en cas d'urgence.
  • Doit être interrompue dès qu'un accès vasculaire fiable a été établiNote de bas de page 6.

Indications

La mise en place d'une voie de perfusion intra-osseuse peut être tentée chez les enfants de tout âgeNote de bas de page 6,Note de bas de page 7. Elle peut être utilisée lorsque la mise en place d'une voie de perfusion intraveineuse n'a pas réussi après trois tentatives et lorsqu 'il faut intervenir rapidement (60 - 90 secondes) dans les cas suivants :

  • Polytraumatisme accompagné d'un état de choc ou d'une hypovolémie grave (ou les deux)
  • Déshydratation grave associée à un collapsus vasculaire ou à une perte de connaissance (ou les deux)
  • Enfant qui ne réagit à aucun stimulus et qui a besoin d'une réanimation liquidienne et médicamenteuse immédiate; brûlures, état de mal asthmatique, septicémie, quasi-noyade, arrêt cardiaque, anaphylaxie

Contre-indications

  • Fracture du bassin
  • Fracture, tentative de mise en place d'une voie de perfusion intra-osseuse ou interruption vasculaire précédente dans le membre choisi pour la perfusion intra-osseuseNote de bas de page 6.

Points d'injection

À privilégier

Autres possibilitésNote de bas de page 6 

  • Fémur distal, 3 cm au-dessus du condyle externe sur la ligne médiane
  • Tibia distal, 1- 3 cm au-dessus de la malléole interne sur la surface du tibia près de la cheville. (Selon certains, il s'agirait du meilleur choix chez les grands enfants parce que le tibia proximal est plus épais que le tibia distal.)
  1. Appliquez les précautions universelles pour éviter toute contamination par les substances corporelles de l'enfant (p. ex. porter des gants et, dans certains cas, des lunettes de protection, jeter l'aiguille dans un contenant sécuritaire).
  2. Rassemblez le matériel nécessaire.
  3. Immobilisez bien l'enfant, mais en évitant la contention dans la mesure du possible (voir la section « Contention »)
  4. Si le tibia proximal est utilisé comme site d'injection, placez l'enfant en décubitus sur une surface ferme, pliez son genou et tournez sa jambe vers l'extérieur pour bien voir la face interne du membre.
  5. Déterminez les repères anatomiques pour l'insertion de l'aiguille (voir la section « Points d'injection »).
  6. Nettoyez la peau avec un antiseptique.
  7. Si l'enfant est conscient ou à demi-conscient, appliquez un anesthésique local dans la région du point d'injection (voir la section « Anesthésie locale pour la pose de points de suture »).
  8. Utilisez une aiguille intra-osseuse, une aiguille à ponction médullaire (p. ex. Jamshidi); si celles-ci ne sont pas disponibles, une aiguille à ailettes de calibre 19 ou 21 peut être utilisée chez les nourrissons. Alignez les biseaux du stylet et de l'aiguille extérieure.
  9. Saisissez le tibia proximal par-dessus et latéralement par rapport au point d'insertion du cathéter avec la main non dominante, afin de l'immobiliser. Assurez-vous que cette main n'est pas partiellement derrière le point d'injection.
  10. Éloignez légèrement la pointe de l'aiguille de l'articulation. Insérez l'aiguille à un angle de 90°, à travers la peau et le tissu sous-cutané.
  11. Quand l'aiguille atteint l'os, exercez une pression ferme vers le bas et imprimez-lui un mouvement de rotation, dans le sens des aiguilles d'une montre, puis dans le sens inverse. Prenez garde de ne pas plier l'aiguille.
  12. Quand l'aiguille atteint l'espace médullaire, on sent que la résistance diminue). Arrêtez la progression de l'aiguille et retirez le stylet de l'aiguille.
  13. Raccordez une seringue de 10 ml et aspirez du sang et de la moelle pour voir si l'aiguille est bien placée. Il est possible que vous ne puissiez pas y arriver. D'autres signes indiquent que l'aiguille est bien placée : elle tient droite par elle-même, le liquide IV s'écoule librement, il n'y a aucun signe d'infiltration sous-cutanée).
  14. Irriguer l'aiguille pour éviter son obstruction en injectant lentement 10 ml de soluté physiologique afin de vérifier s'il y a des signes d'enflure ou d'augmentation de la fermeté des tissus mous à proximité, ou de résistance accrue à l'injection.
  15. Si l'essai de perfusion s'est bien déroulé et qu'il n'y a pas de signe d'infiltration, raccordez un ensemble de perfusion IV. Assurez-vous qu'il n'y a pas de bulles d'air dans la tubulure avant de la brancher. Si l'essai de perfusion ne s'est pas bien déroulé, retirez l'aiguille et essayez de nouveau en utilisant un autre point d'injection.
  16. Retenez l'aiguille en place à l'aide de gaze et de ruban adhésif.
  17. Procédez comme vous le feriez pour une intraveineuse ordinaire. Par exemple, on peut perfuser rapidement des liquides pour réanimer un enfant en état de choc.

ComplicationsNote de bas de page 6 

  • Extravasation
  • Fracture du tibia
  • Ostéomyélite
  • Lésion épiphysaire
  • Hémorragie
  • Embolie graisseuse
  • Syndrome de loge dans le membre inférieur
  • Obstruction de l'aiguille par de la moelle, des fragments d'os ou du tissu
  • Nécrose cutanée
  • Abcès sous-cutané

Insertion d'une sonde nasogastrique ou orogastrique

GénéralitésNote de bas de page 11 

  • Permet de prélever un échantillon de contenu gastrique pour analyse, d'assurer la décompression de l'estomac ou de faire des gavages
  • Utilisez la voie orogastrique dans les cas de blessure faciale, de fracture du crâne ou d'anomalie de l'anatomie du visage. La voie orogastrique est également indiquée chez les nourrissons de moins de 6 mois qui doivent obligatoirement respirer par le nez.

Taille de la tubulureNote de bas de page 12 

  • Évaluez la longueur nécessaire pour une sonde nasogastrique en tendant la tubulure du bout du nez de l'enfant jusqu'au lobe de l'oreille, puis jusqu'à la pointe du sternum, et faites une marque sur la tubulure. Évaluez la longueur nécessaire à une sonde orogastrique en tendant la tubulure du coin de la bouche jusqu'au lobe de l'oreille, puis jusqu'à la pointe du sternum.
  • Nouveau-nés (3-9 kg) : calibre 5-8 French
  • Tout-petits (10-14 kg) : calibre 8-10 French
  • Enfants (15-22 kg) : calibre 10-14 French
  • Enfants plus âgés (24 kg-adulte) : calibre 14-18 French

Contre-indications pour une sonde nasogastriqueNote de bas de page 13 

  • Traumatisme facial grave
  • Chirurgie récente du nez
  • Anomalie de la coagulation (contre-indication relative)
  • Sténose de l'oesophage (contre-indication relative)
  • Ingestion de substances alcalines (contre-indication relative)
  1. Appliquez les précautions universelles pour éviter toute contamination par les substances corporelles de l'enfant (p. ex. porter des gants et, dans certains cas, des lunettes de protection).
  2. Rassemblez le matériel nécessaire. Les tubulures rigides sont plus faciles à introduire. Au besoin, placez la tubulure dans l'eau glacée pour la rendre plus rigide.
  3. Expliquez l'intervention à l'enfant (si elle ou il est capable de comprendre) de même qu'à ses parents ou à la personne qui en prend soin.
  4. Tenez compte d'une possible déviation de la cloison nasale et de l'ouverture de la narine.
  5. Immobilisez bien l'enfant, mais en évitant la contention dans la mesure du possible (voir la section « Contention »).
  6. Installez l'enfant en position assise, la tête légèrement penchée, si cela est possible.
  7. Lubrifiez l'extrémité de la sonde du tube avec un lubrifiant stérile hydrosoluble et introduisez-la lentement dans la narine le long de la base du nez ou en suivant la courbe naturelle de la langueNote de bas de page 11. Demandez à l'enfant de faciliter la manoeuvre en avalant de petites gorgées d'eau; utilisez une suce pour un nourrisson. Une fois la tubulure introduite à la profondeur souhaitée, vérifiez sa position en aspirant le contenu gastrique et en recherchant un pH inférieur à 4.
  8. Confirmez la position de la sonde par Rayon x si cela est possible.
  9. Fixez la tubulure au nez ou à la joue à l'aide de ruban adhésif.
  10. Raccordez la tubulure à la poche de drainage.
  11. Retirez la tubulure si l'enfant s'étouffe ou tousse pendant l'insertion.

ComplicationsNote de bas de page 11 

  • Insertion dans le crâne, l'oesophage ou les bronches
  • Perforation accompagnée d'hémorragie
  • Épistaxis
  • Aspiration

Fermeture des plaies

Anesthésie locale pour la pose de points de suture

Généralités

  • La lidocaïne (à 1 %, sans épinéphrine) est l'anesthésique local de choix.
  • Pour éviter des effets toxiques généraux, n'instillez pas plus de 3 ou 4 mg/kg (0,3 ou 0,4 ml/kg d'une solution à 1 % sans épinéphrine).
  • Une réaction allergique à la lidocaïne est rare, mais possible; assurez-vous d'avoir accès à une trousse d'urgence en cas de réaction anaphylactique.
  • Utilisez une aiguille de calibre 27 ou 28 (taille des seringues à insuline) et injectez lentement.

Pour des renseignements détaillés sur le traitement des plaies et les points de suture, voir la section « Lésions cutanées d'origine traumatique  » du chapitre intitulé « Dermatologie » du guide de pratique clinique s'appliquant aux adultes.

Colle cutanée pour la fermeture des plaiesNote de bas de page 17,Note de bas de page 18 

Généralités

  • Méthode efficace et moins invasive pour la fermeture des plaies
  • Aucune anesthésie nécessaire, à moins que ce soit pour nettoyer la plaie
  • Mêmes résultats ou meilleurs résultats sur le plan esthétique que les points de suture
  • Les lacérations doivent être propres et saigner peu ou pas du tout pour que la colle cutanée adhère bien

Indications

  • Lacération ne touchant pas le fascia
  • Plaie aiguë (datant de moins de 12 heures)
  • Plaie causée par un traumatisme contondant ou par un objet coupant
  • Lacération d'une longueur et d'une largeur de 5 cm ou moins, lorsqu'on peut rapprocher les bords sans créer de tension ou en n'appliquant qu'une tension minimale
  • Dans le cas d'une lacération du cuir chevelu, il peut être nécessaire de couper ou de raser les cheveux le long des bords de la plaie et d'utiliser la technique de suture par apposition avec cheveux (technique HAT) (voir la section « Technique » ci-dessous)

Contre-indications

  • Lacération située sur une articulation ou à une jonction cutanéomuqueuse
  • Plaie perforante
  • Plaie datant de plus de 12 heures
  • Morsure humaine ou animale
  • Lacération étoilée (en forme d'étoile, qui a des branches irradiant du centre), en raison du risque d'infection plus important qu'en cas de lacération linéaire
  • Plaie non linéaire
  • Plaie dont les bords sont irréguliers
  • Plaie de pression
  • Greffe de peau
  • Plaie causée par une intervention dentaire
  • Plaie pour laquelle la probabilité d'infection est plus élevée
  • Patient atteint d'une déficience cognitive ou sous l'influence d'une drogue ou de l'alcool
  • Patient présentant un facteur de comorbidité, notamment un trouble du comportement (p. ex. schizophrénie)

Technique

  1. Appliquez les précautions universelles pour éviter toute contamination par les substances corporelles de l'enfant (p. ex. porter des gants et, dans certains cas, des lunettes de protection), de même que pour éviter que votre peau adhère à la peau ou aux cheveux du client.
  2. Rassemblez tout le matériel nécessaire.
  3. Immobilisez bien l'enfant, mais en évitant la contention dans la mesure du possible (voir la section « Contention »).
  4. Nettoyez et asséchez bien la plaie.
  5. Installez le patient de manière à prévenir les coulées de colle causées par la gravité et le contact non souhaité de la colle avec la peau intacte et des organes comme les yeux, la bouche ou le nez.
  6. Couvrez la peau autour de la lacération ainsi que les yeux, le nez ou la bouche, le cas échéant, avec de la gaze, pour éviter d'y échapper accidentellement de la colle. Chez les jeunes enfants, utilisez pour cela des pansements adhésifs.
  7. Rapprocher les bords de la plaie. Ils peuvent être légèrement étirés dans le haut et le bas de la plaie.
  8. Dans le cas d'une lacération du cuir chevelu, la technique de suture par apposition avec cheveux (technique HAT) consiste à nouer une mèche de cheveux provenant d'un côté de la lacération avec une mèche du côté opposé et à les maintenir en place à l'aide d'une goutte de colle. Les autres cheveux peuvent être mouillés afin d'isoler quelques mèches autour de la lacération.
  9. Appliquez de petites quantités (gouttelettes) de colle sur les bords de la plaie en dépassant de 0,5 cm les extrémités de la plaie.
  10. Laissez la colle pénétrer pendant quelques secondes avant de poursuivre l'application.
  11. Réappliquez deux fois de la colle, en attendant de 15 à 30 secondes entre chaque application.
  12. Maintenir les bords de la plaie rapprochés pendant au moins une minute après la dernière application pour que la colle ait le temps de sécher.
  13. Si la peau est accidentellement collée, appliquez de la gelée de pétrole, du Polysporin ou un pansement non adhérent Adaptic (Johnson & Johnson) plusieurs fois par jour pour dissoudre la colle. Il faut éviter les bords de la lacération récemment fermée pour ne pas causer la déhiscence de la plaie. On peut utiliser de l'acétone pour dissoudre la colle sur les surfaces de travail.
  14. Si un gant a adhéré accidentellement à la plaie, on peut couper le gant et laisser la partie collée à la plaie; cela ne retardera pas la guérison.

Surveillance et suivi

  • Protéger la plaie de l'eau au cours des premières 48 heures.
  • Ne pas immerger la plaie, ne pas la laver et ne pas se baigner pendant 7 à 10 jours.
  • Ne pas appliquer de crème ou d'onguent sur la plaie.
  • Ne pas gratter la plaie.
  • L'infection, la douleur ou la déhiscence sont au nombre des complications possibles.
  • Si le patient est atteint d'une maladie chronique, effectuer une surveillance plus étroite de l'évolution de la plaie.
  • La colle se détachera d'elle-même après 7 à 10 jours.

Sources

Toutes les adresses Internet ont été vérifiées en juin 2010

Livres et monographies

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