Soins des enfants et des adolescents - Chapitre 6 - Troubles fonctionnels chez l'enfant

Guide de pédiatrie clinique du personnel infirmier en soins primaires de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI)
Le contenu du présent chapitre a été révisé en décembre 2009

Sur cette page :

Les sujets abordés dans le présent chapitre touchent une gamme de problèmes physiologiques, psychologiques et sociaux qui peuvent perturber des fonctions importantes de la vie quotidienne. Les enfants peuvent avoir plusieurs des troubles indiqués ci-dessus.

Pour évaluer ces problèmes, il faut avant tout établir une bonne relation avec la famille et l'enfant. Habituellement, la première entrevue est longue; c'est au cours de cette séance qu'un lien de confiance s'établit. Il faut envisager de procéder à des évaluations plus courtes et plus fréquentes après la rencontre initiale pour entretenir cette relation et maintenir une bonne communication avec la famille.

L'anamnèse et l'examen physique varient selon le motif de la consultation.

Troubles fonctionnels courants

Trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention (THADA)

Le THADA est caractérisé par une triade de symptômes comportementaux :

  • Durée de l'attention réduite
  • Impulsivité
  • Hyperactivité

Ces trois symptômes comportementaux ne sont pas présents chez tous les enfants atteints de ce trouble. Par exemple, certains enfants sont très calmes, mais leur durée d'attention est réduite. Les enfants peuvent avoir un THADA avec une prédominance d'inattention, une prédominance d'hyperactivité-impulsivité ou une combinaison des deux (mixte).

Les garçons sont plus touchés que les fillesNote de bas de page 1.

Causes

Syndromes génétiques
  • Syndrome de l'X fragile
  • Phénylcétonurie (PCU)
  • Maladie de Gilles de la Tourette
Lésions intra-utérines ou prénatales
  • Exposition du foetus à l'alcool
  • Anoxie in utero
Facteurs postnatals
  • Prématurité
  • Méningite
  • Traumatismes crâniens graves

Il est possible que le problème soit héréditaire et qu'on ne puisse pas en préciser la cause.

Chez la plupart des enfants atteints, on peut difficilement déterminer la cause concourante.

Anamnèse

  • Causes prénatales : grossesse, exposition aux drogues et à l'alcool
  • Causes périnatales : accouchement, asphyxie et maladies
  • Antécédents familiaux : THADA et autres troubles comportementaux connexes, stress
  • Antécédents médicaux : méningite ou autres maladies, blessures, hospitalisations, psychose soupçonnée
  • Progression scolaire et comportement à l'école (entretien avec le professeur)
  • Quels sont les troubles comportementaux de l'enfant et de quelle façon les parents réagissent-ils face à ceux-ci?Note de bas de page 2
  • Les symptômes apparaissent généralement avant que l'enfant fréquente l'école.
  • Symptômes propres au THADA -- reportez-vous à la section « Critères diagnostiques »

Observations

  • Examen général complet : poids, taille, périmètre crânien, anomalies congénitales, dysmorphies évoquant des pathologies génétiques et l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation foetale
  • Examen des oreilles et de l'audition
  • Examen des yeux et de la vue
  • Observation de l'affect de l'enfant, de son discours et de son comportement, y compris son interaction avec ses parents et ses aptitudes au jeu (par exemple, le dessin ou l'intérêt pour les jouets)
  • « Signes neurologiques légers » souvent présents (par exemple, hyperréflectivité, manque de coordination et d'équilibre, etc.)
  • Évaluation pédagogique effectuée à l'école

Diagnostic différentiel

  • Troubles du comportement avec passage à l'acte
  • Réaction à un milieu très stressant
  • Surdité
  • Trouble envahissant du développement (par exemple, troubles du spectre autistique)
  • Schizophrénie, trouble de l'humeur et trouble anxieux

Critères diagnostiques

Les critères les plus couramment retenus pour diagnostiquer un THADA sont définis, avec permission par l'American Psychiatric Association, comme suit :

DSM-IV : Critères diagnostiques du Trouble : Déficit de l'attention/hyperactivité (THADA)Note de bas de page 1, Note de bas de page 4

  1. Présence soit de (1), soit de (2)
    1. (six des symptômes suivants d'inattention (ou plus) ont persisté pendant au moins 6 mois, à un degré qui est inadapté et ne correspond pas au niveau de développement normal :

      Inattention

      1. souvent, ne parvient pas à prêter attention aux détails, ou fait des fautes d'étourderie dans les devoirs scolaires, le travail ou d'autres activités
      2. a souvent du mal soutenir son attention au travail ou dans les jeux
      3. semble souvent ne pas écouter quand on lui parle personnellement
      4. souvent, ne se conforme pas aux consignes et ne parvient pas à mener à terme ses devoirs scolaires, ses tâches domestiques ou ses obligations professionnelles (cela n'est pas dû à un comportement d'opposition, ni à une incapacité à comprendre les consignes)
      5. a souvent du mal à organiser ses travaux ou ses activités
      6. souvent, évite, a en aversion, ou fait à contrecoeur les tâches qui nécessitent un effort mental soutenu (comme le travail scolaire ou les devoirs à la maison)
      7. perd souvent les objets nécessaires à son travail ou à ses activités (p. ex., jouets, cahiers de devoirs, crayons, livres ou outils)
      8. souvent, se laisse facilement distraire par des stimulus externes
      9. a des oublis fréquents dans la vie quotidienne
    2. six des symptômes suivants d'hyperactivité-impulsivité (ou plus) ont persisté pendant au moins 6 mois, à un degré qui est inadapté et ne correspond pas au niveau de développement de l'enfant :

      Hyperactivité

      1. remue souvent les mains ou les pieds, ou se tortille sur son siège
      2. se lève souvent en classe ou dans d'autres situations où il est supposé rester assis
      3. souvent, court ou grimpe partout, dans des situations où cela est inapproprié (chez les adolescents ou les adultes, ce symptôme peut se limiter à un sentiment subjectif d'impatience motrice)
      4. a souvent du mal à se tenir tranquille dans les jeux ou les activités de loisirs
      5. est souvent « sur la brèche » ou agit souvent comme s'il était « monté sur ressorts »
      6. parle souvent trop

      Impulsivité

      1. laisse souvent échapper la réponse à une question qui n'est pas encore entièrement posée
      2. a souvent du mal à attendre son tour
      3. interrompt souvent les autres ou impose sa présence (p. ex., fait irruption dans les conversations ou dans les jeux)
  2. Certains des symptômes d'hyperactivité-impulsivité ou d'inattention ayant provoqué une gêne fonctionnelle étaient présents avant l'âge de 7 ansNote de bas de page 5.
  3. Présence d'un certain degré de gêne fonctionnelle liée aux symptômes dans deux, ou plus de deux, types d'environnement différents (p. ex., à l'école - ou au travail - et à la maison).
  4. On doit mettre clairement en évidence une altération cliniquement significative du fonctionnement social, scolaire ou professionnel.
  5. Les symptômes ne surviennent pas exclusivement au cours d'un Trouble envahissant du développement, d'une Schizophrénie ou d'un autre Trouble psychotique, et ils ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble mental (p. ex., Trouble thymique, Trouble anxieux, Trouble dissociatif ou Trouble de la personnalité).

Reproduit avec la permission de: The Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Text Revision, Fourth Edition (copyright 2000). American Psychiatric Association.

Traitement

Objectifs
  • Améliorer le rendement scolaire
  • Accroître la durée de l'attention
  • Maîtriser l'hyperactivité (comportement)
  • Augmenter l'estime de soi

La prise en charge du THADA requiert notamment la participation d'une équipe multidisciplinaire formée principalement de spécialistes de l'éducation. On peut avoir recours à bon nombre de méthodes précises pour surmonter les faiblesses de l'enfant et exploiter ses forces.

Le rôle du personnel infirmier consiste à veiller sur les intérêts de l'enfant et, parfois, à administrer un médicament. L'école, les parents ou la personne qui s'occupe de l'enfant devraient être attentifs aux effets souhaités et aux effets indésirables des médicaments (p. ex. retard de croissance ou tics).

Traitement adjuvant

Éducation du client

  • Expliquez la nature, le déroulement et les modalités de traitement du trouble.
  • Soulignez l'importance d'assurer un suivi régulier.
  • Donnez aux parents ou à la personne qui s'occupe de l'enfant des conseils sur les médicaments : utilisation appropriée, posologie et effets secondaires.
  • Insistez sur les forces de l'enfant et de la familleNote de bas de page 3.

Stratégies de comportementNote de bas de page 3

Expliquez aux parents ou à la personne qui s'occupe de l'enfant en quoi consistent les stratégies de comportement :

  • Diminuer les stimuli environnementaux.
  • Souligner les atouts de l'enfant pour accroître sa propre estime.
  • Donner des consignes précises et simples, une étape à la fois.
  • Regarder l'enfant dans les yeux.
  • Utiliser la méthode dite de « temps d'arrêt » comme tactique disciplinaire.
  • Récompenser les comportements désirables, notamment, par des compliments, des étreintes ou des étoiles collées sur un tableau.

Veillez à ce que l'enfant sache ce que sont les comportements mesurables qui sont acceptables et inacceptables. Vous pouvez établir une entente avec lui dans laquelle sont indiquées les récompenses et les conséquences.

Interventions non pharmacologiques
  • Appuyez la famille.
  • Faites valoir les intérêts de l'enfant auprès de l'école et de la collectivité.
Interventions pharmacologiques

Médicament de choix :

méthylphénidate (par exemple, Ritalin), dose de départ : 2,5-5 mg par dose, le matin et le midi; on peut augmenter la dose de 0,1 mg/kg ou de 5-10 mg par jour toutes les semaines. Dose habituelle : 0,15-1 mg/kg par jour ou de 10-60 mg par jour, administré en 1 à 3 doses fractionnées, selon la réaction et la formulation utiliséeNote de bas de page 6 ,Note de bas de page 7

Ce médicament n'est pas recommandé chez les enfants de moins de 6 ans.

Ritalin peut améliorer la capacité de concentration et, à plus fortes doses, réduire l'hyperactivité. Comme son utilisation est liée à des effets indésirables dont les conséquences peuvent être graves, il ne devrait être prescrit que par un médecin ayant au préalable procédé à une évaluation complète de l'enfant.

Surveillance et suivi
  • Deux ou trois fois par année, rencontrez l'enfant et ses parents, ou la personne qui s'en occupe, afin d'évaluer les progrès réalisés et d'apporter votre soutien. Rencontrez-les plus souvent lorsque l'enfant commence son traitement pharmacologique. Effectuez un suivi quatre fois par année lorsque la posologie optimale est déterminée.
  • Surveillez la prise des médicaments, la posologie et les effets secondaires.
  • Chez les enfants prenant du méthylphénidate, assurez un suivi des symptômes, du poids, de la taille, de la tension artérielle et de la réaction au médicamentNote de bas de page 8.
  • Une fois l'an, communiquez avec la personne-ressource de l'école (obtenez auparavant le consentement des parents).
Orientation vers d'autres ressources médicales
  • Adressez l'enfant à un médecin afin qu'une évaluation médicale plus approfondie soit effectuée le plus tôt possible si un THADA est soupçonné et, plus particulièrement, si aucun traitement non pharmacologique ni adjuvant n'est efficace.
  • Une évaluation préliminaire faite par un pédiatre spécialisé dans les troubles du développement peut être recommandée.

Ensemble des troubles causés par l'alcoolisation foetale

Il s'agit d'un ensemble de séquelles chez les enfants ayant été intoxiqués par l'alcool in utero. Parmi les séquelles, on compte le syndrome d'alcoolisation foetale, le syndrome d'alcoolisation foetale partiel, des malformations congénitales liées à l'alcool et le trouble neurologique du développement lié à l'alcool. Ces enfants risquent d'être atteints d'un trouble neurologique du développement (par exemple, trouble moteur et trouble de la parole), de même que des troubles psychologiques et comportementauxNote de bas de page 9. Les enfants d'âge scolaire qui n'auraient pas été identifiés préalablement peuvent démontrer des difficultés d'apprentissage et/ou des troubles du comportement. Les déficiences associées à ces troubles sont variées, et ce, même parmi les cas diagnostiqués d'ETCAF. Bien que ces troubles soient invalidants, il est possible de les prévenir.

Causes

L'alcool est un agent tératogène physique et comportemental connu qui, par son action sur la croissance et la formation normale de l'organisme et du cerveau du foetus, peut provoquer des anomalies congénitales.

Aucune information ne permet d'établir avec certitude la quantité d'alcool pouvant être consommée sans risque au cours de la grossesse.

L'âge avancé de la mère, une parité élevée et le fait d'être un Autochtone d'Amérique du Nord, associés à des facteurs génétiques maternels, semblent augmenter le risque d'une atteinte de TCAF chez les enfants. On a également observé un effet qui pourrait être encore plus néfaste sur le foetus après une consommation excessive d'alcool ponctuelle pendant la grossesse, par rapport à la même quantité d'alcool consommée tout au long de la grossesse. Les enfants nés de mères ayant consommé en moyenne un ou deux verres par jour et, à l'occasion, cinq verres ou plus lors d'un même événement pendant la grossesse risquent davantage de présenter des troubles d'apprentissage et d'autres troubles comportementaux et cognitifs. Une consommation d'alcool modérée au début de la grossesse ne semble pas avoir de répercussion directe sur le QI de l'enfant plus tardNote de bas de page 10. Toutefois, la Société des obstétriciens et gynécologues du CanadaNote de bas de page 14 recommande l'abstinence avant et pendant la grossesse. Elle souligne la pénurie de faits probants permettant d'établir un seuil de consommation sécuritaire pour le fœtus, et ce même si de faibles niveaux d'alcool étaient consommés pendant la grossesseNote de bas de page 14.

Facteurs de risque ,

Les femmes qui ont un risque élevé d'avoir un enfant atteint d'un TCAF sont celles qui consomment de l'alcool et qui présentent les caractéristiques suivantes :

  • Statut socio-économique inférieur
  • Accès restreint aux soins prénatals et postnatals
  • Faible niveau de scolarité
  • Tabagisme
  • Consommation de drogues illicites
  • Malnutrition
  • Âge maternel : très jeune ou avancé
  • Âge plus avancé de la mère
  • Milieu de développement défavorable (par exemple, stress, abus ou négligence)
  • Partenaire consommant de l'alcool et/ou des drogues pendant la grossesse
  • Femme célibataire ou non mariée

Selon des recherches récentes, les femmes qui ont reçu une formation de niveau collégial ou qui sont encore aux études, les célibataires, les fumeuses et les femmes appartenant à un ménage dont le revenu annuel est supérieur à 50 000 $ seraient également à risque de donner naissance à des enfants atteints du syndrome d'alcoolisation foetale (SAF).

Critères diagnostiques

Les anomalies découlant d'une exposition prénatale à l'alcool se caractérisent par un ensemble de troubles. Bon nombre de termes ont été et sont encore utilisés pour décrire la gravité de ces anomalies liées à l'alcool. Les critères diagnostiques ci-dessous tirés des Lignes directrices canadiennes ne s'appliquent que si d'autres diagnostics ont été exclus.

Syndrome d'alcoolisation foetale (SAF)
  1. Signes d'une inhibition de la croissance prénatale ou postnatale dans au moins un des cas suivants :
    • Poids ou taille à la naissance inférieur ou égal au dixième percentile pour l'âge gestationnel
    • Poids ou taille inférieur ou égal au dixième percentile pour l'âge
    • Rapport poids-taille disproportionnellement faible (= dixième percentile)
  2. Présence simultanée à tout âge des trois anomalies faciales ci-dessous :
    • Fente palpébrale courte (deux écarts types ou plus sous la moyenne)
    • Sillon sous-nasal lisse ou aplati (score de 4 ou 5 d'après le Guide d'évaluation de la lèvre et du sillon naso-labial)
    • Lèvre supérieure mince (score de 4 ou 5 d'après le Guide d'évaluation de la lèvre et du sillon naso-labial)
  3. Signes d'une atteinte dans au moins trois des domaines du système nerveux central ci-dessous :
    • Signes neurologiques légers et importants; crâne plus petit à la naissance; structure du cerveau; cognition; communication; rendement scolaire; mémoire; fonction exécutive et raisonnement abstrait; trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité; comportement adaptatif, aptitudes sociales et communication sociale
  4. Exposition prénatale à l'alcool confirmée ou non confirmée
Syndrome d'alcoolisation foetale partiel
  1. Présence simultanée à tout âge d'au moins deux des anomalies faciales ci-dessous :
    • Fente palpébrale courte (deux écarts types ou plus sous la moyenne)
    • Sillon sous-nasal lisse ou aplati (score de 4 ou 5 d'après le Guide d'évaluation de la lèvre et du sillon naso-labial)
    • Lèvre supérieure mince (score de 4 ou 5 d'après le Guide d'évaluation de la lèvre et du sillon naso-labial)
  2. Signes d'une atteinte dans au moins trois des domaines du système nerveux central ci-dessous :
    • Signes neurologiques légers et importants; crâne plus petit à la naissance; structure du cerveau; cognition; communication; rendement scolaire; mémoire; fonction exécutive et raisonnement abstrait; trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité; comportement adaptatif, aptitudes sociales et communication sociale
  3. Exposition prénatale à l'alcool confirmée
Trouble neurologique du développement lié à l'alcool (TNDLA)
  1. Signes d'une atteinte dans au moins trois des domaines du système nerveux central ci-dessous :
    • Signes neurologiques légers et importants; crâne plus petit à la naissance; structure du cerveau; cognition; communication; rendement scolaire; mémoire; fonction exécutive et raisonnement abstrait; trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité; comportement adaptatif, aptitudes sociales et communication sociale
  2. Exposition prénatale à l'alcool confirmée
Malformations congénitales liées à l'alcool

Cardiaques

  • Communication interauriculaire
  • Communication interventriculaire
  • Transposition des gros vaisseaux
  • Tétralogie de Fallot

Squelettiques

  • Hypoplasie des ongles
  • Brièveté du cinquième doigt
  • Synostose radio-cubitale
  • Contractures en flexion
  • Camptodactylie
  • Clinodactylie
  • Thorax en entonnoir et en carène
  • Syndrome de Klippel-Feil
  • Hémivertèbre
  • Scoliose

Rénales

  • Aplasie, dysplasie ou hypoplasie rénale
  • Reins en fer à cheval
  • Uretères doubles
  • Hydronéphrose

Oculaires

  • Strabisme
  • Anomalies vasculaires rétiniennes
  • Troubles de la réfraction oculaire causés par un globe trop court

Auditifs

  • Surdité de transmission
  • Surdité de perception

Traitement

Consultation

Consultez un médecin sans tarder si un enfant semble avoir été exposé aux effets de l'alcool in utero. Un diagnostic précoce est important et des interventions précoces sont importants.

Orientation vers d'autres ressources médicales

La participation d'une équipe multidisciplinaire coordonnée est essentielle pour qu'un enfant atteint de TCAF ait toutes les chances de bénéficier d'une bonne qualité de vie. L'équipe incluse, tout au moins, la participation de l'infirmière, du professeur, des parents, d'un psychologue et d'un médecin. Les parents devraient être aiguillés pour de l'aide concernant la gestion des comportements liés aux TCAF.

On dispose toutefois de peu de temps, soit jusqu'à l'âge de 10-12 ans, pour offrir cette chance aux enfants exposés aux effets de l'alcool in utero. Pendant cette période, les voies neuronales définitives se développent, et il est donc plus facile de favoriser le développement d'autres voies neuronales qui viendront pallier les lésions neurologiques subies avant la naissance. Même si un diagnostic final n'a pas été confirmé, si un diagnostic de TCAF est soupconné, l'enfant devrait être orienté vers des ressources lui permettant un traitement.

Prévention

Comme les femmes enceintes sont généralement réceptives à l'idée de limiter leur consommation d'alcool pendant leur grossesse, cette période offre une excellente occasion pour le professionnel de la santé de promouvoir des changements de comportement.

Selon la Société canadienne de pédiatrieNote de bas de page 13 , les efforts de prévention devraient être concentrés sur les femmes, avant et pendant la période de la procréation, de même que sur les personnes qui ont de l'influence sur elles, entre autres, leur partenaire, leur famille et les membres de la collectivité. Tous les efforts doivent tenir compte de la famille et de la réalité culturelle. Autrement dit, ils doivent viser aussi bien la femme enceinte que son partenaire et son milieu familial dans le contexte de la collectivité à laquelle ils appartiennent. De plus, ils doivent reposer sur une démarche intégrée, c'est-à-dire mobiliser tous les services appropriés répondant aux besoins souvent complexes de ces femmes sur les plans social, économique et affectif.

Selon la Société canadienne de pédiatrie et la Société des obstétriciens et gynécologues du CanadaNote de bas de page 14, les efforts de prévention devraient être concentrés sur les femmes, avant et pendant la période de la procréation, de même que sur les personnes qui ont de l'influence sur elles, entre autres, leur partenaire, leur famille et les membres de la collectivité. Tous les efforts doivent tenir compte de la famille et de la réalité culturelle. Autrement dit, ils doivent viser aussi bien la femme qui en âge de concevoir, la femme enceinte que son partenaire et son milieu familial dans le contexte de la collectivité à laquelle ils appartiennent. De plus, ils doivent reposer sur une démarche intégrée, c'est-à-dire mobiliser tous les services appropriés répondant aux besoins souvent complexes de ces femmes sur les plans social, économique et affectif.

La Société canadienne de pédiatrieNote de bas de page 13 est également d'avis que les professionnels de la santé qui travaillent auprès des membres et des responsables des collectivités doivent transmettre aux femmes et à leur partenaire un message uniforme, à savoir qu'il est plus prudent de s'abstenir de boire pendant la grossesse.

Prévention primaire

Participez à l'éducation des adolescentes, des femmes, de leur partenaire et de la collectivité en général sur le SAF et les effets nocifs de l'alcool sur le foetus. La prévention primaire cherche à modifier les attitudes envers la consommation d'alcool, en particulier chez les jeunes.

La prévention primaire vise à :

  • Repérer de manière précoce les femmes qui boivent de l'alcool pendant leur grossesse.
  • Donner des conseils judicieux qui permettront de réduire ou d'éliminer la consommation d'alcool avant la conception et pendant la grossesse.
  • Repérer tous les nouveau-nés atteints de troubles liés à l'alcool afin d'intervenir précocement.

Posez à toutes les clientes en âge de procréer quelques questions fondamentales au sujet de leur consommation d'alcool, même si elles ne sont pas enceintes14 :

  • Buvez-vous de l'alcool?
  • L'alcool a-t-il déjà été une source de problèmes pour vous ou votre famille?
  • Utilisez-vous régulièrement des médicaments ou d'autres substances (p. ex. drogues illicites, médicaments prescrits ou en vente libre)?

Discutez des méthodes contraceptives avec les femmes et leur partenaire, puis facilitez-en l'accès.

Sensibilisez les femmes aux ressources communautaires de lutte contre l'abus d'alcool et encouragez-les à y recourir. Renseignez-vous sur la documentation existante concernant les risques associés à la consommation d'alcool pendant la grossesse, consultez-la et offrez-la aux personnes qui viennent vous consulter.

Prévention secondaire

D'après la Société canadienne de pédiatrieNote de bas de page 13 et la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada,Note de bas de page 14 les professionnels de la santé ont un rôle essentiel à jouer en repérant les femmes dont la consommation d'alcool présente un risque pour le foetus et pour elles-mêmes. Il faudrait appliquer des méthodes de dépistage pour déterminer quelles sont les femmes qui risquent le plus de consommer de grandes quantités d'alcool avant et durant la grossesse. De même, les professionnels de la santé doivent informer les femmes à risque, intervenir de façon positive et les orienter vers les services appropriés.

Pour repérer les femmes qui consomment de l'alcool pendant la grossesse, interrogez-les sur leurs habitudes de consommation (reportez-vous à la section « Prévention primaire »). Si la cliente répond par l'affirmative à n'importe laquelle de ces questions, posez-lui d'autres questions pour évaluer son niveau de risque.

  • En temps normal, combien de jours par semaine buvez-vous en moyenne?
  • Ces jours-là, combien de verres buvez-vous habituellement?

Faites suivre ces questions d'un test de dépistage normalisé, tel que le questionnaire T-ACE :

  • T pour Tolerance (tolérance) : Combien de verres devez-vous boire avant de vous sentir euphorique? (Plus de deux verres, score = 2; deux verres ou moins, score = 0)
  • A pour Annoyance (agacement) : Cela vous agace-t-il lorsque les gens vous critiquent parce que vous buvez? (score = 1 si la réponse est Oui)
  • C pour Cut down (diminution) : Avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre consommation d'alcool? (score = 1 si la réponse est Oui)
  • E pour Eye-opener (petit verre du matin) : Avez-vous déjà bu en vous levant le matin pour tenter de retrouver un certain équilibre, par exemple, pour vous débarrasser d'une gueule de bois ou pour vous calmer ? (score = 1 si la réponse est Oui)

Tout score ≥ 2 indique un risque élevé

Pour les femmes dont les résultats indiquent un risque élevé de donner naissance à un enfant atteint du SAF, suivez les étapes ci-dessous :

  • Demandez à ces femmes enceintes pourquoi elles boivent.
  • Informez-les des effets de l'alcool sur le foetus et sur leur propre santé.
  • Expliquez-leur les bienfaits d'arrêter de boire ou de réduire leur consommation d'alcool, peu importe à quelle étape de leur grossesse elles en sont.
  • Donnez-leur des documents d'information pour faciliter les changements de comportement.
  • Assurez un suivi étroit, aidez-les et encouragez-les.

La Société canadienne de pédiatrieNote de bas de page 13 recommande aux professionnels de la santé d'informer les femmes ayant consommé à l'occasion de faibles quantités d'alcool pendant leur grossesse que le risque pour le foetus, dans la plupart des cas, est sans doute très faible. Ils devraient informer les femmes que ce risque dépend de la quantité d'alcool consommée, de la morphologie et de la santé nutritionnelle de la future mère et d'autres facteurs liés à son mode de vie. Il leur incombe également d'informer les femmes déjà exposées au risque que le fait de cesser de boire, à n'importe quel moment de la grossesse, sera bénéfique autant pour le foetus que pour elles-mêmes.

Prévention tertiaire

  • Les stratégies de prévention tertiaire devraient comprendre un diagnostic précoce de TCAF et la création de programmes conçus spécialement pour les enfants atteints de TCAF et leurs parents ou les personnes qui s'en occupent pour éviter les problèmes secondaires, comme l'échec scolaire, la perte de l'estime de soi, la frustration ou agir de manière impulsive.
  • L'orientation des femmes présentant un risque élevé vers des ressources de traitement de l'alcoolisme.
  • L'identification et le traitement des femmes et de leur partenaire ayant déjà un enfant victime de TCAF et qui prévoient avoir d'autres enfants.

Troubles d'apprentissage

Difficultés qu'éprouvent certains enfants à acquérir des compétences analogues à celles de leurs pairs dans les domaines du langage et de l'écriture ou de l'arithmétique.

Ces enfants présentent habituellement des troubles d'apprentissage dans un domaine précis, tandis que toutes les autres facettes de leur développement sont normales.

Causes

En général, on croit que des facteurs biologiques sont à l'origine de difficultés d'apprentissage particulières, même si l'on ignore la nature de ces facteurs et leurs mécanismes exacts.

Des troubles mentaux importants, un dysfonctionnement familial provoquant un stress intrafamilial depuis longtemps, la défavorisation sociale, ou encore, la surdité ou la perte de la vision peuvent également se traduire par des difficultés d'apprentissage et doivent donc être différenciés de certaines déficiences.

Symptomatologie

  • Prise de médicaments : décongestionnants, anticonvulsivants
  • Comportement actuel et passé et rendement scolaire (recherchez des constantes précises et des signes d'hyperactivité; ceux-ci sont souvent associés à un trouble d'apprentissage)
  • Exposition à des produits toxiques pendant la grossesse (par exemple, alcool)
  • Antécédents périnatals (l'asphyxie périnatale ou des lésions intra-utérines peuvent être en cause dans certains cas) et prématurité
  • Antécédents familiaux (souvent, plusieurs membres d'une même famille ont ces troubles)
  • Premières années de vie : reconnaissance de facteurs de risque tels qu'un retard dans l'acquisition du langage
  • Facteurs sociaux, environnementaux et familiaux ayant pu aggraver le problème (par exemple, l'alimentation ou la victimisation; un enfant constamment ridiculisé risquant d'avoir une piètre estime de lui-même)
  • Antécédents de méningite, de traumatisme crânien et/ou d'otites à répétition
  • Signes d'une diminution de l'audition ou de la vue

Observations

La plupart des aspects de l'examen requis pour déceler des difficultés d'apprentissage particulières sont pris en charge par un psychologue et des spécialistes de l'éducation.

Procédez à un examen physique de façon à exclure les affections suivantes :

  • Troubles auditifs et visuels
  • Problèmes médicaux
  • Ensemble des troubles causés par l'alcoolisation foetale
  • Maltraitance
  • Anémie ferriprive
  • Anomalies neurologiques

Diagnostic différentiel

  • Piètre rendement scolaire (fréquent)
  • Manque de motivation (climat familial perturbé)
  • Retard global du développement (déficience intellectuelle)
  • Problème d'apprentissage général
  • Dépression
  • Troubles sensoriels (p. ex. perte auditive consécutive à une otite moyenne)
  • Infirmité motrice cérébrale (paralysie cérébrale)
  • Troubles du spectre autistique (retard généralisé du développement)

Traitement

Interventions non pharmacologiques
  • Défendez les intérêts de l'enfant auprès de l'établissement scolaire.
  • Amenez l'enfant à avoir confiance en lui.
  • Aidez l'enfant, ses parents ou la personne qui s'en occupe en proposant des stratégies de comportement et en dispensant des conseils de nature psychologique et pédagogique.
Surveillance et suivi
  • Deux ou trois fois par année, rencontrez l'enfant et ses parents, ou la personne qui s'en occupe, afin d'évaluer les progrès réalisés et d'apporter votre soutien.
  • Une fois l'an, communiquez avec la personne-ressource de l'école (obtenez auparavant le consentement des parents).
Orientation vers d'autres ressources médicales
  • La prise en charge des problèmes d'apprentissage se fait habituellement par le biais du système scolaire.
  • Adressez l'enfant à un médecin afin qu'une évaluation médicale plus approfondie soit effectuée le plus tôt possible (rendez-vous non urgent).
  • Une évaluation préliminaire faite par un pédiatre spécialisé dans les troubles du développement peut être recommandée.

Sources

Livres et monographies

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Alberta Medical Association (AMA). Guideline for prevention of fetal alcohol syndrome (FAS). Edmonton, AB: AMA; 1999 .

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