Soins des enfants et des adolescents - Chapitre 8 - Ophtalmologie

Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI), Guide de pédiatrie clinique du personnel infirmier en soins primaires

Le contenu de ce chapitre a été mis à jour en novembre 2010.

Sur cette page :

De plus amples renseignements sur l'anamnèse et l'examen physique relatifs à l'oeil chez le grand enfant et l'adolescent sont présentés au chapitre « Ophtalmologie » du Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires.

Évaluation des yeux

Anamnèse et revue des systèmes

Évaluation générale

Chaque symptôme doit être noté et examiné en fonction des caractéristiques suivantes :

  • Apparition (graduelle ou soudaine)
  • Chronologie
  • État actuel (amélioration ou aggravation)
  • Localisation
  • Irradiation
  • Qualité
  • Évolution dans le temps (fréquence et durée)
  • Gravité
  • Facteurs déclenchants et aggravants
  • Facteurs de soulagement
  • Symptômes associés
  • Répercussions sur les activités quotidiennes
  • Diagnostic antérieur d'épisodes similaires
  • Traitements antérieurs
  • Efficacité des traitements antérieurs

Symptômes dominants

  • Changements de la vue (récents)
  • Vision brouillée
  • Douleur
  • Irritation
  • Sensation de corps étranger
  • Photophobie
  • Diplopie
  • Larmoiement
  • Démangeaison
  • Écoulement
  • Correction de la vue (lunettes, lentilles cornéennes)

Autres symptômes

  • Otalgie
  • Écoulement nasal
  • Mal de gorge
  • Toux
  • Nausées ou vomissements
  • Éruption cutanée
  • Fièvre
  • Douleur ou inflammation des articulations (en association ou non)
  • Toux associée (par exemple, coqueluche)

Antécédents médicaux (yeux)

  • Maladies ou traumatismes oculaires (signes de mauvais traitements ou de violence, antécédents de blessure au cou ou au visage)
  • Chirurgie oculaire
  • Port de verres correcteurs ou de lentilles cornéennes
  • Infection concomitante des voies respiratoires supérieures (IVRS)
  • Déficit immunitaire d'origine pathologique ou médicamenteuse
  • Exposition environnementale à des irritants oculaires
  • Maladie inflammatoire systémique (par exemple, polyarthrite juvénile, syndrome de Reiter)
  • Diabète sucré de type 1
  • Cataractes
  • Troubles de la coagulation
  • Allergies (en particulier saisonnières)
  • Médication actuelle pouvant entraîner des symptômes oculaires (par exemple, l'isotrétinoïne, les contraceptifs oraux et les antidépresseurs tricycliques peuvent causer une sécheresse oculaire)

Antécédents personnels et sociaux (yeux)

  • Inquiétudes exprimées par le parent, la personne qui s'occupe de l'enfant ou le professeur au sujet de la vue de l'enfant (par exemple, enfant présentant un strabisme ou des maux de tête dus à la lecture)
  • Port de lunettes de protection lors de la pratique de sports et d'autres activités
  • Hygiène du milieu de vie (logement)
  • Exposition à des micro-organismes transmissibles à l'école ou à la garderie (par exemple, conjonctivite)

Examen physique

Examinez l'orbite, les paupières, l'appareil lacrymal, la conjonctive, la sclère, la cornée, l'iris, la pupille, le cristallin et le fond de l'oeil.

Portez une attention particulière aux points suivants :

  • Acuité visuelle
  • OEdème
  • Écoulement ou croûtes
  • Coloration anormale (érythème, ecchymose ou hémorragie)
  • Position et alignement des yeux par rapport aux oreilles
  • Test des reflets cornéens, test de l'écran (par exemple, dépistage du strabisme)
  • Réactivité de la pupille et accommodation à la lumière
  • Mouvements extra-oculaires
  • Champ visuel (examen par confrontation)
  • Transparence, érosion ou lacération de la cornée
  • Opacité du cristallin (cataractes)
  • Reflet rétinien
  • Hémorragie ou exsudat de la rétine
  • Papille optique et système vasculaire rétinien

Palpez l'orbite, les sourcils, l'appareil lacrymal et les ganglions lymphatiques pré-auriculaires afin de détecter la présence d'une sensibilité au toucher, d'un oedème ou de masses. Évitez de palper le globe oculaire si vous soupçonnez une rupture du globe ou si le client a récemment subi une chirurgie oculaire.

Évaluez l'intégrité de la cornée à l'aide d'un colorant à la fluorescéine. Les cellules cornéennes endommagées ou détruites se coloreront en vert, et elles seront mises en évidence sous le faisceau lumineux bleu cobalt, ce qui en facilitera la visualisation. Remarque : Demandez au patient de retirer ses lentilles cornéennes avant d'appliquer le colorant. Recherchez la présence de corps étrangers dans la paupière inférieure et la sclère.

En présence de symptômes évoquant une atteinte systémique (comme une infection virale), examinez également les oreilles, le nez et la gorge, ainsi que les ganglions de la tête et du cou.

Lorsque les symptômes oculaires sont observés en association avec des symptômes évoquant une infection transmissible sexuellement, réalisez un examen abdominal de même qu'un examen génito-urinaire et rectal.

L'examen de l'appareil locomoteur et des membres doit être réalisé en présence de symptômes articulaires concomitants.

Procédez systématiquement au dépistage des anomalies de la vision en employant les techniques d'examen appropriées au groupe d'âge, qui sont décrites ci-dessous. En présence d'une anomalie, quelle qu'elle soit, il faudra consulter un médecin.

De la naissance à 3 moisNote de bas de page 4 

  • Un examen complet de la peau et des structures externes de l'oeil ainsi que de la conjonctive, de la cornée, de l'iris et des pupilles fait partie intégrante de l'examen physique de tous les nouveau-nés, nourrissons et enfants.
  • Examinez le reflet rétinien pour déceler toute opacité du cristallin (cataractes) ou signe de lésion du fond de l'oeil (rétinoblastome). Évaluez la symétrie du reflet et recherchez toute opacité ou irrégularité de sa coloration rouge.
  • Un échec de visualisation de la rétine ou la présence d'anomalies du reflet rétinien exigent l'orientation immédiate du patient vers un ophtalmologiste.
  • Effectuez le test des reflets cornéens afin d'évaluer l'alignement oculaire (mauvais alignement = strabisme); la présence d'une anomalie commande l'orientation du patient vers un ophtalmologiste (voir la section « Tests de dépistage du strabisme »).

De 6 à 12 mois

  • Procédez aux mêmes examens que pour l'enfant de moins de 3 mois.
  • Réalisez le test de l'écran afin d'évaluer l'alignement oculaire. En présence de résultats anormaux (voir la section « Tests de dépistage du strabisme »), l'orientation du patient vers un ophtalmologiste s'impose.
  • Évaluez la capacité de fixation et de poursuite d'un point.

De 3 à 5 ans

  • Procédez aux mêmes examens que pour l'enfant de 6 à 12 mois.
  • Évaluez l'acuité visuelle (voir la section « Tests d'acuité visuelle »).

De 6 à 18 ans

  • Procédez aux mêmes examens que pour l'enfant de 6 à 12 mois.
  • Évaluez l'acuité visuelle tous les 2 ans chez les patients de 10 ans et moins et tous les 3 ans chez les patients de 11 à 18 ans (voir la section « Tests d'acuité visuelle »).

Autres techniques de dépistage

De la naissance à 4 mois (vision de près)

Observez l'enfant et assurez-vous qu'il :

  • regarde le visage (le vôtre ou celui de sa mère) situé dans son champ visuel
  • suit une source lumineuse ou un objet situé sur la ligne médiane
  • suit une source lumineuse ou un objet situé au-delà de la ligne médiane
  • suit une source lumineuse ou un objet sur un angle de 180°
  • saisit un hochet ou un objet intéressant lorsqu'on le lui offre
  • tente d'atteindre un objet situé dans son champ visuel

Problèmes oculaires courants

Blépharite

Inflammation du bord libre de la paupière

Types

  • Antérieure : touche la peau, les follicules ciliaires ou les glandes lacrymales accessoires des paupières, individuellement ou en association
  • Postérieure : inflammation ou infection intéressant les glandes de Meibomius

Causes

Blépharite antérieure
  • Séborrhée ou infection bactérienne (à Staphylococcus aureus)
  • Rosacée, syndrome de l'oeil sec, phtiriase ciliaire
Blépharite postérieure
  • Accumulation de kératine obstruant les glandes

Symptomatologie

  • Sensation de brûlure, démangeaison ou irritation des bords libres palpébraux
  • Atteinte souvent chronique avec exacerbations fréquentes
  • Habituellement bilatérale
  • Antécédents de séborrhée (du cuir chevelu, des sourcils ou des oreilles)
  • Perte des cils

Observations

  • Bords libres érythémateux et squameux
  • Formation possible de croûtes à la base des cils
  • Déviation possible des cils vers l'intérieur
  • Acuité visuelle normale
  • Pupilles égales et rondes, réactives à la lumière, accommodation normale
  • Présence possible d'une rougeur conjonctivale
Blépharite bactérienne
  • Croûtes sèches
  • Bords libres érythémateux
  • Ulcération possible
  • Parfois, chute des cils
Blépharite séborrhéique
  • Croûtes graisseuses
  • Bords libres légèrement érythémateux
  • Absence d'ulcération
Blépharite mixte
  • Croûtes sèches et graisseuses
  • Bords libres érythémateux
  • Ulcération possible

Diagnostic différentiel

  • Blépharite allergique
  • Syndrome de l'oeil sec (kérato-conjonctivite sèche)
  • Orgelet
  • Chalazion
  • Conjonctivite
  • Cancer de la peau (unilatéral) (par exemple, adénocarcinome sébacé)

Complications

  • L'infection bactérienne secondaire est fréquente dans la blépharite séborrhéique.
  • Récurrence; chronicité possible
  • Orgelet
  • Chalazion

Tests diagnostiques

  • Prélèvement d'exsudat pour culture et antibiogramme (seulement en cas d'absence de réponse au traitement empirique)

Traitement

Objectifs
  • Maintenir les bords libres palpébraux propres et sans accumulation de squames
  • Prévenir l'infection
Consultation

Consultez un médecin en cas d'inflammation ou d'infection importante (c'est-à-dire ne touchant pas seulement les bords libres) (par exemple, cellulite orbitaire).

Poursuivre le traitement pendant plusieurs semaines, jusqu'à disparition complète de la blépharite, afin de réduire l'incidence des récidives.

Interventions non pharmacologiques

Hygiène des paupières :

Deux fois par jour, appliquer des compresses chaudes pendant 5 minutes afin de ramollir les squames et croûtes. Il peut s'avérer bénéfique de masser les bords des paupières (réaliser de petits mouvements circulaires en commençant par le coin interne, près du nez, pour se diriger vers l'oreille) afin d'améliorer la sécrétion et de détacher les squames et croûtes. Puis, à l'aide d'une compresse de gaze pliée, frotter doucement le bord de la paupière et la base des cils avec une solution d'eau et de shampoing pour bébé (3 gouttes de shampoing pour 90 ml [3 oz] d'eau). Rincer à l'eau et débarrasser la paupière des débris à l'aide d'un coton-tige sec. Le patient devra éviter de se frotter les paupières et de les exposer au vent, à la fumée, aux cosmétiques ou à d'autres irritants. Aussi, il devra s'abstenir de porter ses lentilles cornéennes pendant la durée du traitementNote de bas de page 5 .

En cas de phtiriase ciliaire, utiliser des pinces à sourcils afin de déloger avec précaution les lentes ou les poux des cils, puis appliquer de la gelée de pétrole. Répéter de 2 à 4 fois par jour pendant 10 joursNote de bas de page 6 .

Éducation du client

  • Expliquez au client l'utilisation appropriée des médicaments (dose, fréquence, application).
  • Expliquez au client les méthodes appropriées d'hygiène des paupières
  • Conseillez au client d'éviter de se frotter les paupières ou de les irriter.
  • Conseillez au client d'éviter l'emploi de cosmétiques et l'exposition au vent, à la fumée et aux autres irritants.
  • En cas de blépharite chronique, recommandez au client d'appliquer chaque jour les mesures d'hygiène des paupièresNote de bas de page 5 .
Interventions pharmacologiques

Application d'un onguent ophtalmique antibiotique sur le bord libre palpébral et dans le sac conjonctival inférieur :

Veillez à reconnaître et à traiter les séborrhées sous-jacentes (cuir chevelu, sourcils ou autres surfaces cutanées).

Surveillance et suivi

Prévoyez un suivi après 10 à 14 jours.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Il n'est habituellement pas nécessaire d'orienter le patient vers d'autres ressources, sauf en cas d'absence de réponse au traitement ou de progression de l'infection (par exemple, cellulite orbitaire).

Chalazion

Pour obtenir de l'information détaillée au sujet du tableau clinique et de la prise en charge du chalazion , consultez le chapitre « Ophtalmologie » du Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires s'appliquant aux adultes. La prise en charge du chalazion est la même chez l'enfant et chez l'adulte

Conjonctivite

Inflammation de la conjonctive. Il s'agit d'une des principales causes de rougeur oculaire chez l'enfant.

Des renseignements détaillés sur le tableau clinique de la conjonctivite sont présentés à la section « Conjonctivite » du chapitre « Ophtalmologie » du Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires s'appliquant aux adultes.

Causes

La conjonctivite virale ou bactérienne est fréquente chez l'enfant.

La conjonctivite allergique est pour sa part plus fréquemment observée chez l'adolescent (voir la section « Conjonctivite » du Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires s'appliquant aux adultes).

Conjonctivite bactérienne
  • Chlamydia
  • Haemophilus influenzae (non typable)
  • Neisseria gonorroeae
  • Staphyloccus aureus
  • Streptococcus pneumoniae
  • Chez l'adolescent, il faut envisager une infection à gonocoque ou à Chlamydia si l'anamnèse étaye le diagnostic et si l'adolescent est sexuellement actif.
Conjonctivite virale
  • Adénovirus
  • Entérovirus
  • Virus d'Epstein-Barr et virus du zona (moins fréquent)
  • Virus de la rougeole et de la rubéole

Symptomatologie

  • Rougeur et démangeaison de l'oeil
  • Écoulement ou sécrétions; paupières collées au réveil
  • Sensation de sable dans les yeux
  • Affection souvent précédée d'une IVRS d'origine virale
  • Présence possible de signes révélant une infection bactérienne secondaire, comme une otite moyenne
  • Effectuez un examen général si l'enfant semble souffrir d'une affection systémique (par exemple, en présence de fièvre).

L'enfant atteint d'une conjonctivite virale ou bactérienne bénigne ne présente habituellement pas de symptômes systémiques notables.

Observations

  • Évaluez la symétrie des yeux.
  • Consignez soigneusement tout signe de traumatisme externe.
  • Évaluez l'acuité visuelle et la réactivité des pupilles (essentiel pour mesurer l'amélioration ou la détérioration de l'état); les deux examens doivent être normaux.
  • Examinez le segment antérieur du globe avec une lampe-stylo et, si l'anamnèse ou les observations évoquent une érosion ou une ulcération de la cornée, réalisez l'examen à la fluorescéine pour confirmer.
  • Évaluez la mobilité oculaire en notant l'amplitude du mouvement.
  • Recherchez une rougeur de la conjonctive (unilatérale ou bilatérale).
  • Vérifiez s'il y a écoulement (purulent, aqueux, laiteux), ce qui est habituellement le cas.
  • Vérifiez la présence de granules blancs (phlycténules) entourés d'érythème sur les bords de la cornée.
  • Adénopathie pré-auriculaire possible dans les conjonctivites virale et gonococciqueNote de bas de page 9 

Diagnostic différentiel

  • Conjonctivite infectieuse
  • Lésion traumatique
  • Corps étranger
  • Érosion de la cornée
  • Blépharite
  • Conjonctivite allergique
  • Kératite
  • Glaucome
  • Uvéite (iritis)
  • Cellulite orbitaire ou préseptale
  • Conjonctivite associée à la rougeole

Complications

  • Propagation de l'infection aux autres structures de l'oeil
  • Contagion

Tests diagnostiques

  • Mesure de l'acuité visuelle chez l'enfant de > 3 ans
  • Prélèvement de l'écoulement pour culture et antibiogramme seulement si les symptômes sont réfractaires au traitement empirique

Traitement

Objectifs
  • Soulager les symptômes
  • Éliminer la possibilité d'une infection plus grave (par exemple, uvéite)
  • Prévenir les complications
  • Éviter la contagion
Consultation

La consultation immédiate d'un médecin est nécessaire dans les cas suivants :

  • Douleur oculaire importante
  • Présence d'un déficit de l'acuité visuelle ou de la perception des couleurs
  • Signes évocateurs d'une cause plus grave de rougeur oculaire
  • Signes de cellulite préseptale ou orbitaire
  • Absence d'amélioration après 48-72 heures malgré le traitement empirique
  • Lésions de varicelle sur le visage
  • Signes évocateurs d'une conjonctivite à gonocoque ou à Chlamydia, qui commandent un traitement antibiotique systémique; à ce sujet, consultez aussi les plus récentes Lignes directrices canadiennes sur les infections transmises sexuellementNote de bas de page 10 
Interventions non pharmacologiques

Éducation du clientNote de bas de page 11 

  • Soins de soutien et bonnes mesures d'hygiène pour les deux types de conjonctivite infectieuse
  • Nettoyage des paupières jusqu'à 4 fois par jour à l'aide de compresses fraîches propres et de solution saline ou d'eau
  • Enseignez au client à nettoyer l'oeil touché du coin interne au coin externe en utilisant un mouchoir en papier ou un tampon d'ouate propre. L'emploi d'une solution d'eau et de shampoing « sans larmes » pour bébé (3 gouttes de shampoing pour 90 ml [3 oz] d'eau) est possible afin de nettoyer les cils.
  • Conseillez au client d'éviter de partager ses effets personnels, d'utiliser une débarbouillette et une serviette réservées à son propre usage et de se laver fréquemment les mains.
  • Recommandez au client de considérer sa conjonctivite comme hautement contagieuse pendant les 48-72 premières heures, peu importe qu'elle soit bactérienne ou virale.
  • Conjonctivite bactérienne : limiter les contacts à l'école ou à la garderie pendant les 24-48 premières heures du traitement.
  • Conjonctivite virale : la conjonctivite peut durer 2 semaines.
  • Conjonctivite allergique : l'enfant doit éviter d'aller dehors lorsque le taux de pollen est élevé; recommandez-lui de porter des verres protecteurs lorsqu'il doit sortir.
  • Interdisez le port d'un cache-oeil.
Interventions pharmacologiques

Il ne faut jamais utiliser de gouttes ophtalmiques contenant des corticostéroïdes ou une association corticostéroïdes-antibiotiques, car l'infection pourrait s'aggraver; de plus, un ulcère cornéen pourrait apparaître rapidement et entraîner une perforation.

Conjonctivite bactérienneNote de bas de page 12  :

Application d'un traitement antibiotique topique dans les deux yeux :

  • polymyxine B-gramicidine (Polysporin), gouttes ophtalmiques, 1 goutte qid pendant 5-7 joursNote de bas de page 13 

    ou

  • érythromycine, onguent ophtalmique 0,5 %, 1,25 cm qid pendant 5-7 joursNote de bas de page 13 

Un onguent ophtalmique peut être utilisé lorsque l'instillation des gouttes est difficile; l'onguent peut également être appliqué au coucher, en tant que traitement complémentaire aux gouttes administrées pendant la journée.

Ces traitements ne doivent pas être administrés au patient atteint d'une infection oculaire gonococcique ou herpétique; ce type d'infection commande la consultation urgente d'un médecin.

Conjonctivite virale :

Les antibiotiques ne sont pas efficaces ni indiqués. Les compresses fraîches de solution saline ou les larmes artificielles, employées 4-8 fois par jour, au besoinNote de bas de page 14 , soulagent habituellement les symptômes de manière efficace.

Conjonctivite allergique :

Les compresses fraîches soulagent habituellement les symptômes de manière efficace (les antibiotiques ne sont pas efficaces ni indiqués). L'emploi de larmes artificielles pendant la journée peut contribuer à l'élimination et à la dilution des allergènes.

L'administration d'antihistaminiques topiques est indiquée lorsque les compresses fraîches ne suffisent pas à soulager les symptômes. Les antihistaminiques topiques agissent plus rapidement que les stabilisateurs de mastocytes, dont l'effet thérapeutique peut se manifester après 5-14 jours seulement.

En présence de symptômes graves, il est nécessaire de consulter un médecin avant d'administrer des antihistaminiques oraux. La posologie doit être établie en fonction de l'âge du patient :

  • Enfant de 6 à 12 mois : cétirizine (Reactine), 2,5 mg une fois par jour

  • Enfant de 12 à 23 mois : traitement initial : cétirizine, 2,5 mg une fois par jour; la dose peut être augmentée à 2,5 mg deux fois par jour

  • Enfant de 2 à 5 ans : cétirizine, 2,5 mg/jour; la dose peut être augmentée à 5 mg/jour maximum

  • Enfant de 6 ans et plus : cétirizine, 5-10 mg une fois par jour

  • D'autres antihistaminiques de deuxième génération peuvent aussi constituer un choix approprié (par exemple, loratadine [Claritin]).

Surveillance et suivi

Effectuez un suivi après 2 ou 3 jours, ou plus tôt si les symptômes s'aggravent.

Orientation vers d'autres ressources médicales

L'enfant doit être orienté vers d'autres ressources médicales dans les cas suivants :

  • Diagnostic incertain et possibilité qu'il s'agisse d'une infection oculaire grave (par exemple, uvéite)
  • Lésion traumatique associée
  • Acuité visuelle réduite
  • Douleur oculaire importante
  • Aggravation de l'état du patient ou persistance des symptômes malgré le traitement
  • Récurrence fréquente de l'infection
  • Lésions de varicelle sur le visage

Orgelet

L'orgelet externe résulte d'une infection aiguë d'un follicule ciliaire ou d'une glande de Zeis (sébacée) ou de Moll (sudoripare apocrine) de la paupière. L'orgelet interne est quant à lui attribuable à l'inflammation d'une glande de Meibomius, généralement de la paupière supérieure. On appelle chalazion un orgelet qui ne se résorbe pas et évolue vers un granulome inflammatoire.

Types

Orgelet interne :

  • Apparaît sur la face conjonctivale (interne) de la paupière
  • Habituellement de taille supérieure à l'orgelet externe

Orgelet externe :

  • Forme la plus couramment observée
  • Apparaît sur la surface externe de la paupière, au bord libre

Causes

  • Infection bactérienne (Staphylococcus aureus)

Anamnèse

  • Douleur
  • OEdème de la paupière
  • Rougeur de la paupière
  • Absence de troubles de la vue
  • Antécédents d'infections palpébrales du même type

Observations

  • Rougeur et oedème localisés de la paupière
  • Injection conjonctivale bénigne
  • Présence possible d'un écoulement purulent le long du bord palpébral
  • Grande sensibilité au toucher
  • Présence possible d'une adénopathie pré-auriculaire

Diagnostic différentiel

  • Chalazion
  • Blépharite
  • Dacryocystite
  • Cellulite orbitaire

Complications

  • Conjonctivite
  • Cellulite orbitaire

Tests diagnostiques

  • Prélèvement de l'écoulement pour culture et antibiogramme, si recommandé par un médecin ou une infirmière praticienne

Traitement

Objectifs
  • Soulager les symptômes
  • Prévenir la propagation de l'infection aux autres structures de l'oeil
Consultation

Habituellement non nécessaire pour un simple orgelet. Un chalazion qui ne s'est pas résorbé après 6 semaines peut nécessiter la consultation d'un ophtalmologiste en vue d'une excision et d'un drainage chirurgicaux.

Interventions non pharmacologiques

Appliquer une compresse humide chaude pendant 15 minutes qid.

Éducation du client

  • Insistez sur l'importance de ne pas presser l'orgelet.
  • Enseignez au client les techniques appropriées d'hygiène des paupières  : lavage de la paupière à l'eau et au savon doux, utilisation d'un mouchoir en papier ou d'un tampon d'ouate propre ou d'une nouvelle surface de débarbouillette pour chaque oeil.
  • Soulignez au client l'importance de se laver les mains pour éviter de propager l'infection.
  • Conseillez au client d'éviter l'emploi de cosmétiques pendant la phase aiguë (les cosmétiques pour les yeux utilisés juste avant l'infection doivent être jetés, car ils peuvent contenir des bactéries et provoquer de nouvelles infections).
  • Conseillez au client de ne pas porter ses lentilles cornéennes jusqu'à la résolution de l'infection.
  • Expliquez au client l'utilisation appropriée des médicaments (dose, fréquence, application).
  • Soulignez l'importance de revenir à la clinique si les symptômes ne s'atténuent pas avec le traitement ou si l'inflammation s'étend aux tissus périorbitaires.
  • Enseignez au client comment éviter de contaminer ses médicaments et insistez sur l'importance d'employer ces techniques.
Interventions pharmacologiques

Orgelet externe :

Même si les antibiotiques topiques sont fréquemment utilisés dans le traitement des orgelets, il n'existe que peu de preuves établissant qu'ils contribuent à accélérer la guérisonNote de bas de page 15 .

Si l'inflammation ne se résorbe pas à la suite du traitement conservateur aux compresses chaudes, envisagez les possibilités suivantes :

  • érythromycine, onguent ophtalmique 0,5 %, 1,25 cm qid pendant 5 à 7 jours

    ou

  • polymyxine B-gramicidine (Polysporin), gouttes ophtalmiques, 1 goutte qid pendant 5 à 7 jours

Un onguent associant antibiotiques topiques et corticostéroïdes peut s'avérer bénéfique chez le patient atteint d'orgelets fréquents secondaires à une blépharite associée à une rosacéeNote de bas de page 7 . Discutez de cette option avec un médecin.

Orgelet interne :

Il peut être nécessaire d'administrer des antibiotiques antistaphylococciques systémiques (par exemple, cloxacilline, amoxicilline-acide clavulanique) au patient atteint d'un orgelet interne, dont le drainage est rarement spontané. Consultez un médecin au sujet de la posologie appropriée.

Surveillance et suivi

Effectuez un suivi après 3-4 jours si les symptômes persistent, ou plus tôt si l'infection se propage.
Les orgelets récurrents peuvent avoir pour cause une anomalie de la réfraction de l'oeil; ils doivent faire l'objet d'un examen optométrique ou ophtalmologique.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Consultez un médecin si la lésion résiste aux interventions non pharmacologiques ou si l'infection semble avoir atteint les tissus mous périorbitaires.

Obstruction du canal lacrymo-nasal (dacryosténose)

Trouble congénital de l'appareil lacrymal caractérisé par une obstruction du canal lacrymo-nasal entraînant un larmoiement marqué et un écoulement muco-purulent de l'oeil touché. La dacryosténose touche environ 2 à 6 % des nouveau-nés; elle apparaît généralement au cours des premières semaines de vie.

Causes

La persistance d'une membrane à l'extrémité inférieure du canal lacrymo-nasal gêne l'écoulement et entraîne l'obstruction.

Symptomatologie et observations

  • Affection généralement unilatérale, mais pouvant être bilatérale
  • Érythème et irritation minimes de la conjonctive
  • Larmoiement de l'oeil touché
  • Accumulation de larmes
  • Épiphora (écoulement important des larmes sur la joue)
  • Accumulation de liquide mucoïde ou muco-purulent dans l'oeil atteint entraînant la formation de croûtes (habituellement évidentes au réveil)
  • Érythème ou macération de la peau sous l'oeil touché
  • Écoulement clair ou muco-purulent observé de manière intermittente ou constante, pendant plusieurs mois, lorsque la région du sac lacrymal est massée
  • Présence possible d'une infection des voies respiratoires supérieures exacerbant l'état du patient

Diagnostic différentiel

  • Dacryocystite
  • Dacryocystocèle
  • Péricystite
  • Mucocèle
  • Cellulite orbitaire ou préseptale

Complications

  • Dacryocystite : inflammation (aiguë ou chronique) du sac lacrymal accompagnée d'oedème, d'érythème et d'une sensibilité de la peau au-dessus du canal touché
  • Péricystite : inflammation des tissus avoisinant le canal touché
  • Mucocèle : masse bleuâtre sous-cutanée située sous le canthus interne
  • Cellulite préseptale ou orbitaire : inflammation périoculaire de l'oeil ipsilatéral (il s'agit d'une urgence oculaire)

Tests diagnostiques

  • Prélèvement pour culture et antibiogramme (s'il y a présence d'un écoulement oculaire purulent) afin d'écarter une infection lacrymale

Traitement

Dans 90 % des cas, ce problème se règle spontanément vers l'âge d'un an sans autre traitement qu'un traitement conservateur.

Objectifs

Surveiller l'état de l'enfant pour prévenir ou détecter toute complication

Consultation

Consultez un médecin dès l'apparition de complications (par exemple, dacryocystite, péricystite ou cellulite orbitaire ou préseptale, qui constituent une urgence oculaire). Lors d'épisodes aigus, consultez un médecin après 72 heures en l'absence de réponse au traitement.

Interventions non pharmacologiques
  • Rassurez les parents ou la personne qui s'occupe de l'enfant.
  • Offrez-leur du soutien et de l'encouragement, car l'affection peut durer de nombreux mois.
  • Recommandez-leur de procéder au massage de la région lacrymo-nasale deux ou trois fois par jour et de nettoyer ensuite la paupière à l'eau tiède. Suggérez un massage doux du sac lacrymal vers le nez pour libérer le canal, et précisez l'importance d'avoir les ongles courts et de se laver les mains avant de procéder.
  • Compresses chaudes
  • Décrivez les signes et symptômes des complications aux parents ou à la personne qui s'occupe de l'enfant et demandez-leur de les signaler dès leur apparition.
Interventions pharmacologiques

Antibiotiques topiques (en présence d'un écoulement muco-purulent) :

  • érythromycine, onguent ophtalmique 0,5 %, 1,25 cm hs pendant 5 à 7 jours

    ou

  • polymyxine B-gramicidine (Polysporin), gouttes ophtalmiques, 1 goutte qid pendant 5-7 jours
Orientation vers d'autres ressources médicales

Adressez le patient à un médecin si l'obstruction persiste malgré le traitement conservateur après l'âge de 6 mois ou dès que des complications surviennent (par exemple, dacryocystite, péricystite ou cellulite préseptale ou orbitaire, qui constituent une urgence oculaire).

Il pourrait être nécessaire d'obtenir une consultation en chirurgie en vue d'une ponction lacrymale, qui pourrait être répétée une ou deux fois. L'intervention chirurgicale définitive s'impose si le problème n'est toujours pas résolu après 3 ponctions lacrymales.

Ophtalmie du nouveau-né

Conjonctivite grave chez le nouveau-né (< 28 jours).

Il faut distinguer la conjonctivite néonatale de la conjonctivite bénigne courante; voir à ce sujet la section « Conjonctivite ».

Causes

  • Généralement acquise lors du passage dans la filière génitale
  • Bactéries le plus souvent en cause : Chlamydia et Neisseria gonorroeae
  • L'infection à Chlamydia étant une infection transmissible sexuellement (ITS) très fréquente en Amérique du Nord; elle est la principale cause d'ophtalmie du nouveau-né.
  • L'ophtalmie peut aussi être attribuable à certaines souches d'Haemophilus, à Staphylococcus aureus, à Streptococcus pneumoniae et à d'autres micro-organismes Gram négatif.

Symptomatologie

Selon le micro-organisme en cause

Ophtalmie gonococcique
  • Se manifeste habituellement dans les premiers jours (3-5 jours après la naissance)
  • Doit être envisagée chez tout nouveau-né de moins de 2 semaines présentant une conjonctivite
  • Écoulement purulent et oedème importants

Ophtalmie à Chlamydia

  • Rougeur et écoulement oculaire apparaissent après une période d'incubation de 1-2 semaines
  • Écoulement et oedème moins importants que dans l'ophtalmie gonococcique
  • Doit être envisagée chez tout nourrisson de moins de 3 mois présentant une conjonctivite réfractaire aux antibiotiques topiques normalement prescrits dans les cas de conjonctivite bénigne

Observations

L'enfant peut sembler gravement malade, mais les signes physiques se limitent habituellement aux yeux :

  • OEdème ou rougeur de la conjonctive
  • Écoulement purulent
  • Les paupières peuvent être collées par des sécrétions purulentes qui ont séché.

Diagnostic différentiel (h4)

  • Conjonctivite infectieuse
  • Lésion traumatique
  • Obstruction du canal lacrymo-nasal (dacryosténose)

Complications

  • La conjonctivite gonococcique peut être fulminante et entraîner rapidement une infection orbitaire importante pouvant causer la cécité.
  • L'infection par Neisseria gonorroeae peut évoluer vers une infection systémique intéressant par exemple le sang, les articulations ou le système nerveux central (SNC).

Tests diagnostiques

Prélèvement de l'écoulement pour culture et antibiogramme (N. gonorrhoeae et Chlamydia)

Il est important d'écarter l'infection à Chlamydia en effectuant un écouvillonnage en vue de la recherche des antigènes de Chlamydia.

Traitement

Objectifs
  • Traiter l'infection
  • Prévenir les complications
Consultation

Consultez immédiatement un médecin, avant même d'entreprendre le traitement, surtout si vous soupçonnez une ophtalmie gonococcique ou une ophtalmie à Chlamydia.

Voir aussi la section « Conjonctivite ».

Interventions non pharmacologiques
  • Prévention des infections périnatales par des consultations et un dépistage prénatals, et par l'emploi de mesures de lutte contre les ITS
  • Suivi approprié de la mère infectée et de son partenaire sexuel
Interventions pharmacologiques
  • Prévention
  • Application systématique d'un onguent d'érythromycine à la naissance en guise de traitement prophylactique

Ophtalmie à Chlamydia trachomatisNote de bas de page 16  :

  • érythromycine, 20-40 mg/kg/jour, doses fractionnées PO pendant au moins 14 jours (maximum 2 g/jour)

    et

  • érythromycine, onguent ophtalmique 0,5 %, 1,25 cm bid ou tid x 3 semainesNote de bas de page 11 

Chez tous les enfants impubères, un test de contrôle devraient être effectué 3-4 semaines après la fin du traitementNote de bas de page 16 .

Lorsqu'il est employé seul, l'onguent topique ne suffit pas à enrayer la colonisation du rhinopharynx.

De plus amples renseignements sur le traitement des infections à Chlamydia chez les enfants sont présentés dans les plus récentes  Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement.

Ophtalmie à Neisseria gonorroeae :

L'ophtalmie gonococcique constitue une urgence médicale. Consultez un médecin au sujet du traitement à amorcer.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Adressez immédiatement le patient à un médecin si vous soupçonnez une ophtalmie gonococcique. Le traitement exige généralement une antibiothérapie intraveineuse (IV) ou intramusculaire (IM) (par exemple, céphalosporine).

Adressez tous les cas d'infection à Chlamydia à un médecin s'il n'y a aucune amélioration après 2 ou 3 jours de traitement oral.

Rougeur de l'oeil

Inflammation de l'oeil et des structures périphériques. La rougeur de l'oeil est couramment observée dans de nombreuses affections oculaires, dont certaines présentent un risque important d'atteinte de la vision et commandent l'orientation immédiate du patient vers un ophtalmologiste.

Causes

De nombreuses causes peuvent expliquer la rougeur de l'oeil chez l'enfant; à ce sujet, consultez le tableau 1, « Caractéristiques des différentes causes de rougeur oculaire chez l'enfant »).

  • Infection : conjonctivite, kératite (bactérienne, virale [herpétique ou autre] ou d'origine autre)
  • Inflammation oculaire : uvéite, iritis, épisclérite, sclérite
  • Blépharite associée à une conjonctivite et/ou une kératite secondaires
  • Allergie (par exemple, conjonctivite allergique)
  • Glaucome (par exemple, glaucome aigu à angle fermé)
  • Substances toxiques ou chimiques ou autres irritants : médicaments oculaires topiques, solution pour lentilles cornéennes, solutions acides ou basiques, fumée, vent, rayons ultraviolets, etc.
  • Lésion traumatique (par exemple, érosion de la cornée, irritation par un corps étranger, hyphéma, hémorragie sous-conjonctivale)
  • Ptérygion ou pinguécula inflammée
  • Infection de l'appareil lacrymal (par exemple, dacryocystite)
Tableau 1 : Caractéristiques des différentes causes de rougeur oculaire chez l'enfant Footnote17
  ConjonctiviteTableau 1 note de bas de page Lésion ou infection cornéenne Uvéite (iritis) Glaucome à angle fermé
Bactérienne Virale Allergique

Notes de bas de page du Tableau 1

Tableau 1 note de bas de page 1

+, présence (à divers degrés); - absence; +/- présence possible

Retour à la référence de la note de bas de page du tableau 1

Tableau 1 note de bas de page 2

L'hyperthyroïdie peut provoquer une injection conjonctivale.

Retour à la référence de la note de bas de page du tableau 1

Anamnèse Apparition soudaine, exposition à un agent infectieux     Lésion traumatique, douleur Apparition relativement soudaine, récurrence possible Apparition rapide, diagnostique antérieur possible
Atteinte bilatérale Fréquente Fréquente Oui Habituellement absente Occasionnelle Rare
Vision Normale Normale Normale Réduite en cas de lésion centrale Réduite Très réduite
Douleur - - Démangeaison, sensation de brûlure et larmoiement - Démangeaison et sensation de brûlure + + +++
Photophobie +/- - - + ++ +/-
Sensation de corps étranger +/- Sensation de rugosité +/- - + - -
Démangeaison +/- +/- ++ - - -
Larmoiement + ++ + ++ + -
Écoulement Muco-purulent, croûtes au réveil Mucoïde à aqueux Aqueux ou mucoïde filamenteux Aqueux ou muco-purulent Aqueux Aqueux
Adénopathie pré-auriculaire - + - - - -
Pupilles Normales, réactives Normales, réactives Normales, réactives Normales ou rétrécies, réactives Habituellement rétrécies, réflexe lent, déformation possible Modérément dilatées et fixes, ovales
Hyperémie de la conjonctive Diffuse Diffuse Diffuse Diffuse avec injection ciliaire Injection ciliaire Diffuse avec injection ciliaire
Cornée Claire Parfois faibles taches ponctuées ou infiltrats Claire Selon l'atteinte; test des reflets cornéens anormal en cas d'érosion Claire ou légèrement trouble Trouble
Pression intraoculaire Normale Normale Normale Normale Réduite, normale ou accrue Accrue

Certaines pathologies associées à la rougeur oculaire font l'objet d'autres sections du présent chapitre. La table des matières présente la liste des pathologies abordées.

Anamnèse

  • Une anamnèse exacte est essentielle.
  • L'anamnèse peut mettre en évidence une affection systémique telle que la polyarthrite juvénile ou évoquer des lésions traumatiques.
  • Renseignez-vous au sujet de toute infection des voies respiratoires supérieures (IVRS) d'origine virale récente (qui indiquerait une conjonctivite infectieuse).
  • Demandez à l'enfant (s'il est en âge de répondre) s'il voit bien, s'il ressent de la douleur lorsqu'il bouge les yeux et s'il a été en contact avec des produits chimiques ou du maquillage (dans ce cas, il peut s'agir d'une conjonctivite allergique).
  • Dans le cas des nouveau-nés, demandez à l'accompagnateur si l'enfant a été exposé à du nitrate d'argent ou si la mère aurait pu lui transmettre une infection telle que la gonorrhée.

Observations

  • Évaluez la symétrie des yeux.
  • Notez soigneusement tout signe de traumatisme externe.
  • Évaluez l'acuité visuelle et la réactivité des pupilles (essentiel pour mesurer l'amélioration ou la détérioration de l'état de l'enfant).
  • Examinez le segment antérieur du globe avec une lampe-stylo et réalisez l'examen à la fluorescéine afin de détecter toute érosion ou ulcération de la cornée.
  • Évaluez la mobilité oculaire en notant l'amplitude du mouvement.
Rougeur compromettant la vue

En présence d'une rougeur de l'oeil, il faut d'abord distinguer les causes graves des causes bénignes. Les facteurs suivants commandent la consultation d'un médecin ou l'orientation de l'enfant vers un ophtalmologiste, et ce, en urgence.

  • Douleur oculaire intense, surtout si elle est unilatérale
  • Photophobie
  • Vision brouillée persistante
  • Exophtalmie (proptose)
  • Mouvements oculaires réduits
  • Injection ciliaire
  • Test des reflets cornéens anormal
  • Anomalie ou opacité de l'épithélium cornéen
  • Non-réactivité de la pupille à la lumière directe
  • Aggravation des signes après 3 jours de traitement pharmacologique de la conjonctivite
  • Système immunitaire affaibli (par exemple, nouveau-né, patient immunodéprimé)
  • Douleur oculaire associée à une céphalée ou des vomissements
  • Déformation de la pupille
  • Traumatisme oculaire récent

Diagnostic différentiel

  • Ophtalmie du nouveau-né
  • Conjonctivite (bactérienne, virale ou allergique)
  • Lésion traumatique (par exemple, érosion de la cornée)
  • Corps étranger
  • Glaucome
  • Uvéite (iritis)
  • Cellulite orbitaire ou préseptale

Algorithme pour le diagnostic différentiel de la rougeur oculaire

Diagnostic différentiel de la rougeur oculaire :

En présence de symptômes oculaires, il faut se demander s'il y a diminution de l'acuité visuelle ou présence d'une douleur importante. Si la réponse est

non, il s'agit d'une conjonctivite (allergique, infectieuse ou chimique).

Oui : Y a-t-il des antécédents de traumatisme? Non : La coloration à la fluorescéine est-elle positive? Oui : Il s'agit d'un ulcère ou d'une érosion de la cornée spontanée ou attribuable à un corps étranger ou au port de lentilles cornéennes. Non : Mesurer la pression intraoculaire et envisager le glaucome ou l'iritis.

Antécédents de traumatisme : La coloration à la fluorescéine est-elle positive? Non : Évaluez les annexes oculaires. Oui : Il s'agit d'une érosion de la cornée spontanée ou traumatique ou attribuable à un corps étranger ou au port de lentilles cornéennes.

Remarque : Dans l'iritis, la pression intraoculaire peut être normale ou légèrement diminuée en phase aiguë, en raison d'une diminution de la production de l'humeur aqueuse; cependant, la pression peut s'élever si l'inflammation persiste.Note de bas de page 18 

L'augmentation de la pression intraoculaire n'est pas attribuable au glaucome chez 90 % des patients; cependant, ces patients seront davantage à risque de développer un glaucome dans le futur.

De plus, la pression intraoculaire est normale chez 50 % des patients ayant obtenu un diagnostic de glaucome.Note de bas de page 19 

Le glaucome primaire à angle ouvert entraîne une hausse de la pression intraoculaire; dans les autres formes de glaucome, la pression est habituellement normale.Note de bas de page 20 

Traitement

Certaines maladies (par exemple, ophtalmie du nouveau-né) associées à la rougeur oculaire sont décrites en détail dans d'autres sections du présent chapitre. La table des matières en présente la liste.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Si le diagnostic vous semble incertain ou si vous constatez des lésions oculaires traumatiques ou une baisse de l'acuité visuelle importantes, la consultation urgente d'un médecin ou l'orientation du patient vers un médecin s'impose.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les causes, l'évaluation et la prise en charge des maladies associées à la rougeur oculaire qui n'ont pas été abordées dans le présent chapitre, veuillez consulter le chapitre « Ophtalmologie » du Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires s'appliquant aux adultes.

Strabisme

Toute anomalie de l'alignement des yeux

La classification du strabisme est complexe. D'un point de vue étiologique, le strabisme peut être qualifié de paralytique ou de non paralytique; il peut aussi être classé comme congénital ou acquis, intermittent ou constant et convergent ou divergent.

PathogenèseNote de bas de page 21 

Lorsque la position des deux yeux est telle que l'image se forme sur la fovéa (région où l'acuité visuelle est la meilleure) d'un seul oeil, l'autre oeil dévie pour diriger l'image sur sa fovéa. Cette déviation peut s'effectuer vers le haut, le bas, l'extérieur ou l'intérieur : il s'agit du strabisme.

  • Ésotropie : convergence d'un seul oeil ou des deux yeux (déviation vers l'intérieur)
  • Exotropie : déviation d'un oeil vers l'extérieur
  • Hypertropie : déviation d'un oeil vers le haut
  • Hypotropie : déviation d'un oeil vers le bas

Il est important de détecter et de traiter le strabisme le plus tôt possible, d'une part pour assurer le meilleur développement possible de la vision binoculaire et, d'autre part, pour des raisons esthétiques. Un strabisme non traité peut entraîner une baisse de l'acuité visuelle de l'oeil qui dévie. Idéalement, le strabisme doit être traité avant l'âge de 5 ans.

Principaux types de strabisme

Hétérophorie (strabisme latent) :

Tendance intermittente au désalignement.

  • Se manifeste seulement dans certaines conditions (par exemple, stress, fatigue, maladie)
  • Fréquemment observée
  • Peut être associée à une vision double (diplopie) temporaire, à des maux de tête et à une fatigue oculaire

Hétérotropie :

Désalignement constant des yeux.

  • Les mouvements de fusion normaux ne réussissent pas à corriger la déviation de l'oeil.
  • L'enfant est incapable d'utiliser ses deux yeux pour fixer un objet, et son cerveau apprend à éliminer l'image lui parvenant de l'oeil qui dévie.
  • Alternante : l'enfant utilise l'un ou l'autre de ses yeux pour fixer, tandis que l'autre dévie; la vision se développe normalement dans les deux yeux, car il n'y a aucune préférence pour la fixation.
  • Constante : l'enfant utilise un seul oeil pour fixer et c'est toujours le même qui dévie; la vision dans l'oeil qui dévie risque de ne pas se développer normalement (en raison de la suppression constante de l'image).

Causes

Strabisme paralytique
  • Faiblesse ou paralysie d'un ou de plusieurs muscles oculaires
  • La déviation est asymétrique.
  • Congénital : consécutif à un défaut de développement des muscles ou des nerfs ou à une infection congénitale
  • Acquis : paralysie des nerfs innervant les muscles extra-oculaires; révèle un problème sous-jacent grave (par exemple, fracture d'un os de la face, tumeur ou infection du SNC, atteinte neurodégénérative, myasthénie grave)
Strabisme non paralytique
  • Forme de strabisme la plus couramment observée
  • Les muscles extra-oculaires et les nerfs en assurant l'innervation sont normaux.
  • Parfois, ce type de strabisme est consécutif à un trouble visuel ou oculaire sous-jacent, comme une cataracte ou une anomalie de la réfraction.
  • Observé chez 3 % des enfants
Pseudostrabisme

Chez le nouveau-né, comme la voûte du nez est large, on voit moins la portion interne de l'oeil, si bien qu'on peut avoir l'impression qu'il dévie.

La convergence intermittente des yeux chez les nourrissons de 3 à 4 mois est habituellement normale, mais, si elle persiste, il faut faire examiner l'enfant par un médecin.

Anamnèse

  • Antécédents familiaux (environ 50 % des cas sont héréditaires)
  • Déviation constante ou intermittente d'un oeil ou des deux yeux
  • Strabisme accentué par la fatigue ou le stress
  • L'enfant penche la tête ou ferme un oeil (mécanisme de compensation pour l'oeil faible).

Observations

Évaluez d'abord les éléments suivants :

  • Mouvements extra-oculaires (en demandant à l'enfant de suivre un objet des yeux) : recherchez une asymétrie du mouvement
  • Acuité visuelle (tableau de Snellen ou tableau similaire)

Évaluez ensuite l'alignement à l'aide des deux techniques ci-dessous.

Test des reflets cornéens (test d'Hirschberg)
  1. Assoyez l'enfant de manière à ce que ses yeux soient à la hauteur des vôtres.
  2. Tenez une source lumineuse (lampe-stylo ou ophtalmoscope) à une distance de 13 pouces (32 cm) de l'enfant, devant votre nez. Dirigez la lumière vers les yeux de l'enfant.
  3. Demandez à l'enfant de fixer la lumière (s'il est en âge de comprendre et de suivre vos instructions).
  4. Observez les reflets de la source lumineuse sur la cornée des deux yeux.

Interprétation du test :

  • Alignement normal : les deux yeux sont dans la même position, et le reflet lumineux est placé au même endroit pour chaque oeil, généralement un peu du côté nasal par rapport au centre de la pupille.
  • Alignement anormal : les deux yeux ne sont pas dans la même position et les reflets lumineux sont asymétriques, c'est-à-dire placés à des endroits différents pour chaque oeil, ce qui évoque un strabisme.
Test de l'écran

Ne réalisez ce test que si l'enfant est en mesure de collaborer.

  1. Couvrez un oeil à l'aide d'un objet opaque (vous disposez peut-être d'une luette de plastique en forme de grosse cuillère; sinon, improvisez).
  2. Demandez à l'enfant de fixer une source lumineuse (placée devant lui) avec son oeil découvert ou amenez-le à le faire. Assurez-vous de maintenir l'occlusion de l'autre oeil pendant 2-3 secondes.
  3. Retirez rapidement l'objet et observez la position de l'oeil ainsi découvert de même que tout changement de position de l'autre oeil.
  4. Répétez les étapes 1, 2 et 3 pour l'autre oeil.

Interprétation du test :

  • Alignement normal : les deux yeux sont dans la même position, et celle-ci ne change pas lorsque vous réalisez l'occlusion ou retirez l'objet.

  • Alignement anormal :

    • Phorie : lorsque l'oeil qui dévie est couvert, il a tendance à bouger; par conséquent, lorsqu'on retire l'écran, on le voit reprendre sa position initiale (voir l'illustration « Test de l'écran »).

    • Tropie : lorsque l'oeil qui fixe est couvert, l'oeil qui dévie (découvert) bouge parce qu'on l'oblige ainsi à fixer la cible afin que l'enfant puisse la voir; en d'autres termes, on observe un mouvement de l'oeil qui dévie en couvrant l'oeil qui fixe.

Test de l'écran (ce que voit le praticien qui fait face à l'enfant)

Complications

  • Amblyopie

Tests diagnostiques

Aucun

Traitement

Objectifs
  • Prévenir les complications
Orientation vers d'autres ressources médicales
  • Adressez à un médecin tous les enfants chez qui vous soupçonnez un strabisme.
  • Tous les enfants qui présentent un strabisme fixe (paralytique) doivent être adressés rapidement à un médecin, surtout s'il s'agit d'une paralysie acquise.
  • Strabisme d'apparition récente

La consultation et le traitement précoces améliorent le pronostic relativement à l'acuité visuelle des deux yeux et à leur alignement correct.

Surveillance et suivi

Procédez au suivi recommandé par le médecin.

Urgences oculaires

Pour obtenir de l'information détaillée au sujet du tableau clinique et de la prise en charge des urgences oculaires suivantes, consultez le chapitre « Ophtalmologie » du Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires. Certains traitements peuvent être semblables chez l'enfant et chez l'adulte; cependant, les posologies et certaines interventions peuvent différer. Il est donc important de consulter un médecin avant d'administrer tout traitement pharmacologique à un enfant atteint de l'une des affections suivantes :

Cellulite orbitaireNote de bas de page 22 

Infection bactérienne grave des tissus profonds de l'espace orbitaire postérieur pouvant intéresser les tissus adipeux et musculaires de l'orbite osseuse; la cellulite orbitaire comporte un risque mortel.

La cellulite orbitaire et la cellulite préseptale peuvent coexister. Il est souvent difficile de distinguer ces deux affections.

Causes

En général, l'affection est une complication grave d'une sinusite aiguë, d'une autre infection faciale ou d'un traumatisme facial. La cellulite orbitale est le plus souvent attribuable aux agents causals suivants :

  • Streptococcus pneumoniae
  • Streptocoques du groupe A
  • Haemophilus influenzae (non typable)
  • Staphyloccus aureus
Facteurs prédisposants
  • Sinusite aiguë
  • Chirurgie ophtalmique
  • Traumatisme orbitaire
  • Dacryocystite
  • Infection des dents, de l'oreille moyenne ou de la face

Anamnèse

  • Antécédents récents de sinusite aiguë (plutôt rares chez un enfant de < 6 ans)
  • L'absence d'antécédents évidents est fréquente chez l'enfant.
  • Fièvre
  • OEdème léger ou marqué et douleur associée aux mouvements oculaires
  • Trouble visuel léger ou prononcé

Observations

  • Inflammation et oedème des paupières et des tissus orbitaires voisins
  • Érythème périoculaire
  • Douleur associée au mouvement
  • Présence possible d'une exophtalmie (proptose) dans les cas graves
  • Ophtalmoplégie légère ou modérée (incapacité de bouger l'oeil)
  • Baisse légère ou importante de l'acuité visuelle
  • Présence possible d'une vision double
  • Présence possible d'un déplacement du globe oculaire
  • Fièvre légère ou élevée
  • Selon la gravité de l'infection, l'enfant peut sembler légèrement malade ou moribond

Évaluez la présence de complications neurologiques et l'état de conscience (voir la section « L'échelle de Glasgow chez l'enfant »).

Diagnostic différentiel

  • Cellulite préseptale
  • Lésion traumatique, dont les piqûres d'insectes
  • Réaction allergique
  • Conjonctivite
  • Rhabdomyosarcome
  • Dacryocystite
  • Tumeur
  • Orgelet
  • Lésions herpétiques ou secondaires à la varicelle

Complications

  • Thrombose du sinus caverneux (associée à des signes d'irritation du SNC, à un visage bouffi et à une altération de l'état de conscience)
  • Abcès orbitaire ou sous-périosté
  • Infection des autres structures orbitaires
  • Méningite
  • Abcès intracrânien
  • Cécité
  • Décès

Tests diagnostiques

  • Effectuez un prélèvement de l'exsudat pour culture et antibiogramme avant l'administration d'antibiotiques.

Traitement

Objectifs
  • Traiter l'infection
  • Prévenir les complications
Consultation

Consultez immédiatement un médecin.

Traitement adjuvant
  • Amorcez un traitement IV avec du soluté physiologique pour maintenir un accès veineux.
Interventions non pharmacologiques

Éducation du client

  • Renseignez les parents ou la personne qui s'occupe de l'enfant au sujet de la nature de la maladie, de son évolution, du traitement envisagé et du pronostic.
Interventions pharmacologiques
  • Instaurez une antibiothérapie IV d'urgence avant le transport de l'enfant. Consultez un médecin au sujet du choix de l'antibiotique.
Surveillance et suivi

Il est important d'évaluer attentivement l'état neurologique de l'enfant à plusieurs reprises jusqu'à son arrivée à l'hôpital.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Procédez à l'évacuation médicale.

Cellulite préseptaleNote de bas de page 22 

Infection des tissus mous antérieurs au septum orbitaire (extérieurs à l'orbite osseuse). La cellulite préseptale est beaucoup plus fréquemment observée que la cellulite orbitaire, et elle n'évolue que rarement vers cette dernière pathologie.

La cellulite préseptale et la cellulite orbitaire peuvent coexister (voir la section « Cellulite orbitaire »). Il est souvent difficile de distinguer ces deux affections.

Causes

Envahissement bactérien des tissus périorbitaires ayant souvent pour origine un foyer d'infection situé sur la paupière ou le visage (par exemple, orgelet, lésion traumatique, pustule, morsure d'insecte).

  • Haemophilus influenzae (type B) - souvent observé chez l'enfant; préoccupant chez l'enfant de < 5 ans
  • Streptococcus pneumoniae
  • Staphyloccus aureus
  • Streptococcus pyogenes

Symptomatologie

  • Antécédents d'orgelet, de lésion traumatique ou de piqûre d'insecte dans la région de l'oeil, mais souvent aucun antécédent
  • Les parents ou la personne qui s'occupe de l'enfant peuvent avoir noté que les yeux ont enflé au point de se fermer.
  • L'examen de l'enfant peut être très difficile en raison de l'oedème, de la douleur et de l'anxiété.

Observations

  • Généralement, l'enfant est afébrile et ne semble pas malade.
  • Le mouvement de l'oeil ne cause aucune douleur.
  • Acuité visuelle généralement normale (si elle peut être mesurée)
  • OEdème orbitaire et érythème
  • Écoulement de la paupière et des tissus voisins

À moins d'autres complications, l'enfant ne devrait pas présenter de signes de problèmes neurologiques.

Diagnostic différentiel

  • Cellulite orbitaire

Complications

  • Infection du système nerveux central
  • Méningite

Tests diagnostiques

  • Effectuez un prélèvement de l'exsudat pour culture et antibiogramme avant l'administration d'antibiotiques.

Traitement

Consultation

Consultez un médecin dans tous les cas de cellulite préseptale, surtout si l'enfant présente une infection modérée à grave, s'il est immunodéprimé, s'il a < 3 mois ou s'il semble souffrir d'un malaise systémique (par exemple, fièvre), ou encore si l'état de l'enfant auparavant traité s'aggrave après l'administration d'antibiotiques oraux.

Interventions non pharmacologiques

Éducation du client

  • Renseignez les parents ou la personne qui s'occupe de l'enfant au sujet de la nature de la maladie, de son évolution, du traitement envisagé et du pronostic.
  • Si l'enfant n'est pas hospitalisé, expliquez aux parents ou à la personne qui s'occupe de l'enfant l'utilisation appropriée des médicaments (dose, voie d'administration, effets secondaires).
Interventions pharmacologiques

Consultez d'abord un médecin afin d'évaluer les choix possibles.

Si l'infection est légère ou modérée, le médecin peut décider de ne pas hospitaliser l'enfant et de le traiter au moyen d'antibiotiques oraux (par exemple, amoxicilline-clavulanate [Clavulin]).

Si l'infection est plus étendue, il faut parfois amorcer le traitement antibiotique intraveineux avant le transport à l'hôpital.

Orientation vers d'autres ressources médicales

Procédez à l'évacuation médicale pour hospitaliser l'enfant. Une antibiothérapie IV peut s'imposer dans les cas d'infection grave.

Sources

Les adresses Internet ont été vérifiées en février 2012.

Livres et monographies

Anti-Infective Review panel. Anti-infective guidelines for community-acquired infections. Toronto, ON : MUMS Guideline Clearinghouse; 2010.

Behrman RE, Kliegman R, Jenson HB. Nelson's essentials of pediatrics. 17th ed. Philadelphia, PA: WB Saunders; 2001.

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