Drapeaux et couleurs 

Le drapeau, pièce d'étoffe de couleur, figure parmi les symboles les plus anciens, et attaché au sommet d'un poteau, il domptait le vaincu des temps jadis. Planté dans la poussière lunaire, il a proclamé le courage et la foi des hommes et attesté encore une fois sa maîtrise de l'environnement. Lorsqu'il flotte dans une bonne brise, comme une voile au vent, il devient un objet d'une esthétique beauté. Drapé le long d'un mur, il peut donner espoir et secourir ceux qui souffrent, ou effrayer ceux qui craignent.

Il est difficile de concevoir un monde sans drapeaux, car ils servent les hommes avec tant d'efficacité. Ils symbolisent leurs sentiments, leurs réalisations et leurs aspirations. Ils identifient. Ils communiquent des messages ou, comme le dit si bien le matelot, ils lancent des signaux. Ils sont si pratiques, drapeau rouge pour signaler à l'automobiliste que la route est en voie de réparation, ou pour avertir de s'éloigner parce que des munitions ou du carburant sont en voie de chargement; ou le drapeau jaune de la quarantaine indiquant la présence d'une maladie infectieuse; ou encore le pavillon de partance (Blue Peter) à la pomme du mât de misaine (fore truck) indiquant que le navire est sur le point de lever l'ancre.

Les drapeaux transmettent des idées abstraites et pourtant bien senties, souvent avec une vive émotion, symbolisant parfois une philosophie politique, le chagrin lorsqu'il est en berne, ou encore la joie de voir le drapeau canadien personnel de la Reine flottant au-dessus de Rideau Hall, résidence du Gouverneur général, lorsque sa Majesté y séjourne.

L'usage le plus courant d'un drapeau consiste à attester la nationalité, à identifier un peuple. On dit que le plus vieux drapeau national, dont le modèle n'a jamais changé, est le « Dannebrog », de couleur rouge et orné d'une croix blanche, qui flotte sur le Danemark depuis 1219Footnote 1. En comparaison, le pavillon royal britannique (Royal Union Flag), tel qu'on le connaît aujourd'hui au Canada, et tel qu'approuvé par le Parlement en 1964 « en tant que symbole de l'appartenance du Canada au Commonwealth des Nations et de son allégeance à la Couronne » ne date que de 1606 sous sa forme la plus ancienneFootnote 2. Le drapeau national du Canada, connu sous le nom de « drapeau de la feuille d'érable », a été adopté par le Parlement et proclamé par sa Majesté la reine le 15 février 1965.

Parce que le drapeau national symbolise la souveraineté, la loyauté envers La Couronne, les lois et les institutions de la nation, il exige le respect, et des traditions, comme les cérémonies qui consistent à le hisser le matin et à l'amener au crépuscule.

Dans les bases et établissements des Forces canadiennes, on hisse le drapeau national normalement à 0800 heures. On l'amène au crépuscule. Toutes les personnes des environs doivent lui manifester des marques de respect appropriées. Dans la plupart des cas, c'est un sous-officier, parfois un commissionnaire, qui hisse et amène le drapeau. li est regrettable de constater que le drapeau national du Canada est l'objet d'un cérémonial plus élaboré dans un quartier général comme celui de Colorado Springs que dans les bases opérationnelles canadiennes, parfois dans le premier cas accompagné d'une garde et d'une fanfare. Il y a plusieurs raisons à cela : pénurie de personnel; le fait que la plupart vivent à l'extérieur de la base; et, peut-être, la tendance à notre époque à amoindrir les manifestations de patriotisme.

Dans les établissements d'instruction, c'est tout à fait différent. Ainsi, au Royal Military College, de Kingston, le drapeau national est hissé et amené en une cérémonie impressionnante chaque jour, exécutée par un détachement d'élèves-officiers appelé « piquet de feu ». Le déroulement de la cérémonie est observé de près par un élève-officier de service et l'officier d'état-major de service, celui-ci faisant partie du haut état-major. Lors de la cérémonie du crépuscule, un cornemuseur contribue à la solennité de l'occasionFootnote 3. Une routine quotidienne similaire se déroule au collège militaire royal de Saint-Jean, au Québec, et à Royal Roads, Esquimalt, en Colombie-Britannique.

À la Base des Forces canadiennes de Chilliwack, en Colombie-Britannique, qui est une base d'instruction, les cérémonies du drapeau le matin et au crépuscule s'accompagnent des appels appropriés du clairon et de l'hymne national, le tout étant contrôlé électroniquement depuis la salle de gardeFootnote 4.

À bord des navires de guerre canadiens, le Drapeau national s'appelle « pavillon du navire » (Ship's Ensign). Cela est conforme à la pratique navale suivie à bord des navires de guerre français et américains où le drapeau du pays sert de pavillon naval, tandis qu'à bord des navires Royaume-Uni et de l'Union soviétique, c'est un pavillon naval distinct du drapeau national qui est arboré.

Lorsque des navires de guerres canadiens sont dans des ports canadiens, ils exécutent généralement les mêmes cérémonies du matin et du crépuscule que dans les bases terrestres. Lorsque le maître d'équipage sur le pont supérieur font face à la poupe et saluent. Le pavillon naval à bord des navires de guerre en mer. Le pavillon des Forces canadiennes à bord des navires de guerre canadiens est interdit.

C'est un spectacle impressionnant que de voir de nombreux navires de guerre de la Flotte dans leur port d'attache exécuter les cérémonies du matin et du crépuscule. Tous les navires agissent à l'unisson, dirigé par le drapeau « préparatoire » hissé sur la tour de signalisation à terre ou sur le navire senior en mer. Le signaleur rappelle à l'officier de service : « Cinq minutes avant le crépuscule, monsieur. » Une fois que le drapeau « préparatoire » a été amené rapidement, l'officier de service prononce les paroles traditionnelles : « Make it so! », autrement dit « hissez-le! ». Si le canot du navire se trouve dans les environs, le patron (coxswain) ordonne l'arrêt du moteur, se met au garde-à-vous à l'arrière, fait face à la poupe du navire tout près, et salue.

A cause du genre de vie qui se déroule en mer, les matelots se servent des drapeaux beaucoup plus que les soldats et les aviateurs, et c'est pourquoi le guidon joue un rôle important dans la routine quotidienne d'un navire en mer. Comme le pavillon à la poupe, et le drapeau national britannique au mât de beaupré, le guidon du navire au sommet du mât fait partie des couleurs du navire.

Le guidon du navire, parfois appelé guidon de mise en service ou guidon du mât est la marque d'un navire en service et le symbole de l'autorité qu'a le capitaine de le commander. Ce symbolisme est très ancien. Voici ce qu'écrivait à ce propos Henry Teonge, aumônier dans le Royal Navy, dans son journal, à Malte, le 22 février 1676 :

« Aujourd'hui, nous avons été témoins d'une grande solennité lors du lancement d'un brigantin de vingt-trois rames, construit sur le rivage tout près de l'eau. On y a hissé trois drapeaux ... Puis on est revenu pour hisser un guidon signifiant par là que c'est un navire de guerre ... Footnote 5 ».

Lorsque la frégate America, de 44 canons, fut mise en service à Devonport en 1844 pour surveiller dans le Pacifique de début de l'établissement dans l'île de Vancouver, voici ce qu'écrivit un officier de marine : « Le guidon hissé, le premier lieutenant et maître restèrent pour préparer le navire à prendre la mer ... et, à l'aide d'affiches flamboyantes, pour attirer un équipageFootnote 6

À bord des navires de guerre canadiens, le guidon a six pieds de long et seulement trois pouces de large au guindant, s'amincissant à un point au battant. Bien qu'un nouveau guidon de mât ait été conçu selon trois panneaux verticaux, blanc-rouge-blanc, les navires de guerre canadiens continuent d'arborer l'ancienne flamme blanche portant la croix rouge de saint Georges au guindant. On le brise au mât principal au moment de la mise en service et on l'arbore continuellement pendant la cérémonie de mise en serviceFootnote 7.

Liée étroitement au guidon de mise en service d'un navire est la flamme de fin de service. On l'arbore traditionnellement lorsqu'on quitte une flotte ou une escadre et qu'on entre au port d'attache pour la dernière fois avant le désarmement. Cette flamme et le rituel qui s'y rattache sont chers au cœur du matelot depuis un temps immémorial, car cela voulait dire jadis rentrer chez soi et enfin toucher sa solde.

Alors qu'un destroyer peut aujourd'hui passer toute sa vie, mettons d'une durée de 25 ans, en un seul service, autrefois un navire de guerre était désarmé après environ trois ans, pour être grée de nouveau ou « mis en réserve » dans le chantier naval de son port d'attache. Le Victory, qui rappelle la gloire de Trafalgar, fut lancé en 1765 et est toujours en service à Portsmouth aujourd'hui. Pendant sa vie, il a été mis en service de nombreuses fois.

À une époque plus ancienne également, la presque totalité de la solde des membres d'équipage d'un navire leur était retenue jusqu'à la fin de leur service. De sorte que non seulement le navire était-il désarmé mais les matelots l'étaient littéralement. Le voyage de retour au pays était donc, en général, un événement heureux. L'une des façons dont les matelots célébraient cet événement consistait à hisser la flamme de fin de campagne au sommet du grand mât. La coutume voulait qu'à la fin d'un service normal la longueur du guidon fût de même longueur que le navire. Mais si, comme il arrivait souvent, le service avait été prolongé, la longueur du guidon était allongée proportionnellementFootnote 8. De nombreux navires sont rentrés chez eux avec la flamme de fin de campagne flottant loin en avant de la lisse de couronnement de la poupe, extrémité maintenue à la surface de l'eau par une vessie natatoire!

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L'un des aspects les plus esthétiques du pavoisement qu'on trouve encore aujourd'hui en mer est le guidon religieux. Il se divise en une croix rouge de saint Georges sur fond blanc au guindant, et trois bandes, rouges, blanche et bleue, au battant. Hissé au sommet du grand mât ou à la drisse d'une fusée de vergue, cela veut dire que l'équipage assiste à un service religieux ou est en prière. (Cela était de nature à jeter une certaine confusion chez les terriens de jadis car, selon l'endroit où le guidon religieux était hissé, cela pouvait vouloir dire le rappel de tous les canons ou le commandement : « Je travaille à mes ancres. »)

Une légende intéressante s'attache au guidon religieux. Elle remonte aux guerres anglo-hollandaises du XVIIe siècle, c'est-à-dire les batailles navales qui se déroulaient habituellement dans la mer du Nord et dans la Manche. Avant le début de l'engagement, il était d'usage qu'un service religieux se déroulât dans la Royal Navy et dans la flotte hollandaise. Afin que de telles dévotions ne fussent pas interrompues, à cette époque plus chevaleresque que la nôtre, les navires des deux flottes hissaient le guidon religieux, qui consistait en une combinaison de la croix de saint Georges et du tricolore hollandais. Lorsque le dernier guidon était descendu, tous les équipages reprenaient leurs postes de combatFootnote 9!

Le service religieux en mer illustre comment les coutumes changent. On peut se servir du guidon religieux pour couvrir l'autel ou envelopper un lutrin. Pendant la Seconde Guerre mondiale, on se servait souvent du pavillon blanc à cette fin, soit pour couvrir une armoire à munitions déjà utilisées soit quelque autre objet approprié du pont supérieur. Mais on se servait aussi souvent d'un « triangle non » (Flag « Negative »), simplement parce qu'il était blanc et qu'il portait cinq croix noires. Un matelot de la Seconde Guerre mondiale, décrivant la vie à bord d'un destroyer en patrouille dans l'Atlantique, a écrit : « Le service religieux a lieu sur le pont des hommes ... Le triangle non, noir et blanc, est drapé sur le poêle ... La Bible du navire est placée sur le poêle recouvert du triangleFootnote 10. »

Un navire sur l'eau.
Le destroyer Huron, de la classe « Tribal », mis en service en 1943. On le voit ici alors qu'il revient de Halifax, en avril 1963. arborant sa flamme de fin de campagne. La longueur de la flamme, représentant de longs états de service, est munie d'outres remplies d'air pour le maintenir en état de vol.

Cependant, dès les années 50, l'ancien code régissant la signalisation navale au moyen de drapeaux était remplacé aux fins d'uniformiser les communications dans les flottes combinées, de sorte que le vieux « triangle non » marqué de croix avait disparu.

Avant l'avènement du drapeau national dit de la « feuille d'érable » en 1965, les navires de guerre canadiens arboraient le pavillon bleu canadien comme pavillon de beaupré. Aujourd'hui, celui-ci est un drapeau blanc, le canton supérieur renfermant le drapeau de la « feuille d'érable » au guindant, et un dessin bleu formé d'une ancre et d'une aigle surmonté de la couronne navale, au battant. Normalement, on arbore le pavillon de beaupré qu'au port et toujours au mât de pavillon à la proue du navire. En 1975, les unités du Commandement maritime furent autorisées à arborer le pavillon de beaupré des Forces canadiennes à terreFootnote 11.

Autrefois, on arborait le pavillon de beaupré au grand mât mais, en peu de temps, si l'on en juge par les nombreuses marines peintes à l'époque, on l'arbora plutôt au mât de contrecivadière (spirit topmast), petit mât trapu fixé au beaupré à la proue. C'est là qu'il est toujours demeuré depuis. Aussi longtemps que les navires furent grées en carré, c'était là un arrangement commode pour ce moyen important d'identifier un navire de Sa Majesté. Mais lorsque la voile aurique devint à la mode, avec misaine et foc, le pavillon embarrassaient souvent le gréage. Le résultat, c'est qu'on prit l'habitude de n'arborer le pavillon qu'au port. C'est encore la coutume aujourd'huiFootnote 12.

L'origine du mot anglais « jack » se prête à de nombreuses conjectures. Dans la tradition britannique, comme dans l'expression « Union-Jack », ce mot évoque le drapeau attestant de façon évidente l'union des couronnes d'Angleterre et d'Écosse. Le souverain, à l'époque, était le roi Jacques VI d'Écosse, qui devint Jacques 1er d'Angleterre et qui, lorsqu'il signait des documents d'État, utilisait parfois la forme française de ce prénom. On prétend que ce serait là la source du mot « jack ».

Cependant, de nombreuses preuves attestent que le mot « Jack », à des fins d'identification, remonterait à une époque très antérieure au début du XVIIe siècle. À l'époque féodale, les chevaliers montés et les soldats à pied en campagne portaient un vêtement de dessus couvrant le corps du cou aux hanches qu'on appelait « surcot » ou « jaque », d'où le mot anglais « jacket ». Sur cette tunique était cousue une croix ou un autre dessin identifiant l'allégeance de son porteur envers un seigneur-lige ou un roi, de la même façon que la nationalité est identifiée aujourd'hui. Ces surcots ou jaques en vinrent à être connus, en anglais, comme les « jacks » des diverses nations et à n'être portés que par les marins des navires transportant les soldats. Ce n'était qu'une étape d'une évolution selon laquelle on en vint à fixer à un poteau au-dessus de la proue le surcot ou jaque du matelot pour indiquer les « couleurs » d'un navireFootnote 13.

Depuis la création de la Marine royale canadienne en 1910 jusqu'à l'avènement du drapeau national dit de la « feuille d'érable » en 1965, les navires de guerre canadiens ont arboré le pavillon blanc, de même que les détachements navals en marche à terre. C'était un drapeau blanc portant une croix rouge de saint Georges et un Union-Jack au canton supérieur au guindant. Il était identique à celui qu'arboraient les navires de la Royal Navy et des autres marines du Commonwealth. Ce drapeau historique existe encore dans les Forces canadiennes sous la forme du drapeau de la Reine de la Marine royale canadienne lequel est conservé dans un cabinet spécial du carré des officiers de la Base des Forces canadiennes de Halifax. Un autre, qui lui est identique, est conservé à la Base des Forces canadiennes d'Esquimalt.

Le drapeau de la reine du Service naval n'a jamais été officiellement hissé ou amené, et pourtant on ne peut le considérer comme le drapeau de la reine du Commandement maritime parce qu'il ne renferme pas le drapeau national dit de la « feuille d'érable ». Cependant, au moment où nous écrivons ces lignes, un nouveau drapeau de la reine sous forme de pavillon blanc renfermant le drapeau de la « feuille d'érable » est en voie de mise au point à l'intention des forces navales.

Le drapeau du souverain ou premier drapeau, habituellement appelé drapeau de la reine de la Marine est d'origine récente, comparativement à celui de l'Armée. Connu au début sous le nom de « drapeau du Roi » dans les règlements de 1747, sous le règne de George IIFootnote 14, le drapeau du souverain approuvé à l'intention des régiments britanniques a précédé de près de deux siècles ceux de la Royal Navy et de la Royal Air Force.

Le drapeau du roi de la Royal Navy fut approuvé pour la première fois par George V en 1924Footnote 15, et pour la Marine royale canadienne en 1925Footnote 16.

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Ce premier drapeau du roi de la M.R.C. nous donne une certaine idée des contraintes financières dans lesquelles les Forces armées des années 20 se débattaient pour survivre.

Approuvé par le roi en 1925, il reste que le commodore Walter Hose, directeur du Service naval, tout désireux qu'il fût de doter la Marine du nouveau drapeau, ne put distraire de son budget les £60 nécessaires qu'en 1927. Et puis, à cette date, il n'y avait que deux destroyers en service, le Patrician et le Patriot, l'un sur chaque côte. Un équipage était essentiel à la cérémonie de présentation, car il n'y avait pas suffisamment de matelots à terre, et la présence d'un navire au port ne coïncidait jamais, semble-t-il, avec une visite du Gouverneur général. De sorte que le drapeau de George V ne fut jamais présenté à la Marine royale canadienne. Aujourd'hui, celui de Halifax est exposé dans l'église Saint Mark, et celui d'Esquimalt dans l'église Saint Andrew de l'établissement naval Naden, maintenant la Base des Forces canadiennes d'Esquimalt.

La présentation du drapeau du roi à la M.R.C. dut attendre la première visite du souverain régnant au Canada. Lors d'une cérémonie mémorable tenue juste avant le déclenchement de la guerre en 1939, George VI présenta son drapeau à la Marine dans le parc Beacon Hill, à Victoria. Aujourd'hui, ce drapeau est exposé dans l'église navale et de garnison Saint Paul, à Esquimalt. Exécutée le 24 mai 1960, la cérémonie d'installation se déroula dans un lieu des mieux appropriés puisque l'église Saint Paul est étroitement liée à tous les navires et marins qui ont passé par Esquimalt depuis plus d'un siècle.

Le drapeau de George VI à Halifax, considéré comme ayant été présenté en même temps que celui du Commandement du Pacifique, fut remisé le 21 octobre 1959, fête de Trafalgar, dans l'église Saint Nicholas de l'établissement naval Stadacona, maintenant la Base des Forces canadiennes de HalifaxFootnote 17.

L'actuel drapeau de la reine de la Marine royale canadienne fut présenté par Sa Majesté la reine à Halifax, le 1er août 1959, et celui d'Esquimalt fut considéré comme ayant été présenté en même temps. Au cours de son allocution devant les marins réunis, la reine a déclaré :

C'est un moment solennel dans l'histoire de la Marine. Vous dîtes adieu à un drapeau et vous vous apprêtez à rendre hommage à un autre ...

Je n'ai aucun doute que mon drapeau est en très bonnes mains ... Pendant la Seconde Guerre mondiale, et particulièrement durant la Bataille de l'Atlantique, vous vous êtes admirablement acquittés de vos responsabilités envers la Couronne, votre pays et le monde libre.

Je vous confie maintenant la garde de ce drapeau. Je sais que vous le garderez fidèlement, et que vous maintiendrez les idéaux qu'il représente, non seulement en temps de guerre mais également en temps de paix, qui se poursuivra toujours nous l'espérons tous sincèrement. Souvenez-vous toujours que, bien qu'il vienne de moi, il symbolise non seulement votre loyauté envers votre Reine mais envers votre pays et votre arme. Aussi longtemps que cette triple loyauté animera vos cœurs, vous ajouterez du lustre à la réputation déjà très grande de la Marine royale canadienneFootnote 18

L'Aviation royale canadienne reçut son unique drapeau du souverain en 1950, en même temps que le drapeau de l'A.R.C., ce dernier étant comparable à un drapeau régimentaire. Les deux furent consacrés et présentés au nom du roi George VI, sur la colline du Parlement, à Ottawa, le 5 juin 1950, date anniversaire du roi, par le Gouverneur général, le vicomte Alexander de Tunnis. L'A.R.C. fut la première des forces aériennes royales à se voir conférer, en tant qu'arme, le privilège de porter le drapeau du roi. Ceux qui avaient été présentés antérieurement l'avaient été à des éléments particuliers de la Royal Air ForceFootnote 19.

Outre que c'est le seul drapeau du souverain que l'Aviation ait jamais eu, ayant été désigné comme « drapeau de la Reine » en 1952, bien qu'il porte le chiffre royal de George VI, alors récemment décédé, il est d'un modèle inusité pour un drapeau de Souverain de l'Aviation.

Le pavillon de la Royal Air Force, de couleur bleu clair, portant l'Union-Jack au guindant et la rondelle rouge, blanche et bleue au battant, fut autorisé en 1920. L'Aviation royale canadienne hérita du même privilège dès sa création en 1942. Lorsque la Royal Air Force commença à recevoir sa série de drapeaux du roi en 1948, le modèle de ceux-ci s'inspirait du pavillon, c'est-à-dire l'Union-Jack au guindant, le chiffre royal au centre, et la rondelle au battant, le tout sur un champ bleu clair. Mais l'Aviation royale canadienne opta, dans le cas de son drapeau du roi, pour un modèle inspiré de la tradition de l'Armée, c'est-à-dire l'Union-Jack avec couronne et chiffre royal au centre, adhérent ainsi aux règlements établis en 1747. Le second drapeau de l'A.R.C. est un drapeau bleu clair portant l'écusson de la couronne et de l'aigle de l'Aviation au centre et une feuille d'érable dorée dans chaque coin.

Des soldats au garde-à-vous, deux d'entre eux portant des drapeaux, se tiennent devant un portail.
Le drapeau de l'Aviation royale canadienne et le drapeau de la garde, arborés devant les barrières commémoratives de la Station de l'A.R .C. à Trenton, en juillet 1951. Ces barrières, don du peuple britannique, australien. et néo-zélandais, ont été offertes en l'honneur de la participation de l'A.R.C. au Plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique pendant la guerre, en septembre 1949. (Note : Le drapeau de la Reine porte encore le chiffre de son père, le roi George VI. À noter également les mouches protectrices au bout des baïonnettes pour protéger les drapeaux contre tout dommage pouvant être causé par le vent, et que, dans l'Aviation, les épées ne sont plus en usage.)

Ces drapeaux sont encore en usage aujourd'hui après plus d'un quart de siècle. Chacun occupe une place d'honneur : il y en a un dans le mess des officiers de l'A.R.C., rue Gloucester, à Ottawa; il y en a un dans le mess des officiers du Commandement aérien, à la BFC de Winnipeg; et la troisième se trouve dans le mess des officiers des Forces canadiennes en Europe, à Lahr, dans la forêt noire en Allemagne.

Contrairement à l'Aviation et à la Marine, l'Armée évolua différemment, étant donné qu'elle a toujours été organisée sur une base régimentaire, chaque unité ayant ses propres coutumes, traditions et drapeaux. En 1968, Sa Majesté approuva la remise de nouveaux drapeaux « à toutes les unités d'infanterie et régiments de gardes autorisés à les arborerFootnote 20 ». Ce processus se poursuit depuis, le drapeau de la reine s'inspirant du drapeau national dit de la « feuille d'érable », remplaçant ainsi l'Union-Jack traditionnellement arboré par les unités d'infanterie autres que les régiments de gardes. Cela perpétue la coutume des régiments d'infanterie de ligne du milieu du XVIIIe siècle, dont le drapeau du souverain s'inspirait du drapeau nationalFootnote 21.

Le drapeau de la reine, ou Premier Drapeau, symbolise la loyauté de l'unité envers la Couronne. L'autorisation de posséder un drapeau de la reine ne peut être conférée que par la Souveraine régnante et peut être présenté à une unité, à un commandement ou à une arme par la Souveraine ou son représentant. Le terme lui-même apparut pour la première fois dans l'Armée britannique, dans un « Règlement régissant l'habillement uniforme des régiments d'infanterie, leurs drapeaux, tambours, sonneries et couleurs de camp, 1747 » dans lequel on lit : « Le drapeau du roi ou Premier drapeau de chaque régiment ou bataillon doit être celui de la Grande UnionFootnote 22 ».

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Le Second Drapeau, ou drapeau de l'unité ou du régiment, est peut-être l'élément le plus précieux d'une force combattante. C'est qu'il symbolise tout un ensemble d'idées, de croyances et d'émotions qu'on peut résumer globalement par l'expression « esprit régimentaire ». Le drapeau régimentaire symbolise de façon très visible la fierté qu'éprouve un homme à servir dans une unité dont la raison d'être est la valeur, le fier héritage des membres du régiment tombés au champ d'honneur, les réalisations du régiment, le tout figurant sur les décorations du drapeau évoquant les victoires remportées. Il existe une mystique du drapeau qui rappelle constamment à chaque officier et à chaque homme à quel point il dépend de ses camarades d'armes, de sorte qu'il lui est extrêmement difficile au combat de faillir à son devoir, et le plus souvent le porte à accomplir des exploits héroïques dont il n'aurait jamais rêvé.

On peut se faire quelque idée de ce que le drapeau régimentaire représente pour le soldat en lisant cet extrait des mémoires de Jacques II, dans lequel il raconte l'assaut contre Étampes, en 1652, à l'époque de Louis XIV :

« ... Le propre régiment de Turenne avança face aux deux armées ... ; et, sans aucune diversion, ni même un seul coup de canon pour l'appuyer. il se porta à l'attaque. Malgré le feu constant dirigé contre lui, tant en provenance de la fortification et de la muraille de la ville, il marcha sans tirer un seul coup; les capitaines eux-mêmes, prenant les drapeaux dans leurs mains, et marchant ainsi à la tête de leurs troupes jusqu'à la fortification ... ; et puis, d'un seul coup, déchargèrent leurs armes et avancèrent avec leurs piques avec tant de bravoure et de résolution qu'ils battirent l'ennemi et s'emparèrent de la fortification ...

Tous les témoins présents s'accordèrent à dire qu'ils n'avaient jamais vu une action si audacieuse. Le maréchal de Turenne lui-même et les officiers les plus expérimentés de l'armée furent tous d'avis qu'il leur eût été impossible d'avoir tant accompli sans avoir eu constamment sous le yeux leurs drapeauxFootnote 23.

Dans le journal d'un enseigne de 17 ans du 34th Regiment of Foot, on a un aperçu de l'importance du drapeau lorsque Wellington rencontra l'armée de Napoléon au Portugal en 1811 :

« Notre brave et vaillant général, chevauchant le long de notre front, dit : « Êtes-vous prêts »? « Oui, monsieur ». « Déroulez vos drapeaux, amorcez et chargez » .... Comme je prenais charge du drapeau du roi, étant l'enseigne le plus ancien, le major dit : « Maintenant, mes amis, tenez bien ces étendards et arborez-les dès que vous verrez l'ennemiFootnote 24 ».

On peut retracer l'ancêtre du drapeau jusqu'aux époques les plus reculées, alors que l'homme primitif identifiait ses chefs et ses forces au combat au moyen d'une forme quelconque de totem fixé au bout d'un poteau. On note la même intention dans les étendards ornés d'aigles des légions romaines. Au Moyen âge, les chefs de guerre étaient en général des nobles et, enveloppés de leurs cottes de maille et de leurs armures, s'identifiaient au moyen de bannières et de guidons portant des masques ou dessins inspirés de leurs armoiries.

Dès le début du XVIIIe siècle, les unités de base traditionnelles, les compagnies, chacune ayant son propre drapeau, étaient réunies en régiments, portant souvent le nom des colonels qui les avaient levés. Chaque officier régimentaire, indépendamment de son grade, commandait également sa propre compagnie au sein du régiment, de sorte que le drapeau de la compagnie portait des dessins inspirés des armoiries du colonel. Les drapeaux de compagnie existent encore dans les régiments de gardes d'aujourd'hui. Ce n'est qu'avec la promulgation du règlement de 1747 qu'il fut interdit à tout colonel de l'Armée britannique de placer « ses armoiries, son écusson, tout dessin ou livrée sur quelque partie que ce soit des couleurs du régiment sous son commandementFootnote 25 ».

Au combat, les drapeaux ont deux applications pratiques : identification et lieu de concentration. Il y a près de deux siècles, un auteur militaire expliquait de la façon suivante la raison pour laquelle on arborait les drapeaux en campagne :

« Les drapeaux, bannières, aigrettes et autres pavillons sont très anciens; dans les grandes armées, ils servaient à distinguer les troupes de différentes nations ou provinces; et, dans les formations plus petites, les différents chefs ou même des personnes particulières, afin que le prince et commandant en chef pût se rendre compte de la conduite de chaque corps ou de chaque personne; ils servaient également de signe de ralliement aux bataillons ou escadrons en déroute, et indiquaient le lieu où se trouvait le roi ou différents officiers supérieurs, chacun ayant son guidon ou sa bannière, au moyen desquels on pouvait les retrouver en tout temps, et le commandant en chef pouvait ainsi, de temps à autre, communiquer les ordres qu'il jugeait nécessaire de transmettre à ses différents générauxFootnote 26».

Avec l'avènement des armes de plus en plus perfectionnées cessa la coutume plusieurs fois séculaire. d'arborer les drapeaux régimentaires au combat. Pendant la guerre contre les Zoulous, en 1879, les pertes subies pour défendre le drapeau du 24th Foot (The South Wales Borderers) amenèrent le public à condamner cette pratique. Deux ans plus tard, une situation analogue se produisit dans le cas du 58th Foot (The Northamptonshire Regiment) lors de l'engagement de Laing's Nek, en Afrique du Sud. Ce fut la dernière fois dans les forces de l'Empire britannique où les drapeaux régimentaires furent arborés au combat, à une seule exception près, celle du Princess Patricia's Canadian Light InfantryFootnote 27.

Lorsque les nuages de la guerre s'amoncelèrent sur l'Europe à l'été de 1914, le Canada, en tant que membre Loyal de l'Empire, répondit à la menace. Un aspect de cette réponse fut la levée d'un nouveau régiment, le Princess Patricia's Canadian Light Infantry, du nom de la populaire fille du gouverneur général, le duc de Connaught. La princesse Patricia, nommée colonel honoraire du régiment, conçut elle-même un drapeau rouge et bleu royal, frangé d'or, techniquement un drapeau de camp, mais qui bientôt revêtit le caractère d'un véritable drapeau régimentaire. Il n'y a probablement pas de drapeau régimentaire plus populaire dans les Forces canadiennes.

En août 1914, avant que le régiment ne parte pour outremer, la princesse Patricia présenta son drapeau au régiment à Ottawa, et le commandant promit qu'il serait conservé « au péril de leurs vies et qu'il resterait toujours dans le régimentFootnote 28 ». Cette promesse fut tenue très fidèlement.

Soldats au garde-à-vous dans un champ, drapeaux baissés.
Les trois nouveaux drapeaux des trois commandos du Régiment aéroporté canadien sont baissés en guide de salut, BFC Edmonton, 1973.
Des soldats tirant des canons devant les édifices du Parlement.
Une ancienne pièce d'artillerie et des canons modernes du 30e Régiment d'artillerie de campagne, de l'Artillerie royale canadienne (les canonniers de Bytown), tirent une salve à l'occasion de la Fête du Canada, le 1er juillet 1975, sur la colline du Parlement, à Ottawa.

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Des soldats au garde-à-vous, avec des canons, devant les édifices du Parlement.
Obusiers du 30e Régiment d'artillerie de campagne, de l'Artillerie royale canadienne (les canonniers de Bytown), tirant une salve en mémoire des morts de guerre du Canada, le Jour du Souvenir, dans le square de la Confédération, à Ottawa, en 1975.
Homme sur un piedestal, devant des soldats au garde-à-vous, avec le Parlement en toile de fond.
Le très honorable Jules Léger, Gouverneur général, prenant le salut d'une garde montée par le Royal 22e Régiment, sur la colline du Parlement, à Ottawa, en janvier 1974.
Une rangée de chars dans un champ.
Le guidon du Royal Canadian Dragoons et son escorte, montés sur des chars blindés de transport de troupes, alors que des chars Centurion tirent un feu de joie commémorant la participation du régiment à la bataille de Liliefontein, en Afrique du Sud, en 1900, à Lahr, en Allemagne, en novembre 1975.
Des femmes soldats au garde-à-vous, devant un avion.
L'honorable Pauline M. McGibbon, lieutenant-gouverneur de l'Ontario, et sa garde d'honneur composée entièrement de femmes des Forces canadiennes, à la BFC de Trenton, en 1975.
Navire au port, dans l'obscurité, avec des lumières festives.
Destroyer illuminé dans le port d'Halifax, Noël 1971.

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Des soldats portant des drapeaux, marchant.
Défilé du drapeau de l'Aviation royale canadienne el du nouvel étendard du 439e Escadron, à Baden, en Allemagne, 1973. On voit, à l'arrière-plan, les drapeaux des pays de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord.
Des soldats défilent devant le Parlement.
La cérémonie du changement de la garde, exécutée par le détachement des fonctions publiques formé de gardes de la Garde à pied du Gouverneur général, d'Ottawa, et du Canadian Grenadier Guards, de Montréal, sur la colline du Parlement, à Ottawa, en août 1975. À l'avant-plan, on voit la fontaine de la flamme du centenaire arborant les armoiries des provinces.
Un navire en mer avec des centaines de soldats sur le pont.
L'équipage du croiseur Québec rassemblé sur le gaillard d'avant, alors que le navire traverse l'Équateur et que se déroule l'ancienne cérémonie de la « Traversée de l'Équateur », en 1954.
Des soldats déguisés en roi Neptune assis sur des chaises sur le pont du navire.
Traversée du cercle polaire du Canada — Le roi Neptune et sa cour sont au froid — HMCS Protecteur — 1973.

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Deux soldats déguisés en Roi Neptune et Reine Amphitrite debout sur le pont du navire.
Le roi Neptune et la reine Amphitrite sur le point de présider la cérémonie de passage de la Ligne à bord du HMCS Cape Scott en équateur, dans le Pacifique-sud, en route vers l'Île de Pâques, le 5 décembre 1964.
Des soldats au garde-à-vous dans un champ qui regardent des avions survoler.
Défilé aérien de Starfighter Cf-104 des Forces canadiennes à l'occasion de la présentation des étendards d'escadron aux 421e, 439e et 441e Escadrons, par Son Altesse Royale le prince Philip, duc d'Édimbourg, à Baden, en Allemagne, en mai 1973.
Des soldats au garde-à-vous sont inspectés par la mairesse d'Ottawa.
Mlle Charlotte Whitton, mairesse d'Ottawa, passe en revue le 2e Bataillon, le Regiment of Canadian Guards, lorsque ce dernier reçoit le droit de Cité de la ville d'Ottawa, en 1964.
Soldat conduisant un cheval.
Un soldat du 8th Canadian Hussars (Princess Louise's), conduisant la mascotte régimentaire, « Princess Louise II », en 1973.

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Soldat tenant une chèvre en laisse.
La garde au quartier général du Royal 22e Régiment, à La Citadelle de Québec, en présence de la mascotte régimentaire « Batisse », en juin 1958.
Atterrissage d'un avion.
La rondelle identifiant les avions de l'époque de la Grande Guerre de 1914-1918, qui figure sur un Sopwith Pup restauré, en train d' atterrir à la BFC d'Ottawa (Rockcliffe), en 1975.
Avion volant au-dessus des nuages.
La rondelle moderne identifiant les avions militaires canadiens; dans ce cas-ci, il s'agit d'un CF-1O1 Voodoo du 425e Escadron (Alouettes), en 1973.
Des soldats au garde-à-vous, inspectés.
Le H.R.H. Prince Philip, duc d'Edimbourg, passe en revue les cornemuseurs de la BFC Ottawa qui portent le tartan de l'ancienne Aviation royale du Canada lors de la présentation des étendards de l'escadron à Baden, en Allemagne, mai 1973. Les drapeaux nationaux sont ceux des nations membres du Traité de l'Atlantique Nord.
Cadets dans la section du choeur de l'église.
Le cœur des élèves-officiers se préparant aux cérémonies religieuses de Noël, ancienne tradition au collège militaire de Royal Roads, à Victoria.
Des soldats, à l'aise, dans un champ, avec le drapeau appuyé sur des tambours. Un prêtre présent.
Consécration religieuse en plein air du drapeau du Régiment aéroporté canadien, à Edmonton, en juin 1973. la présentation a été faite par l'honorable Grant MacEwan, lieutenant-gouverneur de l'Alberta.

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Des ecclésiastiques avec des drapeaux baissés sur des tambours.
La consécration des étendards avant qu'ils ne soient présentés aux 421e, 439e et 441e escadrons par le H.R.H. Prince Philip, duc d'Édimbourg, Baden, Allemagne, mai 1973.
Des centaines de personnes sur la pelouse de la colline du Parlement et des soldats en marche.
Présentation du nouveau drapeau aux régiments de l'Armée canadienne par Sa Majesté la Reine, sur la colline du Parlement, à Ottawa, pendant la visite royale, au cours de l'année du centenaire de la Confédération en 1967.
Des soldats à l'attention, l'un d'eux portant un drapeau.
Le drapeau de la Reine de la Marine royale canadienne, avec escorte armée, à Halifax, en 1959. Les matelots sont de l'artillerie, et le premier maître est armé d'un sabre d'abordage.
Des soldats avec un drapeau devant la Colline du Parlement.
Son Altesse Royale le prince Philip, duc d'Édimbourg, présentant le nouveau drapeau au Royal Canadian Regiment, sur la colline du Parlement, à Ottawa, en 1973.
Un drapeau flottant contre un ciel bleu.
Le drapeau des Forces canadiennes.
Dessin d'un drapeau sur parchemin, avec les mots: Elizabeth approuvée; Commandement maritime; Couleur de la reine; Quartier général de la Défense nationale, janvier 1977; Directeur du cérémonial.
Le drapeau de la Reine du Commandement maritime.

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Dessin d'un guidon sur parchemin, avec les mots: Approuvé, Elizabeth; Les Royal Canadian Dragoons; Collège des armes, 18 janvier 1960; Inspecteur adjoint des couleurs régimentaires.
Le guidon du Royal Canadian Dragoons.
Dessin d'un guidon sur parchemin, avec les mots: Approuvé, Elizabeth; 12e Régiment Blindé du Canada; Guidon du Régiment; Quartier général des Forces canadiennes, janvier 1969; Directeur du cérémonial.
Le guidon du 22e Régiment blindé du Canada.
Dessin d'un drapeau sur parchemin, avec les mots: Approuvé, Elizabeth; 12e & nbsp; Royal 22e & nbsp; Régiment; Drapeau de la Reine; Quartier général des Forces canadiennes, avril 1968.
Le drapeau de la Reine du 1er bataillon du Royal 22e Régiment.

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Dessin d'un drapeau sur parchemin, avec les mots: Approuvé, Elizabeth; Les gardes à pied du gouverneur général; Couleur régimentaire, Quartier général des Forces canadiennes, juin 1970, directeur du cérémonial
Le drapeau régimentaire de la Garde à pied du Gouverneur général.
Dessin d'un drapeau sur parchemin, avec les mots: The Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada; Couleur régimentaire; Collège des armes, 4 septembre 1958; (Signé) G.R. Bellew, inspecteur des couleurs régimentaires; Copie authentique certifiée.
Le drapeau régimentaire du Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada.
Dessin d'un drapeau sur parchemin, avec les mots: La couleur du commandement aérien; Quartier général de la Défense nationale, janvier 1977; Directeur du cérémonial
Le drapeau du Commandement aérien.
Dessin d'une norme sur parchemin, avec les mots: Approuvé, Elizabeth; Conception d'une norme de l'Aviation royale canadienne; La couleur du commandement aérien; Quartier général de la Défense nationale, janvier 1977; Directeur du cérémonial
L'étendard d'escadron du 400e Escadron.

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Ce drapeau, connu familièrement sous le nom de « Ric-A-Dam-Doo », accompagna la régiment en France, en décembre 1914, et flotta toujours au-dessus du quartier général régimentaire. Au début de mai 1915, ce quartier général se trouvait dans les tranchées de la ligne de front, et ce fut dans cette situation exposée qu'il fut déchiré par des éclats d'obus et des balles de fusil. Mais, ce jour-là, il inspira les troupes au point de « leur permettre de résister à des forces terriblement supérieures, sans appui sur aucun de leurs flancsFootnote 29 ».

En janvier 1919, à Mons, en Belgique, ce drapeau qui avait survécu à cinq années de guerre de tranchées et qui, lorsque le régiment marchait en France, était toujours porté par un officier accompagné d'une escorte approprié, et à qui toutes les troupes rencontrées rendaient des marques de respect, fut consacré comme drapeau régimentaire. Un mois plus tard, à Bramshott, en Angleterre, la princesse Patricia, alors colonel en chef, présenta une couronne de lauriers bordée d'argent devant être portée sur le drapeau. Celui-ci porte l'inscription suivante :

Au P.P.C.L.I.
De son colonel en chef
PATRICIA
En reconnaissance de ses
services héroïques dans la Grande Guerre de 1914-1918

Cette couronne de lauriers fut gagnée à un coût effarant : seulement 44 des 1 098 « originaux » étaient au rassemblement ce jour-làFootnote 30.

The Ric-A-Dam-Doo, pray what is that?
'Twas made at home by Princess Pat.
It's Red and Gold and Royal Blue;
That's what we call the Ric-A-Dam-Doo.Footnote 31

C'est l'avènement des armées permanentes au XVIIe siècle et leur organisation de base en régiments qui amenèrent l'usage généralisé des drapeaux régimentaires. Dans l'Armée britannique c'est le règlement de 1747 qui établit le modèle et du dessin et de l'usage tels qu'on les connaît aujourd'hui.

Il y avait trois espèces distinctes de « bannières » régimentaires : les étendards, les guidons et les drapeaux. Les étendards ne sont autorisés aujourd'hui que pour la cavalerie et les dragons de la garde. Le Governor General's Horse Guards, de Toronto, qui a le statut d'un régiment de dragons de la garde, est le seul régiment des Forces canadiennes qui porte aujourd'hui un étendard. L'étendard était, au Moyen âge, un très grand drapeau qu'arboraient les armées. Son rôle n'était pas de suivre les troupes au combat, mais de se dresser devant la tente du commandant, d'où son nom d'étendard.

Le guidon, du vieux français « guydhomme », drapeau porté par le chef de la cavalerie, fût autorisé pour les régiments de cavalerie comme les dragons, et son extrémité se termine par deux pointes. Un dictionnaire anglais de 1780 définissait ce terme ainsi : « Mot français qui désigne celui qui porte l'étendard dans les gardes, ou « gens d'armes », et qui désigne également l'étendard lui-même. Il est maintenant d'usage courant en Angleterre. Il en est de même dans les gardes à cheval, où le pavillon est au piedFootnote 32 ». Aujourd'hui, le guidon est utilisé par les régiments de blindés, qui ont succédé à la cavalerie. Comme l'étendard des gardes à cheval, le guidon est fait de soie rouge damasquinée.

Le drapeau régimentaire, celui qui était expressément mentionné dans le règlement de 1747, et qui, avec le drapeau du Souverain, constitue les couleurs, était pour les gardes à pied et les régiments d'infanterie de ligne. Au XVIIIe siècle, on l'appelait simplement le Second Drapeau. Bien qu'il fût bientôt connu sous le sobriquet de « drapeau régimentaire », cette expression ne fut officiellement reconnue qu'en 1844Footnote 33.

Il est intéressant de noter ici que, dans le cas des régiments d'infanterie de ligne, l'ancienne tradition de George II selon laquelle le drapeau du souverain dût s'inspirer du drapeau national (dans le règlement de 1747, cela voulait dire le drapeau de la Grande Union, communément appelé l'Union-Jack), alors que le drapeau régimentaire dût refléter les couleurs du devant des uniformes, a été maintenue. Mais également dans la tradition de l'Armée britannique, c'est le contraire pour les régiments de gardes à pied. Dans ce Footnote 34

Les escadrons volants des Forces canadiennes, après 25 ans de service, ou après avoir mérité l'appréciation de la Souveraine pour des opérations particulièrement exceptionnelles, sont autorisés à arborer un étendard d'escadron. Un étendard d'aviation est un drapeau rectangulaire de soie bleu clair portant les décorations remportées par l'escadron. Son origine est la suivante : pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1943, la Royal Air Force célébra son 25e anniversaire. Pour marquer cet événement, le roi George VI inaugura la présentation d'étendards d'escadron, et 30 escadrons de la Royal Air Force se virent décerner cet honneur au cours de cette année d'anniversaire du temps de guerreFootnote 35.

En 1958, la présentation d'étendards d'escadron fut étendue à l'Aviation royale canadienne. La première unité à mériter cet honneur fut le 400e escadron, et la présentation eut lieu à la Station de l'A.R.C. de Dowsview, sous la présidence du lieutenant-gouverneur de l'Ontario, l'hon. J.K. Mackay, le 10 juin 1961Footnote 36.

Voilà, dans ses grandes lignes, l'histoire de l'évolution du drapeau de la reine et du Second Drapeau au sein des Forces canadiennes, suivant en cela les coutumes beaucoup plus anciennes des forces britanniques. Cependant, comme on doit s'y attendre, de nombreuses divergences et exceptions, par rapport à la pratique établie, se sont produites, et certaines de ces anomalies existent depuis longtemps.

Des soldats au garde-à-vous tandis que 2 soldats portent des drapeaux.

Le drapeau du 2e bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry monté à bord d'un avion de transport Boeing CC 137, à Winnipeg, au moment où le bataillon s'apprêtait à s'envoler vers Chypre pour y accomplir des fonctions de maintien de la paix, le 5 octobre 1972. A noter la couronne de lauriers bordée d'argent en l'honneur de l'héroïsme du régiment pendant la Grande Guerre de 1914-1918, présentée par Son Altesse Royale la princesse Patricia, colonel en chef, en 1919. Le ruban représente la « Distinguished Unit Citation » du Président des États-Unis, décernée au régiment pour sa participation au combat de Kapyong, Corée, en avril 1951.

Le régiment royal de l'Artillerie canadienne ne possède pas de drapeau, au sens habituel du mot. Ce sont les canons eux-mêmes qui constituent son drapeau. À l'occasion de cérémonies, les canons reçoivent les mêmes marques de respect que les étendards, guidons et drapeaux des autres unités. La raison qui explique cette ancienne tradition est liée à la devise des artilleurs, Ubique, qui veut dire « partout », c'est-à-dire que l'artillerie a participé à presque toutes les campagnes.

La coutume selon laquelle les canons constituent le drapeau remonte au XVIIIe siècle et à la pratique de l'Artillerie royale de l'époque de désigner le plus gros canon d'un train d'artillerie comme étant le « canon du drapeau » (flag gun), c'est-à-dire la pièce ayant l'honneur de porter l'équivalent du drapeau de la souveraine. Avec le temps, les canons eux-mêmes en sont venus à être considérés comme le drapeau de l'artillerieFootnote 37.

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Les régiments d'infanterie ayant une « tradition de fusiliers », autrement dit le régiments de fusiliers, ne possèdent pas non plus de drapeau de la reine ni de drapeau régimentaire, mais c'est pour une autre raison tenant à leur rôle historique en campagne. Les fusiliers, qui portaient des uniformes verts à boutons noires et à bandoulières noires, étaient ainsi vêtus afin de se dissimuler le mieux possible, en se fondant pour ainsi dire dans le paysage. En tant que francs-tireurs et tirailleurs précédant l'infanterie de ligne, c'était leur rôle de tirer parti de chaque vestige de camouflage dans une avance rapide. C'est pourquoi ils n'aboraient aucun drapeau au combat pour signaler leur présence. Aujourd'hui, les « fusiliers » ne possèdent pas encore de drapeau; leurs décorations figurent sur leurs tamboursFootnote 38, et, dans certaines unités, sur les écussons de casquette.

Il arrive, à l'occasion, qu'une unité contrevienne à l'ordre établi en matière de drapeaux, comme c'est le cas du Algonquin Regiment, du nord de l'Ontario. Cette unité, bien qu'étant un régiment d'infanterie, est la fière dépositaire d'un guidon qui lui fut présenté en 1965, à peu près au même moment où elle cessait d'être un régiment de blindésFootnote 39.

Bien que les unités prennent bien garde d'assurer la sécurité de leurs drapeaux, des accidents ne manquent pas de se produire. Ainsi, le 6 décembe 1917, lorsque le navire de munitions Mont-Blanc entra en collision avec un autre navire dans le port de Halifax, il y eut de nombreuses pertes de vies dans la ville. Une des conséquences de cette tragique explosion furent les dommages causés aux casernes Wellington, situées au-dessus du chantier naval, où les drapeaux du Royal Canadian Regiment furent ensevelis sous les décombres. On les récupérera toutefoisFootnote 40.

Dans l'église Saint Mary Magdalene, de Picton, en Ontario, un drapeau de la Souveraine est monté sur la pique dénudée à laquelle était fixé un second drapeau. En 1960, le drapeau régimentaire du Hastings and Prince Edward Regiment fut volé de son armoire dans le mess des officiers. On ne l'a jamais retrouvéFootnote 41.

Le 18 avril 1975, dans le manège de Fort York, à Toronto, un ensemble de drapeaux fut présenté au Queen's York Rangers par le lieutenant-gouverneur de l'Ontario, l'honorable Pauline M. McGibbon. Les deux drapeaux portent un écusson dont le bouclier arbore la devise « QUEEN'S RANGERS 1st AMERNS ». Ce sont les plus vieux drapeaux qui existent encore au Canada; ils appartenaient à un devancier d'un régiment d'active dans les Forces canadiennes d'aujourd'hui, le Queen's York Rangers (1st American Regiment).

Ce sont là les drapeaux qui furent arborés par le Queen's Rangers (1st Americans) commandé par le lieutenant-colonel John Graves Simcoe pendant la guerre de l'indépendance américaine (1775-1783). Connus sous le nom de « drapeaux de Simcoe », il est possible qu'ils furent utilisés par un régiment successeur du Queen's Rangers après la guerre, lorsque Simcoe devint le premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada. ces vieux drapeaux, maintenant soigneusement restaurés, ont passé presque deux siècles dans la maison familiale des Simcoe, Wolford Lodge, dans le Devonshire, en Angleterre, où ils furent acquis par des Canadiens intéressés il y a environ cinquante ansFootnote 42.

Pendant la vie d'un drapeau, se déroulent trois cérémonies : consécration, présentation et mise en réserve ou dépôt. À cause de ce que représente le drapeau, ces cérémonies sont toujours tenues avec dignité et révérence, et avec la précision militaire et l'apparat pittoresque d'usage, habituellement en plein air.

Lors de la Fête du Canada de 1972, les Gardes à pied du Gouverneur général reçurent un nouveau drapeau, sur la colline du Parlement, des mains du très honorable Roland Michener, qui était également colonel honoraire de ce régiment. Celui-ci se rassembla sur la pelouse, au pied de la Tour de la Paix. Des détachements du Canadian Grenadier Guards, de Montréal, et du Cameron Highlanders, d'Ottawa, étaient aussi présents, Après le salut royal et l'inspection des Gardes à pied par Son Excellence, le Régiment salua l'ancien drapeau, puis quitta le lieu de rassemblement au son de la mélodie Auld Lang Syne. Il y eut ensuite un service religieux au cours duquel le nouveau drapeau fut consacré. Voici le texte des paroles utilisées au cours de ce service religieux, lequel est typique de la cérémonie de consécration d'un drapeau dans les Forces canadiennesFootnote 43 :

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La Bénédiction des drapeaux

L'officier commandant : Monsieur l'aumônier, au nom du Governor General's Foot Guards, nous vous prions de bien vouloir bénir ces drapeaux.

L'aumônier : Nous sommes prêts à le faire.

L'aumônier : Vu que les hommes de tous les temps se sont donné des symboles et des emblèmes de leur allégeance à leurs chefs, ainsi que de leur devoir de maintenir les lois et les institutions que la divine providence leur a imposées, suivant cette vénérable et pieuse coutume, nous nous sommes assemblés devant Dieu pour implorer sa Bénédiction sur ces drapeaux, symboles de nos devoirs envers notre souveraine et notre pays. Prions donc le Dieu tout puissant de nous accorder dans sa miséricorde que nous ne déployions jamais ces drapeaux si ce n'est pour la cause de la justice et du droit, et qu'il en fasse pour ceux qui les suivront un signe de sa présence dans tout danger et dans toute détresse, et qu'il augmente ainsi leur foi et leur espérance en Dieu, le Roi des Rois et le Seigneur des Seigneurs.
Prions: Notre secours est dans le nom du Seigneur.

Tous : Qui a fait le ciel et la terre.

L'aumônier : Le Seigneur soit avec vous

Tous : et avec votre esprit.

L'aumônier : Dieu tout puissant et éternel, tes saintes écritures nous enseignent que le cœur des rois est soumis à ton empire et à ta gouverne, et que tu les disposes et les régis suivant les dictées et ta divine sagesse. Humblement, nous t'implorons de disposer et de régir le cœur d'Élisabeth, ta servante, notre reine et notre gouvernante, de façon que, dans toutes ses pensées, ses paroles et ses actions, elle recherche ton honneur et ta gloire, et s'applique à maintenir dans la prospérité, la paix, et la piété le peuple que tu as confié à ses soins. Daigne exaucer notre prière, Père miséricordieux, par amour de ton Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.
Seigneur, notre Dieu, qui de ton trône vois tous les royaumes de la terre par égard pour notre patrie, fais que nous demeurions un pays et un peuple voués à ton service jusqu'à la fin des temps. Dirige les gouvernements de notre grande communauté de nations et de notre empire, et permets, que tous ceux qui vivent sous la protection de notre drapeau se remémorent constamment la triple croix qu'il arbore et soient disposés à œuvrer au bien-être de leurs semblables, suivant l'exemple de celui qui a donné sa vie au service de l'humanité, ton Fils, Jésus-Christ, notre Sauveur. Amen. Souviens-toi, Seigneur, de ce que tu as accompli en nous plutôt que de ce que nous méritons et, de même que tu nous as appelés à ton service, rends-nous dignes de ton appel par Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

L'officier commandant alterne avec les membres du régiment dans la récitation de l'acte de dédicace.

L'officier commandant : Au service de Dieu et à l'honneur de son Nom.

Tous : Nous nous consacrons à nouveau.

L'officier commandant : Au maintien de l'honneur et du respect de nos engagements.

Tous : Nous nous consacrons à nouveau.

L'officier commandant : À la protection de tous ceux qui vaquent à leurs affaires légitimes.

Tous : Nous nous consacrons à nouveau.

L'officier commandant : Au maintien de l'ordre et du bon gouvernement.

Tous : Nous nous consacrons à nouveau.

L'officier commandant : Au souvenir sacré de nos compagnons d'armes dont le courage et l'endurance illustrent à jamais nos emblèmes.

Tous : Nous dédions nos drapeaux.

L'officier commandant : En souvenir de notre engagement solennel et en témoignage de notre résolution de le remplir avec fidélité.

Tous : Nous dédions nos drapeaux.

La Formule de bénédiction :
L'aumônier (les mains posés sur les drapeaux) : Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit, nous consacrons et bénissons ces drapeaux afin qu'ils soient un signe de nos devoirs envers notre Reine et notre Patrie devant Dieu. Amen.
Prions :

Tous : Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal, car c'est à toi qu'appartiennent le Royaume, la Puissance et la Gloire, pendant les siècles des siècles. Amen.

L'aumônier : Seigneur, toi qui règnes sur toutes choses, nous t'implorons d'accueillir favorablement le culte que nous t'avons rendu en ce jour. Bénis ce que nous avons béni en ton nom, et entoure de ta bienveillance ceux qui suivront les drapeaux bientôt confiés à leur soins.
Anime-les de courage et fais en sorte que leur vaillance se fonde toujours sur leur confiance inébranlable en toi. Puissent-ils exercer une maitrise de soi à l'heure du triomphe et faire preuve de patience dans l'épreuve. Puissent-ils se faire un point d'honneur de rechercher l'honneur et la gloire de ton saint nom.
Éclaire les décisions de leurs chefs et sois leur refuge dans l'adversité. Fais que, par leur fidélité à ton service en cette vie, ils soient admis dans ton royaume céleste, par les mérites de ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ, notre Seigneur, Amen.

L'invocation
Que le Dieu tout-Puissant qui vous a appelés à servir sous son étendard vous donne la force de remplir votre engagement; que le Père vous inspire la force et la sérénité qu'assure son amour; que le Seigneur Jésus-Christ vous accorde le courage de sa douceur et la constance de sa longanimité; que l'Esprit Saint vous confère la maîtrise de soi qu'apporte le don de la sagesse; et que la bénédiction de Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, descende sur vous et y demeure à jamais. Amen.

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Après la présentation proprement dite par le personnage chargé de cette cérémonie (normalement la souveraine ou son représentant), celui-ci s'adresse aux troupes rassemblées. Les pensées qu'il exprime prennent habituellement la forme d'une remise en charge du drapeau aux mains de l'unité, et c'est alors que les recrues commencent à comprendre la vraie signification du drapeau.

Le 21 octobre 1953, le Royal Newfoundland Regiment reçut un nouveau drapeau des mains de son colonel honoraire et lieutenant-gouverneur de la province, sir Leonard Outerbridge. Il s'agissait du premier drapeau présenté à un régiment canadien pendant le règne de la reine Élizabeth II. Sir Leonard termina son allocution par cette admonestation : « Gardez-le bien et arborez-le fièrement comme symbole des grandes traditions et des grands honneurs mérités par ceux qui vous ont précédésFootnote 44. »

Un siècle plus tôt, soit le 12 juillet 1849, une cérémonie eut lieu aux casernes Winchester, en Angleterre, qui atteste la pérennité de la présentation des drapeaux. Le régiment qui était alors à l'honneur, le Royal Welsh Fusiliers, venait de rentrer d'une décennie de service en Amérique du Nord britannique, ayant été stationné dans des endroits aussi éloignés l'un de l'autre que Halifax et Annapolis, Québec et Montréal, et Kingston et London dans l'ouest du Canada. La présentation du nouveau drapeau fut faite par le prince consort de la reine Victoria, le prince Albert. Le cérémonial de l'époque rappelle beaucoup celui d'aujourd'hui : « Le régiment, aligné près de l'ancien drapeau au centre, reçut Son Altesse Royale avec les honneurs d'usage, les compagnies de flanc furent ensuite ramenées à l'avant de manière à former les trois côtés d'un carré, au centre duquel le nouveau drapeau fut apporté sous escorte et déposé sur un autel formé de tamboursFootnote 45 ».

Après le service de consécration dirigé par l'aumônier-général, le prince Albert confia la charge du nouveau drapeau au régiment dans les termes suivants de son époque :

« Soldats du Royal Welch Regiment, — La cérémonie que nous accomplissons aujourd'hui est des plus importantes et, pour chaque soldat, des plus sacrées; nous transmettons à votre soin et garde le drapeau que vous devrez désormais arborer, et qui sera le symbole de votre honneur et votre point de ralliement dans tous les moments de danger. Recevez ces drapeaux, — l'un appelé majestueusement « drapeau de la reine », vous rappelant votre loyal engagement envers votre Souveraine et l'obéissance que vous devez aux lois de votre pays; l'autre, — plus particulièrement « régimentaire », — vous rappelant l'engagement que vous avez pris de maintenir l'honneur de votre régiment. En regardant l'un, vous penserez à votre Souveraine; en regardant l'autre, vous penserez à ceux qui ont combattu, qui ont versé leur sang et fait des conquêtes avant vousFootnote 46! »

Il est symbolique de la continuité de l'histoire que de voir, plus d'un siècle plus tard, l'arrière-petite-fille du prince consort, la reine Élizabeth II, présider une cérémonie analogue. Ce fut une heureuse coïncidence également que le régiment qu'elle honora sur les Plaines d'Abraham, le 23 juin 1959, était un régiment canadien allié au Royal Welch Regiment, le Royal 22e régiment.

Lors d'une cérémonie fort imposante, Sa Majesté, en sa qualité de colonel en chef, s'adressa à son régiment de langue française, d'une façon dont se souviennent encore avec affection les « Van Doos » rassemblés ce jour-là. Voici ce qu'elle leur dit :

Messieurs les Officiers Commandants, Officiers, Sous-Officiers et Soldats :

Je suis heureuse d'être à Québec, avec mon régiment canadien-français, dont je suis fière, et de lui remettre de nouveaux drapeaux.

Je connais votre histoire qui remonte au début de la première guerre mondiale. Les Canadiens français décidèrent alors de lever un régiment rappelant leurs origines. Son insigne porte la devise « Je me souviens ». C'est un hommage émouvant au pays de vos ancêtres.

Sur les drapeaux que je viens de vous remettre sont inscrits les noms de villes françaises à la libération desquelles vous avez participé. Quelle émotion vous avez dû éprouver en libérant ceux de votre sang et quelle joie pour eux d'accueillir les descendants de Français qui, trois siècles avant, étaient partis pour le Canada.

Bien que votre passé ne soit pas long, il est glorieux. Le régiment au cours de deux grandes guerres et des opérations en Corée a su se forger une noble tradition dans l'honneur, la vaillance et le sacrifice.

J'ai pu constater aujourd'hui qu'en temps de paix vous maintenez la même haute tradition de discipline et de bonne tenue. Je vous en félicite vivement.

Je sais que mon père, le roi Georges VI, avait la plus haute estime pour son régiment canadien-français. Il le prouva de façon manifeste en devenant son Colonel-en-Chef en 1938. Ce fut avec joie que je pris sa succession.

Je vous remercie de tout mon cœur du fidèle dévouement que vous m'avez porté dans le passé et sur lequel je sais que je peux toujours compter.

L'alliance qui existe entre vous et le Royal Welch Fusiliers, un autre vaillant régiment dont je suis le Colonel-en-Chef, me réjouit profondément.

Je vous confie ces nouveaux drapeaux avec une confiance absolue. Votre passé me donne la certitude que vous saurez les défendre comme vos ainés ont défendu les anciens drapeaux, sans peur et sans reprocheFootnote 47.

Les drapeaux sont l'incarnation, le symbole visuel de la loyauté envers la Couronne, la nation et l'unité dans laquelle on sert. Mais, malgré l'atmosphère de vénération et la mystique dans lesquelles baignent les drapeaux, ceux-ci sont des objets matériels soumis à l'usure. Autrefois, ils pouvaient être capturés par l'ennemi, comme ce fut le cas de ceux des forces assiégées dans Louisbourg, dont certains, capturés, se trouvent encore dans la cathédrale Saint-Paul à Londres. Comme on n'arbore plus les drapeaux au combat, et s'ils ne périssent pas dans un incendie ou par suite d'un vol, on les met éventuellement en réserve ou on les dépose dans un lieu sûr, comme dans une église, par exemple. De toute façon, on les retire du service toujours avec un grand respect, et tout le cérémonial qui s'impose dans les circonstances.

Étroitement liée à la mise en réserve et au dépôt traditionnels des drapeaux est l'église régimentaire. D'un littoral à l'autre, au Canada, il s'est développé avec les années des liens très étroits entre certaines unités et certains groupements religieux.

Après la grande Guerre de 1914-1918, les drapeaux de l'ancien 79th Cameron Highlanders of Canada furent retirés du service au son de la mélodie The March of the Cameron Men et déposés dans la première église presbytérienne de Winnipeg. C'est là le foyer spirituel du Queen's Own Cameron Highlanders of Canada de Winnipeg, où la population et le régiment peuvent admirer la beauté et le symbolisme de la chapelle commémorative des Camerons et la fenêtre commémorative de vitraux rappelant le souvenir des CameronsFootnote 48.

On procède à la cérémonie du dépôt d'un drapeau lorsque celui-ci est devenu inutilisable et qu'il doit être remplacé par un autre. Une fois qu'un drapeau a été déposé, on ne peut plus le remettre en service.

D'autre part, la cérémonie de dépôt d'un drapeau a lieu lorsqu'une unité est dissoute, placée en inactivité ou mutée à la réserve. En pareil cas, les drapeaux demeurent la propriété de la Couronne, et si l'unité reprend son statut initial elle peut les récupérerFootnote 49. Un bon exemple des deux procédures est le cas du Canadian Guards dont un ensemble de drapeaux a été mis en réserve, et un autre déposé en l'espace de quelques années.

La formation de ce régiment de la Force régulière fut autorisée en 1953. Les drapeaux du 1er bataillon furent présentés en 1957 par le gouverneur général, le très honorable Vincent Massey, ceux du 2e bataillon en 1960 par le successeur de M. Massey, le très honorable Georges-P. Vanier.

Des soldats qui marchent.
Les drapeaux des 1er et 2e bataillons du Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada, défilant pour la dernière fois avant que le régiment passe en réserve, à la BFC de Gagetown, en juin 1970.

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En quelques années ces drapeaux, de soie fine, devaient être remplacés, à cause en grande partie du fait que le détachement des fonctions publiques du régiment s'en était servi quotidiennement au cours de la célèbre cérémonie du « changement de la Garde » sur la colline du Parlement à Ottawa. Le Canadian Guards a en effet exécuté cette cérémonie chaque été, pendant onze ans, à compter de 1959. Le 5 juillet 1967, sur la colline du Parlement, à Ottawa, dans le cadre de la célébration du centenaire de La Confédération canadienne, Sa Majesté la reine, colonel en chef du régiment, présenta de nouveaux drapeaux aux deux bataillons de gardes, lors d'une cérémonie conjointe où des guidons et drapeaux furent également présentés à quatre autres unités, le Ontario Regiment, le Sherbrooke Hussars, le 1st Hussars et le Cameron Highlanders d'Ottawa.

À un moment jugé opportun, les vieux drapeaux usés des Gardes furent mis en réserve au cours de cérémonies impressionnantes. En août 1969, on les conduisit à leurs sanctuaires respectifs, ceux du 1er bataillon, le 31, à la cathédrale Christ Church, et ceux du 2e bataillon, une semaine auparavant, à la basilique Notre-Dame, ces deux églises étant situées à Ottawa. À ces deux occasions, l'ancien rite d'entrée dans un sanctuaire sacré fut observé, les troupes étant déjà entrées dans l'église, le détachement chargé des drapeaux s'approcha de la porte et l'adjudant chargé du défilé, l'épée à la main, frappa la porte avec le pommeau de celle-ci trois fois, selon la tradition. Le clergé à l'intérieur répondit à cet appel et fit entrer le détachement chargé des drapeaux, l'escorte armée gardant ses bonnets à poil sur la tête afin d'avoir les mains libres pour défendre les drapeaux comme jadisFootnote 50. Les drapeaux furent accueillis sur les marches du chœur par le clergé, et placés sur l'autel. Les anciens drapeaux du Canadian Guards se trouvèrent alors mis en réserveFootnote 51. En moins d'un an, les nouveaux drapeaux furent également retirés du service, mais cette fois furent déposés plutôt que mis en réserve.

Lors d'une réorganisation de l'Armée en 1970, le Canadian Guards fut retiré de la Force régulière. Le jour anniversaire de l'invasion de la Normandie, le 6 juin 1970, au son de la mélodie Soldiers of the Queen, les Gardes se rendirent sur la colline du Parlement afin de saluer leurs drapeaux pour la dernière fois. Après avoir entendu un message de leur colonel en chef, la Reine, ils se rendirent à Rideau Hall, sur la promenade Sussex, où l'épouse du gouverneur général, Mme Roland Michener, avait personnellement choisi l'endroit dans la résidence du gouverneur où devaient reposer les drapeaux du régiment, c'est-à-dire le foyer. La cérémonie et le service religieux terminés, on dit que les drapeaux du Canadian Guards sont mis en réserve plutôt que déposés, dans l'espoir qu'ils serviront encore un jourFootnote 52.

Soldat frappant à une porte.

Un officier du 2e bataillon du Regiment of Canadian Guards, exécutant l'ancienne cérémonie qui consiste à frapper à la porte du sanctuaire avec la garde de son épée afin de demander la permission d'entrer pour déposer l'ancien drapeau du régiment, à la Basilique Notre-Dame. d'Ottawa, en août 1969.

On dépose aussi les drapeaux quand il faut les mettre provisoirement en sûreté pendant le temps où une unité est en activité de service. Un jour ensoleillé de mars 1940, une foule immense, sentant qu'un événement historique allait se dérouler dans la ville, se massa à l'extérieur du manège Mewata, à Calgary, pour voir les drapeaux du Calgagy Highlanders sortir des casernes et être transportés sous escorte vers un sanctuaire d'église « pour la durée de la guerre ». Une fois rassemblé, le bataillon emprunta la 7e avenue, baïonnette au canon, pour escorter les drapeaux. Un groupe nombreux de fidèles vit le régiment déposer ses drapeaux dans la cathédrale anglicane du Sauveur. En remettant les drapeaux aux autorités ecclésiastiques, les paroles du commandant, suivies du dépôt des drapeaux sur l'autel, du « présentez armes! » et de l'exécution de Dieu sauve le Roi, comme le rapporte l'historien régimentaire, communiquèrent en quelque sorte le symbolisme de cette cérémonie impressionnante aux hommes de tous grades : « Ces drapeaux consacrés, jusqu'ici arborés au service du roi et de l'Empire, je les confie maintenant à vos mains, afin que vous les gardiez en sûreté dans ces murs pour la durée de la guerreFootnote 53 ».

Il y a peu de doute, cependant, que ce qu'on a le mieux retenu à propos des drapeaux est cette cérémonie des plus émouvantes qu'est le Salut au drapeau. Aux époques les plus reculées, les drapeaux ou étendards, ou encore leurs équivalents plus primitifs, conduisaient les armées au combat, ou servaient de points de ralliement en cas de danger. Il était essentiel que le soldat pût reconnaître son drapeau afin qu'il comprît presque instinctivement qu'elle était son devoir. Il apprit bientôt à considérer et à traiter son drapeau avec le plus grand respect. Pour cela, il lui fallait le voir de près, et c'est précisément ce que rappelle la cérémonie du salut au drapeau. Cette cérémonie consiste à faire défiler le drapeau sous escorte armée, lentement de long en large, devant le régiment rassemblé à cette fin. Chaque soldat du régiment, ou de la compagnie avant l'existence des régiments, regardait avec attention son drapeau afin de pouvoir le reconnaître ensuite dans le tohu-bohu du combat, et ainsi identifier son point de ralliementFootnote 54.

On peut retracer la cérémonie du salut au drapeau au XVIe siècle, ainsi qu'une simple routine appelée « dépôt du drapeau » (Lodging the Colour). On utilise encore le mot « dépôt » dans ce sens-là aujourd'hui. Tout comme le drapeau de la Reine et le drapeau régimentaire sont conservés aujourd'hui, parfois dans un étui en cuir, parfois dans une armoire vitrée au mess des officiers, de même autrefois on déposait en sûreté les drapeaux dans le quartier des enseignes, ou encore on les déposait à la fin du rassemblement final de la journée, ou, pendant une campagne, après le combat de la journée. Les drapeaux étant accompagnés d'une escorte armée, cette cérémonie pas très formaliste se déroulait devant les troupes avec dignité et respect. La même cérémonie se déroulait lorsqu'on allait « chercher » les drapeaux le lendemain. Toute simple que fût la cérémonie du dépôt du drapeau, son rituel est devenu plus élaboré, jusqu'à ce que, en 1755, un règlement de l'Armée britannique en fit une partie de la cérémonie régulière de la montée de la gardeFootnote 55. Le mot « salut » ça graduellement le mot « Dépôt ». Le terme anglais « Trooping » venant du mot « Troop », signifiant dans ce sens-là un battement de tambour ordonnant aux troupes « de se rendre à leur lieu de rendez-vous, ou à leur drapeauFootnote 56. »

Au cours de la cérémonie du salut au drapeau, on ne porte qu'un seul drapeau, sauf lorsqu'il s'agit de la présentation de nouveaux drapeaux, alors qu'il est d'usage de saluer l'ancien drapeau du souverain et l'ancien drapeau régimentaire avant qu'on ne les retire du lieu de rassemblement. On ne salue le drapeau de la reine que lorsqu'une garde est montée pour Sa Majesté, des membres de la famille royale, le Gouverneur général ou un lieutenant-gouverneur, ou encore lors d'un défilé de cérémonie à l'occasion de la fête anniversaire de la reine.

On salue le second drapeau ou drapeau régimentaire à des nombreuses occasions au Canada aujourd'hui. Par exemple, le 6 juin 1970, à la BFC de Gagetown, deux bataillons du Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada saluèrent leurs drapeaux pour marquer leur licenciement de la Force régulière. À plusieurs reprises, le 48th Highlanders of Canada a exécuté cette cérémonie au stade de l'Exposition nationale du Canada et à l'aréna Maple Leaf Gardens à Toronto, devant des foules nombreuses, les bénéfices étant ensuite versés à des institutions de charité méritoiresFootnote 57. Le guidon du British Columbia Dragoons, présenté en 1967 par Son Altesse royale Alexandra de Kent, est salué annuellement dans l'une des trois villes de la vallée de l'Okanagan, Vernon, Kelowna ou PentictonFootnote 58.

Enfin, pour revenir au symbolisme des drapeaux, rappelons que celui-ci est rappelé de façon très spéciale aux officiers et hommes d'un régiment de milice. Chaque année, au printemps, le Royal Montreal Regiment consacre de nouveau ses drapeaux dans l'église régimentaire Saint Matthias, de Westmount, « à la mémoire de tous nos morts de guerreFootnote 59 ».

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