Quelques marques distinctives

Un écusson est un signe, un symbole ou une marque distinctive visant à identifier celui qui le porte. Les origines de ce concept d'identification se perdent dans les brumes des temps préhistoriques. Cependant, le système d'écussons et autres symboles d'identification employé dans les Forces canadiennes nous vient de notre héritage européen. À l'époque de la chevalerie, les chevaliers armés de pied en cap et casqués avaient besoin de signes sur leurs boucliers pour indiquer leur identité, tout comme l'avaient fait les fameux étendards des légions de l'Empire romain, plus de mille ans auparavant. C'est ainsi que les écussons et autres marques distinctives employés dans les Forces canadiennes aujourd'hui sont inextricablement liés à l'histoire et aux traditions des unités militaires qu'ils identifient. Certains de ces symboles ne datent que de quelques mois, mais d'autres remontent aux débuts de la nation, et même à une époque antérieure.

L'insigne de la poche de poitrine, formé de quatre têtes de flèche, du Commandement de la Force mobile, remonte à l'unification des Forces canadiennes en 1968. L'oiseau de feu du 426e escadron est né du service du temps de guerre en 1943. Le saumon sautant du Skeena, coulé dans le bronze, apparut sur le tendelet arrière de ce destroyer juste après sa mise en service en 1931. La gazelle bondissante du Royal Canadian Dragoons tire son origine d'un incident de la guerre des Boers en 1900. Le Royal Hamilton Light Infantry (Wentworth Regiment), créé en 1862, partage avec des régiments comme le Brockville Rifles, le North Saskatchewan Regiment et le Princess Patricia's Canadian Light Infantry, l'emblème bien connu du XVIIIe siècle, la corne à poudre ornée de glands du tirailleur. Ces écussons d'unité sont au nombre de centainesNote de bas de page 1, et constituent des symboles visuels des réalisations magnifiques des forces militaires du Canada, en temps de paix comme en temps de guerre, au cours de notre riche histoire. Ils sont également une inspiration constante pour les hommes et femmes qui servent avec fierté le peuple canadien aujourd'hui.

Outre les écussons d'unité, il existe plusieurs symboles dans les Forces armées, dont chacun sert à identifier et dont chacun a une origine fort intéressante. L'un d'eux est la rondelle qui identifie les avions des Forces canadiennes.

Lorsque les premiers aéroplanes du Royal Flying Corps arrivèrent en France en 1914, leurs pilotes constatèrent bientôt à quel point il était nécessaire de pouvoir s'identifier comme étant eux-mêmes des Britanniques. Les alliés, autant que l'ennemi, leur tiraient dessus! On essaya plusieurs marques distinctives, y compris l'Union-Jack qui, de loin, malheureusement, ressemblait beaucoup à la croix utilisée par l'ennemi.

En fin de compte, le R.F.C. s'adressa à ses alliés français qui avaient déjà mis au point une rondelle formée de trois cercles concentriques de couleurs rouge, blanche et bleue, et inspirée du tricolore français. Les Britanniques ne firent que renverser l'ordre des couleurs, plaçant le bleu à l'extérieur, et le rouge au centre. La rondelle utilisée dans les Forces canadiennes découle donc de celle utilisée par les Français, et adaptée par le Royal Flying Corps et le Royal Naval Air ServiceNote de bas de page 2.

En 1921, l'Aviation canadienne naissante fut autorisée à utiliser sa propre adaptation, c'est-à-dire l'enseigne bleu pâle de la Royal Air Force, arborant la rondelle sur le battant. Trois ans plus tard, le 1er avril 1924, l'Aviation royale canadienne était née, et sa marque d'identification continua d'être la rondelle britannique utilisée dans tout l'Empire pour identifier les avions militaires.

C'est en 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, que le C.A.R.C. fut autorisé à remplacer le cercle rouge intérieur par la feuille d'érable rouge. Cependant, cette mesure fut retardée jusqu'à la fin des hostilités. Les avions militaires canadiens ont commencé à arborer la rondelle ornée d'une feuille d'érable en 1946Note de bas de page 3. Enfin, une décision de 1965 fit de la feuille d'érable stylisée à onze pointes du nouveau drapeau national la pièce centrale de la rondelle canadiennesNote de bas de page 4.

L'adoption de la feuille d'érable comme emblème du peuple canadien commença à devenir de plus en plus populaire dès le début du XIXe siècle. Graduellement, avec les années, cet emblème est devenu très bien connu dans le monde entier, grâce à toutes sortes de moyens, dont le moindre ne fut pas sa figuration sur les navires de guerre du Canada. Un règlement courant se lit ainsi : « Les navires doivent porter une feuille d'érable rouge sous forme d'écusson métallique ... de chaque côté de la cheminée, ou sur le côté du hangar dans le cas des DDH 280 » (c'est-à-dire les nouveaux destroyers de la classe « Tribal ») tel que l'Iroquois »Note de bas de page 5. Le port de l'écusson de la feuille d'érable sur les cheminées des navires de guerre canadiens est une tradition qui remonte à quelque soixante ans.

En novembre 1917, quatre vaisseaux de patrouille en bois de la Marine royale canadienne, appelés chalutiers, prirent la mer à Halifax, avec comme escorte l'aviso, Shearwater, pour aller servir dans la Royal Navy au large de la côte ouest de l'Afrique. Montés en grande partie par des équipages canadiens, ce ne fut pas long avant que ces petits navires arborent des feuilles d'érable vert clair sur leurs cheminéesNote de bas de page 6.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le port de la feuille d'érable verte comme écusson de cheminée fut officiellement autorisé par la Commission navale. À cette époque, tous les navires de Sa Majesté, de quelque pays du Commonwealth, arboraient fièrement le pavillon blanc. L'écusson de la feuille d'érable identifiait facilement tout navire de la Marine royale canadienne. Ce symbole survécut jusqu'en temps de paix, mais la couleur de la feuille d'érable fut changée de vert à rouge, comme c'est encore le cas aujourd'hui.

La feuille d'érable qui figure sur les cheminées des navires de guerre canadiens évoque une tradition d'un siècle, celle du symbole qui identifie un navire d'une force ou formation particulière. De nos jours, les destroyers et navires plus petits sont organisés en escadres, alors qu'autrefois ils l'étaient en flottilles ou groupes. Pendant la Seconde Guerre mondiale dans l'Atlantique, certains groupes de frégates arboraient un numéro sur leur écusson de cheminée, à l'intérieur de la feuille d'érable, pour indiquer qu'ils appartenaient à un groupe d'escorte numéroté. Mais le symbole de cheminée le mieux connu de la Marine royale canadienne, pendant la longue bataille de l'Atlantique, est peut-être celui du Groupe C-5 de la Force d'escorte du milieu de l'océan, d'abord appelé la Force d'escorte de Terre-Neuve.

Lorsque les pertes de navires marchands, attribuables à l'action des « meutes » sous-marines allemandes, devinrent extrêmement graves en 1941-1942, une partie de l'antidote contre de tels désastres consistait à escorter de près les convois, depuis leur départ jusqu'à leur destination, y compris le grand vide du milieu de l'Atlantique, entre les Grands Bancs de Terre-Neuve et les approches occidentale de la Grande-Bretagne. Les destroyers, corvettes et, plus tard, les frégates qui assuraient cette protection étaient organisés en Groupes C. L'un d'eux était le Groupe C-5. Les cheminées des navires de ce groupe arboraient des bandes obliques rouges et blanches, de sorte qu'on baptisa bientôt le C-5 du nom de « brigade du poteau de barbier ».

Il existait déjà une tradition bien établie selon laquelle lorsque les nouvelles corvettes canadiennes prenaient la mer pour la première fois, on le faisait glisser sur leurs couettes au son de la chanson The Road to the Isles, ce qui était fort approprié à la circonstance. Il ne fallut guère de temps avant que le symbole de cheminée évoquant un poteau de barbier et la mélodie qui exprimait si bien le mouvement des vagues de l'Atlantique inspirent les paroles de la chanson Barber Pole Song au lieutenant-médecin W.A. Paddon, de la Réserve volontaire de la MRC, attaché à la corvette Kitchener.

Depuis ce jour, il y a quelque trente-cinq ans, le symbole rouge et blanc en forme de poteau de barbier orne le mât des piédestaux de radar des navires de la 5e escadre de destroyers canadienne, héritière d'une fière tradition. Et le Barber Pole Song est encore chanté avec grand enthousiasme partout où des marins se réunissent au son de la mélodie familière The Road to the Isles, dont voici le premier couplet et le refrain :

It's away outward the swinging fo'c's'les reel
From the smoking seas' white glare upon the strand

It's the grey seas that are slipping under keel
When we're rolling outward bound from Newfoundland.

Chorus

From Halifax or Newfiejohn or Derry's clustered towers
By trackless paths where conning towers roll
If you know another group in which you'd sooner spend your hours
You've never sailed beneath the Barber Pole!
lt's the grey seas that are slipping under keel
When we're rolling outward bound from Newfoundland.

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Il est un écusson des Forces canadiennes aujourd'hui qui a déjà fait l'objet d'une controverse amicale fort animée. Il s'agit de cette espèce d'oiseau aux ailes déployées qui orne l'écusson de la Direction des opérations aériennes des Forces canadiennes, et qui est modelé sur l'insigne de l'Aviation royale canadienne. Le débat se poursuit depuis des générations et surgit encore dans les journaux de nos jours, et cela malgré la clarté de l'évidence. À vrai dire, le sujet est si familier aux aviateurs qu'on appelle toujours le point central de toute discussion « l'oiseau ».

Toute cette affaire a commencé en 1914 lorsque l'Amirauté britannique a édicté un règlement statuant que les officiers du Royal Naval Air Service (R.N.A.S.) nouvellement établi porterait un aigle au-dessus du ruban doré de grade sur la manche gauche de leur veston d'uniforme. Un aigle devait également remplacer l'ancre sur l'écusson de casquette et les boutons de veston des officiers. Mais durant les combats en mer, les marins volants du R.N.S.A., dont bon nombre étaient des Canadiens, en vinrent en quelque sorte à se convaincre qu'aucun marin digne de ce nom ne pouvait arborer autre chose qu'un « albatros apte à prendre la mer »Note de bas de page 7.

Puis, en 1918, le Royal Flying corps (R.F.C.) et le R.N.A.S. furent combinés pour former la Royal Air Force (R.A.F.). L'insigne de grade et « l'oiseau » du R.M.A.S. furent adoptés par la R.A.F. Éventuellement, l'Aviation royale canadienne (R.C.A.F.) fut solidement établie en 1924, et les règlements sur l'uniforme de la nouvelle Aviation précisèrent que « L'oiseau » était un aigle. Mais il va sans dire que les vétérans du R.N.A.S. incorporés dans l'A.R.C. répandirent bientôt la rumeur d'une conspiration infâme et rétablirent le « fait » que l'écusson de l'A.R.C. représentait en réalité un albatrosNote de bas de page 8. Même la description officielle du Collège des hérauts, « un aigle volant affronté, la tête abaissée en senestre », approuvée par le roi George VI en 1943, n'eut guère d'effet sur ceux qui proclamaient : « Ce c'est pas un aigle du tout, mais, — comme tout imbécile peut le voir clairement, — un albatros!Note de bas de page 9 »

Il existe un à-côté intéressant à cette histoire d'« oiseau ». C'est une coutume bien connue dans les milieux militaires que le motif principal d'un collier de chien et d'un écusson de revers d'habit, s'il n'est pas symétrique, doit toujours faire face vers l'intérieur. Par exemple, se faire prendre à porter le cerf du Grey and Simcoe Foresters faisant face vers l'extérieur, c'est s'attirer de sévères sanctions au bar ou une corvée supplémentaireNote de bas de page 10. Pourtant, l'aigle de la Direction des opérations aériennes, porté sur le revers de l'habit, est correctement orienté vers l'extérieur, et la raison remonte encore une fois à 1914. Sur les écussons du Royal Naval Air Service, l'aigle faisait face à senestre, c'est-à-dire du côté gauche du porteur, sa conception, dit-on, ayant été inspirée par une épingle d'une dame de l'époque. Lorsque des officiers de marine étaient tenus de porter l'aigle sur la manche gauche, « l'oiseau », bien sûr, faisait face vers l'arrière. C'est encore le cas aujourd'huiNote de bas de page 11.

Alors que les écussons de tous les escadrons aériens, de la majorité des régiments, et de toutes les bases et stations sont surmontés de la couronne royale, ceux des navires de guerre canadiens sont tous entourés d'un câble surmonté de la couronne astrale d'origine romaine, ce symbole est formé d'un petit cercle renfermant les poupes de quatre navires de ligne, chacun étant orné de trois lanternes de dunette et de quatre voiles carrées, chacune de celles-ci étant étendue sur un mât et une vergue et pleinement gonflée et fixée solidement. Les coques et les voiles sont placées alternativement autour du petit cercle. On trouve également la couronne navale sur le battant de l'Union-Jack naval des Forces canadiennes, autorisé en 1968.

Un auteur du XVIIIe siècle affirme que la couronne navale a été conférée à titre d'éloge « aux officiers, etc. qui, les premiers, ont abordé un navire ennemiNote de bas de page 12 ». Comme les couronnes de lauriers de l'Antiquité, on peut retracer la couronne royale jusqu'aux Romains, qui l'appelaient Corona Novalis, ou Rostrata (peut-être deux marques différentes de distinction, toutes deux mentionnées dans l'Énéide de Virgile); cette couronne navale était donnée à tout marin qui, le premier, abordait un vaisseau ennemi. À une époque plus récente, la couronne navale a été accordée à titre de nouveau meuble honorable aux armoiries d'officiers de marine éminents comme, par exemple, le comte St. Vincent et lord NelsonNote de bas de page 13.

Un autre motif héraldique utilisé dans les Forces canadiennes est la couronne astrale, symbole d'origine tout à fait récente. L'écusson du Commandement aérien a été approuvé en 1975, année de son établissement, et est formé d'un aigle émergeant d'une couronne astrale canadienne. On pourrait décrire celle-ci comme un petit cercle arborant huit étoiles autour de sa base et portant quatre feuilles d'érable, dont chacune repose à l'intérieur d'une paire d'ailes élevéesNote de bas de page 14. S'inspirant de la couronne astrale de la Royal Air Force, le motif canadien a été approuvé par Sa Majesté la reine en 1975.

Il y a quelque chose d'énigmatique dans l'ancien écusson des marins du monde entier, l'ancre engagée (Foul anchor). Une définition de dictionnaire d'il y a un siècle précisait en ces termes les connotations de cette expression: « On dit qu'une ancre est engagée, soit lorsqu'elle accroche un obstacle sous l'eau, ou lorsque le navire, par l'action du vent, enchevêtre son câble lâche autour du jas d'ancre ou qu'il surpatte l'aile de l'ancre. La dernière fois que la chose peut être évitée par une surveillance attentive s'appelle la disgrâce du matelotNote de bas de page 15. » Si l'ancre engagée illustre, en fait, le pire exemple de mauvais matelotage, nul n'a jamais trouvé l'explication du grand prestige qu'on attache à cet écusson.

L'ancienneté de cet écusson n'est pas contestée. On en trouve des traces évidentes dans des vestiges de pierre de la Rome antique, sur un sceau anglais de 1601, sur le drapeau d'un amiral britannique de 1695, ainsi que sur les armoiries de divers lords grands-amiraux et sur des pages titres impriméesNote de bas de page 16. L'ancre engagée était le principal symbole de l'écusson officiel de la Marine royale canadienne. Elle était fièrement portée sur les manches d'uniforme des sous-officiers et quartiers-maîtres, ainsi que sur les épaulettes d'uniforme de gala des officiers de marine. L'ancre engagée, conformément à sa longue tradition, occupe une place d'honneur dans les Forces canadiennes d'aujourd'hui: écusson des Forces canadiennes (1967) et Pavillon (1967); écusson du Commandement maritime (1968) et Union-Jack naval (1968); et écusson de la Direction des opérations navales (1973).

Pourtant, il n'existe aucune preuve irréfutable attestant pourquoi la « disgrâce du marin » a toujours occupé une place si éminente dans les affaires des marins et de la mer. Peut-être s'agit-il simplement d'une question de dessin. Il se peut qu'un artiste d'autrefois ait tracé un vestige de câble enroulé autour de l'anneau de l'ancre, licence artistique semblable à celle qui a présidé à la création du motif héraldique appelé « gouvernail ancien », qui orne l'écusson du Bytown, et sur lequel la barre franche figure de dos sur la tête du gouvernail, afin de rendre le motif plus beau.

L'écusson des Forces canadiennes, qui est entré en usage dès l'unification des trois armes en 1968, est un mélange des trois principaux motifs des anciens écussons de la Marine royale canadienne, de l'Armée canadienne et de l'Aviation royale canadienne. En voici sa description héraldique :

« À l'intérieur d'une couronne de dix gueules de feuilles d'érable stylisées, une cartouche azur bordée d'or, portant une ancre engagée en or, surmontée d'épées de croisés en sautoir argent et azur, à pommeau et garde or; et, en avant, un aigle volant affronté, la tête à senestre or; le tout surmonté d'une couronne royale proprement diteNote de bas de page 17

La contribution de l'Armée à ce motif est, évidemment, les épées de croisés. L'origine de ce motif est intéressante.

En 1935, un officier du War Office à Londres, le capitaine Oakes-Jones, fut chargé de dessiner un écusson destiné à représenter l'Armée britannique dans un vitrail de la cathédrale d'Ypres, en l'honneur du commandant belge bien-aimé du temps de guerre, le roi Albert. Le principal motif de cet écusson était les épées croisées et, après une légère modification, ce motif devint celui de l'écusson officiel de l'Armée britannique en 1938.

Peu après la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'il devint souhaitable d'avoir un seul écusson pour représenter l'Armée canadienne, le principal motif, les épées en sautoir, fut emprunté de l'écusson britannique afin de symboliser les liens historiques entre les deux forces. Le modèle des épées fut également modifié de manière à représenter des épées de croisés afin de reconnaître ainsi que les croisades du Moyen âge avaient, selon la tradition chrétienne, élevé la guerre à la dignité d'un dépôt sacré, selon lequel on ne tire l'épée que pour défendre ce qui est moralement bien et le faible contre le puissant. L'écusson de l'Armée canadienne a été approuvé par le roi George VI en 1947.Note de bas de page 18

Ces épées croisées, de même que l'ancre engagée de la Marine et l'aigle volant de l'Aviation, à l'intérieur d'une couronnes de feuilles d'érable, le tout surmonté d'un couronne de Saint-Édouard, forment l'écusson des Forces canadiennes d'aujourd'hui.

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