Termes et expressions 

Les coutumes et les traditions servent à de nombreuses fins; entre autres, elles perpétuent le mode de vie dans les Forces armées d'une génération à l'autre. ll y a en particulier le langage de tous les jours, les termes et les expressions en usage chez les militaires (hommes et femmes), en temps de paix comme en temps de guerre. Le langage militaire fait partie des coutumes et des traditions qui assurent une continuité entre le mode de vie des militaires d'aujourd'hui et celui de leurs prédécesseurs.

Abri de fortune (Hoochie)

Abri de soldat en campagne, construit à partir de matériaux naturels sur place; par exemple, un appentis fait de branches de conifères. Veut aussi dire au sens figuré un logement ou campement.

Accoutrement du jour (Rig of the Day)

Tenue vestimentaire d'un matelot tel que stipulée par le règlement lorsqu'un ordre de service courant est donné ou sifflé. L'appel « Hands to clean » ne signifie pas qu'il faut nettoyer, mais plutôt que les matelots du bateau doivent se présenter dans « l'accoutrement du jour » prescrit.Note de bas de page 1

Adjudant (Warrant Officer)

Ce terme désigne trois grades de sous-officier d'expérience du Service : adjudant-chef (Chief Warrant Officer) qui a remplacé le sous-officier de 1ère classe (Warrant Officer Class 1) dans les armées de terre et de l'air et qui correspond au premier maître principal (Chief Petty Officer 1st Class ) sur les navires de sa Majesté; adjudant-maître (Master Warrant Officer ), anciennement sous-officier de 2e classe (Warrant Officer Class 2) et équivalent au second maître principal (Chief Petty Officer 2nd Class); adjudant (Warrant Officer) qui comprend le sergent quartier-maître (quartermaster Sergeant), le sergent d'état-major (Staff Sergeant) et le sergent de section (Flight Sergeant) des anciennes Forces armées, et est à l'opposé du premier maître (Petty Officer 1st Class) sur les navires de sa Majesté.Note de bas de page 2

L'anglais « warrant » remonte au Moyen-âge et au vieux français « warant », lui-même une variante de « guarant » ou « garant ». Il existe des racines similaires dans les vieux mots allemands « warent » et « wahren ». Même aujourd'hui, le mot a de nombreuses significations mais, dans le contexte militaire, il signifie une autorisation accordée par une personne à une autre de faire quelque chose qui n'est pas permis autrement, quelque peu comme une mission.

De fait, un adjudant-chef reçoit aujourd'hui une autorisation, un document qui porte la signature et le sceau du ministre de la Défense nationale. En voici un extrait :

En vertu de l'autorité qui m'est conférée à cette fin par Son Excellence le Gouverneur général en conseil, je vous constitue et nomme, vous ledit ... au grade de ... à compter du ... grade que vous continuerez de détenir pendant le bon plaisir de l'honorable Ministre de la Défense Nationale.

La fusion des grades de sous-officiers (et leurs équivalents) dans les trois anciennes armés a commencé en 1949 lorsque la hiérarchie des grades et les échelles de soldes ont été uniformisés, mais non les titres de grade. C'est à cette époque que le sous-officier de marine (qui portait un anneau étroit) et le sous-officier promu au grade d'officier (qui portait le même anneau large que le sous-lieutenant) qui vivaient tous les deux dans le carré des officiers ont commencé à disparaître. De fait, c'est la normalisation de la hiérarchie des grades qui a mis en évidence les origines très différentes de ces sous-officiers d'expérience qui, au cours des siècles, ont occupé des postes de commandement entre les niveaux d'homme de troupe et d'officier.

Historiquement, le sous-officier des armées de terre et de l'air était un soldat d'expérience qui avait des qualités de chef et qui était spécialement choisi pour une mission par le colonel du régimentNote de bas de page 3, tout comme le capitaine d'un navire de combat choisissait ses officiers mariniers parmi ses meilleurs matelots brevetés.

Mais l'ancien sous-officier de marine n'était pas du tout la même personne que l'officier marinier. Ce type spécial de sous-officier ne tire pas son origine du « warrant » ou document lui accordant l'autorisation d'agir, mais plutôt des demandes de matériel ou de magasin. Cette idée remonte aux débuts de la Royal Navy, sous le règne de Henri VIII, au XVIe siècle.

Lorsque le roi voulait un navire pour les besoins de sa marine, ce dernier était réquisitionné par mandat chez son propriétaire, ce qui signifiait à l'époque des Tudor que le bâtiment arrivait à l'arsenal du roi au complet, magasins et officiers (réquisitionnés par mandat — Warrant Officers) compris. Il était impensable à cette époque qu'un navire réquisitionné par le roi n'arrivât pas sans son capitaine, son maître d'équipage, son carpentier, son cuisinier et plus tard son canonnier. Ils faisaient partie du navire : officiers réquisitionnés par mandat (warrant). Ils venaient avec le bateau et y vivaient aussi lorsqu'il étaient de « réserve ». C'étaient les officiers qui faisaient marcher le bateau. Quand venait le temps d'aller combattre, le roi faisait monter ses soldats et ses officiers à bord — officiers mandatés par le roi (commissioned officers). Après l'opération navale, ils descendaient à terre, mais non les autres, les sous-officiers (Warrant Officers)Note de bas de page 4.

Amiral (Admiral)

Le grade d'amiral est attribué au commandant en chef de la Marine d'un pays, à un officier principal de marine commandant une flotte ou une escadre, ou encore un commandement ou une station à terre. Avant que le regroupement des trois armés ne soit réalisé, les amiraux assumant de telles fonctions étaient appelés officiers d'ordonnance. Le mot amiral vient du mot arabe « émir » ou « amîr » qui signifie « chef ». Le terme a fait son chemin vers l'Occident en passant par le berceau des navigateurs, la mer Méditerranée, où on le rencontre sous diverses formes : « amiralus » en latin du Moyen âge, « amirail » en vieux français et « almirante » en espagnol. En Angleterre, le terme Admiral, après avoir subi plusieurs transformations depuis le Moyen âge, s'est imposé définitivement pour désigner le commandant en chef d'une flotte, et ce à partir du XVIIe siècle. À l'époque de la navigation à voile, l'escadre principale occupant le centre d'une grande flotte était commandée par l'amiral de la flotte; l'escadre occupant le tête de la flotte était commandé par le vice-amiral; complétant la formation à l'arrière se trouvait une troisième escadre ou arrière-garde commandée par le contre-amiral (Rear-Admiral); d'où le nom actuel des grades.Note de bas de page 5

Dans le langage traditionnel des marins anglais, le terme prend un sens inusité, comme en fait foi une proclamation royale du 26 juin 1708, où il est question de fishing admirals. Chaque année, des flottes de bateaux de pêche se rendaient dans les eaux de Terre-Neuve, jetant l'ancre dans de nombreux havres et anses; les pêcheurs faisaient sécher leurs prises sur la terre ferme, puis l'automne venu, retournaient en Europe, leurs cales remplies de poisson séché. Pour assurer une certaine discipline dans ces ports d'escale, on nommait le capitaine du premier bateau accosté « amiral provisoire de tel havre ou de telle anse », le capitaine du second bateau vice-amiral, ainsi de suite. Chacun devait se plier aux décisions de l'amiral en ce qui concerne les droits à terre et les éventuelles contestations.Note de bas de page 6

Artillerie (Artillery)

Canons utilisés par l'armée; arme ou service de l'armée de terre qui utilise des canons. D'origine française lointaine, le terme vient d'artiller qui veut dire équiper ou armer. Initialement, l'artillerie englobait une grande partie du matériel de guerre, y compris toutes les armes de type projectile. En 1539, le « Corps d'artillerie des archers, des arbalétriers et des mousquetaires » a marché d'Algate, cité de Londres, sur Westminster, où il a été passé en revue par le roi Henri VIINote de bas de page 7.

Bataillon (Battalion)

Ce mot est d'origine obscure. Il remonte au moins au XVIe siècle où on le retrouve sous l'ancienne forme française « bataillon », et semble avoir la même origine que le mot  « battle »Note de bas de page 8 (bataille) Traditionnellement, le bataillon est une unité d'infanterie composée de plusieurs compagnies, et fait partie d'une brigade ou d'un régiment. Sur le plan de l'organisation, on a fait subir au bataillon de nombreuses modifications au cours des siècles afin de l'adapter à ses différents rôles et aux différentes tactiques, ainsi qu'aux progrès sur le plan de la technique et de la théorie de la guerre. Aujourd'hui, dans les Forces canadiennes, le terme « bataillon » signifie deux choses : un régiment d'infanterie peut comporter un, deux ou plusieurs bataillons; chacun étant doté d'effectifs et de matériel de combat; le bataillon est aussi l'unité administrative de soutien des troupes, le bataillon des services généraux.

Belle de hangar (Hangar Queen)

Aéronef stationné au sol dans un hangar dont on se sert des pièces pour réparer d'autres appareils. Un tel échange de pièces et de matériel est provisoire et ne doit pas être considéré comme un « dépouillement » ou un emprunt permanent.

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Billet (Chit)

Forme raccourcie de chitty, mot anglo-indien qui vient de chitthi signifiant une note écrite ou un bon tenant lieu de comptant pour l'achat de rafraîchissements au mess.

Bivouac

Campement sans tente ni baraquement. Semble venir de l'allemand « beiwacht » qui a une certaine connotation avec watch (veille) ou guard (garde).

« Bleus » (Awkward Squad)

Ce terme tenant de la moquerie est encore utilisé à l'occasion. Il correspond aux recrues qui ont de la difficulté à coordonner leur activités et qui, partant, sont lents à se conformer aux exigences de leurs instructeurs. Il s'agit d'un phénomène qui date de longtemps. Le général Amherst, lors de sa remontée de l'Hudson en 1759 à destination de Montréal, a ordonné à ses « bleus » de procéder à deux exercices par jour sous la surveillance de leurs propres compagnons d'arme; les fantassins qui faisaient feu avant d'en recevoir l'ordre devaient se soumettre à l'exercice du soir en compagnie des « bleus »Note de bas de page 9 De la même façon, à la levée de Newfoundland Regiment of Foot de Sa Majesté (1780-1783, on avait prévu dès le départ un entraînement pour les « bleus »Note de bas de page 10

Brigadier-général (Hoochie)

Grade entre ceux de colonel et de major-général. Une définition remontant à l'époque de Wellington a résisté assez bien à l'épreuve du temps, même si la terminologie en a été modifiée : « Le brigadier est un officier de l'armée dont le grade se situe immédiatement au-dessus de celui de colonel et qui est nommé au commandement d'un corps appelé brigade, composé de plusieurs bataillons ou régiments »Note de bas de page 11. Le terme tire son orgine de l'italien « brigata » qui signifie compagnie et qui se rapproche de « brigare » (bagarre) et de « briga » (conflit). Pendant une certaine période dans les Forces canadiennes, le grade n'était que « brigadier ». Le terme brigadier-général a été rétabli en 1968Note de bas de page 12.

Capitaine (Captain)

Aujourd'hui dans l'armée, le terme « capitaine » a plusieurs significations. Le grade capitaine de marine équivaut à celui de colonel, tandis que celui de capitaine dans les Forces de terre et de l'air se situe entre ceux de lieutenant et de major. En termes de fonctions, il y a le capitaine de vaisseau et le capitaine d'aviation. Le mot « capitaine » vient du latin « caput » qui signifie « tête ». Comme c'est la tête qui commande aux autres parties du corps, on s'imagine facilement comment les Romains en sont venus à utiliser le mot « capitaneus » pour désigner celui qui commandait aux troupes. Une très longue tradition veut que le capitaine soit l'officier qui commande à une unité de taille d'une compagnie, soit 100 à 200 hommes. Même dans la marine, le mot « capitaine » est d'origine militaire. Par le passé, la manœuvre et la navigation essentielles pour voyager en mer, incombaient au maître d'équipage et au patron, ce dernier terme étant encore en usage dans la marine marchande. À bord, le capitaine commandait à ses soldats au moment du combat, tandis que le patron, le navigateur, assurait le transport des troupes au bon endroit, que ce fût en mer ou sur la terre ferme. Avec l'introduction au XVIe siècle des « gros canons » sur les navires, le patron devint aussi capitaine, commandant non seulement aux matelots, mais aussi aux troupes de combatNote de bas de page 13.

Caporal (Corporal)

Le maître caporal d'aujourd'hui est le caporal d'autrefois qui était un chef de troupe. Ce vocable vient de l'italien « capo di squadra » (chef d'escadre), parfois écrit « capo de escadra » qui suggère escadre ou escadron; on peut aussi faire un rapprochement avec le carré, ancienne formation de combat. Les Anglais utilise le mot « corporal », tandis qu' en français, le terme est « caporal ». Le soldat sir James Turner, dans son Pallas Armata (1683), a décrit, en termes plutôt lacoruques, la fonction de l'ancien caporal :

« Le caporal... avait une autorité absolue sur son escadron, et nul ne devait lui désobéir; sinon le caporal pouvait le battre avec son épée et le jeter en prison... et il se doit de leur montrer à monter la garde... à leur enseigner tout ce qui concerne leur tenue, ainsi qu'à manier leurs armes. Comme vous le voyez, nos caporaux avaient amplement de travail pour justifier leur solde »Note de bas de page 14

Carré des officiers (Wardroom)

Mess des officiers de marine. L'origine exacte du mot anglais est inconnue. On a dit que « wardroom » venait de « ward robe », soute où l'on déposait les butins. La pièce était située sous la cabine du capitaine, laquelle se trouvait au fond, sous le gaillard d'arrière.

Lorsqu'il n'y avait rien, le carré, étant adjacent aux cabines des officiers, servait de messNote de bas de page 15. C'était ainsi sur les navires de ligne. Sur les frégates et les navires plus petits, le mess des officiers se trouvait dans la chambre des canons. Les aspirants de marine qui servaient habituellement sur les plus gros navires de la flotte dormaient et mangeaient au fond du bateau, dans la « carène » ou le Midshipmen's Berth (cale des aspirants)Note de bas de page 16.

Le mot « wardroom » ou « ward robe » est presque sans aucun doute entré en usage au XVIII• siècleNote de bas de page 17. Il apparaît une des premières fois écrit en lettres moulées dans un rapport rédigé au large de la côte portugaise, en avril 1758, année de la prise de Louisbourg. Lorsqu'un navire de ligne de 90 canons a été la proie des flammes, les lieutenants du navire qui n'étaient pas de garde en ont été informés de la façon suivante : « La sentinelle passa le mot dans le carré des officiers, à savoir que l'avant de notre bateau le Prince George était en feu »Note de bas de page 18.

Colonel

Grade qui aujourd'hui désigne un officier principal d'état-major, et non pas un général ni l'officier principal d'un régiment, à une exception près : le régiment aéroporté canadien qui est composé de trois corps francs capables de fonctionner indépendamment les uns des autres est commandé par un colonelNote de bas de page 15. Le terme remonte à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle au moment où la réorganisation des forces armées (compagnies sous les ordres de capitaines, regroupées en régiments commandés par des colonels) avait déjà été amorcée. L'origine du mot lui-même est inconnue.

On l'écrivait parfois « coronel » selon l'orthographe française de l'époque qui rappelle le mot « couronne ». Cette pratique a toutefois donné lieu à plusieurs conjectures touchant même les insignes, et remis en question l'autorité même du colonel. En italien, le mot « colonnello » se rapproche de « colonna » qui veut dire colonne.

Commander

Le grade de commander (qui n a pas d'équivalent français) vient de la situation de commandement partagé qui remonte à l'époque des premiers navires de guerre où le capitaine commandait les troupes de combat et le maître les matelots pour ce qui a trait à la navigation. Avec l'introduction à l'époque d'Henri VIII des gros canons sur les navires de guerre, les matelots sont devenus à la fois marins et soldats. À mesure que les navires ont grossi en tonnage et en puissance d'artillerie, le capitaine au commandement du vaisseau de ligne avait sous ses ordres un maître qui était le navigateur en chef; sur les navires plus petits les deux fonctions était cumulées par un seul officier appelé « maître et commander ».

Au milieu du XVIIIe siècle, le premier terme est disparu lorsqu'on a créé un poste d'officier pour libérer le commander de ses fonctions de navigateur, mais ce n'est qu'à partir de 1794 que le grade de commander a été reconnu officiellement dans la Royal NavyNote de bas de page 19.

En 1875, un lieutenant dont l'ancienneté était de huit années était promu au grade de Lieutenant-commander, grade qui a été officiellement reconnnu en 1914Note de bas de page 20.

Commando

Corps franc composé de soldats ayant suivi un entraînement possée en vue de l'exécution de tâches ou de missions spéciales. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les commandos britanniques étaient des troupes de choc amphibies qu'on utilisait souvent lors de raids ou d'opérations à objectifs limités. Il s'agit d'un mot portugais qui vient de « commander » (commander), et du mot latin « commandare ». Le terme, employé par les Boers, est devenu populaire pendant la guerre du même nom en Afrique du Sud au début du XXe siècle. Le mot sert aujourd'hui dans les Forces canadiennes à désigner les trois corps francs du régiment aéroporté canadien : les deux commandos de parachutistes et le commando motorisé.

Commodore

Contrairement à la pratique dans la Royal Navy, le grade de commodore est permanent dans les Forces canadiennes et se situe entre ceux de capitaine et de contre-amiral. En mer, le commodore est traditionnellement au commmandement d'une escadre distincte. Aujourd'hui, le commodore est l'officier principal embarqué. Le terme vient du hollandais « Commandeur », vocable utilisé aux Pays-Bas à partir de 1652. C'est le roi Guillaume III d'Orange qui a introduit le grade dans la Royal Navy en 1688Note de bas de page 21.

Il existe un vieux proverbe au sujet du commodore. C'était la coutume au XVIIe siècle de tirer du canon au coucher du soleil, lorsque le navire mouillait dans un port, avant de baisser pavillon. Après le coup de canon, on pouvait entendre les mots suivants : « Le commodore est rentré dans ses quartiers », qui veulent dire : « S'il a terminé sa journée, eh bien moi aussi »Note de bas de page 22.

Commissaire du bord (Pusser ou Purser)

« Pusser » est une déformation de « Purser », le commissaire du bord sur les navires de Sa Majesté à une époque antérieure. Comme il n'était pas payé de la même façon que les autres officiers du bord, il avait le droit d'exploiter le commerce de la vente d'effets personnels aux matelots, par exemples des vêtements, &mdsh; les frusques du commissaire du bord. Le terme désignait parfois des articles réglementaires, — par exemple le rhum ou le poignard du commissaire du bord. Aujourd'hui, l'expression a aussi la connotation de ce qui est réglementaire, par opposition aux articles « tiddley » achetés sur la terre ferme.

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Compagnie (Company)

Le dictionnaire définit ce mot comme « une réunion de persones qui ont quelque motif de se trouver ensemble », et cette définition convient à l'utilisation qu'on en fait aujourd'hui : sous-division d'un bataillon d'infanterie ou division de réserve dans la marine à des fins de rassemblement, ou encore simplement compagnie ou équipage d'un vaisseau. Le terme sert également à désigner une unité de soutien détachée. Le terme a une origine commerciale des plus curieuses. Vers la fin de la période féodale, sont apparues en Europe des bandes de mercenaires qui étaient des soldats professionnels et dont les capitaines acceptaient des contrats pour combattre pour ou contre un personnage quelconque. On investissait de l'argent dans ces bandes qui furent vite appelées « compagnies » dans le but de se partager les butins et les rançonsNote de bas de page 23.

Contenant (Paul Bunyan)

Grand contenant en forme de boîte pour le transport de marchandises par avion.

D.C.A. (Flak)

Défense contre avions, en français, le terme anglais flak vient de l'allemand « fliegerabwehrkanone »; désigne aussi une objection verbale à une décision de stratégie, etc.

Descente de garde (Stand down)

Il s'agit d'une période d'interruption des travaux courants. L'expression se rapproche beaucoup, en termes de sens, des expressions « Make and mend » (quartier libre) ou « Makers » de la marine. En français comme en anglais, elle signifie la fin d'un service, c'est-à-dire la « descente de la garde » quelque temps après la « montée de la garde », par exemple sur les remparts pour assurer le guet en cas d'attaque. L'expression anglaise a aussi le sens d'immobiliser une pièce d'équipement; par exemple, immobiliser un avion au sol pour la réarmer ou le réparer.

Dragon (Dragoon)

Aujourd'hui, le dragon est un membre d'un régiment blindé. Avant l'avènement des véhicules automobiles, le dragon était un fantassin à cheval. On croit que le mot vient de « dragon », sorte de pistolet de cavalerie du début du XVIIe siècle, monté dans un battant à bretelle et remplacé par la suite par la carabine. Un ancien auteur a décrit de manière cocasse les dragons comme « ... une sorte debâtards se situant entre les fantassins et les cavaliers qui ont pour mission de se battre soit à pied, soit à cheval... »Note de bas de page 24.

Équipage aérien (Aircrew, Crabfat)

Le terme anglais « crabfat » est utilisé par les matelots (« fish-heads ») pour désigner les aviateurs. Au début du XXe siècle, il s'appliquait à la couleur de peinture relativement nouvelle (gris marin) affichée par les coques et les superstructures des navires. L'usage morderne du mot peut remonter à l'entre-deux-guerres lorsque des équipages de la RAF, dans leurs uniformes bleu-gris, ont été affectés sur les porte-avions de la Royal Navy.

Escadre aérienne (Wing)

Une escadre aérienne est un groupe de deux escadrilles ou plus, — d'où l'origine de l'ancien grade d'aviation: commandant d'escadre (Wing Commander). Le terme désigne aussi une formation de manœuvre en carré, l'école de l'escadre étant semblable à l'école du bataillon.

Escadre, escadrille, escadron (Squadron)

Le terme anglais a plusieurs significations comme en font foi les équivalents français. Il désigne un groupe d'avions (escadrille), de véhicules blindés (escadron) ou de navires (escadre). Les aviateurs, les signaleurs, les ingénieurs militaires et les élèves-officiers sont affectés à des escadrille, escadrons et escadres pour des raisons administratives, d'opérations militaires et parfois d'exercices. Tous ces termes viennent de l'italien « scadra » ou « squadra », lequel tire son origine du latin « quadra » qui signifie carré. Les premiers régiments de cavalerie de l'Armée britannique étaient divisés en escadrons, comme c'était le cas à l'époque des régiments de cavalerie canadiens.

Étendard (Standard)

Drapeau carré de certains régiments ou de certaines escadrilles. Au Moyen âge, l'étendard identifiant les armées de l'époque était un immense drapeau monté devant la tente du commandant de l'armée et non porté au devant des troupes. Plus important que le guidon, l'étendard est devenu au milieu du XVIIIe siècle dans l'Armée britannique le symbole des régiments de dragons. Le seul régiment des Forces canadiennes qui se distingue par son étendard est celui du Governor General's Horse Guards, de Toronto.

L'étendard d'escadrille est un drapeau rectangulaire en soie bleu pâle dont le port n'est autorisé qu'à partir du 25e anniversaire de service d'une escadrille. L'étendard le plus connu est sans doute le Queen's Personal Canadian Flag (drapeau personnel de la reine au Canada) qui ressemble à l'étendard royal et qui est hissé lors des séjour de Sa Majesté au Canada ou par les navires ou les aéronefs des Forces canadiennes.

Formation

Dérivé du latin « formatio », le terme était utilisé par les romains pour désigner la disposition des troupes au combat. Aujourd'hui dans les Forces canadiennes, le mot a deux connotations, l'une statique dans un sens, l'autre dynamique. La première correspond à un arrangement ordonné de troupes et (ou) de véhicules (dans le sens le plus large du terme) sous le commandement d'une seule personne, tel une escadrille, une brigade ou une force navale, organisé dans un but précis. La connotation dynamique correspond au sens traditionnel dans l'aviation de vol en formation où deux ou plusieurs appareils sont dirigés et manoeuvrés comme une seule unité. Ce dernier sens de formation s'applique aussi aux exercices des troupes, aux chars évoluant en échelon par exemple et aux escadres de destroyers s'apprêtant par exemple à attaquer à la torpille.

Frusques (Stops)

Remontant au XVe siècle, les frusques sont des vêtements tout faits portés par les matelots disponibles en général dans les magasins de la marine, soit à bord, soit à terre. Le commmissaire du bord (officier de ravitaillement) faisait des profits intéressants en vendant des frusques aux matelots des navires de Sa Majesté au début du XVIIe siècle, lorsqu'on leur a ordonné « d'éviter de sentir mauvais en portant toujours le même vêtement et de répandre ainsi des odeurs nauséabondes et insalubres dans chaque navire »Note de bas de page 25.

Fusiller

La milice compte aujourd'hui six régiments de fusiliers. Pendant des siècles, les fusiliers constituaient l'infanterie légère et s'occupaient spécialement de protéger l'artillerie et les bataillons en campement. Leur arme était un mousquet léger appelé fusil qui était muni d'une bretelle de transport; le fusilier pouvait donc le porter dans le dos et se servir de ses mains pour d'autres activités défensives. Le mot vient du fançais « fusil » et de l'italien « focile », qui tous deux tirent leur origine du latin « focus » signifiant foyer ou feu. Le soldat appelé « fusilier » est apparu au XVIIe siècle, à l'époque où l'on a introduit le mousquet à pierre ou fusil à pierre qui a graduellement remplacé le fusil à mècheNote de bas de page 26. Ce mousquet, plus léger et plus court, que transportait le fusilier présentait un avantage technique important. La pierre faisait éclater l'étincelle près de la chambre à poudre, tandis que la mèche utilisée auparavant pour allumer la charge du mousquet crépitait, menaçant continuellement l'équipage d'artillerie et les barils de poudre adjacents. Le premier régiment de fusiliers de l'Armée britannique a été créé en 1685 : le Royal Fusiliers (régiment de la cité de Londres)Note de bas de page 27.

Général

Tout comme l'amiral, le général est le plus haut gradé dans les Forces canadiennes. Le terme a été utilisé en moyen anglais après avoir été emprunté au vieux français et, originalement, au latin « generalis » dont la racine « gonus » signifie genre ou espèce. La raison pour laquelle un major-général est subordonné à un lieutenant-général tient à l'ancienneté et à la préséance des officiers généraux dans la Parliamentay Army qui remonte au XVIIe siècle, à l'époque de la guerre civile en Angleterre. Cette armée était commandée par un « capitaine-général », la cavalerie par un « lieutenant-général » et l'infanterie par un « sergent-major-général ». Lorsqu'on a laissé tomber le mot sergent dans le titre du plus jeune de ces officiers généraux, on a ainsi établi l'ordre de préséance qui est reconnuNote de bas de page 28. Le grade de capitaine-général n'existe pas dans les Forces canadiennes, à une exception près. Sa Majesté la reine porte le titre honorifique de capitaine-général du régiment royal de l'Artillerie canadienne.

Gradés et soldats (Other Ranks)

Collectif désignant tous ceux qui ne détiennent pas un brevet d'officier.

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Grenadier

Les siècles ont vu passer plusieurs types de fantassins, dont le grenadier qui est représenté aujourd'hui par les Canadian Grenadier Guards. Le terme a pris naissance en France au XVIIe siècle. Les grenadiers étaient des hommes qu'on choisissait dans chaque compagnie du régiment et qui devaient avoir la taille et la force nécessaires pour lancer une grenade à main (représentée sur les galons par une sphère crachant une flamme) avec précision et sur de longues distances. Ils devinrent donc l'élite de l'infanterie et, jusqu'à ce jour, on a jalousement gardé ce titre. Comme le fusilier, le grenadier portait son mousquet en bandoulière pour avoir les mains libres lorsqu'il dirigeait l'attaque en lançant ses grenades; en passant, ce mot vient du vieux français « pomme grenate », ou « grenade ». La relation entre la pomme grenade, ce gros fruit rempli de graines, et la grenade est nettement explicite dans le tableau de Dürer représentant l'empereur Maximilien (1519), jusqu'à l'appendice en forme d'orifice d'où on fait traditionnellement sortir la flamme. De la même façon, le symbole héraldique de la ville de Grenade en Espagne est la pomme grenade.

Guidon

Fanion ou drapeau à deux pointes. Le guidon est aux régiments blindés ce que le drapeau de régiment est aux régiments d'infanterie. Les guidons et les drapeaux sont apparus dans l'Armée britannique au milieu du XVIIIe siècle; les guidons étaient la marque caractéristique des dragons. Le terme guidon vient du vieux français « guyd'homme » qui était un commandant de cavalerieNote de bas de page 29. Le sens du mot a peu à peu évolué, passant du grade de l'officier qui portait le guidon au combat au drapeau lui-même.

Heures creuses (Silent Hours)

Il s'agit de la partie du quart de nuit sur les navires de Sa Majesté comprise entre l'extinction des feux, où ceux qui ne sont pas de quart doivent rentrer pour la nuit, et l'appel du matin. La coutume veut que, durant cette période, on fasse le moins de bruit possible en effectuant les manœuvres de navigation pour ne pas déranger la personne qui est de quart en bas. On a même laissé tomber, dans une grande mesure, les coups de cloches annonçant l'heure, durant cette période (lorsque cela était la coutume sur les navires de sa Majesté). L'expression « Silent Hours » est aussi courante dans les bases des Forces canadiennes et désigne la période comprise entre la fin d'une journée de travail et le début de la suivante.

HMCS (Her Majesty Canadian Ship - Navire canadien de Sa Majesté)

Les quatre majuscules HMCS à elles seules rappellent à bien des gens l'inscription en fil de soie que portaient sur leur casquette les matelots de la marine militaire durant la Seconde Guerre mondiale. Aucun nom de navire n'apparaissait sur les galons, seulement ces quatre lettres dorées, de façon à ne pas divulguer à l'ennemi l'identité des bateaux mouillant dans un port. On ne pouvait toutefois pas se tromper sur la signification de ces quatre lettres; celui qui les portait était un membre d'équipage de l'un des navires canadiens de Sa Majesté en service. Ces lettres représente une tradition vieille de plusieurs siècles.

Autrefois, le souverain était personnellement responsable de la défense du royaume, et on appelait les navires qui étaient mis à son service, navires du roi (King's Ships), par opposition aux navires appartenant à des marchands; ils furent plus tard appelés navires de Sa Majesté. Au XVIIe siècle, on écrivait parfois le mot Majesté sous forme abrégée, mais l'abréviation « M » n'est vraiment apparue que vers la fin du XVIIIe siècle. Voici quelques exemples de noms qui remontent à cette époque : HMS Phoenix (1789), HMS Alfred (1795) et HMS Diadem (1795)Note de bas de page 30.

Le premier navire de la Marine royale canadienne était un croiseur de 2e classe; à sa mise en service le 4 août 1910 (exactement quatre ans avant son entrée en guerre), on lui a donné le nom de HMCS Rainbow. Et la coutume se perpétue encore aujourd'hui.

Hommes de troupe (Rank and File)

Expression désignant tous les hommes de grade inférieur à celui de sergent.

Hussard (Hussar)

Aujourd'hui, un hussard est un membre d'un régiment blindé. Le terme remonte au XVe siècle et est originaire de Hongrie. Ils ont toujours fait partie de la cavalerie légère.

Infanterie (Infantry)

Ensemble des soldats qui combattent à pied. Vient de l'italien « infanteria » et « Infante » qui signifient jeunesse ou soldat à pied, par opposition aux cavaliers des temps anciens qui étaient plus âgés.

Le plus ancien régiment d'infanterie des Forces canadiennes est le Canadian Grenadier Guards, de Montréal, créé le 17 novembre 1859, et qui fut plus éloquemment appelé le « First Battalion Volunteer Militia Rifles of Canada »Note de bas de page 31.

Infirmerie (Sick Bay)

Espace ou quartiers aménagés dans un navire pour soigner les malades et les blessés. Les premières infirmeries, appelées « Sick Birth » ou « Sick Berth », ont été aménagées en 1798 dans tous les vaisseaux de ligne de la flotte de la Royal Navy en service dans la Méditerranée, conformément aux ordres du comte de St. Vincent. Au lieu de choisir des coins sombres et infects du navire, on a décidé de les aménager directement sous le pont de gaillard sur le côté de tribord. Les cloisons du gaillard formaient à cette époque un carré, mais lorsqu'on a adopté la forme arrondie peu après la bataille de Trafalgar, la forme arrondie du bois de la cloison rappelait aux matelots celle d'une baie, et dans le jargon des matelots, « Sick Beth » est devenu « Sick Bay »Note de bas de page 32.

Ingénieur (Engineer)

On compte aujourd'hui plusieurs types d'ingénieurs dans le service : d'aéronautique, de marine, d'aviation et autres; le plus ancien est toutefois l'ingénieur militaire. On le rencontre historiquement bien avant l'ingénieur civil. Par le passé, l'ingénieur militaire était responsable des « machines de guerre ». C'est pourquoi l'ingénieur et l'artilleur remontent au même ancêtre, les canons étant des « machines de guerre ». On a décrit l'ingénieur comme étant celui qui conçoit et construit les ouvrages militaires. Une machine est une invention mécanique. Ingénieux signifie habile pour inventer. Tous ces mots viennent du latin « ingenium », qui veut dire habileté.

Lait au chocolat (Kye)

Lait au chocolat chaud préparé par le cuisinier de service, et offert traditionnellement sur les navires de Sa Majesté au moment du rassemblement, et aussi dans les camps d'entraînement la nuit avant l'appel. On en donne aussi en mer durant les quarts de nuit. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les matelots navigant par mauvais temps sur de petits navires devaient sûrement apprécier leur chocolat chaud. Durant les troubles de 1881-1882 en Irlande, on avait confié au Royal Fusiliers la garde du chantier naval de Pembrooke, à Milford Haven, Pays de Galles. On a distribué à toutes les sentinelles, en service de nuit, le « chocolat de la reine », cadeau personnel de la reine VictoriaNote de bas de page 33. En 1941, on servait tous les matins une tasse de chocolat chaud au dernier groupe de mousses lorsqu'ils étaient appelés par le moniteur de culture physique à 5 h 30 du matinNote de bas de page 34. Il y avait une coutume dans l'armée qu'on appelait « gunfires » (coups de canon) ou « gunfire tea » (heure du thé annoncée par des coups de canon). La coutume existe encore mais l'expression semble être disparue. Il s'agit du thé ou du chocolat chaud de la cuisine qu'on servait immédiatement après le lever et avant l'exercice de culture physique pour « subsister » jusqu'au petit déjeuner. Le terme « gunfire » correspond aux coups de canon qu'on faisait retentir au leverNote de bas de page 35.

Aujourd'hui sur les navires canadiens de Sa Majesté, le « kye » traditionnel n'existe à toutes fins pratiques plus, en grande partie à cause des meilleurs services dont sont dotés les mess où, durant les quarts de nuit, on peut facilement se procurer du café ou de la nourriture chauds. Il est toutefois intéressant de noter que la tradition du chocolat chaud est tout à fait vivante chez les élèves-officiers du Royal Military College de Kingston.

Lessive (Dhobey)

Le terme anglais « Dhobey » est utilisé par les matelots pour désigner le linge qui vient d'être lavé. Le mot vient de l'indien « dhob » qui veut dire lessive.

Lieutenant

Officier dont le grade suit immédiatement celui de capitaine dans les armées de terre et de l'air, et de lieutenant-commander dans la marine. Le mot tire son origine du vieux français; il désignait initialement celui qui agissait au nom d'un supérieur. La prononciation anglaise de ce mot est « leftenant » dans les Forces de terre et de l'air, et « letenant » dans la marine. Le grade de sous-lieutenant, qui s'insère entre ceux d'aspirant de marine et de lieutenant, a été introduit en 1861 dans la Royal Navy.

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Lieutenant-colonel

Grade entre colonel et major dans les forces de terre et de l'air. Il s'agit du commandant d'un régiment blindé ou d'artillerie, ou d'un bataillon d'infanterie, de services de télécommunications ou de services généraux. À l'époque de la guerre civile britannique au XVIIe siècle, le concept de regroupement de compagnies en régiments était bien avancé; dans la New Model Army de Cromwell qui a combattu contre le roi Charles, la deuxième compagnie d'un régiment était commandée par le commandant en second du régiment, le lieutenant-colonelNote de bas de page 36. Les grades et les commandements de compagnie qui, dans un régiment, sont détenus par le colonel, le lieutenant-colonel et le major sont aujourd'hui réflétés dans les Forces canadiennes par la « différentiation » des couleurs des compagnies qui sont portées par les gardes à pied des régiments.

Lignes des cheminées grises (Grey Funnel Line)

Navires canadiens de Sa Majesté.

Liste noire (Rattle)

Être sur la liste noire (To be in the rattle), expression des matelots, veut dire être sur la liste des contrevenants qui doivent se présenter chez le commandant du navire pour un délit allégé, c'est-à-dire qui sont inculpés.

Maître de quart (Boatswain's Mate)

Au port, le maître de quart est un membre influent de l'état-major, sous les ordres de l'officier de jour. Il siffle tous les commandements et seconde en général le quartier-maître. En mer, il fait son quart sans s'éloigner de l'officier de quart.

Maître d'équipage (Boatswain)

Le terme Boatswain (Bo's'n) est le plus ancien titre dans la marine. Il vient du vieil anglais « batswegen » ou « batsuen » (Boat's swain ou husband). À l'époque des Saxons, c'était le maître d'équipage qui commandait. En Angleterre, au Moyen âge, il s'agissait de l'officier en charge du bateau, des mâts, des vergues et des voiles, n'obéissant qu'au maître. Nathaniel Boteler, dans ses Dialogues, sous le règne du roi Charles 1er, parle des responsabilités variées du maître d'équipage au début du XVIIs siècle. Il était chargé de toutes les manœuvres de cordage, d'ancres et de voiles, de tous les pavillons et couleurs, de l'entretien de la chaloupe; il fixait les quarts; il assurait la discipline et le bon ordre, réprimandant sur-le-champ tout contrevenant (les maîtres de quart devaient manier le martiner à neuf cordes) en le condamnant au cabestan, aux fers ou à un bain forcé au bout de la grand-vergueNote de bas de page 37.

On voit immédiatement qu'au cours des siècles, le maître d'équipage a assumé les fonctions non seulement de commandant, mais aussi de patron d'embarcation et de capitaine d'armes. Mais jusqu'à ce jour, il demeure encore l'expert-matelot, particulièrement en ce qui concerne le matériel  de manœuvre. Aujourd'hui, sur les navires de Sa Majesté, le maître d'équipage, habituellement un maître ou un officier principal des équipages de la flotte, est responsable des armes légères, des ancres et du câblage, des haussières et des badernes, des radeaux, des travaux de peinture et de démolition, ainsi que des rassemblements et des exercices de maniement d'armes légèresNote de bas de page 38.

Maître de quart en chef (Buffer)

Le mot anglais Buffer est un terme d'argot correspondant au maître de quart en chef, habituellement un quartier-maître, qui date du XVIIIe siècle et dont l'origine est obscure. Tandis que le maître d'équipage est aujourd'hui responsable de tout le matériel de manœuvre du pont supérieur, le maître de quart en chef est le « contremaître » du personnel chargé de l'entretien à l'intérieur du navire. Sur les destroyers et les bâtiments plus petits, les fonctions de maître d'équipage et de maître de quart en chef sont cumulées par la seule et même personne.

Maître-matelot (Master Seaman)

Nouveau grade de la marine, créé pour assurer la concordance des grades dans les forces unifiées. Se situe entre le quartier-maître (killick) et le second maître, tout comme le maître-caporal se situe entre le caporal et le sergentNote de bas de page 39.

Major

Dans la tradition britannique, grade dans les armées de terre et de l'air entre lieutenant-colonel et capitaine. Pendant la période de transition entre le XVIe et le XVIIe siècles, où les compagnies ont été regroupées en régiments pour une plus grande efficacité de commandement au combat, le colonel commandait le régiment, ainsi que la première compagnie qui en faisait partie. De la même façon, le commandant en second du régiment, en plus de voir au service d'état-major du régiment, commandait la deuxième compagnie. On l'appelait le « sergent-major », c'est-à-dire « sergent supérieur », et avec le temps, on a abrégé la terme à « major »Note de bas de page 40. Plus tard, lorsque le grade de lieutenant-colonel a été introduit, le major est devenu commandant en second du régiment et commandait aussi personnellement la deuxième compagnie. Le major, autrefois appelé sergent-major, commande la troisième compagnie.

Matelot

Équivalent de « sailor » en anglais.

Matelot breveté (Able Seaman)

Le grade, ou la classe comme on disait autrefois, de matelot breveté correspond à celui d'homme de troupe dans les Forces de terre et de l'air. Il a été adopté définitivement dans la Commonwealth Navy de Cromwell au XVIIe siècleNote de bas de page 41. Comme l'expression l'indique, le matelot breveté a subi un entraînement complet quant aux fonctions se rapportant au pont supérieur. À l'époque de la navigation à la voile, on disait qu'il était « capable de serrer les voiles, prendre les ris et tenir la barre », ou en d'autres termes, tout à fait capable de monter dans la mâture pour carguer la voilure et prendre possession de la barreNote de bas de page 42.

Milice (Militia)

Les régiments de réserve font aujourd'hui officiellement partie des « Forces de réserve », par opposition aux « Forces régulières ». Le terme milice continue toutefois d'être utilisé dans les régiments de réserve et, de fait, leurs divisions géographiques s'appellent « régions de la milice ». Le mot lui-même vient du latin « militare » et « miles, militis » signifiant soldat. Traditionnellement, la milice a une connotation d'armée de citoyens, de force constitutionnelle mobilisée par un arrêté gouvernemental pour défendre la nation en cas d'urgence, par exemple contre une menace d'invasionNote de bas de page 43. L'idée remonte à une ancienne coutume saxonne selon laquelle on mobilisait tous les hommes aptes au combat qui habitaient le pays. En Angleterre, le terme utilisé à l'époque élisabéthaine était « Trained Bands » (bandes entraînées)Note de bas de page 44. En 1660, on comptait à Londres six régiments de « Trained Bands »Note de bas de page 45. Traditionnellement, la levée de la milice se fait localement, dans les villes, les villages et les campagnes. Dans l'ancienne colonie française de la Nouvelle-France, en particulier dans la vallée du Saint-Laurent, la milice, composée de tous les hommes en état de combattre, a contribué à la défense de la colonieNote de bas de page 46. C'est aux régiments de la Milice de l'Amérique du Nord britannique qu'on s'est adressé lors des raids des Fenians et, après la Confédération, ainsi que pour mater la rébellion du Nord-Ouest de 1885. La mise en vigueur d'une série de lois de la milice durant la seconde moitié du XIXe siècle a ouvert la voie aux régiments de réserve qui, jusqu'au regroupement des Forces, étaient désignés par le collectif milice.

Nécessaire de vol (Fly-A-way Kit)

Cargaison, transportée par aéronef, d'un ou plusieurs grandes boîtes de métal (voir Paul Bunyans) contenant tous les articles essentiels à un équipage pour une mission spéciale dans une région particulière, tous préparés et emballés suivant une liste permanente.

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Officier chargé des vivres et des fournitures (Quartermaster)

Traditionnellement, dans l'armée de terre, il était responsable du logement des troupes en marche, de leur logement lorsqu'elles étaient en garnison avant la journée de caserne, et de l'aménagement d'un campement lors d'opérations en campagne. Aujourd'hui, il est responsable du matériel et des vivres d'une unité : réception, comptabilité, entretien, grade, vérification et distributionNote de bas de page 47, tout comme l'officier de ravitaillement dans l'armée de l'air.

Officier de service (Orderly Officer)

Officier subalterne dans l'armée de terre ou de l'air qui, pendant 24 heures dans une base, dans une station ou en campagne, est responsable de la bonne marche des affaires courantes et du maintien de l'ordre et de la discipline dans le Service. Ses fonctions sont compatibles à celles de l'officier de jour sur un navire de guerre mouillant dans un port.

Autrefois, un commandant ne disposait de presque aucune mesure disciplinaire contre un subalterne récalcitrant, si ce n'est de le citer en cour martiale. Les fonctions supplémentaires de l'officier de service avait un effet salutaire sur la personne prise en faute.

Officier de timonerie (Quartermaster)

Dans la marine, l'officier de timonerie est un officier marinier, un quartier-maître ou un matelot breveté qui, en mer, tient la barre sous les ordres des officiers de pont. Lorsque le navire mouille dans un port, il fait le guet sous les ordres de l'officier de jour, fait partie du personnel influent, siffle les ordres courants et aide en général l'officier de jour à s'assurer que les travaux courants se déroulent de façon satisfaisante.

Officiers généraux (General Officers)

Terme regroupant tous les grades d'officier suivants : général et amiral, lieutenant-général et vice-amiral, major-général et contre-amiral, brigadier-général et commodore.

Officier marinier (Petty Officer)

Aujourd'hui, le grade de second maître (officier marinier de 2e classe) dans la marine est équivalent à celui de sergent dans les Forces de terre et de l'air; celui de premier maître à celui d'adjudant; celui de second maître principal à celui d'adjudant-maître et celui de premier maître de 1e classe à celui d'adjudant-chef. La classification des officiers mariniers dans la Royal Navy remonte au XVIIIe siècle. Le capitaine choisissait ses officiers mariniers parmi les meilleurs matelots brevetés. Le capitaine d'armes (instructeur d'armes légères, chargé plus tard des fonctions policières), l'armurier, le voilier et le cuisinier du bateau étaient tous autrefois des officiers mariniers; le terme « petty » et sa prononciation anglaise viennent du français « petit », ou inférieur, sans importance. Le grade de premier maître (chief Petty Officer) date de 1853Note de bas de page 48.

Officiers subalternes (Junior Officers)

Collectif désignant les officiers détenant les grades de : capitaine et lieutenant dans la marine, lieutenant et sous-lieutenant, lieutenant en second et sous-lieutenant intérimaire.

Officiers subordonnées (Subordinate officers)

Terme désignant les grades des élèves-officiers.

Officiers supérieurs (Senior Officers)

Nom collectif des officiers dont le grade est : colonel ou capitaine dans la marine; lieutenant-colonel ou commander; major ou lieutenant-commander.

Oiseau (Bird)

Terme de l'argot de la marine qui veut dire un matelot qui a accumulé une longue liste de délits disciplinaires à son dossier. De même origine que « jail-bird » (gibier de potence), il signifie toute personne qui a été jetée en prison, laquelle était  souvent appelée « la cage ». À une époque plus reculée, on condamnait de tels criminels à servir dans la Royal Navy.

Passager spécial (Blue Bark).

Exemple du jargon des Forces qui est devenu officiel dans les règlements. Il s'agit d'un passager qui voyage à bord d'avion militaire pour se rendre aux funérailes d'un membre de sa famille. Le terme est entré en usage au début des années 60, et il est associé en particulier au service militaire en Europe. L'origine du terme est inconnue, mais il semble être apparenté au mot « embarcation » et aux classes de voyages prioritaires.

Patron d'embarcation (Coxswain)

Le patron d'embarcation (Coxswain ou Cox'n) d'aujourd'hui est le matelot d'expérience du vaisseau, habituellement le premier sous-officier breveté. Il assure le lien entre les officiers du vaisseau et le personnel du pont inférieur, fonction qui n'est pas prévue dans la hiérarchie divisionnaire. Il voit à ce que tous les travaux quotidiens courants à bord soient exécutés; il s'assoit à la table du capitaine et des officiers de pont pour écouter les doléances de certains matelots et punir certains autres, fonction autrefois dévolue au capitaine d'armes. En mer ou en rade, il est responsable de la barre. Le patron d'embarcation est aussi le matelot responsable du canot lorsqu'il est jeté à la mer, le patron du canot. L'anglais Coxswain est un très vieux terme de la marine . Il vient du latin médiéval « cussus », du vieux français « coq » et du vieil anglais « coc », qui signifient coq, terme d'abord utilisé pour désigner une petite embarcation ou « cockboat ». De nos jours, le patron d'embarcation n'a plus le même statut élevé en tant que matelot professionnel. En tant que matelot expérimenté, on lui confiait parfois le commandement du navire lorsque, par exemple, tous les officiers de pont avaient été mis hors de combat. Ce n'est plus le cas désormais.Note de bas de page 49Note de bas de page 50

Patron d'escadrille (Squad Boss)

Terme de l'argot des aviateurs désignant le commandant d'une escadrille.

Pause non prévue (Lids-Off)

Terme particulier du vocabulaire utilisé au Royal Military College de Kingston. Un « lids-off » ressemble beaucoup à un « stand-down », c'est-à-dire une pause non prévue dans le déroulement des activités normales, à cette différence près que le « stand-down » vaut habituellement pour tout le monde sauf pour celui qui est de quart, tandis que le « lids-off » n'est applicable qu'à un sous-groupe, soit un escadron, un groupe ou une équipe dont le travail a été jugé particulièrement satisfaisant.

Pavillons (Ensigns)

Les pavillons sont les couleurs qui sont affichées surtout par les navires, à des fins d'identification nationale. Ils sont normalement hissés au mât de pavillon de la poupe. Durant un combat, un ou plusieurs pavillons peuvent être hissés à différentes hauteurs afin de ne pas confondre les bâtiments amis des navires ennemis, — au point de drisse, au bout d'une vergue ou au haut d'un mât. Il s'agit là des pavillons de combatNote de bas de page 51. Un navire peut afficher un pavillon au haut d'un mât lors d'un événement particulier. Les pavillons des navires de Sa Majesté sont identiques au drapeau national; il ne faudrait pas les confondre avec le pavillon des Forces canadiennes qui n'est pas hissé en mer. Certains régiments des Forces canadiennes utilisent encore le grade de premier sergent au lieu de sous-lieutenant, qui désigne celui qui portait les couleurs au combatNote de bas de page 52.

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Pigeon

Aviateur

Pilote de jet (Jock ou Jet Jock)

Un pilote ou, plus particulièrement, un pilote d'avion à réaction.

Pionniers (Pionneers)

Groupe armé de bêches et autres outils de ce genre qui précède les forces principales et qui leur ouvre le chemin. Aujourd'hui, dans les régiments d'infanterie canadiens, les pionniers ouvrent la marche lors des cérémonies, élégamment vêtus d'un tablier et de bretelles de cuir blanc et portant une grande hache étincelante. Mais les pionniers n'ont pas toujours joui d'un tel prestige. Un ancien écrivain a raconté que, dans les camps, les pionniers devaient se présenter au travail à « l'appel des pionniers : Têtes rondes et cocus, venez creuser »; un simple soldat pouvait être dégradé au rang de pionnierNote de bas de page 53. On embauchait parfois les pionniers en grand nombre. Le major-général James Wolfe, à bord de la frégate Richmonden 1759, a ordonné à 300 pionniers de parader sur la terre ferme avec des instruments aratoires sous la direction d'un ingénieurNote de bas de page 54.

Piquet ou picquet

Petit groupe isolé et tenu en alerte pour assurer la sécurité des autres. Tirant son origine du vieux français, le mot correspondait initialement à un pieu taillé en pointe qui servait à construire une palissade, ouvrage de défense, tout comme le piquet, bâton pointu, servait à attacher les chevaux.

Dans un autre ordre d'idée, le piquet du fantassin a été progressivement remplacé par le mousquet durant et après la guerre civile d'Angleterre. À la fin du XVIIe siècle, les « pikemen » ne formaient qu'un petit groupe dont le rôle consistait à protéger les drapeaux; on peut voir ici la relation entre les « pikemen » et le piquetNote de bas de page 55. L'officier de service d'un régiment de gardes est encore appelé « picquet officer », en anglais.

Pongo

Soldat

Pose et dépose des filets de camouflage (Camming up and Camming down)

Pose et dépose des filets de camouflage dont on se sert, par exemple, pour cacher les canons et les véhicules.

Potin (Scuttle-butt)

Rumeurs ou potins circulant sur un navire. À l'époque des voiliers de guerre, le « scuttle-butt » était véritablement un charnier (d'eau douce), une barrique ouverte, « ... une barrique dont une extrémité est percée d'un trou carré et qui est fixée sur le pont. Elle contient de l'eau potable pour la consommation de tous les jours qu'on puise en y plongeant une tasse en plomb »Note de bas de page 56 Tout comme les femmes des villages européens se rencontraient tous les jours à la fontaine du village, pour y puiser de l' eau et échanger des potins, les matelots se rencontraient au charnier pour la même raison, comme cela se fait aujourd'hui à la fontaine du bureau ou à la distributrice de café.

Premier sergent (Colour Sergeant)

Titre donné aux sous-officiers brevetés dans les régiments de gardes à pied; désigne également les sous-officiers qui ont l'honneur et la distinction de porter les couleurs de la reine et le drapeau du régiment des gardes à pied et de certains autres régiments d'infanterie.Note de bas de page 57 C'est le duc de Wellington qui en a eu l'idée « pour encourager les hommes méritants »Note de bas de page 58, et on l'a adopté comme grade dans l'Armée britannique en 1813, le règlement général stipulant clairement que « le port du drapeau au combat incombe en tout temps aux premiers sergents ».Note de bas de page 59 À l'époque où, pendant le combat, le drapeau était porté au front centre du régiment, les premiers sergents étaient des cibles idéales pour l'ennemi, et l'on rapporte un nombre élevé de victimes parmi les défenseurs de drapeaux et de pavillons. Par conséquent, même si le port du drapeau était considéré comme un grand honneur, les hommes qui acceptaient cet honneur devaient être d'un grand courage. Aujourd'hui, le premier sergent n'est pas un grade officiel comme c'était le cas avant 1919 dans la Milice canadienneNote de bas de page 60. C'est un titre traditionnel chez les gardes à pied et un emploi d'honneur dans certaines occasions particulières comme la parade des drapeaux.

Prop-blast

Terme en usage dans les troupes « aéroportées » lorsqu'on fête un homme qui s'est qualifié comme parachutiste. Techniquement, le « prop-blast » est le buffeting causé par le souffle de l'hélice d'un avion, auquel est soumis un parachutiste.

Pukka

Mot d'origine indienne dont le sens militaire a une connotation d'authenticité, de construction solide. Un « pukka-sapper » est un diplôme décerné par les membres de la direction du génie militaire à une personne qui, n'ayant aucune formation en génie, a apporté une contribution importante en travaillant avec ou pour des ingénieurs militaires.

Quartier-maître (Killick)

Terme d'argot pour quartier-maître, matelot remplissant les fonctions de caporal. Le terme remonte au XVIIe siècle, et son origine est inconnue. Il s'agit d'une grosse pierre dont on se sert comme ancre dans une petite embarcation. Une telle pierre, habituellement entourée de gros bouts de branches d'arbre de façon à offrir une meilleure prise pour y attacher une corde, est la plus ancienne forme d'ancre. Le quartier-maître a reçu ce nom de killick en raison de l'insigne qu'il portait sur sa manche gauche et qui représentait une ancre à une seule pointe. Le grade de quartier-maître a été institué en 1853 dans la Royal Navy.

Rassemblement surprise (Muster by Open List)

Rassemblement surprise de l'équipage d'un navire où chacun doit donner son nom, son grade et ses fonctions à bord. Cette pratique visait à s'assurer que les livres de bord ne contenaient aucun nom de personne fictive, — certains commissaires commettaient parfois cette erreur. Aujourd'hui, un officier supérieur qui entre en fonction utilise parfois cette expression lorsqu'il veut faire connaissance avec ses subordonnés.

Régiment

Le régiment est une unité de recrutement et d'entraînement permanente de l'armée avec un dépôt ou un centre permanent; il est divisé suivant ses fonctions en compagnies, escadrons et batteries. Le sens du mot est complexe, même aujourd'hui. Il a parfois le sens de « toute la famille » dans l'infanterie, y compris le dépôt et les bataillons qui sont les unités de manœuvre du régiment. Dans les corps blindés, le régiment est l'unité de manœuvre même, tandis que dans l'artillerie, le régiment est lui-même composé de régiments. Dans un régiment de transmissions, les escadrons qui le composent peuvent être détachés et fonctionner de façon indépendante. Avant le XVIIe siècle, l'unité militaire était la compagnie. Mais, à mesure que l'administration de l'armée de terre a évoluée sur le plan tactique, on s'est vite rendu compte qu'il fallait regrouper ces compagnies indépendantes sous la règle, regimen, régime ou régiment d'un seul officier qu'on a appelé colonelNote de bas de page 61. (Plusieurs régiments de la Milice canadienne ont vu le jour à la fin du XIXe siècle de la même façon, en fusionnant des compagnies indépendantes.) Ainsi, le mot régiment, qui vient du latin « regimentum » signifie règle.

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Restes (Scran)

Scran est un mot d'argot désignant les restes de nourriture sur un bateau. Le caisson des objets trouvés (Scran Bag ou Scran Locker) est un dépôt où l'on range des effets personnels qui traînent dans le mess et qui peuvent être récupérés moyennant une amende. Le mot scran, d'origine inconnue, date du XVIIIe siècle. Le caisson des objets trouvés était initialement un sac dans lequel on ramassait les bouts de pain et les biscuits. Comme les équipages de bateau ont toujours vécu dans des locaux restreints, il fallait garder les couloirs toujours propres et éviter que les pompes ne soient bloquées par des pièces de vêtement, etc. On attachait, et on attache encore, beaucoup d'importance à la propreté des mess. Depuis toujours, pour récupérer ses effets confisqués dans le caisson, il fallait remettre un morceau de savonNote de bas de page 62, mais aujourd'hui, l'amende est un montant fixe d'argent qui est versé dans la caisse du bateau.

Rigolade (Skylarking)

Terme de matelot désignant un comportement folichon, espiègle, un tour ou une plaisanterie. À l'époque des voiliers, le terme comprenait la course et la chasse dans les enfléchures et les haubans, ainsi que la descente (en pompier) des haubans du cacatois et des galhaubans dans le but de s'amuser, — de là « skylarking ». Ces pratiques ont parfois donné lieu à de graves accidents. Moresby raconte qu'à bord du America, 44 canons, en 1844 au large du Cap Horn, lui et deux autres « jeunes hommes » « ... ont été envoyés en haut des mâts, un en haut de chaque mât, moi à la misaine, pour avoir fait la rigolade dans le grémentNote de bas de page 63. »

« Rodents »

Nom porté avec orgueil par les élèves-officiers du Collège militaire de Royal Roads, de Victoria, Colombie-Britannique.

Sapeur (Sapper)

Grade de base d'un membre du Génie royal canadien ou nom collectif donné aux ingénieurs militaires. Le mot sapeur vient du verbe saper, qui veut dire détruire par la base, de là le rôle initial du sapeur : la démolition. A l'époque des fortifications et des ouvrages de défense, on employait des sapeurs et des mineurs pour creuser des tunnels sous les murs de l'ennemi et y ouvrir des brèches au moyen d'explosifs. L'opération qui consistait à creuser des tranchées pour se rapprocher des positions ennemies s'appelait la « sape » et ceux qui les creusaient les « sapeurs ». (La ville de New Westminster en Colombie-Britannique s'appelait Sapperton au début de la colonisation, en l'honneur des travaux du Génie royal.) « Les sapeurs sont des soldats appartenant au corps des artificiers ou des ingénieurs, dont le travail consistait à creuser des sapes, — galeries souterraines ... , celles-ci permettaient lors des sièges d'effectuer des approches tout en offrant une protection... »Note de bas de page 64.

Section (Flight)

Subdivision d'une escadrille, groupe de trois ou quatre aviateurs sous le même commandement, — de là les anciens grades de lieutenant et de sergent de section. Au début du XVe siècle, on utilisait le terme à peu près dans le même sens, par exemple un « vol d'autours » ou un « vol de colombes » (flight). Le mot flight vient du vieux saxon « fluht » qui veut dire l'action ou la façon de voler.

Sergent (Sergeant)

Sous-officier au-dessus du caporal. Ce titre tire son origine du moyen anglais  et, étymologiquement, vient du vieux français « sergent » et du latin « servire » (servir), « serviens » (serviteur ou serviteur militaire) et « serviens eques » (chevalier servant)Note de bas de page 65. Plusieurs siècles après que la hallebarde fut devenue désuète, elle constituait la marque caractéristique du sergent d'infanterie qui la portait. Cette arme à longue hampe ressemblant à un pique était efficace contre la cavalerie. Le fer comportait une pointe pour percer l'armure du cavalier, un crochet pour le tirer en bas de sa selle et une lame de hacheNote de bas de page 66.

Sheriff

Terme de l'argot de l'aviation désignant l'officier de service.

« Shine Parade »

Une heure de travaux courants de caserne, en général immédiatement après le repas du soir, consacrée au nettoyage et au repassage des vêtements, et au polissage des effets personnelsNote de bas de page 67.

Sifflet de rassemblement inusité (Goofing Stations)

Son de sifflet utilisé sur les navires canadiens de Sa Majesté pour avertir les membres de l'équipage qui ne sont pas de quart qu'on peut voir du pont supérieur un spectacle inusité. Il remonte en 1954 lorsque le brise-glace patrouilleur dans l'Arctique, le Labrador, pendant sa première mission, est devenu le premier bâtiment naval, en fait le premier gros navire quelle qu'en soit la description, à effectuer le passage du Nord-Ouest. L'appel au sifflet Hands to Goofing Stations avertissait les plus enthousiastes de se rendre sur le pont pour admirer les ours polaires, les morses et les immenses icebergs qui étaient à portée de la vueNote de bas de page 68. Le terme a déjà été utilisé auparavant sur le Kenya lors de son voyage sur l'océan Indien en 1943.Note de bas de page 69

Soldat (Grunt), Soldat (Private)

Le Concise Oxford Dictionary définit le mot private (soldat) comme étant un « soldat ordinaire sans grade, celui en-dessous des sous-officiers ». Sur les rôles du XVIIIe siècle, il était inscrit sous la rubrique « Private Men ». Au XVIe siècle, Shakespeare a employé l'expression « private soldier » dans sa pièce Henry IV (partie 2, acte III, scène II). Certains auteurs font remonter le terme à la fin de la période médiévale où un soldat, alors affranchi de tout lien envers son maître,  pouvait s'engager comme mercenaire en signant un contrat « privé »Note de bas de page 70. D'après d'autres chercheurs, le mot private tire son origine d'une coutume britannique du XVIIe siècle. À l'époque de Charles II, des régiments d'élite embauchaient des « private gentlemen » (gentilhommes indépendants). Aussi, avant la Restauration, dans l'armée de Cromwell, on avait manifesté une certaine insatisfaction à l'égard de l'expression « common soldier » (soldat ordinaire) qui, initialement, n'avait aucune connotation déshonorante, mais qui se rapprochait plutôt de la classification traditionnelle d'« ordinary seaman » (matelot de 3e classe) dans la marineNote de bas de page 71.

Soldat (Soldier)

Membre d'une armée; le mot est d'usage courant en anglais depuis le XIVe siècle. Il tire son origine de l'idée qu'un soldat est et a presque toujours été un mercenaire. Ce sens remonte au vieil anglais « souder » et au vieux français « soudier » (soldat) et « soude » (solde), ainsi qu'aux mots latins du Moyen âge « solidarius » et « solidus » (pièces de monnaie constituant la solde du soldat).

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Sprog

Terme de l'argot de l'aviation désignant un élève pilote; désigne aussi une recrue ou un novice dans la marine. Quoique d'origine obscure, le mot signifie également dans les Forces un jeune enfant.

Station isolée (Boondocks) (Boonies)

Région à l'extérieur de la route principale, ou encore base ou station relativement isolée.

Stick

Groupe de parachutistes sautant par la même issue d'un aéronef au cours d'une opération.

Sticks and Bricks

Ingénieurs civils.

Le 2e Bataillon, Princess Patricia's Canadian Light Infantry en parade, pour la présentation des drapeaux.
Le 2e Bataillon, Princess Patricia's Canadian Light Infantry en tenue de combat pour la présentation des drapeaux lors de l'anniversaire de la Bataille de Kapyong, en Corée (1951), à la BFC Winnipeg, avril 1972. (Note : La citation présidentielle des États-Unis, qui a été remise à l'unité en reconnaissance de sa bravoure, est ajoutée au drapeau du régiment.)

Subalterne (Subaltern)

Officier commandant des troupes en campagne, dont le grade est inférieur à celui de capitaine. Le mot vient du latin sub (sous) et alternus (autre).

Tankiste (Tanker)

Membre d'un régiment blindé dont le matériel comporte des chars de combat par opposition à des véhicules de reconnaissances.

Têtes de poissons (Fisheads)

Matelots de bâtiment de surface. Terme de dénigrement utilisé par les matelots de sous-marin et par les aviateurs affectés en mer.

Thé de l'adjudant (Adjudant's tea)

Le « thé de l'adjudant » est du sherry servi en campagne avant le petit déjeuner comme, par exemple, dans le Grey and Simcoe Foresters.

Thumperheads

Grades de sous-officier chez les ingénieurs de campagne.

Toilettes (Heads)

Terme de marine désignant les toilettes. Il faut remonter à l'époque des voiliers lorsque les matelots, pour « faire leurs besoins », devaient se rendre à l'avant (head) du bateau et se cramponner à la proue, n'étant protégés des vagues que par une simple toile. Les « Heads » servaient parfois à d'autres fins, comme le fait foi cette anecdote amusante à propos du Thetis, frégate en service dans le Pacifique en 1853. On aperçut un rideau de flammes à l'avant, puis s'ensuivit une forte explosion qui ébranla le bâtiment. Le Thetis a aussitôt été orienté, vent dans le dos, mais on a vite constaté que le feu s'était éteint. On a appris par la suite que ... le maître-canonnier en second, au lieu de jeter la poudre (après avoir nettoyé le magasin) par dessus bord, l'avait fait glisser au fond du « head-shoot », et des cendres brûlantes, tombées de la pipe d'un matelot, y avaient mis le feu!Note de bas de page 72

Tracteur (Mule)

Le mot anglais mule signifie un tracteur servant à remorquer les aéronefs et transporter l'équipement d'une station aérienne ou d'un transporteur aérien.

Troupe (Troop)

Historiquement, le mot était en usage dans le sens d'une troupe de cavalerie, c'est-à-dire une partie d'un escadron de cavalerie, et ce à une époque aussi lointaine que le XVIe siècle. De fait, une troupe de cavalerie pouvait à cette époque représenter des effectifs considérables. Le roi Charles II a raconté, dans la description de sa fuite en France après la bataille de Worcester en 1651, qu'il était tombé sur une troupe de cavaliers de Cromwell « d'environ deux mille quatre cents» hommesNote de bas de page 73. L'origine du mot est obscure, mais l'on croit qu'il vient du vieux français « trope », lequel viendrait du latin « troppus » signifiant bande. Aujourd'hui, une troupe est une partie d'un escadron de véhicules blindés; le terme désigne aussi familièrement, dans le sens collectif, les sous-officiers et les soldats: « les troupes ».

Vedette des permissionnaires (Liberty Boat)

Vedette d'un navire transportant les permissionnaires, c'est-à-dire les hommes ayant eu la permission de descendre à terre, — permission de courte durée.

Vêtement de protection (Poopy Suit)

Vêtement de protection ou de curage des fossés.

Voler sur le plancher des vaches (Flying a desk )

Pilote en service au sol.

Vols habituellement non prévus (White Knuckle Airlines)

Transport aérien militaire (vols habituellement non prévus).

Voltigeur

Le voltigeur est un membre d'une unité d'infanterie légère, particulièrement choisi pour son agilité et ses mouvements rapides. Cette classe de soldat a été créée par Napoléon en 1804, et a l'honneur et le privilège de mener l'attaque. Les voltigeurs étaient litéralement des « sauteurs », habituellement petits mais secs et nerveux, capables de mettre à profit en campagne les effets de surprise et les tactiques de choc. Il existe encore dans les Forces canadiennes un régiment de voltigeurs dont la base est à Québec et qui s'appelle les Voltigeurs de QuébecNote de bas de page 74.

Wake

Réunion d'amis et de compagnons de vol au mess après la mort d'un collègue officier. Le défunt laisse parfois avant son départ un montant d'argent pour payer les consommations d'alcool.

Zip Driver

Pilote d'un CF-104 Starfighter

Zipperheads

Hommes de troupe et sous-officiers d'un régiment blindé.

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