COVID-19 : Informations sur la biosécurité pour les laboratoires

Message de la directrice générale du Centre de la biosûreté

Étant donné que la situation actuelle entourant la COVID-19 évolue rapidement à l’échelle mondiale, nous tenons à vous assurer que l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) continue de surveiller et d’évaluer la situation afin de fournir aux Canadiens des renseignements et des conseils fondés sur des données probantes. Bien que notre notre objectif soit la réponse à l’égard de la COVID-19, je peux vous assurer que nous continuons à fournier un soutien à nos intervenants en vertu de la Loi sur les agents pathogènes humains et les toxines (LAPHT) et du règlement connexe. Veuillez continuer de consulter la page en ligne d’avis de biosécurité de l’ASPC pour le SRAS-CoV-2 pour obtenir les plus récents renseignements.

Sincèrement,

Kimby Barton
Directrice générale
Centre de la biosûreté

Q1. À quel niveau de confinement dois-je effectuer des recherches sur le SRAS-CoV-2?

R. Le SRAS-CoV-2 est catégorisé dans le groupe de risque (GR)3 des agents pathogènes humains. Sauf en cas d’exemption émise en vertu du Règlement sur les agents pathogènes humains et les toxines (RAPHT), toutes les activités in vitro et in vivo menées sur le SRAS-CoV-2 doivent être exécutées conformément aux exigences d’un permis délivré en vertu de la LAPHT et avoir lieu dans un laboratoire qui satisfait aux exigences minimales applicables au niveau de confinement 3 (NC3), conformément à la Norme canadienne sur la biosécurité (NCB). Veuillez vous reporter à l’avis de biosécurité de l’ASPC pour le SRAS-CoV-2.

Q2. À quel niveau de confinement dois-je effectuer un travail de diagnostic avec des échantillons de patients dont l’infection par le SRAS-CoV-2 est avérée ou présumée?

R. Les spécimens primaires (c.-à-d. les expectorations, le sang, le plasma, les excréments et les tissus qui sont prélevés directement sur les patients) sont exclus de la LAPHT et ne sont donc pas réglementés par l’ASPC, dans la mesure où l’agent pathogène n’est pas cultivé ou prélevé ou extrait intentionnellement (p. ex. concentré, culture).

Lorsque l’on mène des activités diagnostiques sans culture qui n’entraînent pas la concentration ou l’extraction du SRAS-CoV-2, il est recommandé de suivre les pratiques courantes et les précautions universelles dans les espaces de travail où les spécimens primaires sont manipulés.

Lorsque l’on mène des activités de diagnostic sans culture qui risquent d’entraîner la concentration ou l’extraction accidentelle de SRAS-CoV-2, les laboratoires sont invités à respecter les exigences minimales applicables pour le niveau de confinement 2 (NC2), comme il est décrit dans la NCB.

Q3. Dois-je obtenir un permis en vertu du Règlement sur la santé des animaux (SRA) pour importer le SRAS-CoV-2?

R. Non, pour le moment, un permis d’importation du SRAS-CoV-2 n’est pas requis en vertu du SRA. L’évaluation des risques concernant ce nouvel agent pathogène sera mise à jour au fur et à mesure que de nouveaux renseignements seront disponibles. Si de nouveaux renseignements donnent lieu à la classification du SRAS-CoV-2 en tant qu’agent zoopathogène émergent, le rôle réglementaire de l’Agence canadienne d’inspection des aliments sera clarifié.

Q4. Le personnel des laboratoires a-t-il besoin d’une habilitation de sécurité en vertu de la LAPHT pour travailler avec le SRAS-CoV-2?

R. Non, une habilitation de sécurité en vertu de la LAPHT n’est pas requise pour travailler avec le SRAS-CoV-2, puisqu’il n’est pas classé comme agent biologique à cote de sécurité élevée (ABCSE). Il est toutefois important de noter que le SRAS-CoV (l’agent causal du syndrome respiratoire aigu sévère) est classé comme ABCSE et qu’une habilitation de sécurité en vertu de la LAPHT est donc requise pour travailler avec le SRAS-CoV.

Q5. Mon organisation dispose d’un laboratoire qui était certifié selon une ancienne ligne directrice canadienne sur la biosécurité pour les activités du NC3, mais est maintenant utilisé au NC2. Nous envisageons de réactiver ce laboratoire afin de travailler avec le SRAS-CoV-2. Que devons-nous faire?

R. Veuillez communiquer avec le CB à l’adresse phac.biosafety-biosecurite.aspc@canada.ca en incluant les renseignements suivants afin que nous puissions vous fournir les meilleures directives possible sur les exigences nécessaires à la réactivation et à l’autorisation subséquente en vertu de la LAPHT de votre laboratoire NC3 pour travailler avec le SRAS-CoV-2.

  1. Quel type de travail sera effectué sur le SRAS-CoV-2? In vitro seulement ou bien in vitro et in vivo?
  2. Avez-vous l’intention de travailler avec des agents pathogènes humains du GR3 autres que le SRAS-CoV-2 dans ce laboratoire?
  3. Ce laboratoire a-t-il été initialement certifié comme espace de travail en laboratoire de NC3 seulement, espace de travail sur petits animaux de NC3 ou espace de travail sur gros animaux de NC3?
  4. Selon quelles lignes directrices ou normes canadiennes ce laboratoire a-t-il été initialement certifié?

Ces renseignements sont nécessaires pour déterminer les documents de conformité qui devront être présentés et les essais de rendement et de vérification possibles qui devront être réalisés afin que l’ASPC autorise l’attribution d’un Permis d’agent pathogène et toxine du GR3 pour le travail en NC3.

Q6. Étant donné la pandémie actuelle, mon organisation a de la difficulté à terminer ses essais de vérification et de performance de l’équipement et des systèmes de confinement, comme l’exige la NCB. Le CB tiendra-t-il compte de cela dans le cadre d’inspections futures?

R. Oui, le CB reconnaît les défis auxquels votre organisation est confrontée. Les inspecteurs du CB sont conscients de ces défis et prendront cette question en considération lorsqu’ils évalueront la conformité aux exigences pertinentes de la NCB.

L’objectif ultime est que nos parties réglementées disposent d’un environnement de travail sûr et sécuritaire lorsqu’elles manipulent des agents pathogènes humains. À cette fin, deux exigences de la NCB peuvent être utiles dans la gestion de ces circonstances :

  1. 4.10.6 Un registre des activités d’entretien, de réparation, d’inspection, d’essai ou de certification de l’installation et de l’équipement, y compris les registres sur les essais de vérifications et de performance, selon la fonction de la zone de confinement, doit être tenu et conservé.

Nous recommandons que, dans le cas de tout équipement pour lequel la certification expire et pour lequel les essais doivent être reportés, vous vous assuriez que les registres sont rédigés et tenus de façon à indiquer clairement la pandémie de COVID-19 comme raison du retard. S’il y a lieu, veuillez vous reporter à l’exigence ci-dessous (4.1.8) et décrivez les mesures provisoires qui seront prises pour atténuer les risques jusqu’à ce que l’équipement puisse être testé.

  1. 4.1.8 Une évaluation locale des risques (ELR) doit être réalisée afin d’examiner chaque tâche comportant des matières infectieuses ou des toxines, ce qui permettra de cerner les risques, ainsi que de mettre au point et de consigner des pratiques de travail sécuritaires.

Nous recommandons de procéder à une évaluation locale des risques (ELR) pour tout l’équipement de confinement dont l’utilisation doit se poursuivre lorsque la certification a expiré et que les essais ont été reportés en raison de la pandémie de COVID-19. Cette ELR devrait indiquer clairement tous les risques possibles qui devront être atténués par un autre mécanisme jusqu’à ce que l’équipement puisse faire l’objet d’essais. Nous les décrivons comme des risques « possibles », car l’équipement peut possiblement être utilisé en toute sécurité, mais nous ne pouvons pas le confirmer sans avoir effectué des essais.

Par exemple :

  1. utilisez une poire à fumée ou un autre indicateur visuel pour confirmer la circulation de l’air vers l’intérieur sur la surface d’une enceinte de sécurité biologique;
  2. indiquez clairement que la certification ou l’essai de l’équipement a expiré et limitez l’utilisation de cet équipement lorsque cela est possible;
  3. envisagez d’utiliser un équipement de protection individuelle (EPI) supplémentaire, le cas échéant.

La situation de chaque organisation et les défis auxquels elle est confrontée à l’égard de la COVID-19 seront différents, toutefois, nous encourageons nos parties réglementées à suivre les pratiques exemplaires et à prendre des mesures proactives comme celles recommandées ci-dessus. Comme toujours, si des directives supplémentaires sont nécessaires, veuillez communiquer avec le CB à l’adresse phac.biosafety-biosecurite.aspc@canada.ca.

Q7. Je travaille dans un laboratoire NC2 qui exige maintenant que le personnel porte un masque non médical à cause du COVID-19. Quelles précautions dois-je prendre?

R. Des informations sur la façon d'utiliser en toute sécurité un masque non médical ou un couvre-visage sont disponibles.

Nous recommandons les précautions supplémentaires suivantes pour garantir la biosécurité:

  1. les couvre-visages utilisés en laboratoire ne devrait pas être utilisés à l'extérieur de l'enceinte de confinement dans les zones communes (couloirs, toilettes, cafétérias, zones administratives, etc.)
  2. les couvre-visages ne devrait pas être utilisés plus d'une fois en laboratoire; les couvre-visages utilisés peuvent être contaminés par les activités de laboratoire et leur nouvelle application sur le visage présente un risque supplémentaire
  3. les couvre-visages peuvent être lavés à la maison entre les utilisations, à condition qu'ils soient transportés à la maison dans un sac en plastique fermé et manipulés avec précaution
Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :