Les services à l’enfance et à la famille dans les Territoires du Nord-Ouest

Les services à l’enfance et à la famille des Territoires du Nord-Ouest peinent à bien protéger et soutenir les enfants vulnérables

 

 Bannière

Métadonnées du rapport

Date de dépôt :
Sujets :
Santé
Affaires autochtones
Report type
Rapports aux assemblées législatives du Nord

AVERTISSEMENT

Le contenu du présent rapport d’audit et ses documents connexes pourraient susciter une réaction négative.

Survol

Dans l’ensemble, le ministère de la Santé et des Services sociaux et les trois administrations des services de santé et des services sociaux des Territoires du Nord‑Ouest n’en ont pas fait assez pour protéger et favoriser le bien‑être des enfants à risque et de leur famille. Nous avons relevé des lacunes graves dans les principaux services de protection de l’enfance, allant des longs délais d’intervention à la suite des signalements de mauvais traitements présumés au non‑respect de la plupart des exigences de fréquence minimale des contacts avec les enfants et leur famille.

Dans les cas d’allégations de mauvais traitements envers un enfant, les administrations des services de santé et des services sociaux sont tenues d’évaluer la situation dans un délai de 24 heures pour déterminer les risques auxquels est exposé l’enfant et décider si des mesures s’imposent, comme une enquête plus approfondie. Ces administrations n’avaient pas achevé cette évaluation préalable dans les délais prescrits pour 33 % des signalements que nous avons examinés. En outre, dans les cas où il a été déterminé qu’une allégation devait faire l’objet d’une enquête plus approfondie, les administrations n’avaient pas achevé l’enquête selon le délai établi de 30 jours dans 71 % des signalements que nous avons examinés.

En ce qui concerne les enfants bénéficiant de services de protection, les administrations des services de santé et des services sociaux ne communiquaient pas avec eux systématiquement au moins une fois par mois, comme cela était requis. Des lacunes ont aussi été relevées en ce qui concerne l’évaluation préalable et la surveillance des foyers d’accueil. Par exemple, les vérifications du casier judiciaire n’avaient pas été effectuées ou mises à jour pour tous les adultes et tutrices ou tuteurs dans 12 % des foyers d’accueil que nous avons examinés.

Nous avons constaté que les administrations des services de santé et des services sociaux ne respectaient pas toujours les normes en place pour appuyer la prestation de services aux enfants autochtones qui soient sécuritaires sur le plan culturel. Par exemple, la plupart des enfants n’étaient pas accompagnés d’un plan de soutien culturel recensant les possibilités de renforcer et de préserver leurs liens avec leur culture. Cette constatation est importante parce que presque tous les enfants bénéficiant de services de protection au sein du territoire s’identifiaient comme des Autochtones.

Nous avons constaté que les taux moyens de postes de première ligne vacants au sein des services à l’enfance et à la famille se situaient entre 14 % et 34 % dans l’ensemble des trois administrations des services de santé et des services sociaux. Le nombre de cas à traiter par intervenante ou intervenant était aussi élevé et la formation connaissait des retards. En outre, le Ministère n’a pas effectué d’évaluation exhaustive des ressources financières et humaines dont il avait besoin pour fournir ses services à l’enfance et à la famille dans le territoire.

Certaines des constatations formulées dans nos audits de 2014 et de 2018 n’avaient pas encore été traitées. Il est essentiel que le ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que les trois administrations des services de santé et des services sociaux des Territoires du Nord-Ouest interviennent urgemment pour renforcer les services à l’enfance et à la famille et favoriser le bien-être des enfants à risque et de leur famille.

Les constatations et les données clés

  • Les administrations des services de santé et des services sociaux ont reçu environ 1 500 signalements de mauvais traitements présumés au cours de chacune des trois dernières années, d’après les rapports annuels des Services à l’enfance et à la famille.
  • D’après le Rapport annuel 2024‑2025 de la directrice des Services à l’enfance et à la famille du Ministère, 98 % des enfants bénéficiant de services à l’enfance et à la famille dans les Territoires du Nord-Ouest s’identifiaient comme des Autochtones, alors qu’ils représentaient 58 % de la population globale des enfants dans le territoire.
  • L’absence de normes en matière de remboursement des coûts liés au placement en foyer d’accueil a entraîné des incohérences entre les régions et les administrations des services de santé et des services sociaux, engendrant un risque d’injustice et de favoritisme réels ou perçus.
  • Le Ministère a établi comme objectif l’attribution de 11 cas actifs par intervenante ou intervenant en protection de l’enfance; or, en moyenne, 75 % de ces intervenantes et intervenants devaient traiter plus de 11 cas actifs. 

Pourquoi avons-nous effectué cet audit?

  • Les enfants bénéficiant de services de protection de l’enfance figurent parmi les personnes les plus vulnérables de la société. Ces enfants comptent sur le fait que le gouvernement s’acquittera de ses obligations légales envers leur sécurité et leur bien-être.
  • Lorsque les enfants ont besoin d’une aide urgente, leur sécurité et leur bien-être peuvent être compromis si les mesures nécessaires pour assurer leur protection ne sont pas prises en temps opportun.
  • Des approches sécuritaires sur le plan culturel permettent de veiller à ce que les services soient respectueux et répondent aux besoins des enfants et familles autochtones.

Aperçu de nos recommandations

  • Le ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que les administrations des services de santé et des services sociaux devraient assurer un suivi des exigences clés de la Loi sur les services à l’enfance et à la famille, de ses normes et des procédures établies, analyser la conformité à ces instruments, et se servir de cette analyse pour apporter des améliorations, notamment mettre en œuvre une formation ciblée à l’intention du personnel en vue de corriger les instances de non-conformité.
  • Le ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que les administrations des services de santé et des services sociaux devraient établir des normes et des procédures concernant le soin des enfants vivant dans un établissement de groupe et revoir les arrangements en place pour en assurer la conformité.

Consultez le rapport intégral pour lire toutes nos observations, analyses, recommandations et les réponses des entités auditées.

Visuels choisis

Détails de la page

2026-05-28