La réponse à la grippe aviaire est efficace, mais des risques demeurent pour la santé publique et animale
La grippe aviaire
Métadonnées du rapport
- Date de dépôt :
- Entités vérifiées :
- Agence canadienne d’inspection des aliments
- Environnement et Changement climatique Canada
- Agence de la santé publique du Canada
- Sujets :
- Santé
- Environnement
- Sécurité
- Report type
- Rapports du commissaire à l’environnement et au développement durable
Survol
Dans l’ensemble, le gouvernement fédéral avait des mesures en place pour protéger la faune, les animaux domestiques et la population contre la grippe aviaire. Toutefois, des difficultés persistaient en ce qui concerne l’évaluation des répercussions de la grippe aviaire sur les espèces en péril, l’uniformité de la documentation sur les activités menées pour éliminer le virus des lieux infectés et la gestion efficace des stocks de vaccins destinés aux humains.
L’influenza aviaire, souvent appelée «grippe aviaire», est causée par un virus extrêmement contagieux qui infecte principalement les oiseaux sauvages, mais qui peut se transmettre aux animaux domestiques, comme les poulets, les bovins laitiers et les animaux de compagnie, puis aux humains. Une éclosion de grippe aviaire a commencé au Canada en décembre 2021, et on craint que le virus puisse muter, ce qui pourrait entraîner une transmission interhumaine et possiblement une pandémie. Environnement et Changement climatique Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments et l’Agence de la santé publique du Canada ont tous un rôle à jouer dans la prévention et la gestion des éclosions.
Depuis le début de l’éclosion, Environnement et Changement climatique Canada a renforcé sa surveillance des oiseaux migrateurs en réaffectant des fonds existants. Toutefois, sans financement réservé, il pourrait être difficile de maintenir ces efforts dans l’avenir. En outre, malgré qu’il ait reconnu la nécessité de comprendre les répercussions de la grippe aviaire sur les espèces qui sont ou qui pourraient devenir menacées, en voie de disparition ou disparues, le Ministère n’a pas exercé une surveillance régulière et ciblée des espèces en péril.
Pour contenir la propagation de la grippe aviaire chez les animaux domestiques, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a effectué toutes les procédures nécessaires et éliminé le virus de tous les 47 lieux compris dans notre échantillon d’audit. Toutefois, la documentation pourrait être améliorée, notamment en ce qui concerne l’uniformité et l’exhaustivité des renseignements consignés par les inspectrices et inspecteurs.
En date de mars 2025, l’Agence de la santé publique du Canada avait obtenu un total de 870 000 doses de vaccins contre la grippe aviaire afin de protéger les personnes à risque d’exposition, notamment les productrices et producteurs agricoles et les vétérinaires. Lorsque les vaccins ont expiré en février 2026, plus de 95 % des doses n’avaient pas été utilisées. L’Agence a obtenu l’approbation financière requise pour se procurer d’autres doses, mais n’a pas encore décidé s’il était nécessaire de mettre à jour sa réserve de vaccins.
Les constatations et les données clés
- Depuis décembre 2021, le virus de la grippe aviaire a été détecté dans chaque province et territoire, y compris chez 43 espèces d’oiseaux en péril à l’échelle fédérale ou provinciale.
- Depuis décembre 2021, Environnement et Changement climatique Canada a élargi son programme de surveillance de la grippe aviaire chez les oiseaux migrateurs en augmentant le nombre d’échantillons testés et en y intégrant des tests de détection d’anticorps sur des échantillons de sang d’oiseaux sauvages ainsi que sur des œufs d’oiseaux sauvages.
- Entre décembre 2021 et mars 2026, environ 17,3 millions d’oiseaux commerciaux sont morts ou ont fait l’objet d’un abattage sélectif en raison du virus, ce qui a donné lieu au versement de 360 millions de dollars en indemnités par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.
- L’Agence de la santé publique du Canada a distribué 39 200 doses du vaccin contre la grippe aviaire aux provinces et aux territoires et a donné 2 300 doses au milieu de la recherche.
Pourquoi avons-nous effectué cet audit?
- Les ministères et organismes gouvernementaux doivent prendre des mesures à l’égard de la grippe aviaire afin de protéger la santé publique, de prévenir une possible pandémie humaine, de préserver l’économie et la sécurité alimentaire, et de conserver la faune et la biodiversité.
- L’influenza aviaire hautement pathogène constitue une menace importante pour la conservation des populations d’oiseaux sauvages en raison de la mortalité sans précédent et de la répartition à grande échelle observées lors de l’éclosion actuelle au sein des populations d’oiseaux migrateurs.
- L’Organisation mondiale de la Santé et l’Agence de la santé publique du Canada préviennent que d’autres mutations du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène pourraient entraîner une importante transmission interhumaine.
Aperçu de nos recommandations
- Environnement et Changement climatique Canada devrait améliorer ses méthodes de surveillance visant à dépister l’influenza aviaire hautement pathogène chez des espèces en péril de manière à comprendre quelles espèces en péril sont les plus vulnérables et sensibles aux répercussions du virus, et à éclairer la gestion et la conservation de ces espèces.
- Étant donné qu’elle a reçu l’approbation financière requise pour obtenir des doses supplémentaires de vaccins contre la grippe aviaire au besoin, l’Agence de la santé publique du Canada devrait fonder à l’avenir ses décisions en matière d’approvisionnement sur les évaluations des risques mises à jour, une analyse coûts‑avantages, ainsi qu’une évaluation des prévisions de la demande concernant le nombre de doses qui pourraient être nécessaires.
Consultez le rapport intégral pour lire toutes nos observations, analyses, recommandations et les réponses des entités auditées.



En septembre 2015, le Canada a adopté le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, qui comprend 17 objectifs de développement durable. La grippe aviaire est liée à ces objectifs, notamment aux suivants :
- Objectif 3 – Bonne santé et bien-être — La grippe aviaire est une zoonose, c’est-à-dire qu’elle peut se transmettre d’un animal à un humain. Dans le plan ministériel 2024‑2025 de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, l’Agence rattache à cet objectif ses travaux en cours pour protéger la population canadienne contre les maladies qui peuvent être transmises des animaux aux humains. Dans le cadre de son rapport sur la Stratégie ministérielle de développement durable de 2023‑2024, l’Agence associe également à l’objectif 3 son approche « Une seule santé » de la gestion de l’influenza aviaire hautement pathogène.
- Objectif 15 – Vie terrestre — Le virus de l’influenza aviaire entraîne des taux de mortalité élevés au sein des populations d’oiseaux sauvages et s’est propagé à des mammifères, ce qui menace la biodiversité. Environnement et Changement climatique Canada indique dans son plan ministériel 2024‑2025 qu’il mettra à profit le modèle « Une seule santé » pour appuyer la santé de la faune, notamment en soutenant la prise de décisions grâce à la surveillance des nouveaux agents pathogènes et de leurs répercussions sur la santé de la faune.
Visitez notre page « Le développement durable et le BVG » pour en apprendre davantage sur le développement durable au BVG.
Visuels choisis
Pièce 1 — En réponse à l’éclosion de grippe aviaire, Environnement et Changement climatique Canada avait élargi ses méthodes de surveillance afin de détecter la présence du virus chez les oiseaux migrateurs
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Pièce 1 — En réponse à l’éclosion de grippe aviaire, Environnement et Changement climatique Canada avait élargi ses méthodes de surveillance afin de détecter la présence du virus chez les oiseaux migrateurs
L’image illustre les méthodes de surveillance continue d’Environnement et Changement climatique Canada ainsi que les nouvelles méthodes de surveillance que le Ministère avait ajoutées en réponse à l’éclosion de grippe aviaire.
Les méthodes de surveillance continue sont les suivantes :
•la surveillance d’oiseaux vivants et récoltés par les chasseurs;
•la surveillance d’oiseaux sauvages malades et morts dirigée par le Réseau canadien de la santé et de la faune.
Les nouvelles méthodes de surveillance sont les suivantes :
•des échantillons de sang d’oiseaux sauvages;
•des échantillons d’oeufs d’oiseaux sauvages.
Source : D’après des renseignements d’Environnement et Changement climatique Canada
Source : D’après des renseignements d’Environnement et Changement climatique Canada
Pièce 2 — L’influenza aviaire hautement pathogène menace des espèces déjà en voie de disparition
En novembre 2025, deux échantillons prélevés chez des grues blanches se sont révélés positifs à l’influenza aviaire hautement pathogène. Les deux échantillons provenaient d’oiseaux morts. On estime que la principale population de grues blanches ne comporte qu’environ 550 grues blanches. Ces oiseaux en péril migrent chaque année du parc national Wood Buffalo, en Alberta et aux Territoires du Nord‑Ouest, vers Aransas, au Texas. Le dépistage du virus chez de telles espèces en péril est important pour déterminer les activités de surveillance supplémentaires qui pourraient s’avérer nécessaires afin de mieux comprendre les risques d’exposition au virus et de mettre à jour les plans de gestion des espèces.
Photo : © Michael Forsberg
Source : D’après des renseignements d’Environnement et Changement climatique Canada et de diverses autres sources
Pièce 3 — L’Agence de la santé publique du Canada avait acheté des vaccins contre la grippe aviaire avant de déterminer le nombre exact de doses nécessaires
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Pièce 3 — L’Agence de la santé publique du Canada avait acheté des vaccins contre la grippe aviaire avant de déterminer le nombre exact de doses nécessaires
Cette chronologie illustre le processus suivi par l’Agence de la santé publique du Canada pour acheter des vaccins contre la grippe aviaire de juin 2024 à février 2026.
•Juin 2024 : L’Agence avait l’intention d’acheter 800 000 doses sans avoir effectué d’analyse.
•Août 2024 : L’Agence a acheté 500 000 doses après avoir estimé qu’il s’agissait du nombre de doses dont elle aurait besoin pour protéger les populations à risque.
•Février 2025 : L’Agence a effectué une analyse plus détaillée et a déterminé qu’elle avait besoin de seulement 300 000 doses.
•Mars 2025 : L’Agence a acheté 370 000 doses de plus, sans avoir effectué d’analyse, portant le total à 870 000 doses.
•Février 2026 : Toutes les doses avaient comme date d’expiration le 28 février 2026.
Source : D’après des renseignements de l’Agence de la santé publique du Canada
Source : D’après des renseignements de l’Agence de la santé publique du Canada
Pièce 4 — Plus de 95 % des vaccins contre la grippe aviaire n’avaient pas été utilisés avant leur expiration en février 2026
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Pièce 4 — Plus de 95 % des vaccins contre la grippe aviaire n’avaient pas été utilisés avant leur expiration en février 2026
Cette chronologie illustre la façon dont l’Agence de la santé publique du Canada a distribué les vaccins contre la grippe aviaire d’août 2024 à février 2026 :
•Août 2024 : L’Agence de la santé publique du Canada a conclu le premier accord pour l’achat d’un vaccin contre la grippe aviaire.
•Février 2025 : L’Agence a commencé à recevoir les vaccins.
•Mai 2025 : Les premières doses ont été distribuées aux provinces.
•De mai 2025 à février 2026 : 41 500 doses ont été distribuées : 39 200 doses aux provinces et territoires; 2 300 à titre de dons aux fins de la recherche.
•Février 2026 : Les doses restantes (95 %) ont expiré.
Source : D’après des renseignements de l’Agence de la santé publique du Canada
Source : D’après des renseignements de l’Agence de la santé publique du Canada