Recruter pour la Gendarmerie royale du Canada


La GRC n’a pas réussi à recruter assez de personnel policier pour répondre à ses besoins opérationnels
 

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Métadonnées du rapport

Date de dépôt :
Entités vérifiées :
Gendarmerie royale du Canada
Sujets :
Sécurité
Emplois
Report type
Rapports de la vérificatrice générale

Survol

Dans l’ensemble, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’a pas recruté ni affecté de nouvelles policières et nouveaux policiers à leur première affectation en temps opportun et de façon efficace pour répondre aux besoins opérationnels.

Depuis 2018, la GRC a fait du recrutement une priorité absolue. Cependant, elle n’a pas correctement déterminé le nombre total de policières et policiers dont elle avait besoin pour doter pleinement la force. La GRC a établi et déclaré des objectifs de recrutement qui étaient loin de répondre à ses besoins réels en matière de dotation, et n’a pas recruté autant de policières et policiers que prévu. Notre analyse des données de la GRC a révélé que la pénurie de policières et de policiers s’est aggravée dans les deux dernières années : au moins 3 400 policières et policiers supplémentaires étaient nécessaires en septembre 2025.

La pénurie de policières et policiers de première ligne dans les Services de police contractuels et autochtones était répandue dans tout le Canada. En septembre 2025, 9 des 11 divisions de la GRC affichaient un taux de vacance supérieur au seuil critique de 7 %, malgré l’objectif de longue date de l’organisation de maintenir un taux de vacance beaucoup plus bas. Ces taux de vacance élevés posent clairement un risque pour la capacité de la GRC à maintenir la capacité opérationnelle et la prestation de services dans l’ensemble de ses secteurs d’activité.

La GRC n’ayant pas atteint son objectif de temps de traitement des candidatures dans 97 % des cas, elle a eu du mal à réunir un nombre suffisant de cadettes et cadets pour les classes de formation. Certaines classes ont donc été annulées et la GRC a formé moins de cadettes et cadets que prévu. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles le nombre de postes vacants a continué d’augmenter par rapport à 2023. Dans un sondage mené par le Bureau du vérificateur général du Canada, les candidates et candidats — retenus et non retenus — ont souvent indiqué que la durée du processus de candidature constituait leur plus grande frustration.

Afin d’attirer plus de candidatures, la GRC a modifié son approche en 2023 en permettant aux nouvelles policières et nouveaux policiers de choisir la division pour leur première affectation, pourvu qu’il y ait un poste vacant. Au cours de la première année, ce changement a fonctionné comme prévu : la GRC a reçu environ 6 000 candidatures de plus que l’année précédente, dépassant les nombres prévus. Toutefois, le changement a également entraîné un résultat inattendu, soit une augmentation des postes vacants chroniques dans certaines divisions. En juillet 2025, la GRC a fait marche arrière; elle est revenue à l’affectation de nouvelles policières et nouveaux policiers dans les divisions selon les besoins opérationnels. Compte tenu du nombre élevé de postes vacants, il faudra de nombreuses années pour annuler l’incidence de l’approche temporaire.

En raison du manque chronique de policières et policiers de première ligne, la GRC fait face à un risque élevé d’absences de policières et de policiers et d’épuisement professionnel, ce qui pourrait lui compliquer la tâche de prévenir des crimes et d’enquêter sur les crimes commis, de maintenir la paix et l’ordre et de contribuer à la sécurité nationale.

Les constatations et les données clés

  • La GRC avait effectué une planification limitée de ses effectifs et ne savait pas combien de nouvelles policières et nouveaux policiers elle devait recruter pour pourvoir tous les postes au sein de la force, notamment pour résorber les pénuries au sein de ses secteurs d’activité Services de police spécialisés et Police fédérale.
  • Malgré les efforts déployés pour réduire le temps moyen de traitement des candidatures retenues, ce temps avait augmenté de 35 jours (11 %) entre avril 2023 et septembre 2025, pour une durée de traitement moyenne de 330 jours.
  • Grâce à son plan d’affectation flexible, la GRC avait réussi à attirer plus de candidatures; elle en avait reçu plus de 46 000 dans le cadre du Programme national de recrutement au cours de la période d’audit de 30 mois, dépassant de plusieurs milliers son objectif annuel de 12 000 candidatures pour les exercices 2023‑2024 et 2024‑2025.
  • Parmi les candidatures que la GRC avait traitées pendant la période d’audit, à peine 6 % avaient donné lieu à une offre de formation pour devenir policière ou policier. Les autres candidates et candidats s’étaient retirés du processus (15 %), avaient cessé de communiquer avec la GRC (24 %), avaient été refusés par la GRC (37 %) ou leur candidature était toujours en cours de traitement (18 %).
  • Seuls 18 % de toutes les classes de formation de cadettes et cadets de la GRC avaient atteint leur pleine capacité.
  • Le coût moyen pour attirer et former une nouvelle policière ou un nouveau policier au cours des exercices 2023‑2024 et 2024‑2025 était d’environ 247 000 $.

Pourquoi avons-nous effectué cet audit?

  • Il est important que la GRC ait le bon nombre de policières et policiers en poste partout au pays pour fournir des services de police communautaires et assumer d’autres rôles, comme ceux qui appuient la sécurité nationale.
  • Il est donc essentiel que la GRC ait une compréhension exacte et à jour des lacunes de son effectif afin de pouvoir planifier efficacement les efforts de recrutement et mettre la force à niveau.
  • Le traitement rapide et efficace des candidatures est essentiel à la capacité de la GRC de maximiser le nombre de cadettes et cadets qu’elle peut former au Dépôt afin d’atteindre le nombre de nouvelles policières et nouveaux policiers requis.

Aperçu de nos recommandations

  • Pour s’assurer que sa planification des effectifs fournisse un fondement exhaustif pour le recrutement, la GRC devrait déterminer le nombre de policières et policiers dont elle a besoin pour doter tous les postes de l’ensemble des secteurs d’activité de la force en vue de satisfaire aux exigences opérationnelles.
  • Pour répondre à ses besoins opérationnels, la GRC devrait harmoniser ses objectifs de recrutement avec le nombre de policières et policiers requis pour pourvoir tous les postes dans tous les secteurs d’activité de la force policière. Ces objectifs devraient tenir compte du fait qu’il y a des cadettes et cadets qui ne termineront pas le Programme de formation des cadets.
  • La GRC devrait déterminer comment accroître la capacité requise au Dépôt pour former assez de cadettes et cadets afin de répondre à ses besoins opérationnels, puis apporter ces changements pour amener la force policière à sa pleine capacité opérationnelle.

Consultez le rapport intégral pour lire toutes nos observations, analyses, recommandations et les réponses des
entités auditées.

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2026-03-23