Personnages historiques remarquables

Lisez les biographies de personnes remarquables qui ont contribué à façonner l’histoire des Noirs au Canada. En 2017, nous mettons en vedette Viola Desmond, qui représente la force et le courage dont ont fait preuve les Canadiens noirs pour vaincre l’adversité.

L’honorable Lincoln M. Alexander

L'honorable Lincoln M. Alexander est né en 1922, à Toronto. Il a servi dans l'Aviation royale du Canada durant la Seconde Guerre mondiale, de 1942 à 1945. Titulaire d'un baccalauréat ès arts de l'Université McMaster de Hamilton et admis au Barreau en 1965 à l'issue d'études à l'école de droit Osgoode Hall de Toronto, il a été nommé conseil de la reine et a travaillé comme associé dans un cabinet d'avocats de Hamilton de 1963 à 1979. M. Alexander est devenu en 1968 le premier Noir élu à la Chambre des communes, où il est resté jusqu'en 1980, occupant notamment le poste de ministre fédéral du Travail en 1979-1980.

En 1985, Lincoln Alexander a été nommé 24e lieutenant-gouverneur de l'Ontario, la première personne de minorité visible à occuper une telle fonction au Canada. Durant son mandat, qui a pris fin en 1991, il s'est particulièrement concentré sur les jeunes et l'éducation. Par la suite, il a accepté le poste de chancelier de l'Université de Guelph. En 1996, il a accédé à la présidence de la Fondation canadienne des relations raciales et a été fait commissaire honorifique des célébrations de l'Année internationale des personnes âgées en Ontario.

L'honorable Lincoln Alexander a été nommé compagnon de l'Ordre du Canada et membre de l'Ordre de l'Ontario en 1992, et il a reçu en juin 2006 le titre de « Greatest Hamiltonian of All Time » (plus grand Hamiltonien de tous les temps).

M. Alexander est décédé le 19 octobre 2012, à l'âge de 90 ans.

En décembre 2013, la province de l'Ontario a proclamé le 21 janvier (journée d’anniversaire de Lincoln Alexander)  la « Journée Lincoln Alexander » et l'année suivante, cette journée a été reconnue à l'échelle nationale

Marie-Joseph Angélique (vers 1705 – 21 juin 1734)

Angélique est née à Madère, au Portugal vers 1705, où elle a été réduite à l’esclavage et vendue plusieurs fois avant d’être achetée par le marchand français François Poulin de Francheville en 1725. Elle a été amenée à Montréal pour servir de travailleuse domestique. À la mort de M. de Francheville en 1733, la propriété d’Angélique a été transmise à sa veuve, Thérèse de Couagne.

Pendant sa période d’esclavage, Angélique a eu trois enfants – certains historiens ont dit qu’elle avait probablement été forcée d’avoir ces enfants, avec un autre esclave, Jacques César. Aucun de ses enfants n’a passé le cap de la petite enfance. Angélique avait également un amant, un travailleur blanc engagé à long terme, nommé Claude Thibault. Après avoir demandé sa liberté qui lui a été refusée, Angélique s’est enfuie avec Thibault après avoir mis le feu à son lit. Ils ont été capturés deux semaines plus tard dans les environs de Chambly.

Une fois Angélique revenue à Montréal, elle a menacé de brûler la maison de sa maîtresse. Le 10 avril 1734, 46 bâtiments du quartier des marchands de Montréal sont incendiés, dont le couvent et l’hôpital de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Le lendemain, Angélique est accusée d’avoir déclenché l’incendie et elle est arrêtée par la police. Elle est accusée d’incendie criminel, punissable de mort et, à une époque où l’accusé était présumé coupable, elle avait très peu de chance de prouver son innocence. Tout au long de son procès, elle a nié avoir allumé le feu.

Elle a comparu devant le juge Pierre Raimbault et un long procès de six semaines a commencé. Sur 23 personnes, 22 ont témoigné contre Angélique, déclarant que bien qu’elles ne l’aient pas vue allumer le feu, elles étaient sûres que c’était elle qui l’avait fait. Un témoin a attesté de son innocence, sa maîtresse elle-même, Thérèse de Couagne. Ce n’est qu’au 24témoin que le procès a pris fin : Amable Lemoine Monière, âgée de cinq ans, a juré sous serment avoir vu Angélique se rendre au grenier de la maison Francheville munie d’une pelle pleine de braises juste avant l’incendie. Devant un tel témoignage, le juge a pu déclarer Angélique coupable.

Elle devait se faire couper les mains et être brûlée vive, mais la condamnation a été portée en appel pour alléger la peine. La peine de mort a été maintenue, et Angélique devait être torturée et pendue, puis son corps devait être brûlé. Le jour de son exécution, elle a été torturée au moyen de brodequins, forcée d’avouer ses crimes et d’implorer le pardon de Dieu, du roi et du peuple. Angélique a été pendue et son corps suspendu à la potence pendant deux heures, brûlé, puis ses cendres ont été dispersées au vent.

D’un côté, Angélique, en tant qu’esclave vivant en Nouvelle-France sans aucun droit, a peut-être été une victime innocente de circonstances malheureuses, de rumeurs et de discrimination. D’un autre côté, Angélique a pu avoir mis le feu pour faire passer un message de rébellion, un appel à la liberté des esclaves noirs. Nous ne saurons probablement jamais si Angélique était coupable ou non, mais il est important de ne pas oublier son histoire et ce qu’elle représente.

En 2012, une place publique à Montréal, au Québec, face à l’hôtel de ville, porte le nom de Place Marie-Josèphe-Angélique.

L’honorable Jean Augustine

Jean Augustine est une pionnière en politique, une militante sociale et une enseignante. Elle est la première Noire canadienne à être élue à la Chambre des communes, la première Noire canadienne à être nommée au Cabinet fédéral et première commissaire à l’équité nommée par le gouvernement d’Ontario.

Née en 1937, à Happy Hill, à la Grenade, Jean Augustine a dû surmonter des difficultés personnelles et financières dès son jeune âge pour exceller sur le plan scolaire et entamer sa carrière en tant qu’enseignante. Après son arrivée au Canada en 1960, elle poursuit ses études et ses perspectives de carrière, prend part à des organismes communautaires afin de défendre les droits des minorités et des femmes et sert sa collectivité et la Ville de Toronto en faisant preuve d’une grande passion et de charisme. Jean Augustine a mis à profit ses origines et ses convictions dans les domaines du service à la collectivité, de l’enseignement et de la défense des droits lorsqu’elle est entrée en politique en 1993, en qualité de député. En 1995, elle dépose une motion au Parlement afin de proclamer le mois de février le Mois de l’histoire des Noirs. Cette motion est adoptée à l’unanimité, établissant de ce fait une longue tradition visant à souligner l’importante contribution des Canadiens noirs dans l’histoire, la culture, l’évolution et le patrimoine du Canada. Après cette réussite, Jean Augustine continue d’occuper plusieurs postes importants, notamment celui de ministre d’État chargée du Multiculturalisme et de la Condition féminine, membre du Conseil privé de la Reine pour le Canada et Comité de la citoyenneté et de l’immigration.

Jean Augustine a reçu de nombreux prix et reconnaissance pour son travail; elle a entre autres été admise comme membre de l’Ordre du Canada en 2007 et elle a reçu la prestigieuse nomination de dame commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique et des diplômes honorifiques de l’Université de Toronto, l’Université de Guelph, l’Université McGill et l’Université York.

Donovan Bailey

Donovan Bailey est l'un des meilleurs sprinters de tous les temps. À titre d'ancien détenteur du record mondial au 100 mètres et de champion olympique et du monde, il n'est pas surprenant que Track and Field News l'ait nommé « Athlète de la décennie » au 100 mètres et que nous le connaissions sous le nom d' « homme le plus rapide au monde ».

Les Canadiens étaient remplis de fierté lorsque l'athlète originaire de la Jamaïque s'est imposé aux Jeux olympiques de 1996 à Atlanta, où il remporta la médaille d'or au 100 mètres et au relais 4 x 100 mètres. Après avoir pris sa retraite de la compétition active en 2001, il entreprit une fructueuse carrière dans le monde des affaires.

Carrie Best

Carrie Best naît le 4 mars 1903, à New Glasgow, Nouvelle-Écosse, de James et Georgina Ashe Prevoe.

En 1925, elle épouse Albert T. Best, avec qui elle a un fils, J. Calbert Best. Plus tard, elle devient mère d'accueil pour Berma, Emily, Sharon et Aubrey Marshall.

Durant les années 1940, Mme Best et son fils Cal sont arrêtés pour s'être assis dans la partie inférieure, sur les sièges réservés aux Blancs, du Roseland Theater à New Glasgow. En conséquence, les deux seront accusés de troubler la paix, reconnus coupables et condamnés à une amende.

En 1946, Mme Best fonde The Clarion, le premier journal de la Nouvelle-Écosse appartenant à des Noirs. En 1952, son émission de radio, appelée The Quiet Corner (le coin tranquille), entre en ondes. Elle sera diffusée pendant 12 ans, dans quatre stations de radio dans les provinces maritimes. En 1968, elle est embauchée comme chroniqueuse pour le Pictou Advocate, un journal de Pictou, en Nouvelle-Écosse. Sa chronique est publiée jusqu'en 1975, sous la rubrique « Droits de la personne. »

Voici quelques-unes des réalisations les plus importantes de Carrie Best :

  • Membre de l'Ordre du Canada en 1974
  • Titulaire de la Médaille de la Reine Élisabeth II en 1977
  • Officier de l'Ordre du Canada en 1979
  • Récipiendaire d'un doctorat honorifique en droit civil (DC.L.) de l'Université King's College, à Halifax, en 1992
  • Fondatrice de la société Kay Livingstone pour les femmes appartenant à une minorité de la Nouvelle-Écosse en 1975
  • Intronisée au Temple de la renommée des Noirs de Nouvelle‑Écosse en 1980
  • Récipiendaire du prix Harry Jerome en 1986
  • Récipiendaire de la Plaque d'adhésion Harambee en 1987
  • Récipiendaire du Black Professional Women's Group Award Certificate en 1989
  • Récipiendaire du prix d'excellence du ministre pour les relations interraciales (ministre d'état au Multiculturalisme), en 1990
  • Récipiendaire du prix de la commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse en 1991
  • Récipiendaire du prix de la Ville de New Glasgow pour son travail à l'amélioration des relations interraciales en 1992
  • Récipiendaire du Congress of Black Women Certificate en 1993

Carrie Best est décédée en juillet 2001, à New Glasgow.

Mary Bibb

Née libre à Rhode Island, Mary Bibb est devenue abolitionniste, enseignante, couturière, activiste et co-éditrice de « Voice of the Fugitive ». En 1854, Mary Bibb fonda également le Windsor Ladies Club, également connu sous le nom de Mutual Improvement Society. Mary, tout comme son mari Henry, a également contribué à la gestion de la Refugee Home Society et à la distribution de l'aide aux voyageurs entrants du chemin de fer clandestin. Les deux fournissaient aux nouveaux arrivants de la nourriture, des vêtements, un logement, mais aussi une formation professionnelle et une protection contre les chasseurs d'esclaves. Cela s'ajoutait à la création d'une école pour les jeunes exclus de l'école publique locale faisant face à la discrimination. C'est en 2002 que Mary, tout comme son mari Henry, a été reconnue comme étant une personne d'importance historique nationale au Canada.

Jully Black

Jully Black, née sous le nom de Jully Ann Inderia Gordon, est une chanteuse, compositrice, actrice et personnalité de la télévision. Connue comme la reine du R & B du Canada, elle est lauréate d'un prix Juno et, en 2013, CBC Music l'a nommée l'une des «25 plus grandes chanteuses canadiennes jamais vues».

Mme Black est né le 8 novembre 1977 à Toronto (Ontario) de parents immigrés jamaïcains parmi neuf enfants. Son frère jumeau est mort à la naissance, son père est parti alors qu’elle était âgée de sept ans, et quand Mme Black avait dix ans, elle a perdu de façon inattendue une grande sœur. Mme Black a commencé à chanter à l'église à l'âge de six ans, et avec l'inspiration de sa défunte sœur Sharon et le manque de présence féminine dans les médias canadiens, elle a décidé de poursuivre une carrière musicale à l'âge de douze ans. Après avoir remporté un spectacle de talent local et chanté lors de nombreux événements, elle a commencé à voyager à New York pour enregistrer à l'âge de 14 ans. Elle a ensuite fréquenté le C.W. Jefferys Collegiate Institute, puis Oakwood Collegiate pour leur programme en musique. Elle a poursuivi ses études pour obtenir un diplôme en application de la loi au Collège Seneca, "J'ai toujours aimé le droit parce que j'ai vécu l'injustice. . . Lorsque vous connaissez vos droits et vos responsabilités, vous êtes intouchable », a déclaré Mme Black au Toronto Life.

Après avoir collaboré avec des artistes connus tels que Choclair, Kardinal Offishall, elle a écrit des chansons pour Destiny's Child, Nas, Sean Paul, Missy Elliott et d'autres. Elle a sorti un certain nombre de chansons indépendantes, y compris "Rally'n", qui a été nominé pour un prix Juno et un prix aux MuchMusic Video Award en 1999. Sa collaboration avec 2 Rude et Grimmi Grimmi, "Dissin 'Us", a remporté le prix Soul / R & B Vidéo aux MuchMusic Video Awards en 2000.

Le premier album de Mme Black, I travelled, dont la sortie était prévue en 2003, a été retardé en raison du fait que son label, MCA, a été absorbé par Interscope. Elle a ensuite signé avec Universal Music Canada et a sorti son premier album, This is Me (2005). Son single "Sweat of Your Brow" a culminé jusqu’au 16e rang sur le tableau canadien, et a remporté le prix pour l’enregistrement de danse de l'année aux Canadian Urban Music Awards (2005).

Le prochain album de Mme Black, Revival (2007), a été dédié à sa défunte sœur Sharon, et représente son single le plus vendu à ce jour, "Seven Day Fool", qui culmine au 9e rang sur le tableau du Billboard Canadian Hot 100. Revival a remporté l'enregistrement R & B / Soul de l'année aux prix Juno 2008.

Mme Black a également été impliqué dans un large éventail de travaux de bienfaisance. En 2006, elle a participé à un concert-bénéfice en Afrique du Sud aux côtés des Black Eyed Peas pour recueillir des fonds et faire de la sensibilisation pour la Fondation Shanduka et son programme Adopt-a-School. Elle a également présenté des discours dans des écoles partout au Canada et a participé au programme éducatif MusiCount. Elle a participé à un concert-bénéfice pour la Fondation Stephen Lewis, qui soutient la recherche sur le VIH / sida. En 2014, elle était l’hôtesse de Kick It Up un camp d’entraînement sur le cancer du rein à Toronto, qui a été bénéfique pour l'organisme Cancer du rein Canada. Elle est également une porte-parole des communautés Lesbienne, Gai, Transgenre, Bisexuel, Queer (LGTBQ), se produisant lors de divers événements de la Fierté, notamment à World Pride (2015).

Lucie et Thornton Blackburn

Comme de nombreux réfugiés du chemin de fer clandestin, Lucie et Thornton Blackburn se sont dirigés vers les villes où ils pourraient trouver du travail et où ils pourraient aider à façonner le caractère de leur nouvelle demeure.

Les Blackburn avaient fui l’esclavagisme du Kentucky et s'étaient établis originairement à Detroit. Par contre, leur ancien propriétaire les retrouva et tenta de les astreindre à nouveau à l'esclavage. À la suite d'une évasion fortement publicisée qui laissa Detroit aux prises avec de puissantes émeutes, les Blackburn réussirent à se rendre au Canada, où les tribunaux canadiens les protégèrent contre la menace d'extradition. Ce faisant, le Haut-Canada devint un symbole, à l'échelle nationale et internationale, de havre pour les réfugiés noirs.

Les Blackburn s'établirent à Toronto et, en 1834, ils bâtirent leur maison sur les lieux où se trouvait l'ancienne école de la rue Sackville. Thornton fut le premier chauffeur de taxi de la jeune Ville de Toronto. Les Blackburn travaillèrent sans relâche au sein de leur nouvelle communauté en vue de faire abolir l'esclavage et d'aider d'autres réfugiés du chemin de fer clandestin à s'établir au Canada.

En 1985, des archéologues qui travaillaient au centre-ville de Toronto firent une grande découverte qui fit de cette fouille la plus publicisée de toute l'histoire canadienne : les restes d'une maison ayant appartenu aux Blackburn.

Karolyn Smardz Frost a effectué des recherches durant plusieurs années sur cette époque du chemin de fer clandestin. Son livre, I've Got a Home in Glory Land: A Lost Tale of the Underground Railroad, qui relate l'histoire de Lucie et Thornton Blackburn, passés de l'esclavage au Kentucky à la liberté en Ontario, a remporté le Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie « études et essais » en 2007.

La sénatrice Wanda Thomas Bernard, Ph.D. C.M. (Membre de l’Ordre du Canada), O.N.S. (Ordre de la Nouvelle-Écosse) 

La sénatrice Wanda Thomas Bernard est une éminente enseignante, travailleuse sociale, chercheuse et activiste communautaire de la Nouvelle-Écosse. Depuis 1990, elle est professeure à l’École de service social de l’Université Dalhousie; elle en a été l’ancienne directrice (2001 à 2011). En 2016, elle a été nommée conseillère spéciale en matière de diversité et d’inclusivité à l’Université Dalhousie. En novembre 2016, le premier ministre Trudeau l’a nommée au Sénat en tant que sénatrice indépendante représentant la Nouvelle-Écosse et, par conséquent, la sénatrice Thomas Bernard est devenue la première Afro-Néo-Écossaise à siéger au Sénat.

La sénatrice Thomas Bernard est la première femme afro-canadienne à occuper un poste menant à la permanence à l’Université Dalhousie, et à être promue au rang de professeure titulaire. Elle est membre fondatrice de l’Association of Black Social Workers, dont le but est de répondre aux besoins des citoyens marginalisés, en particulier ceux d’ascendance africaine. En outre, le travail de la sénatrice Thomas Bernard en tant qu’ancienne présidente du Conseil consultatif sur le statut de la femme de la Nouvelle-Écosse a mené à la prestation de conseils aux ministres sur les cadres de protection contre la violence à caractère sexiste, et en faveur de l’équité en matière de santé.

La sénatrice Bernard a agi à titre de témoin expert en matière de droits de la personne, et a pris la parole dans nombreuses tribunes locales, nationales et internationales. Pour son travail, elle a reçu de nombreuses distinctions, dont l’Ordre du Canada en 2004 et l’Ordre de la Nouvelle-Écosse en 2014.

Dionne Brand

Dionne Brand est une poète accomplie, une écrivaine, une cinéaste, une enseignante et une militante. Née à Trinidad, Dionne Brand immigre au Canada en 1970. Elle obtient son baccalauréat en anglais et en philosophie à l’Université de Toronto et décroche une maîtrise en philosophie et en éducation à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario. Encensées par la critique, ses œuvres lui méritent de nombreux prix et reconnaissances, notamment le Prix littéraire du Gouverneur général et le Prix Trillium. Elle est aussi nommée poète officielle de Toronto.

Dionne Brand publie de la poésie, des œuvres de fiction, des essais et d’autres ouvrages traitant de différents sujets, entre autres les sexes, les origines ethniques, la sexualité, le féminisme, la domination de l’homme blanc, les injustices et « l’hypocrisie morale du Canada ». Elle a enseigné et continue d’enseigner la littérature, création littéraire et les études féminines dans différentes universités en Amérique du Nord.

Dans le cadre de ses activités politiques et sociales, Dionne Brand a présidé le Women’s Issues Committee of the Ontario Coalition of Black Trade Unionists, contribué à l’organisation de l’Assemblée des femmes noires et autochtones de la coalition pour la Journée internationale de la femme, participé à la mise en œuvre du projet Black Education à Toronto et siégé au conseil d’administration de la Shirley Samaroo House, un refuge pour les femmes immigrantes battues de Toronto. Elle a travaillé comme conseillère au Immigrant Women’s Center et comme agente d’information pour les Caribbean Peoples' Development Agencies.

Rosemary Brown

Rosemary Brown a quitté la Jamaïque en 1950 pour venir étudier à l 'Université McGill, à Montréal. Élue pour la première fois à l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique en 1972, elle y siégea jusqu'à sa retraite en 1986. Elle a également pris part à la course à la direction du Nouveau Parti démocratique fédéral en 1974.

Féministe et défenseur du bien public, Rosemary Brown aida les autres tout au long de sa vie. Au fil des ans, elle a été au service de ses concitoyens à titre de présidente de la Commission ontarienne des droits de la personne (de 1993 à 1996), et membre fondatrice du Vancouver Status of Women Council et de la Fondation des femmes canadiennes. Durant sa carrière, elle fut également membre du Conseil de la magistrature de la Colombie-Britannique et du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité du Canada. Rosemary Brown est décédée en 2003 à l'âge de 72 ans.

Deborah Miller-Brown

Deborah Miller-Brown est une vedette canadienne de l’athlétisme; elle est née en 1951 à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Elle a commencé sa carrière sur piste à l’âge de onze ans à Brantford, en Ontario, en établissant de nombreux records au niveau de l’école secondaire. En 1968, dès l’âge de dix-sept ans, elle devient la première Néo-Écossaise noire à participer aux Jeux olympiques et aussi l’une des plus jeunes participantes aux épreuves d’athlétisme olympiques. Sa participation aux Jeux olympiques d’été de 1968 au Mexique a été rendue possible lorsque les résidents locaux de Brantford ont recueilli des fonds pour couvrir les coûts de son voyage.

Même si elle n’a pas remporté de médaille, elle a fini le parcours avec un temps qui lui a permis d’être classée huitième meilleure au monde. À son retour des Jeux olympiques, elle a reçu une médaille d’excellence en sport des mains du premier ministre Pierre Elliot Trudeau. Mme Miller-Brown est actuellement entraîneuse de l’équipe d’athlétisme de l’Université Saint Mary’s à Halifax.

Measha Brueggergosman

Measha Brueggergosman est une soprano canadienne née le 28 juin 1977 à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Mme Brueggergosman a commencé à chanter à la chorale de son église baptiste locale; elle a ensuite suivi des cours auprès de Mabel Doak, et elle a gagné des bourses d’été au Conservatoire de Boston. Elle a obtenu son baccalauréat en musique à l’Université de Toronto en 1999, et une maîtrise en musique à la Robert Schumann Hochschule de Düsseldorf, en Allemagne.

Elle a fait ses débuts à l’âge de 20 ans avec un rôle principal dans l’opéra Beatrice Chancy de James Rolfe. L’opéra décrivait l’histoire d’une esclave au XIXe siècle, dans le secteur rural de la Nouvelle-Écosse, qui a assassiné son père et son maître qui la maltraitaient.

Peu de temps après, elle a remporté plusieurs concours prestigieux, dont le Grand Prix au Concours international de Montréal des Jeunesses Musicales en 2002 et sa carrière a considérablement évolué. Elle s’est produite partout au Canada comme à l’étranger, elle a chanté devant Sa Majesté la Reine Élisabeth II (2002), aux États-Unis au Weill Recital Hall de Carnegie Hall (2001) et à Londres au Royal Albert Hall (2003). Elle a participé en tant que soliste à l’enregistrement Naxos 2005 du grand gagnant des Grammy, William Bolcom : Songs of Innocence and Experience. De plus, elle a remporté un prix Juno en 2008 pour l’album « Surprise ». Aujourd’hui, Mme Brueggergosman est reconnue comme l’une des meilleures sopranos en Amérique du Nord.

Linda Carty

Linda Carty est sociologue, professeure et ancienne présidente du Département des études africaines à l’Université de Syracuse (New York). Elle est militante syndicale de longue date à New York, et militante pour la lutte contre le VIH/sida dans les réseaux de santé des Caraïbes et d’Amérique latine à New York.

Ses travaux de recherche portent principalement sur l’antiracisme, le féminisme noir, le marxisme, le travail des femmes de race noire dans les Amériques, et les soins de santé pour les femmes de race noire aux États-Unis et dans les Caraïbes. Ses publications incluent Unsettling Relations (1991), And Still We Rise (1993) et We’re Rooted Here and They Can’t Pull Us Up (1994).

George Elliott Clarke

George Elliott Clarke est un poète et dramaturge « Africadien ». Il est l’actuel poète officiel du Parlement. Né à Windsor, en Nouvelle-Écosse en 1960, Clarke est un Canadien de septième génération d’ascendance canadienne noire et mi’kmaq. Parmi les nombreux honneurs qui lui ont été décernés, citons le Prix littéraire du Gouverneur général, le Prix d’excellence du Dr Martin Luther King Jr., une bourse d’études de la fondation Pierre-Elliott-Trudeau et huit doctorats honorifiques. Il a aussi été nommé membre de l’Ordre de la Nouvelle-Écosse et de l’Ordre du Canada, au rang d’Officier.

Les œuvres de George Elliott Clarke traitent et retracent l’expérience et l’histoire des communautés noires de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, créant de ce fait une culture géographique qu’il appelle l’Africadie. Parmi les sujets qu’il aborde, citons le racisme, la ségrégation, la discrimination, la haine, le déplacement forcé, la perte d’identité, le sentiment d’appartenance ainsi que les désirs de sécurité, de liberté, d’égalité et de jouissance des droits fondamentaux de la personne qui ont été ressentis par les descendants des Noirs arrivés au Canada, il y a plusieurs siècles.

George Elliott Clarke enseigne la littérature diasporique canadienne et africaine à l’Université de Toronto, où il est nommé professeur titulaire de la chaire de la littérature canadienne E.J. Pratt.

Veuillez prendre connaissance du poème « Appel », rédigé par George Elliott Clarke à l'occasion du Mois de l'histoire des Noirs et du 150e anniversaire de la Confédération.

Chloé Cooley

Chloé Cooley était une esclave noire vivant dans le Haut-Canada. Elle a résisté à son propriétaire, le sergent Adam Vrooman, un loyaliste de l’Empire-Uni, lequel l’a attachée à un bateau et l’a faite traverser la rivière Niagara pour être vendue dans l’État de New York. Les témoins, Peter Martin (loyaliste noir) et William Grisley (blanc) ont signalé l’incident au lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe, qui a utilisé l’incident de Chloé Cooley pour présenter un projet de loi anti-esclavage dans le Haut-Canada. Les actions de Chloé Cooley ont permis la proclamation de la Loi visant à restreindre l’esclavage dans le Haut-Canada en 1793, laquelle interdit l’importation de nouveaux esclaves dans le Haut-Canada. Cette loi a été la première à restreindre la traite des esclaves dans les colonies britanniques.

Senator Anne Clare Cools

La sénatrice Anne Clare Cools est née en 1943 à la Barbade, dans les Antilles. Elle a fait ses études à l'école pour filles Queen's College de la Barbade, à l'école secondaire Thomas D'Arcy McGee de Montréal, ainsi qu'à l'Université McGill, qui lui a décerné un baccalauréat ès arts.

Madame Cools est sénatrice de l'Ontario. Sur la recommandation du premier ministre Pierre-Elliot Trudeau, elle a été mandée au Sénat en janvier 1984, devenant la première personne de couleur à occuper un siège au Sénat du Canada. Elle est la première sénatrice noire d'Amérique du Nord. En juin 2004, après vingt ans comme sénatrice  et membre du Parti libéral, elle s'est jointe brièvement aux Conservateurs. Elle est maintenant sénatrice sans affiliation.

La sénatrice Cools a été travailleuse sociale dans les services sociaux innovateurs de Toronto. Pionnière en matière de violence conjugale et familiale, elle a fondé en 1974 l'un des premiers refuges pour femmes du Canada, Women in Transition Inc., dont elle a été la directrice exécutive.

La sénatrice Cools siège maintenant au Comité sénatorial spécial sur le vieillissement, ainsi qu'au Comité sénatorial permanent du règlement, de la procédure et des droits du Parlement.

Parmi ses nombreuses distinctions, mentionnons :

  • Women of Distinction (femmes remarquables) de la collectivité noire du Canada, en 2009, Black Business & Professional Association, Toronto (Ontario);
  • 10 Top Women (les dix premières femmes), du journal Toronto Sun, 25 octobre 2004. Dans ce sondage, une écrasante majorité de répondants a choisi la sénatrice Cools comme la femme par excellence au Canada;
  • The Greatest Canadian, réseau anglais de télévision de la SRC, 2004 : choisie parmi les 100 plus grands Canadiens de tous les temps, la sénatrice Cools a été la seule parlementaire à obtenir cet honneur;
  • Doctorat honorifique en droit, 2004, Canada Christian College, Toronto (Ontario);
  • Certificat de reconnaissance à titre de première sénatrice noire du Canada, 2001, Ralph J. Bunche International Affairs Center, Université Howard, Washington, D.C.;
  • Spiritual Mother of the Year (mère spirituelle de l'année), 1997, NA'AMAT Canada, organisation internationale des Juives appuyant les refuges pour femmes battues en Israël.
Afua Cooper

Afua Cooper est une éminente enseignante, historienne, multiartiste et poète de renommée internationale. Ses poèmes sont imprégnés des rythmes africains et des vibrations de la diaspora noire traduisant un sens marqué de l’histoire et du lieu et une sensibilité féminine sous-jacente. Afua Cooper est l’une des membres fondatrices du Toronto Dub Poets’ Collective, la fondatrice de la Black Canadian Studies Association (BCSA) et la troisième titulaire de la chaire James Robinson Johnston d’études sur les Noirs du Canada du Département de sociologie et d’anthropologie sociale de l’Université Dalhousie.

Née en Jamaïque au sein d’une famille de neuf enfants, Afua Cooper immigre au Canada en 1980 durant la période de grande instabilité politique en Jamaïque. Elle est par la suite devenue l’une des voix les plus influentes et l’une des pionnières de la poésie dub et parlée au Canada. En 2000, elle obtient son doctorat en histoire des Noirs canadiens; ses spécialités sont l’histoire de l’esclavage et de son abolition. Elle dédie sa thèse de doctorat à la vie d’Henry Bibb, une personne qui avait fui l’esclavagisme du Kentucky pour devenir abolitionniste au Canada. Cette recherche originale vaut à Afua Cooper le titre de « colonelle du Kentucky », la plus haute récompense possible de l’État du Kentucky (autrefois appelé Commonwealth du Kentucky). Parallèlement à cette récompense, le gouvernement du Canada a reconnu Henry Bibb comme étant une personne d’importance historique nationale. Afua Cooper habite à Toronto et enseigne la sociologie à l’Université de Ryerson.

Frances DelSol

Frances DelSol est la représentante du gouvernement de la Dominique pour le Canada, et la commissaire au commerce et à l’investissement de la Dominique. Elle est membre de la Commonwealth of Dominica Ontario Association (CDOA), un organisme à but non lucratif qui vise à appuyer les buts et les objectifs des Ontariens et Ontariennes originaires du Commonwealth de la Dominique, une petite île des Caraïbes. Mme DelSol a été auparavant codirectrice de Bell Canada pendant 35 ans (jusqu’en 2016), et elle est actuellement coprésidente des communications de la Black Business and Professional Association.

Organisme créé en 1970 et comptant une diversité de membres, la CDOA cherche à commanditer des activités à caractère littéraire et musical et autres activités, festivals, conventions et concours éducatifs et culturels en vue de la préservation et du maintien des résidents de la Dominique en Ontario. L’organisation fournit également de l’aide à ses membres; dernièrement, il a recueilli des dons et de l’argent et organisé des activités de financement pour l’aide d’urgence aux sinistrés de l’ouragan Maria. L’ouragan Maria a été la pire catastrophe naturelle de l’histoire de la Dominique. Mme DelSol a apporté sa contribution en utilisant les médias et les conférences de presse; elle a parlé publiquement à plusieurs reprises pour mettre en évidence les besoins de la Dominique, travaillant sans relâche pour apporter son assistance.

Mme DelSol a été élue l’une des « 100 femmes de race noire à suivre » du Canada en 2016. En décembre 2017, elle a reçu le prix Honoris Causa et une médaille en service communautaire de la première ministre de l’Ontario, l’honorable Kathleen Wynne. Ce prix décerné à Mme DelSol a pour objet de reconnaître ses illustres services envers les arts, les lettres, les sciences, l’industrie, les services publics, les médias, la communauté et la société canadienne, par la promotion de l’égalité, du respect des valeurs humaines, des droits de la personne, de la coopération et de la compréhension parmi les membres des divers groupes culturels de la société canadienne. Ce tout dernier prix s’ajoute à la Médaille du Jubilé d’or de Sa Majesté la Reine Elizabeth II, au prix du bénévole de l’année d’Afro-Global TV, au prix Black Business and Professional Woman of Honour, et bien d’autres.

Viola Davis Desmond

Viola Davis Desmond (1914-1965) est née à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Afro-Canadienne, elle a exploité son propre salon de beauté ainsi que son collège de soins de beauté à Halifax. Le 8 novembre 1946, en attendant que sa voiture se fasse réparer, elle a décidé d’aller voir un film au Théâtre Roseland de New Glasgow. Refusant de s’asseoir au balcon, section réservée aux Noirs, Viola s’est installée au parterre, section réservée aux Blancs. Elle a été enlevée de force et arrêtée.

Viola a été déclarée de ne pas avoir payé la différence d’un cent de la taxe sur le billet du balcon. Elle a été condamnée à 30 jours de prison et à une amende de 26 $. Le procès a porté principalement sur la question de fraude en matière de taxe et non sur les pratiques discriminatoires du cinéma. Insatisfaite du verdict, la Nova Scotia Association for the Advancement of Coloured People (association pour l’avancement des gens de couleur de la Nouvelle-Écosse), avec l’aide de Viola, en a appelé de la décision devant la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse. La déclaration de culpabilité a été confirmée.

Viola Desmond a fini par s’établir à New York, où elle est décédée.

Le 15 avril 2010, la province de la Nouvelle-Écosse a présenté à Viola des excuses officielles et un pardon absolu. La lieutenante-gouverneure de la Nouvelle-Écosse, Mayann Francis, la première personne de race noire à représenter la reine dans la province, a présidé une cérémonie qui a eu lieu à Halifax, et a exercé la prérogative royale de clémence qui a accordé à Viola le pardon absolu. La sœur de Viola, Wanda Robson, âgée de 83 ans, était présente pour accepter les excuses. Le premier ministre Darrel Dexter a également présenté des excuses à la famille de Viola et à tous les Néo-Écossais de race noire du racisme dont elle a été victime dans une affaire qu’il qualifie d’injuste. En 2016, le ministre des Finances, Bill Morneau, et le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, ont annoncé que le portrait de Viola figurerait sur le billet de 10 $, faisant d’elle la première Canadienne à figurer sur un billet de banque canadien.

Perdita Felicien

Perdita Felicien a gravi le podium à deux reprises à la Coupe du monde (2000 et 2004); elle a également été championne du monde 2003 au 100 m haies. Elle est aussi la première Canadienne à avoir remporté une médaille individuelle aux Championnats du monde de  l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (l’AIFA), elle est 10 fois championne canadienne et, en 2004, elle a établi un record national au 100 m haies grâce à un temps de 12,46 secondes. En 2003 et 2007, Mme Félicien a remporté l’argent au 100 m haies aux Jeux panaméricains; elle a été intronisée au Temple de la renommée d’athlétisme du Canada en 2016.

Monica Gaylord

Monica Gaylord est une pianiste et claveciniste née de parents jamaïcains en 1948. Élève de la pianiste Jane Carlson de 1959 à 1963, elle a fait ses débuts au Town Hall (New York) en 1964, et a poursuivi ses études de 1964 à 1970 à la célèbre Eastman School of Music, où elle a obtenu une maîtrise en musique. Gaylord s’est installée au Canada en 1970 et a travaillé comme pianiste d’orchestre pour l’Orchestre du Centre national des Arts. Dans les années 1970, elle a travaillé au sein de l’Orchestre philharmonique de Hamilton, de l’Orchestre philharmonique de Calgary, de l’Orchestre symphonique de Victoria et d’autres. En tant que pianiste solo, elle a effectué de nombreuses tournées à travers le Canada et, en 1985, elle a effectué une tournée en Grèce. Elle a également participé à des émissions à CBC TV et à CBC et CJRT Radio.

Un certain nombre de ses programmes sont consacrés à la musique de compositeurs noirs tels que Nathaniel Dett, Duke Ellington et Scott Joplin. Elle a également enregistré l’album Black Piano – A Treasury of Works for Solo Piano by Black Composers (1992), qui a été réédité sous le nom de Piano Music by William Grant Still and Other Black Composers (1992). Elle a interprété également des œuvres de compositrices canadiennes telles que Violet Archer, Jean Blake Coulthard et Ann Southam.

En 1986, Gaylord s’est jointe au personnel enseignant du Conservatoire royal de musique de Toronto, où elle demeure aujourd’hui. Elle a co-écrit les cahiers de piano de l’institution pour les New Piano Series et les Celebration Series.

Mifflin Wistar Gibbs

Né dans une famille noire libre de Philadelphie, M. Gibbs s'établit à San Francisco en 1850 et devient l'un des marchands noirs les plus prospères de la ville. Inquiet du racisme qui règne aux États-Unis, M. Gibbs, tout comme d'autres Afro-Américains, met le cap vers le nord à la recherche de la protection des lois britanniques, et s'établit à Victoria. Homme politique, homme d'affaires et défenseur des droits de la personne, M. Gibbs s'impose de 1858 à 1870 à titre de chef de la communauté noire naissante de l'île de Vancouver, et il demeure aujourd'hui une figure historique honorée de tous au sein de la communauté noire de la Colombie-Britannique. Grâce à ses talents en politique, M. Gibbs fait des résidents noirs des acteurs influents sur la scène politique coloniale et est lui-même élu au conseil municipal de Victoria. Il se fait le porte-parole de la communauté noire canadienne de la côte ouest, encourageant l'intégration de ses membres dans la société de l'île de Vancouver et multipliant les interventions chaque fois que ces derniers font l'objet de tentatives de ségrégation dans les églises et les théâtres de Victoria. En 1870, M. Gibbs rentre aux États-Unis et s'installe dans le Sud du pays, où il mènera une carrière tout aussi importante en politique et en affaires jusqu'à sa mort, en 1915. Parcs Canada a récemment désigné Mifflin Wistar Gibbs « personnage historique national ».

Barbara Howard

Née et élevée à Vancouver entre la 10e Rue et Nanaimo. À la fin des années 1930, Mme Howard était l’une des sprinteuses féminines les plus rapides de l’Empire britannique. Elle a représenté le Canada aux Jeux de l’Empire britannique de 1938 à Sydney, en Australie. Mme Howard a obtenu son diplôme de l’Université de la Colombie-Britannique en 1959 ainsi qu’un B.Ed., et elle est devenue la première membre d’une minorité visible à être embauchée par le Conseil scolaire de Vancouver. Elle a travaillé comme enseignante dans une école de Vancouver jusqu’en 1984. Dans les dernières années de sa vie, elle est restée active en matière de bénévolat communautaire en tant que conseillère auprès de ses pairs. Elle a été intronisée au Temple de la renommée des sports de la Colombie-Britannique en 2012, et intronisée au Temple de la renommée des sports du Canada en 2015.

La très honorable Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada de 2005 à 2010 

Michaëlle Jean est née à Port-au-Prince, Haïti, en 1957. Elle a fait ses études à la maison, parce que ses parents, Roger et Luce, ne voulaient pas qu’elle aille à l’école, où elle aurait dû prêter serment d’allégeance au dictateur François « Papa Doc » Duvalier. C’est en 1968 qu’elle est arrivée au Canada avec ses parents, qui fuyaient le régime dictatorial de François Duvalier.

Mme Jean a étudié la littérature comparée à l’Université de Montréal et parle couramment cinq langues (le français, le créole haïtien, l’anglais, l’italien et l’espagnol).  Elle a été tout aussi active dans le dossier de la violence familiale, et elle a travaillé auprès de refuges pour femmes battues; elle a coordonné une étude financée par le gouvernement sur la violence conjugale pendant son séjour à l’Université. Elle a également enseigné l’italien au département de littérature et de langues modernes de l’Université.

En 1988, Mme Jean a débuté sa carrière en tant que journaliste, cinéaste et communicatrice à Radio-Canada. C’est là qu’elle est devenue la première personne de descendance caribéenne à être vue sur les ondes de la télévision française au Canada, animant des émissions de nouvelles et d’affaires comme Actuel, Montréal ce soir, Virages et Le Point. En 1995, elle s’est jointe au Réseau de l’information (RDI), où elle a animé des émissions comme Le Monde ce soir, L’Édition québécoise, Horizons francophones, Les Grands reportages, Le Journal RDI et RDI à l’écoute. Quatre ans plus tard, elle s’est jointe à CBC Newsworld pour animer The Passionate Eye et Rough Cuts. En 2004, Mme Jean a animé sa propre émission, Michaëlle, tout en présentant les Grands reportages de RDI, et parfois Le Téléjournal. Au cours de cette période, Mme Jean a également tourné plusieurs films avec son mari, dont Haïti dans tous nos rêves.

Le 27 septembre 2005, Michaëlle Jean est devenu la 27e gouverneure générale et commandante en chef du Canada. En tant que gouverneure générale, elle a encouragé les initiatives de terrain de la société civile, en stimulant des synergies constructives, en défendant les intérêts des personnes défavorisées, en accordant une attention particulière aux jeunes. En tant que commandante en chef des Forces armées canadiennes, elle y a maintenu une forte présence; elle s’est notamment rendue en Afghanistan pour saluer leur bravoure et pour s’occuper des familles de personnes tuées au combat et de blessés. Au cours de son mandat de cinq ans, elle a dirigé une quarantaine de missions et de visites d’État en Afghanistan, en Chine, dans dix pays africains, dans neuf pays des Amériques et dans plus de dix pays européens.

Le 12 janvier 2010, un terrible tremblement de terre a dévasté Haïti et, en octobre 2010, alors que son mandat de gouverneure générale prenait fin, Michaëlle Jean a accepté de devenir envoyée spéciale de l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) pour Haïti. Pendant quatre ans, elle a consacré son énergie et ses pouvoirs de persuasion pour soutenir les efforts de reconstruction après le séisme. En 2010, à la suite de son mandat de gouverneure générale, elle a cofondé avec son mari la Fondation Michaëlle Jean. Cet organisme indépendant à but non lucratif sert à inspirer et à habiliter les jeunes à risque au Canada grâce aux arts et à la culture. De 2012 à 2015, Michaëlle Jean a été chancelière de l’Université d’Ottawa, le plus grand campus bilingue français et anglais au monde. 

En avril 2011, Michaëlle Jean a été nommée Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux olympiques et paralympiques de Londres 2012 et a été élue secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie le 30 novembre 2014 lors du XVSommet de la Francophonie.

Sylvia D. Hamilton

Sylvia D. Hamilton est une cinéaste, écrivaine et éducatrice primée. Elle a grandi à Beechville, en Nouvelle-Écosse, où elle a fréquenté une école ségréguée lorsqu’elle était enfant. Au lycée, elle était l’une des seules étudiantes de race noire. Elle a été la première diplômée du secondaire de Beechville; elle a obtenu son baccalauréat à l’Université Acadia en 1972 et sa maîtrise à l’Université Dalhousie en 2000.

En 1975, Mme Hamilton s’est jointe au Reel Life Film and Video Collective de Halifax, qui encourage l’autoreprésentation des réalisatrices. En 1990, elle a co-créé le programme New Initiatives in Film pour l’unité des femmes de l’Office national du film. Elle a été titulaire de la Nancy’s Chair in Women’s Studies à l’Université Mount Saint Vincent (Halifax) et présidente de la Fondation internationale des femmes dans les médias. Dans ses écrits comme dans ses films, elle s’inspire des expériences collectives pour documenter des communautés diversifiées et inclusives dans le but de sensibiliser les gens aux pages de l’histoire qui ont été oubliées.

Les films de Mme Hamilton incluent Black Mother Black Daughter (1989), Speak it! From the Heart of Black Nova Scotia (1992), Portia White: Think On Me (2000) et The Little Black School House (2007). Ses films ont été présentés dans des festivals au Canada et à l’étranger, diffusés sur les ondes de CBC TV, Bravo, VisionTV, TVO et The Knowledge Network et utilisés à des fins pédagogiques dans les écoles et universités du Canada.

Elle a reçu de nombreuses distinctions, notamment le prix Gémeaux, le prix Portia White, le prix Television Pioneer Award de la CBC, la Médaille du Jubilé d’or de Sa Majesté la Reine Élisabeth II ainsi que trois diplômes honorifiques décernés par des universités néo-écossaises.

William Edward Hall

William Hall, décoré de la Croix de Victoria, est né en 1827 à Horton (Nouvelle-Écosse). Il était le benjamin d'une famille de sept enfants. Ses parents, Jacob et Lucy Hall, étaient des esclaves américains qui étaient venus en Nouvelle-Écosse à la suite de la guerre de 1812. William Hall a grandi sur la ferme familiale en bordure de la rivière Avon. On croit qu'il aurait reçu de la formation en navigation, un domaine qui était enseigné aux jeunes Noirs à Halifax à cette époque.

William Hall a commencé sa carrière de marin à l'âge de 17 ans, en se joignant d'abord à l'équipage d'un navire commercial américain en 1844 en tant que marin marchand. En 1852, il s'enrôla dans la Marine royale à Liverpool comme matelot de 2e classe. William Hall a tôt fait d'être décoré de médailles britannique et turque pour son service dans la guerre de Crimée.

En 1857, pendant qu'il était en service sur le Navire de sa Majesté Shannon, M. Hall s'est porté volontaire pour faire partie d'une force de relève envoyée à Lucknow, en Inde, où une garnison britannique était assiégée. Deux personnes survécurent à cette attaque, le matelot Hall et le lieutenant Thomas Young, mais seulement Hall resta debout. Il continua à se battre jusqu'à ce que la relève de la garnison fût assurée. Pour cette démonstration exceptionnelle de bravoure, William Hall fut décoré de la Croix de Victoria.

William Hall a reçu la Croix de Victoria le 28 octobre 1859, à bord du Navire de sa Majesté Donegal, lorsque le navire était accosté dans le port de Queenstown, en Irlande. Fort de cette distinction, M. Hall devint le premier Noir, le premier Néo-écossais et le premier marin canadien à recevoir cet honneur très estimé.

William Hall est décédé sur sa ferme à Avonport le 27 août 1904, et il est enterré à Hantsport, en Nouvelle-Écosse, où un monument marque sa tombe à l'église baptiste. Sa Croix de Victoria est conservée au Musée de la Nouvelle-Écosse.

Josiah Henson

Josiah Henson est né en esclavagisme le 15 juin 1789, à Charles County, au Maryland. Il fut vendu trois fois avant d'atteindre l'âge de 18 ans. En 1830, il avait économisé les 350 dollars nécessaires pour acheter sa liberté. Après avoir remis l'argent à son maître, celui-ci lui indiqua que le prix avait augmenté et s'élevait désormais à 1 000 dollars.

Sans le sou, Josiah Henson décida de s'enfuir avec sa femme et ses quatre enfants. Une fois arrivé au Canada, Josiah Henson fonda une collectivité et enseigna à ceux qui s’étaient échappés de l’esclavagisme comment réussir comme fermiers. Inspirée de son autobiographie intitulée The Life of Josiah Henson (1849), Harriet Beecher Stowe, abolitionniste américaine, écrit un roman puissant mais controversé, Uncle Tom's Cabin.

Josiah Henson
Josiah Henson
(1789 - 1889)
Parcs Canada
Lucille Hunter (1878-1973)

Lucille Hunter (1878-1973) a été l’une des premières pionnières du territoire du Yukon. À l’annonce de la ruée vers l’or du Klondike, Lucille, alors âgée de seulement 19 ans et enceinte, accompagnée de son mari Charles, est partie du Michigan pour se diriger vers le Yukon à la recherche d’une nouvelle vie.

Les Hunter se sont rendus sur la côte Ouest; ils se sont arrêtés au lac Teslin pour qu’elle accouche de sa petite fille, nommée Teslin. En février 1898, ils se sont rendus à Dawson City, au Yukon, en traîneau à chiens, devançant la plupart des chercheurs d’or, et ils ont jalonné trois concessions. La famille s’est installée à l’extérieur de Dawson, au ruisseau Bonanza, et Lucille aidait Charles à chercher de l’or tout en s’occupant de Teslin. Femme et noire de surcroît, Lucille sortait de l’ordinaire. Selon le recensement de 1901, il y avait environ 30 000 Blancs au Yukon, et seulement 99 Noirs.

Plus tard, la famille a jalonné des concessions d’argent à Mayo. Après la mort de Charles en 1939, Lucille, âgée de 65 ans, a continué à travailler dans les mines, parcourant 220 km pour faire l’aller-retour entre Dawson et Mayo. En 1942, elle s’est installée à Whitehorse où elle ouvert une buanderie sous une tente. Malgré sa vue déclinante, et devenant finalement aveugle, Lucille est restée farouchement indépendante et a continué à vivre dans une petite maison en bardeaux.

Finalement, sa maison a brûlé; toutefois, elle s’est rétablit de ses brûlures et a vécu dans un appartement dans un sous-sol pendant plusieurs années jusqu’à ce qu’elle se brise la hanche. Elle est restée à l’hôpital jusqu’à sa mort en 1973, à l’âge de 94 ans. Lucille Hall, l’une des rares femmes de race noire à vivre au Yukon, a mené une vie remarquable et difficile comme prospecteur et mineur.

Dre June Marion James

June Marion James est née à Trinidad et Tobago et s’est installée au Manitoba en 1960 pour devenir la première femme de race noire à être admise à la Faculté de médecine de l’Université du Manitoba. Elle a obtenu son diplôme de médecine en 1967 et a obtenu des certificats de spécialiste en pédiatrie, allergie, asthme et immunologie pour lesquels elle a été nommée membre du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et de l’American Academy of Allergy, Asthma and Immunology. Elle a commencé sa carrière comme spécialiste à la Division des allergies et immunologie, à la clinique de Winnipeg en 1976, où elle continue d’exercer sa profession encore aujourd’hui.

La Dre James a été l’une des fondatrices du Family Allergy College du Manitoba. Elle a également été conseillère du Collège des médecins et chirurgiens du Manitoba, et en est devenue plus tard la présidente. En tout, elle a siégé à plus d’une vingtaine de conseils et comités. Elle a participé à des organisations telles que l’Association culturelle canadienne des Caraïbes, la Winnipeg Foundation, Centraide, le Congrès des femmes noires et le Musée du Manitoba, entre autres. Elle a également joué un rôle déterminant dans la fondation de la coopérative de logement Harambee, qui procure des logements sociaux à un coût abordable à une population diversifiée sur le plan culturel et racial à Winnipeg.

Pour son travail, la Dre James a reçu de nombreuses récompenses comme le prix  Femme de mérite du YMCA (1981), la Médaille du jubilé de la Reine Élisabeth II (2002), l’Ordre du Manitoba (2004) et le Prix du Centre bénévole pour le leadership extraordinaire dont elle a fait preuve dans sa communauté (2005).

Yolande James

Yolande James a été une femme politique québécoise. Elle est la première députée noire et la plus jeune députée à l’Assemblée nationale du Québec (MAN). Elle est aussi la première ministre noire du Cabinet de l’histoire du Québec. Née à Montréal, Québec, elle fait ses études et reçoit sa formation en droit à l’Université de Montréal et à l’Université Queen’s avant d’être admise au Barreau du Québec en 2004. Au cours de cette période, elle contribue à la mise en œuvre d’un programme visant à aider les jeunes ayant des troubles d’apprentissage dans l’ouest de l’île de Montréal, occupe le poste de conseillère en politiques au Ministère de la Santé et des Services sociaux et siège au Comité organisateur du Mois de l’histoire des Noirs à l’Université de Montréal.

Yolande James est élue à l’Assemblée nationale du Québec pour la première fois dans la circonscription de Nelligan en 2004, et elle est réélue aux élections générales de 2007, de 2008 et de 2012. Elle est également nommée ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles de 2005 à 2010 et ministre de la Famille de 2010 à 2012.

Après avoir quitté la politique en 2014, elle devient analyste politique à Radio-Canada et participe à l’émission de télévision Le Club des EX.

Ferguson Arthur Jenkins

Ferguson Jenkins Arthur naît le 13 décembre 1942, à Chatham, en Ontario. Il est considéré comme l'un des meilleurs lanceurs de toute l'histoire du baseball. Il grandit au Canada où il excelle au baseball, au basketball et au hockey. Il jouera d'ailleurs dans la ligue de hockey amateur la plus avancée au Canada.

Alors qu'il joue dans la ligue mineure à Chatham, M. Jenkins est repêché par les Phillies de Philadelphie en 1963. Il poursuivra sa carrière avec les Cubs de Chicago en 1966. En 1967, il entame une série de six années de 20 victoires ou plus par saison.

Ferguson Jenkins deviendra le quatrième lanceur dans l'histoire à remporter plus de 100 matchs. En outre, ses six années consécutives de saisons de 20 matchs gagnants chez les Cubs constituent alors une réalisation rare dans les ligues majeures.

M. Jenkins prend sa retraite en 1983 avec la meilleure fiche d'adresse en 128 ans de baseball organisé.

Après avoir entraîné les lanceurs des ligues mineures pour les Rangers du Texas et les Reds de Cincinnati, il est nommé entraîneur des lanceurs des Cubs de Chicago pour les saisons 1995 et 1996.

Parmi ses nombreuses réalisations, M. Jenkins a accompli ce qui suit :

  • Il a remporté le trophée Cy Young pour l'excellence dans son rôle de lanceur en 1971;
  • Il a remporté le trophée Lou Marsh à titre d'athlète par excellence du Canada en 1974;
  • Il est devenu l'athlète canadien masculin de l'année à quatre reprises;
  • Il a été intronisé au Temple de la renommée du baseball canadien en 1987;
  • Il a été fait membre de l'Ordre du Canada en 1979 et a été investi de l'Ordre en 2007, plus de 27 ans après avoir été nommé;
  • Il a reçu l'honneur ultime du baseball quand il est devenu le premier Canadien intronisé au temple de la renommée national du baseball de Cooperstown, dans l'État de New York, en 1991.

Aujourd'hui, M. Jenkins est très engagé dans sa fondation, qui est située à St. Catharines en Ontario; celle ci gère un musée de l'histoire des Noirs qui met en valeur ses réalisations, et elle amasse des fonds partout au pays afin d'aider les personnes dans le besoin grâce à l'amour du sport. M. Jenkins vit à Anthem, en Arizona, avec son épouse Lydia et est un ambassadeur de l'équipe de baseball professionnelle des Cubs de Chicago.

Violet King (1929-1982) 

Violet King a été la première personne de race noire à obtenir un diplôme en droit en Alberta et à être admise au Barreau de l’Alberta. En gros, elle a été la première avocate de race noire du Canada. Elle a également été la première femme nommée à un poste de direction au YMCA aux États-Unis.

King a étudié à l’Université de l’Alberta en 1948 et, sur 142 étudiants, elle a été l’une des trois seules à la faculté de droit. Elle a été membre du Blue Stocking Club – un groupe de discussion pour les femmes axé sur l’histoire et les affaires publiques. Elle a également été vice-présidente du syndicat des étudiants et représentante du syndicat des étudiants à la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants. En 1951-1952, elle a été élue historienne de classe et représentante de l’Alberta en 1952 à la Conférence internationale des étudiants en Ontario. En 1953, elle était la seule femme parmi les finissants de sa classe.

Mme King a pratiqué le droit à Calgary pendant plusieurs années, et a prononcé des discours publics sur le racisme. En novembre 1953, elle a décrit les difficultés que rencontraient les femmes sur le marché du travail, tout en exprimant l’espoir qu’à l’avenir, on mettrait davantage l’accent sur les capacités d’une personne que sur sa race ou son sexe. Mme King a ensuite travaillé à Ottawa pour Citoyenneté et Immigration Canada pendant sept ans en tant qu’adjointe de direction du chef de la direction des liaisons, et dirigé des programmes au sein du Conseil canadien du civisme. Son travail consistait à parcourir le Canada pour rencontrer les dirigeants de différents services sociaux et organismes communautaires.

En 1963, Mme King s’est installée au New Jersey pour devenir directrice exécutive de la division communautaire du YMCA, où elle aidait les candidats de race noire à la recherche d’un emploi. En 1969, elle est partie à Chicago pour devenir directrice de la planification, puis directrice de la main-d’œuvre. En 1976, elle a été nommée directrice générale du groupe de développement organisationnel du Conseil national du YMCA. En 1998, Mme King a été introduite au temple de la Renommée national du YMCA.

Bien qu’elle soit décédée du cancer à l’âge de 52 ans, Mme King a, au cours de sa vie, posé des jalons concrets qui ont permis d’éliminer des obstacles auxquels sont confrontés les Noirs au Canada, à plus forte raison parce qu’il était extrêmement difficile d’entrer dans la profession juridique pour toutes les femmes, surtout celles appartenant à une minorité raciale. Elle est une source d’inspiration pour ceux qui travaillent fort et qui aspirent à faire de grandes choses dans leur domaine.

Sam Langford

Né à Weymouth Falls en Nouvelle-Écosse, Sam Langford est considéré comme l'un des meilleurs boxeurs poids lourd de tous les temps. À 14 ans, il déménagea aux États-Unis et pratiqua la boxe au Massachusetts, où on le surnomma la « Terreur de Boston ».

Il est l'un des nombreux boxeurs Noirs à n'avoir jamais eu la chance de participer à un championnat en raison de discrimination raciale. C'est alors qu'on lui conféra le titre officieux de champion du monde. En 1906, il se mesura à l'Américain Jack Johnson qui est peu après devenu le premier Noir à détenir le titre de champion poids lourd du monde. Entre 1902 et 1923, Sam Langford aurait livré quelque 642 combats. De petite taille, il s'est constamment opposé à des adversaires plus gros que lui. En 1917, il perdit la vue à l'oeil droit à la suite d'une blessure, et son entraîneur lui suggéra alors de se retirer de la boxe. Homme fier, Sam Langford refusa et continua à se battre jusqu'à ce qu'il devienne complètement aveugle sept ans plus tard.

Sam Langford
Sam Langford
(1886-1956)
Parcs Canada 
Michael Lee-Chin

Michael Lee-Chin est venu au Canada pour la première fois au début des années 70 pour étudier à l'Université McMaster à Hamilton. Après avoir obtenu un diplôme en génie civil, il est retourné en Jamaïque, son pays natal, pour y travailler, mais est revenu peu de temps après pour poursuivre des études de deuxième cycle. En 1977, il commença à vendre des fonds communs de placement. En 1987, il se porta acquéreur d'Advantage Investment Counsel, maintenant connu sous le nom d'AIC Limited, une des sociétés de fonds communs les plus importantes au Canada avec un actif de plus de 12 milliards de dollars.

Michael Lee-Chin est également reconnu à titre de philanthrope. En 2003, il a fait la manchette lorsqu'il fait un don de 30 millions de dollars au Musée royal de l'Ontario.

Kathleen « Kay » Livingstone

Kathleen « Kay » Livingstone (1918-1975) est née à London, Ontario, en 1918. Ses parents, James et Christina Jenkins ont été les fondateurs du journal Dawn of Tomorrow, une publication avant-gardiste destinée à la communauté noire du Canada en 1921. Dès son enfance, elle s’est intéressée aux arts du spectacle et a étudié la musique à Toronto et à Ottawa.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Kay Livingston a travaillé au Bureau fédéral de la statistique à Ottawa. C’est là qu’elle a entamé une carrière d’animatrice radio au « Kathleen Livingstone Show ». En 1942, elle a épousé George Livingstone; le couple s’est installé à Toronto où ils ont élevé leurs enfants. Mme Livingstone a poursuivi sa carrière d’actrice, diffusé des émissions radiophoniques sur plusieurs stations, y compris la CBC, et a été surnommée « l’une des principales actrices de race noire du Canada » pendant cette période.

Mme Livingstone a œuvré pour l’élimination des préjugés et la reconnaissance de l’égalité des personnes de toutes origines, contribuant ainsi à l’essor d’une société plus tolérante. Elle a été aussi étroitement associée à la croissance d’une conscience collective et d’une fierté au sein de la communauté noire lors de l’après-guerre et a contribué au mieux-être de la société par son travail auprès de la section féminine de Toronto de l’Association canadienne pour les Nations Unies, du comité des affaires internationales du conseil local de la YWCA, de la Ligue nationale des Noirs du Canada, du Conseil canadien des Églises, de la Société d’aide juridique et de Heritage Ontario.

Mme Livingstone est l’une des fondatrices de la Canadian Negro Women’s Association (1951). Une des premières initiatives de la Canadian Negro Women’s Association (CANEWA), qui se poursuivra tout au long de l’existence du groupe, consistait à offrir des bourses d’études à des étudiants noirs méritants. Au nombre des activités ultérieures de l’association figurait l’organisation du Carnaval de Calypso (précurseur du Festival Caribana) afin de recueillir des fonds pour d’autres projets de services.

Kay Livingstone a participé activement à la création d’un réseau de femmes afro-canadiennes à l’échelle du pays. Elle a été la force motrice à l’origine du premier Congrès national des femmes noires (1973), qui sert de tribune où sont abordés les préoccupations et les intérêts des femmes noires. Fait peut-être le plus important, le Congrès a incité les déléguées à conserver d’étroits liens entre elles, ce qui a conduit à l’organisation d’autres conventions, à Montréal en 1974, à Halifax en 1976, à Windsor en 1978 et à Winnipeg en 1980. Lors de la réunion de Winnipeg, le Congrès des femmes noires a été créé, une organisation qui compte aujourd’hui plus de 600 membres et qui est l’un des legs de Kay Livingstone.

Au cours des dernières années de sa vie, Kay a travaillé comme experte-conseil auprès du Conseil privé de la Reine pour le Canada et a parcouru le pays en vue de préparer une conférence sur les minorités visibles au Canada (une expression qui lui est attribuée). L’une des personnes qu’elle a rencontrées lors de ses déplacements est Carrie Best; c’est en l’honneur de l’influence de Kay Livingstone qu’après son décès, en 1975, Mme Best a fondé en sa mémoire la Kay Livingstone Visible Minority Women’s Society, une organisation qui jusqu’à ce jour verse des fonds pour l’éducation de jeunes femmes méritantes. 

Mattie Mayes (1850-1953) 

Mattie Mayes était la matriarche de la première et seule colonie de pionniers noirs en Saskatchewan. Après la fin de la guerre de Sécession en 1865, des milliers d’Africains autrefois esclaves ont émigré en Oklahoma, mais suite à l’introduction de la ségrégation en 1907, des dizaines d’entre eux ont décidé de se rendre en Saskatchewan où le gouvernement canadien offrait des terres familiales gratuites aux colons dans l’Ouest.

Douze familles se sont installées à Eldon, à 13 kilomètres à l’ouest de Maidstone, tandis que d’autres ont poursuivi leur route jusqu’en Alberta. Mattie Mayes faisait partie des douze familles restées à Eldon, qui ont été surnommées « peuple de Shiloh » par référence à la petite église autour de laquelle elles s’étaient rassemblées. L’église elle-même devint plus tard un cimetière et une école.

La famille Mayes est peut-être la plus célèbre de Shiloh. Mattie, qui avait été soumise à l’esclavage avant d’être libérée et de s’installer au Canada, a commencé à travailler comme sage-femme et est devenue un membre respecté de la communauté. Avec son mari Joseph Mayes, ils ont élevé une famille de 13 enfants.

La colonie de Shiloh abrite le seul cimetière noir de la Saskatchewan, fermé définitivement en 1987. L’église et le cimetière de Shiloh sont maintenant des sites patrimoniaux protégés par la province.

Millie (Goins) McCoy

Née esclave, Millie a échappé à l’esclavage avec son mari, George, et s’est rendue dans le canton de Colchester, en Ontario. C’est là, dans le comté d’Essex, qu’elle a donné naissance et élevé l’un des grands inventeurs de race noire, Elijah McCoy, plus particulièrement connu pour son invention d’une burette à huile pour graisser les machines à vapeur des trains et des navires. Millie a fait preuve d’un grand courage lorsqu’elle est retournée aux États-Unis avec sa famille, avant la guerre de Sécession,  où elle et George ont travaillé comme agents du chemin de fer clandestin dans l’État du Michigan.

Elijah McCoy

Né à Colchester, en Ontario, de parents qui s’étaient enfuis de l’esclavagisme au Kentucky pour venir au Canada à l'aide du chemin de fer clandestin, Elijah McCoy a manifesté très jeune un intérêt pour les machines et les outils ainsi qu'une aptitude pour la mécanique. À cette époque, il était difficile pour les Noirs d'obtenir de la formation aux États-Unis. Ses parents l'ont alors envoyé à Edinburgh, en Écosse, pour étudier le génie mécanique.

À son retour en Amérique du Nord, il s'est trouvé un emploi de pompier avec la compagnie des chemins de fer du Michigan. Le « pompier » était celui qui devait pelleter le charbon pour propulser la locomotive et qui lubrifiait les pièces mobiles au cours des nombreux arrêts. Elijah eut tôt fait de se rendre compte qu'il pouvait appliquer ses connaissances et son éducation afin d'améliorer le processus de lubrification. Il conçut et fit breveter une tasse de lubrification très particulière qui laissait tomber l'huile goutte à goutte sur les pièces mobiles d'un train pendant qu'il était en mouvement. Bien que l'origine de l'expression soit probablement plus vieille, on rapporte que les acheteurs de la tasse de lubrification demandaient tout particulièrement pour le « vrai McCoy » parce que ce produit était extrêmement fiable et ils ne voulaient aucun substitut.

Il ne s'agit là que d'un des produits qu'il élabora et fit breveter. Par exemple, en réponse au désir de sa femme de trouver un moyen plus simple de repasser les vêtements, il inventa et fit breveter la planche à repasser portative.

Elijah McCoy détenait plus de 50 lettres patentes, non seulement au Canada et aux États‑Unis, mais également en France, en Autriche, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Russie.

James Mink

Au cours des années 1840, un des hommes d'affaires les plus prospères de Toronto était James Mink, propriétaire du Mansion Inn and Livery. Fils de parents anciennement en esclavagisme au Canada, M. Mink possédait des diligences qui servaient à transporter des personnes et le courrier entre Toronto et Kingston.

L’honorable Donald H. Oliver, Q.C.

L'honorable Donald H. Oliver, Q.C. est né à Wolfville, en Nouvelle-Écosse, en 1938. Après avoir obtenu un diplôme de l'Université Acadia, et par la suite, de l'Université Dalhousie, en droit, il fut nommé au Sénat du Canada le 7 septembre 1990.

M. Oliver est actif au sein du parti conservateur depuis plus de cinquante ans. Il a fait une belle carrière en droit en contentieux des affaires civiles et a également enseigné le droit à la Technical University of Nova Scotia, à St. Mary's University ainsi qu'à la faculté de droit de l'Université Dalhousie. Il est membre de l'Association du barreau canadien ainsi que de la Nova Scotia Barristers' Society.

Donald Oliver est président de Glen Moir Holdings Ltd.; de Pleasant River Farms Limited; de Dolin Fisheries; et il est consultant, conseiller et membre du conseil d'administration de plusieurs sociétés. Il est un orateur apprécié dans un éventail de sujets et même l'auteur d'un livre de cuisine gastronomique. Très actif dans sa communauté, il occupe le poste de président du conseil et président de la Halifax Children's Aid Society, et celui de directeur de la galerie d'art de la Nouvelle-Écosse.

Actuellement, le sénateur Oliver occupe la présidence du Comité permanent du règlement, de la procédure et des droits du Parlement et est membre du Comité sénatorial permanent des banques et du commerce.

Il s'est mérité de nombreuses récompenses au cours de sa carrière, notamment :

  • Doctorats en droit (honoris causa) de l'Université de Guelph, de l'Université Dalhousie et de l'Université Acadia;
  • Prix Harry Jerome pour services rendus à la communauté; Prix Distinction remis à un Canadien noir en reconnaissance de réalisations exceptionnelles en politique; ainsi que Prix des droits de la personne de la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse.

Le sénateur Oliver est marié à Linda Oliver, une consultante en télécommunications. Ils ont une fille, Carolynn.

Pearleen (Borden) Oliver

Pearleen (Borden) Oliver (1917-2008) a été chef de file des droits religieux et des droits de la personne, écrivaine, historienne et activiste communautaire pendant plus de soixante ans en Nouvelle-Écosse. Au cours des années 1940 et 1950, l’activiste qu’elle était s’est battue pour éliminer les obstacles discriminatoires qui restreignaient les possibilités d’éducation et d’emploi pour les Noirs et les autres minorités. Aux côtés de son mari, le révérend William P. Oliver, elle a co-fondé la Nova Scotia Association for the Advancement of Coloured People (NSAACP) (association de la Nouvelle-Écosse pour l’avancement des gens de couleur).

Elle était également une ardente partisane de la cause des femmes de race noire en Nouvelle-Écosse et, en 1947, elle a mené une campagne pour mettre un terme à l’exclusion des femmes noires de la formation d’infirmière au Canada, en convainquant le conseil d’administration de l’hôpital pour enfants d’Halifax d’embaucher deux femmes noires. En 1953, elle a fondé le Women’s Institute de l’African United Baptist Association (AUBA) et a été la première femme à être élue modératrice de l’AUBA en 1976.

Mme Oliver a écrit plusieurs livres, notamment A Brief History of the Coloured Baptists of Nova Scotia, 1782-1953 (1953) et Song of the Spirit (1994).

Pour son travail, Pearleen Oliver a été honorée à plusieurs reprises; elle a notamment reçu des doctorats honorifiques de l’Université Saint Mary’s (1990) et de l’Université Mount Saint Vincent (1993), le prix de la Femme de mérite du YMCA (1981 et 1991) et la Médaille du jubilé de la Reine Élisabeth II (2002).

Willie O’Ree

Le 18 janvier 1958, Willie O'Ree embarqua sur la glace du Forum de Montréal pour disputer son premier match dans la League national de hockey (LNH) pour les Bruins de Boston. Ce faisant, il passa à l'histoire.

Comme tout enfant canadien, Willie aimait jouer au hockey avec ses amis lorsqu'il était garçon. Sur la glace, il faisait probablement semblant d'être son joueur préféré, contournant les défenseurs, lançant la rondelle et marquant des buts. Réussir un jour à jouer dans la League national de hockey (LNH) était un rêve inatteignable pour la plupart de ces enfants. Cependant, Willie O'Ree parvint à réaliser ce rêve. En fait, il devint le premier joueur noir de la LNH. Reconnu pour sa vitesse et ses solides mises en échec, Willie O'Ree dut mettre fin prématurément à sa carrière à cause d'une blessure.

Aujourd'hui, Willie O'Ree est le directeur du programme de diversité de la LNH. Il voyage dans tout le Canada et les États-Unis pour promouvoir et enseigner le jeu du hockey aux enfants de toutes origines culturelles.

En janvier 2008, soit 50 ans après les débuts de O'Ree dans la LNH, la ville natale de Willie O'Ree, Frédéricton, au Nouveau-Brunswick, a nommé son nouveau complexe sportif Place Willie O'Ree, en hommage à ses réalisations.

Richard Pierpoint

Richard Pierpoint est un jeune garçon de 16 ans qui vit au Sénégal, en Afrique, lorsqu'il est capturé et vendu comme esclave en 1760. Il est acheté par un officier britannique nommé Pierpoint, qui s'est installé dans la vallée de l'Hudson (New York). Richard devient le domestique de cet officier et prend son patronyme. L'officier et Richard se rassemblent sous les drapeaux durant la rébellion autochtone de 1763 en Amérique du Nord britannique, mais ils ne participent probablement à aucun combat.

Après le début de la Révolution américaine, Richard acquiert sa liberté et devient soldat. Il se joint au corps de rangers de John Butler, basé au fort Niagara. À la fin de la Révolution américaine, en 1783, les rangers de Butler sont libérés et les hommes reçoivent des terres dans ce qui deviendra la région de Niagara (Ontario). Richard reçoit 200 acres de terre où se situe aujourd'hui St. Catharines et devient en quelque sorte un dirigeant communautaire au sein de la population noire de Niagara.

Quand la guerre de 1812 éclate, Richard Pierpoint présente une demande au major-général Sir Isaac Brock dans laquelle il propose de créer une compagnie de miliciens composée uniquement de Noirs pour combattre aux côtés des Britanniques durant la guerre. Brock accepte la proposition et ordonne la formation du « Coloured Corps », une petite compagnie d'environ 40 hommes provenant des districts de Niagara et de York qui obéissent aux ordres d'officiers blancs. Richard Pierpoint, âgé de 68 ans, est un soldat au sein de ce corps et il demeure actif tout au long du conflit, y compris durant la bataille des hauteurs de Queenston, le 13 octobre 1812. Le Coloured Corps est cité dans les dépêches pour avoir joué un rôle essentiel dans la victoire britannique.

Ce corps participe à la bataille du fort George en mai 1813 et à la campagne de Niagara la même année. En 1814, les hommes du Coloured Corps construisent des fortifications puisque de nombreux membres de la compagnie possèdent des compétences en charpenterie et en maçonnerie.

À la fin de la guerre, les Britanniques offrent des terres aux anciens combattants du Coloured Corps, qui s'établissent à Oro et à Garafraxa. Pierpoint demande au gouvernement de lui offrir un voyage de retour au Sénégal, en Afrique, mais ce souhait ne sera jamais exaucé. Il reçoit une autre terre de 100 acres à Garafraxa en 1822. Il réussit à construire une maison et à défricher quelques acres, mais il est trop âgé pour cultiver sa terre adéquatement. Il meurt à cet endroit en 1838.

Regardez l'histoire de Richard Pierpoint, un des acteurs importants de la guerre de 1812.

Mairuth Sarsfield

Mairuth Sarsfield (1925-2013) a mené une vie remarquable en tant que conteuse, diplomate, personnalité de la télévision et activiste communautaire. Après avoir terminé ses études postsecondaires, elle a été rédactrice de recherche à la télévision de la chaîne CBC, The New Generation, pendant quatre ans, jusqu’en 1966. En 1971, elle a intégré le ministère des Affaires extérieures à titre d’agente d’information; elle a travaillé à Expo 67 à Montréal en tant que rédactrice du texte accompagnant l’Arbre de la Nation. Elle a ensuite élaboré un thème pour l’Expo 70 à Osaka, au Japon.

Elle a ensuite occupé le poste d’agente principale de l’information dans le cadre du Programme des Nations Unies pour l’environnement à Nairobi, Washington et New York avant de rentrer au Canada en 1984 pour assumer les fonctions de directrice de la Development Communicators Inc. et d’être co-présentatrice du Senior’s Report and Literati sur PBS TV. Au milieu des années 1980, Mme Sarsfield est devenue gouverneure de la CBC, la seule femme noire de l’époque à siéger au conseil d’administration.

Pour ce qui est de ses œuvres écrites, Mme Sarsfield est surtout connue pour son roman à succès No Crystal Stair (1997), une histoire qui se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, et qui raconte la vie difficile des Noirs de Petite-Bourgogne. La popularité du livre a explosé dès que CBC l’a inclus dans son émission de la série Canada Reads en 2005.

Mary Ann Shadd Cary

Née libre au Delaware, Mary Ann Shadd est devenue la première femme noire d’Amérique du Nord à publier un journal lorsqu’elle a créé le Provincial Freeman. Également enseignante, elle a mis sur pied, à Windsor, une école racialement intégrée pour les enfants noirs, en plus de rédiger des dépliants à caractère éducatif, encourageant la colonisation au Canada, y compris « A Plea for Emigration; or Notes of Canada West », rédigé en 1852. Mary était également une militante engagée appuyant de nombreuses causes, notamment l’abolition de l’esclavage, la tempérance et l’éducation.  Elle militait de plus en plus en faveur des droits des femmes, devenant suffragette. Non seulement elle a fait la promotion de ces enjeux dans le Provincial Freeman, mais elle en a également parlé lors de ses conférences.

Après son séjour au Canada, Mary a décidé de retourner aux États-Unis, où elle est devenue agente de recrutement pour l’armée de l’Union pendant la Guerre civile américaine. Elle a également poursuivi des études en droit à l’Université Howard, et est devenue l’une des premières femmes de race noire à obtenir un diplôme en droit en 1883, devenant avocate des droits civiques. Parmi ses grandes réalisations, elle est également devenue la première femme de race noire à voter lors d’une élection nationale. En 1994, elle a été désignée Personne d’importance historique nationale au Canada.

Mary Ann Shadd Cary
Mary Ann Shadd Cary
(1823-1893)
Chatham (Ontario)
NAC/C-29977
Betty Ruth Beatrice Simpson

Championne de l’histoire des Noirs et co-fondatrice, avec son mari Melvin « Mac » Simpson, du North American Black Historical Museum, devenu le musée de la liberté d’Amherstburg. Betty a également travaillé à l’Hôpital Hôtel-Dieu (campus WRH-Ouellette) de 1961 à 1986.

Sylvia (Estes) Stark

Sylivia Estes est née en esclavage dans le comté de Clay, Missouri, aux États-Unis.  Son père, Howard Estes, a pu acheter la liberté de sa famille; ils ont tenté de devenir fermiers dans le Missouri, mais ils ont été harcelés par le KKK. La famille a traversé les États-Unis en train pour arriver en Californie en 1851. C’est là que Sylvia a épousé Louis Stark. Ils ont vécu en Californie jusqu’en 1861 lorsque la famille Estes, Sylvia, Louis et leurs deux jeunes enfants ont émigré en Colombie-Britannique. 

Les Starks ont vécu sur l’île Saltspring pendant quatorze ans. Sylvia a travaillé à la ferme, pris soin de sa famille et a été infirmière et sage-femme bénévole. En 1875, les Starks ont déménagé dans le district de Nanaimo où Sylvia est demeurée jusqu’à la mort de son mari en 1895. Elle est retournée vivre à Saltspring, avec son fils Willis, où elle a été très active, travailleuse et alerte presque jusqu’à sa mort, à l’âge de 106 ans, en 1944.

Emma Stark est la fille aînée de Louis et de Sylvia Stark; elle a été nommée première enseignante de la nouvelle école North Cedar en 1874, devenant ainsi la première enseignante noire sur l’Île de Vancouver.

Bruny Surin

Bruny Surin est l'un des meilleurs sprinters au monde. Au cours des années, il a remporté de nombreux titres nationaux et internationaux dont une médaille d'or aux 4 X 100 mètres aux Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996.

Ses activités et intérêts ne s'arrêtent cependant pas à l'athlétisme. Après dix-sept années de compétition, Bruny Surin a tiré sa révérence sur sa carrière d'athlète de haut-niveau pour se consacrer à une carrière en relation publique. Il a créé sa propre fondation dédiée à améliorer la qualité de vie, physique et émotive des enfants en plus d'être un conférencier fort apprécié et un ambassadeur de première classe pour le Canada.

Harriet Tubman

Harriet Tubman, qui s’était échappée de l’esclavagisme au Maryland, fut surnommée « Moïse » et la « chef de réseau » par les centaines de personnes qu'elle aida à fuir vers la liberté à l'aide du chemin de fer clandestin. En 1850, après que le gouvernement américain eut promulgué la loi sur les fugitifs, qui avait une très large portée, Harriet guida des Noirs en esclavagisme fugitifs plus au nord jusqu'au Canada. Lorsque des propriétaires d'esclaves furieux promirent des récompenses pour sa capture, elle poursuivit son travail en dépit des énormes risques personnels qu'elle courait.

Puisque St. Catharines (une ville près de la frontière américaine), en Ontario, était sur la route et offrait des possibilités d'emploi, cette ville devint une destination populaire auprès des anciens fugitifs, notamment Harriet Tubman, qui y habita de 1851 à 1857. Bon nombre des personnes qu'elle secourut étaient parents avec les personnes qui demeuraient déjà à St. Catharines, dont ses propres parents, ses frères et sœurs et leur famille.

Plus tard, Harriet Tubman devint une leader du mouvement abolitionniste. Pendant la guerre de Sécession, elle travailla comme infirmière et servit d'espionne pour les forces de l'Union de la Caroline du Sud.

Juanita Westmoreland-Traoré

Juanita Westmoreland-Traoré est née à Verdun (Montréal) en 1942. Après avoir obtenu un diplôme en droit à l'Université de Montréal et un doctorat de l'Université de Paris, elle entreprit une carrière en droit en 1970. De 1979 à 1983, elle fut membre de l'Office de protection des consommateurs du Québec. En 1985, Mme Westmoreland-Traoré devenait la première présidente du Conseil des communautés culturelles et de l'immigration du Québec. À ce titre, elle a travaillé avec diligence afin de créer des liens entre les communautés culturelles.

Entre 1996 et 1999, elle fut doyenne de la Faculté de droit de l'Université de Windsor, première Noire canadienne à occuper un tel poste. Juanita Westmoreland-Traoré est actuellement juge au Québec, ce qui en fait également la première Noire à être nommée à la magistrature de cette province.

Portia White (1911-1968)

Portia White débuta sa carrière de chanteuse vedette à l'église baptiste de son père, à Halifax. Avant de faire du chant sa véritable profession, elle enseigna dans les écoles rurales de Noirs du comté de Halifax, puis se rendit à Toronto pour y faire ses débuts. Peu après, elle donnait un spectacle à New York, pour lequel elle reçut des commentaires élogieux.

Elle poursuivit ainsi une extraordinaire carrière internationale, donnant plus de 100 concerts, y compris un concert privé devant Sa Majesté la reine Élisabeth II.

Portia White
Portia White
(1911-1968)
Truro (Nouvelle-Écosse)
Matériel publicitaire produit par Columbia Concerts Inc.
Collection : MG 100 volume 245 #15a
John Ware

John Ware naît dans l'esclavage sur une plantation de coton de Caroline du Sud en 1845. Après avoir gagné sa liberté lors de l'émancipation, il déménage au Texas où il apprendra la dure vie de cow-boy. En 1882, il s'installe en Alberta, où il est immédiatement embauché par Fred Stimpson pour les ranchs Bar U et Quorn.

M. Ware fonde son propre ranch en 1891 dans la région de Millarville et devient un éleveur et agriculteur prospère. À la fin du 19e siècle, il est l'un des éleveurs les mieux connus et les plus respectés de l'Ouest du Canada. On dit que ses compétences aux épreuves de rodéo étaient légendaires. Il a créé le « bouvillon » 20 ans avant le Stampede de Calgary – une épreuve devenue partie intégrante du populaire festival de l'Ouest.

M. Ware rencontre l'ex-Torontoise Mildred Lewis avec qui il se marie. Ils s'installent ensuite sur un ranch au nord du village de Duchess, le long de la rivière Red Deer. Ils auront cinq enfants. En 1902, leur maison est emportée par une inondation. Ils reconstruisent l'habitation sur un terrain plus élevé surplombant un ruisseau, aujourd'hui connu sous le nom de ruisseau Ware.

John Ware continue d'exploiter un ranch dans le sud de l'Alberta jusqu'à sa mort en 1905, dans un accident de cheval.

Fait intéressant, les deux fils de M. Ware se sont joints au Bataillon de construction nº 2, le seul bataillon ségrégé de l'histoire du Canada. Le bataillon célèbre en 2011 son 95e anniversaire.

Mildred (Lewis) Ware (1871-1905) 

Bien que la plupart des histoires écrites au sujet de la famille Ware portent plus particulièrement sur John Ware, Mildred ne doit pas être ignorée en dépit de sa courte vie. Elle est née en 1871 à Toronto et s’est installée en Alberta à la fin de son adolescence, épousant John en 1892, lequel travaillait pour les célèbres ranchs Bar U et Quorn.

La famille est arrivée dans la région de Rosebud en 1902, où sa première maison a été détruite par une inondation. Elle a reconstruit le ranch et exploité une entreprise d’élevage prospère, comptant plus de 1 000 bovins. Mildred était responsable de la comptabilité, et enseignait la lecture et l’écriture à ses cinq enfants.

En 1905, Mildred est décédée à la suite d’une pneumonie et du typhus, et John est mort peu de temps après. Si la famille Ware aura été de courte durée, elle a cependant laissé un legs durable : sa maison en rondins Rosebud conservée au parc Dinosaur en hommage à l’une des familles d’éleveurs les plus remarquables de l’Alberta.

Dorothy Williams

Dorothy Williams est historienne, auteure, éducatrice, chercheuse et experte-conseil communautaire spécialisée dans l’histoire des Noirs canadiens. Son but est de rendre l’histoire des Noirs accessible à tous, et son travail dans divers domaines constitue sa contribution à cet effort.

Son premier livre s’intitule Blacks in Montreal : 1628-1986 (1989), écrit pour la Commission des droits de la personne du Québec dans le cadre de son étude sur le racisme sur le marché du logement de Montréal. Son deuxième livre, The Road to Now: A History of Blacks in Montreal est la seule étude chronologique des Noirs sur l’île de Montréal. Elle a également participé à la rédaction de deux volumes du History of the Book in Canada.

En tant qu’éducatrice, elle prononce souvent des discours dans les écoles, les collèges et les universités; elle dirige des ateliers pour les enseignants et les bibliothécaires. Elle fait de nombreux exposés publics dans des cadres variés allant de centres communautaires à des musées.

Elle a déjà écrit des articles très prisés dans des magazines et des journaux et, en 2006, elle a créé le site Web Blacbiblio.com comme source de documents de référence populaires sur l’histoire des Noirs canadiens. Son site Web est une fiche bibliographique électronique complète sur l’histoire des Noirs au Canada.

En tant qu’experte-conseil communautaire, elle fait du bénévolat depuis plus de 20 ans, et elle est souvent appelée par des organisations pour offrir son expertise sur des questions d’importance. Elle a été membre du conseil d’administration du Quebec Anglophone Heritage Network (trois ans), des Femmes d’affaires et professionnelles de Montréal (cinq ans) et du Black Studies Centre (neuf ans). Elle est actuellement directrice des opérations et du développement des fonds au Desta Black Youth Network.

Clotilda Adessa Yakimchuk, C.M. 

Clotilda Yakimchuk est née et a grandi à Whitney Pier, en Nouvelle-Écosse. En 1954, elle est devenue la première femme noire diplômée de l’École des sciences infirmières de l’Hôpital de Nouvelle-Écosse. Elle a également obtenu un diplôme de sage-femme de l’hôpital Colony, à La Grenade, aux Antilles, un certificat d’études supérieures en soins infirmiers psychiatriques de l’Hôpital de Nouvelle-Écosse et un diplôme en éducation des adultes de l’Université St Francis Xavier.

Mme Yakimchuk a passé 50 ans dans le domaine des soins infirmiers. Elle a commencé sa carrière en tant qu’infirmière en chef de l’unité d’admission/de sortie de l’Hôpital de Nouvelle-Écosse De là, elle est partie à La Grenade, aux Antilles, où elle a été directrice des soins infirmiers à l’hôpital psychiatrique. Mme Yakimchuk est retournée au Canada en 1967, où elle a occupé le poste d’infirmière de l’hôpital de la Ville de Sydney. Elle est ensuite devenue superviseure des soins infirmiers et plus tard, directrice du perfectionnement du personnel à l’Hôpital du Cap-Breton. Elle a ensuite été directrice des services éducatifs à l’Hôpital régional du Cap-Breton jusqu’à sa retraite des soins infirmiers, en 1994.

Elle a été présidente de la Registered Nurses’ Association of Nova Scotia (désormais connue sous le nom de The College of Registered Nurses of Nova Scotia). En particulier, elle est à ce jour la seule présidente noire à avoir été élue dans l’histoire de cette organisation de 100 ans. Elle défend énergiquement l’éducation et l’apprentissage continu, et elle a été un modèle exceptionnel pour les nombreuses infirmières qui ont suivi ses traces. En plus de son travail à titre de présidente, elle a siégé sur de nombreux comités et groupes de travail nationaux, provinciaux et locaux.

En tant que présidente fondatrice de la Black Community Development Organization, Clotilda Yakimchuk a dirigé le mouvement pour procurer des logements abordables dans les communautés à faible revenu, et améliorer les conditions de vie des personnes âgées.

Rose Fortune (1774-1864) et Peter C. Butler III (1859 1943)

Premiers agents de police noirs au Canada

Née esclave, Rose Fortune a déménagé à Annapolis Royal, en Nouvelle-Écosse, après que sa famille se fut enfuie de la colonie britannique de Virginie pendant la Révolution américaine. Elle a bâti une entreprise prospère en transportant des bagages au moyen d'une brouette entre les quais d'accostage et les hôtels et résidences d'Annapolis, et en offrant un service de réveil aux voyageurs. Avec le temps, Rose Fortune s'est fait connaître comme première agente de police au Canada, un titre non officiel acquis en maintenant l'ordre et en assurant la protection des biens sur les quais de la ville.

Peter C. Butler III (pas de photo), dont le grand-père avait fui l’esclavagisme, est devenu le premier agent de police noir au Canada en 1883. Sa carrière s'est étalée sur 50 ans, durant lesquels il a été reconnu comme un homme pacifique. Il lui arrivait d'héberger les délinquants et les ivrognes de l'endroit afin de les tenir à l'écart de la collectivité plutôt que de les jeter en prison. M. Butler portait rarement son revolver; pour maintenir l'ordre, il préférait utiliser un bâton et ses grandes mains.

Rose Fortune
Photo de Rose Fortune, fournie par les archives de la Nouvelle-Écosse.
Alton C. Parker (1907-1989)

Alton C. Parker est entré au Service de police de Windsor en 1942, à une époque où il était rare qu'un Canadien noir soit en situation d'autorité. Il s'est mérité l'admiration de ses collègues et, en 1951, il a été promu au grade de détective, devenant non seulement le premier agent de police noir à Windsor, mais également le premier détective noir au Canada.

Après avoir travaillé au Service de police de Windsor pendant 28 ans, M. Parker a continué de jouer un rôle actif dans sa collectivité, où il organisait chaque année une grande fête pour enfants. Pendant et après sa carrière dans la police, il a reçu plusieurs prix et honneurs. Un parc public et une rue de Windsor ont d'ailleurs été nommés en son honneur.

Alton C. Parker
Photo fournie par le Service de police de Windsor
Lawrence McLarty, dit « Larry »

À son arrivée au Canada, Larry McLarty possédait une expérience à titre d'agent du Service de police de la Jamaïque, mais une fois à Toronto, il a occupé divers emplois : porteur, empaqueteur de livres vendus par catalogue, préposé à l'entretien ménager de nuit et cuisinier dans un hôpital.

En présentant sa candidature au Service de police de Toronto, M. McLarty a été déçu d'apprendre qu'il lui manquait un huitième de pouce pour avoir la bonne taille. Deux mois plus tard, alors qu'il faisait prendre ses mesures pour un nouveau costume, il s'est aperçu qu'il avait la taille minimale requise. Ayant présenté une nouvelle demande au service de police, il a été embauché en 1960, devenant ainsi le premier agent de police noir à Toronto. Il a été promu au grade de sergent détective et a pris sa retraite après 32 années de service.

Lawrence McLarty
Photo fournie par Nona McLarty.
Édouard Anglade, dit « Eddie » (1944–2007)

Premier agent de police noir à Montréal

Édouard Anglade, un immigrant haïtien, est entré au Service de police de la Ville de Montréal en 1974. Il était le premier agent noir du Service et il restera le seul pendant plusieurs années.

Au cours de ses 30 années de carrière, il a combattu le crime dans les rues de la ville, obtenant ainsi le respect de ses collègues policiers. Par sa persévérance et son professionnalisme, il a fini par devenir l'agent le plus élevé en grade parmi les 130 agents noirs en poste à Montréal à cette époque.

Dans son autobiographie, intitulée Nom de code : Mao, il raconte ses expériences au sein du service de police.

Édouard Anglade
Photo fournie par le Service de police de la Ville de Montréal.
Devon Clunis

Premier chef de police noir au Canada

Devon Clunis est à Winnipeg à l'âge de 12 ans, en provenance de la Jamaïque. Souhaitant changer les choses, il est entré en 1987 au Service de police de Winnipeg où, pendant 25 ans, il a exercé diverses fonctions : rondes de surveillance, contrôle de la circulation, enquêtes et relations avec la collectivité.

En novembre 2012, M. Clunis a été assermenté comme chef du Service de police de Winnipeg, devenant ainsi le premier Canadien noir à occuper ce poste.

Veuillez lire le discours prononcé par Devon Clunis, chef du Service de police de Winnipeg, lors de la réception tenue pour le lancement du Mois de l'histoire des Noirs 2013.

Devon Clunis
Photo fournie par le service de police de Winnipeg.
Craig Gibson

Premier commandant divisionnaire noir à la GRC

Craig Gibson a grandi dans une petite collectivité de la Nouvelle-Écosse. Il est entré à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en 1980 et, pendant plus de 30 ans, il a travaillé dans cinq provinces, occupant diverses fonctions dans le domaine du maintien de l'ordre et du leadership.

Reconnu pour son excellence et son engagement à aider les petites collectivités, M. Gibson a été officiellement nommé, en juillet 2012, au commandement de la GRC à l'Île-du-Prince-Édouard, devenant ainsi le premier commandant divisionnaire noir à la GRC.

Craig Gibson
Photo fournie par Craig Gibson, surintendant principal, Gendarmerie royale du Canada.
Lori Seale-Irving

Première femme noire à occuper le poste d'officier breveté à la GRC

Lori Seale-Irving est née et a grandi à Ottawa. Son père était un officier de l'Aviation royale canadienne (major à la retraite), si bien qu'elle a été élevée dans une base militaire. Souhaitant faire carrière dans une profession qui lui permettrait d'aider les membres de sa collectivité, Mme Seale-Irving est entrée dans la Gendarmerie royale canadienne (GRC) en 1990. Sa carrière a comporté bon nombre d'affectations, dont certaines dans des sections chargées du service de police général, des crimes de guerre, de la sûreté maritime, de la protection du premier ministre et du soutien administratif.

Mme Seale-Irving a été promue au grade d'inspectrice en 2007, devenant ainsi la première femme noire à occuper le poste d'officier breveté à la GRC.

Lori Seale-Irving
Photo fournie par l'inspectrice Lori Seale-Irving, Gendarmerie royale du Canada.
Lyonel Anglade

Agent des relations communautaires, Service de police de la Ville de Montréal

Lyonel Anglade travaille beaucoup avec les jeunes issus de différentes communautés culturelles à Montréal, en particulier ceux d'origine haïtienne. Ses efforts de sensibilisation contribuent à bâtir la confiance et à améliorer le dialogue entre les jeunes et le service de police, afin de dissiper les préjugés et de former des partenariats communautaires.

Lyonel Anglade
Photo fournie par le Service de police de la Ville de Montréal.
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