Événements de l’histoire des Canadiens d’ascendance asiatique

Depuis la fin des années 1700, des personnes d’ascendance asiatique ont apporté une contribution importante à l’histoire et à l’identité du Canada. Chaque année, dans le cadre de sa campagne annuelle du Mois du patrimoine asiatique, le gouvernement du Canada encourage les Canadiens à apprendre comment les Canadiens d’ascendance asiatique ont contribué à façonner le Canada tel que nous le connaissons aujourd’hui, et continuent de le faire. Il s’agit, entre autres, des :

Canadiens d’ascendance est-asiatique

Canadiens d’ascendance chinoise

En mai 1788, le capitaine John Meares, commerçant de fourrures britannique, est arrivé à Nootka Sound, sur l’île de Vancouver, avec 50 artisans d’ascendance chinoise qui ont aidé à construire un comptoir commercial. L’année suivante, 70 autres ouvriers d’ascendance chinois sont arrivés pour aider à construire un fort et une goélette. Avec la découverte d’or en Colombie-Britannique en 1858, des immigrants d’ascendance chinois de San Francisco ont commencé à arriver dans la vallée du Fraser l’année suivante. Plus tard, Barkerville, en Colombie-Britannique, a été établie en tant que première communauté d’ascendance chinoise au Canada.

Entre 1881 et 1884, plus de 17 000 immigrants d’ascendance chinoise sont venus au Canada pour construire le chemin de fer Canadien Pacifique et, plus tard, pour l’entretenir. Plusieurs milliers sont venus des régions côtières des États-Unis où ils avaient aidé à construire le chemin de fer transcontinental américain, mais la majorité est arrivée directement du sud de la Chine. À ce moment-là, la province de la Colombie-Britannique avait déjà une population d’ascendance chinoise importante, et le racisme envers la communauté d’ascendance chinoise était répandu. Les médias de l’époque dépeignaient souvent les pratiques culturelles chinoises de façon négative dans des domaines comme l’habillement, les conditions de vie et même les rites funéraires.

Depuis le début du 20e siècle, les Canadiens d’ascendance chinoise se sont installés dans les régions urbaines et les grandes villes du Canada. Des quartiers chinois se sont développés au 19e et au 20e siècle, et ils ont servi de centres importants pour les entreprises et la vie de famille de nombreux Canadiens d’ascendance chinoise. Malheureusement, dans certaines villes, des lois restrictives ont empêché les Canadiens d’ascendance chinoise d’investir dans des propriétés à l’extérieur des quartiers chinois jusque dans les années 1930.

Lois visant les immigrants chinois

En vertu de la Loi de l’immigration chinoise de 1885, un droit d’entrée de 50 $ était imposé à toute personne d’ascendance chinoise désireuse d’entrer au Canada, ce qui marque le début d’une période de racisme anti-chinois légalisé. L’imposition du droit d’entrée a suivi la construction et l’achèvement du chemin de fer Canadien Pacifique (entre 1881 et 1885), qui avait amené un flot d’ouvriers d’ascendance chinoise au Canada. Ces ouvriers étaient nécessaires en tant que force de travail, mais ils n’étaient pas jugés souhaitables en tant que citoyens en raison de leur pays d’origine. Le droit d’entrée est passé à 100 $ en 1900, et à 500 $ en 1903, lors d’autres tentatives pour rendre l’immigration prohibitive pour les personnes d’ascendance chinoise. De plus, l’Acte du cens électoral de 1885 privait les immigrants d’ascendance chinoise du droit de voter aux élections fédérales.

Malgré le droit d’entrée, l’immigration chinoise au Canada s’est poursuivie. Le 1er juillet 1923, jour de la fête du Dominion, le Parlement a adopté la Loi de l’immigration chinoise. Cette loi est communément appelée « loi d’exclusion des Chinois », car elle restreint pratiquement toute immigration chinoise au Canada en définissant de manière étroite les catégories acceptables d’immigrants d’ascendance chinoise, ce qui a empêché la réunification de nombreuses familles. Étant donné que le Parlement a adopté cette loi le jour de la fête du Dominion, la communauté d’ascendance chinoise au Canada a appelé ce jour le « jour de l’Humiliation ». En effet, pour elle, cette loi était la forme ultime d’humiliation.

La Loi de l’immigration chinoise de 1923 a été abrogée en 1947. Durant les années où la Loi a été en vigueur, moins de cinquante immigrants d’ascendance chinoise ont pu entrer au Canada.

Excuses à la Chambre des communes

Le 22 juin 2006, le gouvernement du Canada a présenté des excuses à la Chambre des communes aux Canadiens d’ascendance chinoise qui ont payé la taxe d’entrée, à leurs familles et aux communautés d’ascendance chinoise partout au Canada.

Hôpital chinois de Montréal

L’Hôpital chinois de Montréal a vu le jour en 1918, lorsque la Mère (supérieure) Marie du Saint-Esprit, des Sœurs de l’Immaculée Conception, a mis en place un établissement temporaire pour répondre aux besoins médicaux de la communauté d’ascendance chinoise pendant l’épidémie de grippe. Un an plus tard, la communauté d’ascendance chinoise, avec le soutien des Sœurs de l’Immaculée Conception, acquit une ancienne synagogue et la transforma en un hôpital qui ouvrit officiellement ses portes en 1920. En 1962, le bâtiment de l’hôpital était devenu obsolète et, à la suite d’une campagne de financement réussie, un nouvel établissement a ouvert ses portes en 1965. En 1971, l’Hôpital chinois de Montréal est devenu public et a servi d’hôpital de soins de longue durée avec une clinique externe offrant une variété de services médicaux. En 1999, l’Hôpital chinois de Montréal a ouvert son hôpital actuel de 128 lits, qui offre des services particulièrement adaptés aux communautés d’ascendance chinoise et sud-est asiatique.

Chemin de fer Canadien Pacifique

En 1871, la Colombie-Britannique devint la sixième province du Canada. Un des arguments majeurs pour persuader cette colonie de joindre le Canada fut la promesse de construire un chemin de fer reliant la côte du Pacifique au reste du pays. Or, la section présentant le plus de difficultés de construction était le passage des montagnes Rocheuses.

On embaucha des ouvriers d’ascendance chinoise pour plusieurs raisons. La raison la plus importante était que, avant la construction du chemin de fer, la meilleure façon d’amener un grand nombre d’ouvriers en Colombie-Britannique était par bateau à travers l’océan Pacifique, ou à partir de la Californie. Le besoin croissant d’ouvriers en Colombie-Britannique rendait les ouvriers d’ascendance chinoise indispensables. Cependant, ils étaient payés moins cher que les ouvriers blancs, même s’ils étaient plus efficaces et avaient davantage d’expérience.

Parmi ces ouvriers d’ascendance chinoise, plusieurs avaient de l’expérience, ayant déjà travaillé à la construction de chemins de fer aux États-Unis. Ils préparaient le tracé du chemin de fer, coupaient les arbres et nettoyaient le sous-bois. Ils sortaient la roche des tunnels percés sous les montagnes et nivelaient les collines. Ils préparaient la plate-forme du chemin de fer en creusant des fossés de chaque côté du tracé et en empilant de la roche concassée et du gravier. Les traverses et les rails étaient ensuite posés sur cette plate-forme.

La construction du chemin de fer dura de 1880 à 1885. Pendant cette période, environ 7 000 ouvriers d’ascendance chinoise arrivèrent en Colombie-Britannique, mais ils ne sont pas tous restés jusqu’à la fin des travaux. À tout moment, environ 3 500 travailleurs d’ascendance chinoise étaient disponibles. Ils représentaient les trois quarts de la main-d’œuvre ferroviaire totale dans la province.

De nombreux ouvriers ont perdu la vie en raison d’explosions de dynamite, de glissements de terrain, d’éboulements, de noyades, du scorbut (à cause de la mauvaise qualité de la nourriture) et d’autres maladies, de la fatigue et de l’absence de soins médicaux. On estime qu’entre 600 et 2 200 personnes d’ascendance chinoise sont morts au cours de ces cinq années de construction.

Droit de vote

Tout au long du 19e siècle et de la première moitié du 20e siècle, la plupart des Canadiens d’ascendance asiatique n’avaient pas le droit de voter aux élections fédérales et provinciales. Alors que l’Acte du cens électoral de 1885 prive les Canadiens d’ascendance chinoise du droit de vote, une nouvelle loi de 1898 permet aux autres Canadiens d’ascendance asiatique de voter. En 1920, l’Acte des élections fédérales a supprimé le droit de vote fédéral aux personnes à qui était refusé le droit de vote provincial pour des raisons de race. En conséquence, le vote a été refusé aux personnes d’ascendance chinoise, japonaise et sud-asiatique en Colombie-Britannique. En Saskatchewan, les personnes d’ascendance chinoise étaient également privées de leurs droits.

En 1948, cet article de la Loi des élections fédérales fut abrogé. L’année suivante, le changement est entré en vigueur et les Canadiens d’ascendance japonaise ont également retrouvé le droit de vivre n’importe où au Canada. Cette année-là également, en Colombie-Britannique, la Loi sur les élections provinciales a été modifiée pour permettre à tous les groupes raciaux, à l’exception des doukhobors, de voter à l’échelle provinciale.

Canadiens d’ascendance japonaise

Manzo Nagano, la première personne d’ascendance japonaise, s’est installer au Canada, à Victoria en 1877. Les deux principales vagues d’immigration du Japon au Canada ont lieu entre 1877 et 1928, puis après 1967. De nombreux Canadiens d’ascendance japonaise se sont établis dans la vallée du Fraser et le long de la côte du Pacifique, tandis que d’autres se sont installés dans des villes en Alberta. Dans les années 1930, environ 23 000 Canadiens d’ascendance japonaise vivaient au Canada.

Internement des personnes d’ascendance japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale

Peu après l’entrée du Japon dans la Deuxième Guerre mondiale, le 7 décembre 1941, les Canadiens d’ascendance japonaise ont été expulsés de la côte Ouest. L’argument de la « nécessité militaire » fut invoqué comme justification pour leur déplacement et incarcération en masse, en dépit du fait qu’il y avait très peu de preuve qui donnait à penser que les Canadiens d’ascendance japonaise constituaient une menace à la sécurité du Canada.

En 1942, l’ordre de quitter la « zone interdite » et de s’installer dans les terres, à 100 miles (160 km) de la côte Ouest, a été donné en vertu de la Loi sur les mesures de guerre, et plus de 21 000 Canadiens d’ascendance japonaise ont été touchés. Beaucoup ont d’abord été détenus dans les étables pour bétail du parc Hastings (les lieux de la Pacific National Exhibition de Vancouver), avant d’être déplacés dans des camps construits à la hâte, connus sous le nom de « centres résidentiels intérieurs » en Colombie-Britannique. Au début, beaucoup d’hommes étaient séparés de leur famille et envoyés dans des camps de route en Ontario et à la frontière de la Colombie-Britannique et de l’Alberta. De petites villes intérieures en Colombie-Britannique – comme Greenwood, Sandon, New Denver et Slocan – devinrent des quartiers d’internement principalement pour les femmes, les enfants et les personnes âgées. Pour éviter d’être séparées, certaines familles acceptèrent de travailler dans des fermes de betteraves à sucre de l’Alberta et du Manitoba, où il y avait une pénurie de main-d’œuvre. Ceux qui défiaient les ordres du gouvernement canadien ou qui y résistaient étaient rassemblés par la Gendarmerie royale du Canada et incarcérés dans un camp de prisonniers de guerre ceint d’une clôture barbelée, situé à Angler, en Ontario.

Malgré ses promesses du contraire, et conformément à la règle du « séquestre des biens d’ennemis étrangers », le gouvernement vendit les propriétés confisquées des Canadiens d’ascendance japonaise et les recettes furent utilisées pour payer les encanteurs et les agents immobiliers, ainsi que les coûts d’entreposage et de manutention. Le reste de l’argent servit à payer les petites allocations versées aux personnes internées dans les camps. Contrairement aux prisonniers de guerre de pays ennemis qui étaient protégés par la Convention de Genève, les Canadiens d’ascendance japonaise furent forcés de payer leur propre internement. Leurs déplacements étaient restreints et leur courrier était soumis à la censure.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les Canadiens d’ascendance japonaise ont été fortement encouragés à prouver leur « loyauté envers le Canada » en « déménageant à l’est des Rocheuses » immédiatement ou en signant des documents par lesquels ils acceptaient d’être « rapatriés » au Japon dès la fin de la guerre. De nombreuses personnes ont déménagé dans les provinces des Prairies, tandis que d’autres ont choisi d’élire domicile en Ontario et au Québec. Environ 4 000 personnes, dont la moitié d’entre elles étaient nées au Canada et un tiers étaient des enfants à charge de moins de 16 ans, ont été exilées au Japon en 1946.

Excuses à la Chambre des communes

En septembre 1988, le gouvernement du Canada a présenté des excuses officielles à la Chambre des communes et a offert une indemnisation pour l’incarcération injustifiée, la saisie de propriété et la privation du droit de vote des Canadiens d’ascendance japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Canadiens d’ascendance coréenne

Les premières personnes d’ascendance coréenne étaient venus au Canada temporairement pour être formés comme missionnaires à partir des années 1890. En 1963, le Canada a établi des relations diplomatiques officielles avec la Corée du Sud, mais jusqu’à l’ouverture de l’ambassade du Canada en Corée du Sud en 1973, la plupart des personnes d’ascendance coréenne qui venaient au Canada continuaient de le faire à titre temporaire, pour des études et des possibilités d’emploi. Après 1973, la première vague importante d’immigrants d’ascendance coréenne permanents est arrivée au Canada. Plus de 26 000 immigrants sont arrivés en une décennie, ce qui a constitué la base de la communauté d’ascendance coréenne canadienne d’aujourd’hui. Depuis lors, les chiffres de l’immigration ont changé en fonction des conditions sociales, économiques et politiques dans chaque pays, passant de 1 000 à près de 10 000 par année. La plupart des immigrants d’ascendance coréenne qui sont arrivés au Canada de façon permanente étaient des travailleurs qualifiés ou des professionnels et se sont installés dans des centres urbains comme Toronto, Vancouver, Montréal, Edmonton et Calgary. Le Recensement de 2016 a dénombré 198 210 Canadiens d’ascendance coréenne.

À Vancouver et à Toronto, notamment, plusieurs quotidiens en langue coréenne sont publiés, dont les éditions locales de JoongAng Ilbo, de Hankook Ilbo et de Chosun Ilbo. De plus, les émissions de télévision et de radio coréennes sont diffusées d’un bout à l’autre du pays, et des versions sous-titrées de séries télévisées coréennes populaires sont souvent disponibles sur les chaînes de câble multiculturelles.

Canadiens d’ascendance sud-asiatique

Les Canadiens d’ascendance sud-asiatique reflètent la diversité culturelle de l’Asie du Sud. Les langues et les dialectes de la région ainsi que la diversité religieuse, y compris l’hindouisme, le sikhisme, le judaïsme, le christianisme, l’islam et le jaïnisme font maintenant partie de l’identité canadienne. L’immigration de l’Asie du Sud vers le Canada a commencé à la fin du 19e siècle lorsque plusieurs sikhs de la région du Pendjab, en Inde, sont arrivés en Colombie-Britannique pour travailler dans les industries du bois, des mines et des chemins de fer et plus tard dans l’agriculture. Au début des années 1900, ces communautés nouvelles et en expansion ont suscité l’hostilité et le ressentiment raciaux similaires à ceux qui étaient dirigés vers d’autres communautés racisées. Les gouvernements de l’époque ont commencé à prendre des mesures qui limitaient les droits et les privilèges des collectivités des personnes racisées au Canada.

Règlement sur le voyage continu

En 1908, la Loi sur l’immigration a été modifiée pour ajouter le « Règlement sur le voyage continu » du gouvernement du Canada, qui interdisait l’immigration de toute personne qui n’arrivait pas au Canada après un voyage sans interruption de son pays natal ou son pays de citoyenneté.

Cette mesure a constitué un obstacle de taille aux immigrants d’ascendance d’Asie du Sud, puisque la plupart des voyages comprenaient des arrêts. Ce règlement empêchait ceux qui étaient également des sujets britanniques d’entrer au Canada en tant qu’immigrants.

L’incident du Komagata Maru a mené au changement de cette loi.

Komagata Maru

Le 4 avril 1914, le bateau Komagata Maru a quitté Hong Kong. Après des escales à Shanghai et dans les ports japonais de Moji et de Yokohama, il est entré dans le port de Vancouver, en Colombie-Britannique, en mai 1914. Les passagers à bord, principalement des personnes d’ascendance sikhs du Pendjab, en Inde, ainsi que tous les sujets britanniques, contestaient la disposition sur le passage sans escale que le Canada avait appliquée à la Loi sur l’immigration en partie pour restreindre l’immigration en provenance de pays non européens.

La loi précisait que : « les immigrants peuvent être empêchés de débarquer ou de venir au Canada à moins qu’ils n’arrivent de leur pays natal ou de leur pays de citoyenneté, à la suite d’un voyage ininterrompu et à l’aide de billets achetés avant de quitter leur pays de naissance ou leur pays de citoyenneté ». Étant donné que la majorité des passagers ne répondaient pas à ce critère, le Komagata Maru n’a pas été autorisé à amarrer. Seuls vingt résidents de retour au pays et le médecin du navire ainsi que les membres de sa famille ont obtenu la permission d’entrer au Canada. Après être restés dans le port pendant deux mois dans des conditions difficiles, le navire de même que la plupart de ses passagers furent obligés de retourner en Inde, où un affrontement avec des militaires britanniques se solda par le décès de 19 passagers.

Réforme de l’immigration

Bien que la réglementation des voyages ininterrompus soit demeurée en vigueur jusqu’en 1947, les restrictions raciales et nationales ont été retirées de la réglementation canadienne en matière d’immigration au cours des années 1950 et 1960. Au cours de cette période, la taille et la diversité des communautés d’ascendance sud-asiatiques du Canada se sont élargies, et les immigrants venus de l’Inde et du Pakistan ont profité du fait que la société canadienne était de plus en plus industrialisée et urbanisée.

Excuses à la Chambre des communes

Le 28 mai 2016, le gouvernement du Canada a présenté des excuses officielles à la Chambre des communes pour l’incident du Komagata Maru aux victimes et à leur famille.

Canadiens d’ascendance sud-est asiatique

Canadiens d’ascendance philippine

Les Philippins ont commencé à immigrer au Canada en 1931, mais ce n’est qu’au cours des années 1990 que l’immigration s’est accrue à mesure qu’un plus grand nombre de personnes d’ascendance philippine remédiaient aux carences du marché du travail canadien, surtout en tant qu’épine dorsale des rôles de fournisseurs de soins comme les infirmières et les associés de services aux patients, où la communauté d’ascendance philippine au Canada représentait 30 % de ces rôles, selon le Recensement de 2016. Au cours des dernières décennies, les Canadiens d’ascendance philippine se sont établis à titre de membres à part entière de centres urbains comme Toronto, Vancouver, Winnipeg, Montréal, Calgary et Edmonton.

Aujourd’hui, il existe une variété d’associations philippines d’un bout à l’autre du Canada qui favorisent les festivals communautaires et les célébrations civiques, et qui y participent. Les Canadiens d’ascendance philippine ont également mis sur pied des journaux, des magazines, ainsi que des stations de télévision et de radio.

Établissement de réfugiés de l’Asie du Sud-Est au Canada

À la fin des années 1970 et dans les années 1980, le Canada a participé à la réinstallation d’Asiatiques du Sud-Est en provenance de pays comme le Vietnam, le Cambodge et le Laos.

Après la fin de la guerre du Vietnam, les troubles dans la région ont conduit plusieurs à émigrer depuis leurs pays d’origine. En 1975, les personnes qui fuyaient un certain nombre de pays d’Asie du Sud-Est étaient souvent qualifiées de « réfugiés de la mer » parce que les Vietnamiens utilisaient des bateaux pour fuir leur pays. Le terme « réfugiés de la mer » est inexact et réducteur, car ceux qui ont quitté le Cambodge et le Laos l’ont fait par voie terrestre.

Pendant ce temps, le gouvernement du Canada réformait ses politiques sur l’immigration et les réfugiés. En 1969, le Canada a signé la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés qui obligeait le pays à participer à la protection internationale des réfugiés. En outre, la nouvelle Loi sur l’immigration, entrée en vigueur en 1978, a facilité l’immigration des réfugiés au Canada. Finalement, le Canada a accepté environ 200 000 réfugiés d’ascendance vietnamiennes, cambodgiennes et laotiennes – le taux le plus élevé par habitant par rapport aux autres nations.

Incident de Hai Hong

En octobre 1978, le Hai Hong quittait le Vietnam avec 2 500 réfugiés à bord lorsqu’il a été dévié et frappé par un typhon. Étant donné que le navire était trop endommagé pour continuer à naviguer et que les passagers manquaient rapidement de vivres, les gouvernements du Canada et du Québec furent les premiers à offrir des refuges à des centaines de passagers du Hai Hong. D’autres pays emboîtèrent le pas rapidement.

Journée du parcours vers la liberté

Le 13 novembre 1986, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a décerné la Médaille Nansen au Canada. En 2015, le Parlement a adopté la Loi sur la Journée du Parcours vers la liberté, qui faisait du 30 avril une journée nationale de commémoration de l’exode des réfugiés d’ascendance vietnamiennes et de leur acceptation au Canada.

Canadiens d’ascendance de l’Asie occidentale

Il est généralement admis que le premier immigrant d’ascendance arabe au Canada était un Libanais du nom d’Ibrahim Abou Nader, venu en 1882 de la ville de Zahlé, alors située dans le moutassarifat du Mont-Liban, un territoire autonome de l’Empire ottoman. Il s’installa à Montréal.

Canadiens d’ascendance syrienne

La première vague d’immigrants d’ascendance syriennes au Canada a commencé à la fin des années 1800. En 1911, environ 2 000 immigrants d’ascendance syriennes s’étaient installés au Canada. Durant cette période, de nombreux immigrants d’ascendance syriennes étaient des chrétiens provenant de ce qui constitue aujourd’hui le Liban. Les premiers immigrants chrétiens ont quitté la Syrie par crainte d’une résurgence du conflit entre chrétiens et druzes, pour éviter la conscription militaire et améliorer leur situation économique. Des restrictions sévères à l’admission des immigrants d’ascendance asiatique après la Première Guerre mondiale ont entraîné une diminution importante des chiffres de l’immigration syrienne au cours des 40 années suivantes. Néanmoins, dans les années 1960 et par la suite, l’immigration syrienne au Canada a commencé à augmenter considérablement au fil du temps. Plusieurs des premiers immigrants syriens arrivant au Canada se sont joints à la population active par l’entremise du secteur des services informels et ont plus tard entamé leur carrière entrepreneuriale. Cependant, les immigrants d’après-guerre sont arrivés avec des diplômes et des qualifications professionnels supérieurs pour suivre une carrière professionnelle et d’autres carrières de col blanc.

En raison de troubles civils et de conflits violents en Syrie, le gouvernement du Canada s’est engagé avec l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et des commanditaires privés à lancer l’Opération visant les réfugiés syriens. Du 4 novembre 2015 à février 2016, dans le cadre de l’initiative #Bienvenueauxréfugiés, le Canada a réinstallé 26 166 réfugiés d’ascendance syriennes dans différentes communautés partout dans le pays. Au 31 octobre 2020, 44 620 réfugiés d’ascendance syriennes se sont réinstallés au Canada.

Dans le Recensement de 2016, Statistique Canada a signalé la présence de 77 050 Canadiens d’ascendance syrienne. La majorité des Canadiens d’ascendance syriennes vivent à Montréal et Gatineau (Québec), suivi de Toronto, Ottawa et London (Ontario). Diverses organisations ont également été créées pour soutenir la communauté d’ascendance syrienne, comme des écoles de langues, des associations auxiliaires pour femmes et des organisations communautaires.

Canadiens d’ascendance israélienne

L’État d’Israël a été créé en 1948, ce qui a marqué le début de relations solides entre le Canada et ce pays nouvellement constitué, et des liens solides entre les communautés d’ascendance juives du Canada et d’Israël.

Ultérieurement, des organisations comme le Comité Canada-Israël ont été créées pour renforcer les relations entre les personnes d’ascendance juives du Canada et d’Israël, ce qui comprend les liens avec les hôpitaux, les projets de développement social et les universités. Selon le Recensement de 2016, 28 735 Canadiens disent être d’ascendance entièrement ou partiellement israélienne. Le Canada compte ainsi l’un des plus grands groupes de la diaspora israélienne au monde. La relation bilatérale est renforcée encore davantage par le protocole d’entente sur le partenariat stratégique Canada-Israël, un accord qui facilite une coopération dans des domaines tels que l’énergie, la sécurité, l’aide internationale et le développement, l’innovation, ainsi que la promotion des droits de la personne.

Le 7 novembre 2018, le premier ministre Justin Trudeau a présenté à la Chambre des communes des excuses officielles pour le refus du Canada, en 1939, d’accepter des réfugiés du MS Saint-Louis, un bateau rempli de plus de 900 passagers juifs allemands. Le Saint-Louis a été forcé de rentrer en Allemagne et 254 de ses passagers ont été assassinés dans l’Holocauste.

Depuis 2009, le Canada est membre de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (AIMH), un organisme intergouvernemental dont le but est de compter sur l’appui des dirigeants politiques et sociaux en ce qui a trait à la nécessité d’éduquer et d’effectuer des recherches par rapport à l’Holocauste et de le commémorer.

Canadiens d’ascendance libanaise

Le Canada accueille les immigrants d’ascendance libanaise depuis les années 1880 et plus de 200 000 Canadiens revendiquent aujourd’hui l’ascendance libanaise. En 2001, les Canadiens d’ascendance libanaise étaient le 6e groupe ethnique non européen le plus important du pays et vivaient principalement en Ontario et au Québec. Il existe aussi des communautés plus petites, mais importantes, dans le Canada atlantique, notamment en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. Les Canadiens d’ascendance libanaise sont une communauté multiconfessionnelle qui comprend plusieurs confessions chrétiennes, des musulmans chiites et sunnites, ainsi que des druzes.

Le 18 août 2020, l’honorable François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères, a rencontré des membres de la communauté libano-canadienne à Montréal pour présenter ses condoléances et son soutien à la communauté qui a vu des membres de sa famille touchés par une explosion dévastatrice dans le port de Beyrouth le 4 août 2020.

Aujourd’hui, la communauté d’ascendance libanaise du Canada est dynamique et contribue à tous les secteurs de la société.

Canadiens d’ascendance iranienne

L’histoire des établissements d’immigrants d’ascendance iraniennes au Canada est relativement nouvelle, avec seulement un petit nombre de personnes d’ascendance iraniennes vivant au Canada au cours des années 1950 et 1960. Les chiffres sur l’immigration ont augmenté de façon importante après la révolution iranienne de 1979, qui a renversé la monarchie du pays et porté le gouvernement islamique au pouvoir. La majorité des immigrants arrivant au Canada de l’Iran le faisaient pour échapper à la persécution politique, culturelle ou religieuse. Au 21e siècle, l’Iran a été l’un des principaux berceaux d’immigrants récents au Canada, derrière seulement les Philippines, l’Inde et la Chine. Le Recensement de 2016 a dénombré 170 755 Canadiens d’ascendance iranienne. La grande majorité des Canadiens d’ascendance iraniennes vivent dans de grands centres urbains en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique.

Les Canadiens d’ascendance iraniennes forment un mélange de différentes sous-communautés dans la langue commune persane. Les activités culturelles populaires comprennent les concerts, les pièces de théâtre, les projections de films, les sports, les expositions artistiques et les activités d’organismes bénévoles. Plusieurs hebdomadaires en persan sont disponibles, dont Shahrvand, le plus grand hebdomadaire en farsi d’Amérique du Nord. Dans les grandes villes canadiennes, il existe de nombreux organismes de soutien pour la communauté d’ascendance iranienne, notamment pour les nouveaux immigrants, les organisations communautaires d’ascendance iraniennes et les écoles de langues.

Canadiens d’ascendance de l’Asie centrale

Les Canadiens d’ascendance d’asie centrale occidentale comprennent diverses communautés des pays suivants : Iran, Afghanistan, Kazakhstan, République kirghize, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan.

Canadiens d’ascendance afghane

La population d’ascendance afghane au Canada était de petite taille jusqu’en 1978, mais elle a considérablement augmenté à la suite du coup d’État de 1978 mené par le Parti démocratique populaire afghan et de l’invasion soviétique qui a suivi en 1979. Entre 1981 et 1995, environ 10 000 personnes d’ascendance afghanes sont arrivés au Canada en tant que réfugiés ou demandeurs d’asile, et 11 000 autres sont arrivés entre 1996 et 2001. Entre 2001 et 2016, le Canada a accueilli environ 37 000 personnes d’ascendance afghanes au Canada. Le Recensement de 2016 a révélé qu’environ 84 000 personnes d’ascendance afghans vivaient au Canada, principalement dans des centres urbains comme Toronto, Montréal et Vancouver.

La population d’ascendance afghane au Canada est issue de diverses origines ethniques, religieuses et politiques qui a été intégrée à la vie communautaire canadienne grâce aux arts, à la culture et à la cuisine.

Le Canada compte plusieurs chanteurs d’ascendance afghane de premier plan qui étaient bien établis en Afghanistan avant de migrer au Canada. Par ailleurs, une nouvelle génération de musiciens et de chanteurs canadiens d’ascendance afghane, comme Qais Ulfat, Muzhda Jamalzada (Mozdah Jamalzadah) et bien d’autres, nés ou ayant grandi au Canada, poursuivent leur tradition artistique afghane, et ils sont devenus célèbres en Afghanistan.

En plus de contribuer à la diversité culturelle du Canada, les Canadiens d’ascendance afghane contribuent activement à la vie politique du pays. En 2015, l’honorable Maryam Monsef est devenue la première Canadienne d’ascendance afghane à être élue députée et la première musulmane à être ministre au cabinet fédéral.

Symbole du gouvernement du Canada
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