Rapport 3 — La gestion intégrée des océans

Pêches et Océans Canada n’a pas su diriger une approche intégrée de préservation des ressources marines

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Métadonnées du rapport

Date de dépôt :
Entités vérifiées :
Pêches et Océans Canada
Sujets :
Environnement
Ressources naturelles
Administration publique
Report type
Rapports du commissaire à l’environnement et au développement durable

Survol

Les océans Pacifique, Arctique et Atlantique abritent une grande diversité d’habitats, de plantes et d’animaux aquatiques. Ils contribuent également à l’économie canadienne à hauteur de plus de 50 milliards de dollars par année, grâce à des industries comme la pêche, le transport maritime et le tourisme. Il s’agit donc d’espaces très achalandés où des intérêts concurrents rivalisent pour y avoir accès et en exploiter les ressources. En vertu de la Loi sur les océans, entrée en vigueur en 1997, Pêches et Océans Canada est chargé de diriger et de faciliter l’élaboration de plans intégrés pour concilier ces intérêts concurrents et trouver un équilibre entre la conservation de l’environnement et l’utilisation durable des ressources marines.

Près de trois décennies plus tard, Pêches et Océans Canada a réalisé peu de progrès pour ce qui est de la mise en œuvre des plans de gestion intégrée des océans. Bien que le Ministère ait collaboré avec des partenaires dans cinq zones prioritaires pour élaborer des plans intégrés, ces derniers étaient trop généraux et abstraits et n’ont donné lieu à aucune mesure concrète. Le Canada n’a donc toujours pas l’approche pancanadienne coordonnée de protection et de gestion des océans qui a été envisagée il y a des décennies.

De 2018 à 2024, Pêches et Océans Canada a reçu 70 millions de dollars pour diriger la planification spatiale marine dans quatre zones. La planification spatiale marine est un processus collaboratif relativement nouveau visant à coordonner les activités humaines dans le temps et dans l’espace. Elle tire parti des plans de gestion intégrée des océans existants pour atteindre des objectifs écologiques, économiques, culturels et sociaux. Cependant, le Ministère a réalisé peu de progrès dans l’élaboration de ces plans.

Compte tenu de l’état actuel de la gestion intégrée des océans au Canada, il est peu probable que le gouvernement respectera l’engagement récent qu’il a pris en vertu du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal des Nations Unies, soit de faire en sorte que toutes les zones marines du pays soient gérées de manière intégrée et efficace d’ici 2030.

Pourquoi avons-nous effectué cet audit?

  • La gestion intégrée des océans est nécessaire pour coordonner les activités de multiples partenaires en vue de préserver la santé et la résilience à long terme des écosystèmes marins, tout en favorisant une économie océanique durable et en gérant les activités humaines de manière à minimiser les conflits entre les utilisateurs.
  • Les avantages de la gestion intégrée ne se matérialisent pleinement que lorsque les plans donnent lieu à des mesures concrètes, et ils ne peuvent être obtenus sans une mise en œuvre efficace.
  • Des plans spatiaux marins efficaces sont nécessaires pour atteindre les objectifs de conservation des habitats marins tout en favorisant une croissance durable dans les océans.

Aperçu de nos recommandations

  • Afin d’accroître l’utilité des plans élaborés pour faire progresser la gestion intégrée des océans et de s’acquitter efficacement de ses responsabilités aux termes de la Loi sur les océans, Pêches et Océans Canada devrait :
    • établir des mesures concrètes prioritaires, en collaboration avec les partenaires concernés;
    • définir clairement les responsabilités à l’égard des résultats, notamment en décrivant ce qui doit être fourni, par qui et quand;
    • rendre ces renseignements accessibles au public.
  • Afin de démontrer la valeur des activités pour les Canadiennes et les Canadiens, Pêches et Océans Canada devrait surveiller et communiquer de façon périodique les progrès accomplis.

Les constatations et les données clés

  • En 2021, 15 % de la population canadienne vivait à moins de 10 kilomètres du littoral, qui est le plus long du monde.
  • Pêches et Océans Canada n’est pas habilité à réglementer toutes les utilisations qui sont faites des océans. Il doit élaborer des plans en collaboration avec tous les ordres de gouvernement (fédéral, provincial, territorial, municipal, autochtone) afin de coordonner les efforts, de gérer les activités marines selon leurs champs de compétence et de réaliser ainsi des objectifs communs.
  • Nous avons constaté que trois des quatre plans spatiaux marins de première génération élaborés depuis 2018 comportaient d’importantes lacunes et ne respectaient pas les 36 normes minimales établies par Pêches et Océans Canada pour ces plans.
Logo des objectifs de développement durable des Nations Unies

Pêches et Océans Canada a désigné l’élaboration de ces plans comme contribuant à l’atteinte de l’objectif 14 de la Stratégie fédérale de développement durable 2022‑2026, « Conserver et protéger les océans du Canada », et à l’objectif 14 de développement durable des Nations Unies, « Vie aquatique ». Les plans spatiaux marins ont aussi été désignés par le Ministère comme jouant un rôle central dans l’atteinte de la cible 1 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.

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2026-02-02