Rapport 3 — L’utilisation actuelle et future des bureaux fédéraux

Services publics et Approvisionnement Canada tarde à réduire les espaces de bureau et soutenir la création de logements abordables

Bannière

Métadonnées du rapport

Date de dépôt :
Entités vérifiées :
Services publics et Approvisionnement Canada
Logement, Infrastructures et Collectivités du Canada
Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada
Sujets :
Logement
Propriété immobilière
Report type
Rapports de la vérificatrice générale

Survol

À la suite de son estimation de 2017 selon laquelle la moitié des locaux à bureaux du gouvernement n’étaient pas utilisés à leur pleine capacité, Services publics et Approvisionnement Canada a commencé à planifier, en 2019‑2020, l’aliénation des biens immobiliers qu’il considérait comme pouvant mieux servir à d’autres fins. Certains de ces biens excédentaires désignés comme étant convenables pour le logement pourraient être cédés à l’Initiative des terrains fédéraux. Ce programme géré par la Société canadienne d’hypothèques et de logement a pour but d’utiliser les biens excédentaires du gouvernement fédéral pour bâtir des logements abordables, accessibles, écoénergétiques et socialement inclusifs.

Les efforts de Services publics et Approvisionnement Canada pour ramener les locaux à bureaux fédéraux à la taille idéale et en réduire les coûts passent par l’élaboration d’un plan flexible pour atténuer les risques en constante évolution. Nous avons constaté que, en bonne partie à cause du manque de financement depuis 2019 pour mettre en œuvre les plans de réduction initiaux, Services publics et Approvisionnement Canada n’avait pu obtenir qu’une très faible réduction des locaux à bureaux. Le Ministère a actualisé le plan en maintenant l’engagement de réduire de moitié les locaux à bureaux, et le budget de 2024 lui a accordé 1,1 milliard de dollars sur 10 ans à cette fin. Toutefois, Services publics et Approvisionnement Canada prévoit maintenant que la réduction des locaux à bureaux ne sera que de 33 %. Le budget de 2024 a aussi chargé Services publics et Approvisionnement Canada de prioriser l’aliénation de biens immobiliers qui peuvent être convertis en logements. Nous avons constaté que cette priorisation pouvait retarder l’aliénation des biens immobiliers qui conviennent moins au logement, et risquait d’entraîner une augmentation des frais d’entretien et d’exploitation.

Nous avons constaté que, entre 2021 et 2024, le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada a bien avancé la mise en œuvre des améliorations de la gestion immobilière gouvernementale. Toutefois, sa capacité d’offrir une orientation et un soutien aux ministères et aux organismes a fortement diminué depuis la dissolution en 2024 du Centre d’expertise en matière de biens immobiliers, qui avait été créé en 2021 pour aider le gouvernement à gérer son portefeuille de biens immobiliers.

Nous avons aussi constaté que la Société canadienne d’hypothèques et de logement, appuyée par Logement, Infrastructures et Collectivités Canada, était en voie d’atteindre la cible initiale de l’Initiative des terrains fédéraux qui consiste à obtenir des engagements d’ici 2027‑2028 pour construire 4 000 nouveaux logements. Toutefois, la Société produisait des rapports peu clairs sur le nombre de logements construits. De plus, l’Initiative n’avait pas maximisé l’accès aux logements abordables pour les personnes qui en ont le plus besoin.

Pourquoi avons-nous effectué cet audit?

  • Les locaux à bureaux vacants ou sous‑utilisés entraînent des coûts superflus pour le gouvernement.
  • Une bonne gestion du portefeuille des locaux à bureaux permet non seulement d’optimiser les ressources pour les contribuables du Canada, mais aussi de maximiser les avantages du modèle de travail hybride.
  • Si elle est bien gérée, l’aliénation des biens immobiliers et des terrains fédéraux désignés comme excédentaires et pouvant être cédés peut entraîner des économies, tout en contribuant à l’augmentation de l’offre de logements, surtout de logements durables, accessibles et abordables pour les familles à faible revenu.

Aperçu de nos recommandations

  • Afin d’accroître la transparence et l’efficience, Services publics et Approvisionnement Canada devrait recueillir et présenter annuellement dans ses rapports publics d’autres informations sur la gestion des locaux à bureaux, y compris sur les progrès réalisés par rapport à la cible de réduction de 50 % et sur l’utilisation des locaux à bureaux et la densité d’occupation.
  • En collaboration avec les organismes centraux et d’autres ministères pertinents, Services publics et Approvisionnement Canada devrait examiner avec les locataires fédéraux la façon de réduire les locaux à bureaux qu’ils occupent.
  • Services publics et Approvisionnement Canada devrait s’assurer que son plan de réduction tient compte de la hausse des frais d’entretien et d’exploitation des immeubles à bureaux qui n’ont pas été priorisés pour aliénation parce qu’ils ne convenaient pas au logement.

Les constatations et les données clés

  • Services publics et Approvisionnement Canada gère un portefeuille de locaux à bureaux d’environ 5,9 millions de mètres carrés.
  • Les frais d’entretien et d’exploitation ainsi que les paiements en remplacement d’impôts pour le portefeuille de locaux à bureaux s’élevaient à environ 2,14 milliards de dollars en 2023‑2024.
  • Services publics et Approvisionnement Canada a estimé, avant la pandémie, que 50 % des locaux à bureaux étaient sous‑utilisés.
  • Le Ministère estime que la réduction des locaux à bureaux fédéraux entraînera des économies d’environ 3,9 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années, et de 0,9 milliard de dollars par année par la suite.
  • Depuis 2019, le Ministère a très peu réduit ses locaux à bureaux : la superficie est passée de 6,0 millions de mètres carrés louables en 2019‑2020 à 5,9 millions de mètres carrés louables en 2023‑2024.
  • L’Initiative des terrains fédéraux, qui vise à utiliser les biens fédéraux excédentaires pour construire des logements abordables, accessibles, écoénergétiques et socialement inclusifs, est en voie d’atteindre sa cible en termes d’efficacité énergétique, d’accessibilité et du nombre de logements abordables devant être construits.
  • Le critère d’abordabilité utilisé par l’Initiative des terrains fédéraux n’est pas fondé sur le revenu du ménage; par conséquent, les locataires dans les fourchettes de revenu les plus faibles dont les besoins en matière de logement abordable sont les plus grands profitent moins de l’Initiative.

 

 

Logo des objectifs de développement durable des Nations Unies

Le Canada a besoin d’un nombre accru de logements durables, accessibles et abordables pour répondre aux besoins en matière de logement des membres les plus vulnérables de sa population. Les logements durables, accessibles et abordables favorisent l’inclusion sociale et économique des personnes et des familles, réduisent le nombre de ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement, et contribuent à prévenir et à réduire l’itinérance chronique. S’il est bien géré, le réaménagement de terrains et d’immeubles fédéraux excédentaires peut contribuer à accroître l’offre de logements durables, accessibles et abordables. Les questions examinées dans cette section du rapport portent sur l’objectif de développement durable 11 (Villes et communautés durables) des Nations Unies.

 

 

Exhibit Highlights

Comparution au Parlement

Détails de la page

2026-02-02