Ottawa, le 21 octobre 2025 — Un rapport de la vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan, déposé aujourd’hui à la Chambre des communes, conclut que les Forces armées canadiennes n’avaient pas recruté et formé les membres dont elles avaient besoin pour répondre à leurs exigences opérationnelles.
L’audit a permis de constater que les Forces armées canadiennes avaient prévu de recruter un peu plus de 19 700 nouveaux membres entre 2022 et 2025, mais n’en ont recruté qu’environ 15 000. Seule 1 personne sur 13 ayant présenté une candidature était en voie de commencer son instruction de base : des dizaines de milliers de candidates et candidats ne se sont donc pas rendus jusqu’au bout du processus de recrutement. Les Forces armées canadiennes ne savaient pas toujours pourquoi ces personnes avaient abandonné le processus. Or sans cette information, il est difficile de déterminer ce qu’il faut faire autrement pour augmenter le nombre de candidates et de candidats qui se rendent jusqu’au bout du processus de recrutement et commencent leur instruction de base.
L’audit a également permis de constater que si les Forces armées canadiennes avaient réussi à recruter plus d’Autochtones et de membres de minorités visibles que prévu, la représentation des femmes demeurait bien inférieure à l’objectif. Les Forces armées canadiennes s’étaient également engagées à recruter plus de personnes ayant la résidence permanente. Le taux de recrutement de ces personnes avait augmenté, mais seulement 2 % des résidentes permanentes et résidents permanents ayant présenté une candidature avaient été recrutés, contre environ 10 % pour les citoyennes canadiennes et citoyens canadiens.
Les Forces armées canadiennes ne disposaient pas de toute la capacité requise en matière d’instruction de base pour répondre à la demande dans le cas où les objectifs de recrutement auraient été atteints. Le recrutement ayant dépassé la capacité d’instruction en 2024‑2025, les Forces ont accru leur capacité d’instruction en augmentant le nombre de cohortes et en embauchant des instructrices et instructeurs temporaires. Elles ont cependant reconnu qu’il ne s’agissait pas là d’un moyen durable de former les recrues.
L’audit a permis de constater que les systèmes informatiques utilisés pour le recrutement et l’instruction n’étaient pas intégrés, ce qui nécessitait l’entrée manuelle de données et contribuait à des inefficiences. Des efforts ont été faits pour moderniser des processus, dont la simplification du processus de filtrage de sécurité et le développement en 2018 d’un nouveau système de gestion de la formation, mais ce système de gestion n’avait pas été lancé de manière officielle, ce qui prolongeait les goulots d’étranglement opérationnels.
« Les Forces armées canadiennes ont continué à avoir du mal à recruter et à former assez de personnes hautement qualifiées pour maintenir les effectifs dont elles avaient besoin dans de nombreux groupes professionnels, comme les pilotes et les techniciennes et techniciens de munitions, a déclaré Mme Hogan. Cela pourrait nuire à la capacité de l’armée, de la marine et de l’aviation à répondre aux menaces, aux situations d’urgence ou aux conflits et à accomplir leurs missions. »
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Le rapport de la vérificatrice générale du Canada de 2025 intitulé « Le recrutement pour les forces militaires canadiennes » peut être consulté sur le site Web du Bureau du vérificateur général du Canada.
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