Assurer la capacité future du Canada en matière d’avions de chasse
Le 7 octobre 2025
Karen Hogan, Fellow comptable professionnelle agrééeFCPA
Vérificatrice générale du Canada
Monsieur le Président, je vous remercie de nous donner l’occasion de discuter de notre rapport intitulé « Assurer la capacité future du Canada en matière d’avions de chasse », qui a été déposé à la Chambre des communes le 10 juin. Je tiens à reconnaître que cette audience se déroule sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinaabe. Je suis accompagnée aujourd’hui de Nicholas Swales, le directeur principal qui était responsable de l’audit.
En décembre 2022, le gouvernement fédéral a conclu un accord portant sur l’acquisition de 88 avions de chasse CF‑35A et de l’équipement, de l’armement et des services connexes auprès des États‑Unis afin de remplacer la flotte vieillissante de CF‑18 du Canada. Le Projet de capacité future en matière d’avions de chasse vise principalement à maintenir une solide capacité moderne en matière d’avions de chasse pour défendre notre pays et respecter les engagements internationaux en matière de défense du Canada. Cette initiative n’en est qu’à ses débuts. D’après le plan actuel, les premiers CF‑35 seront envoyés à la base aérienne Luke en Arizona en 2026 pour soutenir la formation des pilotes, tandis que les premiers appareils arriveront au Canada en 2028.
Dans le cadre de cet audit, nous voulions déterminer si la Défense nationale avait réalisé des progrès quant à ses plans de mise en service des appareils CF‑35 de sorte à réaliser le projet de capacité en matière d’avions de chasse conformément aux délais et aux budgets prévus.
Nous avons constaté que les coûts estimatifs du Projet de capacité future en matière d’avions de chasse avaient beaucoup augmenté et que le projet était exposé à plusieurs risques susceptibles de compromettre la mise en service en temps voulu de la nouvelle flotte.
La Défense nationale avait initialement estimé que le projet coûterait 19 milliards de dollars. L’audit a révélé que ce chiffre était fondé sur des renseignements obsolètes et qu’en 2024 les coûts prévus avaient augmenté à 27,7 milliards de dollars, soit près de 50 % de plus que l’estimation initiale. Une partie de la hausse des coûts était attribuable à des facteurs indépendants de la volonté du Ministère, comme l’inflation et des variations du cours des devises étrangères. Nous avons constaté que la construction de deux installations pour escadrons de chasse pour accueillir les appareils CF‑35 accusait un retard de plus de trois ans. Par conséquent, un plan provisoire était nécessaire, ce qui fera encore augmenter les dépenses en infrastructure.
Nous avons aussi constaté que le coût estimatif du projet n’incluait pas certains éléments essentiels nécessaires à la pleine capacité opérationnelle, tels que la mise à niveau des infrastructures et l’armement perfectionné. Ces éléments ajouteraient au moins 5,5 milliards de dollars au coût total.
De plus, la Défense nationale devait encore se pencher sur d’autres risques qui pourraient compromettre la mise en service en temps voulu des appareils CF‑35. Par exemple, lors de notre dernier audit de la force aérienne de combat du Canada, en 2018, nous avions constaté que la pénurie de pilotes qualifiés constituait l’un des plus grands défis à relever pour la Défense nationale. Cela est encore vrai six ans plus tard. Le programme prévu de formation des pilotes ne permettrait pas d’avoir suffisamment de pilotes d’ici 2032‑2033, alors une nouvelle approche était nécessaire.
Enfin, la Défense nationale devait également terminer les plans de transition, comme le calendrier principal intégré et les plans d’entretien des avions.
Le maintien d’une solide capacité en matière d’avions de chasse contribue à la sûreté et à la sécurité de la population canadienne. Il s’agit d’un projet pluriannuel de grande envergure qui nécessite une gestion active des risques ainsi que des examens fréquents en temps opportun des coûts du projet pour que la flotte d’avions CF‑35 puisse être mise en service à temps. Dans le contexte actuel des investissements accrus dans le domaine de la défense, une surveillance efficace et une prise de décisions en temps opportun seront essentielles pour optimiser les ressources et veiller à la préparation opérationnelle.
Monsieur le Président, je termine ainsi ma déclaration d’ouverture. Nous serions heureux de répondre aux questions des membres du Comité. Merci.