Pourquoi l’Antarctique est-il important pour le Canada?

Avion DC-3 dans l'Antarctique

De nombreux programmes de recherche internationaux comptent sur l'expertise canadienne en matière de transport et d'équipement. Voici un avion DC-3 turbo exploité par le Canada et une motoneige de marque Skidoo dans un camp de recherche en Antarctique.

Crédit : NSF-Bill Meurer

Les Canadiens qui regardent attentivement la carte de l'Antarctique y verront des noms d'endroits étrangement familiers. Il y a un lac Beaver, par exemple, un glacier Bombardier et un Nunatak Skidoo. Ces endroits — et plus d'une centaine d'autres — témoignent des liens du Canada avec le continent de glace. C'est parce que, pendant plus d'un siècle, les Canadiens ont contribué à l'exploration et à la recherche en Antarctique. Pourquoi le Canada s'est-il intéressé d'aussi près à cet endroit éloigné à l'autre pôle de la terre?

C'est en partie parce que l'Antarctique et l'Arctique présentent des similitudes. Les deux pôles sont des environnements extrêmes, froids, et l'expertise du Canada en Arctique se transfère facilement en Antarctique.

Pendant plus d'un siècle, les Canadiens ont contribué à l'exploration et à la recherche en Antarctique.

La recherche en Antarctique peut nous permettre de mieux comprendre les enjeux en Arctique. Par exemple, des études sur la technologie du climat froid et les techniques de surveillance environnementale, les polluants organiques persistants, les espèces envahissantes, les effets du réchauffement climatique sur le pergélisol et les glaciers et les effets environnementaux du tourisme de croisière présentent un intérêt pour les deux régions polaires.

De nombreux programmes internationaux de recherche mis en œuvre en Antarctique ont une haute opinion du savoir des scientifiques canadiens sur l'Arctique, ainsi que des services spécialisés que les exploitants d'aéronefs et les fournisseurs d'équipement pour temps froid canadiens leur fournissent depuis des décennies.

Les deux régions polaires comportent également d'importantes différences. Contrairement à l'Arctique, le territoire de l'Antarctique et la mer le long de sa côte, sont en majeure partie ensevelis sous la glace de plusieurs kilomètres d'épaisseur. L'Antarctique est également plus froid et son climat est plus rigoureux qu'en Arctique, les températures en hiver avoisinent les -60 degrés Celsius, et les vents violents sont fréquents.

Alors que la toundra arctique compte une flore et une faune très diversifiées, y compris des mammifères emblématiques comme le caribou et le bœuf musqué, il faut avoir un œil avisé pour voir les petites créatures tenaces qui établissent domicile sur ce terrain gelé et sec qu'est l'Antarctique. Ils demeurent dans des secteurs sans glace, et l'une des plus grosses créatures est le collembole ou puce des neiges. Une douzaine de ces puces pourraient tenir sur l'ongle d'un doigt et elles auraient encore de l'espace.

D'un autre côté, les eaux de l'océan Austral, qui entourent l'Antarctique, sont de celles qui possèdent l'une des plus riches faunes marines dans le monde, beaucoup plus riche que les eaux de l'océan Arctique. Grâce à ses forts courants et à la remontée d'eaux profondes et froides, l'océan Austral regorge de nutriments et abrite une grande abondance de vie, des algues microscopiques au krill, en passant par les poissons, les manchots, les oiseaux de mer, les phoques et de nombreuses espèces de baleines.

Alors que les humains occupent l'Arctique depuis des millénaires, personne n'a jamais vécu de façon permanente en Antarctique. Le savoir traditionnel polynésien indique des visites occasionnelles pour la chasse; et au XIXe siècle, des gens ont commencé à visiter le secteur plus régulièrement pour l'exploration, la pêche et la chasse des baleines à des fins commerciales, et pour la recherche.

La péninsule de l'Antarctique est parmi les régions sur terre qui se réchauffent le plus rapidement, et la glace de cette région qui se retrouve dans l'océan à un rythme accéléré contribue à la hausse générale du niveau de l'eau des océans.

Aujourd'hui, la recherche faite en Antarctique porte principalement sur la façon dont la région influence le climat de la terre et dont les changements à cet endroit touchent le reste de la planète. Les nutriments provenant de l'océan Austral se transportent sur les courants océaniques vers les écosystèmes marins du monde entier, alimentant ainsi toute la vie marine, et donc les pêches. L'océan Austral absorbe la plupart des émissions de dioxyde de carbone produites par l'activité humaine. La péninsule de l'Antarctique est parmi les régions qui se réchauffent le plus rapidement sur terre, et la glace de cette région qui se retrouve dans l'océan à un rythme accéléré contribue à la hausse générale du niveau de l'eau des océans. Il est crucial de connaître comment ces processus fonctionnent et changent avec le temps pour prédire l'avenir du climat mondial et les effets des changements climatiques, et nous en avons encore beaucoup à apprendre.

La plupart des chercheurs canadiens sur l'Antarctique collaborent avec des partenaires internationaux, plus souvent avec des équipes de recherche des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Australie, de l'Allemagne, de la France et d'autres pays.

La recherche est la principale activité qui se déroule en Antarctique et a donné naissance à son système de gouvernance unique, le Traité sur l'Antarctique. Lancé par des scientifiques internationaux et signé en 1959 par douze pays, le Traité a surmonté les tensions de la Guerre froide pour établir l'Antarctique comme un paradis pour la paix et la science, où l'activité militaire et industrielle est interdite.

La recherche est la principale activité qui se déroule en Antarctique – et la recherche a permis la mise en place de son système de gouvernance unique, le Traité sur l'Antarctique. Le Traité, qui a été lancé par des scientifiques internationaux et signé en 1959 par douze pays, malgré les tensions de la Guerre froide, a permis d'établir l'Antarctique comme un paradis pour la paix et la science, où l'activité militaire et industrielle est interdite. Le Système du Traité sur l'Antarctique, tel qu'on le connaît aujourd'hui, comprend des protocoles internationaux qui protègent les environnements en Antarctique, et plus de 50 pays en sont maintenant signataires. Le Canada est membre non consultatif depuis 1988.

Savoir polaire Canada a un mandat ayant trait à l'Antarctique, et guidé par son Comité canadien de recherches antarctiques, il a élaboré un programme canadien de recherche sur l'Antarctique. Le programme canadien de recherche sur l'Antarctique tire profit des solides bases du Canada en matière de contributions dans l'Antarctique. Il permettra aux chercheurs du Canada sur l'Antarctique d'intensifier leur travail, utilisant des partenariats avec les programmes polaires nationaux d'autres pays et recueillant d'autres renseignements qui seront utiles pour l'Arctique. Nos chercheurs travailleront comme ils l'ont toujours fait, dans un esprit de coopération et de collaboration internationales fondé sur des responsabilités partagées visant à protéger l'environnement et l'avenir de la planète.

Quelques-uns des 104 endroits en Antarctique ayant un nom lié au Canada

Cirque Fred – nommé en l'honneur d'Ernest Frederick Roots, géologue en chef de l'expédition antarctique norvégienne-britannique-suédoise de 1949-1952. Le compte-rendu non étayé de Fred d'un périple en traîneau à chiens à travers le continent de 190 jours est toujours d'actualité. Et il a grandement contribué à appuyer les contributions du Canada à la science en Antarctique pendant de nombreuses décennies dans le Traité sur l'Antarctique. Il y a deux autres endroits en Antarctique qui portent son nom.

Glacier Bombardier – nommé en l'honneur de Joseph-Armand Bombardier, l'ingénieur qui a conçu la motoneige.

Lac Beaver – nommé par les expéditions nationales australiennes de recherche en Antarctique qui lui ont donné le nom de leur aéronef canadien De Havilland Beaver. Le Beaver est l'avion de brousse canadien le plus célèbre.

Toomey Strait – nommé en l'honneur de Patrick R.M. Toomey, capitaine d'un brise glaces de la Garde côtière canadienne, spécialiste de la navigation dans les glaces, auteur et conférencier.

Nunatak Skidoo – porte le nom d'une marque de motoneige canadienne. Un nunatak est une montagne ou un piton rocheux s'élevant au-dessus de la glace ou d'un glacier. Ce mot vient de l'inuktitut.

Savoir polaire Canada

Pour toutes demandes concernant les médias, contactez:
343-548-5456
communications@polar.gc.ca

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :