Améliorer la lutte contre les maladies du blé canadien en déterminant les tendances des génotypes de Fusarium
Grains de blé canadien fusariés
Le blé est une céréale importante qui entre dans la fabrication de nombreux produits alimentaires dans le monde, et le Canada produit environ 35 millions de tonnes de blé par année. La fusariose de l’épi, une maladie fongique, peut constituer une menace pour les producteurs de blé et les fabricants de produits finaux en raison de ses répercussions sur le rendement, la qualité et la salubrité des grains. Afin de mieux connaître la maladie et ses répercussions sur les cultures au Canada, nous avons examiné plus de 7 700 échantillons de blé de 2014 à 2020 dans le cadre de notre Programme d’échantillons de récolte pour déceler les espèces de Fusarium au Canada et la présence de mycotoxines comme le désoxynivalénol (DON).
Au Canada, la fusariose de l’épi a été l’agent pathogène le plus nuisible à la production et à la qualité du blé au cours des trois dernières décennies. Notre étude a fourni des données importantes sur l’occurrence et la fréquence du Fusarium au Canada entre 2014 et 2020, particulièrement dans l’Ouest canadien. Cette étude a facilité l’établissement des tendances, qui sont importantes pour aider les producteurs, les sélectionneurs de végétaux et les agronomes à comprendre la maladie et à mettre en œuvre des stratégies de lutte pour l’enrayer.
Les pressions exercées par les maladies et les mycotoxines peuvent changer chaque année en fonction de divers facteurs, comme les conditions météorologiques, les conditions de croissance, les variétés de blé cultivées et les souches d’agent causant la maladie. Nous avons démontré les relations entre les espèces de Fusarium en fonction des facteurs suivants :
- année d’échantillonnage;
- lieu de prélèvement de l’échantillon;
- espèce de blé;
- gravité des cas de grains fusariés;
- accumulation de DON.
Grâce à l’étude, nous avons établi que F. graminearum était l’espèce prédominante de Fusarium, cette espèce étant présente dans 75 à 94 % des grains fusariés chaque année. L’espèce de Fusarium variait selon la province, l’Alberta ayant la plus forte occurrence de différentes espèces et le Manitoba ayant la plus faible occurrence de différentes espèces et la présence la plus élevée de F. graminearum. Nous avons également constaté que, bien que les grains endommagés par F. graminearum présentaient les accumulations de DON les plus grandes, en moyenne, la concentration était gérable.
Citation
Les données de cette étude aideront le secteur agricole canadien à mettre en œuvre des stratégies de lutte pour faciliter l’élimination de cette maladie, ce qui favorisera la salubrité des aliments et la fonctionnalité à l’utilisation finale du blé canadien pour les acheteurs du monde entier.
Article de recherche intégral
Janice Bamforth, Tiffany Chin, Tehreem Ashfaq, Niradha Withana Gamage, Kerri Pleskach, Sheryl A. Tittlemier, Maria Antonia Henriquez, Shimosh Kurera, Sung-Jong Lee, Bhaktiben Patel, Tom Grafenhan et Sean Walkowiak. « A survey of Fusarium species and ADON genotype on Canadian wheat grain », Frontiers in Fungal Biology (2023). https://doi.org/10.3389/ffunb.2022.1062444 (en anglais).