Du papier aux pixels : la collaboration au service de la numérisation des relevés météorologiques historiques du Canada
Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) collabore avec Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) à la numérisation et à la préservation de la collection unique de relevés météorologiques historiques d'ECCC pour les besoins de l'étude de l'histoire climatique du Canada.
Le projet, appelé « Préparation, numérisation et saisie des données d'observation météorologique », consiste à convertir ces documents papier en fichiers électroniques. La numérisation de ces documents permettra à quiconque de les consulter librement sur le Web, ce qui favorisera l'exploration, la découverte et la connaissance de l'information sur le climat à l'échelle locale, nationale et internationale.

Certains documents de la collection remontent jusqu'à 1840. La collection comprend des relevés météorologiques manuscrits, des données climatiques et de l'information connexe concernant de nombreux emplacements au Canada. Dans certains endroits reculés, des bénévoles observent les conditions météorologiques, les notent sur des relevés papier et les envoient depuis des générations. Ces relevés sont d'une valeur inestimable, car ils permettent de comprendre les régimes météorologiques du passé et de préserver l'histoire météorologique du Canada.
Les équipes
Dans le cadre du projet, l'équipe de la Section de la gestion des données et des opérations d'ECCC prépare et envoie les documents papier au Centre de solutions en imagerie de documents (CSID) de SPAC pour qu'ils soient numérisés. Le Centre renvoie ensuite les images numérisées à ECCC, qui en vérifie la qualité. Par la suite, les images vérifiées sont versées dans les Archives climatologiques nationales, et les documents papier, qui ont une valeur historique, sont envoyés à Bibliothèque et Archives Canada (BAC).

Crédit photo : Université Western Ontario
Pour Raphaël Lambert-Angers, gestionnaire de projet au CSID, ce projet se démarque du travail habituel de son équipe, qui porte surtout sur les fichiers à valeur opérationnelle que les employés utilisent au quotidien. « Ce qui rend cette collaboration avec ECCC si particulière est le fait que nous numérisons des documents rédigés par des bénévoles il y a des centaines d'années. C'est comme si on tenait un morceau de l'histoire du Canada entre ses mains. »
Thinesh Sornalingam, gestionnaire de la Section de la gestion des données et des opérations du Service météorologique du Canada, trouve aussi le projet intéressant. « Il y a une dimension physique à ce projet. On peut toucher les documents, et le travail implique une appréciation et un soin supplémentaire en raison de la valeur historique de ces documents. »
Les partenaires
Les partenaires de ce projet de numérisation sont SPAC, ECCC, BAC, l'Université Western Ontario et le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, qui en assure le financement. Une partie de la collection a été conservée sur le campus de l'Université Western Ontario à London (Ontario), à des fins de recherche, avant d'être envoyée au CSID pour être numérisée.
« L'organisation d'un projet d'une telle envergure qui s'étend sur plusieurs années n'est pas chose facile. Chaque partenaire a un rôle important à jouer dans la réussite du projet. Je suis fier de la flexibilité dont ont fait preuve les ministères et de la manière dont nous travaillons tous ensemble à la réalisation de notre objectif commun, celui de numériser ces documents historiques et de préserver une partie du patrimoine du Canada », affirme M. Lambert-Angers. M. Sornalingam abonde dans le même sens : « L'équipe du CSID a été d'une aide fantastique jusqu'à présent. »
Surmonter les difficultés
Le projet a rencontré de nombreuses difficultés, entre autres, des problèmes logistiques (préparation, expédition et manipulation de grandes quantités de documents historiques fragiles) et des problèmes de qualité (déchiffrage de documents anciens difficiles à lire et compréhension de l'évolution des styles d'écriture cursive et des symboles météorologiques complexes utilisés par des générations d'observateurs météorologiques).

L'un des principaux défis à relever demeure la coordination logistique. M. Sornalingam explique : « Il est primordial d'assurer un contrôle adéquat. Nous avons donc appliqué la règle "une entrée, une sortie" à toute la chaîne, compte tenu du nombre de groupes participants ainsi que des centaines de boîtes de documents papier et de disques durs remplis d'images numériques que nous manipulons. »
La qualité pose aussi un problème. Comme les équipes déploient tant d'efforts pour numériser les documents, elles veulent s'assurer que les images sont suffisamment claires pour qu'on puisse les lire et les comprendre. Voilà qui est d'autant plus important parce que les images deviendront éventuellement accessibles au public. M. Sornalingam ajoute : « Heureusement, le CSID s'est montré très réceptif à l'idée d'explorer de nouveaux et meilleurs moyens d'améliorer le contrôle et la qualité des images. »

L'équipe de Raphaël a dû apprendre à manipuler les documents papier fragiles, dont certains ont plus de 200 ans. Elle a dû mettre au point une procédure spéciale pour numériser les documents sans les endommager, puis pouvoir les renvoyer dans le meilleur état possible. « Nous avons reçu une formation de BAC sur la manipulation des documents historiques. Nous avons appris, par exemple, à utiliser des gants pour éviter que les documents ne touchent la peau, sans quoi ils pourraient s'effriter », indique M. Lambert-Angers. De plus, l'apprentissage de la lecture en cursive a été, étonnamment, un défi pour les plus jeunes membres de l'équipe, défi auquel s'est ajouté le fait que l'écriture n'est pas toujours nette dans les documents anciens.
Plus de 1 million de documents numérisés
Depuis 2017, plus de 1,1 million de documents papier de tailles et de formes diverses, dont 35 305 livres, ainsi que des cartes, des microfilms et des microfiches datant du 19e siècle, ont été numérisés. Ils contiennent de l'information sur la température, les précipitations, la pression atmosphérique, l'humidité relative ainsi que la vitesse et la direction du vent.

Planifier l'avenir
ECCC reçoit encore des relevés météorologiques sur papier, en particulier des régions isolées du Canada qui n'ont qu'un accès limité à Internet. Son objectif est de passer à un système sans papier dans les 10 prochaines années. Le projet vise à créer un modèle de libre-service qui permet au public de chercher et de télécharger facilement des images sur le Web. Le public peut actuellement chercher des données météorologiques historiques, mais pour l'instant, les images de relevés météorologiques historiques sont disponibles seulement sur demande.
MM. Lambert-Angers et Sornalingam trouvent valorisant de préserver les documents historiques. « C'est pour moi un privilège de voir en vrai ces documents qui font partie de l'histoire du Canada. Il est aussi « cool » de savoir que le public va pouvoir les examiner virtuellement. »
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