L’établissement des aires protégées marines

Le Canada ne respecte pas ses engagements liés à l’établissement d’aires marines et côtières protégées et de conservation

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Métadonnées du rapport

Date de dépôt :
Entités vérifiées :
Pêches et Océans Canada
Environnement et Changement climatique Canada
Parcs Canada
Report type
Rapports du commissaire à l’environnement et au développement durable

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Dans l’ensemble, nous avons conclu que Pêches et Océans Canada, Parcs Canada et Environnement et Changement climatique Canada n’étaient pas en bonne voie d’établir des aires marines protégées et de conservation couvrant 25 % des écosystèmes marins et côtiers d’ici 2025. Nous avons également conclu que les trois organisations fédérales n’avaient pas élaboré un plan de collaboration à jour en vue de mettre en place un réseau d’aires marines protégées et de conservation d’ici 2030 qui soient représentatives sur le plan écologique et importantes pour la biodiversité ainsi que pour les services et les fonctions des écosystèmes.

Les océans soutiennent une part considérable de la biodiversité de la planète, régulent le climat et génèrent la majeure partie de l’oxygène que nous respirons. Pour aider à préserver ces systèmes essentiels et contribuer à la lutte contre les changements climatiques, le Canada s’est engagé à conserver 25 % des aires marines et côtières du pays d’ici 2025, et 30 % de celles‑ci d’ici 2030. Cependant, en mars 2025, seulement 15,5 % de ses aires marines et côtières étaient protégées et conservées.

Les trois organisations fédérales ont franchi des étapes importantes en vue d’atteindre la cible de 2030, notamment en repérant de nouveaux sites d’intérêt, en entreprenant des évaluations de faisabilité pour les sites et en mobilisant des gouvernements et des organisations autochtones et des parties intéressées. Elles ont aussi conçu de nouvelles approches, en collaboration avec des gouvernements et des organisations autochtones, pour promouvoir la gestion coopérative visant à protéger et à conserver les aires, et elles ont officialisé l’obligation de prendre en compte et d’intégrer les connaissances autochtones lors de l’établissement de nouvelles aires.

Malgré ces progrès importants, les trois organisations fédérales n’avaient pas élaboré de directives claires sur la manière d’appliquer la Norme de protection des aires marines protégées fédérales visant à interdire des activités nuisibles, telles que l’exploitation pétrolière et gazière, l’exploitation minière, le chalutage de fond, le rejet de déchets, le déversement de remblais et les rejets des navires.

Une action urgente est nécessaire à l’échelle mondiale pour faire face aux crises de la biodiversité et du climat. Étant donné le nombre d’années nécessaires pour tenir les consultations appropriées et établir les aires marines et côtières protégées et de conservation, le gouvernement fédéral doit accélérer la cadence s’il souhaite honorer ses engagements d’ici 2030.

Pourquoi avons-nous effectué cet audit?

  • Une intervention urgente est nécessaire à l’échelle mondiale pour faire face aux crises de la biodiversité et du climat. Les océans aident à réguler le climat et soutiennent la majeure partie de la biodiversité de la planète.
  • Le gouvernement fédéral joue un rôle de leadership essentiel dans l’augmentation des aires protégées et de conservation. Il est important de planifier et d’agir rapidement afin d’éviter d’endommager et de détruire davantage les écosystèmes marins et côtiers d’importance particulière pour la biodiversité ainsi que pour les services et les fonctions des écosystèmes.
  • Les efforts de conservation ne concernent pas seulement l’atteinte d’un pourcentage global de la superficie totale protégée et conservée. Ils concernent également le maintien et le rétablissement de la qualité de ces aires ainsi que la reconnaissance et le respect des droits des peuples autochtones.

Aperçu de nos recommandations

  • Pour atteindre la cible de 30 % se rapportant aux aires marines et côtières d’ici 2030, y compris les éléments qualitatifs de la cible, Pêches et Océans Canada, en collaboration avec Parcs Canada et Environnement et Changement climatique Canada, devrait mettre à jour et mettre en œuvre le cadre de collaboration fédéral afin que le réseau canadien d’aires marines protégées et d’autres mesures de conservation efficaces par zone soit bien protégé et conservé.
  • Pêches et Océans Canada, Parcs Canada, et Environnement et Changement climatique Canada devraient élaborer des lignes directrices pour clarifier davantage la façon d’appliquer la Norme de protection des aires marines protégées fédérales aux aires marines protégées du Canada en tenant compte des exigences différentes des trois organisations fédérales.

Les constatations et les données clés

  • Cet audit fait partie d’une série de trois rapports axés sur les aires protégées et de conservation au Canada. Les deux autres rapports d’audit s’intitulent « L’établissement des aires protégées terrestres » et « La gestion fédérale‑autochtone des aires protégées ».
  • Le Canada possède le plus long littoral du monde, et 15 % de la population canadienne vit à moins de 10 kilomètres du littoral.
  • Afin de faire progresser ses objectifs en matière de protection et de conservation en milieu marin, le Canada a lancé en 2021 les objectifs de conservation marine, une initiative horizontale quinquennale de 842,8 millions de dollars visant à mener des activités de conservation, telles que l’établissement d’aires protégées et de conservation.
  • En décembre 2022, le Canada a adopté le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming‑Montréal. Il s’est alors engagé à conserver 30 % des aires marines et côtières d’ici 2030, notamment les aires particulièrement importantes pour la biodiversité et pour les services et fonctions des écosystèmes, tout en respectant les droits des peuples autochtones.
  • Nous avons constaté que Pêches et Océans Canada, Parcs Canada et Environnement et Changement climatique Canada n’avaient pas pleinement exploité la Base de données canadienne sur les aires protégées et de conservation, qui est primordiale à l’échelle nationale et internationale pour la préparation de rapports sur les aires marines et terrestres protégées et de conservation.
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Au cours des dernières décennies, le Canada s’est engagé en faveur de la conservation du milieu marin, et d’importantes cibles internationales ont été fixées depuis 2010. Ces cibles ont été revues à la hausse au fil du temps en raison de l’inquiétude croissante que suscitent à l’échelle internationale la perte continue de biodiversité et la menace qu’elle représente pour la nature et le bien‑être humain. Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming‑Montréal vise à freiner et à inverser la perte de la biodiversité d’ici 2030, en s’appuyant sur l’objectif de développement durable 14 des Nations Unies qui consiste à conserver et à exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable.

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2026-02-02