Discours de la secrétaire parlementaire Goldsmith-Jones à la Conférence Union européenne-Canada sur l'Arctique 2016

Discours

La coopération dans l’Arctique entre l’Union européenne et le Canada : plus nécessaire que jamais

Le 19 octobre 2016 - Ottawa, Ontario

Sous réserve de modifications. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada.

Il s’agit de la troisième fois en autant de semaines que j’ai l’honneur de parler du Nord. Et j’affirme de tout cœur à quel point je me sens privilégiée d’avoir pu souligner le 20e anniversaire du Conseil de l’Arctique, d’avoir représenté le Canada à l’assemblée de l’Arctic Circle à Reykjavik et, maintenant, de me joindre à vous pour la présente conférence.

Ces rencontres m’ont donné l’occasion de parler de l’Arctique et de ce qu’il signifie pour les Canadiens du Nord comme du Sud, mais aussi d’approfondir ma connaissance de l’Arctique et de voir comment ceux qui partagent notre amour et notre appréciation de cette région s’emploient à la protéger.

Le Nord est notre héritage. Nous en sommes les gardiens temporaires, et notre rôle est de veiller sur lui, en hommage à ceux qui ont survécu à son climat rude et qui s’y sont épanouis pendant des milliers d’années, et au nom de ceux qui hériteront de ce patrimoine naturel après nous.

D’une certaine manière, il est à notre avantage qu’un si grand nombre d’entre nous aient mené une réflexion sur l’Arctique, lu sur l’Arctique et même visité l’Arctique. Cela témoigne de notre attachement envers le Nord et nous aide à traiter plus efficacement des questions d’intérêt commun qui touchent le Nord, dont les questions environnementales, comme les changements climatiques et leur incidence sur le Nord; le développement économique responsable et le potentiel extraordinaire qu’il offre aux collectivités du Nord; les défis sociaux, comme la santé physique et mentale, les possibilités offertes aux enfants et la préservation des langues et des cultures nordiques.

Si j’ai retenu quelque chose de mon immersion dans les questions nordiques au cours des trois dernières semaines, c’est que le sujet est inépuisable. Je pourrais probablement orienter ici mon discours dans une centaine de directions sans m’écarter du sujet. Comme le territoire lui-même, les discussions que l’Arctique suscite sont vastes et, comme bon nombre d’entre vous le savent, les débats qu’il soulève peuvent sembler infinis!

En gardant cela à l’esprit, je vais donc m’en tenir à trois sujets :

  • l’Arctique dans le contexte des relations entre le Canada et l’Union européenne;
  • le développement économique et social;
  • la coopération scientifique.

Les relations Canada-Union européenne en lien avec l’Arctique

Le Canada et l’Union européenne ont une longue expérience d’engagement bilatéral et multilatéral. Nous avons travaillé ensemble sur une vaste gamme de questions, dont l’Arctique. Nous soulignons cette année un jalon important dans nos relations, soit le 40e anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques et d’une coopération constructive.

Un bel exemple d’actualité pour illustrer nos liens étroits est l’Accord de partenariat stratégique Canada-UE, dont la signature est prévue pendant le Sommet des dirigeants du Canada et de l’UE la semaine prochaine.

L’Accord donne une orientation stratégique pour renforcer davantage les relations et les collaborations futures entre le Canada et l’UE dans de nombreux domaines d’intérêt mutuel, dont  le renforcement de la coopération sur les questions circumpolaires et d’autres sujets comme les changements climatiques, la politique internationale relative aux océans et aux affaires maritimes ainsi que la pêche, qui ont tous un certain lien avec l’Arctique.

Le Canada, l’Union européenne et ses États membres, et la région de l’Arctique elle-même, ne peuvent que bénéficier de notre coopération plus étroite.

D’une manière plus générale, le Canada et l’UE examinent les questions mondiales dans une optique de valeurs communes. Ici, comme ailleurs dans le monde, il existe pour nous d’immenses possibilités de collaboration, de recherche et d’atteinte de consensus entre pairs, et de soutien et contribution au travail que nous accomplissons à titre individuel.

Le Canada a salué, en avril 2016, la présentation conjointe au Parlement européen et au Conseil européen du document « Une politique de l’Union intégrée pour l’Arctique ». Nous nous réjouissons de l’accent qu’on y met sur la collaboration à l’échelle internationale afin de répondre aux répercussions des changements climatiques et de favoriser le développement durable.

Le gouvernement du Canada souscrit à ces objectifs, à l’instar de notre partenaire réciproque, les États-Unis. Le même esprit de coopération orientée vers l’atteinte de cibles prioritaires communes anime la Déclaration conjointe du Canada et des États-Unis sur le climat, l’énergie et le rôle de leadership dans l’Arctique, signée en mars 2016.

Cette déclaration invite toutes les nations de l’Arctique et celles ayant des intérêts dans la région à adhérer à une nouvelle vision du leadership dans l’Arctique reposant sur quatre piliers : la préservation de la biodiversité de l’Arctique grâce à des décisions fondées sur des données scientifiques; l’intégration des connaissances scientifiques et traditionnelles des peuples autochtones au processus décisionnel; la création d’une économie durable dans l’Arctique; l’édification de collectivités solides dans l’Arctique.

Le Canada est heureux de travailler avec l’UE et ses États membres pour faire avancer ces objectifs communs clairement énoncés dans la politique de l’UE.

Plus important encore, comme les conférenciers en provenance des collectivités arctiques du Canada l’ont fait remarquer, c’est que la lutte contre les effets des changements climatiques et l’intégration de la promotion du développement économique durable constituent des priorités pour les habitants du Nord canadien eux-mêmes.

Pour bon nombre d’entre eux, ces questions sont littéralement des questions de vie ou de mort.

La transformation du climat porte gravement atteinte à la santé mentale et physique des gens du Nord, pour qui l’Arctique est plus qu’un lieu de résidence. Beaucoup considèrent qu’il s’agit d’une terre qui les relie directement aux générations passées, ainsi qu’une voie par laquelle la culture et les traditions si représentatives des peuples du Nord voyagent du passé au présent et du présent vers l’avenir.

De nombreux habitants du Nord ont parlé du coût affectif et psychologique élevé des changements climatiques dans le Nord.

À l’assemblée annuelle de l’Arctic Circle en Islande la semaine dernière, nous avons entendu l’honorable Monica Ell-Kanayuk, vice-première ministre du Nunavut, parler éloquemment du bien-être mental. Dans son allocution, elle a décrit un programme parascolaire grâce auquel des adolescents inuits se connectent avec la nature, ce qui a des effets directs et mesurables sur la réduction de la fréquence et de la gravité des idées suicidaires chez les participants. Pour ces jeunes, le territoire n’est plus ce qu’il était à l’époque de leurs pères et grands-pères. Et si nous n’agissons pas rapidement et efficacement, le territoire dans l’avenir continuera son tragique déclin en tant qu’habitat, foyer et substrat culturel pour les habitants du Nord.

Comme nous le savons tous, les changements climatiques sont attribuables à des activités exercées ailleurs sur la planète, mais c’est dans l’Arctique que leurs effets se font le plus ressentir. Peu importe le côté de l’Atlantique dans lequel nous vivons, ou l’importance de notre intérêt envers le Nord, la décence humaine élémentaire exige que nous intervenions, en collaboration et directement avec les collectivités touchées, pour surmonter les difficultés auxquelles ils se heurtent.

C’est pourquoi le gouvernement du Canada salue l’engagement de l’Union européenne à maintenir un dialogue avec les collectivités autochtones de l’Arctique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de Europe, que ce soit au moyen de son dialogue annuel avec les peuples autochtones ou d’autres tribunes de discussion, comme la présente conférence.

Le développement économique et social

Une croissance économique responsable est aussi la voie de l’avenir pour de nombreuses autres régions du monde, pourvu qu’elle soit entreprise par les populations locales et que ces dernières en tirent profit.

Les Objectifs de développement durable des Nations Unies sont un moyen de parvenir à une telle croissance et à une meilleure situation. D’après ce que j’ai cru comprendre, ces objectifs sous-tendront les priorités de la prochaine présidence du Conseil de l’Arctique, qui sera assumée par la Finlande.

Parmi les 17 objectifs de développement durable, la majorité pourrait avoir des retombées spectaculaires sur le Nord.

Pour n’en mentionner que quelques-uns : l’élimination de la pauvreté, l’égalité entre les sexes, l’accès à une eau salubre et à un système d’assainissement, la lutte contre les changements climatiques. Étant donné l’énorme potentiel en ressources de l’Arctique, les retombées les plus importantes seraient une consommation et une production responsables, l’accès à des emplois décents et la croissance économique.

Les ressources du Nord, exploitées de façon responsable, offrent d’immenses possibilités de développement économique.

Ces possibilités existent.

La Déclaration conjointe Canada-UE sur l’ouverture des marchés de l’Union européenne aux produits du phoque provenant des communautés autochtones du Canada en est un bon exemple. La chasse au phoque fait partie intégrante de la tradition, de la culture et de l’identité des populations du Nord. Ces dernières dépendent de la chasse au phoque pour subvenir directement à leurs besoins de base et assurer un revenu à leurs collectivités. Nous espérons que cette ressource durable réapparaisse sur les marchés européens.

Le tourisme tourné vers la culture des populations du Nord, ainsi que l’exploration du potentiel du Nord en matière de télécommunications, sont d’autres domaines de collaboration qui pourraient générer une croissance importante.

Soucieux d’assurer un avenir économique prospère dans la région, le Conseil de l’Arctique a mis sur pied le Conseil économique de l’Arctique, un organisme indépendant qui favorise les activités interentreprises et le développement économique responsable dans l’Arctique.

Lancé en septembre 2014 à Iqaluit, au Nunavut, le Conseil économique de l’Arctique apporte une perspective commerciale circumpolaire aux travaux du Conseil de l’Arctique. Nous invitons les entreprises européennes à participer aux activités du Conseil.

Les perspectives d’avenir dans le Nord pourraient être radieuses et prometteuses. Toutefois, elles ne pourront se matérialiser que si nous sommes conscients des particularités sociales, culturelles, économiques, environnementales et politiques du Nord.

Nos activités doivent sans cesse viser à améliorer le bien-être des habitants de l’Arctique, à promouvoir un développement socioéconomique durable et à protéger l’environnement dans l’ensemble de la région, y compris en préservant le patrimoine culturel et les moyens de subsistance des populations du Nord. Il s’agit entre autres de travailler en collaboration avec les gens du Nord pour intégrer les connaissances traditionnelles et locales au processus décisionnel.

Le Canada attache une grande importance à la mobilisation et à la consultation des résidents du Nord alors que des politiques internationales concernant l’Arctique sont mises en œuvre. Il y a quelques semaines à Washington, il a été admis que la collaboration à l’échelle internationale et l’inclusion des peuples autochtones de l’Arctique dans la recherche scientifique et la prise de décisions étaient essentielles à l’avancement de la recherche dans l’Arctique. Une science qui intègre les connaissances traditionnelles et locales ne peut que donner de meilleurs résultats scientifiques.

La coopération scientifique

La science occupe une place fondamentale. La coopération scientifique, en vue d’atténuer les effets des changements climatiques et d’améliorer la protection de l’environnement, figure au cœur des initiatives de coopération entre le Canada et l’UE dans l’Arctique.

Le Canada espère poursuivre le travail accompli avec l’UE et ses États membres afin de mieux comprendre l’intégration des systèmes humains et environnementaux dans l’Arctique, grâce aux renseignements fournis par les habitants de la région, et ce, dans leur intérêt.

Nous sommes heureux de coopérer avec l’UE et les États-Unis pour faire avancer la mise en œuvre de l’Alliance de recherche de l’océan Atlantique. Les points relatifs à l’Arctique dans la déclaration de Galway, gérés pour le Canada par Pêches et Océans Canada et Savoir polaire Canada, représentent une partie capitale de notre coopération. Nous encourageons l’UE et ses États membres à collaborer davantage avec Savoir polaire Canada au sein de la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique dès son ouverture l’an prochain.

La politique de l’UE sur l’Arctique accorde une importance particulière à la science, à la recherche et à l’innovation. Nous considérons ces secteurs comme des domaines clés dans lesquels accroître la collaboration entre le Canada et l’UE et nous avons hâte de travailler avec l’UE et ses États membres au sein de tribunes comme la Coalition pour le climat et l’air pur et le Conseil de l’Arctique.

Les sciences, aussi bien les sciences physiques, sociales que traditionnelles, sont au cœur des activités du Conseil de l’Arctique. Le Canada poursuivra sa coopération avec les États membres du Conseil de l’Arctique, les participants permanents et les observateurs en vue de façonner un avenir meilleur pour l’Arctique par la prise de décisions avisées et fondées sur des données scientifiques.

Le Conseil de l’Arctique contribue de façon importante à diverses priorités énumérées dans la nouvelle politique de l’UE sur l’Arctique, y compris les oiseaux migrateurs, le carbone noir et le méthane. Le Canada joue un rôle actif dans ces activités et accueille favorablement la contribution de l’UE. Après la signature et la ratification de l’Accord sur la coopération scientifique dans l’Arctique par les États de l’Arctique, nous nous réjouirons de la participation de l’UE.

Conclusion

Le Canada et l’Union européenne collaborent dans de nombreux domaines et nous devrions en être fiers. Mais il y a davantage de choses que nous pourrions accomplir ensemble, et le Canada souhaite accroître la collaboration.

Comme bon nombre d’entre vous m’ont entendu le dire il y a trois semaines, et peut-être même en Islande à l’assemblée de l’Arctic Circle, le Canada est résolument engagé auprès du Conseil de l’Arctique, la principale tribune de coopération à l’échelle internationale sur les questions liées à l’Arctique.

À ce titre, nous appuyons vivement la candidature de l’UE à titre de membre observateur.

En tant que membre observateur de facto, nous espérons que l’UE continuera d’apporter sa pierre aux activités du Conseil de l’Arctique, y compris de soutenir les participants permanents autochtones.

Nous sommes reconnaissants que l’UE alimente les discussions et nous la remercions de son concours dans le Nord.

Je vous remercie.

Contacts

Chantal Gagnon
Attachée de presse
Cabinet du ministre des Affaires étrangères
343-203-1851
chantal.gagnon@international.gc.ca

Le Service des relations avec les médias
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