Discours de la secrétaire parlementaire Pamela Goldsmith-Jones à l'assemblée annuelle de l'Arctic Circle

Discours

Le Conseil de l’Arctique : 20 ans après sa création, plus important que jamais

Le 8 octobre 2016 - Reykjavik, Islande

Sous réserve de modifications. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada.

Le Nord canadien couvre 40 p. 100 de notre territoire et compte quelque 100 000 habitants, dont plus de la moitié sont des Autochtones. Le Nord frappe l’imaginaire des Canadiens comme aucune autre région de notre pays.

Le premier ministre Justin Trudeau a parlé de la force et de la résilience des peuples nordiques, et il a fait de l’Arctique une priorité de son gouvernement. Son engagement s’est concrétisé à Washington, en mars dernier, dans la Déclaration conjointe du Canada et des États-Unis sur le climat, l’énergie et le rôle de leadership dans l’Arctique. En tant que nations arctiques, notre avenir commun repose sur les personnes qui ont fait du Nord leur demeure.

De plus, notre ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, parcourt le Canada d’un océan à l’autre pour consulter la population sur la meilleure stratégie à adopter à l’égard du Nord. Elle s’est entourée de certains des spécialistes canadiens les plus compétents, y compris des scientifiques et des personnes qui communiquent leur savoir traditionnel. La représentante spéciale de la ministre est Mme Mary Simon, une dirigeante inuite remarquable qui a contribué à la fondation du Conseil de l’Arctique il y a 20 ans.

Le développement socio-économique des peuples du Nord est le principal objectif de la ministre Bennett. Cela se traduit par un nombre accru de possibilités pour les enfants, l’amélioration de la santé mentale et physique des habitants, une résilience globale accrue et la préservation de la langue et de la culture. Il s’agit là de valeurs universelles.

Alors que l’Arctique suscite davantage d’activité économique, que ses ressources sont de plus en plus convoitées, que ses routes de navigations s’ouvrent et que ses écosystèmes se fragilisent de plus en plus, quelle est la responsabilité du Canada?

Nous voyons le Nord comme une partie essentielle de notre avenir et une terre au potentiel extraordinaire. En mars, lorsque le premier ministre Trudeau a été reçu à Washington par le président Barack Obama, les deux dirigeants ont annoncé un nouveau partenariat pour comprendre les possibilités et relever les défis dans un Arctique en évolution. Ils ont déterminé quatre objectifs :

  1. Protéger la biodiversité de l’Arctique en prenant des décisions fondées sur la science. Pour ce faire, nous travaillerons directement avec des partenaires autochtones ainsi qu’avec des gouvernements d’États, de provinces et de territoires. Nous jouerons un rôle de chef de file dans la mobilisation des nations de l’Arctique en vue de mettre sur pied un réseau d’aires marines protégées dans l’ensemble de l’Arctique. Je trouve très encourageant de voir comment le Fonds mondial pour la nature [WWF] et Guggenheim Partners nous ont aidés à prendre de bonnes décisions.
  2. Intégrer les connaissances scientifiques et le savoir traditionnel au processus décisionnel à tous les ordres de gouvernement. À ce propos, je peux vous parler d’une expérience personnelle. À l’occasion d’un récent processus d’évaluation environnementale pour un grand projet énergétique à Howe Sound, en Colombie-Britannique, la nation Squamish a mené sa propre évaluation environnementale et publié ses propres conditions, auxquelles le promoteur du projet a prêté une grande attention. L’initiative de la nation Squamish aide des gouvernements et des entreprises à prendre de meilleures décisions.
  3. Bâtir une économie durable dans l’Arctique, y compris les activités relatives à la navigation, à la pêche, à l’exploration et à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières, afin d’instaurer une norme commune fondée sur des principes scientifiques pour examiner les répercussions du cycle de vie des activités commerciales sur l’Arctique. M. Carter Roberts [président et PDG de WWF] s’est avéré convaincant en disant qu’il fallait trouver un équilibre avec la « science politique ».
  4. Bâtir des collectivités solides dans l’Arctique. Cela comprend l’application de solutions de rechange novatrices et efficaces en matière d’énergie renouvelable pour remplacer le diesel, ainsi que la promotion de l’adaptation des collectivités aux changements climatiques.

Le modèle de collaboration entre le premier ministre et le président témoigne de l’esprit de l’assemblée de l’Arctic Circle. Pour surmonter les difficultés auxquelles nous nous heurtons, la politique étrangère du Canada est axée sur l’inclusion et la consultation, et c’est un privilège d’écouter vos commentaires ce week-end.

Nous sommes profondément troublés par les conséquences néfastes des changements climatiques. Elles touchent de manière disproportionnée l’Arctique et les îles du Pacifique, où la hausse du niveau de la mer provoquée par la fonte des glaces pose une menace claire. Il s’agit là d’un exemple flagrant de l’interconnexion de notre monde, et d’un rappel sans équivoque que cette question nous concerne tous.

Il ne sera possible d’atténuer ces conséquences que si tous les pays prennent des mesures sérieuses et efficaces, en particulier pour atteindre les cibles de la COP21 [Conférence de Paris de 2015 sur le climat], comme vient de le souligner [le secrétaire général des Nations Unies] M. Ban Ki-moon. La semaine dernière, le Canada a ratifié l’Accord de Paris et a annoncé combien coûtera la pollution par le carbone. En 2022, le prix sera de 50 $ la tonne, et ce n’est qu’un début.

Par ailleurs, la semaine dernière, nous avons participé au tout premier Sommet ministériel des sciences de l’Arctique de la Maison-Blanche, à Washington. La collaboration internationale et la participation des peuples autochtones de l’Arctique à la recherche scientifique et à la prise de décisions sont des volets essentiels des avancées de la recherche dans l’Arctique.

Dans ce même esprit de collaboration, je voudrais parler du Conseil de l’Arctique, des participants autochtones permanents, et des huit pays souverains qui, pendant 20 ans, ont travaillé à l’unisson. Le Conseil de l’Arctique est un modèle de neutralité et de collaboration. Il est le produit de la diplomatie collective.

Le Canada et ses voisins de l’Arctique sont résolus à protéger le Nord. Douze autres pays se sont joints au Canada dans le Conseil de l’Arctique à titre d’observateurs, de même que l’Union européenne. Le Canada accueille favorablement les contributions de ces observateurs et y attache beaucoup d’importance.

La Déclaration d’Ottawa sur la création du Conseil de l’Arctique a été signée il y a 20 ans. Voici quelques-unes des réalisations du Conseil :

  • la formation de partenariats avec les peuples autochtones, car aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de leurs connaissances;
  • la conclusion de deux ententes exécutoires entre les huit pays de l’Arctique; une sur la recherche et le sauvetage en 2011, et une sur la préparation et l’intervention en cas de déversements d’hydrocarbures en 2013;
  • la rédaction d’études phares sur les polluants environnementaux, la navigation [l’expédition de marchandises], le tourisme, la sécurité et les activités de recherche et de sauvetage, la conservation de la biodiversité, les interventions à la suite de déversements d’hydrocarbures, la santé humaine, les langues autochtones et, bien sûr, les changements climatiques;
  • l’élaboration du Cadre d’action du Conseil de l’Arctique sur la réduction accrue des émissions de carbone noir et de méthane;
  • la création du Conseil économique de l’Arctique.

Notre plus grande réalisation est peut-être celle d’avoir jeté des bases solides permettant d’affronter les plus grands défis à venir.

Je suis heureuse de voir des représentants du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et d’Affaires autochtones et du Nord Canada participer à ce panel aujourd’hui. Je suis également heureuse de la présence de représentants du Québec, de Terre-Neuve-et-Labrador et du Nunavut. La contribution de nombreux autres Canadiens à cette assemblée est tout aussi importante, notamment de militants, d’universitaires et de scientifiques, en particulier ceux qui commencent leur carrière. Vos voix sont essentielles.

La diplomatie et la collaboration sont cruciales dans l’Arctique. Le Nord est un endroit où ni la confrontation ni une concentration militaire n’a sa place. Le Canada doit travailler avec tous ses partenaires, même avec ceux dont les vues sont fondamentalement différentes des siennes. Par exemple, l’absence de collaboration entre les chercheurs canadiens et russes n’a aucun sens. Même si le Canada collabore avec la Russie dans l’Arctique, il désapprouve entièrement les actions inexcusables de la Russie en Ukraine et en Syrie. La politique du Canada axée sur le dialogue renouvelé est expressément conçue pour surmonter les difficultés auxquelles se heurte le monde actuel. Ce n’est pas une mince tâche.

Notre gouvernement resserrera ses liens avec tous les pays de l’Arctique, et nous nous réjouissons à l’idée que la Finlande, prochain pays à présider le Conseil de l’Arctique, intègre les objectifs de développement durable de l’ONU à son programme de présidence. Hier soir, lors du souper avec le premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, la vice-première ministre du Nunavut, Mme Monica Ell-Kanayuk, et des chefs d’entreprises islandais, j’ai pu constater l’énergie que nous consacrons dans notre pays à promouvoir l’innovation et la collaboration dans l’Arctique.

Après deux décennies, la vision du Canada pour le Conseil de l’Arctique a permis de renforcer :

  • notre identité en tant que pays de l’Arctique;
  • nos relations avec nos voisins de l’Arctique;
  • l’image de l’Arctique, au Canada comme à l’étranger.

C’est un privilège de m’adresser à vous. Dans la tradition des peuples Salish de la côte Ouest du Canada, que je connais très bien, nous sommes tous aujourd’hui des témoins.

Le Canada a pris des engagements à l’égard de l’Arctique et des gens qui y vivent.

Je me réjouis à l’idée de vous rencontrer et de travailler avec vous, en profitant de la force et de la sécurité que nous procure le cercle auquel nous appartenons.

Je vous remercie.

Contacts

Chantal Gagnon
Attachée de presse
Cabinet du ministre des Affaires étrangères
343-203-1851
chantal.gagnon@international.gc.ca

Le Service des relations avec les médias
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