Le fou de Bassan – Une espèce sentinelle du golfe, 5e édition

Le fou de Bassan
État : intermédiaire-bon en 2024
Tendance : légère amélioration depuis 2019
 

Rédaction :
Catherine Čapkun-Huot, Raphaël Lavoie, Anaïs Kerric et  Jean-François Rail
Environnement et Changement climatique Canada

Illustration représentant la tête et le cou d'un fou de Bassan vus de profil, avec une tête jaune pâle, un long bec gris ouvert et un œil bleu, le tout encadré d'un contour circulaire vert clair sur fond blanc.
Renseignements sur les droits d’auteur

No de cat. : En78-7/2026F-PDF
ISBN : 978-0-660-99908-1

 

Cette publication peut être reproduite sans autorisation pour un usage personnel ou interne, à condition que la source soit dûment citée. Toutefois, la reproduction de cette publication, en tout ou en partie, à des fins de redistribution nécessite l'autorisation
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510-234 rue Donald
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Publié avec l’autorisation du ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec
© Gouvernement du Québec, 2026

 

Also available in English under the title: Northern Gannet – A Sentinel Species for the Gulf, 5th edition

Faits saillants

Depuis 2019, on note une légère amélioration dans l’état du fou de Bassan au Québec, en dépit de fluctuations dans la taille des colonies. En effet, malgré un épisode de mortalité massive causé par une épidémie de grippe aviaire en 2022 (-39 % des effectifs nicheurs), le succès reproducteur à l’île Bonaventure s’est beaucoup amélioré après 2019. Les contaminants mesurés chez l’espèce sont en diminution et ne semblent pas affecter sa reproduction.

Problématique

Espèce emblématique des paysages côtiers de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, le fou de Bassan impressionne par son envergure, ses plongées spectaculaires à plus de 100 kilomètres-heure et son comportement grégaire en période de reproduction. En Amérique, le fou de Bassan se reproduit uniquement dans l’est du Canada (figure 1). Près des trois-quarts des effectifs continentaux nichent au Québec, essentiellement sur l’île Bonaventure et les rochers aux Oiseaux, ce qui implique une grande responsabilité de conservation.

Le fou de Bassan est une espèce sentinelle du golfe du Saint-Laurent, étant un indicateur précoce de la santé de l’écosystème. Cet excellent voilier couvre pratiquement tout le golfe à la recherche de poissons fourrages comme le maquereau, le hareng, le capelan et le lançon, parcourant parfois des centaines de kilomètres en quête de nourriture. Le fou de Bassan nous renseigne donc à la fois sur l’état des stocks de poissons et sur les contaminants présents dans l’environnement, qui sont accumulés et amplifiés chez les prédateurs, comme lui, au sommet de la chaîne alimentaire.

En plus des nombreux contaminants auxquels il est exposé, le fou de Bassan fait face à de multiples menaces, telles que les déversements d’hydrocarbures, le réchauffement du golfe, la diminution des stocks de poissons et les épidémies aviaires.

En 1979, après avoir constaté l’impact d’un pesticide (le DDT) sur sa reproduction (Chapdelaine et collab., 1987), on a instauré un suivi quinquennal du succès de reproduction et des contaminants dans les œufs du fou de Bassan à l’île Bonaventure, et des inventaires aériens pour suivre les tendances populationnelles des trois colonies du Québec (Rail et collab., 2013). En réaction à des tendances inquiétantes, ce suivi est plus fréquent depuis 2010.

Territoire à l’étude

Figure 1 : Localisation des six colonies de fous de Bassan de la population continentale, toutes situées au Canada
Localisation des six colonies de fous de Bassan de la population continentale, toutes situées au Canada. La taille des points est proportionnelle à la taille de la colonie en 2024.
Description de la figure 1

But de la figure

  • Illustrer la distribution géographique des colonies de Fous de Bassan (Morus bassanus) dans l’est du Canada.
  • Montrer la taille relative de chaque colonie à l’aide de cercles jaunes proportionnels au nombre de couples nicheurs.
  • Mettre en évidence la concentration régionale des colonies autour du Québec, de Terre‑Neuve‑et‑Labrador, du Nouveau‑Brunswick et de la Nouvelle‑Écosse.

Étendue géographique

  • La carte couvre le golfe du Saint‑Laurent et les régions côtières de l’est du Canada.
  • Provinces incluses :
    • Québec (Gaspésie, île d’Anticosti, îles de la Madeleine).
    • Terre‑Neuve‑et‑Labrador (côtes est et sud‑est).
    • Nouveau‑Brunswick et Nouvelle‑Écosse (région de la baie de Fundy).
  • Colonies identifiées :
    • Île Bonaventure (Québec).
    • Île d’Anticosti (Québec).
    • Rochers aux Oiseaux (Québec).
    • Île Funk (T.-N.-L.).
    • Île Baccalieu (T.-N.-L.).
    • Cap Sainte‑Marie (T.-N.-L.).
  • Une échelle indique des distances allant jusqu’à 200 km, permettant d’apprécier l’espacement entre les colonies.

Éléments cartographiques et habillage

  • Le fond de carte montre :
    • Les lignes côtières du golfe du Saint‑Laurent et de l’Atlantique canadien.
    • Les limites provinciales.
  • Les colonies sont représentées par des cercles jaunes de trois tailles différentes.
  • Chaque taille correspond à un nombre de couples nicheurs (selon la légende) :
    • 100 couples (petit cercle).
    • 1 000 couples (cercle moyen).
    • 10 000 couples (grand cercle).
  • Les toponymes sont inscrits en noir, avec une typographie uniforme.
  • Le fond blanc assure un contraste clair avec les symboles.

Légende – signification des symboles

  • Les cercles jaunes représentent les colonies de Fous de Bassan.
  • La taille du cercle indique la taille de la colonie :
    • Petit = ~100 couples.
    • Moyen = ~1 000 couples.
    • Grand = ~10 000 couples.
  • La légende fournit une échelle visuelle simple et intuitive.

Description de la distribution des colonies (d’ouest en est)

Golfe du Saint‑Laurent – Région du Québec
  • Île Bonaventure : très grande colonie, représentée par un grand cercle jaune.
  • Rochers aux Oiseaux : colonie plus petite mais importante, près des îles de la Madeleine.
  • Île d’Anticosti : colonie de taille modérée ou faible.
Terre‑Neuve‑et‑Labrador
  • Île Funk : représentée par un grand cercle, l’une des plus grandes colonies d’Amérique du Nord.
  • Île Baccalieu : autre colonie majeure, également indiquée par un grand cercle.
  • Cap Sainte‑Marie : colonie bien connue de la péninsule d’Avalon, représentée par un cercle moyen ou grand.
Provinces maritimes
  • Peu de colonies dans le Nouveau‑Brunswick et la Nouvelle‑Écosse, mais Cap Sainte‑Marie constitue le principal site régional.

Lecture et contrastes

  • Les cercles jaunes ressortent nettement sur le fond blanc, facilitant la localisation des colonies.
  • La variation de taille des cercles permet une comparaison rapide des effectifs.
  • La carte montre une forte concentration de grandes colonies autour de Terre‑Neuve et de la Gaspésie.
  • L’échelle permet d’apprécier la large dispersion spatiale de l’espèce dans l’est du Canada.

Mesures clés

L’état global de l’indicateur tient compte de plusieurs paramètres :

  • La taille de la population nicheuse de fous de Bassan au Québec est considérée comme bonne au-delà de 60 000 couples et mauvaise en deçà de 40 000 couples.
  • Le succès reproducteur à l’île Bonaventure est jugé bon lorsque supérieur à 70 % et mauvais lorsque inférieur à 60 %. Ce succès représente le pourcentage de couples nicheurs qui élèvent un poussin jusqu’à l’envol.
  • Les tendances récentes de la taille de la population (sur 10 ans) et du succès reproducteur (sur cinq ans) sont évaluées de la même manière : l’indicateur est intermédiaire pour une variation inférieure à 25 %, considérée comme une tendance relativement stable; l’indicateur est bon pour une hausse de plus de 25 %; et l’indicateur est mauvais pour une baisse de plus de 25 %.
  • Le niveau de contaminants dans les œufs est bon si les concentrations sont au-dessous des seuils considérés comme étant toxiques et mauvais si les concentrations sont au-dessus de ces seuils.
  • La tendance du niveau de contaminants dans les œufs est jugée bonne si les concentrations ont diminué de plus de 25 % comparativement au maximum atteint dans le passé, intermédiaire si la diminution est inférieure à 25 % et mauvaise s'il y a augmentation.

Pour chaque paramètre, on attribue une cote de 0 si l’indicateur est bon, de 1 s’il est intermédiaire et de 2 s’il est mauvais. La somme des cotes des six paramètres définit l’état global de l’indicateur (0-1 = bon; 2-3 = intermédiaire-bon; 4 = intermédiaire; 5-6 = intermédiaire-mauvais; 7 et plus = mauvais).

État et tendances

L’homologation et l’usage étendu de certains pesticides à partir des années 1940 ont eu un effet catastrophique chez plusieurs espèces aviaires, dont le fou de Bassan. Épandus notamment en Gaspésie et au Nouveau-Brunswick pour la gestion des insectes ravageurs, les composés organochlorés, tels que le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), ont la propriété d’être particulièrement persistants dans l’environnement. Or, de fortes concentrations de ces composés nuisent à la reproduction du fou de Bassan. En effet, ils sont toxiques pour l’embryon, et ils perturbent le processus de synthèse du carbonate de calcium, ce qui mène à l’amincissement de la coquille des œufs (Chapdelaine et collab., 1987). Ceux-ci sont donc beaucoup plus facilement brisés par le poids de l’adulte qui les couve. La colonie de l’île Bonaventure, pourtant en expansion dans la première moitié du 20e siècle, a commencé à décliner, tout comme son succès reproducteur au milieu des années 1960, en raison de ces contaminants. L’élimination progressive du DDT en Amérique du Nord dans les années 1970 a permis à la population de rebondir pour atteindre un sommet de près de 90 000 couples au Québec en 2009 (figure 2).

Toutefois, la population chute de nouveau en 2010, alors que la plate-forme pétrolière DeepWater Horizon explose dans le golfe du Mexique, là où hivernent un grand nombre de fous de Bassan. En effet, cet événement concorde avec une diminution de 17 % des effectifs nicheurs dans la province. Suivant cet incident, et pour le reste de la décennie, la taille de la population nicheuse de fous de Bassan au Québec demeure plutôt stable, oscillant entre 73 000 et 81 500 couples (figure 2).

Figure 2 : Fluctuation dans la taille des colonies de fous de Bassan au Québec à travers le temps
Fluctuation dans la taille des colonies de fous de Bassan au Québec à travers le temps. La taille de la population nicheuse du Québec (total) représente la somme des couples de l’île Bonaventure, des rochers aux Oiseaux et de l’île d’Anticosti. La ligne pointillée marque l’année (2022) du pic épidémique d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). La colonie de l’île d’Anticosti est aussi présentée en plan rapproché en haut à gauche pour montrer les variations dans ses modestes effectifs.
Description de la figure 2

But de la figure

  • Illustrer l’évolution à long terme du nombre de couples nicheurs dans plusieurs colonies de Fous de Bassan entre 1960 et 2020.
  • Comparer les tendances démographiques de trois sites : Île Bonaventure, Rochers aux Oiseaux, et Île d’Anticosti.
  • Mettre en évidence la tendance globale (courbe totale) ainsi que les changements majeurs, notamment la baisse observée après 2010.
  • Signaler un événement particulier (ligne verticale « IAHP ») susceptible d’avoir influencé les effectifs.

Étendue temporelle

  • Échelle horizontale (axe des x) : Année, de 1960 à 2020.
  • La série couvre 60 ans, permettant d’observer des phases d’expansion, de plateau et de déclin.
  • Une ligne verticale pointillée identifie un événement récent (« IAHP »), situé juste avant 2020.

Éléments graphiques et habillage

  • Graphique principal : aire empilée représentant les effectifs de deux colonies (Île Bonaventure et Rochers aux Oiseaux), ainsi que le total (zone supérieure sombre).
  • Graphique secondaire (incrustation) : petite fenêtre en haut à gauche montrant les données de l’Île d’Anticosti, en rouge.
  • Les couleurs différencient clairement les colonies :
    • Teintes distinctes pour Bonaventure et Rochers aux Oiseaux.
    • Rouge pour Anticosti (dans l’incrustation).
    • Zone sombre supérieure pour le total.
  • Axes clairement étiquetés :
    • Axe vertical : Nombre de couples nicheurs.
    • Axe horizontal : Année.
  • Le fond blanc et les contrastes nets facilitent la lecture.

Légende – signification des éléments

  • Chaque couleur représente une colonie distincte.
  • La zone supérieure sombre correspond au total combiné des colonies représentées dans le graphique principal.
  • L’incrustation rouge correspond exclusivement à l’Île d’Anticosti.
  • La ligne verticale « IAHP » marque un événement ou une période d’intérêt particulier.

Description des tendances (1960–2020)

Croissance initiale (1960–2010)
  • Les effectifs augmentent de manière soutenue dans les deux colonies principales.
  • La croissance est particulièrement marquée à l’Île Bonaventure, qui contribue fortement au total.
  • Les Rochers aux Oiseaux montrent également une progression notable.
  • Le total des couples nicheurs atteint un maximum autour de 2010.
Déclin récent (2010–2020)
  • Après 2010, les effectifs montrent une baisse progressive, visible dans les deux colonies principales.
  • La diminution est suffisamment marquée pour entraîner une baisse du total.
  • La ligne « IAHP » suggère un événement pouvant être lié à ce déclin.
Île d’Anticosti (incrustation)
  • Les effectifs y sont beaucoup plus faibles que dans les deux autres colonies.
  • La tendance est relativement stable, avec de légères fluctuations.
  • La colonie contribue peu au total global, mais son évolution est suivie séparément.

Lecture et contrastes

  • La structure en aires empilées permet de visualiser simultanément les tendances individuelles et le total.
  • Les couleurs distinctes facilitent la comparaison entre colonies.
  • Le graphique met clairement en évidence :
    • une forte croissance sur plusieurs décennies,
    • un pic autour de 2010,
    • un déclin récent, potentiellement associé à un événement externe.
  • L’incrustation permet de suivre une colonie plus petite sans surcharger le graphique principal.

Une population en rémission

En 2021 et 2022, le fou de Bassan est de nouveau mis à rude épreuve. L’espèce est durement affectée par une pandémie de grippe aviaire qui s’est propagée à travers son aire de répartition en Europe et en Amérique du Nord (Lane et collab., 2024). En effet, l’arrivée d’une souche hautement pathogène dans les colonies a eu des conséquences funestes : en deux ans, les rochers aux Oiseaux ont perdu 57 % de leurs adultes nicheurs et l’île Bonaventure en a perdu 30 %. Au total, la population reproductrice a diminué de près de 40 % au Québec en raison de cette maladie (figure 2).

Heureusement, aucune mortalité additionnelle n’a été constatée dans les années subséquentes. Les inventaires de 2024 et 2025 indiquent que ces deux colonies sont en croissance, un signe très encourageant. Néanmoins, comme la taille de la population est tombée sous la barre des 60 000 couples nicheurs, nous lui attribuons une cote intermédiaire. La tendance de la population entre 2014 et 2024 est, quant à elle, qualifiée de mauvaise, avec une baisse de près de 40 %.

La reproduction va bon train

En contrepartie, les constats concernant le récent succès reproducteur du fou de Bassan sont plus que positifs. Après une décennie inquiétante (succès reproducteur moyen de 36 % variant entre 8 % et 64 % entre 2009 et 2019), le succès reproducteur dépasse de nouveau le seuil nécessaire au maintien de la population, fixé autour de 67 % (Chapdelaine et collab., 1987).

En parallèle d’une diminution marquée des concentrations de DDT, le succès reproducteur à l’île Bonaventure s’est grandement amélioré dans les années 1970 jusqu’à se stabiliser au-dessus de 70 % de 1979 à 2004, pour chuter ensuite de façon spectaculaire (figure 3). Une réduction de la disponibilité des proies semble en être la cause : les proies préférées du fou de Bassan sont dans un état critique, en raison de la surpêche et de vagues de chaleur océaniques, ce qui le force à se déplacer davantage en quête de nourriture (Guillemette et collab., 2018; d’Entremont et collab., 2022). Le succès reproducteur remonte néanmoins à 69 % en 2022 et à 74 % en 2024. Même si le stock de maquereaux bleus demeure dans un état critique dans le golfe du Saint-Laurent, il semble que le fou de Bassan réussisse à en dénicher beaucoup puisque celui-ci représentait 86 % de sa diète lors du suivi réalisé à l’île Bonaventure en 2024. Le fou de Bassan nous surprend par sa remarquable résilience. Ainsi, le succès reproducteur obtient la cote de « bon » à la fois pour son état en 2024, qui est supérieur à 70 %, et pour sa tendance sur cinq ans, passant de 14 à 74 %.

Figure 3 : Succès reproducteur du fou de Bassan à l’île Bonaventure entre 1967 et 2024
Succès reproducteur du fou de Bassan à l’île Bonaventure entre 1967 et 2024. Le succès reproducteur représente le pourcentage de couples nicheurs qui élèvent un poussin jusqu’à l’envol, évalué sur un échantillon d’environ 400 nids. La zone grise correspond à un succès reproducteur intermédiaire. La couleur des points indique si le succès est jugé bon (vert), intermédiaire (jaune) ou mauvais (rouge) pour une année donnée.
Description de la figure 3

But de la figure

  • Illustrer l’évolution du succès de reproduction (%) d’une population au cours d’une période d’environ 60 ans.
  • Mettre en évidence les fluctuations interannuelles et les périodes de performance reproductive bonne, intermédiaire ou mauvaise.
  • Permettre une interprétation visuelle des changements à long terme, incluant les phases de forte productivité et les épisodes de déclin.

Étendue temporelle

  • Échelle horizontale (axe des x) : Année, couvrant approximativement de 1960 à 2025.
  • La série couvre plus d’un demi‑siècle, permettant d’observer des cycles, des anomalies et des tendances de fond.
  • Les points sont distribués régulièrement, représentant une valeur annuelle de succès reproducteur.

Éléments graphiques et habillage

  • Axe vertical (y) : intitulé Succès de reproduction (%), gradué de 0 % à 100 %.
  • Les points sont colorés selon trois catégories :
    • Rouge : succès mauvais.
    • Jaune : succès intermédiaire.
    • Vert : succès bon.
  • Une bande horizontale ombrée (environ 60–70 %) représente une zone de succès reproducteur intermédiaire.
  • Une ligne reliant les points met en évidence la trajectoire générale.
  • Le fond blanc et les couleurs contrastées facilitent la lecture.

Légende – signification des couleurs

  • Vert (bon) : années où le succès reproducteur est élevé.
  • Jaune (intermédiaire) : années où le succès est modéré.
  • Rouge (mauvais) : années où le succès est faible.
  • La bande ombrée représente une zone de référence correspondant à un niveau reproducteur intermédiaire.

Description des tendances (1960–2025)

Période initiale (années 1960–1970)
  • Plusieurs années montrent un faible succès reproducteur (points rouges).
  • La variabilité est élevée, avec des fluctuations marquées d’une année à l’autre.
Période de forte performance (années 1980–début 2000)
  • Le succès reproducteur est majoritairement élevé, avec de nombreux points verts.
  • La majorité des valeurs se situent au‑dessus de la bande intermédiaire, indiquant une période favorable.
  • La stabilité relative suggère des conditions environnementales ou biologiques favorables.
Déclin récent (années 2010–2025)
  • Le succès reproducteur montre une baisse notable, avec plusieurs années classées comme mauvaises (rouge).
  • Les années récentes (début 2020) affichent des valeurs particulièrement faibles.
  • La tendance générale indique une détérioration du succès reproducteur.

Lecture et contrastes

  • La coloration des points permet une lecture intuitive des bonnes et mauvaises années.
  • La bande ombrée sert de repère visuel pour situer les années intermédiaires.
  • La figure met clairement en évidence :
    • une période prolongée de forte productivité (1980–2000),
    • des phases de faiblesse au début et à la fin de la série,
    • une tendance récente préoccupante.
  • La simplicité du graphique facilite l’interprétation des cycles et des anomalies.

Depuis quelques années, le succès reproducteur est également évalué à partir de photos aériennes prises à l’île Bonaventure et aux autres colonies. Non seulement les tendances observées sont-elles similaires à celles estimées avec un suivi au sol, mais on a constaté que le succès reproducteur aux rochers aux Oiseaux et celui à l’île Bonaventure sont fortement corrélés.

Diminution des contaminants mesurés

Figure 4 : Tendances temporelles des concentrations des pesticides organochlorés et des biphényles polychlorés (OC + BPC), des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (SPFA), des polybromodiphényl éthers (PBDE) et du mercure (Hg) dans les œufs de fous de Bassan de l’île Bonaventure de 1969 à 2024
Tendances temporelles des concentrations des pesticides organochlorés et des biphényles polychlorés (OC + BPC), des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (SPFA), des polybromodiphényl éthers (PBDE) et du mercure (Hg) dans les œufs de fous de Bassan de l’île Bonaventure de 1969 à 2024. La zone surlignée indique les périodes durant lesquelles les niveaux de contaminants sont supérieurs aux seuils de toxicité, définis pour chaque groupe (Ackerman et collab., 2024; Beyer et Meador, 2011; Dennis et collab., 2022; Environnement Canada, 2013). Les composés de référence sont le DDT pour OC + BPC, le perfluorooctane sulfonate (PFOS) pour les SPFA (basé sur Fournier et collab., 2026), la préparation commerciale de pentabromodiphényléther (PentaBDE) pour le PBDE et le mercure total pour Hg.
Description de la figure 4

But de la figure

  • Illustrer l’évolution à long terme des concentrations de plusieurs contaminants environnementaux dans une population étudiée entre 1970 et 2020.
  • Comparer les trajectoires temporelles de quatre groupes de contaminants : OC + BPC, SPFA, PBDE, et Hg.
  • Mettre en évidence les changements majeurs, notamment les baisses associées à des mesures réglementaires et les hausses suivies de déclins pour certains composés émergents.

Étendue temporelle

  • Échelle horizontale (axe des x) : Année, couvrant environ 50 ans (1970–2020).
  • Les données permettent d’observer des phases d’augmentation, de stabilisation et de diminution selon les contaminants.

Éléments graphiques et habillage

  • Deux axes verticaux :
    • Axe gauche (bleu) : Concentration (ng/g) pour SPFA, PBDE et Hg.
    • Axe droit (rouge) : Concentration (µg/g) pour OC + BPC.
  • Quatre courbes distinctes :
    • OC + BPC : ligne rouge continue.
    • SPFA : ligne bleue pointillée longue.
    • PBDE : ligne bleue continue.
    • Hg : ligne bleue pointillée courte.
  • Le fond blanc et les couleurs contrastées facilitent la comparaison entre contaminants.
  • Les axes sont clairement étiquetés, avec une typographie uniforme.

Légende – signification des courbes

  • OC + BPC (rouge) : contaminants organochlorés et biphényles polychlorés.
  • SPFA (bleu pointillé) : substances perfluoroalkylées.
  • PBDE (bleu continu) : retardateurs de flamme polybromés.
  • Hg (bleu pointillé fin) : mercure.
  • Chaque style de ligne permet une identification rapide et intuitive.

Description des tendances (1970–2020)

OC + BPC (rouge)
  • Concentrations très élevées au début des années 1970 (~300 µg/g).
  • Déclin rapide et continu jusqu’aux années 2000, atteignant presque zéro.
  • La baisse est cohérente avec les interdictions et restrictions réglementaires sur ces composés.
SPFA (bleu pointillé)
  • Concentrations faibles au début de la série.
  • Augmentation progressive jusqu’aux années 1990–2000.
  • Déclin récent, suggérant une réduction de l’exposition ou des changements dans l’utilisation industrielle.
PBDE (bleu continu)
  • Augmentation marquée entre 1980 et 2000, reflétant leur utilisation croissante comme retardateurs de flamme.
  • Déclin après 2000, possiblement lié à des restrictions réglementaires.
Hg (bleu pointillé fin)
  • Concentrations relativement élevées et plus stables que les autres contaminants.
  • Diminution graduelle après 2000, mais les niveaux demeurent plus élevés que ceux des autres composés à la fin de la période.

Lecture et contrastes

  • La présence de deux axes verticaux permet de comparer des contaminants aux unités différentes sans perdre de lisibilité.
  • Les styles de lignes distincts facilitent la lecture simultanée des quatre tendances.
  • La figure met clairement en évidence :
    • la forte baisse des OC + BPC,
    • les hausses suivies de déclins pour SPFA et PBDE,
    • la persistance relative du mercure.
  • La structure temporelle permet d’interpréter les effets potentiels des changements réglementaires et des sources d’exposition.

Les concentrations de l’ensemble des contaminants mesurés dans les œufs du fou de Bassan ont diminué au cours des dernières décennies. Les composés initialement ciblés, qui ont motivé la mise en place du suivi des populations et de la contamination, tels que le DDT et les biphényles polychlorés (BPC), ont connu une diminution marquée de 96 % à la suite de l’instauration de réglementations (Champoux et collab., 2015). Cette tendance à la baisse semble toutefois s’être atténuée récemment; la persistance environnementale de ces composés laisse prévoir qu’on les détectera encore pendant plusieurs années. Les concentrations de mercure ont également diminué de 50 % depuis les années 1970, bien que de manière irrégulière. D’autres contaminants d’intérêt plus récent, comme les PBDE et les SPFA, ont quant à eux atteint un pic dans les années 1990 et 2000, avant de décliner à leur tour à la suite des mesures réglementaires, avec des diminutions respectives de 90 % et 67 % (Fournier et collab.; 2026; figure 4).

Dans l’ensemble, le bilan est positif : les concentrations mesurées se situent désormais sous les seuils considérés comme toxiques, et ne permettent pas d’expliquer les fluctuations observées dans la taille de la population ou le succès reproducteur. Le niveau de contamination peut ainsi être qualifié de « bon », à la fois pour des diminutions de concentrations supérieures à 25 % et pour des concentrations récentes inférieures aux seuils de toxicité connus.

Cependant, ce constat repose uniquement sur les contaminants ciblés et mesurés. Des milliers de molécules potentiellement toxiques sont présentes dans l’environnement et constituent un stress cumulatif chronique pour le fou de Bassan. Des analyses chimiques non ciblées permettront, à l’avenir, de mieux caractériser cette fraction encore méconnue de la contamination.

Perspectives

Malgré une grande mortalité associée à une épidémie de grippe aviaire survenue en 2022, la combinaison d’un succès reproducteur élevé et en augmentation, avec un niveau de contaminants en diminution et sous les seuils de toxicité, a pour résultat une amélioration de l’état global de l’indicateur fou de Bassan par rapport au constat précédent. L’état global de l’indicateur est considéré comme « intermédiaire-bon ». Les prochaines années de suivi serviront à vérifier si le succès reproducteur se maintient à un niveau élevé et si la population nicheuse réussit à se rétablir des ravages de la grippe aviaire. La poursuite des inventaires aériens nous permettra de vérifier si les tendances observées à l’île Bonaventure sont généralisables à toutes les colonies. Des analyses chimiques rétrospectives non ciblées permettront de mieux caractériser le mélange complexe de contaminants auquel le fou est exposé et le risque qui y est associé.

Pour en savoir plus

Ackerman, J. T., S. H. Peterson, M. P. Herzog et J. L. Yee. 2024. Methylmercury effects on birds: A review, meta‐analysis, and development of toxicity reference values for injury assessment based on tissue residues and diet. Environmental Toxicology and Chemistry 43(6):1195–1241.

Beyer, W. N. et J. P. Meador (Eds.). 2011. Environmental contaminants in biota: Interpreting tissue concentrations. Second edition. CRC Press. Boca Raton, FL, USA.

Champoux, L., J.-F. Rail, R. A. Lavoie et K. A. Hobson. 2015. Temporal trends of mercury, organochlorines and PCBs in northern gannet (Morus bassanus) eggs from Bonaventure Island, Gulf of St. Lawrence, 1969-2009. Environmental Pollution 197:13–20.

Chapdelaine, G., P. Laporte et D. N. Nettleship. 1987. Population, productivity and DDT contamination trends of Northern Gannets (Sula bassanus) at Bonaventure Island, Quebec, 1967–1984. Canadian Journal of Zoology 65:2922–2926.

Dennis, N. M., F. Hossain, S. Subbiah, A. Karnjanapiboonwong, M. L. Dennis, C. McCarthy, W. A. Jackson, J. P. Crago, C. J. Salice et T. A. Anderson. 2022. Species- and tissue-specific chronic toxicity values for northern bobwhite quail (Colinus virginianus) exposed to perfluorohexane sulfonic acid and a binary mixture of perfluorooctane sulfonic acid and perfluorohexane sulfonic acid. Environmental Toxicology and Chemestry 41(1):219–229.

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Programme Suivi de l’état du Saint-Laurent

Cinq partenaires gouvernementaux – Environnement et Changement climatique Canada, Pêches et Océans Canada, Parcs Canada, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec et le ministère des Ressources naturelles et des Forêts du Québec – et Stratégies Saint-Laurent, un organisme non gouvernemental actif auprès des collectivités riveraines, mettent en commun leur expertise et leurs efforts pour rendre compte à la population de l’état et de l’évolution à long terme du Saint-Laurent.

Pour obtenir plus d’information sur le programme Suivi de l’état du Saint-Laurent, veuillez consulter notre site Web : www.planstlaurent.qc.ca/developper-les-connaissances/suivi-de-letat-du-saint-laurent.

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2026-10-01