Mise en situation - La force des positions en contre-pente
Le 15 octobre 2021

Lors de l’opération SPRING, le 25 juillet 1944, le Royal Hamilton Light Infantry (RHLI), commandé par le lieutenant-colonel John Rockingham, a prouvé la force inhérente des positions en contre-pente. Le RHLI (qui faisait partie de la 4e Brigade d’infanterie canadienne [BIC]) a été chargé de prendre le village de Verrières en phase 1 pour soutenir l’attaque du Royal Regiment of Canada (R Regt C) sur Rocquancourt en phase 2. À l’ouest du RHLI, les Calgary Highlanders de la 5 BIC avaient pour mission de prendre May‑sur‑Orne en phase 1 pour soutenir l’attaque du Black Watch (Royal Highland Regiment of Canada) en phase 2.
Le terrain était très différent dans les zones du RHLI et des Calgary Highlanders. Ces derniers devaient avancer en descente, et le commandant, le lieutenant-colonel MacLaughan, a décrit les tirs allemands comme étant « si soigneusement planifiés que chaque position où nous étions susceptibles de nous déplacer ou d’attendre était la cible d’une pluie de tirs. Systématiquement, ces zones étaient engagées, que l’on puisse les voir ou non ». Le résultat fut que « tous les tirs semblaient être des tirs observés provenant de pos[itio]ns extrêmement bien cachées. Tout mouvement, quel qu’il soit, était donc découragé ». De même, les membres du RHLI ont dû initialement descendre de leur ligne de départ à la ferme Troteval, mais lorsqu’ils ont réussi à prendre le village, ils se trouvaient encore à quelques centaines de mètres au nord de la crête de Verrières, soit en contre-pente. Rockingham a rapidement poussé des éléments au-delà du village pour occuper des positions dans les lignes d’arbres qui étaient encore en dessous de la crête. Cette différence subtile dans le terrain sur lequel les Calgary Highlanders et le RHLI se sont regroupés a joué un rôle clé dans la capacité de ces derniers à repousser de nombreuses contre‑attaques de la 1 SS Panzer Division ‘Leibstandarte Adolf Hitler’ tout au long de la journée, dont plusieurs étaient dissimulées par des écrans de fumée. La Leibstandarte a en fait réussi à pénétrer les éléments de couverture de Rockingham jusqu’à 400 mètres du village, mais n’a pas pu avancer davantage.
Si les positions en contre-pente ajoutaient un élément de surprise pour le défenseur, la position opposée, qui consistait à tenter de se retrancher sur les glacis, sacrifiait beaucoup d’avantages tactiques. Par exemple, le 20 juillet, une compagnie Calgary des Highlanders a tenté de se retrancher sur le glacis du point 67 et a subi de lourdes pertes. Sur les cinq attaques distinctes de bataillons menées au cours des phases 1 et 2 de SPRING, seul le RHLI a réussi à tenir sa position, en partie grâce à la force tactique intrinsèque d’une position en contre-pente bien organisée.