Événement de lancement - Repenser la justice pour les survivant.e.s de violence sexuelle: une enquête systémique
À propos de l'événement
Le 25 novembre 2025, le Bureau de l'Ombudsperson fédéral des victimes d’actes crimes (BOFVAC) a organisé un événement hybride pour promouvoir la publication du rapport « Repenser la justice pour les survivant.e.s de violence sexuelle : une enquête systémique. » Un panel d'experts a été convié, suivi d'une activité de réseautage entre défenseurs, décideurs et Canadiens engagés œuvrant tous pour un avenir sans violence.
Cet événement a mis en lumière les conclusions de l’enquête systémique lancée par le BOFVAC le 11 mars 2024, qui portait sur la façon dont les survivant.e.s de violence sexuelle sont traité.e.s dans le système de justice pénale (SJP) du Canada. L’enquête a été menée pour mettre en lumière les lacunes critiques et apporter des réformes urgentes dans tout le système.
Il est essentiel de changer la façon dont les survivant.e.s d’agression sexuelle sont traités dans le SJP du Canada. Les améliorations doivent être guidées par la voix des survivants afin de faire progresser les droits des victimes et d’améliorer leur expérience tout au long du processus judiciaire.
Biographies - Panélistes
Marlee Liss, conférencière, militante pour les droits des survivants, éducatrice somatique, auteure
Marlee Liss est une éducatrice somatique, travailleuse sociale et féministe lesbienne dont l'affaire d'agression sexuelle a abouti à une décision judiciaire réparatrice historique au sein du système de justice pénale nord-américain. Conférencière primée, interviewée par Forbes, le HuffPost et le Mel Robbins Show, elle a fondé la coalition mondiale Survivors 4 Justice Reform et a presenté lors des conférences lors du Action Trauma Summit, de l'Université Vanderbilt, de la Conférence sur la santé mentale des femmes à Yale, et bien d'autres événements. Ses expériences font actuellement l'objet d'un documentaire et son livre sur la réinvention de la justice paraîtra chez Penguin Random House en 2027.
Nneka MacGregor, cofondatrice et directrice générale de WomenatthecentrE
Nneka MacGregor est cofondatrice et directrice générale du Women's Centre for Social Justice, également connu sous le nom de WomenatthecentrE, un organisme à but non lucratif unique qui a été créé POUR les femmes survivantes de VFS, PAR des femmes survivantes. Nneka élabore et dispense des formations à divers organismes et organisations qui favorisent une meilleure compréhension des problèmes, et se concentre sur le plaidoyer personnel et politique pour les femmes survivantes, ainsi que sur les moyens d'impliquer les hommes et les garçons dans les initiatives visant à éradiquer la violence à l'égard des femmes.
Deepa Mattoo, directrice générale de la Clinique commémorative Barbra Schlifer
Deepa Mattoo est une avocate dévouée et une féministe intersectionnelle reconnue pour son engagement à faire progresser l'équité, la lutte contre l'oppression et la lutte contre le racisme. Sa longue carrière s'étend sur divers rôles juridiques et de direction. Depuis 2019, Deepa est directrice générale de la Barbra Schlifer Commemorative Clinic, supervisant plusieurs départements et dirigeant les efforts d'intervention et de plaidoyer de la clinique. Elle a comparu devant la CSC, des comités parlementaires et des réunions de la société civile des Nations Unies, plaidant sur un large éventail de questions de justice sociale et de droits de la personne. En 2023, Deepa a été nommée au Comité d'examen des décès dus à la violence familiale (CEDVF).
Sunny Marriner, présidente du Cercle consultatif d’experts du BOFVAC
En tant que responsable nationale du Projet d’amélioration de la responsabilisation institutionnelle (PARI), Sunny Marriner a dirigé l’introduction d’examens de cas indépendants dirigés par des défenseurs dans les enquêtes sur les agressions sexuelles non inculpées au Canada et à l’étranger. Le modèle indépendant de surveillance de la police du PARI, Violence Against Women Advocate Case Review, est aujourd’hui utilisé dans plus de 30 collectivités canadiennes dans cinq provinces. Sunny fait la promotion de changements systémiques dans les réponses à la violence sexuelle dans les cadres institutionnels et de justice pénale en priorisant la responsabilisation systémique, la surveillance indépendante et l’amélioration de la collecte de données. Son approche met aussi l’accent sur le rôle clé des mouvements de défense féministes de première ligne dirigés par des survivantes en tant que principaux moteurs de changements systémiques pour les femmes et les filles au Canada.
Le travail de Sunny s’appuie sur 27 ans de plaidoyer et de soutien aux survivantes de violence sexuelle dans le cadre du mouvement des centres féministes indépendants canadiens d’aide aux victimes d’agression sexuelle. Elle apporte régulièrement son expertise aux autorités provinciales, nationales et internationales dans le domaine des réponses policières, juridiques et gouvernementales à la violence sexuelle.
Jennifer Moore-Rattray, L’ancienne Directrice exécutive de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, et l’ancienne représentante spéciale du ministre pour l’appel à la justice 1.7
Jennifer Moore Rattray est une dirigeante novatrice du secteur public, fière citoyenne de la Première Nation crie de Peepeekisis et directrice générale de Marymound, l'un des plus importants et des plus anciens organismes de services sociaux du Manitoba.
Elle a mené des transformations majeures dans divers secteurs, notamment à titre de directrice générale de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et à titre de représentante spéciale du ministre des Relations Couronne-Autochtones du Canada, où elle a contribué à la création d’un poste d’ombudsman national des droits de la personne et des Autochtones.
Auparavant, en tant que sous-ministre adjointe de la province du Manitoba, elle était responsable du Programme de prévention de la violence familiale et s’efforçait d’améliorer la situation des citoyens marginalisés. À l'Université de Winnipeg, elle a occupé le poste de vice-présidente associée pendant plus de dix ans, œuvrant à élargir l'accès à l'enseignement supérieur pour les étudiants autochtones, les nouveaux arrivants et les étudiants à faible revenu.
Jennifer a débuté sa carrière comme journaliste primée au Canada et aux États-Unis, où elle a mené des enquêtes sur les gouvernements et les fonctionnaires. Elle est honorée de siéger au Cercle consultatif de l'ombudsman fédéral des victimes d'actes criminels.
Marie-Christine Villeneuve, coordonnatrice aux communications et relations publiques chez Réseau des Centres d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC)
Marie-Christine Villeneuve est coordonnatrice aux communications et aux relations publiques au sein du Réseau des Centres d'aide aux victimes d'actes criminels depuis près de quatre ans. Alimentée par ses collègues du terrain de partout au Québec, elle porte la mission des CAVAC et fait la promotion des besoins des personnes victimes, notamment à travers son rôle de porte-parole.
Dr Benjamin Roebuck, ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels
Benjamin Roebuck (il/lui) détient un doctorat en criminologie de l’Université d’Ottawa et est un spécialiste mondialement reconnu du domaine de la victimologie, qui possède plus de quinze ans d’expérience de la recherche et de l’enseignement sur les droits des victimes. Avant sa nomination au poste d’ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels, il était titulaire de la chaire de recherche et professeur en victimologie et sécurité publique au Collège Algonquin, où il est membre fondateur du Centre de recherche en victimologie. Il a été le chercheur principal dans le cadre d’études qui ont exploré la résilience et le changement post-traumatique chez les victimes de violence, les fournisseurs de services aux victimes et les personnes ayant vécu une expérience de l’itinérance. M. Roebuck a siégé au conseil d’administration de l’organisme Prévention du crime Ottawa et a été membre de comités dont les travaux étaient axés sur la justice réparatrice, la santé mentale et la justice pour les jeunes. Il a été membre du comité consultatif externe du Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle, qui offre des services de soutien aux membres actifs et retraités des Forces armées canadiennes ainsi qu’aux fonctionnaires actuels et anciens employés de la Défense nationale touchés par l’inconduite sexuelle.
Résumé de l'événement
Mot d'ouverture
L'événement a débuté par une reconnaissance du territoire et une prière dirigées par l’aîné Malcolm Solis, qui a mis l'accent sur la connaissance autochtone, la force communautaire et la justice réparatrice. Ses réflexions ont mis en lumière des décennies de travail en matière de protection de l'enfance et de réforme de la justice, soulignant la nécessité de respect et de guérison dans les processus judiciaires.
Remarques de l'enquêtrice principale – Hoori Hamboyan
Hoori a débuté ses remarques d'ouverture en remerciant les survivant.e.s, les intervenant.e.s, le comité consultatif fédéral et les cercles consultatifs. En réfléchissant aux problèmes systémiques, elle a noté comment les procédures judiciaires retraumatisent souvent les victimes, citant le récit d'une survivante ayant été « déchiquetée en morceaux » lors du contre-interrogatoire. Hoori a appelé à un système judiciaire constamment informé sur les traumatismes, proactif dans la fourniture d'informations et de choix, et engagé à défendre les droits des victimes — et non dépendant de la gentillesse individuelle. La vision présentée inclut des procès équitables pour toutes les parties, un traitement rapide des affaires, des aides au témoignage adaptées aux besoins variés, une police informée des traumatismes, une meilleure collecte de données et des options de justice réparatrice. Bien que des progrès aient été réalisés — comme le rejet des questions basées sur des stéréotypes par les juges et une meilleure accessibilité pour les survivantes sourdes — des lacunes importantes subsistent, en particulier pour ceux confrontés à des barrières intersectionnelles. La mise en œuvre des recommandations du rapport favorisera la cohérence, la responsabilité, la guérison et une société plus sûre.
Témoignage d’une survivante – Marlee Liss
Dans un enregistrement vidéo, Marlee Liss, défenseure des survivant.e.s, a partagé son expérience d'agression sexuelle et la retraumatisation causée par les procédures judiciaires. Elle a plaidé pour des options éclairées sur les traumatismes et dirigées par les survivant.e.s, y compris la justice réparatrice, ainsi que des amendements à la Charte canadienne des droits des victimes afin d'assurer un consentement éclairé et un choix.
Points à souligner
Le panel était formé de cinq personnes expertes qui ont apporté des analyses approfondies sur les problèmes systémiques et les solutions.
Sunny Mariner, présidente du Cercle consultatif d'experts du BOFVAC
Elle a partagé sa vaste expérience dans les centres d'agression sexuelle de première ligne, en soulignant que ces centres ont été fondés par des survivantes pour les survivantes. Elle a souligné le principe selon lequel les survivantes sont des expertes de leur propre vie et a évoqué son travail sur la responsabilité institutionnelle et les mécanismes de surveillance pour examiner les affaires policières qui ne sont pas poursuivies. Sunny a insisté sur le fait que la gentillesse seule ne suffit pas; la responsabilité systémique et l'équité procédurale sont essentielles.
Nneka McGregor, cofondatrice et directrice exécutive de WomenatthecentrE
Elle parlait passionnément, en tant que femme noire, abolitionniste et avocate, des préjudices inhérents au système de justice pénale. Elle s'est opposée aux réformes progressives, prônant plutôt une justice transformatrice qui déracine le racisme systémique, le sexisme et l'oppression. Nneka a décrit le travail de son organisation pour créer des espaces dirigés par les survivantes et perturber les récits nuisibles, mettant l'accent sur la responsabilité communautaire et l'amour comme fondations de la justice.
Marie-Christine Villeneuve, Coordinatrice des communications et des relations publiques au Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC)
Présentait les approches innovantes du Québec, incluant des agents de liaison pour les victimes de violences sexuelles et des tribunaux spécialisés. Elle a expliqué comment ces initiatives visent à reconstruire la confiance dans le système judiciaire en centrant les besoins des victimes, en réduisant la re-traumatisation et en assurant une participation éclairée. Marie-Christine a détaillé des programmes offrant un soutien flexible, informé sur les traumatismes et une collaboration entre les agences.
Deepa Mattoo, directrice exécutive de la clinique commémorative Barbra Schlifer
A souligné l'importance cruciale des droits exécutoires et des conseils juridiques indépendants. Elle a expliqué comment sa clinique permet aux survivantes de faire des choix éclairés à travers de multiples voies juridiques — pénales, civiles et droits humains — plutôt que de recourir par défaut au système pénal. Deepa a également évoqué les failles systémiques, les barrières linguistiques et la nécessité de services culturellement sensibles. Elle a salué les recommandations visant à élargir le financement de la représentation juridique et a appelé à des réformes structurelles au-delà des programmes uniquement de conseils.
Jennifer Moore-Rattray, ancienne directrice exécutive de l'enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues et assassinées, et ancienne représentante spéciale ministérielle sur Appel à la justice 1.7
Elle s'est appuyée sur son expérience en tant que directrice exécutive de l'Enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues et assassinées. Elle a souligné l'urgence de mettre en œuvre les 231 appels à la justice, notant que les progrès ont été lents et insuffisants. Jennifer a présenté cela comme une responsabilité sacrée et a appelé à la responsabilité politique, à des approches intersectionnelles et à un plaidoyer soutenu pour mettre fin à la violence basée sur le genre et à la négligence systémique.
Collectivement, les panélistes ont souligné qu'un changement significatif nécessite une responsabilité systémique, un leadership des survivant.e.s et un changement de paradigme vers des modèles de justice transformateurs et informés sur le traumatisme.
Mot de la fin
Le Dr Benjamin Roebuck, ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels, a remercié l’aîné Macolm Saulis, les panélistes, les survivant.e.s, les intervenant.e.s et l'équipe du BOFVAC pour leur force et leur sagesse. L'événement s'est conclu par un appel à l'action clair : mettre en œuvre les recommandations, garantir la responsabilité et plaider pour une réforme systémique. Le BOFVAC attend avec impatience la réponse du gouvernement en reconnaissant les actions officielles.