Notes d’allocution pour Randy Boissonnault Conseiller spécial du premier ministre  sur les enjeux liés aux LGBTQ2 à l’occasion de l’évènement NGLCC Global 5th LGBT Summit of the Americas

Discours

Organisé par la Canadian Gay & Lesbian Chamber of Commerce

InterContinental Toronto Yorkville
220, rue Bloor Ouest
Toronto
15 juin 2017 de 12 h 30 à 14 h

Sous réserve de modifications. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles du gouvernement du Canada et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à sa politique sur les communications.

Bonjour. Je commencerai en disant que je suis honoré de reconnaître que nous sommes actuellement sur le territoire non cédé de la Première nation des Mississaugas de New Credit. Je présente les salutations du Premier ministre Justin Trudeau à ce cinquième Sommet des Amériques LGBT organisé par notre propre Chambre de commerce canadienne gay et lesbienne.

Je tiens à remercier Darrell Schuurman de m’avoir invité à cette formidable conférence de trois jours. Quelle participation extraordinaire! Et quelle palette de gens talentueux qui sont ici pour la semaine! Vous et vos collègues de la Chambre avez vraiment de quoi être fiers.

Mais quoi de plus normal pour Darrel, qui accomplit un travail remarquable en faisant la promotion de l’entrepreneuriat à titre de cofondateur et PDG et de votre Chambre.

Darrell, j’ai été emballé d’apprendre que tu as lancé un programme de mentorat pour la jeunesse LGBTQ2. J’aimerais que tu me tiennes au courant de cette superbe initiative.

Je suis honoré d'être avec vous ici aujourd'hui au déjeuner dans mon rôle de conseiller spécial du Premier ministre sur les questions LGBTQ2. En tant que premier parlementaire ouvertement gay élu de l'Alberta et en tant que dévoué et fier entrepreneur et entrepreneur social, je me sens ici aujourd'hui, j'ai encore une fois trouvé ma tribu.

(En espagnol) C'est un grand honneur d'être ici avec vous et d'aborder les problèmes de la communauté LGBTQ2 dans notre hémisphère. Je suis le vice-président de l'association interparlementaire appelé ParlAmericas et, dans ma vie antérieure, j'ai passé beaucoup de temps à Buenos Aires pour apprendre plus d'espagnol et danser le tango. Donc, je suis très fier d'être ici avec chaque personne ici.

Aujourd’hui, je suis censé parler d’économie. Mais depuis que le premier ministre Justin Trudeau m’a nommé Conseiller spécial sur les enjeux liés aux LGBTQ2, j’aborde régulièrement les questions liées aux droits de la personne lors de mes déplacements au pays et quand je rencontre des collègues dans d'autres pays.

Je soupçonne qu’il doit y avoir des Canadiens – quoique pas beaucoup dans cette salle – qui se posent la question : « Mais pourquoi parlez-vous de droits? »

« N’avons-nous pas déjà accompli certaines réalisations historiques dans les années 1990 et 2000, comme l’adoption de lois pour assurer la protection des droits de la personne et l’égalité au droit de mariage? »

Moi d’y répondre : OUI.

Et ils demanderaient peut-être : « La société canadienne n’est-elle pas l’une des plus ouvertes et accueillantes dans le monde »?

À nouveau je répondrais OUI. Mais parlons un peu de cette conférence. Elle est pleine à craquer. Les visiteurs venus de toutes les Amériques s’y sentent les bienvenus, et les commanditaires font partie de la fine fleur du milieu des affaires.

Cet évènement met en vedette au-delà de 140 000 entreprises canadiennes qui appartiennent à des membres de la communauté LGBTQ2; une communauté dont le pouvoir d’achat annuel dépasse les 90 milliards de dollars.

Mais si ces mêmes personnes me posaient la question : Randy, pourquoi parles-tu encore de droits? N’avons-nous pas déjà atteint l’égalité? »

Ma réponse à cette question serait un NON catégorique.

Oui, il est vrai que nous avons de nombreuses raisons d’être fiers de notre société. Le Canada est considéré comme l’un des pays les plus ouverts à la communauté LGBTQ2, et ce, dans une période où il y a des réactions brutales contre nos communautés ailleurs sur la planète.

Le weekend dernier, je suis allé dans mon coin de pays pour participer à la Fierté gaie d’Edmonton. Je peux vous assurer que cette activité ne cesse de gagner en popularité été après été. Ce gain de popularité est particulièrement gratifiant pour nous qui avons connu de temps plus difficiles.

Mais il ne faut pas se faire d’illusions. La discrimination et l’exclusion sont toujours présentes. Et elles coûtent cher.

Aujourd’hui – en 2017 – nous devons encore composer avec les effets de l’intolérance. De nombreux jeunes ont peur d’aller à l’école parce qu’ils se font intimider ou humilier. D’autres s’empêchent d’aller aux toilettes pendant toute la journée parce qu’ils ne savent pas s’ils y seraient à l’aise ou même en sécurité. Les enfants transgenres sont soumis à d'autres enfants qui tirent leurs pantalons de force pour révéler leurs organes génitaux.

Soyons clairs – lorsqu’un jeune décide de vivre dans la rue, de lâcher l’école, de quitter un emploi… ou pire encore, on ne parle pas que d’un coût humain tragique.

Il y a des coûts économiques aussi. Notre pays s’efforce depuis des années d’améliorer sa productivité, et n’oublions pas que la notion de productivité renvoie à la quantité moyenne d’extrants que chacun d’entre nous produit.

À un moment où les entreprises ont désespérément besoin de travailleurs qualifiés, le Canada ne peut tout simplement pas se permettre de perdre des membres potentiellement productifs de notre société. Nous devons absolument les intégrer dans le système.

Egale, un organisme de bienfaisance canadien consacré à la promotion des droits des communautés gaies, lesbiennes, bisexuelles et transgenres, a présenté quelques statistiques troublantes lors d’une récente comparution devant un comité sénatorial.

Par exemple, 13 p. 100 des crimes haineux reportés par la police au Canada sont motivés par l’orientation sexuelle.

Egale a également indiqué que 40 p. 100 des victimes de ces crimes sont âgées de moins de 25 ans. Essayez d’imaginer les répercussions de tels actes sur l’estime de soi d’un jeune.

Le rapport d’Egale mentionne aussi des données de Statistique Canada selon lesquelles deux tiers des crimes haineux motivés par l’orientation sexuelle ont été des crimes violents.

Une autre étude réalisée en 2016 par Statistique Canada, cette fois-ci sur l’itinérance, nous apprend aussi des choses fort intéressantes.

Cette étude s’est intéressée au nombre de Canadiens qui ont déclaré avoir déjà eu à vivre temporairement avec leur famille, des amis, dans leur voiture ou n’importe où ailleurs parce qu’ils n’avaient nulle part ailleurs où vivre.

Cette situation est appelée itinérance « cachée » ou « dissimulée ».

L’étude a constaté que parmi les personnes qui se sont auto-identifiées comme étant homosexuelles ou bisexuelles, 15 p. 100 ont déclaré avoir vécu un épisode d’itinérance cachée. Ce taux est presque le double de celui des personnes qui se sont identifiées comme étant hétérosexuelles.

Le même rapport indique que, même si les membres des communautés LGBTQ2 représentent probablement entre 5 p. 100 et 10 p. 100 de la population canadienne, ils représentent entre 25 p. 100 et 40 p. 100 des jeunes itinérants.

Faut-il s’étonner que les sondages auprès des membres de nos communautés transgenres révèlent des taux élevés d’anxiété, de dépression, de dépendance, d’absentéisme, de chômage, d’itinérance et de suicide?

Il est facile de comprendre que RIEN de cela n’est bon pour notre économie.

On ne dispose pas de beaucoup de données sur les coûts de l’exclusion, car il est difficile de la mesurer. Mais vous êtes peut-être au courant d’une étude réalisée par la Banque mondiale en 2014, étude qui révèle que le coût de l’intolérance en Inde s’élève à 31 milliards de dollars américains par année.

Dans un rapport publié plus tôt cette année, un chercheur d’ONUSIDA a proposé une estimation conservatrice selon laquelle l’homophobie et la transphobie à l’échelle mondiale coûtent au moins 100 milliards de dollars par année en pertes de production économique.

Heureusement, de nombreux indices, notamment ici parmi nous, nous montrent que le milieu des affaires canadien « a compris » - et que le Canada tire maintenant profit de l’inclusion.

L'excellent travail de Martine Roy et ses alliés ici dans cette salle de Pride at Work regroupe désormais 75 entreprises nationales parmi ses membres afin de créer des lieux de travail inclusifs.



Randstad, entreprise torontoise spécialisée dans le recrutement, a publié un article sur cette question l’été dernier. L’article fait la lumière sur les raisons pour lesquelles les grandes banques canadiennes, comme la Banque TD, commanditaire de cette conférence soit dit en passant, font la file pour commanditer des évènements comme la Fierté gaie à Toronto.

Et pourquoi pas? Les sondages nous indiquent qu’une majorité écrasante des membres de notre communauté préfèrent faire des affaires avec des entreprises qui traitent leurs employés LGBTQ2 avec respect.

Il est évidents pour tous ceux et celles qui ont déjà assisté ou participé aux activités de la Fierté que l’activité économique y est très présente.

Une étude a révélé que le festival de la Fierté gaie de Toronto a injecté 286 millions de dollars dans l’économie de la ville en 2013, créé près de 3500 emplois et généré 61 millions de dollars en recettes fiscales.

Randstad fait remarquer que la Banque TD et d’autres organisations de même envergure savent qu’appuyer le festival de la Fierté représente une pratique exemplaire. Mais elles savent aussi que c’est bon pour les affaires.

Randstad cite également un rapport publié par le cabinet d’études de marché Nielsen en 2015. On y lit que la communauté LGBTQ2 dépense pour 3,8 milliards de dollars annuellement en produits emballés. Toujours selon ce rapport, les ménages LGBTQ sont souvent peu nombreux, mais leurs revenus – supérieurs à 100 000 $ – sont généralement plus élevés que ceux de la moyenne de la population. Ils ont donc un pouvoir d’achat supérieur.

Une étude publiée dans la Revue canadienne d’économique suggère que l’adoption de politiques d’inclusion devrait être un facteur essentiel pour toute entreprise qui essaie de se démarquer de ses compétiteurs.

Chez nos voisins du Sud, le Williams Institute de l’Université de Californie a reporté que, depuis la décision de la Cour suprême rendue en 2015 sur l’égalité au droit de mariage, l’industrie du mariage entre personnes de même sexe a injecté près de 1,6 milliard de dollars américains dans l’économie nationale.

Toujours aux États-Unis, la Human Rights Campaign Foundation a mené des recherches intéressantes sur l’inclusion en milieu de travail.

La Fondation se fonde sur son indice Corporate Equality Index pour mesurer le niveau d’égalité dans les organisations. Et 2017 a été une année record : 517 entreprises ont obtenu la note de 100; comparativement à 407 l’année précédente.

C’est une progression de plus de 25 p. 100 en une seule année. C’est aussi la plus forte hausse depuis les quinze ans d’existence de l’indice, qui est d’ailleurs le premier outil d’analyse comparative à avoir été mise en place chez nos voisins du Sud pour mesurer l’égalité en milieu de travail dans le contexte des LGBT.

Selon les propos de la Fondation, le leadership dont font preuve ces entreprises, notamment en critiquant les lois discriminatoires, reflète les efforts qu’elles déploient depuis plus de dix ans pour améliorer l’égalité en milieu de travail pour les LGBT, en particulier les transgenres.

Et consciente de la portée internationale du problème, la Fondation s’est penchée sur les pratiques des entreprises Fortune 500 qui ont habituellement de nombreux employés dans d’autres pays.

Parmi ces 500 entreprises, 92 p. 100 ont des politiques de non-discrimination en place qui tiennent compte de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle.

Je n’ai pas connaissance d’études semblables au Canada. N’empêche, je pense qu’il n’est pas exagéré de dire que nos résultats sont aussi favorables, étant donné le nombre important de grandes entreprises américaines installées au Canada.

Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. En fait, la Human Rights Campaign Foundation a publié récemment quelques recherches peu rassurantes sur le milieu de travail dans les organisations américaines.

Selon une importante étude publiée en 2014, plus de deux tiers d’employés LGBT ont dit avoir entendu des plaisanteries sur les gais et les lesbiennes, et 40 p. 100,des blagues sur les transgenres.

Catalyst, un organisme sans but lucratif américain qui œuvre à la promotion de l’inclusion en milieu de travail a fait ressortir les répercussions de ces soi-disant plaisanteries. Il en ressort que pour les employés LGBT, les blagues sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre sonnent comme des marques d’exclusion.

L’étude de 2014 de la Fondation a observé également qu’un peu plus de la moitié des employés interviewés – soit 53 p. 100 – cachent leur orientation sexuelle ou leur identité de genre au travail. Et un peu plus du tiers – 35 p. 100 – mentent à propos de leur vie personnelle.

Et 23 p. 100, soit presque un sur quatre, des employés qui restent dans le placard, ont dit craindre de ne pas avoir accès à des possibilités de développement ou d’avancement de carrière s’ils dévoilaient leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

La situation est particulièrement difficile pour la communauté transgenre. La Human Rights Foundation a observé dans l’une de ses études que le taux de chômage parmi les transgenres est trois fois supérieur à la moyenne.

Plus du quart (27 p. 100 pour être précis) n’ont pas été embauchés, ont été remerciés ou n’ont pas eu de promotion en 2015 en raison de leur identité de genre ou de leur expression sexuelle, c’est ce qui révèle le sondage sur les transgenres aux États-Unis, la principale étude du genre consacrée à la communauté transgenre en Amérique.

Mais ce n’est pas tout… en 2015, pas moins de 80 p. 100 des employés transgenres ont été la cible de harcèlement ou de maltraitances au travail, ou ont pris des mesures pour éviter ce genre de gestes.

Au Canada, des données du projet Trans PULSE indiquent que les transgenres font face à des obstacles à l’emploi considérables et à beaucoup de discrimination.

Le sondage le plus récent révèle une incidence presque universelle de « transphobie au quotidien » à l’égard des transgenres en Ontario. Par exemple, 96 p. 100 des personnes interviewées ont déjà entendu dire que les transgenres ne sont pas normaux, et 73 p. 100 ont été la cible de taquineries ou d’insultes en raison de ce qu’elles sont.

Le rapport souligne que ces offenses quotidiennes font des ravages : 77 p. 100 des répondants ont peur de vieillir en tant que personnes transgenres, et 67 p. 100 craignent de mourir jeunes.

Les milieux de travail de l’Ontario ne sont pas une sinécure non plus pour les transgenres. Parmi les répondants, 13 p. 100 ont répondu qu’ils ont été congédiés parce qu’ils étaient transgenres, alors que 15 p. 100 pensaient que le fait d’être transgenres était la raison de leur congédiement. En plus, 18 p. 100 des répondants ont dit qu’ils se sont vu refuser un emploi parce qu’ils étaient transgenres, et 32 p. 100 estiment qu’un emploi leur a été refusé au motif qu’ils étaient transgenres.

Et voici une statistique particulièrement alarmante : 20 p. 100 (soit un sur cinq) des répondants ont dit avoir été agressés physiquement ou sexuellement du fait qu’ils étaient transgenres.

Ces statistiques nous rappellent tristement que la pleine égalité est loin d’être acquise. Même si les entreprises adoptent des politiques en matière de ressources humaines afin d’assurer l’inclusion, les pratiques haineuses du passé peuvent encore nous tomber dessus furtivement.

C’est d’ailleurs pourquoi notre gouvernement prend des mesures dans différents domaines afin de favoriser l’égalité. Nous voulons nous assurer que notre diversité est reconnue comme un actif national et un avantage comparatif par rapport à nos compétiteurs.

Notre gouvernement réalise des progrès dans de nombreux dossiers. L’an dernier, nous avons déposé et rapidement adopté à la Chambre des communes le projet de loi C-16, destiné à protéger les personnes transgenres.

Le projet de loi est maintenant à l’étude devant le Sénat. Une fois adopté, il permettra d’apporter d’importantes modifications à la Loi canadienne sur les droits de la personne et au Code criminel.

Par ce projet de loi, nous cherchons à protéger les transgenres canadiens contre la discrimination et à empêcher la propagande haineuse ciblant les personnes en raison de leur identité de genre et de leur expression sexuelle.

Nous avons également pris des mesures pour finalement supprimer l’article 159 du Code criminel de manière à éliminer le biais négatif contre les rapports entre personnes du même sexe.

Plus tôt cette semaine, j’ai eu le plaisir d’être aux côtés du premier ministre Trudeau sur la Colline du Parlement pour hisser les drapeaux de la Fierté gaie et de la Fierté transgenre. Lors de cette cérémonie, notre gouvernement a annoncé qu’il ira de l’avant avec le processus de radiation des casiers judiciaires des membres des communautés LGBTQ2. Ces membres sont des personnes qui ont été injustement reconnues coupables d’un crime tout simplement en raison de leur identité ou de leurs relations amoureuses. Nous déposerons un projet de loi en ce sens au cours de l’automne.

En outre, d’ici la fin de l’année, notre gouvernement présentera des excuses pour le rôle que ses mesures législatives, ses programmes et ses politiques ont joué dans la discrimination et les injustices subies par nos communautés LGBTQ2. Nous présenterons nos excuses de manière inclusive et éloquente d’ici la fin 2017.

Oui, soyons transparents. Notre gouvernement reconnaît que nos lois, programmes et politiques discriminatoires ont joué un rôle dans ces injustices subies par les communautés LGBTQ2. Mais nous présenterons nos excuses aux Canadiennes et aux Canadiens.

Sur le plan international, le Canada finance et met en œuvre des projets qui appuient les programmes de prévention de la violence, les campagnes de sensibilisation et les initiatives de défense des intérêts.

Notre gouvernement est également fier d’assurer la coprésidence de la Coalition sur l’égalité des droits. Ce nouveau réseau intergouvernemental composé de 33 pays cherche à promouvoir et à protéger les droits humains des lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres et intersexués à l’échelle internationale.

Nous avons aussi joué un rôle déterminant pour assurer que le Commonwealth reconnaisse le Réseau sur l’égalité du Commonwealth comme organisation à part entière. Cela a été fait le 1er juin.

J’aimerais conclure en vous racontant une anecdote qui témoigne à quel point ces enjeux me touchent personnellement.

À l’âge de 19 ans, je suis entré dans un monde très, très loin de la petite vie rurale de l’Alberta. J’ai fait des études au Corpus Christi College, qui fait partie de l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni. À l’époque, je n’étais pas ouvertement gai.

Chaque jeudi soir, un groupe de la communauté du campus se réunissait en privé pour des séances d’entraide.

Et chaque jeudi soir, je m’arrangeais pour être le plus loin possible du campus. Je ne voulais absolument rien savoir de ce groupe.

Des années plus tard, je suis retourné à Oxford pendant les célébrations de la fierté gaie. Quand je suis passé en voiture dans le campus, j’ai vu des drapeaux de la fierté gaie qui claquaient au vent, accrochés aux fenêtres des dortoirs. J’en étais bouleversé et je me suis senti libéré.

Mais ce qui m’a le plus marqué de ce voyage, c’est quand je suis allé diner avec une ancienne camarade de classe. Elle est mariée et elle a un fils de je ne sais plus trop quel âge.

En dinant, j’ai appris que son fils, qui était assis à la table en train de dévorer un « fish & chips », avait remarqué les drapeaux de la fierté gaie quelques jours auparavant. Il avait alors demandé à sa mère ce qu’ils signifiaient. Et, elle lui a expliqué.

C’est alors que mon amie s’est tournée vers son fils pour lui dire : « Sevvy, dis à oncle Randy ce qui signifie ce drapeau ». Sans hésitation, il a répondu : « Tout le monde. »

C’est bien de cela qu’il est question – d’égalité, d’acceptation et de respect. Nous devons encourager les personnes, les familles, les collectivités, les groupes d’intérêt et les gouvernements à s’unir; à lutter contre la discrimination partout où elle se trouve, et ce en tout temps; à célébrer notre diversité; à aider les membres de nos communautés à dire « Je suis libre d’être moi-même. »

C’est alors que nous pourrons tous profiter – sur les plans social et financier – d’un monde libre de la haine et de l’intolérance.

Merci m’avoir donné la possibilité de vous exprimer mes points de vue.


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