LGBTTIQA2S : Nos luttes, nos victoires, nos défis

Discours

Notes d’allocution pour Randy Boissonnault
Conseiller spécial du premier ministre
sur les enjeux liés aux LGBTQ2
à
La vie des LGBTTIQA2S : Nos luttes, nos victoires, nos défis

Montréal
Le 15 août 2017

Sous réserve de modifications. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles du gouvernement du Canada et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à sa politique sur les communications.

Bonjour tout le monde! Je suis très heureux d’être ici aujourd’hui!

Au nom du gouvernement du Canada, j’ai le plaisir d’adresser mes salutations à cette impressionnante assemblée qui rassemble certains des principaux universitaires, les activistes les plus dévoués et les principaux partenaires culturels de nos communautés.

Merci pour cette invitation, et félicitations aux organisateurs de Fierté Montréal d’avoir mis sur pied cette conférence et d’être la ville hôte des célébrations de la fierté au Canada cette année.

Cette conférence et le travail que vous faites cette semaine amélioreront notre compréhension de notre histoire, de nos succès et des défis auxquels doivent faire face nos communautés dans leur lutte sans répit pour l’égalité.

Montréal est une ville fabuleuse. Et c’est une ville qui m’est très chère, car c’est ici que j’ai décidé de révéler mon homosexualité!

Et nous savons tous que Montréal a joué un rôle crucial dans l’avancement de l’égalité des personnes LGBTQ2. Personnellement, un incident est resté gravé dans ma mémoire.

En 1977, les descentes de la police au Truxx Bar et au Mystique ont mené à l’arrestation de 146 personnes, provoquant de grandes manifestations contre ces injustices. Ces manifestations ont incité les législateurs à modifier plus tard cette année‑là la Charte des droits de la personne du Québec pour y inclure l’orientation sexuelle comme motif interdit de discrimination.

Le Québec a été la première province canadienne à franchir ce pas. Cela s’est produit quatre ans avant que les descentes dans les bains publics de Toronto galvanisent le mouvement pour les droits des gais et lesbiennes au Canada anglais.

Et c’est près de deux décennies après les descentes de Montréal et l’adoption des mesures législatives qui en ont découlé que notre gouvernement fédéral a franchi ce pas.

Montréal conserve son rôle vital cette semaine, alors que nous sommes réunis pour explorer des façons de faire progresser les droits de tous les Canadiens, peu importe leur orientation, leur identité ou leur expression sexuelles.

L’ordre du jour de votre conférence met en lumière avec raison les défis auxquels doivent faire face les membres de nos communautés.

Par exemple, certains ateliers portent sur les enjeux particuliers qui touchent les jeunes et les personnes âgées. D’autres traitent des multiples problèmes auxquels se heurtent les membres de nos communautés appartenant à des groupes raciaux ou religieux minoritaires.

Il s’agit de défis qui préoccupent les gouvernements canadiens et notre société. Par conséquent, lorsque vous écouterez les conférenciers et participerez aux ateliers, je tiens à ce que vous gardiez à l’esprit certaines des mêmes questions que nous nous posons vous‑même :

Que pouvons-nous faire de plus pour aider nos jeunes transgenres qui ont peur d’aller à l’école à cause de l’intimidation et de l’humiliation?

Qu’en est-il des personnes âgées qui, au moment d’entrer dans un établissement de soins, ressentent le besoin de retourner dans le placard parce qu’elles savent qu’elles ne seront pas les bienvenues si elles se montrent fidèles à ce qu’elles sont?

Et, dans une société de plus en plus diversifiée, que pouvons-nous faire pour contribuer à atténuer les problèmes que rencontrent ceux dont l’identité LGBTQ2 se heurte également à un handicap, à leur religion ou aux normes de leur culture?

Ou toute autre question à laquelle nous pouvons penser et qui, au bout du compte, se résume à ceci : comment pouvons-nous assumer le leadership, individuellement et collectivement, pour contribuer à faire évoluer les mentalités et créer une société vraiment inclusive pour chacun de nous?

La bonne nouvelle, c’est que de plus en plus de gens posent ce genre de questions, et que le Canada devient chaque année plus diversifié, plus tolérant et, par conséquent, plus fort.

En novembre dernier, lorsque le premier ministre Trudeau m’a nommé conseiller spécial sur les enjeux des LGBTQ2, il m’a donné un mandat clair.

Il veut que je travaille avec les organismes de défense des droits et les personnes comme vous pour promouvoir l’égalité, protéger les droits des membres de nos communautés et (il s’agit d’une citation), « s’attaquer à la discrimination historique et actuelle ».

Et vous avez déjà fait de grands progrès en ce sens.

Au mois de juin, j’ai eu l’honneur d’être accompagné du ministre Goodale, de la ministre Wilson-Raybould et du premier ministre pour hisser, sur la Colline du Parlement, le drapeau de la fierté pour la deuxième année de suite et, pour la toute première fois, pour hisser également le drapeau transgenre sur la pelouse de la Colline du Parlement.

Ce jour-là, nous nous sommes engagés à présenter des excuses officielles, de manière inclusive et réelle, pour les injustices vécues par les personnes LGBTQ2, leurs familles, leurs partenaires et leurs communautés en vertu de lois, de règlements, de politiques et de programmes du gouvernement fédéral.

Cela constitue un élément important de notre travail. Ces excuses seront fondamentales. Mais, je vous l’assure, notre tâche ne s’arrêtera pas là. Il y a de nombreux autres domaines sur lesquels nous devons travailler pour contribuer à établir l’égalité et la tolérance.

Dans le domaine des droits de la personne, nous sommes très fiers des progrès que nous avons réalisés en faisant adopter le projet de loi C‑16. Cette mesure législative, qui est devenue une loi en juin, a modifié la Loi canadienne sur les droits de la personne et notre Code criminel pour protéger les Canadiens transgenres contre la discrimination et les crimes haineux.

En outre, nous avons commencé à prendre les mesures nécessaires pour finalement supprimer l’article 159 du Code criminel afin que toutes les formes d’activités sexuelles entre adultes soient traitées de la même façon. Nous avons aussi l’intention de présenter un projet de loi afin de pouvoir commencer le processus visant à expurger les casiers judiciaires des personnes déclarées coupables en vertu d’anciennes lois injustes pour les relations homosexuelles.

De plus, notre gouvernement clarifiera l’approche selon laquelle nous demandons à la population des renseignements concernant le genre ou le sexe. Nous voulons aider les personnes transgenres et non binaires à vivre conformément à leur identité sexuelle en leur donnant plus de choix pour souligner leur identité dans les documents du gouvernement.

Notre gouvernement surveille également de près ce qui se passe à l’extérieur de nos frontières.

L’horrible attentat terroriste survenu à Orlando, en Floride, n’est qu’un exemple parmi d’autres des contrecoups que peuvent subir nos communautés. Plus troublantes encore sont les mesures mises de l’avant par des gouvernements dans de nombreuses régions du monde.

On a notamment vu l’adoption de lois visant à criminaliser ou à recriminaliser l’homosexualité; à interdire les défilés de la fierté; à restreindre les libertés des personnes transgenres, ainsi qu’à encourager les arrestations et la violence ou à fermer les yeux lorsque cela se produit.

Nous nous opposons résolument à cette tendance effrayante. Notre gouvernement croit en l’égalité et en la dignité de tous, peu importe qui ils aiment ou comment ils expriment qui ils sont.

Nous travaillons donc en étroite collaboration avec les organisations internationales et de la société civile afin de promouvoir et de protéger les droits de la personne des LGBTQ2. Le Canada se joint à eux pour exiger que l’on mette fin, partout dans le monde, aux lois, à la violence et à la discrimination qui ciblent les personnes du fait de leur orientation sexuelle, de leur identité sexuelle ou de leur expression sexuelle.

L’un des moyens que nous prenons pour y parvenir est d’assumer, avec le Chili, la coprésidence de la Coalition sur l’égalité des droits afin de promouvoir les droits des personnes lesbiennes, homosexuelles, bisexuelles, transgenres et intersexuées à l’échelle internationale.

Le Canada a également joué un rôle important dans l’accréditation récente, par le Commonwealth des nations, du Réseau sur l’égalité du Commonwealth. C’est la première fois que le Commonwealth accrédite une organisation dont le mandat consiste à lutter pour les droits de la communauté LGBTI.

Notre travail à l’étranger ne consiste pas seulement à faire des représentations auprès d’autres gouvernements pour qu’ils soient plus ouverts. Le Canada finance aussi des programmes de prévention contre la violence, des campagnes de sensibilisation et des activités de défense des droits.

Nous ne prenons pas seulement ces mesures au Canada et à l’étranger parce qu’il s’agit d’une exigence morale, ce qui est très certainement le cas.

Il s’agit aussi d’un impératif économique.

Je suis ravi de remarquer que plusieurs de vos ateliers portent sur les moyens que peuvent prendre les entreprises pour créer des milieux de travail plus inclusifs.

La création de milieux de travail progressistes est cruciale non seulement pour accroître la justice sociale, mais également pour générer la croissance économique. Nous avons constaté maintes et maintes fois qu’une main-d’œuvre diversifiée et inclusive est plus productive et plus innovatrice. Quand on y pense, c’est logique : l’innovation n’est pas facile au sein d’une main-d’œuvre homogène. C’est la diversité des voix, des points de vue et des expériences qui se mélangent qui aide à générer la créativité et à stimuler l’innovation.

Plusieurs indicateurs montrent que de nombreuses entreprises du Canada et d’ailleurs acceptent cette réalité. Elles reconnaissent que le respect des employés LGBTQ2 est profitable pour tout le monde.

J’aimerais conclure en vous racontant une anecdote qui témoigne à quel point mon travail me touche personnellement.

Lorsque j’avais 19 ans, je suis entré dans un monde très très loin de la petite vie rurale de l’Alberta. J’ai fait des études au Corpus Christi College, qui fait partie de l’Université d’Oxford, au Royaume‑Uni.

À l’époque, je n’étais pas ouvertement gai. Et tous les jeudis soirs, un groupe de la communauté du campus se réunissait pour se soutenir les uns les autres. Et tous les jeudis soirs, je m’arrangeais pour être le plus loin possible du campus.

Plusieurs années plus tard, je suis retourné à Oxford au cours de la saison de la fierté gaie. Lorsque j’ai passé en voiture près du campus, j’ai vu des drapeaux de la fierté gaie flotter au vent.

Je les ai vus suspendus aux fenêtres des dortoirs.

Mais ce qui m’a le plus marqué de ce voyage, c’est quand je suis allé dîner avec une ancienne camarade de classe. Elle est mariée et elle a un jeune fils. En dînant, j’ai appris que son fils, qui était assis à la table en train de dévorer un fish & chip, avait remarqué les drapeaux de la fierté gaie quelques jours auparavant.

Il avait alors demandé à sa mère ce qu’ils signifiaient. Elle lui a expliqué.

C’est alors que mon amie s’est tournée vers son jeune fils pour lui dire : « Sevvy, dis à ton oncle Randy ce que signifie ce drapeau. » Sans hésitation, il a répondu : « Tout le monde. »

C’est de cela qu’il s’agit – l’égalité, l’accueil et le respect. Encourager les personnes, les familles, les communautés, les groupes d’intérêts et les gouvernements à éliminer la discrimination aux moments et aux endroits où elle se manifeste. Célébrer notre diversité. Aider les membres de nos communautés à dire : « Je suis libre d’être moi-même. »

Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de m’adresser à vous, et merci de l’excellent travail que vous accomplissez.


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