Allocution prononcée à l’occasion de la journée Startup Canada

Discours

October 19, 2017
L’allocution prononcée fait foi

Je vous remercie de m’accueillir ce matin.

Les questions évidentes sont les suivantes : Qu’est-ce qu’un homme de 60 ans peut bien avoir à dire à un groupe de jeunes entrepreneurs? Qu’est-ce qu’un fonctionnaire peut apprendre à de nouveaux chefs d’entreprise? Ce sont là de bonnes questions.

Tout d’abord, si vous avez des idées préconçues au sujet du gouvernement ou de la fonction publique, je peux vous dire qu’il n’y a probablement pas un seul énoncé qui s’applique à l’ensemble des fonctionnaires. Il y a plus de 300 organisations différentes, mises sur pied pour des buts et des rôles différents, et évoluant à des rythmes variables.

Nous avons des organisations aussi grandes que l’Agence du revenu du Canada, qui compte plus de 40 000 personnes, ainsi que des petits conseils et tribunaux d’une douzaine de personnes, et tout ce qu’il y a entre les deux. Elles sont organisées et doivent rendre des comptes par l’entremise des ministres au Parlement, et ces derniers jouent un rôle très important dans la façon dont ces organisations évoluent. Les hauts fonctionnaires ont la responsabilité administrative de veiller à ce que les ressources financières et humaines d’une organisation soient bien gérées.

Certaines de nos institutions existent depuis très longtemps et espèrent continuer à exister pendant de nombreuses années. Nous célébrons cette année le 150e anniversaire de la Confédération. C’est aussi le 150e anniversaire de la fonction publique.

Au début, nous pensions que l’édifice de l’Est et l’édifice de l’Ouest du Parlement suffiraient à loger l’ensemble de la fonction publique canadienne, car il n’y avait qu’un bureau de poste et le service des douanes. C’était tout. J’ai dans mon bureau un livre qui dresse la liste de tous les fonctionnaires canadiens à l’époque, et il n’y a pas beaucoup de pages.

Aujourd’hui, la fonction publique du Canada compte 259 000 personnes réparties dans quelque 300 organisations différentes dans toutes les provinces, tous les territoires et toutes les collectivités du pays. En fait, 60 % de la fonction publique est située à l’extérieur de la région de la capitale nationale et assure des services d’avant-plan.

Mon travail de secrétaire du Cabinet remonte à plusieurs siècles, jusqu’aux premiers conseillers pour les rois d’Angleterre et de France, ainsi que le Parlement auquel je rends des comptes. Il s’agit d’un poste qui revêt un caractère traditionnel et historique.

Nous existons pour assurer la stabilité et la continuité, et pour être là génération après génération, gouvernement après gouvernement. Aujourd’hui, notre principal lien avec la collectivité consiste à bien faire les choses en termes de lois, de politiques, de codes fiscaux, d’accords commerciaux, de conditions gagnantes et d’environnement pour permettre aux entrepreneurs de prospérer et de croître. Mais nous ne serons pas un incubateur ni une entreprise en démarrage. Nous ne pouvons pas cesser nos activités ni déclarer faillite. Nous sommes construits pour la stabilité.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir comment amener l’esprit d’entreprise aux activités du gouvernement. Il s’agit d’une question difficile, mais les outils et les techniques sont bien connus.

Une façon d’y parvenir est de repérer les bonnes idées et de les appliquer à grande échelle. Il faut faire preuve d’ouverture, participer à divers événements et écouter les gens. En fait, il est essentiel d’être à l’écoute. Nous explorons de nombreuses façons de le faire en ligne, y compris dans GCcollab, qui fait partie des OutilsGC. Il y a beaucoup d’autres façons pour les gens de différents horizons de se réunir et d’échanger des idées, et notre travail consiste à repérer une bonne idée et à dire qu’elle pourrait être utile pour améliorer la santé, la sécurité ou l’éducation. Repérez l’idée, adaptez-la et mettez-la en pratique.

Il est normal d’avoir des personnes qui viennent tous les jours avec pour mission d’être créatives. Nous avons des incubateurs, des pôles et des laboratoires. Vous pouvez consulter mon site Web pour en savoir plus à ce sujet. Nous avons un centre d’innovation central, qui a pour mission de promouvoir des idées et des pratiques nouvelles et de les faire connaître le plus rapidement possible à l’ensemble des ministères.

Nous avons aussi besoin d’outils innovants, tels que des wikis, pour que les gens puissent se parler entre eux. Nous devons faire sortir les gens de leurs silos et de leurs cloisons pour qu’ils discutent avec des personnes dans d’autres domaines. Certes, nous n’y arrivons pas toujours, mais nous nous améliorons et travaillons sur des choses comme les OutilsGC, qui est un ensemble d’outils permettant aux gens de se connecter les uns aux autres en ligne, et nous achetons des appareils mobiles et des téléphones intelligents pour qu’ils puissent se connecter plus intelligemment et plus rapidement.

Tout le monde a entendu parler de l’environnement branché de la haute technologie avec la table de billard, la salle de bal et tout ce genre de choses. Ces environnements se prêtent au regroupement d’équipes interdisciplinaires et à la mixité des générations afin que les mentors plus âgés puissent rencontrer les nouvelles recrues qui viennent de se joindre à l’équipe. Nous travaillons sur l’organisation de l’espace physique. Nous devons être capables de modifier nos structures organisationnelles. C’est ce qui arrive aux entreprises lorsqu’elles passent de 3 employés à 30, 300, voire 3 000 personnes. Vous devez être en mesure de réorganiser les responsabilités et l’imputabilité des gestionnaires, de créer de nouvelles directions générales et sections et de vous débarrasser de celles qui sont inutiles. Nous sommes trop lents à le faire.

Bien entendu, l’essentiel, c’est le talent. Comment le trouver, le perfectionner et le conserver. Si vous trouvez des gens créatifs, qui ont de l’énergie et qui remettent en question le statu quo, vous obtiendrez de meilleurs résultats que si vous embauchez des personnes timorées, prudentes et trop procédurières. Et ces gens sont difficiles à repérer. Si vous embauchez en fonction du risque et de la créativité, vous obtiendrez de meilleurs résultats avec le temps. Cependant, je sais que c’est parfois plus facile à dire qu’à faire.

Il est difficile d’appliquer les attributs de l’entrepreneuriat à un ensemble d’institutions dont on s’attend à ce qu’elles existent encore dans 150 ans. Il s’agit d’une fonction publique très différente de celle qui m’a embauché comme diplômé universitaire en 1981. C’était bien avant qu’Al Gore n’invente Internet. C’était aussi avant les appareils mobiles, les ordinateurs portatifs et les réseaux. Mais vous savez quoi? À l’époque, nous travaillions pareil sur les questions commerciales, les questions fiscales et la gestion de l’offre. Ces défis sont toujours d’actualité.

Tous les gouvernements se demandent d’où viennent la richesse et les possibilités économiques, et comment s’adapter à un nouvel environnement. Comment allons-nous répartir la richesse et les possibilités de façon qu’aucun Canadien ne soit exclu? Et comment le Canada, qui ne représente que 2 % de l’économie et de la population mondiales, peut-il influencer les enjeux internationaux comme les changements climatiques ou la paix?

Comment allons-nous définir ces rôles et responsabilités entre les gouvernements fédéral, territoriaux, provinciaux et, de plus en plus, autochtones? Ce sont là les questions canadiennes classiques sur lesquelles j’ai travaillé il y a 35 ans, et sur lesquelles mes successeurs travailleront dans 35 ans. Ce n’est pas parce qu’il y a une continuité dans les enjeux que nous ne pouvons pas changer et nous adapter.

Selon le baromètre de confiance Edelman, une enquête multipays sur la perception qu’ont les gens de leurs institutions, dans les 28 pays sondés, le Canada accorde la plus grande confiance à ses entreprises du secteur privé. Les entreprises canadiennes sont perçues comme dignes de confiance, ce qui favorise leur croissance. Les Canadiens font davantage confiance à leur secteur privé parce que les règles établies par le secteur public sont justes et que la corruption et le népotisme ne sont pas tolérés. Un secteur public fort est synonyme d’un secteur privé fort, et vice versa. Toutes les occasions de dialoguer en surmontant les cloisons et les barrières sont un atout canadien.

L’une des raisons pour lesquelles nous réussirons au XXIe siècle, c’est qu’au Canada, nous sommes suffisamment compacts pour qu’une vidéoconférence puisse réunir très rapidement des gens du secteur privé, du gouvernement, des organisations non gouvernementales, des syndicats et des collectivités, ce qui est difficile à réaliser en Allemagne, en Grande-Bretagne ou aux États-Unis. Notre taille, en tant que pays, nous permet de nous adapter. Nous pouvons, rapidement et efficacement, réformer la fiscalité et les pensions et conclure de nouveaux accords commerciaux, alors que d’autres pays restent dans l’impasse et sont incapables de prendre des décisions. C’est un avantage canadien qui garantira notre prospérité et notre sécurité dans les années à venir.

Merci. Thank you.


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