Recherche en bref : La pauvreté chez les personnes en âge de travailler ayant une incapacité et celles n’en ayant pas au Canada
Titre du rapport : La pauvreté chez les personnes en âge de travailler ayant une incapacité et celles n’en ayant pas au Canada : principales conclusions de l'Enquête canadienne sur l'incapacité de 2017
Auteur du rapport : Stuart Morris
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La pauvreté chez les personnes en âge de travailler ayant une incapacité et celles n’en ayant pas au Canada [PDF - 252 Ko]
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Pourquoi cette étude
La Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté indique que les personnes ayant une incapacité sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté. L'étude a examiné la relation entre le risque de vivre dans la pauvreté et les caractéristiques des personnes ayant une incapacité et celles n'en ayant pas. L'étude a porté sur des personnes âgées de 18 à 64 ans.
Ce que nous avons fait
Nous avons utilisé l'Enquête canadienne sur l'incapacité de 2017. L'étude comprend 2 parties :
- des statistiques descriptives ont été utilisées pour examiner les variations des taux de pauvreté chez les personnes ayant une incapacité. Les variables examinées comprenaient certaines caractéristiques sociodémographiques et liées à l'incapacité. Ces résultats ont également été comparés à ceux des personnes n'ayant pas d'incapacité;
- des analyses de régression logistique ont été utilisées. Elles ont permis d'évaluer le lien entre les principales caractéristiques sociodémographiques et le risque de vivre dans la pauvreté. Cela a été fait pour les personnes ayant une incapacité et celles n'en ayant pas. Nous avons de nouveau utilisé les mêmes techniques. Cette fois-ci, nous avons comparé le risque de vivre dans la pauvreté. Nous avons cherché à savoir si le risque était plus élevé pour les personnes ayant une incapacité ou pour celles n'en ayant pas. Pour cette analyse, nous avons contrôlé les principales caractéristiques sociodémographiques.
Nous avons examiné les caractéristiques sociodémographiques suivantes pour les personnes ayant une incapacité et celles n'en ayant pas :
- l'âge;
- le sexe;
- le niveau d'études le plus élevé;
- les conditions de vie;
- la situation professionnelle;
- le type d'emploi;
- le niveau de compétence;
- la taille de la communauté de résidence;
- le statut d'immigrant;
- les compétences dans l'une ou l'autre des langues officielles (anglais et/ou français);
- le statut de minorité.
Pour les personnes ayant une incapacité, les caractéristiques supplémentaires spécifiques à l'incapacité comprenaient :
- la sévérité de l'incapacité (moins sévère ou plus sévère);
- le nombre de types d'incapacité (1 vs 2 ou 3 vs 4 ou plus);
- les types d'incapacité regroupés (sensoriel, physique, mental-cognitif, combiné);
- la dynamique de l'incapacité (progressif, récurrent, fluctuant, continu); et
- l'âge d'apparition de l'incapacité.
Ce que nous avons trouvé
Les principales conclusions montrent que :
- les femmes (21,3 %) et les hommes (20,0 %) ayant une incapacité étaient presque deux fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que leurs homologues sans incapacité (respectivement 11,4 % et 10,7 %);
- les personnes ayant une incapacité « plus sévère » (26,0 %) étaient 1,4 fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que celles ayant une incapacité « moins sévère» (18,3 %). Elles étaient 1,8 fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que les personnes n'ayant pas d'incapacité (14,4 %).
Indépendamment de l'incapacité, les taux de pauvreté étaient plus élevés chez les personnes :
- âgées de 18 à 24 ans par rapport aux personnes âgées de 45 à 64 ans;
- qui étaient parents seuls ou vivaient seuls par rapport à ceux qui vivaient en couple sans enfants;
- ayant un niveau d'études secondaires ou inférieur par rapport à celles qui avaient un diplôme universitaire, un diplôme du CEGEP ou une licence ou plus;
- employées à temps partiel, sans emploi ou ne faisaient pas partie de la population active par rapport à celles qui travaillaient à temps plein.
L'analyse de régression a donné des résultats importants. Même après avoir pris en compte les facteurs clés, les personnes ayant une incapacité étaient toujours plus susceptibles de vivre dans la pauvreté. Leurs chances étaient 1,7 fois plus élevées que celles des personnes n'ayant pas d'incapacité. Les modèles ont également examiné l'incapacité et les caractéristiques sociales. Plusieurs facteurs ont été identifiés comme prédictifs de la pauvreté chez les personnes ayant une incapacité :
- la sévérité de l'incapacité;
- la dynamique de l'incapacité;
- l'âge;
- le niveau d'éducation;
- les conditions de vie; et
- la situation professionnelle.
Ce que cela signifie
L'étude montre que le fait d'avoir une incapacité augmente le risque de vivre dans la pauvreté. Cela reste vrai même lorsque d'autres facteurs importants sont pris en compte. Ces résultats sont importants pour les politiques et les programmes. Ils montrent que les personnes ayant une incapacité sont plus touchées par la pauvreté que les autres.
Contactez-nous
Direction générale des politiques stratégiques et des services, Direction de la politique sociale, Division de la recherche sociale
Courriel : esdc.nc.sspb.research-recherche.dgpss.cn.edsc@hrsdc-rhdcc.gc.ca