Recherche en bref : La solitude chez les ainés au Canada
Titre du rapport : Étude sur la solitude chez les ainés au Canada
Auteur du rapport : Rafael Silva-Ramirez et Sid Ali Amedah
Formats substituts

Étude sur la solitude chez les ainés au Canada [PDF - 250 Ko]
Les formats en gros caractères, braille, MP3 (audio), texte électronique, et DAISY sont disponibles sur demande en commandant en ligne ou en composant le 1 800 O-Canada (1-800-622-6232). Si vous utilisez un téléscripteur (ATS), composez le 1-800-926-9105.
Pourquoi cette étude
La solitude est un sentiment qui peut être observé tout au long de la vie. Elle est associée à la perception concernant la capacité de l'entourage à offrir le soutien dont un individu a besoin. Au Canada, la solitude fait partie des indicateurs du Cadre sur la qualité de vie.
Des études ont démontré les effets négatifs que la solitude peut avoir sur la santé et le bien-être des personnes âgées. Par exemple, elle peut augmenter le risque d'un déclin accéléré de leur santé physique et mentale ainsi que d'un décès prématuré.
La solitude, au Canada, a été étudiée surtout en divisant la population entre les personnes seules et non seules. Ceci limite grandement les connaissances sur les différents profils des personnes qui déclarent se sentir seules.
Cette étude a pour but de mieux comprendre les différents profils de solitude chez les personnes âgées au Canada et d'explorer quelques facteurs associés à une plus grande solitude.
Ce que nous avons fait
Nous avons utilisé les données de l'Enquête canadienne sur la santé des ainés de 2019-2020.
Nous avons regroupé les individus de 65 ans et plus selon leurs réponses aux questions associées à la solitude :
- le sentiment d'être tenus à l'écart des autres;
- se sentir isolés; et
- manquer de compagnie.
Pour identifier les caractéristiques associées à une plus forte solitude nous avons mené une analyse multivariée.
Nous nous sommes intéressés notamment au lien entre le niveau de solitude perçue et
- l'état de santé;
- le niveau d'autonomie;
- le sentiment d'appartenance à la communauté locale; et
- les besoins non comblés en matière de participation sociale.
Puisque les données ont été recueillies avant et pendant la pandémie de COVID-19, nous avons examiné si le profil de solitude variait en fonction de la période d'observation (prépandémie et pendant la pandémie).
Ce que nous avons trouvé
Nos résultats ont montré que cinq groupes de solitude pouvaient être identifiés en 2019-2020.
Ces groupes allaient du groupe à plus faible solitude ou "non seuls" au groupe à plus forte solitude qui indiquait « Ressentir souvent les trois indicateurs de solitude : manquer de compagnie, être tenu à l'écart et se sentir isolé des autres ».
La taille des groupes de solitude diminuait au fur et à mesure que le niveau de solitude augmentait :
- 65 % des adultes âgés figuraient dans le groupe à plus faible solitude;
- 3 % faisaient partie de celles et de ceux qui éprouvait la plus forte solitude.
Par rapport aux hommes, les femmes étaient plus à risque d'éprouver de la solitude, peu importe leur âge :
- elles avaient deux fois plus de chances de faire partie du groupe qui ressentaient la plus forte solitude;
- elles avaient 14% moins de chances de figurer dans le groupe à plus faible solitude ;
- ce désavantage féminin persisterait avec l'âge.
L'analyse des facteurs associés au niveau de solitude perçue a permis de constater que :
- les problèmes de santé physique et mentale augmentaient le risque d'une plus forte solitude;
- le risque de solitude accrue était plus grand chez les personnes qui déclaraient un faible sentiment d'appartenance à leur collectivité;
- les personnes qui indiquaient vouloir participer plus à des activités sociales (par rapport à leur participation sociale au moment de l'enquête) avaient également un risque plus grand de ressentir une forte solitude;
- les individus ayant participés à l'enquête durant les mesures liées à la pandémie de COVID-19 étaient plus susceptibles de faire partie du groupe qui ressentaient la plus forte solitude.
Ce que cela signifie
Bien que la majorité des adultes âgés au Canada déclaraient ne ressentir aucune ou très peu de solitude, ce n'était pas le cas pour 35 % d'entre eux. Chez ces derniers, la solitude s'exprimait à différents degrés. Notre étude a pu établir 5 profils de solitude.
Le sentiment de solitude chez les personnes âgées peut être atténué limitant ainsi son effet négatif sur leur bien-être.
Pour ce faire, nos résultats suggèrent de privilégier le développement d'une offre d'activités sociales axée sur l'accessibilité et le sentiment d'appartenance à la communauté locale.
Les retombées positives de telles initiatives découleraient d'une augmentation des relations sociales des personnes âgées et de l'élargissement de leurs réseaux de soutien informels. Cette conclusion est partagée par diverses études.
Contactez-nous
Direction générale de la politique sociale et de service, Direction de la politique sociale, Division de la recherche sociale
Courriel : esdc.nc.sspb.research-recherche.dgpss.cn.edsc@hrsdc-rhdcc.gc.ca