Recherche en bref : L’Allocation canadienne pour enfants pour les mères monoparentales à faible revenu
Titre du rapport : L'importance de l’Allocation canadienne pour enfants pour les mères monoparentales à faible revenu : une étude qualitative.
Auteures du rapport : Charlaine Charron, Caroline Desilets, Sarah Morningstar, Anna-Maria Occhiuto, Kathleen Piovesan, Ivana Previsic et Stéphanie Tourillon-Gingras.
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L’Allocation canadienne pour enfants pour les mères monoparentales à faible revenu [PDF - 277 Ko]
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Pourquoi cette étude
Dans le cadre de la Stratégie de réduction de la pauvreté, le budget fédéral de 2016 a introduit l'Allocation canadienne pour enfants (ACE). L'ACE a remplacé trois prestations pour enfants antérieures. Cette nouvelle prestation est ciblée, basée sur le revenu et non imposable. Lors de son lancement, environ 65 % des familles recevant le montant maximal de l'ACE étaient des familles monoparentales. Parmi celles-ci, 90 % étaient des familles monoparentales dirigées par une femme.
L'objectif de cette étude était de comprendre comment l'ACE soutient les familles dirigées par des femmes seules à faible revenu. Plus précisément, l'étude visait à :
- comprendre dans quelle mesure l'ACE a aidé ces familles;
- déterminer si cette prestation a amélioré la participation au marché du travail et les conditions de vie; et
- comprendre comment l'ACE est utilisée par ces familles.
Ce que nous avons fait
Nous avons utilisé une méthodologie de recherche qualitative pour évaluer les impacts socio-économiques de l'ACE. Nous avons combiné plusieurs méthodes :
- entretiens semi-structurés;
- journaux financiers; et
- PhotoVoice, une méthode de recherche participative qui permet d'illustrer et d'exprimer un sujet de préoccupation à travers des images.
La collecte des données a eu lieu entre janvier 2020 et décembre 2020Footnote 1. Nous avons interrogé 146 participantes dans le cadre de cette étude. Toutes vivaient dans l'une des trois grandes régions métropolitaines du Canada :
- Montréal;
- Toronto; ou
- Vancouver.
Le groupe étudié a été sélectionné en fonction de caractéristiques sociodémographiques, notamment :
- avoir au moins un enfant de moins de 6 ans; et
- avoir un faible revenu.
Ce que nous avons trouvé
Les participantes ont déclaré que l'ACE avait un impact significatif et positif sur leur bien-être personnel et économique. Elles dépendaient de cette prestation comme source de revenus fiable pour couvrir leurs dépenses de base, telles que le loyer et l'épicerie.
Les participantes ont également indiqué que si elles recevaient un montant d'ACE plus élevé, l'argent supplémentaire serait principalement consacré à l'achat de nourriture. Cette constatation suggère que les dépenses alimentaires pourraient augmenter avec une hausse de l'ACE.
Malgré cette prestation, les mères monoparentales vivaient dans des situations de faible revenu sans pouvoir subvenir à certains de leurs besoins essentiels. Certaines mères ont déclaré ne pas pouvoir se permettre :
- une alimentation suffisante ou de qualité;
- un logement adéquat;
- des soins de santé complets;
- des vêtements adaptés à la saison;
- des activités parascolaires pour elles-mêmes ou leurs enfants; et
- des dépenses imprévues.
De plus, certaines mères ont déclaré avoir recours à des cartes de crédit, à d'autres types de prêts ou à des retards de paiements pour joindre les deux bouts. À long terme, ces stratégies pourraient prolonger leur situation de pauvreté.
Ce que cela signifie
L'étude montre que l'ACE joue un rôle important dans les finances des ménages dirigés par des mères monoparentales à faible revenu. Ces familles s'en sortaient mieux qu'avec les prestations antérieures. Cependant, pour les participantes, cette prestation seule ne suffisait pas à les sortir de la pauvreté.
D'autres facteurs contribuent à la faiblesse des revenus des mères monoparentales, notamment :
- l'absence d'autres sources de revenus fiables, comme :
- la pension alimentaire; et
- l'emploi.
- les obstacles à l'emploi et les variations de revenus liées aux responsabilités parentales;
- la prévalence des emplois atypiques et précaires;
- les dépenses médicales non couvertes;
- le coût élevé d'un logement adéquat et de qualité;
- les options de garde d'enfants qui ne répondent pas à leurs besoins en termes :
- d'horaires;
- d'emplacement; et
- de coût.
Même avec l'ACE, la plupart des participantes sont restées dans la pauvreté. Beaucoup dépendaient de l'aide sociale, dont les montants étaient généralement trop faibles pour couvrir le coût élevé de la vie. Les participantes à l'étude ont suggéré d'éliminer la réduction de l'ACE à l'âge de 6 ans et de prolonger la prestation au-delà de l'âge de 18 ans. Ce changement permettrait de mieux soutenir les enfants pendant leurs études postsecondaires et leur transition vers l'âge adulte.
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Direction générale des politiques stratégiques et des services, Direction de la politique sociale, Division de la recherche sociale
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