Document de discussion - Consultations sur l’élaboration d’une politique pancanadienne en matière d’alimentation dans les écoles

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Introduction: élaboration d’une politique pancanadienne en matière d’alimentation dans les écoles

Un trop grand nombre d’enfants essaient d’apprendre à l’école le ventre vide. Un trop grand nombre de familles au Canada ne sont pas en mesure d’accéder en toute fiabilité à des quantités suffisantes d’aliments nutritifs. 

Des preuves nationales et internationales montrent que les programmes de repas scolaires agissent comme des égalisateurs sociaux. Ils s’inscrivent de plus dans une approche globale d’équité et de soutien aux enfants et à leurs familles.

Nous prenons donc des mesures pour élaborer une politique pancanadienne en matière d’alimentation dans les écoles ensemble avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les partenaires autochtones et les intervenants. Cette politique vise à guider l’expansion des programmes de repas scolaires fondés sur des principes et des objectifs communs. Elle vise aussi à jeter les bases d’une collaboration, d’une concertation et d’un investissement accrus, de sorte que davantage d’enfants aient accès à une alimentation nutritive à l’école.

Nous avons besoin de votre participation

Une politique en matière d’alimentation dans les écoles doit :

Nous collaborons directement avec nos partenaires autochtones, les provinces et des territoires. Beaucoup parmi ceux-ci participent déjà au financement ou à la fourniture de programmes de repas scolaires. Cet engagement permettra de trouver des moyens d’étendre et d’améliorer ces efforts.

Nous reconnaissons que les peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont des droits uniques et des priorités qui leurs sont propres. C’est pour cette raison que nous travaillons avec les partenaires autochtones pour s’assurer que la politique en matière d’alimentation dans les écoles reflète les besoins uniques et diversifiés des enfants autochtones. 

Nous voulons également entendre directement l’opinion des gens au Canada sur les sujets suivants :

Nous sollicitons l’avis direct des Canadiens au moyen d’un questionnaire en ligne. Il vous faudra environ 10 à 15 minutes pour y répondre.

Nous prévoyons aussi discuter avec des groupes d’intervenants aux perspectives diverses, notamment :

La collaboration inclura également les enfants. Ceci garantira que leurs voix et leurs opinions se trouvent au centre des politiques et des programmes qui les concernent.

Programmes de repas scolaires au Canada

Des programmes de repas scolaires sont proposés sous une forme ou une autre dans toutes les provinces et tous les territoires, ainsi que dans de nombreuses communautés autochtones. Cependant, les programmes de repas scolaires ne rejoignent qu’environ 21 % des enfants d’âge scolaire.

Les programmes de repas scolaires actuellement offerts varient également en ce qui concerne :

En plus du financement des gouvernements provinciaux et territoriaux, la plupart des programmes dépendent fortement :

Des données récentes indiquent que la participation aux programmes d’alimentation scolaire varie de 5 % chez les élèves de l’Alberta à 83 % chez ceux du Yukon.

Le gouvernement du Canada a accordé un certain financement pour soutenir les initiatives en matière d’alimentation scolaire au cours des années passées. Par exemple :

Pauvreté et insécurité alimentaire au Canada

En 2018, le Canada a présenté Une chance pour tous : la première Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté. La Stratégie définit aussi l’insécurité alimentaire comme les « ménages qui ne peuvent acheter ou avoir accès à une variété suffisante d’aliments pour avoir un mode de vie sain ».

D’après l’Enquête canadienne sur le revenu de 2020 et le rapport publié dans le cadre du projet de recherche pluridisciplinaire PROOF de 2021 intitulé « Insécurité alimentaire des ménages au Canada », 15,9 % des ménages des 10 provinces ont connu un certain niveau d’insécurité alimentaire au cours de la dernière année. Ceci représente 5,8 millions de personnes, dont près de 1,4 million d’enfants de moins de 18 ans. Selon l’Enquête sur les comportements liés à la santé des enfants d’âge scolaire de 2018, jusqu’à 1 jeune sur 5 déclare aller à l’école ou se coucher le ventre vide au moins quelquefois parce qu’il n’y a pas assez de nourriture à la maison. 

L’insécurité alimentaire est particulièrement élevée dans le Nord. En 2020, les taux d’insécurité alimentaire étaient les plus élevés au Nunavut (avec 49,5 % d’insécurité alimentaire modérée ou grave). Le Nunavut est suivi par les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon (avec 20,4 % et 21,2 % d’insécurité alimentaire modérée ou grave, respectivement).

Les taux d’insécurité alimentaire sont également particulièrement élevés parmi :

Selon l’Étude sur l’alimentation, la nutrition et l’environnement chez les Premières Nations réalisée en 2021 par l’Assemblée des Premières Nations, l’Université d’Ottawa et l’Université de Montréal, environ 50 % des ménages des Premières Nations « peinent à mettre suffisamment de nourriture sur la table ». Ceux qui ont des enfants connaissent cette difficulté à un degré encore plus élevé. Selon l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2017, 76 % des Inuits de l’Inuit Nunangat âgés de 15 ans et plus ont connu une certaine forme d’insécurité alimentaire.

La nutrition chez les enfants au Canada

Une alimentation saine pendant l’enfance est importante pour le maintien d’une bonne santé, du bien-être et de la réussite socioéconomique. Cependant, les données nationales indiquent que l’alimentation des enfants et des jeunes au Canada ne répond souvent pas aux recommandations du Guide alimentaire canadien. Il existe d’importantes disparités alimentaires, en particulier pour les enfants autochtones et noirs et les enfants issus de familles à faible revenu, qui doivent surmonter des obstacles supplémentaires pour avoir accès à des aliments nutritifs.

Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de 2017, seuls 27,4 % des jeunes déclarent consommer au moins 5 portions de fruits et légumes chaque jour. L’ESCC de 2015 a révélé que plus de 50 % de l’apport énergétique total des enfants et des jeunes provient d’aliments ultra-transformés.

Thèmes de discussion pour une politique pancanadienne fondée sur des objectifs communs

Lors des premières conversations, les experts et les intervenants ont désigné plusieurs objectifs directeurs possibles pour une politique en matière d’alimentation dans les écoles. Nous n’en sommes qu’aux premières étapes de la consultation auprès des partenaires autochtones et par conséquent, les objectifs ne reflètent donc pas encore les perspectives et les approches des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Dans le questionnaire de consultation en ligne sur l’alimentation dans les écoles, vous aurez l’occasion de faire part de vos réflexions sur les objectifs potentiels.

Une politique en matière d’alimentation dans les écoles pourrait :

A. Améliorer l’accès au programme d’alimentation scolaire et atténuer les obstacles financiers à la participation à ce programme

Selon les experts et les intervenants, une politique pancanadienne en matière d’alimentation dans les écoles pourrait aider à construire un avenir où tous les enfants pourront profiter d’aliments nutritifs et adaptés à la culture lorsqu’ils sont à l’école.

À court terme, la priorité pourrait être d’étendre la portée des programmes de repas scolaires actuels et de mettre en place de nouveaux programmes de repas scolaires. Ces actions à court terme pourraient se concentrer sur les enfants qui ont le plus besoin d’alimentation scolaire. À plus long terme, l’objectif pourrait être d’améliorer l’accès en vue d’atteindre progressivement tous les enfants du Canada.

Cela pourrait inclure des mesures visant à garantir que les programmes de repas scolaires sont abordables pour les familles, afin que le coût ne constitue pas un obstacle. Il y a de nombreuses façons d’y parvenir, notamment en offrant des repas gratuits ou à faible coût pour tous, ou en proposant des modèles du type « payez ce que vous pouvez » ou à échelle progressive, où le coût pour les familles varie en fonction de leur capacité à payer. Toutefois, les experts ont souligné l’importance de veiller à ce que les repas scolaires soient « gratuits au point de participation », lorsque les élèves reçoivent leur repas. 

B. S’assurer que les participants ne sont pas stigmatisés

Les experts ont noté que la stigmatisation peut avoir une incidence négative sur les résultats et entraîner une baisse de la participation aux programmes de repas scolaires. Ils ont souligné que lorsque les programmes sont largement disponibles dans une classe, une année ou une école, les participants sont moins susceptibles d’être stigmatisés.

Par conséquent, les programmes (même s’ils sont ciblés) doivent s’assurer que les élèves ne se sentent pas isolés en raison de la situation financière de leur famille. Ils ne doivent pas non plus se sentir honteux d’avoir « besoin » du programme de repas scolaires. En éliminant la stigmatisation, nous pouvons accroître la participation et aider ceux qui en ont le plus besoin.

C. Favoriser une saine alimentation et de bonnes pratiques de vie à long terme

Les experts ont noté que les repas scolaires doivent être rassasiants et nutritifs afin de soutenir les enfants tout au long de leur journée d’apprentissage. Cela signifie que les repas comprennent une variété d’aliments nutritifs conformes au Guide alimentaire canadien et aux normes nutritionnelles des administrations. Les repas doivent également être suffisamment consistants pour que les enfants obtiennent les apports nutritifs qu’ils ont besoin. Les intervenants ont également fait remarquer que les repas devaient être attrayants pour les enfants.    

Les programmes de repas scolaires peuvent également contribuer à promouvoir une relation saine avec la nourriture et une compréhension des principes de santé liés à l’alimentation. La recherche montre que l’exposition à une variété d’aliments pendant l’enfance peut favoriser des pratiques alimentaires saines tout au long de la vie. Certains programmes de repas scolaires intègrent également une éducation à l’alimentation et aux compétences alimentaires. Ceci peut inclure l’apprentissage des liens entre l’alimentation, la santé et l’environnement. Ceci peut aussi inclure l’apprentissage de la préparation des aliments, des systèmes alimentaires et de ce qui constitue une alimentation saine.

D. Assurer une approche flexible pouvant être adaptée à la réalité locale

Les besoins des enfants au Canada sont très diversifiés. Les écoles et les communautés varient également en termes d’initiatives et d’infrastructures actuelles en matière d’alimentation scolaire. Cela signifie que de ce dont elles auront besoin pour étendre leurs programmes ou en créer de nouveaux variera. Par exemple, l’extension ou le développement d’un nouveau programme de repas scolaires dans un centre urbain dense présentera des défis différents de ceux d’une collectivité éloignée.

Il existe également de nombreux programmes de repas scolaires fructueux en cours, qui ont chacun leur propre façon de faire et qui reflètent des réalités locales.

Pour ces raisons, les experts et les intervenants recommandent d’éviter une approche uniformisée lors de l’établissement d’une vision commune de l’alimentation scolaire au Canada. Les circonstances uniques des enfants autochtones demandent une attention particulière. La politique doit être suffisamment souple pour veiller à ce que les programmes reflètent les contextes communautaires et culturels locaux.

E. Offrir des programmes respectueux de la culture et des exigences alimentaires de chacun

Les experts et les intervenants soulignent également l’importance d’une alimentation adaptée à la culture dans les programmes de repas scolaires. En fonction du contexte communautaire, il peut s’agir de proposer des repas adaptés à la culture ou d’établir des liens avec les systèmes alimentaires traditionnels. Il peut aussi s’agir d’offrir des repas répondant aux exigences religieuses et diététiques, des plats traditionnels, casher, halal et végétariens par exemple. Les cultures et les traditions alimentaires peuvent aussi influencer la manière et le moment de manger, l’origine des aliments et la façon dont ils sont préparés. Les programmes de repas scolaires peuvent donner aux élèves l’occasion de renforcer leurs liens avec leur propre culture et leur propre communauté. Les programmes peuvent aussi fournir une occasion aux étudiants de découvrir d’autres cultures.

Il est aussi important de tenir compte du contrôle par les Premières Nations de l’éducation et de la mise en place de programmes d’alimentation dans les écoles des Premières Nations. Ceci permettra d’assurer la mise en place de programmes d’alimentation scolaires adaptés à leur culture pour les enfants des Premières Nations. Ceci aidera aussi à s’assurer à ce que ces programmes soient basés sur les critères locaux et des besoins uniques des Premières Nations.

F. Assurer la responsabilisation et la gouvernance

Le programme d’alimentation scolaire pourrait être assorti de mesures de protection contre les stratégies de marketing de certaines marques d’aliments et de boissons ou hautement transformés auprès des enfants. La collecte et la diffusion de données sur les programmes de repas scolaires à travers le Canada doit être central dans la politique en matière d’alimentation dans les écoles. Ces données aideront à mesurer les progrès réalisés dans l’élargissement de l’accès aux aliments dans les écoles. Elles pourraient aussi aider des communautés de pratique à améliorer la coordination et le partage des meilleures pratiques et à élaborer des programmes fondés sur des données probantes.

G. Soutenir les systèmes alimentaires et les économies locales

Les experts et les intervenants considèrent que les programmes de repas scolaires pourraient créer des liens avec les systèmes alimentaires locaux et maximiser la production d’aliments locaux et durables. Ils notent aussi que les programmes pourraient augmenter les possibilités de revaloriser des pratiques culturellement importantes, comme la récolte d’aliments traditionnels dans les communautés autochtones. Cela pourrait créer des emplois et des débouchés économiques pour les agriculteurs canadiens et les producteurs d’aliments locaux, tout en limitant les conséquences environnementales. Certains intervenants ont suggéré de fixer des objectifs en matière d’approvisionnement en aliments locaux et canadiens afin de s’assurer que les repas scolaires offrent des avantages sociaux, environnementaux et économiques interdépendants.

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