Congrès canadien sur l’inclusion des personnes en situation de handicap 2026
Sur cette page
- Mot de bienvenue, information sur l’accessibilité et reconnaissance des territoires
- Mot de bienvenue et allocution d’ouverture de la ministre Patty Hajdu
- Une conversation avec la Dr Rheanna Robinson : perspectives autochtones sur un Canada accessible et inclusif
- Table ronde avec la commissaire à l’accessibilité, avec des remarques de la secrétaire parlementaire
- Série de conférences : valoriser les voix, catalyser l’action transformatrice
- Mot de cloture
Bienvenue, information concernant l’accessibilité et reconnaissance des territoires
Transcription du mot de bienvenue, des informations sur l’accessibilité et de la reconnaissance du territoire
Narrateur:
Bonjour à toutes et tous. Bienvenue. Je m'appelle Habon Ismael. Je ne serai pas à l'écran aujourd'hui, mais je suis ravie d'être ici, avec vous, toutes et tous. Je présenterai chaque partie de cet événement.
Merci de vous joindre à nous pour cet événement virtuel. C'est un grand plaisir de vous souhaiter la bienvenue au quatrième Congrès canadien sur l'inclusion des personnes en situation de handicap ou CCIH.
Avant de commencer, je vais prendre un moment pour vous présenter la plateforme virtuelle afin que vous puissiez profiter au maximum de la journée.
Le CCIH est bilingue et vous pouvez suivre l'événement dans la langue officielle de votre choix. Certains intervenants s'exprimeront en français, d'autres en anglais.
Pour accéder à l'interprétation, veuillez cliquer l'icône intitulée "Interprétation" qui ressemble à un globe terrestre et choisissez la langue que vous souhaitez entendre.
L'icône d'interprétation vous permet également d'accéder à l'interprétation en langue des signes américaine et en LSQ, la langue des signes québécoise, sur Zoom.
L'événement propose également un service de transcription en temps réel, CART, avec un sous-titrage disponible en anglais et français. Pour y accéder, veuillez cliquer sur le lien correspondant à l'anglais ou au français.
Les liens se trouvent dans le chat et dans les courriels envoyés avant l'événement. Si vous avez besoin d'aide pour accéder aux services ou avez un problème technique, veuillez saisir vos questions dans le chat.
Les organisateurs de l'événement vous aideront à trouver une solution. Veuillez déconnecter votre réseau privé virtuel, ou VPN, s'il vous plaît.
Passons maintenant au format du congrès.
Cette année, le CCIH prendra la forme d'un webinaire d'une demi-journée comprenant une table ronde captivante et une série de conférences.
Une pause de 15 minutes est prévue juste après la table ronde. Veuillez noter que la séance d'aujourd'hui sera enregistrée.
L'enregistrement complet et la transcription de l'événement seront communiqués à tous les participants et participantes dans les semaines à venir.
Après le congrès, nous souhaitons connaître votre avis. Un formulaire de commentaires sera mis à votre disposition à la fin de l'événement et nous vous encourageons à le remplir. Vos commentaires nous aideront à comprendre ce qui a bien fonctionné et ce qui pourrait être amélioré pour les futurs événements du CCIH.
Vous pouvez également utiliser ce formulaire pour suggérer des sujets que vous aimeriez avoir lors du prochain CCIH.
Sur ce, déclarons officiellement ouvert le Congrès canadien sur l'inclusion des personnes en situation de handicap.
Pour commencer notre rassemblement de façon significative et respectueuse, c'est un honneur pour moi d'inviter l'aînée Denise McCuaig à offrir une réflexion d'ouverture et une reconnaissance des territoires.
L'aînée Denise est directrice générale de la transformation des soins de santé et du renforcement des capacités chez Healthcare Excellence Canada et une fière femme Métisse dont le travail et l'expérience vécue reflètent un engagement profond envers l'équité, l'inclusion et les soins communautaires.
Elder Denise McCuaig: (Parle une langue autochtone)
Bonjour. Je m'appelle Denise McCuaig et mon nom spirituel est Saskatoon Berry.
C'est un honneur pour moi en tant qu'aînée, Métisse, citoyenne de la Nation Métisse de la Colombie-Britannique d'avoir été invitée à partager avec vous une reconnaissance du territoire pour marquer le début de votre Congrès canadien sur l'inclusion des personnes en situation de handicap.
Bien que mes enseignements ne les aient pas appelées des reconnaissances de territoire, j'ai appris à suivre le protocole et j'ai toujours exprimé ma gratitude d'être accueillie sur le territoire de d'autres peuples autochtones.
Depuis 2015 et la publication des appels à l'action pour la vérité et la réconciliation, j'ai vu de nombreux Canadiens et Canadiennes reconnaître les territoires traditionnels où ils se rassemblent, vivent, travaillent, ou se divertissent.
Lorsque cette pratique a commencé à prendre de l'ampleur à travers le pays, je craignais qu'elle ne devienne une simple formalité et qu'elle perde son sens et son objectif, mais j'ai fini par comprendre que ce que j'ai vécu, c'est que je ne me sens plus invisible.
En tant que Métisse, j'ai souvent eu l'impression d'être maintenue en marge de la société, d'être invisible.
Je vis également avec un handicap invisible. Je pense qu'il y a peut-être d'autres personnes présentes aujourd'hui qui peuvent s'identifier à ce sentiment. Mais un Congrès sur les personnes en situation de handicap signifie aussi : "Nous vous voyons et vous avez votre place ici."
En partageant ma reconnaissance du territoire, je vous invite à réfléchir à l'endroit où vous vous réunissez aujourd'hui, ou à l'endroit que vous considérez comme votre maison.
Si vous n'êtes pas sûr, vous pouvez aller voir Native-Land.ca pour vous aider.
Je suis honorée de me joindre à vous aujourd'hui depuis les territoires non cédés de la colonie de Kamloops en Colombie-Britannique.
Je tiens à rendre hommage aux nombreux sacrifices consentis par le peuple Tk'emlúps te Secwépemc, à Secwépemc úlù, qui nous permettent de vivre et de travailler sur des terres si magnifiques.
C'est le territoire traditionnel du peuple Secwépemc Shuswap. Une vaste région de 180 000 kilomètres carrés située dans le centre-sud de la Colombie-Britannique. Je m'engage à mettre toutes mes capacités au service de la conservation responsable de ces terres.
J'espère que cet engagement contribuera à préserver cette région pour les nombreuses générations à venir. Je vous adresse mes meilleurs vœux de réussite pour ce congrès et je souhaite à chacun, chacune d'entre vous de s'épanouir sur les terres que vous considérez comme votre foyer.
Narrateur:
Merci, aînée Denise, d'avoir fait part de ces paroles avec nous.
Habon Ismael a animé le quatrième Congrès canadien sur l’inclusion des personnes en situation de handicap (CCDI). L’aînée Denise McCuaig a prononcé l’ouverture et effectué la reconnaissance des territoires.
Mot de bienvenue et allocution d’ouverture de la ministre Patty Hajdu
Transcription de la ministre Patty Hajdu, ministre de l’Emploi et des Familles : mot de bienvenue et allocution d’ouverture.
Narrateur:
J'ai maintenant le plaisir d'inviter l'honorable Patty Hajdu, ministre de l'Emploi et de la Famille, ministre responsable de l'Agence fédérale de développement économique pour le Nord de l'Ontario à ouvrir notre événement avec son allocution d'ouverture.
Joignez-vous à moi pour accueillir la Ministre Patty Hajdu.
Ministre Patty Hajdu:
Bonjour à toutes et tous, et bienvenue au quatrième Congrès canadien annuel sur l'inclusion des personnes en situation de handicap. Je m'appelle Patty Hajdu. Je suis ministre de l'Emploi et de la Famille, et ministre responsable de l'Agence fédérale de développement économique pour le Nord de l'Ontario.
Je suis ravie d'être ici avec vous tous pour lancer la Semaine nationale de l'accessibilité, pour célébrer ce que chacun d'entre vous a accompli pour bâtir un Canada accessible où chacun peut réaliser son plein potentiel.
En fin de compte, toutes vos expériences, vos idées et vos actions ont un impact transformateur.
Je vous remercie donc pour le travail que vous faites.
Parce que lorsque nous éliminons les obstacles et élargissons les possibilités, tout le monde en tire parti. Notre collectivité devient plus inclusive. Les Canadiens prospèrent et nous progressons collectivement vers un Canada solide et exempt d'obstacles.
Mais nous avons encore du travail à faire. Parmi les Canadiens et Canadiennes en situation de handicap âgés de 15 à 64 ans qui sont sans emploi, plus d'un million de ces personnes pourraient travailler si elles avaient accès à un marché du travail plus inclusif.
C'est pourquoi dans l'esprit du principe Rien sans nous, la communauté des personnes en situation de handicap nous a guidés dans l'élaboration de la Loi sur l'accessibilité du Canada.
Les personnes en situation de handicap doivent toujours participer à l'élaboration des lois, des politiques et des programmes qui touchent leur vie.
Depuis, nous avons fait des progrès pour éliminer les obstacles à l'accessibilité, soutenir la sécurité financière des Canadiens et des Canadiennes en situation de handicap, et rendre nos lieux de travail plus inclusifs.
Nous avons lancé le tout premier plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada afin de rendre le pays plus inclusif.
2025 marque la troisième mise à jour annuelle du plan, et nous avons financé 100 projets par le biais du fonds d'opportunité pour les personnes en situation de handicap afin d'aider ces dernières à faire progresser leur carrière ou devenir entrepreneures.
Nous avons également investi plus de 440 millions de dollars dans 8 100 projets par l'intermédiaire du Fonds pour l'accessibilité afin de rendre nos communautés et nos lieux de travail plus accessibles.
Nous avons nommé le tout premier responsable de l'accessibilité du Canada, et nous avons produit trois rapports annuels sur l'accessibilité qui nous permettent de mieux comprendre où des progrès ont été réalisés et où des efforts supplémentaires sont encore nécessaires.
Nous avons également lancé la Prestation canadienne pour les personnes en situation de handicap afin de soutenir de façon financière les personnes en situation de handicap en âge de travailler à faible revenu afin qu'elles puissent planifier leur avenir, travailler, étudier, fonder une famille.
Et à la fin du mois de mars, cette prestation a amélioré le bien-être financier de plus de 280 000 personnes. Nous sommes également attachés, acharnés à aider les personnes en situation de handicap à surmonter les obstacles à l'emploi.
C'est pourquoi, en 2024, nous avons mis en place la Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap avec objectif de combler l'écart entre les personnes en situation de handicap et les personnes non handicapées d'ici 2040.
Dans le cadre de la mise en œuvre de cette stratégie, mon ministère a prolongé jusqu'au 31 mars un peu plus de 100 projets.
Nous avons parcouru un long chemin ensemble depuis l'adoption de la Loi sur l'accessibilité pour les Canadiens, mais nous devons en faire davantage. C'est pourquoi nous collaborons avec des organisations de premier plan, telles que la Fondation Rick Hansen et le Conseil canadien de la réadaptation et du travail. Nous avons parcouru un long chemin.
Pour bâtir un Canada plus solide et plus inclusif pour tout le monde, nous devons concentrer nos efforts d'un bout à l'autre du pays, et entre les secteurs. C'est dans le cadre d'événements comme celui d'aujourd'hui que la grande idée est venue. Et ce sont ces idées qui permettent d'orienter nos progrès.
Je vous souhaite une belle Semaine sur l'accessibilité à tous, et je vous souhaite beaucoup de succès aujourd'hui et un excellent congrès.
Narrateur:
Merci, Ministre Hajdu.
L’honorable Patty Hajdu, ministre de l’Emploi et des Familles, a offert un mot de bienvenue et prononcé les remarques d’ouverture.
Une conversation avec Dre. Rheanna Robinson : perspectives autochtones pour un Canada fort et accessible
Transcription d’une conversation avec la Dre Rheanna Robinson : perspective autochtone sur un Canada accessible et inclusif
Narrateur:
Nous allons maintenant passer à notre prochain segment. Une causerie explorant les perspectives autochtones pour bâtir un Canada fort et accessible.
Je suis heureuse d'accueillir Marzieh Tafaghod, directrice exécutive de la division des programmes et règlements à la Direction de l'inclusion des personnes en situation de handicap et de l'accessibilité, ainsi que Dre Rheanna Robinson.
Dre Rheanna Robinson est une professeure agrégée en études autochtones et membre de la Fédération des Métis du Manitoba.
Ses travaux fondés sur les relations et les valeurs de la réconciliation et de la décolonisation portent sur les études sur le handicap autochtone, l'éducation autochtone et la recherche communautaire.
Joignez-vous à moi pour accueillir Marzieh Tafaghod et Dre Rheanna Robinson.
Marzieh et Docteure Robinson, la parole est à vous.
Marzieh Tafaghod:
Docteure Robinson, merci de vous joindre à nous à l'occasion du quatrième Congrès canadien sur l'inclusion des personnes en situation de handicap et de vouloir nous consacrer votre temps pour nous faire part de vos réflexions.
Nous avons transmis à l'avance quelques questions pour orienter la discussion et je vais vous les poser une à une. Vous pourrez répondre comme bon vous semble.
Mais avant cela, pourriez-vous vous présenter à nos participants et participantes?
Dre Rheanna Robinson:
Merci.
Merci de m'accueillir aujourd'hui. Je m'appelle Rheanna Robinson, je suis dame Métisse et membre de la Fédération des Métis du Manitoba. Je me joins à vous aujourd'hui depuis mon domicile situé sur le territoire... (coupure audio) ... dans la communauté de Prince George.
Je suis professeure agrégée au Département d'études des Premières Nations de l'Université du Nord de la Colombie-Britannique, et mes recherches portent principalement sur les peuples autochtones et les situations de handicap.
L'une des choses sur lesquelles j'aimerais m'attarder et ce qui m'a amenée à m'intéresser aux études liées à l'expérience des peuples autochtones en matière de situation de handicap.
En 1997, à l'âge de 19 ans, on m'a diagnostiquée d'une sclérose en plaques. Et même si je n'ai pas connu de difficultés ou de limitations physiques au cours des premières 20 années de ma vie, à mesure que ma perception du handicap a évolué, j'ai vraiment commencé à réaliser qu'il existait un immense fossé dans la recherche universitaire, la littérature qui se concentre réellement sur les expériences que les peuples autochtones ont vécues et vivent encore en vivant dans une situation de handicap.
J'ai donc constaté qu'il s'agissait d'un domaine qui méritait vraiment qu'on s'y intéresse davantage et c'est pour moi, donc, un point de départ passionnant pour commencer à considérer mon expérience du handicap sous un autre angle.
Vous savez, j'ai vraiment traversé des moments difficiles et éprouvants en essayant de gérer certaines de mes limitations physiques. Ce sont les aînés, d'autres leaders de la communauté autochtone qui m'ont encouragée à commencer à considérer mon handicap de façon différente et à comprendre comment et pourquoi les peuples autochtones ont abordé le handicap de manière bien différente que ce que je croyais endurer.
Marzieh Tafaghod:
Quand on parle de bâtir un Canada fort et accessible, comment cette idée est-elle perçue du point de vue des Autochtones?
Dre Rheanna Robinson:
Il est important de reconnaître que les avancées qui ont lieu ces dernières années en matière d'accessibilité dans le cadre des responsabilités fédérales et de voir comment cela affecte les peuples autochtones au sein de leur communauté, mais aussi dans l'ensemble du Canada.
Vous savez, tant au niveau fédéral qu'au niveau provincial, nous avons constaté de grands progrès dans les efforts visant à garantir que les barrières physiques et sociales soient reconnues et éliminées grâce à des processus de normalisation et différentes politiques et pratiques.
Il existe indéniablement des lacunes et des domaines qui coexistent avec certains de ses efforts, car ces attentes ne correspondent pas toujours aux valeurs et aux visions du monde, peuples autochtones, quant à ce que signifie l'accessibilité pour eux au sein de leur communauté.
Les réalités sociales et culturelles conduisent à de nombreuses expériences d'exclusion.
Il est important qu'on prenne le temps de comprendre comment les cadres d'accessibilité doivent tenir en compte les expériences vécues par les peuples autochtones dans ce pays et de voir où et comment nous pouvons tirer des enseignements de leurs expériences contemporaines, mais aussi de leur savoir traditionnel.
Alors que nous nous efforçons de garantir une représentation plus juste et plus équitable de ce que signifie l'accessibilité et de s'assurer qu'elle bénéficie aux peuples autochtones.
Marzieh Tafaghod:
Selon vous, quelles responsabilités ou opportunités voyez-vous pour les dirigeants et les institutions non autochtones? Si nous voulons vraiment bâtir un Canada accessible qui allie l'inclusion des personnes en situation de handicap, la réconciliation et la durabilité?
Dre Rheanna Robinson:
Il y a d'incroyables opportunités pour faire avancer la compréhension des perspectives traditionnelles autochtones et de leurs expériences contemporaines en matière de handicaps.
Je crois sincèrement que cela constitue un élément fondamental pour parvenir à un engagement plus complet et significatif et pour évoluer vers un Canada véritablement accessible et sans barrières.
Vous savez, les perspectives autochtones traditionnelles sur le handicap sont fondamentalement contraires aux constructions occidentales de ce qu'est une représentation corporelle significative pour la communauté.
Il est donc nécessaire que ceci soit compris et reconnu.
Vous savez, je suis vraiment reconnaissante et chanceuse d'avoir pu mener des recherches auprès des peuples des Premières Nations et au sein de leur communauté pour mieux comprendre cela et pour vraiment apprendre comment l'équité et l'inclusion font fondamentalement partie des visions du monde, des lois et des croyances autochtones en matière de soutien mutuel et garantissent intrinsèquement que la communauté, les savoirs et les visions du monde sont transmis à la génération suivante.
Nous vivons donc à une époque dans un contexte où les perspectives autochtones traditionnelles sur les handicaps ont été influencées par le colonialisme et le capacitisme. Il est essentiel de comprendre pourquoi on doit démanteler ces structures et les remettre en question afin de résoudre certaines de ces réalités en cette ère de réconciliation.
On doit honorer les expériences vécues par les peuples autochtones tout au long de ce processus de colonisation.
Ceci inclut l'expérience des pensionnats, de l'institutionnalisation et la manière dont ces réalités continuent d'avoir des répercussions sur les peuples autochtones et leurs communautés aujourd'hui.
Marzieh Tafaghod:
C'est pourquoi il est si important d'avoir des universitaires comme vous dans ces conversations au Congrès canadien.
Nous apprécions donc vraiment votre générosité, vos idées, votre leadership. Vos contributions façonnent les discussions tout au long de ce congrès, ainsi que de la Semaine nationale des Autochtones.
Merci également à nos participants d'être ici et à tous leurs engagements pour bâtir un Canada plus fort et plus accessible.
Pour quelques derniers mots, des mots de conclusion, Docteure Robinson?
Dre Rheanna Robinson:
Je voudrais souligner la réalité de certaines notions individualistes qui sont souvent intégrées dans les réalités de vivre en situation de handicap.
Vous savez, les peuples autochtones s'opposent vraiment à ce cadre, car il est en totale contradiction avec leur relation de longue date, les uns avec les autres, et au sein de la communauté.
Vous savez, les modèles dominants de handicaps comme le modèle médical et le modèle social, qui sont principalement utilisés au Canada, ne tiennent pas compte des valeurs des peuples autochtones, ni de leur savoir, ni de leurs traditions.
Et je crois que c'est une occasion importante de repenser la manière dont nous pouvons offrir une représentation plus inclusive, plus diversifiée, plus holistique de tous les peuples qui continuent d'apporter chaque jour des contributions importantes à ce pays, et de déterminer où et comment les perspectives autochtones sur le handicap continueront de nous offrir des enseignements vraiment significatifs et importants à mesure que nous avançons.
Marzieh Tafaghod:
Merci encore, Docteure Robinson. Nous sommes très reconnaissants pour le temps que vous nous avez consacré pour votre sagesse et je vous souhaite, ainsi qu'à nos participants, une merveilleuse Semaine nationale de l'accessibilité.
Narrateur:
Merci, Docteure Robinson, d'avoir partagé vos expériences. Les perspectives autochtones nous rappellent que l'accessibilité va au-delà des politiques. Elle est ancrée dans les liens, la communauté et l'expérience vécue.
La Dre Rheanna Robinson a présenté un point de vue axé sur les perspectives autochtones d’un Canada accessible et inclusif.
Panel de discussion avec la commissaire à l’accessibilité, avec des remarques du secrétaire parlementaire
Transcription de la table ronde avec la commissaire à l’accessibilité, avec des remarques du secrétaire parlementaire
Narrateur:
Nous allons maintenant passer à la table ronde.
J'ai le plaisir d'inviter Leslie Church, secrétaire parlementaire auprès des secrétaires d'État chargées du Travail, des personnes âgées, de l'Enfance et de la Jeunesse, ainsi qu'auprès de laministre de l'Emploi et des Familles, pour les personnes en situation de handicap, à nous dire quelques mots afin de préparer le terrain pour la table ronde.
Secrétaire parlementaire Leslie Church:
Je m'appelle Leslie Church et je suis secrétaire parlementaire auprès des secrétaires d'État chargés du Travail, des Aînés, des Enfants et de la Jeunesse, ainsi qu'auprès du ministre de l'Emploi et des Familles, plus particulièrement en ce qui concerne les personnes en situation de handicap.
Je suis également fière d'être députée de Toronto-St. Paul's ici dans le centre-ville de Toronto où je suis aujourd'hui.
Je suis très heureuse d'être avec vous aujourd'hui pour le quatrième Congrès canadien sur l'inclusion des personnes en situation de handicap, et je suis particulièrement ravie de contribuer à l'ouverture de la table ronde aujourd'hui, intitulée Bâtir un Canada fort grâce à l'inclusion, l'accessibilité comme stratégie de construction nationale.
Il s'agit d'une conversation cruciale, car lorsqu'on parle de bâtir un Canada plus fort, l'accessibilité ne peut être considérée comme un élément distinct. Elle doit en être au cœur.
Le thème du congrès de cette année, Bâtir un Canada fort et accessible, met en lumière un aspect très important. L'inclusion des personnes en situation de handicap n'est pas seulement une question de justice, c'est une stratégie de construction nationale.
Il s'agit du genre de pays que nous voulons bâtir ensemble, un pays où chacun peut participer pleinement, un pays où les obstacles sont éliminés avant qu'ils ne limitent le potentiel de quiconque.
Un pays où l'on ne demande pas aux personnes en situation de handicap de s'adapter à des systèmes qui n'ont pas été conçus pour eux, mais où nos systèmes, nos lieux de travail, nos communautés et nos services sont conçus dès le départ en pensant à ces personnes.
Parce qu'un Canada plus fort doit être un Canada plus accessible, un Canada où chaque personne peut participer, contribuer et réussir.
Dans la mise à jour économique du printemps, le premier ministre a souligné que bâtir un Canada plus fort signifie libérer le plein potentiel de notre main-d'œuvre, renforcer la productivité et veiller à ce que la croissance économique soit partagée.
L'inclusion des personnes en situation de handicap et l'accessibilité sont fondamentales pour atteindre cet objectif. En éliminant les obstacles, on permet à davantage de personnes d'apporter leurs idées et leurs talents, leurs compétences, leur leadership et leur créativité à notre économie et à nos communautés.
L'accessibilité n'est pas une considération secondaire, mais un investissement stratégique dans la force économique du Canada, notre cohésion sociale et notre avenir commun. C'est pourquoi ce travail est si important.
Dans le cadre de la Loi sur l'accessibilité pour le Canada, nous nous sommes fixé l'objectif ambitieux d'un Canada sans obstacle d'ici 2040.
Et grâce à des mesures telles que la Prestation canadienne pour personnes handicapées, le Fonds pour l'accessibilité et les nouvelles exigences en matière d'accessibilité pour les technologies numériques, nous continuons de passer de l'engagement à l'action.
Mais nous savons aussi que le gouvernement ne peut pas faire ce travail seul. Le progrès se produit lorsque nous écoutons les personnes qui ont une expérience vécue.
Il se produit lorsque nous travaillons à côté des personnes en situation de handicap, les partenaires autochtones, les leaders communautaires, les employeurs, les défenseurs des droits, les fournisseurs de services et les experts en accessibilité.
Il se produit lorsque nous prenons au sérieux le principe Rien sans nous.
Ce n'est pas un slogan, c'est un guide qui nous indique comment mener à bien ce travail, car les personnes qui se heurtent à des obstacles sont les mieux placées pour nous aider à les éliminer.
C'est pourquoi les voix des personnes en situation de handicap doivent être au centre de nos décisions, de nos politiques et de nos actions. Et c'est la raison pour laquelle les espaces comme le Congrès canadien sur l'inclusion des personnes en situation de handicap sont si importants.
Ils rassemblent les gens non seulement pour réfléchir au progrès accompli, mais aussi pour nous interpeller, nous pousser à aller de l'avant et à contribuer à façonner l'avenir.
La table ronde aujourd'hui nous aidera précisément à faire cela.
Nous sommes accompagnés d'un groupe incroyable de leaders dont le travail reflète la diversité, la créativité, la détermination qui font avancer l'accessibilité au Canada.
Chacun et chacune d'entre eux apporte un point de vue différent sur ce que signifie d'intégrer l'accessibilité à nos politiques, nos lieux de travail, nos espaces publics, nos réseaux de transports, notre monde numérique et nos communautés.
Le commissaire à l'accessibilité du Canada, Christopher Sutton, animera cette discussion.
Cette discussion porte sur la manière de transformer une vision en action, sur la façon dont les politiques, la communauté, le leadership, l'innovation, l'expérience vécue se conjuguent pour faire de l'accessibilité une réalité dans la vie des gens.
Elle vise également à nous rappeler à chacun d'entre nous que nous avons un rôle à jouer, que vous soyez décideurs politiques, employeurs, professionnels, défenseurs de droits, alliés, ou simplement une personne qui apporte son expérience vécue, vous faites partie intégrante de ce travail.
Ensemble, nous pouvons bâtir un pays plus inclusif, plus juste et plus fort. Bâtir un Canada accessible et fort, c'est bâtir un pays qui fonctionne mieux pour tout le monde.
Je suis très reconnaissante envers toutes les personnes qui se joignent à nous aujourd'hui, et j'ai hâte de participer à une conversation stimulante et pleine de réflexion.
Merci de prendre part au Congrès canadien sur l'inclusion des personnes en situation de handicap cette année et de nous aider à faire avancer ce travail pendant la Semaine nationale de l'accessibilité, et au-delà.
Sur ce, je suis très heureuse de céder la parole au commissaire à l'accessibilité, Christopher Sutton. Chris, à vous.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci à la secrétaire parlementaire Church pour ses remarques préliminaires pleines de sens qui ont permis d'organiser la table ronde.
Bonjour à tous et toutes, et bienvenue. Merci de vous joindre à nous virtuellement aujourd'hui.
Je suis ravi de voir autant de participants et participantes venus de tant d'endroits à travers le pays pour cette conversation importante. Je m'appelle Christopher Sutton et j'occupe le poste de commissaire à l'accessibilité du Canada.
Pour ceux et celles qui apprécient une description visuelle, je suis un homme blanc vêtu d'un costume bleu marin, d'une chemise blanche et d'une cravate bleu marine. J'ai les cheveux bruns, une barbe courte et je porte des lunettes bleu marin.
J'aime toujours commencer par rappeler que nous nous réunissons sur les territoires traditionnels et non cédés des peuples autochtones qui prennent soin de ces terres depuis la nuit des temps.
Nous rendons hommage aux communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis qui continuent de prendre soin de ces terres et de leur réseau.
Lorsque nous entamons nos discussions et nos réunions, nous nous appuyons sur ces bases de connaissances. Cela nous aide à nous rappeler que tout débat sur l'accessibilité au Canada doit commencer par une prise de conscience des obstacles de longue date à l'équité, à l'égalité, auxquels sont confrontés les peuples autochtones.
Ensemble, nous devons et pouvons faire mieux.
Je vous remercie de votre temps et votre engagement, et j'attends avec impatience les discussions que l'on aura aujourd'hui.
En tant que commissaire, mon rôle ne consiste pas seulement à parler de l'accessibilité en théorie, mais aussi de voir comment elle se manifeste dans la vie réelle.
Dans le cadre de mes fonctions, je suis chargé de diriger l'administration et l'application de la loi canadienne et de ce règlement en mettant l'accès sur l'identification, la prévention et l'élimination des obstacles à l'accessibilité.
Les personnes en situation de handicap me font part directement des obstacles auxquels elles font face dans les lieux, les espaces publics et les systèmes qui n'ont jamais été conçus en tenant compte de leurs besoins.
Ces expériences nous rappellent que l'accessibilité n'est pas un concept abstrait, mais bien une réalité pratique quotidienne et aux conséquences profondes.
Pour moi, bâtir un Canada fort signifie mettre l'accent sur la pleine participation en veillant à ce que chacun puisse participer et contribuer d'une manière qui reflète qui il est. Cela ne se mesure pas seulement à la croissance ou à l'innovation, même s'il y a des systèmes conçus pour fonctionner pour tout le monde.
L'emploi est un domaine où cela prend tout son sens. Les obstacles à l'emploi ne reflètent pas un manque de talent ou d'ambition, ils reflètent des lacunes en matière de conception, de flexibilité, et de compréhension.
Combler ces lacunes renforce les organisations et ouvre des opportunités qui profitent à tous et toutes.
C'est pourquoi l'accessibilité doit être intégrée dans tout ce que l'on fait.
L'accessibilité n'est pas une simple liste de contrôle, elle n'est pas une mise à niveau, quelque chose qu'on ajoute quand quelqu'un le demande.
L'accessibilité n'est pas quelque chose que l'on ajoute à la fin, mais qui est intégrée dès le départ. C'est un état d'esprit.
L'accessibilité progresse de la manière la plus efficace qui soit lorsqu'elle s'appuie sur l'expérience vécue, la responsabilité partagée.
Le principe Rien sans nous n'est pas symbolique. C'est un guide pratique pour de meilleures décisions et de meilleurs résultats. Lorsque nous sommes les experts de notre propre vécu.
L'objectif d'un Canada sans obstacle d'ici 2040 nous donne une direction à suivre.
Je me concentre sur ce qui se passe en cours de route alors que les obstacles sont identifiés, prévenus et éliminés de manière significative et mesurable. Car chaque obstacle modifie l'expérience de quelqu'un et, collectivement, c'est ainsi qu'on transforme les systèmes et les vies.
D'ici 2040, je souhaite que l'accessibilité soit ancrée dans la façon dont le Canada pense, planifie et dirige.
Cela signifie qu'il faut aller au-delà de la simple correction des obstacles après coup, et évoluer vers une culture d'accès universel et d'appartenance dans tous les secteurs de la société.
C'est la raison pour laquelle la table ronde d'aujourd'hui intitulée Renforcer le Canada par l'inclusion, l'accessibilité comme stratégie de construction nationale est importante. Elle rassemble différentes perspectives sur ce à quoi ressemble l'accessibilité dans la pratique et sur la manière dont les responsabilités du progrès sont partagées.
Avant de commencer notre formidable discussion cet après-midi, j'aimerais inviter chaque intervenant, intervenante à prendre un moment pour se présenter. Donnez votre nom et, si vous le souhaitez, une brève présentation de ce que vous faites ou de l'endroit.
Je vais commencer avec Eyra.
Eyra Abraham :
Bonjour, je m'appelle Eyra Abraham, et j'ai lancé une entreprise appelée Lisnen qui aide les gens qui ont des difficultés d'audition à mieux comprendre.
En tant que personne qui a une perte auditive depuis que j'ai trois ans, j'ai lancé cette entreprise depuis déjà plusieurs années.
En plus de mon travail, je contribue au développement de standards. Je travaille dans l'inclusion et les personnes qui vivent avec un handicap.
Je suis une femme noire et je porte une couleur rouge foncé aujourd'hui. Merci beaucoup.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
On a ensuite Gabi qu'on appelle Lil Gabi D.
Lil Gabi D:
Bonjour, je m'appelle Gabi et en ligne, je suis Lil Gabi D. Je crée du contenu sur la plupart des réseaux sociaux. Je vis avec un handicap.
Je suis une petite personne, c'est-à-dire que je porte un chandail multicolore et je suis une personne noire et j'utilise une chaise roulante.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci. Nous avons maintenant Dev.
Dev Maharaj:
Bonjour, je m'appelle Devanand Maharaj, je suis directeur général de Peel Career Assessment Services à Mississauga en Ontario, et je travaille sur l'intégration des nouveaux venus, les services à l'emploi et les évaluations de prise en charge.
Donc, je parle avec des employeurs, des chercheurs d'emplois, des partenaires et les gouvernements pour réduire les barrières pour que tous puissent contribuer leur talent et leur culture.
Merci beaucoup.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Ensuite, nous avons Laurence.
Laurence Parent:
Bonjour. Hi! Je m'appelle Laurence. Donc, je suis une femme blanche, j'ai les cheveux bruns, je suis également une personne de petite taille. Je me déplace en fauteuil roulant et, cet après-midi, je participe au panel de mon bureau à la maison.
Donc, depuis 2021, je suis conseillère d'arrondissement sur le Plateau Mont-Royal à Montréal. Donc, j'ai été élue en 2021 et en 2025.
Je suis également la vice-présidente de la Commission permanente sur le développement social et la diversité montréalaise. J'ai été sur le conseil d'administration de la Société de transport de Montréal de 2017 à 2025.
Puis avant la politique, en fait, j'ai fait longtemps des études, dont une maîtrise en Critical Disability Studies à York University. Après ça, j'ai fait mon doctorat à Concordia sur la mobilité des personnes handicapées à Montréal. Puis j'ai été impliquée longtemps dans la défense des droits des personnes handicapées. Je suis bien heureuse d'être avec vous.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci beaucoup. Et nous avons finalement Rabia.
Rabia Khedr :
Bonjour, je m'appelle Rabia Khedr et je suis PDG de DEEN Support Services. Et je fais partie du réseau de l'autonomisation et de l'inclusion. J'ai une expérience vécue d'avoir la société et jetravaille dans l'espace de l'inclusion en tant que membre du CA de Standards d'accessibilité Canada.
Je suis aussi dans le groupe consultatif. Et j'ai aussi travaillé auprès de la Commission des droits de la personne de l'Ontario, et à travers les années, j'ai été sur le comité consultatif pour l'accessibilité dans ma communauté où je vis à Mississauga en Ontario.
Donc, je vous amène mon expérience vécue en tant que mère, femme racisée, qui est punjabi, pakistanaise et vivant avec la cécité. Et je suis aussi une entrepreneuse sociale et une brasseuse dans la société.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci beaucoup pour vos présentations.
Nous allons maintenant passer à la première ronde de questions où nous allons faire appel à l'expérience vécue et professionnelle de chacun et chacune des panélistes. Chaque personne aura six minutes pour répondre.
Tout d'abord, nous allons demander à Eyra.
L'IA continue à façonner la façon dont nous vivons dans le monde de l'accessibilité. Est-ce que vous pourriez nous parler de son impact dans le renforcement des compétences, la croissance de carrière et d'autres secteurs? Et où voyez-vous des lacunes qu'on pourrait combler pour les personnes vivant avec des handicaps?
Eyra Abraham:
Oui! Je me rappelle que jadis, on se concentrait sur l'examen de candidatures et de CV.
Au début, il y avait beaucoup de résistance, surtout parce qu'il y avait des biais dans les outils de l'intelligence artificielle. Et donc, on ne réalise pas toujours que les données, c'est vraiment la composante la plus importante d'un système IA.
Et que ces données sont basées souvent sur des données historiques exclusionnaires et biaisées, surtout à l'endroit des personnes vivant avec un handicap.
Mais je vois une occasion à saisir en matière d'IA aujourd'hui où on peut s'écarter de ces pratiques de révolution industrielle que nous avons mises en place. Au cours des dernières années, on a commencé à voir ça comme une façon standard d'opérer et on peut vraiment déconstruire ces concepts.
Par exemple, je peux avoir accès à des outils d'avancement de carrière et de perfectionnement des compétences que je peux vraiment utiliser avec l'IA. Je peux combler des lacunes en matière de connaissances que l'IA peut identifier pour moi et m'aider à surmonter. C'est donc possible de s'améliorer à l'aide de ces outils à la fois dans son emploi actuel ou encore dans un emploi souhaité.
C'est vraiment important aussi d'avoir des mentors. On veut être aligné avec des personnes qui ont les connaissances et l'expérience nécessaires pour nous guider dans notre développement professionnel, et c'est possible avec des outils de IA d'être parrainé ou d'être jumelé avec des individus qui seraient de bons mentors pour vous dans votre développement professionnel et votre carrière.
C'est très intéressant d'utiliser l'intelligence artificielle pour cibler certaines expériences vécues ou caractéristiques que vous pourriez rechercher chez un ou une mentor que vous n'auriez peut-être pas dans votre réseau immédiat.
Pour ce qui est du recrutement, on dirait que le balancier est retourné complètement dans l'autre extrême. Aujourd'hui, nous avons les ressources humaines qui disposent d'outils qui peuvent examiner très rapidement des milliers de CV et de demandes.
Mais en même temps, ceci nous prévient d'avoir cette connexion humaine. Donc, comment peut-on ramener la touche humaine dans ce genre de conversation? Parce que c'est vraiment quelque chose qui va à double sens.
On veut savoir si, en tant qu'employés, nous serons à l'aise dans telle ou telle entreprise, et l'entreprise veut savoir si l'individu va bien s'inscrire dans la culture d'entreprise.
Donc, on ne peut pas nécessairement utiliser trop la technologie parce que ça nous empêche d'avoir les interactions humaines. Ce n'est pas tout le monde qui a la même réponse au processus de recrutement, et donc l'IA peut donner une expérience personnalisée aux individus qui font des demandes d'emploi, que ce soit en matière d'accommodation ou en matière de soutien à l'expression orale ou écrite, ou peut aider à l'expression de ses valeurs aux recruteurs.
Tout ceci peut être assisté par l'IA. Donc, il nous reste beaucoup de chemin à parcourir avant qu'on puisse vraiment utiliser l'IA de façon particulièrement productive tout en éliminant les biais qui subsistent aujourd'hui, surtout pour les personnes vivant avec un handicap.
On a toujours des nuances et des divergences dans les façons qu'on utilise pour trouver un emploi. Parfois, on a des limites, par exemple médicales, qui ne sont pas en ce moment bien saisies par l'IA, et l'IA ne comprend pas toujours nos expériences vécues.
Donc, il va vraiment falloir adapter nos outils et nos standards au Canada pour bien intégrer ces éléments.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci, c'est un excellent début de conversation. En 2026, ce n'est pas possible de ne pas avoir de discussions sur l'IA, donc merci beaucoup.
J'aimerais maintenant parler à Lil Gabi D.
Quelle est votre expérience vécue? Comment les collectivités peuvent soutenir les jeunes en situation de handicap et comment ceci peut avoir une influence positive sur le Canada dans les dix prochaines années?
Lil Gabi D:
Je pense que la meilleure façon de soutenir les jeunes vivant avec un handicap, c'est de leur enseigner, les former sur ce sujet. Par exemple, on pourrait empêcher les enfants d'utiliser des langages inappropriés ou trop regarder.
Par exemple, on ne doit pas dire "nain" parce que c'est un terme qui est assez péjoratif. Quand des personnes comme moi-même étions dans des cirques, littéralement, et où on riait de nous.
Donc, c'est le genre de chose que les gens ne savent pas toujours et on pourrait l'intégrer dans le curriculum pour que les enfants puissent l'apprendre tôt et ne pas être dans de beaux draps, finalement, à l'âge adulte non plus. Ils peuvent choisir n'importe quelle carrière et avoir déjà cette mentalité d'accessibilité, et on peut se demander déjà dès un jeune âge quand on regarde des installations ou des lieux de travail si ce sont des endroits accessibles.
Si on a des études sur les handicaps dans les écoles, on n'aura pas à mettre cet impératif sur les épaules des personnes handicapées elles-mêmes. Donc, je pense que c'est vraiment important de faire des formations au niveau scolaire.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci beaucoup, c'est vraiment important de parler de ce type d'études. C'est un travail critique que l'on fait.
Maintenant, Dev, j'aimerais vous demander : Quelles sont les stratégies que les entreprises peuvent adapter pour aider les personnes vivant avec un handicap à accéder à l'emploi et aux services et aux produits?
Comment peut-on ainsi construire un Canada plus accessible pour tous et toutes?
Dev Maharaj:
On peut le voir de plusieurs façons. Si on pense à la construction d'un Canada plus fort et qu'on veut produire quelque chose, on devrait faire appel à toutes les ressources dont dispose notre communauté.
Et on peut vraiment utiliser tous ses talents. Quand on le voit du point de vue de l'employeur, l'employeur veut faire des revenus. Donc, comment peut-on créer une stratégie qui montre à l'employeur qu'une personne talentueuse, même si elle a un handicap, peut contribuer à leur budget et à leur succès en affaires?
Donc, d'inclure la diversité après le fait, c'est de réaliser tout d'un coup qu'on doit faire des accommodements. Mais de faire comprendre la valeur de ces talents à l'employeur de créer des plateformes pour que ces talents puissent avoir du succès et être à l'aise dès le début, ça peut vraiment mettre en valeur ces talents et ce potentiel.
J'ai un groupe de clients qui vit avec un handicap et si les employeurs peuvent maintenant consulter ce groupe de personnes qui sont prêtes à l'emploi, je pense que c'est vraiment une excellente synergie. Et je pense que Mme Abraham a parlé d'accessibilité de la technologie. Il existe plusieurs technologies adaptatives qu'on peut utiliser aujourd'hui.
Elles sont beaucoup plus largement disponibles qu'il y a dix ans. La technologie a vraiment augmenté notre possibilité d'obtenir de l'information. On peut maintenant entendre, par exemple, quelqu'un qui parle en français. On peut avoir une traduction en anglais. Et donc, ce sont toutes des choses qui contribuent aux revenus des entreprises. L'accessibilité ne devrait pas être synonyme de conformité.
C'est une stratégie, au contraire, qui renforce le marché du travail, qui crée une plateforme pour la productivité, et c'est une façon d'augmenter la résilience de la communauté. Donc, je pense que si les employeurs peuvent vraiment le voir non comme une obligation, mais plutôt comme une façon de trouver et de découvrir de nouveaux talents et de vraiment profiter des occasions qui s'offrent à eux, je pense que c'est vraiment stratégique.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Oui, quand on regarde les résultats du côté des personnes vivant avec un handicap, on voit que c'est vraiment très positif, qu'on peut accéder à, maintenant, des emplois qu'on n'avait pas avant. J'aimerais maintenant passer à la prochaine question.
Comment les villes peuvent-elles profiter de l'infrastructure civique et du système de transport pour avoir un Canada plus fort et plus inclusif?
Laurence Parent:
Oui, merci. Merci beaucoup pour la question. En fait, je pense que le transport et les infrastructures publics sont vraiment au cœur de la ville.
Toutes les personnes qui vivent en ville vont avoir besoin, à un moment ou un autre, de se déplacer avec un transport en commun ou encore, d'accéder, que ce soit l'hôtel de ville, à la bibliothèque, à la piscine. Donc, c'est vraiment au cœur de la vie citoyenne.
Puis je peux dire quelques mots, en fait, sur les conséquences de ce manque d'accès là, qui ne font peut-être pas la manchette à tous les jours, mais qui sont significatives puis qui sont un petit peu, peut-être, parfois effacé, parce que ça fait longtemps que ces conséquences-là existent. Et elles sont ainsi un peu invisibilisées.
Donc, on peut penser à des impacts sur la santé, des pertes d'opportunités d'emplois, de l'isolement social, qui vont toucher la personne concernée, mais également tout son entourage.
Puis on peut penser que les villes sont dans un état de crise. ,Il y en a de plus en plus, que ce soit en raison des réchauffements climatiques. Bien, on se rend compte que lorsqu'on n'est pas préparés puis qu'on n'a pas d'accessibilité, on va rencontrer toutes sortes de problèmes.
Si on n'a pas l'habitude d'avoir des interprètes LSQ lorsqu'on fait un point de presse dans une situation d'urgence, bien, on n'a pas d'interprète LSQ. Si le centre communautaire du quartier n'est pas accessible, bien, lorsqu'on en a besoin pour créer un point d'urgence en cas de pannes de courant, bien, là, le centre communautaire n'est pas accessible.
Donc, c'est très important. En fait, les villes peuvent vraiment tirer parti du transport accessible et des infrastructures publiques accessibles pour être prêtes à faire face aux différentes crises, et également atténuer, dans le fond, les inégalités qui, malheureusement, existent encore dans nos communautés.
Donc, peu importe le revenu, que le transport en commun soit une option, soit accessible et possible pour tout le monde.
Bien évidemment, en plus, c'est ce qu'il faut faire pour l'environnement. Évidemment, on parle également des espaces de rencontre. Donc, pour les villes, c'est très, très, très important d'avoir des transports en commun, des infrastructures publiques accessibles. Parce que c'est là que les gens vont se rencontrer.
Puis, je me souviens, quand j'ai fait ma recherche au doctorat, c'était en 2015, donc ça fait un petit peu plus de dix ans, et à ce moment-là à Montréal, le métro était très, très, très peu accessible.
Puis j'avais rencontré des personnes, dans le fond, qui n'avaient jamais pris le transport en commun, le bus ou le métro, avec d'autres personnes, puis qui me disaient à quel point elles se sentaient, en fait, exclues puis qu'elles n'avaient pas l'habitude d'avoir des interactions avec des personnes dans ces lieux-là.
Puis on peut donc imaginer que l'inverse également est vrai. Donc, les personnes qui ont le privilège d'avoir accès à ces espaces-là, qui n'ont peut-être pas de handicap, bien, n'ont pas l'habitude, en contrepartie, de voir des personnes handicapées.
Donc, l'importance de voir les autres, mais également l'importance d'être vu. Donc, je pense que pour la cohésion sociale, dans une ville, c'est vraiment important. Puis, finalement, bien, le bénéfice économique.
Malheureusement, on n'a pas vraiment d'études, du moins, à Montréal, sur les retombées économiques d'avoir un système de transport en commun, des infrastructures publiques accessibles. Mais il existe une étude qui portait sur les bénéfices du transport adapté.
Donc, le transport parallèle, comme le Wheel-Trans notamment à Toronto, et on a des études qui démontrent que le transport adapté a vraiment des bénéfices pour la société en général. Alors que le coût de déplacement est quand même plus élevé quand on parle d'un système de transport adapté de porte-à-porte.
Donc, on peut imaginer que les retombées d'un système de transport en commun, bus, métro, tramway, accessible à tout le monde, bien évidemment, va avoir des retombées très intéressantes.
Malheureusement, elles ne sont pas chiffrées, donc on a tendance à penser à ça comme étant plus une dépense qu'un investissement. Donc, c'est sûr que si tous nos espaces, si nos transports sont accessibles, bien, ce sont des personnes qui vont être capables d'aller travailler, qui vont être capables de s'impliquer bénévolement. Donc, l'implication bénévole pour les villes, c'est absolument, c'est vraiment, vraiment important.
Des personnes qui vont être capables de se déplacer pour se divertir, pour aller chercher des soins de santé, pour ainsi prendre soin d'elles-mêmes, de consommer également ailleurs que sur Amazon. On sait à quel point c'est important de soutenir nos commerces locaux pour les villes.
Donc, voilà. En gros, il y a vraiment une multitude de facteurs qui peuvent expliquer pourquoi est-ce que les villes vont vraiment tirer profit d'avoir des infrastructures et un système de transport en commun accessibles.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Oui, l'accessibilité, c'est vraiment critique. Et c'est vraiment incroyable, ce que vous venez de nous dire. J'aimerais maintenant passer à Rabia.
Le Canada se tourne vers l'avenir. Quel est le rôle de la collaboration et des partenariats entre la communauté des personnes vivant avec un handicap et les différents niveaux de gouvernement? Quelles collaborations peuvent renforcer notre pays et notre avenir?
Rabia Khedr:
C'est vraiment une grande question. Merci beaucoup de l'avoir posée.
Souvent, quand on parle de construction de nations, on parle d'avenir. Et on essaye de planifier. Mais souvent, on laisse de côté les personnes vivant avec un handicap.
Et on fait du capacitisme. Souvent, l'accessibilité n'est qu'une arrière-pensée. Et c'est pourquoi c'est si important de commencer à penser à l'avenir du Canada. Et de réaliser que les personnes qui vivent avec un handicap font partie intégrante de cette conversation, au même titre que le secteur public et privé, et qu'une réflexion s'impose parce que leur participation au dialogue et à la construction d'un Canada fort est vraiment inégale.
Et les personnes qui vivent avec un handicap sont laissées-pour-compte et sont laissées derrière. Tout ce qui nous concerne a été conçu sans nous.
On a des obligations, au titre de la Déclaration sur les droits des personnes vivant avec un handicap de l'ONU, qu'on a ratifiée. Nous avons fait toutes sortes d'avancées législatives où on a vraiment entériné les droits.
Mais la justice, ayant trait au handicap, c'est vraiment quelque chose d'extrêmement important pour ceux qui ont moins d'expérience vécue. Parce que d'entériner des lois et des droits doit venir impérativement avec une façon de les exercer.
On a parlé de transport, on a parlé de personnes vivant avec un handicap, et la conscientisation des jeunes. On a parlé de technologie. Mais tout ça nous impacte tous et toutes, qu'on vive ou pas avec des handicaps.
Et je pense que c'est important d'encadrer l'avancement de la technologie pour qu'elle tienne compte de l'expérience des personnes qui vivent avec un handicap.
Et je pense que c'est important de le faire dès le moment de la conception, pour assurer, pour tous, l'accessibilité. Au niveau des villes, il faut que les transports soient accessibles, il faut absolument qu'on élimine les barrières fonctionnelles. C'est un très grand pays. Et il y a toutes sortes de modes de voyagement et de transport qui doivent être accessibles à tous les Canadiens.
On a les avions, les navires, les trains, l'autobus, le métro, etc. Et tout ça doit être accessible tout au long de notre voyage. Nous avons, selon la Charte, le droit à la mobilité. Et avoir des barrières juridictionnelles nous empêche d'accéder à ces droits et va à l'encontre de la justice et l'équité pour les personnes vivant avec un handicap.
Si on veut avoir une société juste, il faut écouter l'expérience vécue des personnes autour de cette table. Il y a jusqu'à 27 % de la population canadienne qui s'identifie comme vivant avec un handicap, et toutes ces personnes veulent contribuer pleinement. On veut être productif et productive.
On veut payer des impôts. On veut recevoir les services dont ils ont besoin pour vivre une vie pleine. Et on veut aussi avoir une sécurité financière. On veut s'assurer que les procédures qui sont faites pour les personnes vivant avec un handicap tiennent compte des barrières administratives pour qu'elles puissent participer pleinement à la société.
Il ne faut pas les voir seulement comme des personnes handicapées, mais plutôt comme des personnes aussi qui font face à toutes sortes d'iniquité. Sur la base de leur genre, de leur race, de leur orientation sexuelle, etc., etc. Il est important que les gouvernements aient la volonté politique, que le secteur privé se sente responsable et que les personnes en situation de handicap et la société dans son ensemble, non seulement respectent ces droits, mais aussi assument la responsabilité de les garantir.
On ne peut pas porter ce fardeau seul. On a besoin de tout le monde sur cette voie vers l'inclusion, vers la construction d'un Canada fort pour toutes et tous. Rien sur nous sans nous.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci, Rabia. Et 27 %, ce n'est pas un chiffre négligeable.
On va maintenant passer à notre prochaine série de questions. On va procéder un peu différemment. Pour cette partie, chaque intervenant choisira l'une des deux questions suivantes à laquelle répondre. Et vous aurez environ trois minutes pour répondre à chacune.
Ma première question porte sur la décennie à venir. Selon vous, quelles mesures concrètes ou quels changements feraient la plus grande différence pour garantir que tous les Canadiens et Canadiennes puissent participer pleinement à notre vie économique et civile?
Et la deuxième question : Comment les technologies émergentes peuvent-elles contribuer à stimuler la productivité en faisant également de l'accessibilité un élément central de la construction d'un Canada plus fort et plus inclusif?
Je vais donc redonner la parole à Eyra et voir quelles questions vous choisissez.
Eyra Abraham:
Je vais sans hésiter répondre à la deuxième question. Il est intéressant de voir que beaucoup de gens pensent que l'accessibilité, la productivité s'excluent mutuellement.
Personnellement, je ne suis pas d'accord avec cela. Je crois que la raison pour laquelle nous disposons de technologies est de rendre les choses plus faciles et plus efficaces qu'auparavant. Et peu importe qui est la personne derrière cette technologie, celle-ci devrait toujours être accessible dès le départ.
Je pense que la raison est que nous sommes à une époque où il existe de nombreuses technologies. Nous avons déjà connu cela avec le matériel informatique, qu'il s'agisse de téléviseurs, de téléphones portables, d'Internet, de logiciels, et maintenant l'intelligence artificielle.
Toutes ces technologies peuvent souvent exclure les personnes en situation de handicap et ne fonctionnent pas, car elles n'ont jamais vraiment été conçues en tenant compte de ces personnes dès le départ. Comme on l'a déjà entendu maintes fois aujourd'hui.
Et je crois qu'il doit y avoir davantage de sensibilisation auprès des développeurs pour qu'ils comprennent que l'implication de personnes en situation de handicap dès le départ est bénéfique. Voici ce que je veux dire. J'ai remarqué que les personnes en situation de handicap vont contribuer de manière positive à la société.
Par exemple, les rampes d'accès, initialement destinées aux personnes en fauteuil roulant qui profitent désormais à tous et toutes, qu'il s'agisse de personnes transportant leurs bagages, qui ont un chariot, ou qui poussent une poussette. Tout cela montre à quel point les personnes en situation de handicap ont joué un rôle déterminant dans notre société.
Donc, si on peut commencer à réfléchir à la manière de concevoir des technologies avec les personnes concernées dès le départ afin de favoriser la productivité dès le début, je crois que cela aura un impact considérable. Pour y parvenir, si j'observe par exemple les mauvaises pratiques que je constate dans d'autres secteurs comme le commerce du détail, ou plutôt par exemple dans des secteurs comme l'immobilier, je constate que les promoteurs ont l'obligation de construire un certain nombre de logements abordables lorsqu'ils construisent pour le grand public.
Si on peut adopter cette mesure incitative, permettre aux développeurs... aux développeurs en technologie, en particulier, de contribuer à l'inclusion des personnes en situation de handicap dès le début de la conception de la technologie, je crois que cela nous permettrait d'aller plus loin.
On a vu cela bien fonctionner comme avec les applications de l'IA, de reconnaissance vocale, qui, initialement, ont été conçues pour les personnes à mobilité réduite, mais qui, désormais, sont utilisées par les personnes sourdes et par d'autres personnes sans handicap qui utilisent le sous-titrage, par exemple, ou comme Dev a mentionné plus tôt, les applis de traduction linguistique.
Il existe donc de nombreuses opportunités où nous pouvons impliquer les personnes en situation de handicap dès le début et vraiment améliorer la productivité. Cela profite également à d'autres personnes.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci. Merci pour cela. Lil Gabi D, quelle question allez-vous répondre?
Lil Gabi D:
Je vais répondre à la deuxième question sur la technologie également. Et je vais m'appuyer sur ce qui a été dit sur l'IA.
Je trouve que selon la personne à qui on parle, l'IA suscite des réactions positives ou négatives, et moi, je me situe un peu entre les deux. Mais je me suis rendu compte que je parlais avec un ami qui m'expliquait justement les avantages de l'IA pour les personnes en situation de handicap.
Ça peut être concernant la reconnaissance vocale, ou aider les personnes aveugles ou malvoyantes à identifier des objets, ou simplement envoyer un texto. Il y a des côtés négatifs, mais aussi beaucoup d'aspects positifs qui aident les personnes en situation de handicap.
Cependant, je crois qu'il y a des aspects négatifs lorsqu'il s'agit de l'IA, en particulier la reproduction de notre image, surtout quand les gens veulent faire de la publicité et inclure des personnes en situation de handicap dans leur publicité. Ils peuvent le créer avec l'intelligence artificielle plutôt que d'embaucher des acteurs avec le type de physique ou le handicap qu'ils recherchent.
Donc, l'intelligence artificielle peut contribuer à stimuler, à améliorer la productivité des personnes en situation de handicap, mais on doit faire attention parce que ça peut être utilisé de façon positive ou négative.
On doit peut-être s'assurer que le gouvernement limite également quand cette technologie peut être négative et quand il est approprié de l'utiliser.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci. Nous avons donc deux personnes qui ont choisi la deuxième question. On va maintenant passer à Dev et voir quelle question vous choisissez.
Dev Maharaj:
Aujourd'hui, je vais répondre à l'autre question pour équilibrer un peu. L'une des mesures les plus importantes que l'on peut entreprendre dans la prochaine décennie est de normaliser l'accessibilité en tant que norme dès la conception de l'éducation, de l'emploi, des services publics et de la vie communautaire.
L'accessibilité ne doit pas être considérée comme une initiative spécialisée, elle doit s'intégrer dans la planification, les politiques, le leadership, et la sensibilisation du grand public. Si on prend l'exemple d'un pays comme le Japon, leurs feux de signalisation sont équipés de petits boutons au sol. Dès que vous les sentez, les personnes mal voyantes savent où aller.
Nous développons encore cela, mais maintenant, c'est la norme au Japon. Il y a également, pour traverser la rue, ces feux qui clignotent, émettent un signal sonore pour vous indiquer quand vous pouvez traverser et un autre quand vous devez vous arrêter. Ce sont de petits détails qui peuvent vraiment faciliter le trajet d'une personne pour se rendre au travail.
Donc, lorsque nous réfléchissons à la mise en place d'infrastructures favorisant l'emploi, si la personne prend le bus, donc doit utiliser les transports en commun, ce sont des possibilités que l'on peut exploiter. Un impact significatif pour le changement et le renforcement d'une sorte de parcours de transition où la création d'un parcours entre l'éducation, la formation, l'emploi et la collaboration entre les personnes en situation de handicap et les employeurs afin d'éliminer certaines stigmatisations ou craintes existantes.
Et ça, c'est un élément important qui peut amener les employeurs à envisager de travailler avec des personnes en situation de handicap qui ne le font pas parce qu'ils ne savent pas comment s'y prendre.
Et c'est là que l'éducation entre en jeu. D'éduquer les employeurs ou les nouvelles générations, d'intégrer cela dans les programmes scolaires et les universités pourrait créer une passerelle pour les nouveaux employeurs qui émergent pour qu'ils fassent partie de la solution.
Le Canada fait face à des pénuries de main-d'œuvre et on devrait être en mesure de tirer parti de cette main-d'œuvre disponible et de disposer des infrastructures nécessaires pour les soutenir à l'aube de la prochaine décennie.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci. Je voudrais revenir un peu sur cette question et aller un peu plus loin. Si vous deviez prioriser un changement qui améliorerait plus les résultats en matière d'emploi pour les personnes en situation de handicap, quel serait-il et pourquoi?
Dev Maharaj:
On a besoin que les employeurs cessent de considérer l'inclusion des personnes en situation de handicap comme une simple question d'aménagement raisonnable et de penser à l'avoir comme une stratégie de leadership en matière de main-d'œuvre.
L'important ici est que l'on doit comprendre que ce bassin de talents est un atout. Et comment est-ce qu'on peut créer des lois pour cet atout? Des organisations qui adoptent l'accessibilité peuvent attirer un vivier de talents plus large, améliorer l'innovation, renforcer la culture d'entreprise et mieux refléter la communauté que nous servons, tant dans le secteur gouvernemental que dans le secteur public.
Et Lil Gabi D, lorsque vous parlez de technologie, nous devons également chercher à créer des espaces où le public n'a pas peur d'interagir avec des personnes qui pourraient être en situation de handicap. Qu'ils puissent ainsi considérer les personnes en situation de handicap comme n'importe qui d'autre.
Et s'ils y parviennent, ça devient donc naturel de travailler avec une personne en situation de handicap.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci. Et maintenant, je ne veux pas transformer ceci en jeu, mais voyons maintenant si on va briser l'égalité. Laurence, quelle question allez-vous répondre?
Laurence Parent:
Oui, donc je vais prendre la question numéro 1. On a une égalité en ce temps de séries éliminatoires au hockey. Donc, je pense que l'une des mesures vraiment très concrète qui peut être prise, c'est de faire des investissements massifs dans nos transports et dans nos infrastructures publiques.
Parce qu'il y a encore beaucoup, beaucoup à faire au Canada, puis ça, ça va faire une grande différence pour le Canada au cours de la prochaine décennie, c'est clair.
Donc, je vais parler un peu pour ma ville, Montréal, où on a un réseau de métros qui est vraiment au cœur de la ville, mais malheureusement, il y a seulement 60... 30 stations sur 68 stations qui sont accessibles, donc c'est moins de la moitié du réseau de transport en commun et malheureusement, nous n'avons pas eu de nouveaux financements pour rendre le métro de Montréal accessible depuis plusieurs années.
Ça, ça veut dire que, inévitablement, dans les prochaines années, il n'y aura pas de stations existantes qui vont devenir accessibles à Montréal. Donc, on avait pris une belle erre d'aller, malheureusement, qui a été freinée. Puis je ne connais pas la situation dans les autres villes au Canada, mais je sais que le transport accessible, c'est loin d'être gagné partout au pays.
Donc, d'investir là-dedans, c'est absolument essentiel. Une autre mesure concrète selon moi, c'est l'application, c'est très général, mais c'est l'application de la Loi canadienne sur l'accessibilité. Et ensuite, bien évidemment, que ça fasse des petits dans tous les provinces et territoires.
Donc, on doit vraiment travailler à éliminer les inégalités entre les provinces et les territoires parce qu'au final, c'est le même pays. Puis je pense aussi qu'il faut parler beaucoup d'accessibilité, mais dans l'accessibilité, il y a également l'aide, l'assistance personnelle.
Donc, l'importance, on parle du soutien à domicile, donc pour vivre dans la dignité à la maison, si on le souhaite, mais également à l'extérieur du domicile.
Donc, ça peut être une personne qui a besoin d'aide pour aller faire son épicerie ou aller visiter un proche, quelque chose comme ça. Donc, selon moi, d'investir dans le transport en commun, les infrastructures publiques, de s'assurer que nos outils législatifs, on les met en application dans les diverses juridictions et l'aide... l'assistance personnelle. Vraiment trois mesures concrètes qui pourraient vraiment faire une grande différence.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci. Maintenant, nous sommes à égalité. Alors, Rabia, quelle question allez-vous répondre?
Rabia Khedr:
Je crois que moi, je vais répondre un peu à tout. Qu'en pensez-vous?
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Bien, vous avez trois minutes. Allez-y.
Rabia Khedr:
Très bien. Vous savez, tout le monde a parlé de différents aspects qui contribuent à rendre le Canada accessible. Et nous disposons déjà de ces outils législatifs nécessaires.
Nous sommes en train d'élaborer ces normes. Il existe une feuille de route pour 2040. Vous savez, 2040, c'est dans 14 ans. On doit accélérer le mouvement. On doit bâtir un Canada accessible et fort dès aujourd'hui pour que personne ne soit laissé pour compte.
En fait, on doit impliquer les personnes en situation de handicap dès le départ, dans tous les aspects de ce domaine. Vous savez, j'ai toujours dit que nous avons créé ces outils, mais que nous avons souvent créé des opportunités pour que les universitaires, des consultants, etc., bénéficient, puissent tirer profit, vous savez, de la lettre de la loi.
Et on a manqué l'intention de la loi, qui était d'améliorer réellement la qualité de vie des personnes en situation de handicap et de les aider à s'épanouir et à être incluses dans tous les aspects de la société.
On doit donc repenser les choses. On doit rêver. On doit prendre des risques. On doit sortir des sentiers battus et concevoir en faisant de l'inclusion une destination et non un rêve. Donc, si on applique les principes universels aux infrastructures de transport, au logement, aux infrastructures de technologie, à la manière dont nous avançons dans le travail politique également, si on le fait dès le départ, on garantit donc l'accessibilité et on réduit considérablement le besoin d'aménagement.
Par exemple, dans une société bilingue, nous devons également respecter les langues d'origine. La langue des signes américaine, l'ASL, et la langue des signes internationale devraient faire partie du parcours d'apprentissage visant à encourager la communication, afin que les personnes puissent communiquer directement, indépendamment des barrières de communication. La technologie est un excellent outil.
Mais on doit veiller à ce qu'au sein de la technologie, ces algorithmes ne soient pas biaisés. Et la seule façon de nous assurer de cela est lorsque l'on veille à ce que les personnes en situation de handicap fassent partie intégrante de l'ensemble du processus de création, de développement et de mise en œuvre des outils de l'IA et non pas qu'elles soient ajoutées après coup.
Et de penser simplement à l'utilisateur final ou du bénéficiaire. Vous savez, depuis des décennies, nous investissons dans l'emploi et avons démontré l'intérêt économique d'embaucher des personnes en situation de handicap. Vous savez, les personnes en situation de handicap constituent un vivier inexploité.
Elles sont loyales. Vous savez, leur taux de fidélisation est extrêmement élevé, etc. On a fait tous ces arguments déjà auprès des employeurs dont la seule préoccupation principale est le résultat financier basé sur la productivité. Mais on doit sortir des sentiers battus.
Oui, les aménagements nécessaires pour qu'un employé en situation de handicap puisse travailler pleinement et contribuer au sein de son travail coûtent très peu. Mais vous savez quoi?
D'après mon expérience, mon expérience personnelle, j'ai constaté que je m'adapte le mieux quand je suis aux commandes, quand je suis la patronne. Donc, vous voyez, je suis peut-être une entrepreneuse sociale et j'ai établi des œuvres de charité. Mais vous savez, les gens peuvent créer leurs propres entreprises, travailler à leur compte et embaucher d'autres personnes.
Donc, vous savez, j'apprécie le fait que dans les environnements où je travaille, où je suis responsable, j'ai la possibilité de garantir une culture d'inclusion dès le départ. Où les demandes d'aménagement ne sont pas une procédure, mais simplement une conversation informelle, et on s'assure de les mettre en place.
C'est vraiment un changement de culture, et ce changement de culture ne peut avoir lieu que si on inclut les personnes en situation de handicap. Les besoins liés aux handicaps ne sont pas standardisés. Nous ne sommes pas tous pareils. Moi, j'ai un problème de vue et je m'identifie comme aveugle.
Ma sœur, qui a 11 ans de moins que moi, a choisi un parcours professionnel très différent. Elle a le même problème de vue. Ses étapes importantes dans sa perte de vue sont différentes des miennes.
Ses besoins sont différents des miens. Elle se trouve à une étape différente de la mienne. Même si nous partageons le gène de la perte de la vue, nous sommes des personnes uniques avec des besoins uniques. Et cela doit être pris en compte et reflété.
Au Canada, nous devons oser rêver, faire de ce rêve une réalité en matière d'inclusion. C'est tout à fait possible lorsque nous plaçons l'expérience vécue au cœur de nos réflexions pour élaborer de bonnes politiques sociales dans ce pays et prendre de bonnes décisions qui incluent tout le monde.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci, Rabia. Une très belle conclusion à la deuxième partie de nos questions d'aujourd'hui. Cette table ronde a été vraiment formidable, et j'apprécie beaucoup nos conversations et d'en apprendre davantage sur chacun d'entre vous.
Pour conclure notre discussion d'aujourd'hui, nous avons une dernière question tournée vers l'avenir. Chaque intervenant disposera de trois minutes pour répondre, et je vais changer un peu les choses.
Je vais poser la question à Dev. Cet après-midi, ma dernière question porte sur le budget de 2025, qui évoque la construction d'un Canada plus autonome, innovant et productif. Lorsque l'on pense à l'avenir, que signifie pour vous un Canada fort?
Et en quoi l'intégration de l'accessibilité dans nos systèmes civiques, économiques et sociaux contribue-t-elle à façonner le pays que nous souhaitons devenir d'ici 2040?
Dev, je vais commencer avec vous.
Dev Maharaj:
L'accessibilité n'est pas seulement une question d'éliminer les obstacles, mais aussi de libérer tout le potentiel du Canada. Nous devons nous pencher sur des concepts tels que l'appartenance, l'activité, l'opportunité et l'inclusion et d'examiner dans quelle mesure nous parvenons à éliminer les obstacles à la participation et à l'accès commun à l'information, au service et de l'emploi, détermineront notre succès en 2040.
Et cela commence par briser les barrières et veiller à éliminer cette stigmatisation. Cette stigmatisation autour des situations de handicap au sein de la communauté. Il faut faire comprendre à tout le monde que les personnes en situation de handicap peuvent apporter, peuvent contribuer.
Ce sont nos amis, nos voisins, et de voir comment... faire en sorte que tout le monde puisse s'impliquer. Et je crois que si on parvient à faire cela, cette prise de conscience nous permettra de progresser encore plus rapidement.
Comme l'a souligné Rabia, nous devons agir sur ce point. Je crois que cette prise de conscience nous aidera d'ici à 2040.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Lil Gabi D, comme j'ai dit, le budget de 2025 parle de bâtir un Canada plus autonome, innovant et productif. Quand vous pensez à l'avenir, que signifie pour vous un Canada fort?
Lil Gabi D:
Un Canada fort devrait être un pays qui met l'accent sur la diversité, l'équité et l'inclusion. Ainsi, d'ici 2040, partout, tous les lieux publics devraient être accessibles. Cela signifie que si je veux y entrer en marchant, en utilisant une canne ou un fauteuil roulant, je devrais avoir la possibilité d'accéder à un espace. Tous les documents doivent être accessibles.
Que je sois sourde, aveugle ou neurodivergente, je devrais pouvoir disposer d'un document et le comprendre de la manière qui me convient le mieux. De même, tout le monde devrait être considéré comme égal pour un emploi.
Si j'ai les compétences et les qualifications requises, quel que soit mon handicap, je devrais être traité de manière tout aussi équitable qu'une personne qui n'est pas en situation de handicap. Si nous postulons tous les deux pour le même poste, je m'attends à ce que nous soyons sur un pied d'égalité.
Si l'accessibilité est intégrée d'ici 2040, cela donnerait aux personnes en situation de handicap les mêmes libertés que tout le monde.
Cela signifie donc des opportunités d'emplois. Comme j'ai mentionné précédemment, cela signifie l'accès à des lieux, comme Laurence en a parlé, les transports en commun, la possibilité de voyager, de prendre l'avion, le train, le bus, sans avoir à se demander si l'on pourra descendre à notre destination. Vais-je pouvoir descendre en douceur, sans encombre, sans avoir à m'inquiéter?
Pour moi, un Canada fort, c'est pouvoir mettre de côté toutes mes inquiétudes, être simplement une personne en situation de handicap et pouvoir être dans mon pays, parcourir mon pays, simplement en étant moi-même.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci. Rabia, qu'est-ce qu'un Canada fort signifie pour vous?
Rabia Khedr:
Eh bien, qu'est-ce qu'un Canada fort signifie pour moi?
Ça signifie sans aucun doute qu'en 2040, on aura atteint tous nos objectifs en matière d'accessibilité, et même qu'on les aura dépassés. Pour moi, donc, un Canada fort signifie que le Canada mène le débat sur l'accessibilité et l'inclusion, que le Canada et les Canadiens comprennent que la diversité est, sans aucun doute, notre force.
Nous avons intégré les principes d'équité dans tout ce que l'on fait et on est bel et bien une société inclusive. Et cela inclut l'accessibilité, car souvent, le travail que nous menons en matière de diversité, d'équité, que l'on appelle inclusion, laisse l'accessibilité de côté. C'est donc un ensemble inclusif et interdépendant.
Il ne s'agit pas d'un travail isolé mené en vase clos. Nous sommes la référence mondiale en matière d'accessibilité. Et vous savez, nous devenons les véritables champions mondiaux des personnes en situation de handicap et de la justice pour les personnes en situation de handicap. Nous passons des périodes difficiles en ce moment. Nous vivons des périodes où on assiste à une augmentation massive des handicaps à travers le monde.
En 2040, j'espère que le Canada sera la voix principale qui dira : "Hé, attendez, arrêtez. On ne va pas causer plus de handicaps dans le reste du monde. On n'acceptera pas cela."
Les personnes en situation de handicap ont le droit de participer pleinement à la société, d'avoir accès à la justice et de vivre dans la dignité. Mon rêve est donc qu'à mesure que nous vieillissons, nous prenions conscience que tout le monde a besoin de l'accessibilité, que nos attitudes à ce sujet aient évolué.
De façon que cela se produise réellement aujourd'hui, car on en aura tous besoin demain.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci, Rabia.
Laurence, le budget 2025 évoque la construction d'un Canada plus autonome, innovant et productif pour l'avenir. Que signifie pour vous un Canada fort?
Laurence Parent:
Bien, pour moi, c'est un Canada qui ne laisse personne derrière. C'est un Canada où les chartes de droits sont respectées, peu importe la province, le territoire, peu importe si on habite dans une grande ville ou dans une région rurale. C'est un pays où on a réussi à vaincre la pauvreté, donc il n'y a plus de pauvreté, il n'y a pas non plus de grandes inégalités qui sont outrageuses.
C'est également un pays, comme ça a été mentionné auparavant par Rabia, qui peut vraiment être fier au niveau international, et je vais oser le dire, qui se démarque bien de nos voisins du Sud. On en parle beaucoup ces temps-ci. On connaît bien les défauts de nos voisins du Sud.
Mais on doit admettre qu'au niveau de plusieurs aspects de l'accessibilité, ils s'en tirent plutôt bien. Donc, j'espère qu'en 2040, on peut être fiers, au Canada, et on n'a pas à rougir en regardant certains types d'accessibilité au sud de la frontière. Et qu'au Canada, on a réussi à être aussi accessible, et même plus. Puis, je pense que si on y parvient, bien, on va vraiment pouvoir être très, très fier.
Parce qu'on a déjà plusieurs aspects de notre pays qui se démarquent déjà. Mais si on peut le faire au niveau de l'accessibilité, je pense qu'on va vraiment se démarquer.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Merci. Et Eyra, la dernière, mais pas la moindre.
Le budget 2025 parle de bâtir un Canada plus autonome, innovant et productif. Quand vous pensez à l'avenir, que signifie pour vous un Canada fort? Et en quoi l'intégration à l'accessibilité dans nos systèmes civiques, économiques et sociaux contribue-t-elle à façonner le type de pays que nous voulons devenir d'ici 2040?
Eyra Abraham:
Je suis d'accord avec tout ce qui a été dit. Pour moi, un Canada fort, c'est notamment un Canada qui définit ses propres valeurs. Si nos valeurs sont l'équité, l'inclusion et la justice, alors nous prenons des décisions qui sont en accord avec ces valeurs.
Un Canada fort signifie souvent, quand on examine le budget 2025, où nous investissons dans différents secteurs, qu'il s'agisse des mines, des technologies propres, de la défense ou même l'intelligence artificielle, il existe des opportunités pour les personnes en situation de handicap d'intégrer le marché du travail à n'importe quel niveau de la chaîne d'approvisionnement.
Car ce que nous voulons, c'est un Canada fort qui s'attache à réduire au minimum les inégalités existantes dans notre société. Et on peut le faire, on peut y parvenir, si on s'efforce délibérément d'agir en accord avec nous-mêmes. Merci.
Commissaire à l'accessibilité Christopher Sutton:
Cette conversation, cet après-midi, a vraiment été formidable. Et j'ai du mal à croire que nous en arrivons déjà à la fin.
Je vous remercie tous infiniment pour cette discussion si réfléchie et inspirante. Ce qu'on a entendu aujourd'hui réitère vraiment qu'un Canada fort est un Canada accessible. Ces réflexions soulignent qu'un Canada fort est un Canada accessible, un Canada qui place l'inclusion, la participation et l'équité au cœur de tous les aspects de la société.
Ensemble, ils soulignent la nécessité d'aborder les technologies émergentes comme l'IA avec prudence et responsabilité, de favoriser une plus grande sensibilisation et l'inclusion des personnes en situation de handicap parmi les générations futures et de veiller à ce que l'accessibilité soit intégrée dès la conception plutôt que d'être traitée comme une réflexion après coup.
On a entendu également de votre part aujourd'hui que nous devons également insister sur le fait que des transports accessibles sont essentiels aux liens sociaux, au bien-être de la communauté pour progresser.
Il faut adopter le principe Rien sans nous en incluant activement les personnes handicapées dans l'élaboration des politiques, des programmes et des solutions qui ont un impact sur nos vies à tous.
Alors que nous lançons la Semaine nationale de l'accessibilité, les deux partagent le même objectif. Le dialogue unifié à l'échelle du Canada sur l'accessibilité et l'inclusion des personnes handicapées.
Alors qu'on clôture la table ronde, c'est clair que le travail ne s'arrête pas là. Parce que le gouvernement, l'industrie, les communautés et les lieux de travail ont désormais la responsabilité de transformer cette discussion en actions durables.
Bâtir un Canada fort, accessible signifie d'investir... (coupure audio) ... technologies et des moyens qui incluront des personnes vivant avec un handicap, faisant de l'accessibilité une partie intégrante de la façon dont nous innovons et construisons notre pays ensemble.
Continuons à bâtir un Canada où chaque voix compte, où chaque espace est ouvert et où personne n'est exclu. L'accessibilité est une question de dignité. L'équité, l'appartenance et la pleine participation constituent un engagement de ne laisser personne de côté, garantir à chacun l'accès et la possibilité de s'épanouir. Éliminer les obstacles et s'assurer une participation égale est une responsabilité partagée.
Pour y parvenir, nous avons besoin que tous, le gouvernement, la société civile, le secteur privé et les communautés travaillent ensemble. Pour y parvenir, un engagement significatif avec l'aide de la communauté des personnes handicapées est nécessaire. Chaque voix compte. On a tous des expériences différentes et on comprend que la diversité des points de vue nous aide à trouver de meilleures solutions. Quand les personnes handicapées montrent la voie, on construit un Canada plus fort et plus inclusif.
À nos panélistes, Eyra, Lil Gabi D, Dev, Laurence et Rabia, merci de votre leadership, votre sincérité, votre vision et votre soutien quand... au moment où l'on travaille à bâtir un pays inclusif et accessible. Et à tous ceux qui se joignent aujourd'hui, merci pour votre engagement à bâtir un Canada fort, accessible et inclusif.
En tant que commissaire à l'accessibilité du Canada, je m'engage à parcourir ce chemin avec vous jusqu'à ce que l'accessibilité devienne tout simplement la norme. C'est comme ça qu'on va bâtir un Canada sans obstacle.
Merci.
Narrateur:
Merci au commissaire à l'accessibilité Sutton à tous nos panélistes pour cette discussion aussi réfléchie et éclairante.
Le commissaire à l’accessibilité, Christopher Sutton (en haut à gauche), a animé la discussion en panel avec les panélistes :
- Eyra Abraham
- Gabi De Leon
- Devanand Maharaj
- Laurence Parent
- Rabia Khedr
Série de conférences : Donner du pouvoir aux voix, une action transformatrice
Woody Belfort
Transcription de Woody Belfort
Narrateur:
La série suivante est une série de courts vidéos où chacun des intervenants va partager des idées.
Notre premier conférencier, Woody Belfort, est un culturiste professionnel qui a participé en 2022 et 2023 à la plus grande compétition mondiale pour athlètes en fauteuil roulant. Conférencier charismatique et créateur de contenus, il inspire par sa devise "Gagner ou apprendre".
["The Steve Harvey Show" en arrière-plan]
- Ce que moi, je fais, je fais des... push-ups, des set-ups, des redressements assis.
- Vous êtes vraiment en forme!
- I'm alright! (rires) (applaudissements) I'm alright!
Woody Belfort:
Si je suis en avant de vous en ce moment, c'est parce que je suis sorti de chez nous. Et si je suis sorti de chez nous, c'est parce que je ne suis pas sorti d'une porte. Non, moi, je suis sorti de ma fenêtre. Mais pour moi, c'est la même chose parce que c'est plus simple.
Grâce aux médias sociaux, j'ai amassé une bonne communauté qui sont témoins de mes pirouettes, que le fait que je suis capable de faire de l'escalade avec ma chaise ou que je suis capable de faire de la callisthénie avec mon fauteuil roulant ou juste n'importe quoi qui peut paraître spectaculaire.
Le fait que j'ai été privilégié d'aller sur Steve Harvey, le fait que j'étais privilégié avec Canada's Got Talent, et faire des démonstrations grandioses avec mon fauteuil roulant, oui, c'est un privilège. Mais tout ça a commencé parce qu'il fallait que je m'adapte à mon quotidien. Techniquement, je ne serais même pas supposé être connu en ce moment.
Si la planète au complet était adaptée pour tout le monde, je serais juste une autre personne qui sortirait de chez lui pour aller prendre un café. Mais comme ce n'est pas ma réalité aujourd'hui, moi qui sors de chez nous, ça peut paraître inspirant, ça peut paraître grandiose quand je veux juste m'acheter un café à 2,50$.
Alors, le fait que je suis connu aujourd'hui démontre que mon adaptation est hors de la norme, qui est hors de qu'est-ce qu'on s'attend de quelqu'un qui veut vivre sa vie normalement.
Ça ne devrait pas l'être. Ça ne devrait pas l'être. C'est un privilège, d'être couché en ce moment. Mais est-ce que je serais capable de continuer à vivre ce mode de vie dans cinq ans, dans dix ans? Et même si la réponse est oui, est-ce que d'autres personnes avec une réalité semblable sont capables de faire ce que je fais pour vivre une vie plus ou moins normale?
Je ne pense pas. L'accessibilité universelle, ça peut être si simple que d'avoir un bouton pour ouvrir des portes, avoir un stationnement un petit peu plus large pour que le fauteuil ou la marchette ou que peu importe ait de la place pour rentrer dans leur auto. L'accessibilité universelle, honnêtement, ce n'est pas juste pour le monde en fauteuil roulant.
Ça peut être une famille avec une poussette, des personnes âgées, quelqu'un qui s'est foulé la cheville puis il a besoin de béquilles. C'est vraiment un bénéfice pour tout le monde. Parce que moi, souvent, on me demande : "Mais c'est parce qu'on n'est pas habitué de voir du monde en fauteuil roulant." Mais ce n'est pas parce que t'en vois pas qu'il n'y en a pas.
Oui, on est une minorité dans la société. Mais l'affaire, c'est qu'on est une minorité où il y a beaucoup de monde qui peut embarquer n'importe quand dans leur vie. Alors, si vous, vous n'en voyez pas, ça ne veut pas dire que l'on n'existe pas. Puis ça ne veut pas dire que vos proches ne peuvent pas l'être un jour. Je vous ne le souhaite pas, mais c'est une réalité. 100 % du monde qui existe peut être handicapé.
Alors, vaut mieux prévenir, avoir un monde adapté pour peu importe la situation parce que l'accessibilité devrait être un droit et non quelque chose d'extraordinaire.
Narrateur:
Merci, Woody, pour ce témoignage inspirant.
Woody Belfort a donné une conférence sur le thème Donner du pouvoir aux voix, une action transformatrice.
Syrus Marcus
Transcription de Syrus Marcus Ware
Narrateur :
Notre prochain intervenant, Syrus Marcus Wate, est un universitaire, artiste visuel, militant, conservateur et éducateur dont le travail interdisciplinaire aborde la justice sociale, le militantisme et l'expression culturelle. Il s'est produit dans des galeries d'art et dans des festivals partout au Canada et a coédité le bestseller Until we are free: Reflections on Black Lives Matters in Canada.
Syrus Marcus Ware:
Mon personnage préféré dans la série télévisée préférée de ma famille, Star Trek TNG était Geordi La Forge. C'est un ingénieur noir qui arrivait à sauver le monde chaque semaine et il était non voyant.
Et c'est quelqu'un de non voyant qui, vraiment, sans que je m'en rende compte, est devenu un modèle de possibilités. Je le regardais chaque semaine aider le capitaine Picard et les autres à résoudre quelque chose, un problème ou un autre.
Et je pense que c'est devenu quelque chose qui est pour moi aujourd'hui une vérité fondamentale : il y a des personnes handicapées et il y en aura toujours. Et on survit comme tout le monde, on parvient à avoir un futur où il y a des personnes handicapées, non voyantes, atteintes de troubles mentaux, etc., et qui arrivons tous à survivre.
Mes parents aimaient beaucoup la science-fiction. On avait des livres d'Asimov sur toutes les tables. J'ai commencé à lire Octavia Butler et des récits comme La parabole du semeur, où des personnages handicapés ouvraient la voie et veillaient à la survie du genre humain.
Et je pense que la fiction comme ça est tellement importante pour moi comme militant parce qu'elle fait ce que suggère Walidah Imarisha: de rêver qu'un autre monde est possible en plongeant dans cette fiction spéculative et la science-fiction.
On peut nous entraîner à vivre le futur. On peut imaginer à quoi il pourrait ressembler, à quoi il pourrait sentir, qu'elle goût il pourrait avoir et comment on pourrait passer ensemble notre temps. Donc, que faudrait-il pour créer un avenir inclusif au Canada? Je pense qu'il faudrait raconter des histoires. Plus nous en avons au sujet des différents avenirs, plus nous allons y arriver.
Donc, c'est ce qui m'intéresse personnellement. J'ai commencé un projet appelé No Future No Cry, où j'ai invité un groupe d'artistes et de militants à raconter des histoires sur l'avenir.
Je m'intéressais à ce que des gens comme Yousef Kadoura, un amputé, voulaient nous dire sur les 100 prochaines années et je voulais savoir ce que Leah Lakshmi Samarasinha, une artiste écrivaine en situation de handicap voulait nous faire savoir sur ce qui nous attendait.
Donc, j'ai invité à écrire des nouvelles littéraires sur l'avenir et on a créé une série de podcasts, que vous pouvez écouter, suivis d'une interview avec les artistes, où ils parlent de leur processus.
No Future No Cry est un très beau projet qui a permis à plusieurs artistes handicapés d'imaginer différentes possibilités. Et l'une de ces histoires s'appelle Il existe des gens handicapés par Leah Lakshmi Samarasinha et ce sont des extraits d'un journal intime dans le futur où on parle d'un monde où survit, même difficilement, et qu'on le fait ensemble.
Donc, c'est un moyen puissant de réaliser que l'avenir est possible. Et Adrienne Maree Brown suggère que raconter des histoires sur l'avenir, c'est une façon de nous pratiquer à vivre cet avenir, et donc, on peut les vivre ensemble tout simplement en nous les racontant.
Et c'est quelque chose que je fais souvent : j'invite les gens à raconter une histoire à leurs voisins, par exemple, pour décrire le samedi parfait en 2030 ou 2035. De quoi aurait l'air cette journée, cette journée idéale?
Comment passez-vous votre temps, avec qui vous êtes, quelles sont les odeurs, les sensations, comment vous vous sentez dans votre corps, c'est comment à l'extérieur? Et là, vraiment, vous pourriez articuler ce dont ça a l'air pour vous.
Pour moi, je serais dans le gazon quelque part en train de raconter des histoires avec mes amis, l'air serait doux, on aurait des rivières, des lacs et je serais absolument entouré de personnes handicapées parce que ce sont mes amis.
Et je vous invite donc à imaginer votre vie future. Quand j'invite les gens à raconter les histoires sur l'avenir, ce qui commence à arriver, c'est qu'ils réalisent qu'ils sont en fait enthousiastes à l'idée de cette magnifique journée.
Donc, c'est possible ensuite de revenir en arrière pour voir ce qu'on doit changer aujourd'hui pour arriver à cette journée parfaite dont vous rêvez.
Donc, qu'est-ce qu'on peut faire demain pour s'assurer que ce samedi de 2035 soit aussi idyllique que vous l'imaginez? Donc, on peut essayer de façonner son propre avenir aujourd'hui et l'imaginer pour qu'il puisse devenir le monde que l'on se souhaite pour l'avenir.
Donc, il faudrait garantir un avenir au Canada aux personnes handicapées et raconter nos histoires sur nos journées idéales pour qu'on puisse retracer nos pas pour arriver à la réaliser, cette journée parfaite.
Nous avançons ensemble vers quelque chose qu'on veut construire en tant que communauté, en tant que monde, en tant que société. Et je suis sûr qu'il y aura des personnes handicapées à l'avenir, et pour moi, Geordi La Forge était un modèle à la télé, mais peut-être que l'histoire que vous racontez va être un modèle pour quelqu'un d'autre, qui va inspirer quelqu'un.
Et ce n'est pas grave si votre histoire a l'air d'une utopie. On nous a toujours dit qu'il y a quelque chose... ... de mauvais à s'imaginer des utopies ou à voir l'avenir en rose, mais en fait, il n'y a rien de mal à faire ça et s'assurer qu'ensuite, on s'oriente dans cette direction.
On n'a pas besoin de se contenter de moins, on peut rêver un avenir idéal. Et je sais qu'on va y arriver et que ce sera un avenir magnifique et qu'on va y être ensemble. J'ai hâte de vous y retrouver dans la liberté.
Narrateur:
Merci beaucoup, Syrus, pour cette contribution inspirante et d'avoir souligné l'importance de l'art.
Syrus Marcus a donné une conférence sur le thème « Donner du pouvoir aux voix, une action transformatrice »
Dr. Sukaina Dada
Transcription de la Dre Sukaina Dada
Narrateur:
Ensuite, nous avons Dre Sukaina Dada. Dre Dada est une ergothérapeute pédiatrique et défenseure des droits des personnes en situation de handicap, avec plus de 15 ans d'expérience dans la promotion de l'équité en matière de santé et de résultats sociaux pour les enfants et les familles.
Son travail porte sur la lutte contre les disparités en santé, la définition de politiques inclusives et la promotion de soutien culturellement adapté et innovant.
Dr. Sukaina Dada:
J'ai grandi avec des histoires, des histoires de mon père qui a quitté l'école très jeune pour soutenir sa famille et des histoires de ma mère qui a fui sa maison, mes grands-parents, arrière-grands-parents qui ont perdu leurs jeunes enfants à cause de la maladie, de la pauvreté et l'internement médical.
Ces histoires n'étaient pas des contes fantaisistes. Elles m'ont appris qui j'étais. Elles m'ont montré ce qu'étaient la famille et la communauté, la foi, la culture. C'était mes vérités. C'était des réalités vécues qui étaient issues d'expériences vécues. Mon enfance a été très différente de celle de mes parents et de mes grands-parents.
J'ai grandi dans une petite ville en Ontario, mais j'ai appris très jeune que le discours dominant ne reflétait pas les familles qui parlaient comme moi ou ressemblaient à ma famille.
Je me suis rendu compte encore plus quand j'ai commencé à m'orienter dans des services pour les personnes en situation de handicap, et les services de santé avec un membre de ma famille.
C'était tellement difficile d'accéder à ces services, parce qu'il y avait des barrières linguistiques, de communication, des barrières numériques, financières, et ces réalités et expériences intersectionnelles, j'y étais habituée. C'est ce que je ressentais chez moi dans des foyers multilingues.
L'intersectionnalité, les identités, les expériences intersectionnelles et les oppressions, je les ai vues et elles étaient introuvables dans la société. Donc, c'est cette expérience qui m'a amenée à créer SMILE Canada Support Services.
C'est une organisation qui se dédie à servir et soutenir les enfants en situation de handicap et leurs familles, pour les communautés de nouveaux arrivants défavorisés et sous-représentés.
Toutes les histoires que j'ai entendues, toutes les histoires racontées par les enfants ou les parents parlaient d'exclusion, d'isolement et la difficulté à se retrouver dans le système. On voit bien le récit dominant qui ne se contente pas juste de coexister avec le récit non dominant.
Il le domine et il le rend encore plus dur à exprimer. On veut résister les pratiques oppressantes. J'ai vu des réfugiés handicapés qui tentaient de rebâtir leur vie au Canada.
Ils étaient confrontés à des oppressions intersectionnelles liées au capacitisme et à la xénophobie. Ils ont été déplacés, et j'ai remarqué que ces systèmes d'oppression ne s'excluent pas mutuellement. Au contraire, ils se combinent et agissent ensemble pour isoler. J'ai remarqué autre chose. Cette exclusion se produisait même dans des espaces qui, en théorie, étaient conçus pour soutenir les familles.
Et je l'ai remarqué quand j'ai rencontré Asma, une réfugiée somalienne qui a manqué tellement de rendez-vous médicaux tout simplement parce qu'elle ne comprenait pas les courriels qui lui étaient envoyés. J'ai remarqué ça quand j'ai rencontré Ahmed, un garçon de 6 ans du Soudan que j'ai rencontré dans un centre d'hébergement pour réfugiés.
Il était là depuis six mois avant que je le rencontre, et quand je l'ai vu, il était dans une poussette. Son corps si peu soutenu que son menton touchait sa poitrine. Pendant six mois, ce petit garçon n'a pas pu accéder à l'environnement qui se trouvait juste devant lui.
Et j'ai remarqué ce phénomène quand j'ai rencontré Yusuf, un petit garçon de Gaza. On l'a renvoyé chez lui pour mauvais comportement parce que quand la cloche a sonné, il s'est mis à crier, à s'agiter.
Au lieu de demander s'il allait bien, ses enseignants n'ont rien fait. Donc, j'utilise le terme "capacitisme xénophobe" pour mettre en évidence la manière dont la xénophobie croise le capacitisme qui isole et marginalise davantage les réfugiés handicapés.
J'ai remarqué comment les récits dominants prennent le pas sur les récits non dominants à cause de cette absence d'identité et d'expérience, et oppression intersectionnelle.
J'ai vu ça très clairement dans notre approche de l'accessibilité. Pour moi, l'accessibilité ne se résume pas juste à avoir accès à un espace physique ou encore une place à table, c'est de savoir où se trouve la pièce pour pouvoir franchir la porte. Le danger d'une vision unidimensionnelle est très évident quand on voit l'accessibilité comme un facteur qu'on ajoute après coup, une note de bas de page.
On ne voit pas partout autour de nous. Par exemple, l'éducation, on a des espaces pour l'enseignement général, mais on y ajoute après un programme d'éducation spécialisée. On a des transports quand on construit un réseau et ensuite, on ajoute un itinéraire accessible ou des aménagements adaptés. Et on le constate aussi dans l'élaboration des politiques.
Quand les politiques sont rédigées et que les programmes sont mis en œuvre, et ensuite, on engage des consultants d'accessibilité pour aider à les rendre plus inclusifs, et on fait tout ça sans inviter les personnes handicapées à prendre part aux décisions pour la planification et la mise en œuvre des programmes.
Quand on garde à l'esprit une personne, un corps, une seule façon de penser, d'apprendre, un style, on laisse de côté des communautés entières.
Et c'est là le pouvoir, la nature écrasante du récit dominant. Comment aller de l'avant? L'accessibilité véritable commencera seulement quand nous écouterons activement et intentionnellement les récits non dominants, quand on choisira d'écouter les histoires qui sont souvent réduites au silence d'oppression intersectionnelle.
Ce sont des histoires qui ne se glissent pas dans notre programme scolaire, et on ne les voit pas à la télé. Le progrès commence quand on fait un effort intentionnel et actif pour rejeter le discours dominant.
Quand j'ai commencé à raconter des histoires humaines dans les conversations, que ce soit en milieu clinique ou universitaire, ça a souvent conduit à des discussions difficiles et honnêtes sur les histoires qu'on a incluses, celles qu'on a laissées de côté.
Et parfois, les moments de réflexion critique et de pensée critique nous mettent très mal à l'aise. Mais on doit accepter ce malaise. Ce malaise nous pose à poser des questions difficiles et aura un effet plus puissant que le discours dominant. Il va nous obliger à rendre des comptes, nous rendre responsables et nous aidera à garantir que le Canada accessible que nous construisons inclut tout le monde, ne peut être construit que si nous écoutons les histoires humaines et non si nous les réduisons au silence.
Narrateur:
Merci, Docteure Dada, pour ces réflexions éclairantes et votre engagement envers l'équité et l'inclusion.
La Dre Sukaina Dada a donné une conférence sur le thème « Donner du pouvoir aux voix, une action transformatrice ».
Spencer West
Transcription de Spencer West
Narrateur:
Alors qu'on arrive au terme de cette série de conférences, je vous invite à vous joindre à moi pour accueillir notre dernier intervenant, Spencer West, un conférencier international, militant et un auteur à succès, il a redéfini les limites du possible.
Il a monté le mont Kilimandjaro. Il s'est aidé de ses mains et de son fauteuil roulant, et c'est l'inspiration qu'il apporte à des millions de personnes à travers des récits sur scène et en ligne.
Spencer West:
Bonjour! Je m'appelle Spencer West. Il y a quelques années, je me tenais en équilibre sur les mains, sur un vrai glacier, dans la neige. Il faisait froid, j'étais fatigué, j'avais mal partout. J'avais très hâte que ça se termine. J'ai aussi vu mon équipe de soutien s'effondrer à genoux devant moi et je me suis dit deux choses : Bon, c'est peut-être fini.
Peut-être qu'on devrait abandonner et rentrer. Est-ce que ça vaut vraiment la peine? C'était aussi la première fois de toute ma vie où j'ai souhaité avoir des jambes parce que si j'avais eu des jambes à ce moment, j'aurais pu être celui qui portait mes amis au lieu de les laisser me porter moi.
Si on remonte à un an et demi en arrière, j'ai eu cette idée de gravir le mont Kilimandjaro qui est la plus haute montagne d'Afrique. Et je savais que pour ce faire, je devais mettre en pratique une leçon que j'avais apprise plein de fois par le passé : demander de l'aide. J'ai donc demandé à mes deux meilleurs amis et je leur ai demandé s'ils voulaient m'accompagner.
Ils ont dit oui. J'ai contacté l'organisation pour laquelle je travaillais, une entreprise sociale, et demandé si elle soutiendrait le projet. Ils ont dit oui. On a trouvé un coach sportif, on a trouvé un guide pour diriger l'expédition, puis on a lancé une campagne pendant un an.
J'avais deux raisons de vouloir mener la campagne. Premièrement, je voyageais environ 200 jours par année, je ne passais pas beaucoup de temps avec mes amis ou ma famille. Et deuxièmement, une partie de mon travail, c'est être conférencier motivateur, donc je voyage beaucoup et je voulais donner aux gens les moyens de s'impliquer dans une cause et faire bouger les choses.
Donc, je me sentais comme un imposteur parce que je n'avais jamais fait ça moi-même et la campagne allait m'aider sur tous ces points, et j'ai donc appris à demander de l'aide.
En juin 2012, on est parti à l'assaut du mont Kilimandjaro. L'idée, c'était que j'utilise mes mains à 50 % et mon fauteuil roulant à 50 %. Mais je me suis retrouvé finalement après les huit heures de notre première journée que j'allais probablement utiliser mes mains à 80 %.
En fait, bon, après la première nuit, on a fini de manger et on était assis à un feu de camp, il faisait encore jour et notre guide nous a dit : "Regardez vers le haut." Et là, on voit quelque chose au-dessus des arbres, et c'était le Kilimandjaro, alors qu'on pensait tous qu'on était déjà dessus. En fait, c'était là-bas, on a paniqué.
On s'est dit qu'on ne pouvait pas continuer, donc on a construit cette espèce d'équipement où mes amis pouvaient me transporter au-dessus de leur tête et à d'autres moments, j'utilisais ma chaise roulante.
Parfois, les porteurs m'attachaient à leur dos et me portaient comme ça. Une fois, mon ami David est venu me voir derrière moi et m'a dit : "Wow! Je dois te le dire, mais tu es vraiment mignon quand le type te porte."
Et je savais que de tenter l'ascension de cette montagne sans mes jambes, j'aurais besoin d'aide parce que le sommet est à 5 800 mètres. Et mes amis avaient un mal des montagnes très grave, alors que je fais partie du petit pourcentage de personnes que ça n'affecte pas.
En fait, la totalité de mon équipe s'est effondrée à genoux devant moi en vomissant à cause du mal des montagnes et j'ai encore une fois pensé à ces deux choses : "Est-ce qu'on devrait abandonner? Et est-ce que..."
Mon Dieu que j'aurais aimé avoir mes jambes ce jour-là. Mais mes amis me disaient que c'était très inspirant me voir continuer, je me suis dit que c'est tout ce que je pouvais faire. J'ai dit à mes amis : "Ce voyage a commencé à trois, il va se terminer à trois." C'est ce qui est arrivé ensuite. On a commencé à nous diriger vers le sommet d'Uhuru et c'était choquant parce qu'il y avait vraiment juste de la neige.
Tout le monde vous l'avait dit à Toronto que ça allait arriver à un point où ce serait très exigeant physiquement, il faudra vraiment puiser dans nos dernières ressources physiques et mentales pour franchir les derniers pas.
-Ah! Alex et moi, on avait vraiment de la difficulté. Et Dave aussi. Alex était à genoux et chaque pas était comme une torture. J'étais épuisé, mes bras me faisaient vraiment mal. Et mes mains étaient engourdies, je ne les sentais plus. Mais on avait marché si loin que j'essayais de rassembler mes dernières forces.
Ça, c'est pour tous les enfants qui ont été victimes, tous les enfants qui ont accepté leur handicap et qui ont eu l'impression de ne pas pouvoir faire des choses qui ne leur appartenaient pas. Pour toutes les personnes qui ont l'impression qu'elles ne pourraient pas changer le monde ou qui se sont senties perdues... qui est dédié à toutes les personnes qui ont déjà essayé de comprendre le sens de leur vie.
On m'a dit que je ne marcherais jamais et que je ne serais jamais un membre à part entière de la société. Mais je me trouve au sommet de la plus haute montagne isolée d'Afrique. Ça, c'est pour vous. Donc, main dans la main, pied après pied, on a marché jusqu'à atteindre le sommet. Et on s'est effondré, on a pleuré. On était un groupe d'hommes qui n'avaient pas peur de pleurer.
Et on a aussi fait la fête parce qu'on a atteint le sommet. Mais rien de tout ça ne serait arrivé si notre campagne n'avait pas marché et si on n'avait pas demandé de l'aide, et si on n'en avait pas offert. Si quelqu'un va quelque part complètement seul, je suis automatiquement sceptique. Je pense que pour atteindre nos rêves, nous devons tous demander de l'aide.
Pour moi, ça a commencé le jour de ma naissance. Mes parents étaient prêts à avoir un enfant, mais pas avec un handicap. Ils ont très bien réussi à me fournir tout ce dont j'avais besoin pour être aussi autonome que possible. À ma naissance, ils ont découvert que j'avais une maladie génétique appelée agénésie sacrée qui empêchait les muscles de mes jambes de fonctionner.
Donc, au début, ils m'ont amputé les jambes au niveau des genoux en espérant que je puisse me déplacer avec des prothèses, mais ça n'a pas fonctionné. À 5 ans, ils ont amputé juste en dessous du bassin, ce qui correspond à ce que vous voyez aujourd'hui. On m'a dit après mes opérations que je n'allais jamais pouvoir m'asseoir tout seul, que je n'allais jamais marcher tout seul et que je ne serais jamais un membre actif de la société.
Mais ma famille et moi avons refusé de le croire et ils ont fait du mieux possible pour essayer de m'aider à devenir aussi indépendant que possible. Et je leur suis vraiment reconnaissant. Quand j'ai eu 16 ans, j'ai commencé à chercher un emploi. C'était vraiment la deuxième fois qu'il était venu le moment de demander de l'aide.
Alors, j'ai déposé des CV partout et c'est là qu'il fallait se rendre physiquement sur place, à l'époque, pour remettre la candidature en mains propres aux différentes entreprises, et je ne pouvais pas le faire. Donc, je n'arrivais même pas à avoir un retour d'appel parce qu'ils me voyaient comme une personne handicapée. Ils pensaient que je ne serais pas capable de faire le travail.
Et au lieu de me parler, me faire passer le processus d'entretien, finalement, ils me laissaient tomber. Mais on a trouvé une organisation liée au gouvernement des États-Unis d'où je viens et j'ai rencontré une femme qui s'appelle Beth Whitman qui m'a aidé à trouver mon premier emploi.
Elle m'a mis en contact avec la Chambre de commerce de Rock Springs. J'y suis allé, j'ai eu une entrevue. Le directeur était super et on a fait le tour des locaux pour voir de quoi j'aurais besoin. C'était minime, finalement.
J'ai fini par obtenir mon diplôme de secondaire, je suis allé à l'université, je me suis lancé dans le rêve américain, je me suis dit : Voilà, je peux tout faire. Mais tous mes rêves ne se sont pas réalisés. J'ai fini par travailler dans le commerce de détail pendant un an, un emploi qui ne m'intéressait pas, mais qui a payé mes factures.
J'ai travaillé pendant environ quatre ans jour après jour, vraiment déçu de ma vie et je me suis dit que j'avais échoué au jeu de la vie et peut-être que je n'étais pas un membre de la société à part entière. Je cherchais un emploi, après tout, qui est à la fois bien rémunéré, mais qui était aussi... ... qui contribuait à rendre le monde meilleur. Et je me suis dit : Bon, c'est juste comme ça.
Et après quatre ans de cette situation, je n'en pouvais plus. J'ai commencé à parler à mes amis, à ma famille, et un jour, mon ami, en 2007, m'a invité à participer à un voyage humanitaire au Kenya. Je me suis dit : Mon Dieu, je mesure 80 centimètres. Ce serait un petit lunch pour la moitié des animaux sauvages du Kenya.
Je n'ai pas envie de finir en repas. Mais j'ai sorti ce discours de ma tête et je suis allé en mars 2008 au Kenya. C'était un séjour vraiment incroyable. Je suis tombé amoureux des paysages et des couchers de soleil. Ensuite, on a pu visiter une des nouvelles maisons construites.
Environ 300 enfants sont sortis en courant, ils m'ont encerclé, ils riaient, ils gloussaient, ils me montraient du doigt et parlaient à toute vitesse. Je n'avais aucune idée de ce qu'ils disaient, mais ils étaient impatients de me faire visiter leur école.
Après la visite, nous sommes assis dans l'herbe et ils m'ont posé toutes les questions possibles et imaginables. Une jeune fille a levé la main et m'a dit qu'elle ne savait pas qu'une telle chose, c'est-à-dire la perte de mes jambes, pouvait aussi arriver à des personnes blanches.
Cette simple phrase m'a aidé de tant de façons que je ne m'y attendais pas. Elle m'a aidé à comprendre comment je pourrais utiliser mon histoire pour inciter d'autres personnes à envisager les défis différemment, mais aussi pour les encourager à s'impliquer dans une cause qui leur est chère. L'autre chose que j'ai réalisée, c'est que je n'avais jamais revendiqué mon handicap comme une partie de mon identité.
Jusqu'à l'heure, c'était simplement quelque chose qui m'est arrivé. Quand elle m'a dit ça, je me suis dit : Il doit y avoir quelque chose de plus là-dedans. Il doit y avoir quelque chose qui m'échappe.
J'ai donc passé la décennie suivante à m'exprimer au nom de cette organisation, ce qui m'a amené à vivre au Canada, et j'ai vraiment commencé à approfondir ma situation de handicap en tant qu'identité, à comprendre à quel point j'étais fier d'être en situation de handicap et ce que cela signifiait, ainsi qu'à comprendre ce qu'est la justice pour les personnes en situation de handicap.
Mais mon parcours au cours des 47 années de ma vie a été couronné de succès grâce à l'aide que j'ai reçue en chemin. C'est ce qui m'amène à me tenir devant vous aujourd'hui. Nous avons besoin de votre aide en tant que communauté de personnes en situation de handicap. Nous avons besoin de votre aide pour défendre nos droits et l'accessibilité.
Même si vous n'avez peut-être pas besoin d'accessibilité pour le moment, nous sommes le seul groupe marginalisé que tout le monde vivra à un moment ou un autre de sa vie. Que ce soit de manière temporaire ou permanente. Que ce soit maintenant ou plus tard. Donc, même si vous n'en avez pas besoin en ce moment, éventuellement, vous en aurez besoin.
Ça affectera tout le monde. Vous pensez peut-être : "Bon, c'est très bien, tout cela, mais qu'est-ce que je peux faire maintenant?" J'ai quelques idées. La première est : la prochaine fois que vous allez à votre café préféré, votre librairie préférée ou peu importe, lorsque vous entrez, est-ce qu'il y a quelques marches à l'entrée? Est-ce qu'il y a une salle de bain accessible?
Sinon, demandez aux propriétaires pourquoi, et leur demander s'ils peuvent installer une rampe, s'ils peuvent installer une salle de bain accessible. Je sais que ce n'est pas tout le monde qui est à l'aise de confronter les personnes, mais l'autre est de savoir pour qui vous votez. Est-ce que les candidats parlent d'accessibilité, est-ce que ça fait partie de leur plan politique? Ce sont des choses importantes auxquelles penser.
Et si ça, c'est trop difficile, partons de la base. Premièrement, la prochaine fois que vous êtes dans une bâtisse et que vous prenez l'escalier ou l'escalier roulant ou la salle de bain, la prochaine fois que vous pouvez le faire, utilisez l'escalier. N'utilisez pas l'ascenseur. Laissez-le pour ceux qui en ont réellement besoin. La prochaine fois que vous êtes dans une salle de bain et qu'il y a des toilettes accessibles, si vous n'en avez pas besoin, ne les utilisez pas.
Ce sont deux façons très claires, très faciles d'être là pour nous, d'être notre allié. On va continuer à exiger des aménagements raisonnables et l'accessibilité, mais on ne pourra pas le faire seul. On doit le faire ensemble, on doit travailler ensemble.
C'est un enjeu qui concerne tout le monde. Donc, comme l'a dit Helen Keller : "Seuls, nous ne pouvons pas faire grand-chose. Ensemble, nous pouvons faire tellement plus." Merci.
Narrateur:
Merci, Spencer, d'avoir partagé ton parcours remarquable et de nous rappeler qu'il faut repenser ce qui est possible.
Spencer West a donné une conférence intitulée « Donner du pouvoir aux voix, agir de manière transformatrice ».
Mot de cloture
Transcription des remarques de clôture
Narrateur:
Au nom de l'équipe de CCIH, un grand merci à tous nos intervenants d'avoir partagé des exemples aussi percutants et concrets de ce à quoi ressemblent l'accessibilité et l'inclusion dans différentes communautés, secteurs et expériences vécues.
Ces récits nous rappellent que des changements significatifs se produisent lorsque des idées sont mises en pratique. Alors que nous arrivons à la fin de notre programme, ce fut un véritable plaisir de passer ce moment avec vous tous et toutes aujourd'hui.
Je suis heureuse d'accueillir à nouveau la secrétaire parlementaire Leslie Church qui prononcera le discours de clôture.
Leslie Church:
Bonjour à tous. C'est un plaisir de me joindre à vous une nouvelle fois alors que nous clôturons le Congrès canadien sur l'inclusion des personnes en situation de handicap. Je tiens tout d'abord à remercier sincèrement toutes les personnes qui se sont jointes à nous aujourd'hui venues de partout au pays ainsi que toutes celles qui ont contribué à l'organisation.
À nos panélistes, conférenciers, animateurs, spectateurs, services d'accessibilité, interprètes, organisateurs et tous ceux travaillant en coulisses, merci.
Merci à toutes les personnes qui ont partagé leur expertise, leur expérience vécue, leur leadership et leur engagement aujourd'hui. Les événements comme celui-ci tirent leur sens des personnes qui les rendent possibles, et aujourd'hui, nous avons entendu des personnes qui ont apporté non seulement leur expertise, mais aussi leur expérience vécue, leur créativité et un véritable engagement à agir.
Et c'est important, car l'accessibilité et l'inclusion des personnes en situation de handicap ne sont pas des concepts abstraits. C'est une question de vie.
C'est à savoir si quelqu'un peut arriver au travail, avoir accès à un service, participer dans sa communauté, utiliser un outil numérique, appliquer pour un poste ou sentir l'appartenance à un pays que nous bâtissons ensemble.
C'est la raison pour laquelle le thème de cette année Bâtir un Canada fort et accessible est si puissant. Il nous rappelle que l'accessibilité n'est pas quelque chose que l'on ajoute à la fin.
Ce n'est pas une réflexion après coup. C'est un fondement. L'accessibilité doit faire partie de nos décisions dès le départ. Pas après coup, pas comme une option.
Comme une priorité. Lorsque l'on conçoit avec l'accessibilité dès le début, nous mettons en place des programmes plus solides, des meilleurs services, des lieux de travail plus inclusifs, des communautés qui fonctionnent mieux pour tout le monde. Lorsque nous supprimons les obstacles, nous faisons plus qu'améliorer l'accès, nous libérons le potentiel.
Dans la mise à jour économique du printemps, le premier ministre a clairement dit que bâtir un Canada plus fort signifie renforcer la productivité, libérer le plein potentiel de notre main-d'œuvre et veiller à ce que la croissance économique profite à tous. L'accessibilité, l'inclusion des personnes en situation de handicap sont au cœur de cette vision, car le Canada ne peut atteindre son plein potentiel si des millions de personnes se heurtent encore des obstacles à leur participation.
Nous ne pouvons pas bâtir une main-d'œuvre plus forte en laissant des talents sur le côté. Et nous ne pouvons pas bâtir un pays plus résilient à moins que chacun et chacune ait une chance équitable de contribuer, de diriger et de s'épanouir sur le plan économique et social. C'est à la fois une question économique, une question sociale et surtout une question profondément humaine.
Au cours des dernières années, le Canada a fait d'importants progrès. Nous avons poursuivi la mise en œuvre de la Loi sur l'accessibilité pour le Canada, fait progresser les travaux visant à créer un Canada sans obstacle d'ici 2040 et investi dans l'accessibilité communautaire par le biais du Fonds d'accessibilité et mis en place des mesures telles que la Prestation canadienne aux personnes en situation de handicap.
Les discussions d'aujourd'hui nous rappellent également que les progrès ne se mesurent pas uniquement à l'angle des politiques et des programmes. Ils se mesurent à l'angle de ce que les gens ressentent dans leur vie quotidienne, se mesurent à la capacité d'un lieu de travail à devenir plus inclusif, à la facilité d'accès à un espace public, à la capacité d'un jeune à envisager un avenir pour lui-même, à la capacité d'une personne handicapée à être véritablement incluse dans les décisions qui la concernent.
C'est pourquoi le principe Rien sans nous doit rester au cœur de ce travail. Rien sans nous. Ce principe doit continuer de guider notre travail parce que les meilleures solutions sont celles qui sont conçues avec les personnes directement concernées. Les témoignages partagés aujourd'hui ont clairement montré que l'expérience vécue n'est pas seulement précieuse, elle est essentielle.
Elle permet d'identifier des obstacles que d'autres ne voient peut-être pas, conduire à une meilleure conception, de meilleures politiques et de meilleurs résultats, et nous rappelle que l'accessibilité n'est pas une fin en soi, mais plutôt une pratique, que l'on doit continuer à développer, améliorer et intégrer dans notre façon de travailler.
Alors que nous célébrons la Semaine nationale de l'accessibilité, nous rendons également hommage à la contribution de plus de huit millions de Canadiens qui s'identifient comme étant en situation de handicap. Leur leadership, leur plaidoyer, leur travail et leur créativité renforcent le pays chaque jour. La célébration seule ne suffit pas.
Cette semaine appelle également à l'action. Alors que nous clôturons le congrès aujourd'hui, j'encourage tout le monde qui se joint à nous à transmettre ce que vous avez entendu à vos propres organisations, lieux de travail, communautés, réseaux. Demandez quels obstacles subsistent, demandez qui n'est pas inclus dans la conversation.
Demandez ce que l'on peut changer dès maintenant et non pas dans plusieurs années, et continuez d'apprendre des personnes dont les expériences doivent guider ce travail. Continuons à apprendre des uns des autres. Continuons à travailler ensemble et surtout, continuons à transformer nos engagements en actions concrètes.
Les enregistrements et transcriptions de l'événement d'aujourd'hui seront disponibles en ligne dans les prochaines semaines. Je vous encourage donc à les partager avec vos collègues et partenaires qui n'ont pas pu se joindre à nous. Vous aurez également l'occasion de donner votre avis sur l'événement d'aujourd'hui, et j'espère que vous prendrez quelques instants pour partager vos réflexions.
Vos commentaires contribuent à rendre ce congrès plus solide et plus accessible chaque année. Avant de conclure, je tiens à remercier une fois de plus nos formidables prestataires de services d'accessibilité, notamment le sous-titrage en anglais et français, l'interprétation, l'interprétation en langue des signes américaine et en langue des signes québécoise, ainsi que les organisateurs et l'équipe de Proof Experiences pour avoir contribué à rendre l'événement d'aujourd'hui possible.
Au nom du gouvernement du Canada, du premier ministre Mark Carney, de la ministre de l'Emploi et des Familles Patty Hajdu et de toute l'équipe d'Emploi et Développement social Canada, je vous souhaite une Semaine nationale de l'accessibilité enrichissante et stimulante. Merci pour votre leadership, votre travail et votre engagement envers un Canada plus accessible et plus inclusif.
Merci pour tout ce que vous faites pour bâtir un Canada plus fort et plus accessible pour tous. Et j'ai hâte de vous voir au prochain Congrès canadien sur l'inclusion des personnes en situation de handicap.
La secrétaire parlementaire Leslie Church a prononcé les remarques de clôture.