Histoires de réussite: Programmes relatifs au marché du travail pour les Autochtones

Clause de non-responsabilité COVID-19

Cette histoire a été obtenue avant l’instauration des règles de distanciation physique du gouvernement fédéral. Les Canadiens doivent continuer de respecter les mesures de sécurité concernant la COVID-19.

Les Programmes relatifs au marché du travail pour les Autochtones contribuent à changer des vies.

Au printemps 2019, le Programme de formation pour les compétences et l’emploi destiné aux Autochtones (FCEA) a remplacé la Stratégie de formation pour les compétences et l’emploi destinée aux Autochtones. Le nouveau Programme FCEA comprend 4 stratégies distinctes liées au marché du travail :

  • Premières Nations;
  • Inuits;
  • Métis;
  • Autochtones vivant en milieu urbain ou non-affiliés.

Le gouvernement du Canada et ses partenaires autochtones collaborent pour :

  • réduire de moitié les écarts en matière de compétences entre les Autochtones et les non-Autochtones; et
  • réduire de 25 % les écarts au chapitre de l’emploi.

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Intégrer le milieu de l’ingénierie en tant que femme autochtone

Chennoa Tracy est une jeune métisse titulaire d’un diplôme de génie mécanique de l’Université de la Saskatchewan. Elle travaille comme ingénieure adjointe au Saskatchewan Research Council.

Chennoa a travaillé fort pour atteindre ses objectifs. Toutefois, elle attribue une part de sa réussite professionnelle au Gabriel Dumont Institute. Cet organisme se consacre à l’élaboration et à la prestation de programmes et de services d’enseignement conçus spécialement pour les Métis.

Grâce au programme de stages de formation et d’emploi d’été de l’Institut, Chennoa a participé au programme de mentorat du Saskatchewan Research Council. Durant 2 stages d’été, elle a travaillé avec son mentor, Sheldon, qui lui a offert conseils et soutien en tenant compte de son parcours scolaire et de son expérience de travail.

Chennoa encourage les autres à communiquer avec l’Institut, lequel « aide les Métis à rester connectés à leur histoire et les uns avec les autres, comme toute communauté devrait le faire », dit-elle. « L’institut m’a également aidée à préparer mon curriculum vitæ, à passer des entrevues et à trouver un emploi permanent dans mon domaine d’études. En fait, mes résultats sont encore meilleurs que ce à quoi je m’attendais. Je me considère comme très chanceuse. »

Selon ses collègues, son désir d’apprendre et de mettre en pratique de nouvelles compétences fait de Chennoa un véritable atout pour le Saskatchewan Research Council.

Son conseil aux jeunes femmes qui envisagent de faire carrière dans le domaine des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques : « Explorez toujours les possibilités, ne vous laissez pas gagner par le découragement, et trouvez des moyens d’atteindre votre but ».

Un soudeur autochtone et son parcours vers la réussite

« Je ne me considérerais jamais comme un exemple de réussite, mais quand je regarde d’où je viens et où je suis rendu aujourd’hui, il est indéniable que la progression a été considérable », déclare Lucien Ledoux. Lucien est agent de développement de la main-d’œuvre au sein de Working Warriors et Running Deer Resources, à Winnipeg.

Originaire de la Première Nation de Pine Creek, au Manitoba, Lucien a grandi dans la communauté de Wabigoon, dans le nord-ouest de l’Ontario. Son père est décédé alors qu’il avait 12 ans et il a été élevé par sa mère.

Lucien a connu son lot de combats. Puis, une visite à un Centre Service Canada a tout changé. Un conseiller en emploi l’a dirigé vers le Centre for Aboriginal Human Resource Development (CAHRD), un organisme sans but lucratif qui offre à la population autochtone de Winnipeg des services :

  • d’éducation;
  • de formation; et
  • d’emploi.

Le CAHRD travaille en collaboration avec le Programme de formation pour les compétences et l’emploi destiné aux Autochtones (FCEA) du gouvernement du Canada.

« Le CAHRD est une excellente organisation et le programme a joué un rôle crucial dans le perfectionnement des gens et des compétences qui leur permettent de s’améliorer. Pour moi, cela a changé ma vie. »

Lucien est soudeur de métier et voulait à l’origine construire des motocyclettes sur mesure. Toutefois, un voyage qu’il a fait dans le cadre de son travail à Thompson, au Manitoba, a eu de profondes incidences sur lui. Il raconte qu’alors qu’il donnait de l’argent à quelqu’un dans la rue, un passant lui a dit qu’il ne faisait que « causer un problème ».

Le lendemain, il a assisté à une réunion portant sur le programme d’apprentissage destiné aux Autochtones, lequel proposait des services de jumelage et de certification. « Je suis passé du métier de soudeur à celui d’agent de liaison, puis je suis devenu agent de développement de la main-d’œuvre, m’efforçant de trouver un emploi valorisant aux gens afin que des incidents comme celui-là ne se reproduisent plus. »

« L’aide est disponible si vous voulez vous perfectionner. Tout ce que vous avez à faire, c’est de chercher et la suite vous appartient. Au fil du temps, j’ai trouvé quelque chose d’encore plus gratifiant : interagir avec les Autochtones et contribuer à leur perfectionnement. »

Lucien a à cœur d’aider les jeunes à atteindre leurs objectifs. « Le fait de fournir aux jeunes Autochtones un moyen de se faire entendre et un endroit où ils peuvent développer un sentiment d’appartenance est primordial, non seulement pour cette génération, mais aussi pour les générations futures. »

Une mère célibataire obtient l’occasion de poursuivre la carrière de ses rêves

Après avoir essayé divers métiers, Norma Condo a décidé qu’elle devait faire carrière dans quelque chose qui la passionnait : la cuisine.

Norma a été élevée dans une grande famille des Premières Nations le long des côtes de Gaspé, au Québec. Alors qu’elle était une toute jeune fille, elle observait avec intensité sa grand-mère pendant que celle-ci préparait des repas traditionnels micmacs pour les réunions familiales. La façon de cuisiner de sa grand-mère la passionnait et l’a incitée à rêver de devenir un jour chef cuisinière.

Alors qu’elle assistait à une journée d’orientation, Norma a découvert le programme de cuisine professionnelle de l’école d’art culinaire Lester B. Pearson à Lasalle, au Québec. Elle était si déterminée à se joindre au programme qu’elle et son mari ont conduit pendant 9 heures pour que Norma soit présente à une entrevue. Lorsqu’elle a été acceptée, Norma et sa famille se sont préparées à déménager à Montréal.

Cependant, 1 mois avant le début de ses cours, la vie de Norma a basculé quand elle a perdu son mari dans des circonstances tragiques. Devenue chef de famille monoparentale, Norma était dorénavant l’unique personne devant assurer un soutien financier à 5 enfants, en plus de faire fonctionner la maisonnée et assister à ses cours.

Malgré les difficultés, Norma n’a toutefois jamais baissé les bras. « Je devais me comporter ainsi pour mes enfants et leur montrer que tout est possible si vous vous raisonnez et que vous vous concentrez à obtenir ce que vous voulez dans la vie. »

Norma a pu réaliser son rêve de participer au programme grâce aux subventions qu’elle a reçues de Femmes Autochtones du Québec Inc., un organisme financé par le Programme de formation pour les compétences et l’emploi destiné aux Autochtones du gouvernement du Canada. C’est par un coup de chance que Norma a pris connaissance de l’existence de l’organisme alors qu’elle effectuait une recherche en ligne en vue de trouver du financement pour ses frais de scolarité. « Ils étaient là alors que j’avais besoin d’aide. Ma conseillère m’a été d’un grand soutien et m’a fourni toute l’orientation nécessaire. Je n’aurais pas pu demander mieux. »

Alors qu’elle fréquentait l’école, Norma a été choisie pour représenter la nation micmaque lors de l’événement À la rencontre des grands chefs au Fairmont Le Château Frontenac, à Québec. L’événement consiste à jumeler des chefs cuisiniers de la ville de Québec avec des chefs représentant les 11 nations autochtones du Québec. Norma a connu un tel succès qu’elle a été choisie pour participer une deuxième fois.

Norma a récemment réalisé son rêve de longue date en procédant à l’ouverture de son restaurant, le Miqmak Catering Indigenous Kitchen, à Montréal. « Je suis renversée par toutes ces occasions et ces expériences incroyables qui m’ont été offertes! Mon voyage est loin d’être terminé, il ne fait que commencer. »

Du succès et des débouchés dans le Nord

Holly Campbell sait fort bien que le travail soutenu, jumelé à un certain soutien financier, peut faire changer les choses. Cela l’a assurément aidée à atteindre ses objectifs.

Holly, qui est une Inuvialuite de Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest, a occupé divers emplois au fil des ans au sein d’administrations municipales, régionales et fédérales. Il s’agissait de bons emplois, mais la vie n’était pas toujours de tout repos pour cette jeune épouse et mère de 4 enfants. Elle en voulait davantage pour sa famille et pour elle-même.

Au fil des ans, Holly s’est donc organisée pour faire six années et demie d’études postsecondaires, obtenant 2 diplômes et décrochant éventuellement un baccalauréat en gestion de l’Université de Lethbridge. Afin de pouvoir atteindre son but, elle et sa famille ont déménagé deux fois d’Inuvik à Lethbridge pendant qu’elle suivait ses cours.

Une fois inscrite pour sa dernière année de scolarité, Holly a réalisé qu’elle aurait besoin d’une certaine aide financière. Cet appui, c’est l’Inuvialuit Regional Corporation, son organisme local de prestation de services aux Autochtones, qui le lui a fourni. Cet organisme reçoit du financement dans le cadre du Programme de formation pour les compétences et l’emploi destiné aux Autochtones (FCEA) du gouvernement du Canada.

« Le programme de FCEA m’est venu en aide à un moment où j’avais nettement besoin d’un soutien financier », dit-elle. « Il est vraiment difficile de faire des études postsecondaires lorsque l’on a une grosse famille. Sans l’aide du programme de FCEA, je n’aurais pas pu poursuivre mes études jusqu’au bout. L’obtention d’un soutien financier et le fait de ne pas devoir recourir à d’autres prêts d’études sont certainement des avantages. La possibilité de revenir dans ma ville natale a aussi été bénéfique. »

Revenue vivre à Inuvik, Holly occupe un emploi, et c’est maintenant au tour de son mari de poursuivre ses études en ligne. Les conditions de vie s’améliorent pour la famille. « Je n’aurais pas été en mesure de poursuivre mes études sans leur participation », fait-elle remarquer. « Mon mari et mes enfants ont compris pourquoi nous devions faire certains sacrifices, et ils m’ont encouragée à terminer ce que j’avais commencé. »

Holly a des conseils à donner aux personnes qui se trouvent dans une situation semblable : « Planifiez vos projets et faites-le de façon intelligente. Assurez-vous d’être bien préparé. Vous n’avancerez jamais si vous avez des craintes quant à ce qui vous sépare de l’atteinte de votre objectif », dit-elle. « Vous ne saurez jamais ce que vous auriez pu obtenir si vous ne tentez rien. Vous devez absolument faire l’effort, car il vaut mieux essayer et échouer que ne pas essayer. »

Surmonter des difficultés personnelles pour aider la prochaine génération

Laurel Sapp est une mère célibataire de 3 enfants de la Première Nation Little Pine, en Saskatchewan. Son rêve était de posséder sa propre entreprise, mais elle n’avait pas tous les outils. Et elle savait qu’elle avait besoin d’aide.

Laurel était fière d’être une gestionnaire autochtone. Malheureusement, elle est tombée malade, et on lui a diagnostiqué une maladie cardiaque rare, ce qui ne lui a laissé d’autre choix que de quitter son emploi. Elle était déçue, mais elle ne s’est pas laissée abattre. Elle a décidé d’accepter sa situation et d’aller de l’avant, sans renoncer à son rêve, en dépit de son état de santé et de sa vie familiale bien remplie.

Laurel a repris ses études et présenté une demande d’admission au collège local pour étudier le développement communautaire autochtone. Elle venait de terminer sa première année d’études quand une nouvelle tragédie est survenue : son fils aîné est décédé. Foudroyée par ce coup du sort, Laurel ne pensait plus être capable de continuer d’étudier, et elle ne prévoyait pas recommencer. Toutefois, elle a changé d’avis à la suite de l’appel téléphonique d’encouragement d’un membre du Battlefords Tribal Council – le Conseil tribal qui lui offrait un soutien financier pour l’aider à terminer ses études.

Le Conseil propose divers services pour le compte du Saskatchewan Indian Training Assessment Group. Le Groupe est financé par le Programme de formation pour les compétences et l’emploi destiné aux Autochtones du gouvernement du Canada.

Cet appel téléphonique d’un membre lui a fait comprendre que beaucoup de gens pouvaient l’aider. Grâce à cette conversation, Laurel a décidé de poursuivre ses études. Elle a obtenu son diplôme et elle est maintenant la fière propriétaire de son entreprise, Life Design Concepts. Elle met à profit ses compétences de formation en milieu de travail et d’évaluation de carrière pour aider d’autres étudiants à progresser dans leurs études, puis à faire la transition vers le marché du travail.

Laurel est reconnaissante au Conseil tribal de tout ce qu’il a fait pour elle. « Ce fut une expérience et un parcours qui m’ont beaucoup apporté; c’est maintenant à moi de donner un coup de main à d’autres personnes qui veulent étudier et changer leur vie. »

Ses conseils aux autres : « Faites preuve d’audace. Soyez décidés et n’abandonnez pas. Chacun de nous peut faire preuve de persévérance. Vous devez croire en vous-même, atteindre vos objectifs, en récolter les fruits et être la meilleure personne que vous puissiez être. »

Réaliser son rêve grâce à l’Alberta Aboriginal Women’s Society

Kaila Thompson a toujours voulu être infirmière. Elle avait l’ambition et la volonté nécessaires. Ce dont elle avait vraiment besoin, c’était de l’aide financière.

« Depuis aussi longtemps que je me souvienne, je voulais être infirmière », déclare Kaila, étudiante à l’Université d’Athabasca. « Je savais que je voulais une carrière qui me permettrait de travailler avec les enfants, d’aider les personnes et de soutenir financièrement ma famille. »

Kaila a grandi à Stony Plain, en Alberta, où elle a été élevée par une mère qui avait de longues journées de travail. C’est Kaila qui devait s’occuper de sa petite sœur à la maison. C’est durant ses études secondaires qu’elle a découvert combien elle aimait faire des activités avec les enfants à la garderie où elle travaillait après ses cours, et elle a immédiatement commencé son cheminement pour devenir infirmière pédiatrique.

Plusieurs membres de la famille de Kaila travaillent dans le domaine des soins de santé et sont d’importants des modèles. « Quand j’étais jeune, je savais déjà qu’une carrière d’infirmière c’est tellement gratifiant », souligne-t-elle.

Kaila était ravie d’apprendre qu’elle était acceptée au programme de soins infirmiers du Collège NorQuest d’Edmonton, mais elle se demandait comment payerait ses frais de scolarité. Une conseillère scolaire l’a dirigée vers l’Alberta Aboriginal Women’s Society, association provinciale membre de l’Association des femmes autochtones du Canada financée par le gouvernement du Canada qui fournit des services dans le cadre du Programme de formation pour les compétences et l’emploi destiné aux Autochtones à Edmonton.

« J’étais tellement reconnaissante lorsque j’ai appris que ma demande auprès de la Société avait été acceptée », explique Kaila. Elle a reçu une aide financière pendant 2 ans afin d’obtenir son diplôme et la Société l’a aidée à trouver un stage au Stollery Children’s Hospital. Cette expérience de travail lui a permis d’acquérir des compétences pratiques à titre d’infirmière, de tisser des liens et d’obtenir un emploi après l’obtention de son diplôme.

Elle travaille actuellement comme infirmière auxiliaire au Stollery Children’s Hospital. Elle a également été admise à l’Université d’Athabasca où elle étudie pour devenir infirmière autorisée.

Le soutien constant de la Société a permis à Kaila de constater qu’elle était capable d’atteindre tous les objectifs qu’elle se fixait.

« L’Alberta Aboriginal Women’s Society aide beaucoup d’étudiants à atteindre leurs buts. Je ne les remercierai jamais assez! », dit-elle avec enthousiasme.

« Si j’avais un conseil à donner, ce serait de toujours profiter des occasions qui se présentent pour acquérir de nouvelles compétences. C’est parfois difficile, mais ça en vaut la peine. La vie est si courte qu’il faut profiter de chaque moment pour réaliser ses rêves et ses objectifs. »

Une carrière inspirée par la compassion d’une infirmière

Dès qu’on la rencontre, on sait que Heather Waloshuk, est une femme déterminée et  animée d’un fort désir d’aider autrui et d’offrir un avenir sécuritaire à ses enfants.

Heather a grandi dans un quartier de logements sociaux où la criminalité, la violence familiale d’autres enjeux menaçants minaient la sécurité des enfants. Enceinte à 15 ans, elle vivait déjà seule à l’âge de 16 ans comme mère célibataire. Elle est retournée à l’école secondaire, mais elle n’a pas pu terminer car elle est était enceinte de son deuxième enfant. Elle est aujourd’hui 3 enfants.

Pour Heather, les premiers stades de sa vie ne sont pas synonymes d’infortune. C’était la vie, tout simplement.

« Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, ma mère m’a demandé ce que j’allais faire et comment je prévoyais terminer mes études. Il était inutile de m’apitoyer sur mon sort. Je devais me concentrer sur les étapes à venir et continuer d’avancer. Cette attitude m’a vraiment aidée à surmonter tous les obstacles que j’ai rencontrés. »

Elle n’a jamais douté qu’elle ferait des études universitaires, comme sa mère : « Ce n’était pas un projet difficile à imaginer pour moi. » L’abandon n’a jamais été une option pour Heather. « Abandonner voulait dire que je renonçais à offrir une vie de qualité à mes enfants. C’est ce qui me faisait le plus peur. Je ferais n’importe quoi pour m’assurer qu’ils partent du bon pied. »

En plus de sa mère, Heather avait un autre mentor et modèle positif : l’infirmière en santé communautaire qui l’a accompagnée lors de ses 2 premières grossesses. « Elle a exercé une grande influence sur moi. Elle traitait ses patients avec respect et dignité. Elle s’adressait à nous en tant que jeunes parents, sans nous réduire au seul fait que nous étions des adolescentes enceintes. C’est elle qui m’a incitée à devenir infirmière. Encore aujourd’hui, je m’inspire de l’expérience que j’ai vécue il y a 12 ans. »

Heather a été acceptée au programme d’accès de l’Université du Manitoba pour se préparer à des études en soins infirmiers. Elle faisait partie d’un groupe composé de 13 étudiants autochtones, tous issus d’un milieu semblable au sien; l’entraide était de mise pour surmonter les difficultés d’apprentissage et les problèmes familiaux et personnels.

Au début du programme en soins infirmiers, le groupe a été divisé. Lorsque Heather et certains de ses amis ont remarqué que d’autres membres du groupe abandonnaient le programme car ils n’arrivaient pas à jongler études et problèmes personnels, ils ont mis sur pied un « cercle de soutien ». Ils ont ainsi tenu des rencontres mensuelles pour échanger sur leur expérience et se tenir au courant de leur vie quotidienne. Lorsqu’un membre du groupe était aux prises avec un problème personnel ou familial, le reste du groupe trouvait un moyen de l’aider.

Aujourd’hui infirmière en santé publique pour l’Office régional de la santé de Winnipeg, Heather est toujours animée par la même détermination et compassion qui lui ont permis de réussir ses études en tant que mère célibataire. Elle travaille aujourd’hui dans le district de St. James et suit les pas de sa mentore. Parmi ses nombreuses responsabilités, elle s’occupe notamment d’aider les nouvelles mères en soins postnatals, elle anime des groupes d’éducation familiale et s’occupe également de traiter des maladies d’origine alimentaire et de trouver l’origine des maladies transmissibles qui sévissent dans sa communauté.

Un charpentier autochtone passionné par sa nouvelle profession

En devenant inspecteur en bâtiment dans la cinquantaine, Gerald Speers a prouvé qu’il n’est jamais trop tard pour cultiver une passion.

Cet ancien charpentier de Renfrew (Ontario), a reçu un soutien du Congrès des Peuples autochtones (CPA). Le CPA travaille en partenariat avec le Programme de formation pour les compétences et l’emploi destiné aux Autochtones (FCEA) du gouvernement du Canada qui visent à concevoir des services de formation professionnelle pour les Autochtones des régions urbaines, rurales et éloignées.

Avant de suivre cette formation, Gerald était en arrêt de travail et touchait des prestations d’invalidité alors qu’il se remettait de blessures douloureuses et invalidantes. « L’atmosphère à la maison était maussade, propice aux doutes et à la dépression », explique Gerald. « J’avais l’impression que ma vie ne menait à rien, qu’elle n’était plus stimulante. »

Sa seule option, c’était de changer de profession. Comme l’explique Gerald, « je me remettais de mes blessures et j’avais besoin d’être de retour au travail pour aider ma famille ». Au fil des ans, il a tenté à plusieurs reprises de devenir inspecteur en bâtiment, mais sans succès. « C’était très difficile d’obtenir un emploi à mon âge. De plus, avec mon handicap, j’avais besoin d’aide pour concrétiser mon rêve de devenir inspecteur en bâtiment. »

Lorsque Gerald est entré dans le bureau du CPA, Matthew l’a accueilli, s’est assis avec lui et a écouté son histoire. « Cela a été une expérience très positive », dit Gerald. « Et Matthew m’a assuré qu’ils avaient un programme de formation professionnelle parfait pour moi. »

Gerald a été accepté dans le programme, et est ravi que son rêve soit devenu une réalité. « Ma confiance en moi s’est grandement améliorée », affirme Gerald. « Et, je vais à nouveau pouvoir subvenir aux besoins ma famille. »

Il est maintenant inspecteur d’habitations agréé et il adore sa nouvelle carrière. Il aide ses clients à obtenir l’assurance que la maison qu’ils habitent ou achètent est sécuritaire en détectant les défauts structurels, les risques d’incendie et les autres menaces.

Gerald a plusieurs plans pour l’avenir « Mon prochain défi consiste à perfectionner mes compétences et à effectuer des vérifications de l’efficacité énergétique des maisons, ainsi qu’à accroître mes connaissances sur l’inspection des fosses septiques. Et ce n’est qu’un début! » Gerald considère maintenant le personnel du CPA comme des membres de sa famille et n’hésite jamais à les consulter pour obtenir de l’aide.

Une occasion unique pour un jeune Autochtone

Né à Regina, Adrian Koskie a grandi dans l’est du centre-ville de Vancouver. À l’adolescence, il s’est découvert un intérêt pour le travail des métaux et voulait faire carrière en soudure. Cependant, Adrian a connu des ennuis après l’école secondaire. Pendant 10 ans, il a vécu dans les rues de Vancouver, aux prises avec une dépendance.

Heureusement, Adrian a réussi à surmonter sa dépendance et à échapper à l’itinérance. Après 2 années de sobriété, il était prêt à reprendre sa vie en main. Mais en raison de son manque d’expérience de travail, de compétences et d’études, il ne savait pas quel sens donner à sa vie – jusqu’à ce qu’un heureux hasard lui donne une occasion en or de s’en sortir. Adrian a renoué avec un ami d’enfance sur Facebook. Cet ami était devenu coordonnateur d’un programme de métiers appelé BladeRunners, offert par l’Aboriginal Community Career Employment Services Society (ACCESS).

L’ACCESS conçoit et offre des services de formation professionnelle aux Autochtones de Vancouver. Le gouvernement du Canada finance ces services dans le cadre de son Programme de formation pour les compétences et l’emploi destiné aux Autochtones. L’ami d’Adrian l’a encouragé à s’inscrire au programme, ce qui lui permettrait d’obtenir la formation nécessaire pour intégrer le marché du travail.

Après avoir acquis de l’expérience de travail dans le cadre du programme BladeRunners, Adrian a suivi un cours en soudure offert par le programme ACCESS Trades et le British Columbia Institute of Technology. ACCESS Trades l’a accepté comme apprenti soudeur et l’a soutenu tout au long de son parcours. Il a pris part à divers projets de revitalisation de l’est du centre-ville de Vancouver. Grâce au soutien continu d’ACCESS, il a obtenu ses certificats de niveau C et B en soudure. Aujourd’hui, Adrian est soudeur à temps plein et il travaille à l’obtention de sa certification Sceau rouge.

Son conseil à quiconque veut avoir la carrière de ses rêves? « Ne pas abandonner, suivre un plan, et les résultats escomptés se réaliseront. »

Déterminée à réussir, une étape à la fois

Shana Mann est une jeune mère de Winnipeg qui a dû surmonter de multiples obstacles. Elle aspirait à une vie meilleure pour elle et sa fille, mais ne savait pas par où commencer. Un jour, elle a appris que son cousin avait suivi et réussi le programme de formation d’assistant de laboratoire médical, offert par l’entremise du Centre for Aboriginal Human Resource Development (CAHRD). Elle a donc décidé de s’inscrire au même programme. Le CAHRD est un organisme financé par le gouvernement du Canada dans le cadre du Programme de formation pour les compétences et l’emploi destiné aux Autochtones.

Avant de pouvoir être acceptée au sein du programme, elle devait d’abord obtenir son diplôme d’études secondaires pour les étudiants adultes. Le personnel du CAHRD l’a aidée à y parvenir. Shana a ensuite obtenu son diplôme d’assistante de laboratoire médical. Puis, elle a obtenu un emploi à l’Hôpital Saint Boniface, à Winnipeg, où elle a travaillé pendant 3 ans. Elle a ensuite repris les études en s’inscrivant en microbiologie à l’Université du Manitoba. Aujourd’hui, elle termine son baccalauréat ès sciences.

Shana est reconnaissante envers le CAHRD d’avoir investi dans ses études. Elle respire la confiance en soi et l’optimisme, ce qu’a rendu possible le soutien du Centre. « J’encourage les femmes à faire carrière dans le domaine des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, ou dans tout autre domaine qui nécessite des études postsecondaires. Nous devons donner l’exemple pour montrer aux autres qu’elles peuvent réaliser leurs rêves. »

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