Prix Canada 150 pour le bénévolat : Voix du terrain

De : Emploi et Développement social Canada

Sur cette page

Formats substituts

Cette publication est disponible dans d'autres formats en ligne, par téléphone au 1-800-O-Canada (1-800-622-6232), ou par téléimprimeur (TTY), au 1-800-926-9105. Aussi offerte en médias substituts sur demande : gros caractères, braille, audiocassette, CD avec fichier audio, disquette avec fichier texte, CD avec fichier texte, ou système DAISY.

Les traditions sont importantes. Ce sont des histoires, des croyances, des rituels et des coutumes qui sont transmis d'une génération à l'autre. Elles permettent d'établir des relations, de communiquer et de renforcer la collectivité et la croissance. Chaque année, les lauréats des Prix pour le bénévolat du Canada se réunissent pour partager leurs connaissances, leurs expériences et leurs idées concernant la façon de mobiliser les autres et de les amener à contribuer à la vie de leur collectivité. Ce fut le cas pour les Prix pour le bénévolat du Canada de 2017.

Par ailleurs, les traditions évoluent au fil du temps. Ce fut également le cas pour les prix de 2017. Ils ont permis de perpétuer les traditions du passé, tout en traçant la voie de l'avenir. En 2017, à l'occasion du 150e anniversaire du Canada, on a tenu pour la première fois un forum de discussion d'une journée qui a permis non seulement aux lauréats d'échanger leurs histoires, mais aussi aux sympathisants, aux anciens lauréats et aux représentants des intervenants de participer aux discussions et de partager leurs expériences et leurs points de vue concernant les tendances et les pratiques exemplaires en matière de bénévolat à l'échelle du Canada. C'est aussi l'année où l'on a proposé et envisagé d'établir un réseau des anciens lauréats des Prix pour le bénévolat du Canada pour appuyer dorénavant les bénévoles partout au Canada.

Le 6 décembre 2017, les intervenants, anciens et actuels, les anciens lauréats des Prix pour le bénévolat du Canada et les lauréats des prix de 2017 se sont rassemblés dans le cadre d'un forum de discussion pour partager leurs points de vue sur le bénévolat d'hier, d'aujourd'hui et de demain au sujet des quatre thèmes du 150e anniversaire du Canada :

  1. Mobiliser et inspirer les jeunes;
  2. Réaffirmer l'importance d'une solide gérance environnementale;
  3. Promouvoir un Canada diversifié et inclusif;
  4. Appuyer les efforts visant à assurer le rapprochement entre les Canadiens autochtones et non autochtones à l'échelle nationale.

Le dialogue était passionné, car tout le monde a exprimé ses points de vue et ses idées. Voici un compte rendu des réflexions, des idées et des expériences partagées par les lauréats et les intervenants dans le cadre d'une série de séances de discussion portant sur ces thèmes.

Établir des liens et bâtir des collectivités grâce au bénévolat : Perspective globale

Le Canada et le monde traversent une période de grands changements sociaux et géopolitiques qui se déroulent à un rythme accéléré : transfert entre les générations, mutations démographiques, montée de la technologie et de l'intelligence artificielle, urbanisation, accroissement des écarts sociaux, économiques et technologiques, pour ne citer que ceux-là. L'isolement accru constitue un sous-produit social de ces changements. Des personnes qui disposent d'un réseau social ressentent néanmoins un manque de contact personnel avec les autres.

« En faisant du bénévolat, nous avons vu plus de sourires en ville et rendu les gens plus heureux. »

Bill Britton, Leadership d'entreprise – Prairies

Notre environnement, notre santé et notre sentiment d'appartenance collective sont intrinsèquement liés. Les collectivités au sein desquelles les gens ont un sentiment d'appartenance sont plus saines et plus sûres; ce sont des endroits où les gens offrent plus de talents et de temps et des contributions financières plus importantes. Dans un pays où nous observons un changement en ce qui a trait au sentiment d'appartenance et de rapprochement, comment pouvons-nous continuer de bâtir des collectivités où les gens ont ce sentiment et veulent consacrer leur temps, et comment le bénévolat peut-il contribuer à répondre au besoin croissant de rapprochement? Un défi important consistera à exposer la situation de manière convaincante pour inciter les gens à participer.

Il existe un lien entre le temps consacré au bénévolat et le sentiment d'appartenance, de même que l'inclusion sociale, interpersonnelle et politique et l'engagement communautaire – que ce soit par les arts et la culture, la pratique religieuse ou par d'autres moyens. Tout commence par un but commun, une passion commune. Il peut s'agir d'une activité dans le domaine du sport ou de bénévolat dans une collectivité. Chaque personne apporte ses compétences à un projet, indépendamment des différences. Ce sont les compétences qui rassemblent les gens parce que leurs forces, leurs contributions et leurs idées sont valorisées. Et les gens reviennent parce que le projet ou le bénévolat est rassembleur. Cela fournit une structure qui valorise l'inclusion et les compétences que les gens offrent. Dans l'échange, tout le monde profite de l'amitié, des connaissances et du mentorat qui s'établit entre les personnes lorsqu'elles cherchent à atteindre un objectif commun.

Plus nous réussissons à réunir les gens pour briser l'isolement, mieux c'est. Le problème tient à la manière dont nous le faisons. Nous devons examiner la façon dont nous déployons les services, établissons des liens intergénérationnels, développons la confiance et éliminons les obstacles; nous devons valoriser les points communs et respecter les différences. Nous devons faire preuve d'une capacité d'adaptation et de souplesse, explorer les idées en posant des questions et ne pas présumer que nous connaissons la réponse. Nous devons être ouverts et réceptifs à l'endroit de divers bénévoles et ne pas leur imposer nos limites.

Pour ce qui est des répercussions, nous devons continuer à aller au-delà du simple calcul de la valeur économique du bénévolat en nombre d'heures. Nous devons penser de façon plus générale à sa valeur réelle et à ce que nous voulons célébrer. Quelle est la valeur pour une personne sur le plan de l'acquisition des compétences? Quelle est la valeur pour une organisation qui renforce sa capacité? Quelle est la valeur pour un quartier qui devient plus cohésif et connecté? Quelle est la valeur du point de vue du renforcement de la confiance chez les personnes, de l'établissement de liens d'amitié qui durent toute une vie, etc.? Et quelle est la valeur lorsqu'on bâtit une société juste et bienveillante au Canada?

Une métaphore liée à un iceberg

« Comme un iceberg, nous voyons les bénévoles comme ils se présentent chaque jour – leurs vêtements, leur ethnicité, leurs actions… mais nous ne voyons pas ce qui est sous l'eau : les valeurs profondes. Nous devons non seulement prêter attention à ce qui est visible pour nous, mais aussi ne pas oublier d'explorer ce que nous ne voyons pas – et c'est énorme. C'est la quête universelle du sens. Chacun cherche un sens à sa vie. Il peut être de nature philosophique, spirituelle ou autre, mais il y a une quête de sens dont nous ne sommes même pas conscients. Nous devons donc nous souvenir de renouer continuellement avec ce qui nous inspire, ce qui nous amène à mettre notre énergie, notre cœur et notre amour dans notre travail bénévole. Penser à une personne, à une cause, vouloir agir. Lorsque nous parlons de changer l'image du bénévolat, nous devrions peut-être penser à l'exemple de l'iceberg. »

Rita Rachele Dandavino, Chantiers Jeunesse

Mobiliser et inspirer les jeunes

Les jeunes tirent de nombreux avantages personnels de leur participation à des projets de bénévolat pour les jeunes. Ils se font entendre et sont fiers de contribuer à un résultat concret. Leur participation devient une semence qui croît au fil du temps. Souvent, ils ne sont pas conscients, sur le moment, de la contribution qu'ils apportent pour leur collectivité ou pour eux-mêmes, mais des années plus tard, nous les entendons dire que l'expérience a changé leur vie et qu'elle leur a permis d'obtenir un emploi ailleurs dans un domaine qui n'est pas nécessairement lié au projet. C'est fort. Cela vaut plus que les heures qu'ils ont données à l'époque.

Les jeunes et le bénévolat obligatoire

Dans la plupart des collectivités du pays, les jeunes doivent faire du bénévolat pour un organisme de bienfaisance ou une organisation de leur choix, que ce soit par l'intermédiaire d'une école ou d'une université ou dans le cadre de programmes de travail. Grâce à cette expérience, ils découvrent la valeur du bénévolat et ils ont la possibilité de déterminer les endroits où ils veulent faire du bénévolat et les programmes sociaux pour lesquels ils veulent travailler.

Afin d'accroître l'accès à ce type d'activités, les entreprises et les organisations devraient permettre aux jeunes d'obtenir l'information concernant les possibilités offertes, par exemple au moyen d'une plateforme ou d'un site Web national pour les bénévoles. Cela peut se faire par l'intermédiaire des écoles, des conseils scolaires, des enseignants et des parents afin non seulement de diriger les jeunes vers l'information, mais aussi de veiller à ce qu'ils l'obtiennent au bon moment.

Dans les universités, le service d'orientation peut renseigner les jeunes sur ce qui est offert sur le campus et sur les endroits où ils peuvent faire du bénévolat. Il devrait également permettre aux étudiants de se connecter avec le monde en leur donnant accès à de l'information sur la situation à l'échelle internationale. Cela pourrait les encourager à aller dans une autre ville ou un autre pays pour établir des liens, s'amuser et continuer à changer les choses. Les étudiants étrangers peuvent aussi participer en influençant le cours des choses, en apportant une contribution et en s'intégrant à une collectivité élargie.

Les jeunes et le bénévolat délibéré

Contrairement au bénévolat obligatoire, certains jeunes sont encouragés à faire du bénévolat en découvrant les expériences et le leadership d'autres personnes qui transmettent les leçons qu'elles ont tirées à la génération suivante. À mesure qu'ils s'épanouissent dans la collectivité et qu'ils s'y intègrent davantage, ils apprennent l'importance de leur contribution. Ils découvrent que les avantages sont non seulement financiers, mais aussi multidimensionnels, notamment des points de vue de l'environnement, de l'estime de soi et d'une meilleure connaissance de leurs valeurs et de leurs buts.

Programme On the Land dans le Nord

« La sensibilisation à l'environnement peut être ramenée au niveau individuel. Les enfants vulnérables apprécient la valeur de la collectivité et leur propre valeur, car ils deviennent motivés par l'utilisation de la terre, la chasse et la possibilité de redonner à la collectivité. Leur appréciation de l'environnement s'accroît également. »

Joavee Etuangat, Société Ilisaqsivik

Il est important de tenir compte de la mesure dans laquelle les jeunes sont à l'aise avec l'idée de faire du bénévolat lorsqu'on les encourage à en faire, et de leur offrir un soutien et un mentorat continus. Comme ils se trouvent à un stade différent de développement sur les plans social et affectif par rapport aux adultes, les jeunes doivent savoir qu'ils se trouvent dans un endroit sûr, afin de se sentir libres de faire des choix, de se plonger dans des expériences qui peuvent les faire sortir de leur zone de confort, de traiter et de valider l'effet intellectuel et émotionnel de leurs expériences et d'apprendre à s'intégrer. Lorsque cela a été bien fait, le bénévolat a souvent transformé les jeunes et les a rendus autonomes.

Dans ce contexte, la réussite a été de donner un aspect social aux expériences de bénévolat chez les jeunes en y intégrant leurs pairs et leur famille. Les jeunes sont souvent encouragés à persévérer dans leur démarche lorsqu'on leur fait connaître des organismes qui ont une signification pour eux, leur famille, leurs amis ou leur collectivité, ou lorsque leurs expériences sont reliées à quelque chose qui les intéresse. Une fois qu'ils ont établi des relations durables avec leurs pairs ou avec des organismes communautaires, ils évoluent souvent avec eux tout au long de leur vie. Ainsi, les organisations et les collectivités doivent procurer un sentiment d'appartenance aux jeunes en reconnaissant leur contribution et en leur donnant des moyens d'agir. Elles doivent leur offrir des occasions de prendre des décisions et leur permettre d'assumer la responsabilité de leurs décisions.

Il est également important que l'inspiration vienne de l'intérieur – par l'autonomisation. À l'instar des adultes, les jeunes réagissent bien à la passion, au rapprochement, à l'authenticité et aux buts. Il est important de partager la mission, le but et la valeur qu'ils apportent en tant que bénévoles. Il a souvent été très profitable, et parfois transformateur, de présenter dès le début des défis communautaires aux jeunes et de les inviter à proposer des solutions. Nous entendons souvent parler de jeunes qui ont trouvé des façons différentes de celles des adultes d'obtenir des résultats, parce que leur action n'a pas été limitée par des raisons élaborées par la société et qui empêchent de faire certaines choses. Lorsque les adultes se sont retirés et ont permis aux jeunes d'assumer un rôle de premier plan, et peut-être de faire les choses un peu différemment, les jeunes ont invariablement assumé la responsabilité de leurs décisions, de leurs actes, de leurs erreurs et de leurs réussites. Ils ont tiré des leçons de ces expériences et les ont transposées dans leur vie pour toujours.

Parallèlement à l'autonomisation, il est important de veiller à ce que les jeunes aient accès à des possibilités de mentorat, c'est-à-dire à une personne qui les soutient et les aide. Cela peut aider beaucoup les jeunes à prendre des décisions et à assumer la responsabilité de leurs décisions. En même temps, il faut qu'une personne les accompagne et puisse les conseiller et assumer une part de la responsabilité en cas de problèmes. Cela les incite à se familiariser avec la prise de risques et les conséquences dans un contexte sûr.

« Ma petite fille a commencé à me porter volontaire pour tout. J'ai commencé à faire du bénévolat parce que je voulais passer le plus de temps possible avec mes enfants. Cela fait maintenant 25 ans. »

Deborah Morrow – Leadership communautaire, Colombie-Britannique et Nord

L'expérience a également démontré que les jeunes et les jeunes adultes recherchent des occasions concrètes d'épanouissement et de croissance pour s'améliorer, utiliser leurs compétences et apprendre pour l'avenir. En outre, ils ne possèdent pas nécessairement certaines compétences, de sorte que la possibilité d'acquérir de nouvelles connaissances et habiletés dans l'optique de l'avenir a également donné de l'autonomie aux jeunes. Le fait de relier les expériences de bénévolat au renforcement des compétences et aux objectifs futurs qui sont importants pour les jeunes a souvent rendu le bénévolat plus significatif et a aidé ces derniers à progresser dans leur carrière ou à réaliser d'autres aspirations dans leur vie. Les situations où les jeunes ont eu la possibilité de bénéficier d'un mentorat entre pairs (c'est-à-dire que les jeunes apprennent les uns des autres), et ont ainsi pu s'épanouir, ont également aidé les jeunes à avoir le sentiment de contribuer à la croissance et au développement de leur collectivité.

Réduire les obstacles au bénévolat chez les jeunes

En plus d'offrir des possibilités, nous devons également nous efforcer de réduire les obstacles au bénévolat chez les jeunes. Certains des obstacles les plus évidents sont d'ordre financier et linguistique. Pour certains jeunes – ceux qui ne semblent jamais vouloir faire de bénévolat ou qui ne semblent pas intéressés – ce peut être en raison de difficultés à la maison qui ne sont pas évidentes, comme une alimentation insuffisante, des problèmes financiers familiaux ou l'obligation de s'occuper de leurs frères et sœurs. Même s'ils peuvent sembler ne pas être intéressés, c'est plutôt qu'ils ne sont pas capables de faire du bénévolat. D'autres obstacles sont liés à des choses que beaucoup tiennent pour acquises, comme le permis de conduire ou l'accès aux transports en commun.

Nous devons aussi changer la manière dont nous utilisons le langage du bénévolat lorsque nous nous adressons aux jeunes, afin de le rendre plus accessible. Par exemple, nous pourrions utiliser le terme « jeune leader » plutôt que « bénévole », parce que certains jeunes ne veulent pas entendre parler de bénévolat. Ils aiment avoir le sentiment d'être des « chefs », parce que personne ne les perçoit ainsi. Plutôt que de demander « Veux-tu faire du bénévolat avec moi? », on pourrait dire « J'aurais vraiment besoin de ton aide ». Cela semble beaucoup plus invitant et acceptable.

Réaffirmer l'importance d'une solide gérance environnementale

Il est important que la gérance de l'environnement soit intégrée au travail bénévole à l'avenir, que ce soit par la manière d'organiser les événements, ou pour refléter le type d'exigences politiques ou de changements exprimés par la société. À cette fin, les bénévoles doivent se considérer comme des citoyens qui participent à la démocratie, s'organiser au sein de nos collectivités et répartir le leadership. Il sera également essentiel de désigner des champions politiques dans les collectivités, si une réglementation gouvernementale plus rigoureuse ou des interventions sur les questions environnementales sont requises.

Champions politiques

« À Ottawa-Sud, il y a un groupe de bénévoles qui ont organisé leur propre groupe communautaire pour se concentrer sur les questions environnementales. Ils ont commencé en tant que groupe de bénévoles à Écologie Ottawa, mais comme ils étaient voisins, ils ont décidé de créer leur propre groupe communautaire et de se concentrer sur les discussions avec les représentants politiques locaux, ce qui a donné des résultats positifs sur le plan politique. »

Antony Garoufalis-Auger, Écologie Ottawa

Gérance et action individuelle pour assurer la durabilité

Au niveau individuel, les bénévoles voient comment ils changent les choses chaque jour dans les collectivités. C'est ce qui les motive. Du point de vue de la durabilité de l'environnement, le bénévolat transforme les gens. Il change la façon dont ils voient la vie, leur pouvoir d'achat et leur consommation. Les gens deviennent des consommateurs plus responsables et informés en faisant du bénévolat et en s'engageant à l'égard de causes. Dans le bénévolat, les valeurs se reflètent dans les décisions et les actions individuelles, qu'il s'agisse de covoiturage, de recyclage ou de compostage ou d'autres décisions personnelles liées à la durabilité de l'environnement. Ensemble, ces actions individuelles ont des effets réels, et les bénévoles deviennent un exemple dans la collectivité et influencent les autres.

Gérance environnementale

« Lorsque vous envisagez de recycler ou de composter vos déchets, ou encore de les transporter ailleurs – par exemple amener vos déchets dangereux à des endroits où ils peuvent être éliminés correctement – vous prenez le temps de faire quelque chose qui profite à la société. Cette pratique est liée à la gérance et constitue une utilisation importante du temps des gens qui devra être faite par pratiquement tous les membres de la société à un moment donné. Cette pratique sera donc encouragée, valorisée et appréciée par la société. »

Green Chair Recycling

Le bénévolat peut également avoir une incidence sur la durabilité de l'environnement à l'échelle de la collectivité. Il offre des occasions de réunir divers acteurs sociaux – des domaines environnemental, économique, social, etc. – qui collaborent relativement à des enjeux et travaillent à l'atteinte d'un objectif commun. Cette collaboration offre des avantages aux collectivités, au-delà du simple fait de régler des problèmes. Elle contribue à la création d'une culture d'apprentissage et d'ouverture, ce qui rend les collectivités plus saines et plus connectées les unes aux autres.

Une bonne partie de l'innovation nécessaire pour assurer la durabilité environnementale et sociale consistera à déterminer la manière de maximiser les efforts combinés de diverses personnes et de divers groupes. L'élaboration d'initiatives durables nécessitera l'établissement d'un fort sentiment d'appartenance au sein des collectivités, ainsi que la création de mécanismes et d'une structure qui généreront des fonds qui pourront être redistribués. Cela entraîne des avantages positifs pour tous les intervenants qui participent aux initiatives, de même que pour les collectivités et leurs membres.

« Ne croyez pas que si vous êtes d'une petite ville, vous ne pouvez pas réussir…

Je suis d'une petite ville, avec un grand cœur! »

Marie-Claire Ivanski – Leadership communautaire – Ontario

Action organisationnelle vers la durabilité

Au niveau organisationnel, le changement doit porter sur les valeurs et créer une mentalité d'entreprise qui valorise la durabilité environnementale. Il est important d'inspirer les organisations de manière à ce qu'elles créent des philosophies d'entreprise qui reconnaissent que la terre est un cadeau. Les jeunes doivent continuer d'être informés au sujet de l'importance de la durabilité environnementale et voir comment elle peut être appliquée à leur propre organisation et à leurs façons de faire. Cela peut finalement mener à la détermination de possibilités de bénévolat liées à la durabilité de l'environnement au sein de leur organisation, entre les organisations et dans la collectivité, et à l'élaboration d'une philosophie qui consiste à redonner à la collectivité.

Une autre stratégie consiste à trouver des façons de soutenir les organisations au moyen de ressources directes et de mesures incitatives (pas nécessairement financières) pour les aider à atteindre les objectifs liés au recrutement et au soutien de bénévoles en matière de durabilité environnementale. Cela pourrait ressembler à un programme de bénévolat lié au soutien aux personnes handicapées qui existe actuellement au Manitoba. Les bénévoles peuvent obtenir 100 $ par mois sans perdre de crédits d'impôt pour personnes handicapées.

Dans le même ordre d'idées, les organisations devraient, dans la mesure du possible, obtenir des ressources appropriées et d'un soutien additionnel pour encourager les initiatives individuelles et collectives de bénévolat visant à promouvoir la durabilité de l'environnement, comme la plantation d'arbres. Cela peut permettre d'élaborer une philosophie d'innovation en matière de durabilité de l'environnement en appuyant les personnes motivées par une volonté de contribuer dans ce domaine.

Les jeunes et la durabilité

De nombreux jeunes s'intéressent aux enjeux environnementaux et aux changements climatiques. Cela peut être en partie lié à la façon dont les jeunes obtiennent des renseignements. D'après les recherches, ils ont un meilleur accès à l'information provenant de l'extérieur du Canada que les membres de la génération des baby-boomers. Compte tenu de l'information que les jeunes obtiennent, ils comprennent que les enjeux sont élevés pour leur génération et qu'il y a plus d'intérêt à agir à cet égard. Il s'agit souvent de défense d'intérêts politiques, mais aussi d'autres formes importantes de bénévolat. L'action locale est très importante pour influer sur les enjeux mondiaux, mais les petits gestes à l'échelle locale (dans notre vie quotidienne pour obtenir des résultats concrets) sont aussi importants afin que le discours ne devienne pas abstrait. Les deux formes d'action sont importantes et doivent être reconnues en conséquence.

Nous devons continuer de sensibiliser les jeunes et les collectivités à la durabilité et les inciter à assumer la responsabilité de leurs actes. Si tout le monde est sur la même longueur d'onde et fonctionne de la même manière, cela peut s'amplifier et les choses s'améliorent. Par exemple, nous pouvons aménager des jardins communautaires et les étendre aux collectivités, aux villes et aux municipalités. Une pression positive des pairs peut également mener à de petites actions qui peuvent avoir une incidence importante en mettant en évidence et en faisant mieux connaître les choses que nous valorisons, comme créer une collectivité bienveillante ou inspirer une société sans déchets.

Promouvoir un Canada diversifié et inclusif

Le pouvoir réel de la diversité à une table, quelle qu'elle soit, est lié à la gamme de points de vue, de perspectives et d'expériences vécues qu'elle offre. Le bénévolat est une bonne façon de relier divers segments de la collectivité d'une manière significative pour eux. Riches ou pauvres, instruits ou non, issus d'une grande ville ou d'une petite municipalité, quelles que soient la langue ou les capacités, lorsque nous offrons nos compétences pour travailler ensemble, les gens acquièrent une meilleure compréhension et développent un plus grand respect, et cela est transposé dans la société en général.

Les bénévoles apportent souvent de la diversité dans des secteurs généralement peu diversifiés. Nous prenons d'abord appui sur les similitudes et nous apprenons à respecter les différences. Nous bâtissons ensuite la confiance, ce qui mène à l'élimination des obstacles. Pour que le bénévolat et notre société demeurent pertinents, nous devons changer, nous adapter et écouter véritablement les nombreuses voix concernées. La création d'un espace à cette fin offre une occasion d'expérimenter et d'innover.

« Nous devons nous amuser en changeant les choses. »

Valérie Toupin-Dubé – Leadership communautaire – Québec

La valeur de la mentalité d'apprentissage

Il est essentiel de mettre l'accent sur l'apprentissage pour intégrer davantage de diversité au bénévolat communautaire. Si l'on ne met pas l'accent sur l'apprentissage, la réussite d'un bénévole est limitée. Si un bénévole n'apprend pas, il ne retirera pas les avantages personnels qu'il recherche et ne voudra pas continuer. Cela a une incidence sur la durabilité, parce qu'il faut que les bénévoles veuillent continuer, qu'ils veuillent revenir.

Les gens apprennent de différentes façons, en alliant la lecture, l'observation, l'action, etc. Cela peut prendre pratiquement toutes les formes : une entrevue d'entrée, une conversation entre un membre de la collectivité et un bénévole, une relation de mentorat, le jumelage, ou diverses expériences. Lorsque nous considérons que le bénévolat contribue à renforcer la confiance, les compétences ou le sentiment d'appartenance à la collectivité, il s'agit non seulement du service offert par un bénévole, mais aussi de ce que l'expérience procure à ce dernier.

L'apprentissage est également important pour trouver le bon « emploi » pour un bénévole, ce qui contribue à renforcer son autonomie. Faire preuve de curiosité, explorer les compétences d'un bénévole, trouver un rôle qui correspond à ses compétences, puis les intégrer au bon endroit rend l'expérience plus significative pour le bénévole, ce qui en retour constitue aussi un avantage pour la société. L'intégration d'une mentalité d'apprentissage nous permet d'envisager et d'adopter un éventail plus large d'engagement, qu'il s'agisse de personnes ou de types d'activités.

Bien qu'il soit important de tenir compte de l'« adéquation » entre les bénévoles et les expériences, il est également essentiel de respecter la diversité qui marque la vie d'un bénévole. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que les gens apportent la même contribution tout au long de leur vie. Nous devons respecter cet aspect de la diversité; autrement, nous perdrons les bénévoles, ou ils seront découragés si la tâche ne correspond pas à leur capacité de contribuer à un moment donné.

« Comment transformez-vous un échec en une occasion à saisir? »

Prakash Amarasooriya –Leader émergent – Ontario

L'apprentissage peut également jouer un rôle important sur les plans de l'établissement de relations et de la perception sociale. La diversité au sein d'un groupe ou dans le cadre d'un projet de bénévolat crée parfois des situations désagréables. Dans la plupart des cas, ces situations sont involontaires et découlent de malentendus. Lorsque de telles choses se produisent, elles doivent être traitées de manière constructive afin que les gens ne soient pas découragés. Les gens réussissent dans des environnements où ils se sentent bien. En adoptant une perspective d'apprentissage, nous pouvons créer des endroits sûrs où les gens se sentent à l'aise pour discuter des difficultés et des problèmes, et sont mieux en mesure de surmonter les obstacles par la suite.

Mettre l'accent sur les points positifs

« Disons que vous avez des bénévoles de différentes nationalités ou cultures. À la fin du projet, vous pourriez organiser un repas-partage pour remercier les gens et parler de certaines des choses positives qui se sont produites, et de certains aspects moins positifs qui peuvent être améliorés – pour apprendre, non pas blâmer – afin que les personnes soient plus à l'aise et que leur expérience soit plus agréable lorsqu'elles reviendront faire du bénévolat avec votre groupe. Vous pourriez également mener une entrevue de départ, en remerciant le bénévole et en soulignant ce qui s'est bien passé. »

Le bénévolat et les Néo-Canadiens

Pour les nouveaux arrivants, l'établissement de liens avec une nouvelle collectivité par le bénévolat est un moyen très puissant et important de se rapprocher des autres et d'apporter sa contribution.

« J'ai trois passeports de trois pays, soit du Soudan du Sud, du Kenya et du Canada; en fait, je n'ai pas encore celui du Canada. Je suis venu ici dans le cadre du programme EUMC, qui change des vies. »

Akuechbeny Kuol – Leader émergent – Colombie-Britannique et Nord

Pour les nouveaux Canadiens, leur première exposition au bénévolat au Canada a lieu au moment de leur entrée au pays. Lorsqu'ils voient que des bénévoles les aident à s'établir, ils constatent que le bénévolat fait partie de la culture canadienne; il fait partie de ce que nous faisons. Nous disons que le Canada est un pays très poli, en partie en raison du bénévolat et de la volonté d'aider les autres. Au fur et à mesure que les nouveaux arrivants se joignent à la population, nous espérons que cette mentalité déteindra sur eux, qu'ils feront aussi du bénévolat en tant que nouveaux venus et que cette pratique continuera de s'étendre.

La valeur du réseautage lié au bénévolat est très puissante, particulièrement pour les nouveaux Canadiens. En fait, très peu d'offres d'emplois sont affichées sur les tableaux d'emplois – il faut s'appuyer sur ses relations. Les nouveaux Canadiens apportent des connaissances et des compétences avec eux. Ils ont peut-être été des infirmières ou des infirmiers, travaillé dans un champ pétrolifère, ou exercé divers métiers. Lorsqu'ils arrivent au Canada, leurs compétences ne sont pas nécessairement reconnues ici, de sorte qu'ils ne peuvent pas travailler dans leur domaine d'expertise. Cela ne veut pas dire que leurs connaissances et leurs compétences ne sont pas importantes et qu'elles ne peuvent pas être utilisées autrement. En faisant du réseautage et en mettant en application leurs compétences dans le cadre de leur travail bénévole, les Néo-Canadiens peuvent renforcer leur crédibilité, et leur travail peut devenir un point de départ qui leur permet d'obtenir des références et de trouver d'autres possibilités d'emploi. Il peut s'agir en fait d'un pas en avant qui leur facilite les choses. On espère que cela contribue à leur développement et leur permet d'obtenir un emploi rémunérateur puisqu'ils en ont besoin pour avoir le temps et l'assurance nécessaires pour continuer à faire du bénévolat. Cela devient un cycle de renforcement positif. La création d'un système de jumelage peut appuyer cette idée. Lorsque de nouveaux bénévoles arrivent, ils sont jumelés avec une personne d'expérience auprès de laquelle ils peuvent apprendre. Ils peuvent ensuite faire la même chose pour la personne suivante.

Il ne faut pas oublier la contribution possible des étudiants étrangers. Que ce soit sciemment ou inconsciemment, nous ne les faisons pas souvent participer au bénévolat communautaire. Sachant que 65 à 85 % d'entre eux aimeraient rester au pays après leurs études, nous devrions peut-être commencer à leur tendre la main pour les intégrer afin qu'ils contribuent à la collectivité non seulement financièrement, en payant leurs frais de scolarité et par d'autres dépenses, mais aussi socialement pendant leurs études.

Langue, culture, diversité et confiance

La langue et la culture peuvent parfois nuire au renforcement de la confiance et à l'intégration de la diversité dans le bénévolat communautaire.

La complexité du langage

« Lorsque nous utilisons le terme "ami", celui-ci a un sens différent selon la culture et la langue. Dans certaines cultures, si nous disons "Vous voulez que cette personne soit votre amie", cela signifie que vous allez lui prêter de l'argent. Si nous lançons simplement des mots sans les étoffer, la personne peut se retirer et être méfiante. Nous devons trouver des façons de surmonter cet obstacle. Donc, pour gagner la confiance des gens et établir des relations positives avec eux, nous devons comprendre qu'il faut expliquer certains termes et concepts que nous utilisons lorsque de nouvelles personnes arrivent, ne pas présumer que nous comprenons tous la même chose. »

Lorsque nous adoptons une perspective d'apprentissage, et que nous discutons d'apprentissage, nous pouvons isoler la barrière linguistique et jumeler les gens avec une personne qui peut faire fonction d'interprète et les aider à fonctionner dans un événement multilingue ou multiculturel. Ce n'est pas insurmontable.

Renforcer la confiance et éliminer les obstacles

« Il y a quelques années, j'ai remarqué que certains hommes immigrants venaient installer leur famille au Canada et retournaient ensuite dans leur pays d'origine. Cela a piqué ma curiosité. Je voulais savoir pourquoi ils venaient, installaient leur famille, puis repartaient, surtout quand j'ai compris que lorsque les pères quittent la collectivité, ce sont les enfants qui souffrent.

« Donc j'étais curieuse, et ma curiosité m'a amenée à découvrir que certains hommes immigrants ont peur de la police. Comme le Canada est considéré comme un pays où les femmes jouissent d'une liberté totale et peuvent se comporter comme elles l'entendent, les hommes ont l'impression d'avoir perdu leur autorité. Et pour certains hommes qui viennent de pays où lorsque vous voyez la police arriver vous courez dans la direction opposée, un sentiment de perte d'autorité aggrave le problème.

« J'ai décidé d'essayer d'agir. Je suis allée rencontrer une policière de notre collectivité pour lui demander de m'aider à faire venir des agents de police pour qu'ils parlent aux hommes de la collectivité. Je voulais qu'ils comprennent que les policiers sont nos amis, pas des ennemis. De plus, j'ai demandé à notre conseiller municipal de faire un don au centre communautaire, et j'ai invité les épiceries à donner de la nourriture, afin que nous puissions préparer des aliments acceptables pour diverses cultures, notamment des plats halal et destinés aux personnes qui ne mangent pas de porc.

« Maintenant, tous les trois mois, nous avons un déjeuner avec des représentants de la police de Winnipeg où les hommes parlent de ce qu'on leur a enseigné au sujet de la police et peuvent poser des questions. La police y répond, et les deux parties commencent à établir de nouvelles relations. Les policiers en profitent aussi. Ils veulent trouver un moyen de nouer le dialogue avec les hommes de la collectivité.

« Nous avons donc créé les conditions propices à cette fin en donnant aux hommes de groupes culturels différents du temps et un endroit leur permettant d'apprendre les uns des autres. Ils apprennent que le fait d'être un homme d'une autre culture ne signifie pas que vous avez perdu toute autorité sur votre famille, votre couple et votre femme. Ils constatent que cette culture n'est qu'une nouvelle façon d'établir des relations et de faire savoir aux autres que la famille est importante. »

Deborah Olukoju, Lauréate du prix Leadership communautaire 2015 des Prairies

Le pouvoir de la responsabilité et du recrutement positif

Les organisations telles que les fondations doivent s'assurer d'être à l'image de leur collectivité et de donner aux gens des occasions de se voir dans leurs activités. Elles doivent mener leurs activités et définir leurs communications de manière à permettre à des personnes de différents milieux de s'identifier au travail et de se sentir collectivement responsables. Créer des occasions permettant aux gens de se voir dans ce qu'ils font peut nécessiter non seulement un changement sur le plan du concept de bénévolat, mais aussi un changement global de notre façon de travailler. Certes, ce n'est pas facile et il n'y a pas de solution miracle.

Pour accroître la diversité dans nos réseaux et nos projets de bénévolat, nous devons amener les gens à parler de leurs expériences positives. Parlez-en et dites : « Écoutez, si vous avez aimé votre expérience avec nous, seriez-vous prêts à en parler sur Twitter ou Facebook ou avec vos amis? », car le bouche-à-oreille est l'outil le plus puissant. Si vous voulez vraiment que les gens reviennent, parlez-en. Lorsque nous allons quelque part et que nous dégustons un repas fantastique ou une bonne boisson, la première chose que nous faisons, c'est d'en parler à nos amis, puis nous tentons de les amener avec nous la fois suivante. Nous pouvons utiliser cette stratégie pour accroître le nombre de bénévoles et surmonter certains obstacles.

Appuyer les efforts visant à assurer le rapprochement entre les Canadiens autochtones et non autochtones à l'échelle nationale

Il existe un mouvement positif vers l'avant qui permet aux rôles traditionnels de contribuer au renforcement des collectivités, en particulier dans le cadre des efforts délibérés axés sur la création et le développement conjoints. Il y a toujours des façons d'établir des liens. Finalement, nous sommes tous des Canadiens. Nous devons trouver un moyen de nous souvenir de notre identité nationale collective et de l'exploiter de manières différentes. Nous sommes des Canadiens de différentes façons, alors comment pouvons-nous nous en sortir dans ce monde ensemble?

Il est très utile d'avoir des échanges culturels pour bâtir des ponts qui permettent d'aller au-delà de la langue et de la culture, qui sont souvent considérées comme des obstacles. Elles sont importantes, mais elles ne doivent pas nous empêcher d'avoir des conversations et d'y intégrer des éléments comme les ententes sur les revendications territoriales, la réalisation d'objectifs communs et l'établissement de ponts.

« Par l'éducation, nous pouvons changer le monde. »

Akuechbeny Kuol-Leader émergent – Colombie-Britannique et Nord

Dans le cadre de conversations axées sur le développement conjoint, il est important de reconnaître la culture et les valeurs que toutes les parties apportent, comme le respect et l'importance de la collectivité et de la famille. Ces valeurs constituent la base de notre identité de Canadiens. Nous devons connaître notre propre collectivité et celle des autres et prendre le temps d'écouter. En tant que Canadiens, nous devons apprendre les uns des autres, écouter nos histoires et partager nos connaissances. Il est également important de combler les fossés causés par l'éducation et l'apprentissage. Il existe de nombreuses façons d'intégrer les expériences et les conversations des Autochtones aux expériences éducatives et personnelles afin qu'elles deviennent une voie d'information pour les autres.

Stella's Circle

« L'an dernier, nous avons tenu notre assemblée générale annuelle. Je suis, et j'ai toujours été, très intéressé par la collectivité autochtone et par tout ce que nous pouvons apprendre. Donc, je voulais faire reconnaître une revendication territoriale, ce qui n'est pas le cas, généralement, dans la province, bien que ce soit de plus en plus courant. Mais je ne me sentais pas à l'aise de le faire. J'étais nerveux, et je ne voulais pas dire la mauvaise chose. La semaine précédant l'AGA, nous sommes à Terre-Neuve, sur la terre des Beothuks. Un membre de la collectivité autochtone m'a dit : "Tu sais, à Terre-Neuve, nous disons « Beothuk », mais en fait c'est censé être « Bee-o-tok »", ce qui m'a renversé; je me suis demandé ce que les gens penseraient si je me levais à l'AGA et si je disais "Bee-o-tuk", alors que nous disons "Beothuk" depuis longtemps. J'ai donc appelé le Centre d'amitié autochtone à St. John's, et j'ai invité ses représentants à venir faire la reconnaissance territoriale; ils ont été très reconnaissants, magnanimes et formidables, ils l'ont fait et cela a établi une relation entière. Nous avons fait des cérémonies de purification par la fumée, des exercices des couvertures… »

Le bénévolat peut combler les fossés intergénérationnels au sein des collectivités autochtones et appuyer le transfert des connaissances entre les générations dans les deux sens. La jeunesse peut être un moyen d'informer les parents. Notons, par exemple, le travail effectué pour sensibiliser les jeunes à l'alimentation et au compostage, ou à l'utilisation de détecteurs de fumée. Les jeunes peuvent ensuite éduquer leurs parents.

Il faut veiller à ce que les bénévoles, de même que les dirigeants établis et les nouveaux leaders contribuent le plus possible à l'inclusion et à la représentation des collectivités et des organisations qu'ils servent et à ce qu'ils collaborent résolument à l'atteinte d'un objectif commun pour la collectivité.

Popotage – Manitoba

« Des femmes aînées non autochtones à faible revenu se portent volontaires pour préparer des dîners dans une école secondaire, que des jeunes servent ensuite pour accumuler des heures de bénévolat. Les femmes aînées et les jeunes apprennent ensemble en cuisinant et en servant les plats, et échangent en prenant leur repas avant de servir les plats aux élèves. Les familles viennent aussi manger ensemble, ce qui contribue à l'unification familiale. »

Collecte de fonds pour une installation sportive

« Ce projet a été entrepris par divers clubs et personnes qui ont travaillé ensemble pour atteindre un objectif commun. En créant un endroit où les jeunes et les aînés peuvent faire de l'exercice, nous bâtissions une collectivité plus forte et plus saine. Nous avons amassé la moitié du budget et demandé à la ville de fournir le reste. Tous ont assumé la responsabilité du projet et ont tiré une fierté de notre réalisation commune. Parce que nous avons travaillé ensemble, nous nous sentons maintenant comme une famille. »

Programme culturel – Saskatoon

« Des jeunes non autochtones de foyers de groupe collaborent avec des jeunes non autochtones et autochtones pour acquérir des compétences traditionnelles, notamment en matière de perlage, de cérémonies et de chasse. Compte tenu de la structure du programme, certaines familles obtiennent de nouveau la garde de leurs enfants. »

Organisation inuite

« Un programme de sensibilisation communautaire dans le cadre duquel les employés inuits communiquent avec les collectivités inuites pour les aider à régler des problèmes sociaux. La porte est toujours ouverte pour rappeler à la collectivité que la guérison et la cohésion sont toujours possibles. Il s'agit d'une affirmation importante pour que la collectivité puisse grandir ensemble et devienne plus forte. »

Les jeunes ne connaissent pas nécessairement la valeur de la guérison ou n'y sont pas nécessairement prêts

« Leur manque d'expérience de la vie peut les empêcher d'avancer. Il est important de les encourager. Il y a une timidité, une crainte de devoir parler du traumatisme. Changer le mot "guérison" peut rendre la chose plus invitante pour eux, et réduire l'idée qu'ils ont un problème, ainsi que la stigmatisation. »

L'appui à la sensibilisation aux collectivités autochtones est un précurseur qui mène à une exploitation plus équitable des ressources. Lorsque nous élaborons des politiques pour les Canadiens, nous devons reconnaître que certains d'entre eux peuvent être touchés plus que d'autres, en particulier les collectivités pauvres et isolées, dont bon nombre sont autochtones.

Étant donné que les collectivités trouvent des ressources, des connaissances et du soutien au sein de leurs propres collectivités, il est important de favoriser la mobilisation des populations autochtones. Par exemple, il y a un manque de financement pluriannuel pour ces populations, et il est difficile de devoir demander plusieurs subventions chaque année. Les technologies qui facilitent les choses pour les autres ne sont pas toujours disponibles. Les populations autochtones sont souvent les dernières à les obtenir.

Nous devons bâtir notre propre population et nos collectivités (autochtones), par exemple par l'apprentissage et la diffusion des connaissances concernant la manière de demander des fonds au sein de la collectivité et d'autres organisations, en offrant des possibilités de mentorat et en nous donnant les moyens de trouver et de développer des ressources dans nos collectivités, tout en nous engageant et en communiquant à l'extérieur des collectivités.

Conclusion

À la fin de la journée, lorsque les participants ont quitté le forum de discussion pour rentrer chez eux, on les a remerciés pour le travail qu'ils avaient accompli, et on leur a rappelé qu'ils avaient mérité leurs prix et que les collectivités canadiennes demeuraient reconnaissantes pour leurs contributions soutenues. En partant, ils ont formulé des messages importants à retenir.

Nous devons penser au-delà d'un concept qui assimile le bénévolat à un acte de bienfaisance, et tenir compte du fait que le service bénévole est aussi un moyen de façonner les collectivités, d'avoir une vision collective des quartiers et des collectivités et travailler ensemble à la réalisation de cette vision. Les gens font de grandes choses pour leurs collectivités non seulement en mobilisant leurs réseaux sociaux, mais aussi dans leurs décisions quotidiennes, et les gestes qu'ils posent pour concrétiser leurs valeurs et certaines de leurs activités importantes ne sont pas reconnus ou mesurés facilement.

Nous ne devons pas oublier les peuples autochtones – leur passé, leur présent et notre avenir collectif. Un impact réel est un impact durable. Nous devons tenir compte des questions qui ont fait l'objet de discussions dans le cadre du forum et nous rappeler que ce sont les petites actions qui font bouger les choses. Nous devons faire en sorte que les conversations se poursuivent en communiquant les uns avec les autres et en mettant à profit nos nouveaux réseaux; ce sont là les changements qui comptent.

Nous devons également constituer un vaste réseau qui nous permettra de continuer de partager de l'information et de nous réunir, et nous devons continuer de promouvoir, d'élargir et de renforcer le bénévolat dans nos collectivités. Nous devons rester en contact virtuellement afin de pouvoir continuer de résoudre les problèmes ensemble, partager des outils, examiner de près les enjeux, éclairer les politiques et réfléchir à la façon dont nous pouvons nous attaquer aux problèmes actuels ensemble.

Quel que soit l'avenir que nous créons pour le bénévolat, il est important que nous le considérions comme un écosystème dans les collectivités. Nous devons envisager diverses façons d'encourager les gens à continuer d'offrir bénévolement leur temps d'une manière différente. Nous devons élargir notre compréhension de ce à quoi ressemble un bénévole. Nous devons faire une place pour tous les types de personnes et pour l'idée que nous pouvons faire du bénévolat où que nous soyons. À mesure que le bénévolat évoluera, il sera important de reconnaître que la contribution au bien commun peut prendre la forme de choix individuels et s'inscrire dans une action collective. Il nous sera utile, à l'avenir, d'adopter et de célébrer toutes ces actions et de faire en sorte que les personnes puissent innover au sein de nos organisations.

Pourquoi les gens donnent-ils? Parce que quelqu'un leur a demandé de le faire.

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :