Résumé de recherche
Aborder la sécurité économique et la prospérité des femmes inuites dans l’industrie de l’extraction des ressources
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Ce résumé de recherche est basé sur le rapport intitulé : Addressing Inuit Women’s Economic Security and Prosperity in the Resource Extraction Industry, 2021 (Aborder la sécurité économique et la prospérité des femmes inuites dans l’industrie de l’extraction des ressources) (PDF disponible en anglais uniquement), rédigé par Pauktuutit Inuit Women of CanadaFootnote 1.
Contexte
Les femmes inuites travaillent dans l’industrie de l’extraction des ressources depuis des décennies, représentant souvent la plus grande proportion de travailleuses dans les mines de l’Inuit Nunangat (la patrie inuite au Canada englobant les régions de revendications territoriales du Nunavut, du Nunavik dans le nord du Québec, du Nunatsiavut dans le nord du Labrador et la région désignée des Inuvialuit des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon). Historiquement, l’industrie de l’extraction des ressources a été dominée par les hommes, ce qui peut exposer les femmes autochtones au racisme et à la discrimination sur le lieu de travail, à des occasions inégales en matière de sécurité et de prospérité économiques, ainsi qu’à des expériences de violence et de harcèlement sexuels.
Ce rapport s’appuie sur des recherches existantes réalisées par l’organisme Pauktuutit, en 2014, 2016 et 2020, qui ont permis d’explorer plus largement les répercussions de l’extraction des ressources sur les femmes et les familles inuites. Ce rapport met en lumière la réalité de la violence et du harcèlement sexuels au travail pour les femmes inuites de l’Inuit Nunangat. Le rapport permet également de cerner les lacunes, les occasions et les recommandations relatives à la sécurité économique et à la prospérité des femmes inuites dans la région.
Méthodologie
Ce projet a utilisé des méthodes mixtes de recherche afin de collecter des données quantitatives et qualitatives au moyen d’une enquête, en utilisant des questions ouvertes et fermées pour permettre aux répondantes de fournir une gamme de réponses, en particulier au sujet de questions potentiellement sensibles. L’enquête a été conçue en étroite collaboration avec l’organisme Pauktuutit Inuit Women of Canada, leur comité consultatif de projet et Firelight Research Inc. L’organisme Pauktuutit a effectué un pré-test afin de vérifier le projet d’enquête auprès de quatre femmes inuites qui avaient travaillé dans l’industrie de l’extraction des ressources. Ce pré-test constituait une étape importante compte tenu de la nature du sujet ainsi que pour s’assurer que les approches adoptées étaient respectueuses de la culture inuite.
En tout, 29 femmes d’Arviat (Nunavut), de Qamani’tuaq (Nunavut), de Salluit (Nunavik) et d’Inuvik (Inuvialuit) ont répondu à l’enquête.
Limites
Les conclusions du rapport se limitent à la littérature scientifique examinée par l’organisme Pauktuutit et aux expériences des femmes qui ont participé à l’enquête. Par conséquent, les résultats sont mieux compris comme une représentation partielle et conservatrice de l’éventail complet des perspectives des femmes inuites qui travaillent dans l’industrie de l’extraction des ressources.
De plus, les participantes ont répondu uniquement aux questions auxquelles elles souhaitaient répondre; comme précisé dans la méthodologie de recherche. Les données issues de l’enquête sont donc limitées à ce que les participantes ont pu et bien voulu révéler.
Principaux constats
Sécurité économique
L’enquête révèle que de nombreuses femmes inuites qui œuvrent dans l’industrie de l’extraction des ressources sont disproportionnellement sous-payées. Deux des 29 femmes interrogées ont indiqué gagner plus de 80 000 $, tandis que près de 11 ont révélé que leur revenu familial annuel moyen était de 20 000 $ ou moins. Cela contraste fortement avec le revenu médian après impôt des ménages du Nunavut de 85 605 $ (en date de 2016). Ceci est particulièrement stupéfiant si l’on estime que bon nombre des femmes interrogées constituaient le principal soutien de la famille.
Harcèlement sexuel et violence
Les résultats de l’enquête révèlent également que plus de la moitié des femmes inuites interrogées ont subi une forme de harcèlement sexuel et de violence lorsqu’elles travaillaient dans l’industrie (y compris des commentaires sexuels non désirés ou des soi-disant plaisanteries, des attouchements sexuels non désirés et de la violence psychologique). Bien que 45 % des femmes aient indiqué n’avoir jamais vécu de tels incidents dans l’industrie de l’extraction des ressources, d’autres femmes ont révélé être confrontées à des formes intenses et variées de violence et de harcèlement sexuels, et ce, de manière récurrente. Les femmes inuites qui ont répondu à l’enquête se sentaient généralement en sécurité dans les lieux de travail éloignés, mais leur sentiment de sécurité variait selon l’heure de la journée et le poste occupé. Par exemple, certaines se sentaient vulnérables lorsqu’elles travaillaient dans des espaces privés ou clos comme les salles de bains (p. ex. pour des postes de conciergerie) et en dehors des heures normales de travail.
La plupart des femmes ont répondu que la personne qui les agressait n’était pas quelqu’un qu’elles connaissaient en dehors du lieu de travail. La plupart ont également indiqué qu’elles n’occupaient pas le même poste que la personne délinquante. Ces résultats suggèrent que les personnes délinquantes sont en grande partie des étrangers pour ces femmes.
Rapports et résultats
Les femmes interrogées qui n’ont pas signalé de cas de violence et de harcèlement sexuels ont donné diverses raisons pour ne pas le faire. Les principales raisons comprenaient : l’embarras, la peur de perdre leur emploi, une direction inaccessible et, dans certains cas, le fait qu’elles n’avaient personne à qui elles pouvaient rendre compte des incidents. Des expériences de harcèlement ont poussé certaines femmes inuites à quitter leur poste, tandis que d’autres sont restées parce qu’elles avaient besoin d’un revenu ou parce que l’entreprise a agi et que la personne délinquante ne travaillait plus sur le site.
Les femmes interrogées ont également noté que les professionnelles et professionnels des ressources humaines à qui elles pourraient signaler les incidents sont en majorité des personnes qui ne sont pas inuites. Le manque de personnel inuit dans les ressources humaines constitue un obstacle important au signalement, car les femmes ne veulent pas signaler de tels incidents à des personnes qui ne comprennent peut-être pas l’enjeu ou encore avec qui elles n’ont aucune relation ou affinité.
Bien que les femmes inuites aient indiqué comprendre leurs droits en matière de harcèlement sexuel et de violence en milieu de travail, il existe des obstacles importants à l’action en fonction de ces connaissances et à l’accès aux services. Il en résulte une révélation moins importante de tous les cas de harcèlement et de violence.
Les répondantes à l’enquête ont également déterminé les occasions d’action suivantes :
- Embaucher davantage de femmes inuites dans des rôles de supervision, de gestion et de ressources humaines
- Réviser les politiques et les pratiques concernant le harcèlement et la violence sexuels
- Offrir aux membres du personnel une formation à la fois solide et pertinente
- Améliorer les services de soutien social, culturel et émotionnel en milieu de travail
- S’assurer que les personnes contrevenantes sont tenues responsables et font face à des conséquences réelles, tant au sein de l’entreprise que de la communauté
Répercussions en fait de politiques et de programmes
Les conclusions du rapport touchent aux piliers de la Stratégie fédérale pour mettre fin à la VFS, Il est temps : Stratégie du Canada pour prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe et au Plan d’action national pour mettre fin à la VFS, y compris l’accent mis sur l’importance de la prévention et de la sensibilisation, le soutien aux personnes survivantes et à leurs familles, ainsi que l’infrastructure sociale et l’environnement propice. Les femmes inuites accueillent favorablement l’emploi dans l’industrie des ressources, car cela leur permet de subvenir aux besoins de leur famille et de participer à un travail pertinent, mais elles souhaitent que des mesures décisives soient prises par les entreprises d’extraction de ressources opérant dans l’Inuit Nunangat afin d’améliorer l’expérience des femmes inuites qui œuvrent dans ce secteur.