Dans le ciel, rien n’est impossible pour cet agent de bord de l’ARC

Article de revue / Le 1 mars 2020

Le Sergent Holly Larabie est commissaire de bord au 437e Escadron de transport de la 8e Escadre Trenton (Ontario). Dans le cadre du programme coopératif de la réserve de l’Armée à son école secondaire, elle s’est jointe à la Première réserve (P rés) des Forces armées canadiennes (FAC) en février 2005, au sein de l’Ontario Regiment (Corps blindé royal canadien) à Oshawa (Ontario), comme membre d’équipage de reconnaissance blindée. Elle a ensuite effectué un transfert de catégorie de service vers la Force régulière et un reclassement comme conducteur de matériel mobile de soutien (Cond MMS) en décembre 2008 et en juillet 2017, elle a saisi l’occasion de s’inscrire au Programme d’emploi d’agent de bord.

Pour ce numéro de PERSpectives, nous lui avons demandé de nous parler de ce volet excitant de sa carrière.

Sergent Larabie, parlez-nous un peu de la façon dont vous êtes devenue agent de bord et de ce qui vous a attiré vers cette spécialité?

J’avais entendu parler de cette possibilité d’emploi durant le cours de niveau de qualification 3 de Cond MMS au Centre d’instruction de logistique des Forces canadiennes à la BFC Borden en 2009. Un des instructeurs avait déjà effectué une rotation au 437e Escadron et avait vraiment aimé l’expérience. Le poste d’agent de bord m’a tout de suite attirée, mais je voulais m’investir dans ma nouvelle carrière de Condf MMS. Lorsque je suis arrivée à un moment plus propice de ma carrière et de ma vie personnelle, j’ai posé ma candidature au programme en 2017 et j’ai été acceptée. Bien sûr, au départ, j’ai tout de suite été attirée par les possibilités de voyager qui viennent avec le métier d’agent de bord, mais c’était aussi les nouveaux défis qu’apporte un tout nouvel environnement de travail.

La majorité des personnes de mon entourage à l’époque m’ont encouragé dans ma décision de me lancer dans cette carrière extraordinaire, mais je dirais que Jessica, ma sœur, est la personne qui m’a le plus aidé. J’ai dû prendre des décisions difficiles et j’ai parfois douté de la sagesse de mon choix de carrière; parfois aussi, sortir de ma zone de confort et essayer quelque chose de complètement différent me stressait. Mais ma sœur me rappelait toujours que toute ma vie ne devait pas tourner autour de ma carrière de Cond MMS et qu’il me resterait encore de nombreuses années après avoir servi au 437e Escadron de transport [à Trenton, en Ontario] pour poursuivre ma carrière dans ce GPM. Elle m’a également rappelé que je devais relever de nouveaux défis et les fantastiques possibilités qu’offraient aussi les FAC en dehors de mon métier.

Avant de commencer le cours d’agent de bord/steward navigant sur CC-150, les candidats doivent suivre l’instruction aéromédicale initiale de 4 jours à la 17e Escadre Winnipeg. L’instruction d’agent de bord/steward navigant compte trois volets. Les 1er et 2e volets sont effectués dans le cadre du cours d’agent de bord/steward navigant sur CC-150 au 426e Escadron de la 8e Escadre [Trenton, en Ontario]. L’instruction théorique se déroule sur 14 jours, suivis de quatre jours à Montréal sur le simulateur de vol d’Air Transat, et de 15 jours d’instruction en vol pour un minimum de cinq missions. Une fois le cours terminé, quand les militaires sont affectés au 437e Escadron, ils suivent le 3e volet, soit 90 jours d’instruction au sol et en vol avant leur vol de vérification de catégorie opérationnelle initiale. Les 1er et 2e volets sont principalement axés sur les procédures d’urgence et sur l’équipement de sécurité, l’équipement auxiliaire de l’avion ainsi que sur les règles et la réglementation et les tâches en vol. Le 3e volet porte sur l’approfondissement des connaissances des phases du vol et sur les tâches et responsabilités durant celui-ci. Les candidats doivent aussi suivre un cours de survie en mer de deux jours, à la 19e Escadre Comox [Colombie-Britannique].

Pour moi, tout a été un peu surprenant durant mon instruction et ma première affectation. À ce stade de ma carrière, je n’avais connu que l’Armée, entre ma période dans la Réserve et mon temps au 2e Bataillon des services, à Petawawa (Ontario). J’avais une connaissance extrêmement limitée de l’ARC et des opérations de mobilité aérienne. La première année m’a réellement ouvert les yeux et m’a exposée à de nombreuses situations et expériences nouvelles. Pour être honnête, lorsque mon instruction a commencé, je n’avais aucune idée de ce que c’était que de travailler dans un avion et je ne voyais pas comment on pouvait remplir un cours de deux mois sur la façon de servir du café et des arachides. J’ai été totalement étonnée de voir la quantité de renseignements que je devais connaître et que mon rôle à bord dépassait largement le simple fait de veiller au confort des passagers.

Ce que je trouve le plus intéressant dans mon travail quotidien, c’est qu’il ne comporte pas de routine classique. Les itinéraires de vol varient d’un voyage à l’autre et les horaires et les missions changent d’un mois à l’autre. De plus, quand je ne vole pas, je passe du temps au bureau à effectuer des tâches administratives et des tâches secondaires.

Ce métier me stimule d’une façon totalement différente de ce que j’ai vécu auparavant. De même, j’ai été commandant de section dans de nombreuses affectations par le passé, mais en tant que commissaire de bord, la section que je commande est très diversifiée. Comme cette spécialité est ouverte aux militaires de tous les métiers, des grades de soldat à sergent, notre équipe est composée de personnes d’une grande variété de GPM et des trois éléments. Réunir des gens d’expériences professionnelles différentes pour former une équipe cohésive est déjà un défi en soi, mais avoir sa section toujours éparpillée partout dans le monde donne une tout autre dimension à votre rôle.

Concilier les horaires de vol et sa vie personnelle est certainement un défi par moment, et nous nous efforçons d’établir l’horaire le plus tôt possible et de limiter les changements au minimum pour permettre à notre personnel de faire des plans en dehors du travail. Mais on doit s’attendre à des vols de dernière minute et à des changements d’itinéraire qui demandent patience et souplesse de la part des équipages affectés à ces missions. On l’explique également de nombreuses fois aux candidats durant l’étude des candidatures et l’instruction initiale pour que ce ne soit pas une surprise pour eux lorsque cela se produit.

Une affectation au 437e Escadron représente une formidable occasion en soi, mais c’est au sein de la communauté sportive de la 8e Escadre Trenton que je passe le plus de temps lorsque je ne travaille pas. Je suis actuellement membre de l’équipe féminine de hockey de la base, de l’équipe de hockey intersection du 437e Escadron, de l’équipe de golf intersection et de l’équipe de balle molle féminine de la base. Je joue également dans des ligues civiles féminines de hockey-balle et de ballon chasseur. Bien que je ne puisse pas participer à toutes les parties et à tous les entraînements parce que je vole, c’est une bonne manière d’entretenir sa condition physique et de rencontrer de nouvelles personnes.

J’ai eu des destinations vraiment extraordinaires jusqu’ici durant ma carrière. Parmi certaines de mes favorites, citons Cairns (Australie), Singapour, Fiji, Rome (Italie), Ljubljana (Slovénie), Dubaï, le Maroc, Dublin (Irlande), Lajes (aux Açores, au Portugal), sans compter l’Europe de l’Est, le Canada et les États-Unis.

C’est difficile de nommer un vol en particulier, car ce n’est pas toujours la destination qui rend un voyage mémorable, mais les personnes avec lesquelles vous l’effectuez. Je dirais que mes trois vols les plus mémorables sont le spectacle aérien de Cold Lake en juillet 2018, le spectacle aérien auquel j’ai assisté; le voyage du premier ministre au sommet de l’APEC en Papouasie–Nouvelle-Guinée en 2018; et les vols de rapatriement de deux soldats albanais de la Force opérationnelle en Lettonie. Ces derniers vols ont été un moment sombre et une leçon d’humilité, mais pouvoir aider nos alliés quand ils en avaient besoin a été une expérience enrichissante et inestimable.

Si vous avez bien étudié les caractéristiques de ce métier, que vous croyez que vous pouvez satisfaire tous les préalables, que vous avez à cœur le service à la clientèle et que vous voulez relever de nouveaux défis et parcourir le monde, alors je vous conseille d’arrêter de réfléchir et de déposer votre candidature. J’ai effectué près de 1 000 heures de vol dans le cadre de missions de transport de très hautes personnalités, de transport de troupes, au Canada comme à l’étranger, de missions de rapatriement et d’évacuation sanitaire, de ravitaillement en vol et d’entraînement, et j’en ai aimé chaque instant.


Le Programme d’emploi d’agent de bord (PEAB) offre aux militaires du rang qualifiés des Forces armées canadiennes la possibilité d’élargir leur expérience professionnelle en dehors de leur groupe professionnel militaire (GPM) en devenant agent de bord durant au moins un cycle d’affectation, après quoi ils retournent à leur unité d’appartenance et à leurs tâches régulières. Les agents de bord reçoivent une qualification de spécialiste et conservent leur GPM et l’uniforme de leur élément, bien que leur poste relève de l’ARC et soit géré par elle.

Ce métier vous intéresse? Parlez-en à votre OSP local pour entamer les démarches!

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