De hauts dirigeants des FAC abordent l’incident du Cyclone et les opérations de recherche et récupération

Le 21 mai 2020 - Nouvelles de la Défense

Trois des principaux commandants opérationnels des Forces armées canadiennes (FAC) se sont adressés aux médias, le 19 mai 2020, au sujet d’une opération amorcée dans le but de trouver et de récupérer le CH-148 Cyclone Stalker 22 et son équipage. Étaient présents à la séance d’information : le lieutenant-général Michael Rouleau, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada; le contre-amiral Craig Baines, commandant de composante maritime; et le lieutenant-général (alors major-général) Alain Pelletier, commandant de la composante aérienne de la force interarmées (CCAFI).

Voici des extraits choisis de cette séance d’information, qui ajoutent une perspective importante à la couverture médiatique actuelle de ce tragique incident.

Au sujet de l’opération de recherche et récupération, de l’enquête de sécurité des vols et de la pause opérationnelle des Cyclone :

Lgén Rouleau : « J’aimerais souligner que nous sommes ici aujourd’hui pour parler de l’opération de recherche et récupération menée à la suite de l’écrasement de notre indicatif d’appel Stalker 22, survenu le 29 avril dernier, alors qu’il exécutait des opérations de vol et de surveillance maritimes après avoir décollé du Navire canadien de Sa Majesté Frederiction. Le Fredericton agissait à titre de navire de guerre au sein du 2e Groupe maritime permanent de l’OTAN ».

Mgén Pelletier : « Après l’accident, une équipe d’enquête de sécurité des vols formée de sept personnes a été dépêchée à Taranto (Italie), le 2 mai, pour faire enquête. Les modules de données contenant les enregistrements des données de vol et des conversations dans le poste de pilotage ont été rapatriés au Canada, où ils seront analysés par le Conseil national de recherches et le constructeur de l’appareil.

« L’équipe d’enquête poursuit le tri et l’analyse des renseignements en ce moment. Il n’y a pas de nouvelle information à communiquer à cette étape-ci de l’enquête. Au cours des prochaines semaines, la direction de la sécurité des vols de l’ARC devrait rendre public son rapport intitulé « L’enquêteur vous informe ». Le rapport contiendra les éléments clés à cibler dans la poursuite de l’enquête et nous aidera à prendre une décision éclairée au sujet de la flotte.

« Immédiatement après l’accident, j’ai ordonné la mise en pause opérationnelle de la flotte de CH-148 Cyclone en ma qualité d’Autorité de navigabilité opérationnelle de l’Aviation royale canadienne. Cette pause décrétée par mesure de précaution entraîne la suspension temporaire des opérations de vol des Cyclone pendant que nous nous regroupons comme équipe pour travailler à évaluer et atténuer tous les risques potentiels associés à l’exploitation de l’aéronef. »

Cam Craig Baines : « Au nom de la Marine royale canadienne, j’aimerais offrir mes sincères condoléances aux familles, aux amis et aux collègues de ceux que nous avons perdus. La planification et les premières étapes de l’opération de recherche et récupération du CH-148 Cyclone accidenté des Forces armées canadiennes et de son équipage sont en cours d’exécution.

« Au moment où je vous parle, une équipe canadienne formée de huit personnes est déployée en Italie pour amorcer les préparatifs de l’opération de recherche et récupération en mer. Au cours des derniers jours, nous avons consulté des spécialistes en sauvetage et nos alliés afin de mettre sur pied une opération de recherche et récupération rapidement exécutable avec une capacité éprouvée pour avoir les meilleures chances possibles de retrouver rapidement les dépouilles de nos disparus et l’hélicoptère Cyclone que nous avons perdu.

« Les Forces armées canadiennes seront appuyées par l’US Navy (USN), plus précisément par des membres du Naval Sea Systems Command (NSSC) et du département du superviseur des plongées de récupération. L’USN nous a offert cette possibilité parce que c’était le moyen le plus rapide de commencer les recherches et parce qu’il sera possible d’utiliser le même système pour récupérer ce que nous pourrions découvrir.

« Il s’agit d’une capacité éprouvée de l’USN qui a été utilisée des dizaines de fois pour mener des opérations de recherche et récupération, ce qui nous permettra de passer rapidement de l’étape de la recherche à celle de la récupération avec le même véhicule commandé à distance. On pourra ainsi éviter les longs délais lors de la transition entre les étapes de la recherche et de la récupération.

« Pour l’opération de recherche et récupération, on utilisera le véhicule commandé à distance REMORA de l’USN, ou ROV. Ce véhicule est équipé d’un système ultraléger de récupération en mer profonde qui lui permet de s’intégrer au remorqueur de sauvetage. Le ROV peut descendre jusqu’à 6 000 mètres de profondeur, ce qui représente deux fois la profondeur estimée de la carcasse du Cyclone. Le véhicule effectuera des plongées sur le site de l’incident à partir de l’EDT Hercules, un navire de soutien extracôtier multifonction, qui servira aussi de plateforme pour une éventuelle récupération en mer profonde. »

Au sujet de l’hélicoptère CH-148 Cyclone :

Lgén Rouleau : « Le Cyclone a été exploité très efficacement dans le cadre d’opérations du COIC depuis juillet 2018, suivant sa mise en service opérationnel. Nous avons accumulé plus de 2 200 heures de vol opérationnel à bord de l’aéronef. Sans compter beaucoup… je pense quelque 7 000 autres heures de vol effectuées par la Force aérienne à des fins de certification de l’appareil en vue d’opérations.

« Cela étant dit, quelque chose s’est détraqué tragiquement le 29 avril dernier pour causer l’écrasement de l’hélicoptère. C’est pourquoi la mission de recherche et récupération dont nous parlons aujourd’hui est d’une importance primordiale. Nous devons découvrir les raisons qui ont mené à l’écrasement de l’appareil et, subséquemment, à la perte de six des nôtres. C’est exactement ce que nous allons faire durant la mission de recherche et récupération. »

Au sujet de la mission du Cyclone Stalker 22 menée le 29 avril 2020 :

Cam Craig Baines : « L’hélicoptère exécutait une opération de surveillance maritime relevant du 2e Groupe maritime permanent OTAN… La mission visait à assurer la transmission de renseignements entre l’hélicoptère et le navire, de sorte à fournir une bonne compréhension de ce qui se trouve dans les environs. C’était une mission très ordinaire pour l’hélicoptère. Dans le cadre de la mission, deux enseignes de vaisseau de 1re classe du navire se trouvaient à bord de l’hélicoptère, avec l’autorisation du commandant, afin de se familiariser avec les opérations héliportées.

« Vous pouvez comprendre qu’il est très important d’avoir un hélicoptère embarqué, et il est tout aussi important pour l’équipage à bord du navire de comprendre le fonctionnement des hélicoptères et les missions qui leur sont confiées, afin de faire meilleur usage des appareils embarqués. C’est donc la raison pour laquelle les enseignes de vaisseau de 1re classe se trouvaient à bord [du Cyclone]. »

Au sujet de la prise de photos vers le moment de l’accident :

Lgén Rouleau : « L’hélicoptère a quitté le navire pour exécuter une opération de surveillance maritime. L’appareil volait depuis plusieurs heures, je crois, et retournait au navire. Je ne voudrais pas que vous pensiez que l’appareil était parti pour réaliser des travaux photographiques. Ce n’était pas le cas. »

Cam Craig Baines : « Je peux toutefois confirmer qu’il est tout à fait normal pour un hélicoptère qui retourne à un navire de voler près de celui-ci et de le prendre en photo, comme il est aussi normal pour l’équipage du navire de prendre des photos de l’hélicoptère. Bien qu’on ne prenne pas des photos lors de chaque mission, on en prend bien souvent. C’était le cas cette fois-ci, avant que l’hélicoptère finisse par entamer le retour vers le navire en vue de la récupération et de l’hélitreuillage. »

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