Fièrement, elle navigue : célébrer les femmes de l’équipage du NCSM Winnipeg
Le 23 octobre 2020 - Nouvelles de la Défense
Auteure : La capitaine Chelsea Dubeau
Alors que le navire continue son déploiement, les mêmes mesures en place depuis quelques mois pour réduire le plus possible les risques d’exposition à la COVID-19 seront maintenues. Quand le navire accoste dans un port étranger, d’importantes restrictions sont en vigueur quant aux personnes pouvant monter à bord, et elles subiront un test de dépistage pour la COVID-19 auparavant. Malgré les limites opérationnelles qu’impose l’environnement de la COVID-19, les FAC demeurent agiles et en mesure de mener à bien des missions partout dans le monde tout en respectant les exigences en matière de sécurité pour la COVID-19 du Canada et des pays hôtes. De plus, comme ils ont effectué une quarantaine avant de monter à bord, les membres de l’équipage ne portent pas de masque dans le cadre de leurs fonctions normales sauf s’ils doivent interagir avec des membres du public lors de visites portuaires (par exemple lors de l’embarquement de matériel et de nourriture à bord).

Légende
(Gauche à droite – Rangée arrière) Cplc Erin Crawford, Mat 1 Sarah Kopala, Sdt Ashley Smith, Mat 1 Natacha Gilbert, Matc Amver Cinco, Mat 1 Valérie LeClair, Mat 3 Amanda Harding, Mat 1 Kayleigh Ferris, Mat 1 Marjorie Gauvin, Matc Cherish Halbert, Cpl Jennifer Rose
(Gauche à droite – Rangée avant) Mat 1 Amy Tucker, Mat 1 Tammy Hudak, Matc Sabrina Wyns, Mat 2 Drew Phelps, Mat 2 Hyang Mi Bae, Mat 2 Frances Espinoza, Matc Karoline Rajotte, Mat 3 Lorraine Cléroux
Nous sommes le dimanche 4 octobre, le 63e jour du déploiement du NCSM Winnipeg, et quelque chose de bien excitant est prévu pour cet après‑midi : un ravitaillement en mer (REM). Mais ce n’est pas n’importe quel REM, qui est généralement dirigé par le commandant du navire, le capitaine de frégate Mike Stefanson. Oh que non. Aujourd’hui, c’est le capitaine de corvette Amber Comisso, commandant en second du navire, qui mène la manœuvre.
À une certaine époque, il aurait été impensable qu’une femme puisse occuper le poste de commandant en second. Aujourd’hui, le NCSM Winnipeg est fier de son groupe de femmes leaders, groupe qui aurait été inimaginable il y a quelques années.
Quatre autres officiers féminins occupent également des postes essentiels à bord, soit celui d’officier de navigation, d’officier des opérations, d’officier de la salle des opérations et d’officier de guerre de surface. Le Winnipeg peut également être fier de compter six sous‑officiers féminins à son bord, qui constituent une présence formidable parmi les maîtres et les premiers maîtres, ainsi qu’une foule de femmes énergiques et talentueuses qui font partie du mess des caporaux et soldats (en fait, leur nombre est tellement élevé à bord qu’il a fallu les placer dans un mess de plus grande taille). Elles jouent toutes un rôle critique et essentiel au succès de la mission à bord du Winnipeg. Elles sont des opératrices et des communicatrices navales; des techniciennes en approvisionnement et en imagerie, de même que marines et médicales; des administratrices, des membres d’équipages aériens, des cuisinières et des stewards.
Alors pourquoi les mentionner? Eh! Bien, c’est le Mois de l’histoire des femmes.
« Il est important de célébrer les réalisations des femmes pour que nos grands-mères, qui n’ont pas eu les mêmes possibilités que nous, puissent voir tous les progrès qui ont été réalisés », explique le Ltv Kass O’Rourke, officier de guerre de surface à bord du Winnipeg. « C’est une célébration des occasions que nous avons saisies et des possibilités pour lesquelles nous continuons de nous battre. »
Les femmes du Winnipeg sont des marins et des leaders. Et ce sont des guerrières. Mais l’histoire n’est pas complète si on ne comprend pas d’où nous sommes venues, et ce n’est pas seulement l’histoire de la Marine, mais une histoire qui appartient à toutes les femmes.

Légende
(Gauche à droite) Sgt Amanda Pond, M 1 Kelly Osmond, PM 2 Laurie Elliott, M 1 Elizabeth Clark, M 2 Sara Harris, Sgt Caroline McGrath-McCoombs
Si le changement est une question de chiffres, examinons-les : le 18 octobre 1929, les femmes du Canada ont finalement été reconnues comme des personnes à part entière. Nous ne devons jamais oublier, cependant, que de nombreuses femmes Autochtones, de couleur et handicapées ont continué d’être victimes de discrimination relativement à la participation au processus politique au Canada. Cela ne fait que 91 ans de cela, ou 33 215 jours. Seulement une vie. Les femmes d’aujourd’hui savent qu’elles se tiennent sur les épaules des géantes qui les ont précédées. Nous savons que, sans les combats et les sacrifices de celles qui sont sorties du moule, qui ont dérangé, qui ont osé l’impossible, nous ne serions pas là où nous sommes maintenant et nous savons que les changements pour lesquels nous luttons aujourd’hui mèneront à un meilleur avenir pour toutes les femmes. C’est là l’essentiel du Mois de l’histoire des femmes, et c’est pour cela que nous le célébrons chaque année. Et cette année, il est particulièrement émouvant.
Alors que notre pays (et les Forces armées canadiennes) se bat contre la pandémie de COVID, nous réalisons l’effet disproportionné qu’elle a sur les femmes, qu’elles portent l’uniforme ou non. Il s’agit aussi d’une année de réflexion alors que la population continue de prendre conscience de l’oppression historique sous toute ses formes et doit maintenant apprendre à composer avec cet aspect, ensemble. Apprendre, vivre et mieux agir, ensemble. Nous avons également dit adieu à une des plus puissantes voix dans ce domaine, Ruth Bader Ginsburg, une alliée dont la nationalité demeure, pour nous toutes, simplement Unie.
Nous voyons le monde changer devant nous alors que les vieux systèmes cessent de fonctionner et tombent en ruines. Nous travaillons pour nous aider mutuellement à éliminer ces vestiges d’un passé qui n’a absolument plus lieu d’être avant de retrousser nos manches et de nous consacrer à la tâche de construire de nouvelles maisons plus solides dans lesquelles nous pouvons nous reposer, rêver et agir mieux.
Mais le travail ne se termine pas là.

Légende
(Gauche à droite) Capt Chelsea Dubeau, Ltv Katiya Hubbard, Ltv Anna Childerhose, Ltv Kass O’Rourke, Capc Amber Comisso, Ltv Noelani Shore
Nous ne pouvons pas nous reposer avant que toutes les femmes, et cela comprend les femmes transgenres et les femmes de toutes les races et toutes les ethnicités, partout dans le monde, puissent faire de même. Nous, Canadiennes, avons la chance de venir d’un pays qui a mis en œuvre une politique étrangère féministe. Un pays qui reconnaît l’importance absolument critique, non, plutôt la nécessité d’initiatives comme la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies (RCSNU) 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité, qui réaffirme, entre autres, le rôle que jouent les femmes dans la résolution de conflits et la sécurité mondiale. Le 31 octobre 2020 marque le 20e anniversaire de la RCSNU 1325, et c’est là une autre raison de célébrer ce mois‑ci.
N’est-il donc pas incroyablement approprié que, pendant une année aussi importante, les nombreuses femmes à bord du NCSM Winnipeg soient affectées à l’opération NEON, la contribution du Canada à un effort multinational coordonné visant à soutenir la mise en œuvre des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies contre la Corée du Nord? Ces sanctions de l’ONU, imposées entre 2006 et 2017, visent à faire pression sur la Corée du Nord pour qu’elle abandonne ses programmes d’armes de destruction massive et à répondre à ses tests d’armes nucléaires et à ses tirs de missiles balistiques.
La pression diplomatique et économique exercée par l’Op NEON représente la volonté de trouver une solution pacifique et négociée aux menaces pour la sécurité que représentent les programmes d’armes de destruction massive et de missiles balistiques de ce pays. Cela ne vous semble pas familier? C’est exactement le genre de mission qui aide à prouver le concept de la RCSNU 1325, exactement comme un navire comptant un nombre record de femmes dans son équipage prouve le concept qu’une société libre, inclusive et ouverte peut accomplir tout ce qu’elle entreprend.
À bord du NCSM Winnipeg, où nous sommes prises dans l’instant présent et la mission en cours, nous oublions qu’en fait, nous écrivons une page d’histoire. Chaque jour qui passe représente une autre page dans l’histoire des Canadiennes en service et au combat, des Canadiennes comme les 31 à bord du NCSM Winnipeg, qui travaillent et luttent activement pour créer un monde plus sûr et plus stable grâce à des missions comme l’opération NEON.
Mais il y a encore du travail à faire. Un jour, le nombre de femmes à bord du Winnipeg sera, nous espérons, considéré comme la norme, et non comme l’exception.
« Nous serons une Marine plus efficace quand nous présenterons un portrait plus fidèle de la population active canadienne, composée de près de 50 pour cent de femmes, explique le Capc Comisso. Des progrès ont été réalisés en termes de diversité dans les Forces armées canadiennes, mais il reste bien du travail pour atteindre une masse critique de femmes pouvant avoir un effet concret. »
Le REM de cet après-midi se passe parfaitement bien et, alors que le Winnipeg s’éloigne, la chanson choisie pour l’occasion commence à jouer : High Hopes, par Panic! At the Disco, choisie par le Capc Comisso, la Canadian Navy Lady (@Cdnnavylady) sur Twitter.
Et tous les espoirs sont vraiment permis.
« Pour les femmes particulièrement, il faut le voir pour le croire, ajoute le Capc Comisso. Alors le fait de souligner les réalisations des femmes ce mois‑ci permet aux générations futures de savoir que cette carrière est un choix valable pour elles. »












