Détection des menaces à distance : RDDC teste les limites de la capacité des capteurs installés sur les drones dans le cadre d’un essai de l’OTAN

Le 14 juin 2023 - Nouvelles de la Défense

Légende

Un drone survole un champ pendant les essais.

Crédit : Mike Franz/RDDC

Un convoi de véhicules militaires est immobilisé sur une route poussiéreuse alors que le soleil plombe. Les soldats observent un point noir dans le ciel bleu; au fur à mesure qu’il s’approche, on peut apercevoir ses hélices et entendre son bourdonnement aigu, et ainsi reconnaître qu’il s’agit d’un drone quadricoptère. Les capteurs montés sur le drone scannent la route devant le convoi à la recherche de dangers, notamment d’engins explosifs improvisés (EII). Puis, le feu vert est donné, et le convoi reprend la route en toute sécurité.

Ce scénario ressemble à une scène d’un film hollywoodien, mais la technologie qui y est utilisée est testée dans le cadre d’une mise à l’essai dans un environnement réel dirigée par le Centre de recherche de Suffield de Recherche et développement pour la défense Canada (CRS RDDC) à l’appui de l’organisation pour la science et la technologie (OST) de l’OTAN; cette mise à l’essai s’est déroulée à la Base des Forces canadiennes (BFC) Suffield cette semaine, soit du 12 au 15 juin 2023.

Dans un contexte militaire, les capteurs à la fine pointe de la technologie installés sur les drones permettent de détecter non seulement ce qui est immédiatement visible, mais également ce qui est enterré et camouflé, ainsi que ce qui est placé ou caché sur des objets tels que des toits ou des ponts, et ce, à une distance sécuritaire. Le groupe de travail SCI-321 chargé de la recherche pour l’OST de l’OTAN a entrepris d’évaluer l’état de préparation de la technologie, son potentiel et ses limites, ainsi que les défis restants en matière de développement pour l’utilisation des petits drones — aussi appelés véhicules aériens sans pilote (UAV) — pour la détection de cibles dans le cadre d’opérations de fouille militaire. Le groupe de travail SCI-321 de l’OTAN avait déjà effectué un essai en Espagne, en 2021, qui a généré de nombreuses observations utiles. Un deuxième essai est effectué en Amérique du Nord afin d’avoir un meilleur aperçu des capteurs et des systèmes à la fine pointe de la technologie élaborés pour ces missions.

« La capacité à effectuer des recherches à distance à l’aide des plateformes et des capteurs les plus perfectionnés doit permettre aux membres des Forces armées canadiennes et à nos alliés de se rendre dans des environnements potentiellement dangereux et d’accomplir leurs missions plus efficacement, en toute sécurité », a déclaré M. Anthony Faust, scientifique de la Défense et chef du Groupe de l’atténuation des menaces au CRS RDDC, nommé représentant canadien au sein du groupe de travail SCI-321 de l’OTAN. « L’ensemble de la communauté des sciences et de la technologie de RDDC chargée de la lutte contre la menace explosive est constamment à l’affût de nouveaux capteurs et effecteurs, et de nouvelles façons de les utiliser, afin d’améliorer la capacité des Forces armées canadiennes par l’exploitation des technologies de pointe. Cette collaboration avec les alliés de l’OTAN nous permet de valider collectivement cette technologie, de favoriser l’interopérabilité entre les pays membres de l’OTAN et de soutenir le renforcement des capacités des FAC de la prochaine génération pour les soldats qui mettent leur vie en danger ».

M. Faust et le capitaine Michael Tholl, membre du Corps du génie royal canadien (CGRC) et officier d’état‑major au sein de la section du Génie militaire au CRS‑RDDC, dirigent la planification des essais au nom de RDDC, travaillant   l’OTAN, ainsi qu’avec plus de 60 membres du personnel international en visite répartis en huit équipes provenant de huit pays partenaires privilégiés et membres de l’OTAN, à savoir le Canada, l’Allemagne, la France, les Pays‑Bas, la Norvège, la Suisse, le Royaume‑Uni et les États‑Unis. Ensemble, ils ont testé des drones dans divers scénarios de fouille militaire afin d’évaluer l’état de préparation et les limites de la technologie.

La BFC Suffield a offert des installations d’essai uniques où il a été possible d’organiser des scénarios réalistes, notamment des opérations de fouille dans une zone où se trouvent des munitions explosives non explosées et des mines terrestres dispersables, des opérations de fouille dans des infrastructures en hauteur, et des opérations de fouille sur un itinéraire de plusieurs kilomètres afin de s’assurer le passage d’un convoi de véhicules militaires. De plus, le climat printanier des Prairies offre des variables supplémentaires telles que des vents forts et des précipitations qui mettent à l’épreuve les limites opérationnelles des plateformes.

« Les scénarios de l’essai ont été jugés représentatifs d’un certain nombre de tâches de recherche confiées à nos soldats », a déclaré le major Peter DesRoches, directeur des besoins en ressources terrestres de l’Armée, à Ottawa, qui est aussi directeur de projet pour les futures capacités de lutte contre les menaces explosives et l’un des commanditaires de l’Armée pour le programme de S et T de RDDC sur la lutte contre la menace explosive. « Les FAC envisagent l’utilisation future de plateformes de drones lors des missions, et dans le cadre d’essais comme celui ci, les capteurs font l’objet de tests rigoureux, ce qui nous permet de mieux comprendre leurs capacités actuelles et leur potentiel pour l’avenir, et nous rapproche d’autant plus d’une technologie qui assure véritablement la sécurité de nos militaires. »

Bien que la grande disponibilité de plateformes de drones modernes résulte de la demande populaire de la part des communautés récréatives, industrielles et militaires, la conception de capteurs spécifiques à la recherche militaire est beaucoup plus spécialisée et a été largement motivée par les besoins en matière de défense et dirigée par les scientifiques de la défense à RDDC et leurs équivalents chez les alliés, avec le soutien de l’industrie et du milieu universitaire. Outre les systèmes optiques à infrarouge thermique (IRT) et visibles à large bande bien connus, les capteurs présentés lors des essais de l’OTAN comprennent notamment des systèmes optiques multispectraux visibles, proche infrarouge (IR) et thermiques à ondes longues, des géoradars, des radars à synthèse d’ouverture, des systèmes de détection électronique et des radars optiques (LiDaR).

Les résultats de l’essai seront analysés et présentés par l’équipe du SCI-321 de l’OTAN. Ils permettront aux pays de cerner les enjeux liés au développement des capacités qui limitent la pleine exploitation des petits drones pour ces tâches militaires et, par conséquent, d’orienter  les futurs plans d’investissement et de développement des capacités.

Le fait de soutenir et de diriger des essais internationaux comme celui ci aide RDDC à atteindre ses objectifs qui consistent à atténuer les risques liés au développement et à la mise en œuvre de technologies de pointe pour les FAC, tout en favorisant l’interopérabilité entre les alliés.

« RDDC procède régulièrement à des recherches fondamentales et appliquées, mettant au point et à l’essai des prototypes de technologie avancée », a déclaré M. Faust. « Nos technologies et nos innovations quittent les laboratoires d’essai pour être utilisées dans des applications militaires réelles. »

Liens pertinents

Détails de la page

Date de modification :