Coin de l'aumônier - L’occasion de pleurer ses pertes

Le 10 novembre 2020 - Aumônier David N. Jackson

Alors que nous vivons une deuxième vague de la pandémie de COVID‑19, un bon ami m’a dit quelque chose de très émouvant l’autre jour.

Il a dit : « Nous devons bien pleurer nos pertes pour pouvoir vivre pleinement notre joie ».

En entendant cela, je n’ai pu m’empêcher de penser aux premiers versets du troisième chapitre du livre de l’Ecclésiaste, qui précisent qu’il y a un temps pour tout :

Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : un temps pour naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté; un temps pour tuer, et un temps pour guérir; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir; un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser;  un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements;  un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter; un temps pour déchirer, et un temps pour coudre; un temps pour se taire, et un temps pour parler;  un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix. (Ec 3.1-8, LSG)
Légende

Photo : Caméra de combat des Forces canadiennes

« Pleurer ses pertes » est tout simplement une autre façon de dire « faire un deuil », et en ce moment, on a l’impression que c’est l’occasion de faire un deuil et de s’éloigner des embrassements en raison de la distanciation physique, etc. À l’heure actuelle, vous pleurez peut‑être la perte de votre vie normale avant la pandémie. Vous pleurez peut-être aussi la perte de l’un de vos proches, car vous n’avez pas été en mesure de vivre votre deuil adéquatement en raison des restrictions relatives à la COVID-19.

À la fin de la Première Guerre mondiale en 1918, les Canadiens avaient toutes les raisons de célébrer la fin de la guerre. Cependant, le Canada était en plein dans la pandémie de grippe espagnole en 1918, et des limites étaient imposées aux rassemblements publics, donc il était plus difficile de célébrer la fin de la guerre. D’ailleurs, 50 000 Canadiens sont morts de la grippe espagnole – presque autant que pendant la Première Guerre mondiale. Les vies perdues durant la Première Guerre mondiale et la grippe espagnole ont assurément entraîné un deuil.

De nombreuses cérémonies du jour du Souvenir auront lieu virtuellement cette année, et les militaires souligneront l’occasion à la maison afin de préserver et de protéger la force, et de limiter la propagation de la COVID-19. Bon nombre d’entre nous auront peut-être de la difficulté à pleurer nos pertes et à rendre hommage aux soldats disparus virtuellement, mais cette précaution est nécessaire cette année.

Toutefois, ne désespérez pas, car il y a de l’espoir. Le jour viendra où nous pourrons nous embrasser et rire ensemble de nouveau.

Cette année, alors que nous écoutons le clairon jouer la dernière sonnerie et le cornemuseur jouer l’élégie pendant les cérémonies virtuelles du jour du Souvenir, j’espère que nous pourrons bien pleurer nos pertes pour pouvoir vivre pleinement notre joie. Dans son discours sur le coronavirus diffusé le 5 avril, Sa Majesté la reine Elizabeth II a prononcé ce qui suit :

Nous devrions nous consoler en pensant que, même s'il nous reste encore beaucoup à endurer, des jours meilleurs reviendront. Nous retrouverons nos amis, nous retrouverons nos familles, nous nous retrouverons de nouveau.

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2020-11-10