Promotion de la santé - La langueur, l’émotion de 2021

Le 27 mai 2021 - Charissa McKay, spécialiste de la promotion de la santé, Edmonton

Le New York Times a récemment publié un bon article faisant référence aux travaux réalisés par Corey Keyes, dont nous avons parlé lors de notre série de briefings annuels. Au moment de conclure la Semaine de sensibilisation à la santé mentale, il semble approprié de veiller à ce qu’on ne laisse pas tomber la conversation simplement parce que la semaine désignée a pris fin.

L’article de Keyes parle de l’état de « langueur » dans lequel nous ne sommes pas déprimés, mais nous n’avons pas l’impression d’être nous‑mêmes. Nous pouvons encore faire notre travail, mais ça n’est pas aussi valorisant que ça l’était peut‑être avant. Nous nous levons chaque matin, mais nous manquons d’élan et de motivation que, encore une fois peut‑être, nous avions avant.

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Jouer d'un instrument de musique est un moyen de vous débarrasser de vos sentiments d'anxiété, de tristesse ou même de colère.

Les travaux de Keyes ont été réalisés bien avant que la COVID-19 fasse son entrée plutôt malvenue, mais au cours de la dernière année, il est devenu manifeste que, pendant que nous « continuons de continuer », il y a eu un changement marqué dans l’humeur collective, l’énergie ou l’ambiance que nous ressentons.

La langueur se définit comme « l’absence de bien-être » et ça semble certainement être le cas lorsqu’on parle aux gens qui reconnaissent qu’ils sont au bout de leur rouleau. Bien que ce soit une bonne chose d’accepter ou d’admettre qu’on se languit, que fait-on ensuite?

Comme le mentionnait le dernier article sur la promotion de la santé, n’oubliez pas les bases des soins personnels : une saine alimentation, suffisamment de sommeil, de l’activité physique et de garder le contact ou prendre contact avec des gens qui vous aident à vous sentir bien. Mais il y a d’autres choses qui peuvent vous pousser – peut-être pas jusqu’à l’épanouissement – au moins jusqu’à un stade où nous avons un peu l’impression de redevenir nous‑mêmes et être un peu moins comme une âme en peine.

Comme le printemps est là et que l’été arrive, c’est le temps de sortir dehors. Il peut y avoir toutes sortes d’ordres de confinement en vigueur, mais vous pouvez encore sortir dehors.

Si vous avez un balcon, laissez-vous inspirer par le catalogue IKEA et réutilisez ou adaptez des articles que vous possédez déjà pour créer une aire de travail à l’extérieur.

À vos jardins! Encore une fois, si vous n’avez pas de jardin ou que vous êtes néophyte, des contenants, des petits pots, des jardinières, etc., sont tous de bons moyens d’ajouter du vert et de la couleur et peut‑être quelque chose de comestible, selon ce que vous choisissez de faire pousser dans votre espace de vie. Le simple fait de creuser et de sentir la terre, puis de voir les pousses, c’est très curatif et thérapeutique.

Si vous êtes capable, trouvez des moments tranquilles ou plus calmes pendant la journée pour aller marcher. Explorez les pistes ou sentiers près de chez vous ou même votre voisinage. Le fait de faire de l’exercice et de marcher est à la fois méditatif et bon pour votre santé physique. C’est l’occasion de prendre une pause de votre travail, quel qu’il soit, de prendre du recul et tout simplement « d’être ».

Créez! Il peut s’agir d’écrire un journal intime ou de la poésie, de peindre ou de dessiner, de travailler l’argile, le bois ou la laine. Se servir de ses mains pour, encore une fois, sortir du côté rationnel du cerveau pour privilégier le côté créatif peut nous aider à apaiser l’anxiété, la tristesse ou même la colère. Le résultat final vaudra peut‑être la peine d’être accroché ou mis en montre. Et même s’il n’est pas vraiment montrable, c’était probablement un bon moyen d’évasion et quelque chose de différent.

À une période où les journées se ressemblent beaucoup et sont prévisibles, toujours dans le même décor, il est important de regarder ailleurs – dans un livre ou une échappatoire créative, même si c’est une soirée unique de peinture virtuelle offerte par votre département local de loisirs communautaires.

La musique est un autre bon moyen de se changer les idées, que ce soit en créant ou en écoutant de la musique. Si vous avez un piano, une guitare ou un saxophone qui traîne et que vous n’avez pas touché depuis longtemps, c’est peut‑être le temps de faire des gammes ou de gratter quelques accords.

Rien ne pourra remplacer ces choses que nous aimions faire et qui nous manquent, et cette liste n’est ni exhaustive ni une fin en soi pour se sortir de la langueur. Mais si nous pouvons vivre autre chose que le train-train quotidien dans lequel nous sommes peut‑être tombés, c’est un moyen de nous souvenir qu’on trouve encore du plaisir dans les petites choses simples – des choses que nous avions peut‑être tenues pour acquises et qui, maintenant, peuvent constituer une bouée dans toute cette langueur.

Ça ne reviendra pas comme avant sur-le-champ, ou peut-être même jamais, mais peu importe les gestes que nous posons, ça signifie que nous pouvons continuer de faire ce qu’il faut, et encore connaître des petits moments de joie ou de satisfaction qui, à tout le moins, nous aideront à passer à travers la langueur pour nous retrouver de l’autre côté.

N’oubliez pas que si les choses vous semblent vraiment mornes, c’est que c’est probablement de changer de bouée de sauvetage et d’appeler le PAMFC (1-800-268-7708) ou la Ligne d’information pour les familles (1-800-866-4546) ou votre responsable du PAE.

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2021-05-27