L’exercice GANDER GUNNER réunit la Force aérienne et l’Armée
Le 31 octobre 2022 - Tim Bryant, La Sentinelle de l’Ouest
Dans les Forces armées canadiennes, il est rare qu’un seul élément évolue de manière totalement indépendante. Dans la majorité des cas, il existe une quelconque collaboration opérationnelle entre l’Armée, la Force aérienne et la Marine.
L’exercice GANDER GUNNER, qui s’est déroulé en septembre à la 4e Escadre Cold Lake, a été un exemple de cette collaboration. Il a en effet réuni le 408e Escadron tactique d’hélicoptères de l’Aviation royale canadienne (408 Esc Tac Hél) et des membres de la Base de soutien de la 3e Division du Canada Edmonton de l’Armée canadienne.
L’objectif? Accréditer des pilotes du CH146 Griffon afin qu’ils aient les qualifications nécessaires pour voler avec des mitrailleurs de bord, et octroyer aux mitrailleurs de bord les attestations nécessaires pour accomplir leur rôle.
« Ultimement, le but est de faire en sorte qu’ils puissent faire leur travail », a expliqué le major Jayson Gordy, un commandant de détachement au 408 Esc Tac Hél.
L’exercice, qui a eu lieu du 12 au 21 septembre, a réuni 52 membres du personnel durant le voyage de 10 jours à Cold Lake. De ce nombre, de 42 à 44 membres du personnel étaient présents chaque jour.
Parmi les membres du personnel participant, il y avait notamment le capitaine Adam Schambers, qui avait environ une année d’expérience sur le Griffon avant de prendre part à l’Ex GANDER GUNNER.
Le Capt Schambers a expliqué que l’exercice ne représente que l’une des multiples étapes que les pilotes doivent réussir pour devenir pleinement qualifiés pour voler le Griffon. Avant de participer à l’Ex GANDER GUNNER, les pilotes sont contraints à des rôles utilitaires et tactiques, après quoi ils peuvent passer au rôle de mitrailleur de bord, qui leur enseigne comment voler avec l’Armée dans le champ de bataille.
L’entraînement offert durant l’Ex GANDER GUNNER prend la forme d’activités complexes qui impliquent deux Griffons. Des vols de jour et de nuit sont également au programme.
« Les vols sont très dynamiques », a expliqué le Capt Schambers. « Il faut comprendre où sont les forces amies, où se trouve l’ennemi et quel est l’emplacement de l’autre avion également. »
Le fait d’avoir deux artilleurs de bord sur les côtés du Griffon ajoute un niveau de complexité aux vols, a-t-il ajouté.
« C’est intéressant d’avoir les quatre membres d’équipage — les deux pilotes et les deux personnes aux pièces — tout le monde communique avec exactitude et de manière succincte en tout temps », a-t-il expliqué.
Les pilotes volent l’hélicoptère et transmettent également de l’information aux artilleurs sur ce qu’ils devraient surveiller. Pendant ce temps, les artilleurs communiquent aux pilotes ce qu’ils peuvent voir à partir de leur poste d’observation. Ils ont un point de vue que les pilotes n’ont pas. À chaque extrémité de l’hélicoptère, la confiance est essentielle.
« Nous pouvons compter sur eux pour qu’ils nous relèvent les obstacles avant d’atterrir ou pour nous signaler la présence d’un autre aéronef », a expliqué le Capt Schambers. « Cette confiance se bâtit tout au long du vol, on apprend à faire confiance aux autres membres de l’équipage afin que l’ensemble de l’équipage soit en sécurité. »
L’un des artilleurs de bord participant à l’Ex GANDER GUNNER pour obtenir son brevet était le caporal-chef David Trenholm, qui était en affectation temporaire au 408 Esc Tac Hél du 1er Régiment du génie de combat.
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Le caporal Jordan Soloman du 408e Escadron tactique d’hélicoptères regarde devant alors qu’un CH146 Griffon de l’Aviation royale canadienne vole en formation au-dessus du polygone de tir aérien de Cold Lake, à l’extérieur de Cold Lake, en Alberta, durant l’exercice GANDER GUNNER le 15 sept.
Photo : Cpl Avery Philpott
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Un pilote du 408e Escadron tactique d’hélicoptères saisie des coordonnées pour son premier officier dans un CH146 Griffon de l’Aviation royale canadienne qui survole le polygone de tir aérien de Cold Lake, à l’extérieur de Cold Lake, en Alberta, durant l’exercice GANDER GUNNER le 15 sept.
Photo : Cpl Avery Philpott
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Des membres du 408e Escadron tactique d’hélicoptères profitent de la vue d’un CH146 Griffon de l’Aviation royale canadienne qui survole le polygone de tir aérien de Cold Lake, à l’extérieur de Cold Lake, en Alberta, durant l’exercice GANDER GUNNER le 15 sept.
Photo : Cpl Avery Philpott
En tant que membre de l’Armée lié à la Force aérienne, il a expliqué qu’il avait apporté une perspective différente lorsqu’il interagissait avec ses pairs de la Force aérienne. Grâce à son expertise dans le domaine de l’Armée, il a réussi à combler les écarts qui pourraient exister entre les deux branches, comme les différents termes utilisés par chacune des branches ainsi que la capacité d’interpréter et d’expliquer ce qui se passe sur le terrain d’un point de vue de l’Armée.
Il a également expliqué l’importance que du personnel des armes de combat occupe le poste d’artilleurs de bord.
« Advenant un écrasement d’hélicoptère, il est bien de pouvoir compter sur quelqu’un qui possède une expérience pertinente sur le terrain pour assurer une protection rapprochée ainsi que sur une autre personne qui se concentre uniquement sur le fonctionnement de la mitrailleuse à l’arrière », a-t-il expliqué.
Contrairement aux pilotes qui doivent obligatoirement participer à l’Ex GANDER GUNNER pour être qualifiés pour passer au niveau suivant de leurs carrières, le Cplc Trenholm a mentionné que les membres du personnel de l’Armée avaient la chance d’y participer, mais que leur place n’était pas garantie. Il a expliqué que c’est généralement le sergent-major régimentaire des unités qui choisit les candidats, en rotation, il y a donc un élément de chance.
« Les candidats choisis sont en quelque sorte au bon endroit au bon moment [situation] », a-t-il expliqué, ajoutant que des pressions sont exercées.
« Je crois que pratiquement tout le monde fait part à la chaîne de commandement de son souhait de venir au 408 Esc Tac Hél. C’est un poste très convoité. »
Avant sa participation à l’Ex GANDER GUNNER, le Cplc Trenholm avait eu une exposition très limitée au Griffon. Il n’avait fait qu’un seul vol, comme passager, avec les portes fermées.
Être dans les airs, avoir la responsabilité de surveiller les pièces et de surveiller les environs avec les portes ouvertes, a représenté un changement marqué au niveau de l’expérience.
« Tout devient très différent quand vous avez des responsabilités », a-t-il expliqué. « Ce n’est pas qu’une question de mitrailleur de bord et quoi encore. Il faut quand même toujours balayer le périmètre immédiat des yeux, regarder où se trouve l’autre hélicoptère et s’assurer qu’il n’y a pas d’autres obstacles ou menaces potentielles. »
Comme l’a expliqué le Capt Schambers, les artilleurs transmettent également ce qu’ils voient aux pilotes et à l’autre artilleur de l’autre côté de l’hélicoptère.
Le Cplc Trenholm reconnaît que toutes ces responsabilités peuvent sembler écrasantes lorsqu’on y pense et on en parle sur le terrain, mais ce n’est pas le cas dans les airs.
« Lorsque vous le vivez et que vous vous êtes entraîné en conséquence, cela devient une seconde nature », explique-t-il.
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Un membre des Forces armées canadiennes du 408e Escadron tactique d’hélicoptères scrute le sol sous son CH146 Griffon de l’Aviation royale canadienne pendant sa participation à l’exercice GANDER GUNNER au polygone de tir aérien de Cold Lake, à l’extérieur de Cold Lake, à l’extérieur de Cold Lake, en Alberta, le 15 sept.
Photo : Avr Conor R.G. Munn, Service d’imagerie de la 4e Escadre
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Un membre des Forces armées canadiennes du 408e Escadron tactique d’hélicoptères observe sur l’aire de trafic durant l’exercice GANDER GUNNER. Cet exercice a eu lieu à la 4e Escadre Cold Lake et dans les airs, au-dessus polygone de tir aérien de Cold Lake, à l’extérieur de Cold Lake, à l’extérieur de Cold Lake, en Alberta, du 12 au 21 sept.
Photo : Avr Conor R.G. Munn, Service d’imagerie de la 4e Escadre